MPSI · Chapitre 08 · Premier semestre

Exercices — Structures algébriques usuelles

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Reconnaître une loi de composition interne

Lois de composition interne : associativité, commutativité, neutre, inversibilité, partie stable

Pour chacune des lois ci-dessous, dire s'il s'agit d'une loi de composition interne sur l'ensemble indiqué, si elle est associative, si elle est commutative, si elle possède un élément neutre, et déterminer alors l'ensemble de ses éléments inversibles.

a. xy=x+y3 sur R

b. xy=xy2 sur R

c. xy=x+y+xy sur R

d. xy=x+y2 sur R

e. xy=x sur un ensemble E non vide

f. xy=xy sur R+

g. xy=max(x,y) sur R

h. xy=xy sur R

Exercice 2 ★★★Parties stables pour une loi

Lois de composition interne : associativité, commutativité, neutre, inversibilité, partie stable

On note D={a10n : aZ, nN} l'ensemble des nombres décimaux, 1+2Z={1+2k : kZ} l'ensemble des entiers impairs, et U={zC : z=1}.

  1. Parmi les parties suivantes, déterminer celles qui sont stables pour l'addition, puis celles qui sont stables pour la multiplication. On travaille dans R, sauf pour U où l'on travaille dans C.

    a. N

    b. Z

    c. RQ

    d. D

    e. {1,1}

    f. [0,1]

    g. 1+2Z

    h. U

  2. Soit E un ensemble muni d'une loi de composition interne , et soient A et B deux parties de E stables par . Montrer que AB est stable par , puis donner un exemple montrant que AB ne l'est pas toujours.

  3. Soit E un ensemble muni d'une loi de composition interne associative , et soit aE. Montrer que C(a)={xE : xa=ax} est stable par .

  4. Montrer que l'ensemble des applications croissantes de R dans R est stable pour la composition.

Exercice 3 ★★★Est-ce un groupe ?

Structure de groupe : définition, exemples usuels, règles de calculLois de composition interne : associativité, commutativité, neutre, inversibilité, partie stable

Pour chacun des ensembles munis d'une loi ci-dessous, dire s'il s'agit d'un groupe. Lorsque ce n'est pas le cas, préciser exactement quel axiome est mis en défaut. Ici E désigne un ensemble non vide, SE l'ensemble des bijections de E dans E et nN.

a. (N,+)

b. (Z,+)

c. (Z,×)

d. (Q,×)

e. (Q+,×)

f. (R,)xy=x+y3

g. ({1,1},×)

h. (Un,×)

i. (R,)xy=xy

j. (SE,)

k. (F(R,R),+)

l. (RN,×), produit terme à terme

Exercice 4 ★★★Règles de calcul dans un groupe

Structure de groupe : définition, exemples usuels, règles de calcul

Soit (G,) un groupe d'élément neutre e. On note x1 le symétrique d'un élément x, et l'on rappelle les conventions x0=e, xn+1=xnx pour nN, et xn=(xn)1 pour nN. Dans tout l'exercice, x, y, a et b désignent des éléments de G.

  1. Montrer que G possède un unique élément neutre.

  2. Montrer que tout élément de G possède un unique symétrique.

  3. En déduire que (x1)1=x et que (xy)1=y1x1.

  4. Établir la régularité : si ax=ay alors x=y, et si xa=ya alors x=y.

  5. Montrer que l'équation ax=b, d'inconnue xG, admet une unique solution.

  6. Montrer que (xy)2=x2y2 si et seulement si xy=yx.

  7. On suppose G abélien. Montrer par récurrence que (xy)n=xnyn pour tout nN, puis étendre le résultat à tout nZ.

Exercice 5 ★★★Caractérisation des sous-groupes

Sous-groupes : définition, caractérisation, intersection

  1. Rappeler la caractérisation des sous-groupes.

  2. Les parties suivantes sont-elles des sous-groupes du groupe indiqué ? Justifier complètement chaque réponse.

    a. 2Z dans (Z,+)

    b. N dans (Z,+)

    c. {1,1} dans (R,×)

    d. R+ dans (R,×)

    e. U dans (C,×)

    f. Un dans (C,×), avec nN

    g. {zC : zQ} dans (C,×)

    h. {a+b2 : (a,b)Z2} dans (R,+)

    i. l'ensemble des fonctions paires dans (F(R,R),+)

    j. Z{0} dans (Q,×)

Exercice 6 ★★★Reconnaître un morphisme de groupes

Morphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivitéGroupe produit

Pour chacune des applications suivantes, dire s'il s'agit d'un morphisme du premier groupe vers le second, et justifier. On note nN, et (R2,+) désigne le groupe produit, muni de (x,y)+(x,y)=(x+x,y+y).

a. exp:(R,+)(R+,×)

b. ln:(R+,×)(R,+)

c. x2x, de (R,+) dans (R,+)

d. xx+1, de (R,+) dans (R,+)

e. zz, de (C,×) dans (R+,×)

f. zz, de (C,×) dans (C,×)

g. zzn, de (C,×) dans (C,×)

h. xx2, de (R,×) dans (R,×)

i. xx2, de (R,+) dans (R,+)

j. teit, de (R,+) dans (U,×)

k. (x,y)x+y, de (R2,+) dans (R,+)

Exercice 7 ★★★Noyaux et images de morphismes usuels

Morphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivitéGroupe produit

On admet que chacune des applications suivantes est un morphisme de groupes. Déterminer son noyau et son image, puis conclure quant à son injectivité et à sa surjectivité. On note nN.

