MPSI · Chapitre 10 · Premier semestre

Exercices — Polynômes et fractions rationnelles

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Degré, coefficient dominant et opérations

L'anneau des polynômes : opérations, intégrité, compositionDegré, coefficient dominant, polynômes unitaires, degré d'une somme et d'un produit

On travaille dans R[X] et l'on pose

A=2X3X+4,B=X2+3X1,C=2X3+X2+5.
  1. Développer les polynômes suivants, puis préciser pour chacun son degré et son coefficient dominant.

    a. A+B

    b. A+C

    c. AB

    d. B2

    e. (A+C)B

  2. Comparer deg(A+C) et max(degA,degC). Énoncer la règle générale donnant le degré d'une somme, et préciser à quelle condition elle s'écrit avec une égalité.

  3. On pose U=X23X+1 et V=X+2. Calculer UV et VU. Ces deux polynômes sont-ils égaux ? Vérifier sur cet exemple que deg(UV)=degU×degV.

  4. Soient P et Q deux polynômes non nuls de K[X]. Montrer que deg(PQ)=degP+degQ, puis que PQ0. Qu'en déduit-on pour l'anneau K[X] ?

Exercice 2 ★★★★Calculs de degrés

Degré, coefficient dominant, polynômes unitaires, degré d'une somme et d'un produit

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C. On rappelle la convention deg0=, avec les règles de calcul <n et +n= pour tout entier n.

  1. Soient P et Q deux polynômes non nuls de K[X], de degrés respectifs p et q, et de coefficients dominants ap et bq. Déterminer, en justifiant, le degré des polynômes suivants ; lorsqu'on ne peut pas conclure, donner la meilleure majoration possible.

    a. PQ

    b. P+Q

    c. Pk, kN

    d. P

    e. PQ, avec q1

  2. Soit P un polynôme de degré n1, de coefficient dominant an. Déterminer le degré et le coefficient dominant de P(X+1)P(X).

  3. Pour aR, on pose Qa=(a21)X2+(a1)X+a+1. Discuter, selon la valeur de a, le degré et le coefficient dominant de Qa. Existe-t-il un réel a pour lequel Qa=0 ?

Exercice 3 ★★★Divisions euclidiennes à poser

Division euclidienne des polynômes

Effectuer les divisions euclidiennes de A par B dans les quatre cas suivants, c'est-à-dire déterminer l'unique couple (Q,R) tel que A=BQ+R avec degR<degB. Vérifier à chaque fois le résultat en recomposant BQ+R.

  1. A=X43X3+2X2X+5 et B=X2+1, dans R[X].

  2. A=2X4+X35X2+3X1 et B=X23X+2, dans R[X].

  3. A=X45X2+4X6 et B=X2, dans R[X].

  4. A=X3+2X2X+3 et B=Xi, dans C[X].

  5. Dans les questions 3 et 4, comparer le reste obtenu à A(2) et à A(i). Énoncer et démontrer la règle générale concernant le reste de la division euclidienne par Xa.

Exercice 4 ★★★★Divisibilité et polynômes associés

Divisibilité dans l'anneau des polynômes, polynômes associésDivision euclidienne des polynômes

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C. On rappelle que, pour A,BK[X], l'écriture AB signifie qu'il existe UK[X] tel que B=AU.

  1. Établir les divisibilités suivantes, ou montrer qu'elles sont fausses.

    a. X1Xn1, pour tout nN.

    b. X2X2X33X2.

    c. X2+1X3+X2+X.

  2. Montrer que la divisibilité est transitive : si AB et BC, alors AC.

  3. Soient A et B deux polynômes non nuls tels que AB et BA. Montrer qu'il existe λK tel que B=λA. On dit alors que A et B sont associés.

  4. En déduire que deux polynômes A et B, non tous deux nuls, admettent au plus un PGCD unitaire. On utilisera la définition du cours : D est un PGCD de A et B lorsque D est un diviseur commun de A et B, et que tout diviseur commun de A et B divise D.

  5. Montrer que si AB avec B0, alors degAdegB. Donner un exemple de deux polynômes A et B tels que AB et degA=degB : la divisibilité n'impose donc pas l'inégalité stricte.

Exercice 5 ★★★Racines évidentes et première factorisation

Racines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins aDivisibilité dans l'anneau des polynômes, polynômes associés

On considère les trois polynômes de R[X] suivants :

P=X32X25X+6,Q=X3+X2+X3,R=X4X37X2+X+6.
  1. Trouver une racine évidente de P, puis factoriser complètement P dans R[X].

  2. Même travail avec Q.

  3. Même travail avec R (on aura besoin de deux racines évidentes).

  4. Parmi P, Q et R, lesquels sont scindés sur R ?

  5. Soit S=Xn+an1Xn1++a1X+a0 un polynôme unitaire de degré n1 dont tous les coefficients sont entiers. Montrer que toute racine entière de S divise a0. Vérifier ce résultat sur P, Q et R.

