MPSI · Chapitre 01 · Premier semestre

Exercices — Raisonnement et vocabulaire ensembliste

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Lire et écrire des propositions quantifiées

Rudiments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation

  1. Traduire en langage courant, sans aucun symbole, chacune des propositions suivantes.

    a. xR, x2+1>0

    b. nN, n2=49

    c. nN, 2n7

    d. xR, x2=1

  2. Écrire à l'aide de quantificateurs chacune des phrases suivantes.

    a. Tout entier naturel est positif ou nul.

    b. Il existe un réel dont le carré vaut 2.

    c. Aucun réel n'a pour carré 4.

    d. Tout entier naturel pair est le double d'un entier naturel.

    e. Il existe un entier naturel qui est à la fois pair et multiple de 3.

  3. On considère les deux propositions

    P:xR, yR, x+y=0etQ:yR, xR, x+y=0

    a. Traduire P et Q en langage courant, en faisant bien apparaître la différence.

    b. Déterminer la valeur de vérité de P, en le justifiant.

    c. Déterminer la valeur de vérité de Q, en le justifiant.

  4. Mêmes questions, plus brièvement, avec

    R:mN, nN, n>metS:nN, mN, n>m
  5. Traduire en langage courant la proposition suivante, puis déterminer sa valeur de vérité.

    T:aR, bR, cR, a+c=b
  6. Les propositions xR, x20 et tR, t20 ont-elles le même sens ? Expliquer.

Exercice 2 ★★★Nier des propositions quantifiées

Rudiments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation

Dans tout l'exercice, on écrira chaque négation sous forme positive : aucun symbole de négation ne doit subsister dans la réponse. En particulier, la négation de xy s'écrit x>y, celle de x=y s'écrit xy, et celle de « n est pair » s'écrit « n est impair ».

  1. Nier les propositions suivantes.

    a. xR, x21

    b. nN, (n est pair et n>100)

  2. Nier les propositions suivantes.

    a. xR, yR, x+y>0

    b. xR, yR, xy

  3. Nier la proposition

    C:xR, yR, zR, (x<z et z<y)
  4. Nier la proposition

    D:xR, (x>2x2>4)
  5. Soient E un ensemble et A, B deux parties de E. Par définition, la proposition « AB » s'écrit xE, (xAxB). Écrire de même, avec des quantificateurs, la proposition « A⊄B ».

  6. Soient (un)nN une suite de réels et un réel. On dit que la suite (un) converge vers lorsque

    ε>0, NN, nN, (nNunε)

    Écrire, avec des quantificateurs et sous forme positive, la proposition « la suite (un) ne converge pas vers ».

  7. Parmi les propositions des questions 1 à 4, déterminer celles qui sont vraies. On justifiera chaque réponse en une ou deux lignes.

Exercice 3 ★★★Implication, réciproque, contraposée

Implication, réciproque, contraposée, équivalence

Dans tout l'exercice, E désigne un ensemble, A et B deux parties de E, et la notation ab signifie « a divise b ». On considère les cinq implications suivantes.

I1:nN, (4n2n)

I2:xR, (x=3x2=9)

I3:xR, yR, (xy=0x=0)

I4:xE, (xABxAB)

I5:ABAB=A

  1. Écrire la réciproque de chacune de ces cinq implications.

  2. Écrire la contraposée de chacune de ces cinq implications.

  3. Déterminer la valeur de vérité de chaque implication Ik, en donnant une démonstration si elle est vraie et un contre-exemple explicite si elle est fausse.

  4. Même travail pour les cinq réciproques.

  5. Sans aucun nouveau calcul, donner la valeur de vérité de chacune des cinq contraposées. Quelle propriété du cours permet de répondre ?

  6. Pour laquelle de ces implications dispose-t-on en réalité d'une équivalence ? L'écrire avec le symbole     .

  7. Un élève écrit : « I2 est vraie, donc sa réciproque est vraie elle aussi. » Que lui répondre ?

Exercice 4 ★★★Vrai ou faux, avec preuve ou contre-exemple

Rudiments de logique : connecteurs, quantificateurs, négationModes de raisonnement : absurde, contraposée, disjonction de cas, analyse-synthèse

Pour chacune des assertions suivantes, dire si elle est vraie ou fausse. Si elle est vraie, en donner une démonstration complète ; si elle est fausse, en donner un contre-exemple explicite. On rappelle qu'un contre-exemple doit être une valeur (ou un objet) précise, entièrement écrite.

  1. xR, x2>0

  2. nN, n2n

  3. xR, x2+x+1=0

  4. nN, mN, m>n

  5. nN, mN, mn

  6. {1,2}{1,2,3}

  7. {1,2}{1,2,3}

  8. x, x2<0

Exercice 5 ★★★Premières récurrences

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Chaque démonstration sera rédigée en faisant apparaître explicitement l'initialisation, l'hérédité (avec l'hypothèse de récurrence clairement énoncée) et la conclusion.

  1. Démontrer que, pour tout nN,  k=0nk=n(n+1)2.

  2. Démontrer que, pour tout nN,  k=0nk2=n(n+1)(2n+1)6.

  3. Démontrer que, pour tout nN,  k=0nk3=(n(n+1)2)2, puis en déduire l'égalité remarquable k=0nk3=(k=0nk)2.

  4. Démontrer que, pour tout nN, l'entier 32n+1+2n+2 est divisible par 7.

Exercice 6 ★★★Opérations sur les parties d'un ensemble

Ensembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

On travaille dans l'ensemble E={1,2,3,4,5,6,7,8}, et on considère ses trois parties

A={1,2,3,4,5},B={4,5,6,7},C={2,4,6,8}

Le complémentaire est toujours pris dans E : A=EA.