  1. exp:(R,+)(R,×)

  2. N:zz, de (C,×) dans (R+,×)

  3. φ:teit, de (R,+) dans (U,×)

  4. pn:zzn, de (C,×) dans (C,×)

  5. θ:x3x, de (Z,+) dans (Z,+)

  6. s:(x,y)xy, du groupe produit (R2,+) dans (R,+)

Exercice 8 ★★★Sous-anneaux usuels

Anneaux et sous-anneaux : définition, calculs, binôme et factorisation

Tous les anneaux considérés sont unitaires. On munit F(R,R) des lois usuelles définies par (f+g)(x)=f(x)+g(x) et (fg)(x)=f(x)g(x) : c'est un anneau commutatif, dont l'élément unité est la fonction constante égale à 1. On note enfin D={a10n : aZ, nN} l'ensemble des nombres décimaux.

  1. Rappeler la caractérisation d'un sous-anneau d'un anneau (A,+,×).

  2. Montrer que Z[i]={a+ib : (a,b)Z2} est un sous-anneau de C.

  3. Montrer que Z[2]={a+b2 : (a,b)Z2} est un sous-anneau de R, puis que l'écriture a+b2 d'un élément de cet ensemble est unique. On utilisera l'irrationalité de 2.

  4. Montrer que D est un sous-anneau de Q.

  5. Montrer que 2Z n'est pas un sous-anneau de Z, et que B={fF(R,R) : f(0)=0} n'est pas un sous-anneau de F(R,R).

  6. Montrer que l'ensemble des fonctions continues de R dans R est un sous-anneau de F(R,R).

Exercice 9 ★★★Premiers calculs d'inversibles

Groupe des inversibles d'un anneauAnneaux et sous-anneaux : définition, calculs, binôme et factorisation

Dans tout l'exercice, (A,+,×) désigne un anneau, dont on note 1A le neutre multiplicatif. Un élément xA est dit inversible lorsqu'il existe yA tel que xy=yx=1A ; un tel y est alors unique et se note x1. On note A× l'ensemble des éléments inversibles de A.

  1. Démontrer que A×, muni de la multiplication de A, est un groupe.

  2. Déterminer Z×, Q× et R×.

  3. On munit Z×Z des lois définies composante par composante, à savoir (a,b)+(a,b)=(a+a,b+b) et (a,b)×(a,b)=(aa,bb) : c'est un anneau, de neutre multiplicatif (1,1). Montrer que (a,b) est inversible si et seulement si a et b le sont, puis déterminer (Z×Z)×.

  4. On munit F(R,R) des lois usuelles, définies par (f+g)(x)=f(x)+g(x) et (fg)(x)=f(x)g(x) : c'est un anneau, dont le neutre multiplicatif est la fonction constante égale à 1, notée 1. Déterminer F(R,R)×, puis les inversibles de l'anneau C(R,R) des fonctions continues sur R.

  5. Montrer que si x et y sont inversibles, alors xy l'est. La somme de deux éléments inversibles est-elle toujours inversible ?

Exercice 10 ★★★★Le groupe des permutations d'un ensemble à trois éléments

Groupe des permutations d'un ensembleStructure de groupe : définition, exemples usuels, règles de calcul

On pose E={1,2,3} et on note S3 l'ensemble des bijections de E dans E, muni de la composition . Une telle bijection est appelée permutation de E ; elle est entièrement décrite par son tableau de valeurs, c'est-à-dire par la donnée de f(1), f(2) et f(3).

On reprend les notations du cours, dont la question 1. justifiera qu'elles épuisent S3 : id désigne l'application identité de E ; pour i{1,2,3}, τi désigne la permutation qui laisse i fixe et échange les deux autres éléments ; enfin σ et σ sont définies par σ(1)=2, σ(2)=3, σ(3)=1 et σ(1)=3, σ(2)=1, σ(3)=2.

  1. Justifier que (S3,) est un groupe et qu'il possède exactement six éléments, en dressant leur tableau de valeurs.

  2. Calculer τ1τ3 et τ3τ1. Qu'en conclure sur le groupe S3 ?

  3. Déterminer l'inverse de chacun des six éléments de S3.

  4. Montrer que H={fS3 : f(3)=3} est un sous-groupe de S3 à deux éléments, puis que l'ensemble K formé de l'identité et des deux permutations sans point fixe est un sous-groupe à trois éléments.