Exercice 6 ★★★Multiplicité d une racine par les dérivées successives

Polynôme dérivé, formule de Taylor, caractérisation des racines multiplesRacines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins a

On rappelle la caractérisation vue en cours : pour PK[X] non nul, aK et mN, le scalaire a est racine de multiplicité m de P si et seulement si

P(a)=P(a)==P(m1)(a)=0etP(m)(a)0.
  1. Soit P=X43X3+3X2X. Déterminer la multiplicité de 1 comme racine de P en factorisant P, puis retrouver le résultat à l'aide des dérivées successives.

  2. Soit Q=X4+4X3+5X2+4X+4. Déterminer la multiplicité de 2 comme racine de Q par les deux mêmes méthodes.

  3. Écrire la formule de Taylor de P en 1, et retrouver ainsi la factorisation de la question 1.

  4. Déterminer les réels a pour lesquels 1 est racine double de Pa=X4(a+1)X2+a.

Exercice 7 ★★★★Factoriser dans C puis dans R

Polynômes irréductibles, d'Alembert-Gauss, factorisation dans C[X] et dans R[X]Racines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins a

  1. Factoriser chacun des polynômes suivants en produit de polynômes irréductibles de C[X], puis en produit de polynômes irréductibles de R[X].

    a. A=X41

    b. B=X31

    c. C=X4+1

    d. D=X61

  2. Le polynôme C=X4+1 ne prend que des valeurs strictement positives sur R, donc n'a aucune racine réelle. Est-il pour autant irréductible dans R[X] ? Commenter.

Exercice 8 ★★★★PGCD par l algorithme d Euclide

PGCD, algorithme d'Euclide, théorèmes de Bézout et de Gauss, PPCM

Dans tout l'exercice, le PGCD de deux polynômes non tous deux nuls est choisi unitaire, et noté AB.

  1. Calculer AB par l'algorithme d'Euclide, pour
A=X4X3X2X2etB=X32X2X+2.
  1. Mêmes questions pour C=X5+1 et D=X3X2+X1. Ces deux polynômes sont-ils premiers entre eux ?

  2. Déduire de la question 1 le PPCM unitaire de A et B.

Exercice 9 ★★★Premières décompositions en éléments simples

Fractions rationnelles : forme irréductible, degré, partie entière, pôlesDécomposition en éléments simples

  1. Décomposer en éléments simples dans R(X) les fractions rationnelles suivantes, puis vérifier chaque résultat en remettant au même dénominateur.

    a. F=1X(X+1)

    b. G=X(X1)(X2)

    c. H=2X+3X24

  2. En déduire, pour tout nN, la valeur de k=1n1k(k+1).

Exercice 10 ★★★★Reste d une division sans poser la division

Division euclidienne des polynômesRacines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins a

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel. On rappelle que, B étant un polynôme non nul, il existe un unique couple (Q,R) de polynômes tel que A=BQ+R et degR<degB.

  1. Déterminer le reste de la division euclidienne de Xn par B=X23X+2.

  2. En déduire le reste de la division euclidienne de A=X123X6+2 par B.

  3. Déterminer le reste de la division euclidienne de Xn par X2+1 (on discutera selon le reste de n dans la division par 4).

  4. Déterminer le reste de la division euclidienne de Xn par (X1)2.

  5. Pour quelles valeurs de n le polynôme X2+1 divise-t-il Xn1 ?

Exercice 11 ★★★L opérateur différence

Degré, coefficient dominant, polynômes unitaires, degré d'une somme et d'un produitL'anneau des polynômes : opérations, intégrité, composition

Pour PK[X], on pose ΔP=P(X+1)P(X).

  1. Calculer ΔP dans les quatre cas suivants.

    a. P=1

    b. P=X

    c. P=X2

    d. P=X3

  2. Soit P de degré n1, de coefficient dominant an. Montrer que ΔP est de degré n1 et de coefficient dominant nan.

  3. Déterminer tous les polynômes PK[X] tels que ΔP=0.

  4. Soit QK[X]. Montrer qu'il existe PK[X] tel que ΔP=Q, et que deux tels polynômes diffèrent d'une constante. On raisonnera par récurrence sur le degré de Q.

  5. Déterminer le polynôme P tel que ΔP=X2 et P(0)=0, puis en déduire, pour nN, la valeur de k=0n1k2.

Exercice 12 ★★★★Racines rationnelles d un polynôme à coefficients entiers

Racines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins aPGCD, algorithme d'Euclide, théorèmes de Bézout et de Gauss, PPCM

Soit P=anXn+an1Xn1++a1X+a0 un polynôme de degré n1 dont tous les coefficients a0,,an sont des entiers relatifs (avec donc an0). On suppose que P admet une racine rationnelle r, que l'on écrit sous forme irréductible r=pq, avec pZ, qN et pq=1.