  1. Déterminer, en extension, les ensembles suivants.

    a. AB

    b. AB

    c. A

    d. AB

    e. BA

    f. AΔB

    g. (AB)C

    h. AB

  2. Déterminer B, puis AB. Que constate-t-on en comparant avec le résultat de la question 1. h. ? Quelle loi du cours vient-on de vérifier sur cet exemple ?

  3. Soit maintenant A une partie quelconque d'un ensemble E. Simplifier les écritures suivantes.

    a. A

    b. A

    c. AE

    d. AE

    e. AA

    f. A

  4. Les ensembles AB et BA sont-ils égaux en général ? Démontrer que, pour deux parties A et B de E, on a AB=BA si et seulement si A=B.

  5. Déterminer une partie D de E telle que AD= et AD=E, où A est la partie donnée au début de l'énoncé. Une telle partie est-elle unique ?

Exercice 7 ★★★Appartenance, inclusion et ensemble des parties

Ensembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

  1. On pose E={1, 2, {1}, {2,3}}. Cet ensemble a donc pour éléments les deux nombres 1 et 2, ainsi que les deux ensembles {1} et {2,3}. Dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses.

    a. 1E

    b. {1}E

    c. {1}E

    d. 3E

    e. {2,3}E

    f. {2,3}E

    g. {{1}}E

  2. Dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses.

    a.

    b.

    c. {}

    d. {}

    e. {}{}

    f. {}{}

  3. Écrire en extension l'ensemble P(E) des parties de E, pour E={a,b}.

  4. Même question pour E={a,b,c}.

  5. On garde E={a,b,c}. Dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses, en justifiant chaque réponse.

    a. P(E)

    b. P(E)

    c. EP(E)

    d. {a}P(E)

    e. {a}P(E)

    f. {{a}}P(E)

  6. Soient E un ensemble et x un objet. Démontrer que les trois propositions suivantes sont équivalentes : xE,  {x}E,  {x}P(E).

Exercice 8 ★★★Injective, surjective, bijective : premières études

Injections, surjections, bijections et application réciproque

Pour chaque application, dire si elle est injective, surjective, bijective. Toute réponse positive doit être démontrée, toute réponse négative justifiée par un contre-exemple explicite.

  1. Étudier les applications suivantes :

    a. f1:RR, f1(x)=3x5

    b. f2:RR, f2(x)=x

    c. f3:RR+, f3(x)=x2+1

    d. f4:NN, f4(n)=n+1

    e. f5:ZZ, f5(n)=n+1

  2. Soient E={1,2,3,4} et F={5,6,7}. L'application f6:EF est définie par le tableau de valeurs suivant. Étudier f6.

    x 1 2 3 4
    f6(x) 6 5 7 5
  3. On considère maintenant la même formule xx2, mais sur trois couples d'ensembles différents. Étudier chacune de ces trois applications.

    a. f:RR

    b. g:RR+

    c. h:R+R+

  4. Que faut-il retenir de la question 3 ? Répondre en une phrase.

Exercice 9 ★★★Images directes et images réciproques d'intervalles

Images directes et images réciproques

On rappelle que pour f:EF, AE et BF :

f(A)={f(x)xA}etf1(B)={xEf(x)B}

Dans tout l'exercice, f, g et h sont les applications de R dans R définies par f(x)=x2, g(x)=2x3 et h(x)=x. Déterminer les ensembles demandés et justifier chaque réponse.

  1. Images directes par f :

    a. f([0,2])

    b. f([1,3])

    c. f([3,1])

    d. f(]1,2[)

  2. Images réciproques par f :

    a. f1([1,4])

    b. f1([4,1])

    c. f1(],0])

    d. f1([0,9])

  3. Images par g :

    a. g([0,2])

    b. g1([1,5])

  4. Images par h :

    a. h([2,1])

    b. h1([1,3])

    c. h1(],2])

  5. L'écriture f1(B) suppose-t-elle que f est bijective ? Répondre en s'appuyant sur les questions précédentes.

Exercice 10 ★★★Reconnaître une relation d'équivalence ou une relation d'ordre

Relations d'équivalence et classes d'équivalenceRelations d'ordre, majorants, minorants, plus grand et plus petit élément

On rappelle qu'une relation binaire R sur un ensemble E est dite :

  • réflexive si xE, xRx ;
  • symétrique si (x,y)E2, xRyyRx ;
  • antisymétrique si (x,y)E2, (xRy et yRx) x=y ;
  • transitive si (x,y,z)E3, (xRy et yRz) xRz.

Une relation d'équivalence est réflexive, symétrique et transitive ; une relation d'ordre est réflexive, antisymétrique et transitive. Dans toute la suite, E désigne un ensemble possédant au moins deux éléments distincts.