  5. Montrer que HK n'est pas un sous-groupe de S3.

Exercice 11 ★★★★Groupe produit : projections et sous-groupes

Groupe produitMorphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivitéSous-groupes : définition, caractérisation, intersection

Soient (G,) et (H,) deux groupes, notés multiplicativement, de neutres respectifs eG et eH. On munit le produit cartésien G×H de la loi produit, définie composante par composante :

(x,y)(x,y)=(xx,yy).
  1. Vérifier que (G×H,) est un groupe. Montrer qu'il est abélien si et seulement si G et H le sont tous les deux.

  2. On note pG:G×HG, (x,y)x et pH:G×HH, (x,y)y les deux projections. Montrer que ce sont des morphismes de groupes surjectifs, et déterminer leurs noyaux.

  3. Montrer que G×{eH} est un sous-groupe de G×H, puis que la diagonale Δ={(x,x) : xG} est un sous-groupe de G×G.

  4. Application. Montrer que

φ : R{1,1}×R+,x(xx, x)

est un isomorphisme de groupes, les trois ensembles étant munis de la multiplication.

Exercice 12 ★★★★Une loi de groupe sur les réels différents de moins un

Lois de composition interne : associativité, commutativité, neutre, inversibilité, partie stableStructure de groupe : définition, exemples usuels, règles de calculIsomorphismes de groupes et transport de structure

On pose G=R{1} et, pour tous x,yG,

xy=x+y+xy.
  1. Vérifier que est une loi de composition interne sur G, c'est-à-dire que xy1 dès que x1 et y1. On pourra commencer par remarquer que 1+xy=(1+x)(1+y).

  2. Montrer que (G,) est un groupe abélien, en précisant son élément neutre et le symétrique d'un élément x.

  3. Montrer que φ:x1+x est un isomorphisme de (G,) sur (R,×).

  4. Pour nZ, on note xn la puissance n-ième de x dans le groupe (G,), définie comme d'habitude par x0=e (le neutre), x(n+1)=xnx pour nN, et x(n) égal au symétrique de xn. Donner une expression de xn en fonction de x et de n.

  5. Résoudre dans G l'équation xxx=7.

Exercice 13 ★★★★Les sous-groupes du groupe additif des entiers

Sous-groupes : définition, caractérisation, intersection

Pour nZ, on note nZ={nk : kZ} l'ensemble des multiples de n. Le groupe considéré dans tout l'exercice est (Z,+).

  1. Montrer que, pour tout nN, l'ensemble nZ est un sous-groupe de (Z,+).

  2. Réciproquement, soit H un sous-groupe de (Z,+). Montrer que H={0}, ou bien qu'il existe un unique nN tel que H=nZ. On pourra considérer le plus petit élément strictement positif de H, puis effectuer une division euclidienne.

  3. Soient a,bZ. Montrer que aZbZ si et seulement si ba.

  4. Soient a,bN. Montrer que aZbZ et aZ+bZ={au+bv : u,vZ} sont des sous-groupes de (Z,+), puis les identifier à l'aide du PPCM et du PGCD de a et b.

Exercice 14 ★★★★Intersection et réunion de sous-groupes

Sous-groupes : définition, caractérisation, intersection

Dans tout l'exercice, (G,) désigne un groupe noté multiplicativement, de neutre e.

  1. Soit (Hi)iI une famille de sous-groupes de G, indexée par un ensemble I non vide. Montrer que iIHi est un sous-groupe de G.

  2. Donner un exemple montrant que la réunion de deux sous-groupes n'est pas toujours un sous-groupe. On pourra considérer 2Z3Z dans le groupe (Z,+).

  3. Soient H et K deux sous-groupes de G. Démontrer que HK est un sous-groupe de G si et seulement si HK ou KH. On pourra raisonner par l'absurde en se donnant hHK et kKH, puis en examinant hk.

  4. On suppose de plus G abélien. Soient H et K deux sous-groupes de G. Montrer que

HK={hk : hH, kK}

est un sous-groupe de G.

Exercice 15 ★★★★Un groupe où tout élément est son propre symétrique

Structure de groupe : définition, exemples usuels, règles de calculSous-groupes : définition, caractérisation, intersectionGroupe produit

Dans tout l'exercice, (G,) désigne un groupe noté multiplicativement, de neutre e. Pour xG, on note x2=xx.

  1. On suppose que x2=e pour tout xG. Démontrer que G est abélien.

  2. Donner deux exemples de groupes vérifiant cette hypothèse : le groupe ({1,1},×), puis un groupe produit.

  3. Dans le groupe (Z,+), quels sont les éléments x tels que x+x=0 ? Le résultat de la question 1. admet-il une réciproque ?

  4. On suppose maintenant que G est fini, de cardinal pair. Montrer qu'il existe xG, avec xe, tel que x2=e. On pourra regrouper les éléments de G{e} par paires {x,x1}, puis compter.

