MPSI · Chapitre 08 · Premier semestre

Devoir surveillé — Structures algébriques usuelles

Sujet type, 240 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 240 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (4 points) — Le groupe des applications affines

On munit l'ensemble G=R×R de la loi définie par

(a,b)(a,b)=(aa, ab+b).

Cette loi traduit la composition des applications affines xax+b.

1. (0,5 pt) Vérifier que est une loi de composition interne sur G, et qu'elle est associative.

2. (0,5 pt) Déterminer le neutre de , puis le symétrique d'un élément (a,b)G. Conclure que (G,) est un groupe.

3. (0,25 pt) Montrer que (G,) n'est pas commutatif.

4. (1,25 pt) On pose H={(1,b) ; bR} et K={(a,0) ; aR}. Montrer que H est un sous-groupe de G isomorphe à (R,+), et que K est un sous-groupe de G isomorphe à (R,×).

5. (0,75 pt) Montrer que p:(a,b)a est un morphisme surjectif de (G,) sur (R,×), et déterminer son noyau.

6. (0,75 pt) Déterminer le centre de G, c'est-à-dire l'ensemble Z(G) des éléments de G qui commutent avec tous les éléments de G.

Exercice 2 (5 points) — Morphismes, cercle unité et racines de l'unité

On note

U={zC ; z=1}et, pour nN,Un={zC ; zn=1}.

On rappelle que tout élément de U s'écrit eiθ avec θR, et que eiθ=1 si et seulement si θ2πZ.

1. (0,75 pt) Montrer que φ:teit est un morphisme de (R,+) dans (C,×), puis déterminer Imφ et Kerφ.

2. (1 pt) Montrer que Un est un sous-groupe de (U,×), puis qu'il possède exactement n éléments.

3. (0,75 pt) Montrer que ψn:zzn est un morphisme de (U,×) dans lui-même, qu'il est surjectif, et que Kerψn=Un.

4. Soient n et m deux entiers naturels non nuls, et d=nm.

a. (0,5 pt) Montrer que UnUm si et seulement si n divise m.

b. (0,75 pt) Montrer que UnUm=Ud. On pourra utiliser le théorème de Bézout.

5. (0,75 pt) Montrer que ι:z1z est un automorphisme de (U,×), et que la conjugaison zz coïncide avec ι sur U.

6. (0,5 pt) Montrer que (U,×) n'est pas isomorphe à (R,+). On pourra comparer, dans chacun des deux groupes, les solutions de l'équation x2=e, où e désigne le neutre, cette équation s'écrivant x+x=0 dans (R,+).

Exercice 3 (5 points) — L'anneau des entiers d'Eisenstein

On pose j=e2iπ/3 et

A={a+bj ; (a,b)Z2}.

Les éléments de A sont appelés entiers d'Eisenstein. On munit A de l'addition et de la multiplication de C.

1. (0,5 pt) Démontrer que j3=1 et j2+j+1=0, puis exprimer j en fonction de j.

2. (1 pt) Démontrer que A est un sous-anneau de C, puis que tout élément de A s'écrit d'une unique façon sous la forme a+bj avec (a,b)Z2.

3. (0,75 pt) Pour zA, on pose N(z)=zz. Démontrer que N(a+bj)=a2ab+b2, que N(z)N pour tout zA, et que N(zz)=N(z)N(z) pour tous z,zA.

4. (0,75 pt) Vérifier que 4N(a+bj)=(2ab)2+3b2. En déduire que, pour zA, N(z)=0 si et seulement si z=0, puis que l'anneau A est intègre.

5. (1 pt) Démontrer qu'un élément zA est inversible dans A si et seulement si N(z)=1.

6. (1 pt) En déduire que A×={1,1,j,j,j2,j2}, puis vérifier que A× est un sous-groupe à six éléments de (C,×), égal à U6.

Exercice 4 (6 points) — Le groupe des permutations du carré

On numérote 1, 2, 3, 4 les sommets d'un carré, dans cet ordre le long du carré : les côtés sont donc les paires

c1={1,2},c2={2,3},c3={3,4},c4={4,1},

et l'on note C={c1,c2,c3,c4} l'ensemble des côtés. On note S4 le groupe des permutations de {1,2,3,4}, muni de la composition , et

D={σS4 ; {x,y}C, {σ(x),σ(y)}C}.

Toutes les permutations devront être décrites par leur tableau de valeurs. Deux sommets sont dits voisins lorsqu'ils forment un côté.

1. (1 pt) Démontrer que D est un sous-groupe de S4.

2. (0,75 pt) Soient r et s les permutations définies par le tableau suivant.

x 1 2 3 4
r(x) 2 3 4 1
s(x) 1 4 3 2

Vérifier que rD et sD, puis donner les tableaux de valeurs de r2, r3, r4 et s2.

3. (0,75 pt) Démontrer que sr=r1s, puis que srk=rks pour tout kZ.

4. On se propose de décrire tous les éléments de D.

a. (0,75 pt) Démontrer qu'une permutation σD est entièrement déterminée par le couple (σ(1),σ(2)), et que ce couple ne peut prendre que huit valeurs.

b. (1 pt) En déduire que D={id,r,r2,r3,s,rs,r2s,r3s}, et que ces huit permutations sont deux à deux distinctes.

5. (1 pt) Démontrer que D n'est pas commutatif, puis déterminer son centre Z(D), c'est-à-dire l'ensemble des éléments de D qui commutent avec tous les éléments de D.

6. (0,75 pt) Démontrer que l'application ε:D({1,1},×) définie par ε(rk)=1 et ε(rks)=1, pour k{0,1,2,3}, est bien définie, que c'est un morphisme de groupes, et déterminer son noyau.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.