  1. Pour chacune des relations suivantes, tester les quatre axiomes (démonstration si l'axiome est vérifié, contre-exemple explicite sinon), puis conclure : relation d'équivalence, relation d'ordre, ou ni l'une ni l'autre. Pour les relations d'ordre, préciser si l'ordre est total ou partiel.

    a. Sur R : xR1y    xyZ

    b. Sur R : xR2y    xy>0

    c. Sur N : aR3b    ab

    d. Sur Z : aR4b    ab

    e. Sur P(E) : AR5B    AB

    f. Sur R : xR6y    x2=y2

  2. Pour chacune des relations d'équivalence trouvées, décrire la classe d'équivalence d'un élément x.

Exercice 11 ★★★★Nier des énoncés d'analyse

Rudiments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation

Dans tout l'exercice, (un) désigne une suite réelle, un réel, I un intervalle de R, f une fonction définie sur I et a un élément de I. On admet les définitions ci-dessous, écrites avec leurs quantificateurs : aucune propriété d'analyse n'est à démontrer dans cet exercice, il s'agit uniquement de manipuler des énoncés logiques.

  1. Écrire la négation de chacun des énoncés suivants, d'abord en symboles, puis en français.

    a. « (un) converge vers » : ε>0,NN,nN,unε

    b. « (un) est majorée » : MR,nN,unM

    c. « f est croissante sur I » : (x,y)I2,xyf(x)f(y)

    d. « f est bornée sur I » : MR+,xI,f(x)M

    e. « f est constante sur I » : cR,xI,f(x)=c

    f. « f s'annule sur I » : xI,f(x)=0

    g. « f est continue en a » : ε>0,δ>0,xI,xaδf(x)f(a)ε

  2. On dit que (un) diverge lorsqu'elle ne converge vers aucun réel, c'est-à-dire lorsque R, « (un) ne converge pas vers ».

    a. Les énoncés « (un) ne converge pas vers » et « (un) diverge » sont-ils équivalents ? On étudiera la suite constante définie par un=0 pour tout n, avec =1.

    b. Expliquer en une phrase quelle différence de quantification sépare ces deux énoncés.

  3. On prend I=R et f(x)=x2. On rappelle que « f est décroissante sur I » s'écrit (x,y)I2,xyf(x)f(y).

    a. Montrer que f n'est pas croissante sur R.

    b. Montrer que f n'est pas décroissante sur R.

    c. Que peut-on en conclure sur les énoncés « f n'est pas croissante » et « f est décroissante » ?

Exercice 12 ★★★★Raisonnement par contraposée

Modes de raisonnement : absurde, contraposée, disjonction de cas, analyse-synthèseImplication, réciproque, contraposée, équivalence

On rappelle que l'implication « PQ » et sa contraposée « (non Q) (non P) » sont deux énoncés équivalents : démontrer l'une, c'est démontrer l'autre. Dans chacune des questions suivantes, on demande d'écrire d'abord la contraposée de l'énoncé, puis de la démontrer.

  1. Soit nZ. Montrer que si n2 est pair, alors n est pair.

  2. Soit nZ. Montrer que si n2 est divisible par 3, alors n est divisible par 3. On admet la division euclidienne par 3 : tout entier relatif n s'écrit sous l'une des trois formes 3k, 3k+1 ou 3k+2, avec kZ.

  3. Soit xR. Montrer que si ε>0, xε, alors x=0.

  4. Soient E, F, G trois ensembles, g:EF et f:FG. Montrer que si fg est injective, alors g est injective.

  5. Soient A et B deux parties d'un ensemble E. Montrer que si AB, alors BA.

  6. a. Écrire la réciproque de l'énoncé de la question 4, et montrer qu'elle est fausse.

    b. En une phrase, expliquer la différence entre la contraposée et la réciproque d'une implication.

Exercice 13 ★★★★Raisonnement par l'absurde et irrationalité

Modes de raisonnement : absurde, contraposée, disjonction de cas, analyse-synthèse

On note Q={abaZ,bZ} et l'on appelle irrationnel tout réel qui n'appartient pas à Q. On admet les trois résultats suivants :

  • tout rationnel s'écrit sous forme irréductible pq, avec pZ, qN, p et q n'ayant aucun diviseur commun autre que 1 et 1 ;
  • pour nZ, si n2 est pair, alors n est pair ;
  • pour nZ, si n2 est divisible par 3, alors n est divisible par 3.

Partie A.

  1. Démontrer par l'absurde que 2Q.

Partie B.

  1. En reprenant la méthode de la question 1, démontrer que 3Q.

Partie C.

  1. Soient rQ et x un irrationnel. Démontrer que r+x est irrationnel.

  2. Soient rQ avec r0, et x un irrationnel. Démontrer que rx est irrationnel.

  3. En déduire que les réels suivants sont irrationnels :

    a. 3+2

    b. 22

  4. a. Donner deux irrationnels dont la somme est rationnelle.

    b. Donner deux irrationnels dont le produit est rationnel.

    c. Que peut-on en conclure, en comparant avec les questions 3 et 4 ?

Exercice 14 ★★★★Récurrence et inégalités

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

On rappelle que n!=1×2××n pour nN, de sorte que (n+1)!=(n+1)×n!.

  1. Inégalité de Bernoulli. Soit x un réel tel que x1.

    a. Démontrer par récurrence que pour tout nN, (1+x)n1+nx.

    b. À quel endroit précis de la démonstration l'hypothèse x1 a-t-elle servi ? Vérifier, en prenant x=4 et n=3, que l'inégalité peut être fausse sans cette hypothèse.