Exercice 16 ★★★★Le centre d'un groupe

Sous-groupes : définition, caractérisation, intersectionStructure de groupe : définition, exemples usuels, règles de calcul

Soit (G,) un groupe, de neutre e. On appelle centre de G l'ensemble

Z(G)={aG : xG, ax=xa},

et, pour aG fixé, centralisateur de a l'ensemble

CG(a)={xG : ax=xa}.
  1. Montrer que Z(G) est un sous-groupe de G.

  2. Soit aG. Montrer que CG(a) est un sous-groupe de G contenant a.

  3. Montrer que Z(G)=aGCG(a), puis que Z(G)=G si et seulement si G est abélien.

  4. Déterminer le centre de S3, groupe des permutations de {1,2,3}. On décrira les permutations par leur tableau de valeurs.

  5. Montrer que si xZ(G) et yG, alors (xy)n=xnyn pour tout nN.

Exercice 17 ★★★★Morphismes issus du groupe additif des entiers

Morphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivitéSous-groupes : définition, caractérisation, intersection

  1. Soit (G,) un groupe de neutre e et soit aG. Montrer que l'application

    f:ZG,nan

    est un morphisme de groupes de (Z,+) dans (G,), et que réciproquement tout morphisme de (Z,+) dans (G,) est de cette forme : il est entièrement déterminé par l'élément a=f(1).

  2. En déduire la description de tous les morphismes de (Z,+) dans (Z,+), puis de ceux qui sont bijectifs.

  3. Déterminer tous les morphismes de (Z,+) dans (U,×).

  4. Soit f un morphisme de (Z,+) dans un groupe G. Montrer que Kerf est de la forme nZ avec nN, en redémontrant que tout sous-groupe de (Z,+) est de cette forme. Interpréter le cas n=0.

  5. Application : décrire le noyau et l'image du morphisme nin de (Z,+) dans (C,×).

Exercice 18 ★★★★Formule du binôme et factorisation dans un anneau

Anneaux et sous-anneaux : définition, calculs, binôme et factorisation

Soit A un anneau, d'éléments neutres 0 et 1. Sauf mention contraire, a et b désignent deux éléments de A qui commutent, c'est-à-dire tels que ab=ba. Pour mN et xA, on note mx la somme x++x à m termes.

  1. Démontrer par récurrence la formule du binôme

    (a+b)n=k=0n(nk)akbnk(nN).

    On utilisera la formule de Pascal et on précisera soigneusement où sert l'hypothèse ab=ba.

  2. Développer (a+b)2 et (a+b)3 dans un anneau quelconque, sans hypothèse de commutation, et expliquer pourquoi la formule du binôme tombe alors en défaut.

  3. Démontrer la factorisation

    anbn=(ab)k=0n1akbn1k(nN).
  4. En déduire que 1an=(1a)(1+a++an1) pour tout aA et tout nN.

  5. Application : on suppose a2=0. Calculer (1+a)n pour nN, puis montrer que 1+a est inversible et donner son inverse.

Exercice 19 ★★★★Éléments nilpotents d'un anneau

Anneaux et sous-anneaux : définition, calculs, binôme et factorisationGroupe des inversibles d'un anneauAnneaux intègres, diviseurs de zéro, éléments nilpotents

Soit A un anneau. Un élément xA est dit nilpotent lorsqu'il existe nN tel que xn=0.

  1. Montrer que si x est nilpotent, alors 1x est inversible, et donner explicitement son inverse.

  2. Montrer que si x est nilpotent et si u est inversible avec ux=xu, alors u+x est inversible.

  3. Montrer que si x et y sont nilpotents et commutent, alors x+y et xy sont nilpotents. Pour la somme, on utilisera la formule du binôme et on majorera les exposants.

  4. Montrer qu'un élément nilpotent d'un anneau intègre est nul, et qu'un élément à la fois nilpotent et inversible n'existe que dans l'anneau nul.

  5. Montrer que l'anneau produit Z×Z ne possède pas d'élément nilpotent non nul. Puis, sur l'ensemble Z2, on considère l'addition usuelle et la loi

    (a,b)(a,b)=(aa, ab+ab).

    Vérifier que l'on obtient ainsi un anneau commutatif, et que (0,1) y est nilpotent non nul.

Exercice 20 ★★★★Diviseurs de zéro et intégrité

Anneaux intègres, diviseurs de zéro, éléments nilpotents

  1. Rappeler ce qu'est un diviseur de zéro d'un anneau, puis un anneau intègre. Montrer que dans un anneau intègre, les relations ab=ac et a0 entraînent b=c.

  2. Montrer que l'anneau F(R,R) des fonctions de R dans R, muni des opérations usuelles, n'est pas intègre : on exhibera deux fonctions non nulles dont le produit est la fonction nulle.

  3. Montrer que si A et B sont deux anneaux non nuls, l'anneau produit A×B n'est jamais intègre.

  4. Montrer que dans un anneau intègre, l'équation x2=1 n'a pour solutions que 1 et 1. Donner un anneau où elle en a davantage.