  2. On s'intéresse à l'inégalité 2nn2.

    a. Comparer 2n et n2 pour n{0,1,2,3,4}.

    b. Démontrer que pour tout entier n3, n22n+1.

    c. Démontrer par récurrence que pour tout entier n4, 2nn2.

    d. Commenter le choix du rang d'initialisation.

  3. Démontrer que pour tout nN :

    k=1n1k221n
  4. Démontrer que pour tout nN, n!2n1.

Exercice 15 ★★★★Récurrence double sur une suite

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Partie A — Une formule close démontrée par récurrence double

On considère la suite (un)nN définie par u0=0, u1=1 et :

nN,un+2=5un+16un
  1. Calculer u2, u3 et u4, puis comparer les valeurs obtenues à 3n2n pour n=2, n=3 et n=4.

  2. Démontrer par récurrence double que nN, un=3n2n.

  3. Expliquer pourquoi une récurrence simple, dont l'hypothèse porterait sur le seul rang n, ne permet pas de mener ce raisonnement.

Partie B — La suite de Fibonacci

On considère la suite (Fn)nN définie par F0=0, F1=1 et :

nN,Fn+2=Fn+1+Fn
  1. Calculer F2, F3, F4, F5 et F6.

  2. Démontrer par récurrence double que nN, Fn2n.

  3. Démontrer que nN, F0+F1++Fn=Fn+21. Une récurrence simple suffit ici : dire précisément pourquoi.

Exercice 16 ★★★★Récurrence forte : tout entier admet un diviseur premier

Raisonnement par récurrence : simple, double, forteModes de raisonnement : absurde, contraposée, disjonction de cas, analyse-synthèse

On rappelle qu'un entier p2 est dit premier lorsque ses seuls diviseurs positifs sont 1 et p. En particulier, si un entier n2 n'est pas premier, il admet un diviseur d tel que 1<d<n.

  1. Démontrer par récurrence forte que tout entier n2 admet au moins un diviseur premier.

  2. En déduire, par une seconde récurrence forte, que tout entier n2 s'écrit comme un produit de nombres premiers (un produit d'un seul facteur étant autorisé).

  3. On considère la suite (vn)nN définie par v0=1 et :

    n1,vn=v0+v1++vn1

    a. Calculer v1, v2, v3 et v4, puis conjecturer une expression de vn en fonction de n pour n1.

    b. Démontrer la conjecture par récurrence forte.

  4. Question de méthode. Reprendre la question 1. en tentant une récurrence simple, et dire précisément à quel endroit le raisonnement se bloque.

Exercice 17 ★★★★Analyse-synthèse : partie paire et partie impaire

Modes de raisonnement : absurde, contraposée, disjonction de cas, analyse-synthèse

On rappelle qu'une fonction g:RR est paire lorsque xR, g(x)=g(x), et impaire lorsque xR, g(x)=g(x).

  1. Soit f:RR. Démontrer, par analyse-synthèse, qu'il existe un unique couple (p,i) de fonctions de R dans R tel que p soit paire, i soit impaire et f=p+i.

  2. Déterminer explicitement ce couple (p,i) dans les deux cas suivants.

    a. f(x)=x3+x2+3x+1.

    b. f(x)=11+ex (on donnera le résultat sous forme simplifiée).

  3. Seconde analyse-synthèse.

    a. Déterminer toutes les fonctions f:RR telles que xR, 2f(x)+f(1x)=x.

    b. Reprendre la même méthode pour l'équation xR, f(x)+f(1x)=x. Conclure.

Exercice 18 ★★★★Identités ensemblistes par double inclusion

Ensembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

Dans tout l'exercice, E est un ensemble et A, B, C sont des parties de E. Le complémentaire de A dans E est noté A.

Les questions 1. à 4. sont à traiter par double inclusion : on démontre l'inclusion de gauche à droite en partant de « soit x un élément du membre de gauche », puis l'inclusion réciproque de la même façon.

  1. Démontrer que A(BC)=(AB)(AC).

  2. Démontrer que AB=AB.

  3. Démontrer que A(BC)=(AB)(AC).

  4. Démontrer que (AB)C=A(BC).

  5. Démontrer la triple équivalence suivante en raisonnant « en boucle », c'est-à-dire en établissant les trois implications (i)(ii)(iii)(i) :

    (i)  AB(ii)  AB=B(iii)  AB=A
  6. Un élève affirme que, pour toutes parties A, B, C de E, on a A(BC)=(AB)C. Cette affirmation est-elle vraie ? Justifier. Si elle est fausse, préciser laquelle des deux inclusions reste vraie et la démontrer.

Exercice 19 ★★★★Produit cartésien : inclusions et égalités

Ensembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

Dans tout l'exercice, E et F sont deux ensembles, A et A sont des parties de E, B et B sont des parties de F. On rappelle que

A×B={(x,y)    xA et yB}

et qu'un élément d'un produit cartésien est toujours un couple : une démonstration commence donc par « soit (x,y) un élément de … ».

  1. Démontrer que (AA)×(BB)=(A×B)(A×B).

  2. On compare maintenant (AA)×(BB) et (A×B)(A×B).

    a. L'une des deux inclusions est toujours vraie : dire laquelle et la démontrer.

    b. Donner un contre-exemple explicite montrant que l'autre inclusion est fausse en général.