  5. Montrer qu'un diviseur de zéro n'est jamais inversible.

  6. Montrer que tout sous-anneau d'un anneau intègre est intègre. En déduire que Z[i]={a+ib:(a,b)Z2} et Z[2]={a+b2:(a,b)Z2} sont intègres.

Exercice 21 ★★★★Le sous-corps des nombres de la forme a plus b racine de deux

Corps et sous-corpsAnneaux et sous-anneaux : définition, calculs, binôme et factorisation

On pose

K={a+b2 : (a,b)Q2}R.

C'est l'ensemble noté Q[2] dans le cours. On rappelle que 2 est irrationnel.

  1. Montrer que tout élément de K s'écrit de manière unique sous la forme a+b2 avec (a,b)Q2.

  2. Montrer que K est un sous-anneau de R.

  3. Soit x=a+b2 un élément non nul de K. Montrer que a22b20, puis expliciter x1 sous la forme a+b2 avec (a,b)Q2. Conclure que K est un sous-corps de R.

  4. Pour x=a+b2K, on pose N(x)=a22b2. Montrer que N(xy)=N(x)N(y) pour tous x,yK.

  5. Montrer que Z[2]={a+b2 : (a,b)Z2} est un sous-anneau de K qui n'en est pas un sous-corps.

Exercice 22 ★★★★Morphismes d'anneaux : reconnaissance et propriétés

Morphismes d'anneaux et isomorphismes

Dans tout l'exercice, A et B désignent des anneaux. On note Q[2]={a+b2:(a,b)Q2}, sous-anneau de R dans lequel l'écriture a+b2 à coefficients rationnels est unique.

  1. Rappeler la définition d'un morphisme d'anneaux f:AB, condition f(1A)=1B comprise. Démontrer que f(0A)=0B, que f(x)=f(x), que f(xn)=f(x)n pour tout nN, et que l'image d'un élément inversible est inversible, avec f(x1)=f(x)1.

  2. Parmi les applications suivantes, dire lesquelles sont des morphismes d'anneaux, en justifiant.

    a. zz, de C dans C.

    b. z2z, de C dans C.

    c. ff(0), de F(R,R) dans R.

    d. x(x,x), de A dans A×A.

    e. x(x,0), de A dans A×A.

    f. a+b2ab2, de Q[2] dans lui-même.

    g. xx2, de R dans R.

  3. Montrer que l'application f. de la question précédente est un automorphisme d'anneau involutif, c'est-à-dire égal à sa réciproque.

  4. Soit f:AB un morphisme d'anneaux. Montrer que Kerf={xA:f(x)=0B} est un sous-groupe de (A,+) stable par multiplication par tout élément de A, mais que ce n'est pas un sous-anneau de A, sauf dans un cas dégénéré que l'on précisera.

  5. Montrer que l'image d'un sous-anneau par un morphisme d'anneaux est un sous-anneau.

Exercice 23 ★★★Les inversibles de l'anneau des entiers de Gauss

Groupe des inversibles d'un anneauAnneaux et sous-anneaux : définition, calculs, binôme et factorisation

On appelle entiers de Gauss les éléments de

Z[i]={a+ib : (a,b)Z2}C,

et l'on pose, pour zZ[i], N(z)=z2 (la norme de z).

  1. Montrer que Z[i] est un sous-anneau de C, puis que N(z)=a2+b2N pour tout z=a+ibZ[i].

  2. Montrer que N(zz)=N(z)N(z) pour tous z,zZ[i].

  3. Montrer qu'un élément z de Z[i] est inversible dans Z[i] si et seulement si N(z)=1. En déduire que Z[i]×={1,1,i,i}.

  4. Vérifier que le groupe (Z[i]×,×) est isomorphe à (U4,×).

  5. (Application.) Montrer qu'il n'existe aucun zZ[i] tel que N(z)=3, et en déduire que 3 n'est pas la somme de deux carrés d'entiers.

  6. Montrer que 2=i(1+i)2, et que 1+i n'est pas inversible dans Z[i].

Exercice 24 ★★★Les unités de l'anneau des entiers de la forme a plus b racine de deux

Groupe des inversibles d'un anneauAnneaux intègres, diviseurs de zéro, éléments nilpotents

On pose A=Z[2]={a+b2 : (a,b)Z2}R et, pour x=a+b2A,

N(x)=a22b2(attention : N(x) peut eˆtre neˊgatif).

On note x=ab2, de sorte que N(x)=xx. C'est la même application N qu'à l'exercice 21, restreinte ici aux coefficients entiers.

  1. Montrer que A est un sous-anneau de R, que l'écriture x=a+b2 avec (a,b)Z2 est unique, et que N(xy)=N(x)N(y) pour tous x,yA.