  3. Démontrer que A×B= si et seulement si A= ou B=.

  4. On suppose A×B=A×B et A×B. Démontrer que A=A et B=B.

  5. Le complémentaire est ici pris dans E×F pour A×B, dans E pour A et dans F pour B.

    a. Démontrer que A×B=(A×F)(E×B).

    b. Donner un contre-exemple montrant que A×B n'est pas égal à A×B en général.

Exercice 20 ★★★★Recouvrements et partitions

Recouvrements et partitionsEnsembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

On rappelle les deux définitions. Soit E un ensemble et (Ai)iI une famille de parties de E.

Cette famille est un recouvrement de E lorsque iIAi=E.

C'est une partition de E lorsque, de plus, chaque Ai est non vide et les Ai sont deux à deux disjoints, c'est-à-dire AiAj= dès que ij.

  1. On pose E={1,2,3,4,5,6}. Pour chacune des familles suivantes, dire si c'est un recouvrement de E, puis si c'est une partition de E, en justifiant chaque réponse négative.

    a. F1={{1,2},{3,4},{5,6}}

    b. F2={{1,2,3},{3,4},{5,6}}

    c. F3={{1,2},{3,4},{5}}

    d. F4={{1,2,3},,{4,5,6}}

    e. F5={{1,3,5},{2,4,6}}

  2. On note 2Z={2k    kZ} et 2Z+1={2k+1    kZ}.

    a. Démontrer que {2Z,2Z+1} est une partition de Z.

    b. Sur le même modèle, décrire une partition de Z en trois parties et la justifier.

  3. La famille ([n,n+1[)nZ est-elle une partition de R ? Justifier en utilisant la partie entière.

  4. Soit E un ensemble, {A1,A2} une partition de E et B une partie de E. Démontrer que B=(BA1)(BA2) et que ces deux parties sont disjointes.

Exercice 21 ★★★★Bijections explicites et applications réciproques

Injections, surjections, bijections et application réciproqueApplications : composition, restriction, prolongement

Pour chacune des applications ci-dessous, démontrer qu'elle est bijective en résolvant l'équation f(x)=y, puis expliciter son application réciproque.

  1. f:R{3}R{2}, f(x)=2x+1x3. On vérifiera au préalable que f prend bien ses valeurs dans R{2}.

  2. g:R]1,1[, g(x)=x1+x. On vérifiera la réciproque obtenue en la recomposant avec g.

  3. φ:NZ définie par φ(n)=n2 si n est pair et φ(n)=n+12 si n est impair. On commencera par calculer φ(n) pour n allant de 0 à 5.

  4. h:R2R2, h(x,y)=(x+y,xy).

  5. Φ:P(E)P(E), Φ(A)=A, où E est un ensemble et où le complémentaire est pris dans E. Démontrer que ΦΦ=idP(E) et en déduire que Φ est une bijection égale à sa propre réciproque.

Exercice 22 ★★★★Fonctions indicatrices

Fonctions indicatrices

Soit E un ensemble. Pour toute partie A de E, on appelle fonction indicatrice de A l'application 1A:E{0,1} définie par

1A(x)=1 si xA,1A(x)=0 si xA.

Dans tout l'exercice, A, B et C désignent des parties de E et A le complémentaire de A dans E. Les égalités et les inégalités entre fonctions s'entendent point par point : « 1A=1B » signifie « pour tout xE, 1A(x)=1B(x) ». On note 1 la fonction constante égale à 1 sur E. Pour pouvoir additionner et soustraire des indicatrices, on les regarde comme des fonctions de E dans R qui se trouvent ne prendre que les valeurs 0 et 1 : une somme comme 1A+1B a donc un sens, même si elle peut valoir 2.

  1. Démontrer les quatre identités suivantes.

    a. 1AB=1A1B

    b. 1A=11A

    c. 1AB=1A+1B1A1B

    d. 1AB=1A(11B)

  2. a. Démontrer que 1A2=1A.

    b. Démontrer que AB si et seulement si 1A1B.

    c. Démontrer que A=B si et seulement si 1A=1B.

  3. La question 2.c. fournit une méthode : pour établir une égalité entre deux parties de E, il suffit de calculer les deux indicatrices et de constater qu'elles sont égales. Appliquer cette méthode pour redémontrer les deux identités suivantes.

    a. AB=AB

    b. A(BC)=(AB)(AC)

Exercice 23 ★★★Les quatre inclusions classiques des images

Images directes et images réciproques

Soient E et F deux ensembles et f:EF une application. On rappelle les deux définitions, à connaître par coeur.

Pour AE, l'image directe de A est f(A)={f(x)xA}, autrement dit

yf(A)    xA, y=f(x).

Pour BF, l'image réciproque de B est f1(B)={xEf(x)B}, autrement dit

xf1(B)    f(x)B.

La notation f1(B) a un sens pour toute application f : elle ne suppose pas que f soit bijective. Dans tout l'exercice, A et A sont des parties de E, B et B des parties de F ; le complémentaire d'une partie de F est pris dans F, celui d'une partie de E est pris dans E.

  1. Démontrer les égalités et inclusions suivantes. Pour b., e. et f., donner de plus un contre-exemple explicite montrant que l'inclusion peut être stricte.

    a. f(AA)=f(A)f(A)

    b. f(AA)f(A)f(A)

    c. f1(BB)=f1(B)f1(B) et f1(BB)=f1(B)f1(B)

    d. f1(B)=f1(B)

    e. Af1(f(A))

    f. f(f1(B))B

  2. Que retenir de la comparaison entre le comportement de l'image directe et celui de l'image réciproque ?

Exercice 24 ★★★Caractériser l'injectivité et la surjectivité par les images

Images directes et images réciproquesInjections, surjections, bijections et application réciproque

Soient E et F deux ensembles et f:EF une application. On utilisera librement les trois résultats généraux suivants, valables pour toutes parties A, A de E et B de F :

f(AA)f(A)f(A),Af1(f(A)),f(f1(B))B.

On rappelle aussi que f()=, et que le complémentaire d'une partie de E est pris dans E, celui d'une partie de F dans F.

Démontrer les quatre équivalences suivantes, chacune dans les deux sens.

  1. f est injective si et seulement si, pour toutes parties A et A de E, f(AA)=f(A)f(A).

  2. f est injective si et seulement si, pour toute partie A de E, f1(f(A))=A.

  3. f est surjective si et seulement si, pour toute partie B de F, f(f1(B))=B.

  4. f est injective si et seulement si, pour toute partie A de E, f(A)f(A).

Exercice 25 ★★★La différence symétrique

Ensembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésienFonctions indicatrices

Soit E un ensemble. Pour deux parties A et B de E, on appelle différence symétrique de A et B la partie

AΔB=(AB)(BA).

On rappelle que 1A désigne la fonction indicatrice de A, et les identités établies précédemment : 1AB=1A1B, 1AB=1A+1B1A1B, 1AB=1A(11B), 1A2=1A, ainsi que la caractérisation : deux parties de E sont égales si et seulement si leurs indicatrices sont égales.

Dans tout l'exercice, A, B et C sont des parties de E.

  1. Montrer que AΔB=(AB)(AB), et que AΔB=BΔA.

  2. Exprimer 1AΔB en fonction de 1A et 1B. On montrera que les deux expressions 1A+1B21A1B et 1A1B conviennent toutes les deux.

  3. En déduire que l'opération Δ est associative, c'est-à-dire que (AΔB)ΔC=AΔ(BΔC).

  4. Montrer que AΔ=A, que AΔA= et que AΔE=A.

  5. Les parties A et C étant fixées, montrer que l'équation AΔX=C, d'inconnue XP(E), admet une unique solution, et expliciter cette solution.

  6. En déduire que l'application φ:P(E)P(E) définie par φ(X)=AΔX est bijective, et déterminer sa réciproque.

Exercice 26 ★★★Équations ensemblistes

Ensembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

Soit E un ensemble. Dans tout l'exercice, A, B et C sont des parties fixées de E, et l'inconnue X est une partie de E. Résoudre une équation, c'est ici déterminer toutes les parties X de E qui la vérifient.

Pour chacune des équations suivantes : donner une condition nécessaire et suffisante, portant sur les données A, B et C, pour qu'il existe au moins une solution, puis décrire l'ensemble de toutes les solutions. Chaque résolution sera rédigée par analyse et synthèse.

1. AX=B

2. AX=B

3. Le système formé des deux équations AX=B et AX=C

4. AX=B

5. XA=XA

Exercice 27 ★★★Applications idempotentes et involutions

Applications : composition, restriction, prolongementInjections, surjections, bijections et application réciproque

Soient E un ensemble non vide et f:EE une application. On note idE l'application identité de E, définie par idE(x)=x pour tout xE. On rappelle que deux applications de E dans E sont égales si et seulement si elles prennent la même valeur en tout point de E.

Partie A — applications idempotentes. Dans cette partie, on suppose ff=f.

  1. Montrer que f est injective si et seulement si f=idE.

  2. Montrer que f est surjective si et seulement si f=idE.

  3. Montrer que f(E)={xEf(x)=x}.

  4. Donner un exemple d'application f:RR vérifiant ff=f et différente de idR. Préciser son image et l'ensemble de ses points fixes.

Partie B — involutions. Dans cette partie, on suppose ff=idE ; on dit alors que f est une involution de E.

  1. Montrer que f est bijective et que f1=f.

  2. Vérifier que les trois applications suivantes sont des involutions : xx de R dans R ; x1x de R dans R ; AA de P(E) dans P(E).

  3. On note I={xEf(x)=x} l'ensemble des points fixes de l'involution f. Montrer que I et son complémentaire I sont stables par f, c'est-à-dire que f(I)I et f(I)I.

Exercice 28 ★★★Injectivité et surjectivité des composées

Applications : composition, restriction, prolongementInjections, surjections, bijections et application réciproque

Soient E, F et G trois ensembles, f:EF et g:FG deux applications. On rappelle que la composée gf est l'application de E dans G définie par (gf)(x)=g(f(x)) pour tout xE. On notera R+=[0,+[.

  1. Montrer que si f et g sont injectives, alors gf est injective. Énoncer et démontrer les résultats analogues pour la surjectivité, puis pour la bijectivité.

  2. Montrer que si gf est injective, alors f est injective. Donner un contre-exemple montrant que g n'est pas nécessairement injective.

  3. Montrer que si gf est surjective, alors g est surjective. Donner un contre-exemple montrant que f n'est pas nécessairement surjective.