  2. Montrer qu'un élément x de A est inversible dans A si et seulement si N(x)=±1.

  3. Vérifier que u=1+2 est inversible et donner son inverse. En déduire que A× est infini.

  4. Soit xA× tel que x>1. En écrivant x=a+b2 et en observant que x<1, montrer que a1 et b1, puis que x1+2.

  5. En déduire que les éléments de A× strictement supérieurs à 1 sont exactement les un=(1+2)n, nN.

  6. Interpréter le résultat en termes de solutions entières de l'équation a22b2=±1.

Exercice 25 ★★★Tout anneau intègre fini est un corps

Anneaux intègres, diviseurs de zéro, éléments nilpotentsCorps et sous-corps

Soit A un anneau intègre et fini (en particulier A est commutatif et 1A0A).

  1. Soit aA non nul. Montrer que l'application λa:xax est injective de A dans A, puis qu'elle est bijective.

  2. En déduire que a est inversible, et conclure que A est un corps.

  3. Où l'hypothèse de finitude est-elle intervenue ? Montrer que Z fournit un contre-exemple dans le cas infini.

  4. Montrer que le résultat tombe en défaut si l'on supprime l'intégrité. On construira d'abord l'ensemble F={0,1} muni des lois données par les deux tables

    0+0=0,0+1=1+0=1,1+1=0,0×0=0×1=1×0=0,1×1=1,

    on vérifiera que F est un corps à deux éléments, puis on considérera l'anneau produit F×F.

  5. Montrer que dans un anneau intègre fini, tout élément non nul a vérifie ak=1 pour un certain entier k1. (On considérera les éléments a,a2,a3,)

Exercice 26 ★★★Idempotents d'un anneau

Anneaux et sous-anneaux : définition, calculs, binôme et factorisationAnneaux intègres, diviseurs de zéro, éléments nilpotents

Soit A un anneau, de neutres 0 et 1 ; on ne le suppose pas commutatif. Un élément e de A est dit idempotent lorsque e2=e.

  1. Montrer que 0 et 1 sont idempotents. Montrer que si e est idempotent, alors 1e l'est aussi, et que e(1e)=0.

  2. Montrer que si A est intègre, ses seuls idempotents sont 0 et 1.

  3. Montrer qu'un idempotent inversible est nécessairement égal à 1.

  4. Déterminer tous les idempotents de l'anneau produit Z×Z.

  5. Soit X un ensemble non vide. Déterminer tous les idempotents de l'anneau F(X,R) des fonctions de X dans R, muni des lois usuelles : montrer que ce sont exactement les fonctions indicatrices de parties de X.

  6. Soient e et f deux idempotents de A qui commutent. Montrer que ef et e+fef sont idempotents.

Exercice 27 ★★★Morphismes continus du groupe additif des réels

Morphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivitéIsomorphismes de groupes et transport de structure

Soit f:RR un morphisme du groupe (R,+) dans lui-même, c'est-à-dire une application vérifiant

(x,y)R2,f(x+y)=f(x)+f(y).
  1. Montrer que f(0)=0, que f(x)=f(x) pour tout réel x, puis que f(nx)=nf(x) pour tous xR et nZ.

  2. En déduire que f(r)=rf(1) pour tout rQ.

  3. On suppose de plus f continue en un point x0. Montrer que f est continue sur R, puis, à l'aide de la densité de Q dans R, que f(x)=ax pour tout réel x, où a=f(1).

  4. Déterminer de même tous les morphismes continus de (R,+) dans (R+,×), puis tous les morphismes continus de (R+,×) dans (R,+).

  5. En déduire tous les isomorphismes continus entre (R,+) et (R+,×).

  6. Montrer que (R,+) et (R,×) ne sont pas isomorphes, même sans hypothèse de continuité. (On regardera les solutions de l'équation xx=e dans chacun des deux groupes.)

Exercice 28 ★★★Reconnaître des groupes non isomorphes

Isomorphismes de groupes et transport de structureMorphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivité

Pour montrer que deux groupes sont isomorphes, on exhibe un isomorphisme. Pour montrer qu'ils ne le sont pas, on cherche une propriété conservée par isomorphisme que l'un possède et l'autre non. C'est l'objet de cet exercice.

  1. Soit φ:GH un isomorphisme de groupes, de neutres respectifs eG et eH. Montrer que si G est commutatif, alors H l'est aussi. Montrer ensuite que, pour tout nN, φ induit une bijection de

    Sn(G)={xG : xn=eG}surSn(H)={yH : yn=eH}.
  2. Montrer que (Q,+) et (Z,+) ne sont pas isomorphes.

  3. Montrer que (C,×) et (R,×) ne sont pas isomorphes.

  4. Montrer que (Q,+) et (Q+,×) ne sont pas isomorphes.

  5. Montrer que (R,+) et (Q,+) ne sont pas isomorphes. (On admettra que Q est dénombrable et que R ne l'est pas.)

  6. Montrer en revanche que (R,+) et (R+,×) sont isomorphes.

Exercice 29 ★★★Exponentielle complexe : noyau et racines de l'unité

Morphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivitéSous-groupes : définition, caractérisation, intersection

On note U={zC:z=1} et, pour nN, Un={zC:zn=1}. Pour deux entiers n,mN, nm désigne leur PGCD et nm leur PPCM.

  1. Montrer que φ:teit est un morphisme de (R,+) dans (C,×). Déterminer Imφ et Kerφ, et retrouver ainsi que U est un sous-groupe de (C,×).

  2. Montrer que exp:(C,+)(C,×) est un morphisme surjectif, de noyau 2iπZ.

  3. Montrer que Un est un sous-groupe de (U,×) possédant exactement n éléments, et que zzn est un morphisme surjectif de U sur U, de noyau Un.

  4. Montrer que UnUm si et seulement si nm.

  5. Montrer que UnUm=Unm, puis que {zz : zUn, zUm}=Unm.

  6. En déduire que n1Un est un sous-groupe de (U,×).

Exercice 30 ★★★Automorphismes intérieurs d'un groupe

Morphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivitéSous-groupes : définition, caractérisation, intersection

Soit (G,) un groupe de neutre e. Pour aG, on définit l'application

γa:GG,xaxa1.

On note SG le groupe des bijections de l'ensemble G dans lui-même, muni de la composition.

  1. Montrer que γa est un automorphisme de G, c'est-à-dire un isomorphisme de G sur lui-même, et que γa1=γa1. On dit que γa est l'automorphisme intérieur associé à a.

  2. Montrer que γab=γaγb pour tous a,bG, et en déduire que

    Γ:GSG,aγa

    est un morphisme de groupes de (G,) dans (SG,).

  3. Déterminer KerΓ : c'est par définition le centre de G, noté Z(G). Caractériser les groupes pour lesquels tous les γa sont égaux à idG.

  4. Soit H un sous-groupe de G. Montrer que γa(H) est un sous-groupe de G.

  5. Montrer que Int(G)={γa:aG} est un sous-groupe de SG.

  6. On se place dans S3, groupe des permutations de {1,2,3}, avec les notations du cours : pour i{1,2,3}, τi désigne la permutation qui laisse i fixe et échange les deux autres éléments, soit

    τ3(1)=2,τ3(2)=1,τ3(3)=3etτ1(1)=1,τ1(2)=3,τ1(3)=2.

    Calculer γτ3(τ1) et en déduire que γτ3idS3.

Exercice 31 ★★★Une loi de groupe sur un intervalle ouvert

Lois de composition interne : associativité, commutativité, neutre, inversibilité, partie stableStructure de groupe : définition, exemples usuels, règles de calculIsomorphismes de groupes et transport de structure

On pose I=]1,1[ et, pour x,yI,

xy=x+y1+xy.
  1. Vérifier que 1+xy0 pour tous x,yI, puis que xyI. On montrera pour cela que 1xy>0 et 1+xy>0 en factorisant les numérateurs. Conclure que est une loi de composition interne sur I.

  2. Montrer que (I,) est un groupe abélien : on précisera le neutre et le symétrique d'un élément, et on mènera le calcul complet de l'associativité.

  3. Montrer que th réalise un isomorphisme de (R,+) sur (I,), puis vérifier que l'unique réel t tel que th(t)=x est donné par t=12ln1+x1x.

  4. Pour nN et xI, on note xn=xxx, où x figure n fois (le parenthésage est indifférent d'après la question 2). Montrer que xn=th(nt), où t est le réel de la question 3, puis en déduire l'expression close

xn=(1+x)n(1x)n(1+x)n+(1x)n,

et vérifier sur cette formule que x2=2x1+x2.

  1. Résoudre dans I l'équation xx=12.

Exercice 32 ★★★★Théorème de Cayley

Groupe des permutations d'un ensembleMorphismes de groupes : image, noyau, condition d'injectivité

Soit (G,) un groupe de neutre e. On note SG le groupe des permutations de l'ensemble G, c'est-à-dire le groupe des bijections de G dans lui-même muni de la composition. Pour aG, on définit la translation à gauche

τa:GG,xax.
  1. Montrer que τa est une bijection de G et préciser sa réciproque. Montrer par ailleurs que τa n'est un morphisme de groupes que dans un cas très particulier, que l'on précisera.

  2. Montrer que Φ:aτa est un morphisme de groupes de (G,) dans (SG,).

  3. Montrer que Φ est injectif.

  4. En déduire le théorème de Cayley : tout groupe est isomorphe à un sous-groupe d'un groupe de permutations. On justifiera soigneusement que ImΦ est un sous-groupe de SG et que G est isomorphe à ImΦ.

  5. Illustrer le résultat sur G=({1,1,i,i},×) en décrivant les quatre permutations τa par leur tableau de valeurs.

  6. Que donnerait la même construction avec les translations à droite ρa:xxa ? Vérifier que aρa n'est pas toujours un morphisme de groupes, puis montrer que Ψ:aρa1, c'est-à-dire a(xxa1), en est toujours un.