  4. Montrer que si gf est injective et si f est surjective, alors g est injective.

  5. Montrer que si gf est surjective et si g est injective, alors f est surjective.

  6. On suppose f et g bijectives. Montrer que (gf)1=f1g1, en justifiant soigneusement l'ordre des deux facteurs.

Exercice 29 ★★★Une relation d'équivalence et ses classes

Relations d'équivalence et classes d'équivalenceRecouvrements et partitions

On rappelle qu'une relation R définie sur un ensemble E est une relation d'équivalence lorsqu'elle est réflexive (xE, xRx), symétrique ((x,y)E2, (xRyyRx)) et transitive ((x,y,z)E3, ((xRy  et  yRz)xRz)). La classe d'équivalence d'un élément x de E est alors la partie Cl(x)={yEyRx}.

  1. Sur E=R, on définit R par : xRy si et seulement si xyZ.

    a. Montrer que R est une relation d'équivalence.

    b. Décrire Cl(x) pour xR.

    c. Montrer que tout réel est en relation avec un unique élément de [0,1[. On pourra utiliser la partie entière x, caractérisée par : xZ et xx<x+1.

  2. Sur E=R2, on définit R par : (x,y)R(x,y) si et seulement si x2+y2=(x)2+(y)2.

    a. Montrer que R est une relation d'équivalence.

    b. Décrire géométriquement les classes d'équivalence.

  3. Sur E=F(R,R), ensemble des applications de R dans R, on définit R par : fRg si et seulement si fg est constante, c'est-à-dire s'il existe cR tel que f(x)g(x)=c pour tout xR.

    a. Montrer que R est une relation d'équivalence.

    b. Décrire Cl(f).

  4. Question de synthèse. Soit R une relation d'équivalence quelconque sur un ensemble E.

    a. Montrer que, pour tous x,yE, on a xRy si et seulement si Cl(x)=Cl(y).

    b. En déduire que deux classes d'équivalence sont égales ou disjointes.

    c. Montrer que la réunion de toutes les classes est E tout entier, et conclure que les classes d'équivalence de R forment une partition de E.

    d. Illustrer cette conclusion sur les trois relations précédentes.

Exercice 30 ★★★Deux ordres partiels : divisibilité et inclusion

Relations d'ordre, majorants, minorants, plus grand et plus petit élément

Partie A — la divisibilité sur N.

Pour a,bN, on note ab lorsqu'il existe kN tel que b=ka.

On rappelle que aY est un élément minimal de Y lorsque le seul élément de Y qui lui soit inférieur est a lui-même, soit ici : pour tout bY, bab=a.

  1. Montrer que est une relation d'ordre sur N. Cet ordre est-il total ?
  2. Déterminer, s'ils existent, le plus petit et le plus grand élément de (N,).
  3. On pose X={1,2,3,4,6,12}. Déterminer l'ensemble des majorants de X dans (N,), puis l'ensemble de ses minorants. X admet-il un plus grand élément ? un plus petit élément ?
  4. On pose Y={2,3,4,6,12}. Montrer que Y n'admet pas de plus petit élément, puis déterminer tous ses éléments minimaux.

Partie B — l'inclusion sur P(E).

Soit E un ensemble. On rappelle que l'inclusion est une relation d'ordre sur P(E).

  1. Montrer que cet ordre n'est pas total dès que E contient au moins deux éléments.
  2. Déterminer le plus petit et le plus grand élément de (P(E),).
  3. Soient A et B deux parties de E. Déterminer l'ensemble des majorants de {A,B}, puis montrer que AB est le plus petit élément de cet ensemble.
  4. Déterminer de même l'ensemble des minorants de {A,B}, puis montrer que AB en est le plus grand élément.

Exercice 31 ★★★Une bijection entre les parties et les applications à valeurs dans 0 et 1

Injections, surjections, bijections et application réciproqueFonctions indicatricesEnsembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

Soit E un ensemble. On note F l'ensemble des applications de E dans {0,1}.

On rappelle que, pour AP(E), la fonction indicatrice 1A est l'application de E dans {0,1} définie par 1A(x)=1 si xA, et 1A(x)=0 si xA. On considère

Φ:P(E)F,Φ(A)=1A
  1. Vérifier que Φ est bien définie, c'est-à-dire que Φ(A) est bien un élément de F pour toute partie A de E.
  2. Montrer que Φ est injective.
  3. Soit φF. On pose Aφ={xEφ(x)=1}. Montrer que Φ(Aφ)=φ, et conclure que Φ est surjective.
  4. Que peut-on en déduire pour Φ ? Décrire Φ1.
  5. Soient A et B deux parties de E. Exprimer, pour tout xE, les nombres 1A(x), 1AB(x) et 1AB(x) en fonction de 1A(x) et 1B(x).
  6. Application. On note c:P(E)P(E) l'application AA, et θ:FF l'application qui à φ associe l'application x1φ(x). Montrer que Φc=θΦ, puis retrouver, en passant par Φ, que c est une bijection de P(E) sur lui-même.

Exercice 32 ★★★★Le classique des trois applications composées

Applications : composition, restriction, prolongementInjections, surjections, bijections et application réciproque

Soient E, F et G trois ensembles et trois applications

f:EF,g:FG,h:GE

On vérifiera d'abord que les trois composées hgf, gfh et fhg ont bien un sens, et qu'elles vont respectivement de E dans E, de G dans G et de F dans F.

On suppose désormais que hgf et gfh sont injectives, et que fhg est surjective.