Exercice 33 ★★★★Les sous-groupes additifs des réels

Sous-groupes : définition, caractérisation, intersection

Pour aR, on note aZ={ka:kZ}. On dira qu'une partie D de R est dense dans R lorsque tout intervalle ouvert non vide rencontre D, c'est-à-dire : pour tous réels x<y, D]x,y[.

Soit H un sous-groupe de (R,+) non réduit à {0}. On pose

H+=H]0,+[eta=infH+.
  1. Montrer que H+ est non vide, que a est bien défini et que a0.

  2. On suppose a>0. Montrer que aH, puis que H=aZ.

  3. On suppose a=0. Montrer que H est dense dans R.

  4. Conclure : tout sous-groupe de (R,+) est soit de la forme aZ avec a0, soit dense dans R.

  5. Soit α un nombre irrationnel. Montrer que Z+αZ={p+qα:(p,q)Z2} est un sous-groupe de (R,+), qu'il n'est de la forme aZ pour aucun a>0, et qu'il est donc dense dans R.

  6. En déduire que {cosn:nN} est dense dans [1,1], au sens où tout élément de [1,1] est limite d'une suite d'éléments de cet ensemble. On admettra l'irrationalité de π.

Exercice 34 ★★★★Les sous-groupes finis du groupe multiplicatif des complexes

Sous-groupes : définition, caractérisation, intersectionStructure de groupe : définition, exemples usuels, règles de calcul

On note Un={zC:zn=1} l'ensemble des racines n-ièmes de l'unité. Soit H un sous-groupe fini de (C,×), de cardinal n1. Le but de l'exercice est de démontrer que H=Un, sans utiliser aucun résultat sur les groupes finis.

  1. Montrer que tout zH vérifie z=1. On pourra considérer les puissances successives de z.

  2. Montrer que pour tout zH il existe k1 tel que zk=1, et en déduire que tout élément de H s'écrit e2iπr avec rQ.

  3. On suppose désormais H{1}. Pour z de module 1 et z1, on note argz l'unique argument de z appartenant à ]0,2π[. Justifier l'existence de

θ=min{argz : zH, z1},

et poser ω=eiθ.

  1. Montrer que tout élément de H est une puissance de ω. On effectuera la division euclidienne de argz par θ.

  2. Soit m le plus petit entier 1 tel que ωm=1. Montrer que H={1,ω,,ωm1}, que ces éléments sont deux à deux distincts, puis que m=n.

  3. Vérifier que Un est un sous-groupe fini de (C,×) de cardinal n, puis conclure que H=Un et que θ=2πn.

Exercice 35 ★★★★Anneaux de Boole

Anneaux et sous-anneaux : définition, calculs, binôme et factorisationAnneaux intègres, diviseurs de zéro, éléments nilpotentsGroupe des inversibles d'un anneau

Un anneau A, de neutres 0 et 1 et non supposé commutatif, est dit de Boole lorsque

xA,x2=x.
  1. Montrer que dans un anneau de Boole, x+x=0 pour tout x, autrement dit x=x. On développera (x+x)2.

  2. Montrer qu'un anneau de Boole est commutatif. On développera (x+y)2.

  3. Montrer qu'un anneau de Boole intègre possède exactement deux éléments, 0 et 1.

  4. Soit X un ensemble. On munit P(X) de la différence symétrique AB=(AB)(AB) et de l'intersection. Montrer que (P(X),,) est un anneau de Boole. On utilisera les fonctions indicatrices : pour AX, 1A:X{0,1} vaut 1 sur A et 0 ailleurs, et l'on a A=B si et seulement si 1A=1B.

  5. Déterminer le groupe des inversibles de cet anneau, et montrer qu'il n'est pas intègre dès que X possède au moins deux éléments.

  6. Montrer que dans tout anneau de Boole, la relation définie par xy si et seulement si xy=x est une relation d'ordre. L'interpréter dans P(X).

Exercice 36 ★★★★Les morphismes de corps des réels

Morphismes d'anneaux et isomorphismesCorps et sous-corps

Soit f:RR un morphisme d'anneaux, c'est-à-dire une application vérifiant

x,yR,f(x+y)=f(x)+f(y),f(xy)=f(x)f(y),etf(1)=1.
  1. Montrer que f(n)=n pour tout nZ, puis que f(r)=r pour tout rQ.

  2. Montrer que f(x)0 dès que x0, en écrivant x=(x)2, puis que f est croissante.

  3. En déduire, à l'aide de la densité de Q dans R, que f=idR.

  4. Montrer qu'un morphisme d'anneaux entre deux corps est toujours injectif.

  5. Montrer que l'identité et la conjugaison sont deux morphismes d'anneaux distincts de C dans C. Pourquoi le raisonnement de la question 2 ne s'applique-t-il pas à C ?

  6. On pose Q[2]={a+b2:(a,b)Q2}, dont on admettra que c'est un sous-corps de R. Déterminer tous les morphismes d'anneaux de Q[2] dans R.

Bloqué sur « Structures algébriques usuelles » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.