  1. Montrer que f est injective.

  2. Montrer que h est injective.

  3. Montrer que f est surjective.

  4. En déduire successivement que :

    a. f est bijective ;

    b. hg est surjective, puis que h est bijective ;

    c. g est bijective.

Exercice 33 ★★★★Théorème de Cantor

Injections, surjections, bijections et application réciproqueEnsembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

Soit E un ensemble.

  1. Montrer que l'application ι:EP(E) définie par ι(x)={x} est injective. Il existe donc une injection de E dans P(E).

  2. Théorème de Cantor. Montrer qu'il n'existe aucune surjection de E sur P(E).

    Indication. Soit f:EP(E). Considérer la partie D={xExf(x)} et montrer que D n'admet aucun antécédent par f.

  3. En déduire qu'il n'existe aucune bijection de E sur P(E).

  4. Vérification sur un exemple. On prend E={a,b} avec ab, et l'application f:EP(E) définie par f(a)={a} et f(b)=. Déterminer la partie D associée à ce f, et vérifier directement qu'elle n'est pas atteinte par f.

  5. Question de méthode. Expliquer en quoi le raisonnement de la question 2 est un raisonnement par l'absurde de type « diagonal », et dire précisément à quel endroit l'hypothèse de surjectivité est utilisée.

Exercice 34 ★★★★Simplification à gauche et à droite

Applications : composition, restriction, prolongementInjections, surjections, bijections et application réciproque

Soit f:EF une application, avec E non vide.

  1. Montrer que f est injective si et seulement si, pour tout ensemble X et toutes applications g,h:XE, l'égalité fg=fh entraîne g=h. (Pour le sens réciproque, prendre pour X un singleton bien choisi.)
  2. Montrer que f est surjective si et seulement si, pour tout ensemble Y et toutes applications g,h:FY, l'égalité gf=hf entraîne g=h. (Pour le sens réciproque, prendre Y={0,1} et des fonctions indicatrices bien choisies.)
  3. Montrer que f est injective si et seulement s'il existe une application r:FE telle que rf=idE. Préciser à quel endroit exact l'hypothèse « E non vide » est utilisée.
  4. Montrer que si f est surjective, il existe une application s:FE telle que fs=idF.
  5. En déduire que f est bijective si et seulement s'il existe une application g:FE vérifiant à la fois gf=idE et fg=idF. Montrer qu'une telle application g est alors unique et qu'il s'agit de f1.

Exercice 35 ★★★★Point fixe d'une application croissante des parties

Ensembles, inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésienRelations d'ordre, majorants, minorants, plus grand et plus petit élément

Soit E un ensemble et Φ:P(E)P(E) une application croissante pour l'inclusion, c'est-à-dire vérifiant : pour toutes parties A et B de E, ABΦ(A)Φ(B).

On appelle point fixe de Φ toute partie P de E telle que Φ(P)=P. On pose

A={AP(E)AΦ(A)}etM=AAA
  1. Montrer que A n'est pas vide.

  2. Montrer que MΦ(M). (Prendre xM : il appartient à un certain AA.)

  3. En déduire que Φ(M)Φ(Φ(M)), puis que Φ(M)A, puis que Φ(M)M.

  4. Conclure que Φ(M)=M : toute application croissante de P(E) dans lui-même admet un point fixe.

  5. Montrer que M est le plus grand point fixe de Φ, c'est-à-dire le plus grand élément, pour l'inclusion, de l'ensemble des points fixes de Φ.

  6. Deux exemples.

    a. Soit B une partie fixée de E et ΦB:P(E)P(E), AAB. Vérifier que ΦB est croissante, déterminer l'ensemble de ses points fixes, puis vérifier sur cet exemple le résultat de la question 5.

    b. On suppose E non vide et on pose Ψ:P(E)P(E), AA. Montrer que Ψ n'est pas croissante, puis qu'elle n'admet aucun point fixe. Détailler le cas où E est un singleton.

Exercice 36 ★★★★La relation avoir la même image et les fibres

Relations d'équivalence et classes d'équivalenceRecouvrements et partitionsApplications : composition, restriction, prolongementInjections, surjections, bijections et application réciproqueImages directes et images réciproques

Soit f:EF une application. On définit sur E la relation R par

xRy    f(x)=f(y)

Pour yF, on appelle fibre de y la partie f1({y}) de E. On rappelle qu'une famille de parties de E est une partition de E lorsque ces parties sont non vides, deux à deux disjointes, et que leur réunion vaut E.

  1. Montrer que R est une relation d'équivalence sur E.
  2. Montrer que, pour tout xE, la classe Cl(x) est exactement la fibre f1({f(x)}).
  3. Montrer que la famille (f1({y}))yf(E) est une partition de E.
  4. Montrer que les trois propositions suivantes sont équivalentes : f est injective ; toutes les classes de R sont des singletons ; R est la relation d'égalité sur E.
  5. Montrer que f est surjective si et seulement si, pour tout yF, la fibre f1({y}) est non vide.
  6. Soit G un ensemble et g:EG une application telle que : pour tous x,yE, f(x)=f(y)g(x)=g(y). Montrer que si f est surjective, il existe une unique application g~:FG telle que g=g~f.
  7. Exemple. On prend f:RR, xx2. Décrire les classes de R, dire si f est injective, si elle est surjective, puis donner une application g qui se factorise sous la forme g~f et une application g qui ne s'écrit pas sous cette forme.

Bloqué sur « Raisonnement et vocabulaire ensembliste » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.