  1. Montrer que k=0nakpkqnk=0.

  2. En déduire que p divise a0qn, puis que p divise a0.

  3. Montrer de même que q divise an.

  4. Que devient ce résultat lorsque P est unitaire ?

  5. Déterminer toutes les racines rationnelles de P1=2X3X28X+4, puis de P2=X33X1.

  6. En appliquant le résultat au polynôme X22, démontrer que 2 est irrationnel.

Exercice 13 ★★★★Relations entre coefficients et racines

Polynômes scindés, relations entre coefficients et racines

  1. Soit P=aX2+bX+c avec a0, supposé scindé sur K, de racines x1 et x2 comptées avec leur multiplicité. Démontrer que
x1+x2=baetx1x2=ca.
  1. Soit P=X3+αX2+βX+γ scindé sur K, de racines x1,x2,x3 comptées avec leur multiplicité. En développant (Xx1)(Xx2)(Xx3), exprimer α, β et γ à l'aide de
σ1=x1+x2+x3,σ2=x1x2+x1x3+x2x3,σ3=x1x2x3.
  1. On note x1,x2,x3 les racines complexes de P=X32X2+3X5. Sans les calculer, déterminer x12+x22+x32, puis 1x1+1x2+1x3 après avoir justifié que cette écriture a un sens. Qu'en déduit-on sur la nature des racines ?

  2. Déterminer tous les triplets (x,y,z) de nombres réels tels que

x+y+z=6,xy+yz+zx=11,xyz=6.

Exercice 14 ★★★Développer un polynôme selon les puissances de X moins a

Polynôme dérivé, formule de Taylor, caractérisation des racines multiples

On pose P=X43X3+2X2X+5.

  1. Énoncer la formule de Taylor pour les polynômes en un point a. L'appliquer à P avec a=1 : calculer les dérivées successives de P, les évaluer en 1, et écrire P selon les puissances de X1.

  2. Retrouver ce développement par une autre méthode : poser X=1+H et développer chaque puissance à l'aide de la formule du binôme de Newton. Comparer les deux méthodes.

  3. Soit Q=X45X3+9X27X+2. Écrire le développement de Taylor de Q en 1, en déduire que 1 est racine de Q de multiplicité exactement 3, puis factoriser Q dans R[X].

Exercice 15 ★★★★Factorisation de X puissance n moins 1 dans C et dans R

Polynômes irréductibles, d'Alembert-Gauss, factorisation dans C[X] et dans R[X]Polynômes scindés, relations entre coefficients et racines

Soit n2 un entier. On pose ω=e2iπ/n, de sorte que Un={ωk : 0kn1}.

  1. Démontrer que, dans C[X],
Xn1=k=0n1(Xωk).
  1. En déduire la factorisation de 1+X++Xn1 dans C[X], puis la valeur du produit k=1n1(1ωk).

  2. Factoriser Xn1 en produit d'irréductibles de R[X], en distinguant le cas n pair et le cas n impair. On justifiera que les facteurs de degré 2 obtenus sont bien irréductibles.

  3. Écrire explicitement cette factorisation réelle pour n=6, puis pour n=5. Dans le cas n=5, on déterminera la valeur exacte des cosinus qui apparaissent.

Exercice 16 ★★★★Le polynôme d interpolation de Lagrange

Interpolation de Lagrange

Soit nN. On se donne x0,x1,,xn des éléments de K deux à deux distincts, ainsi que y0,y1,,yn des éléments quelconques de K. Pour i{0,,n}, on pose

Li=0jnjiXxjxixj.
  1. Justifier que Li est bien défini, préciser son degré, et calculer Li(xj) pour tout j{0,,n}.

  2. En déduire qu'il existe un polynôme P de degré inférieur ou égal à n tel que P(xi)=yi pour tout i{0,,n}.

  3. Démontrer qu'un tel polynôme de degré inférieur ou égal à n est unique, en raisonnant sur le nombre de racines.

  4. Déterminer le polynôme de degré inférieur ou égal à 2 qui prend les valeurs 1, 3 et 7 en 0, 1 et 2. Vérifier le résultat.

  5. Déterminer le polynôme de degré inférieur ou égal à 3 qui prend les valeurs 7, 1, 3 et 7 en 1, 0, 1 et 2. Vérifier le résultat.

Exercice 17 ★★★★Une relation de Bézout entre deux polynômes

PGCD, algorithme d'Euclide, théorèmes de Bézout et de Gauss, PPCM

On travaille dans R[X] et l'on pose

A=X4+X35X2+2X+7etB=X3+3X22.
  1. Déterminer AB à l'aide de l'algorithme d'Euclide (le PGCD est choisi unitaire).

  2. Remonter l'algorithme pour trouver un couple (U,V) de polynômes tel que AU+BV=AB. Vérifier le résultat obtenu.

  3. Déterminer tous les couples (U,V) de R[X]2 tels que AU+BV=AB, puis montrer qu'il en existe un et un seul pour lequel degU1.

Exercice 18 ★★★★Décomposition en éléments simples avec un pôle multiple

Décomposition en éléments simplesFractions rationnelles : forme irréductible, degré, partie entière, pôles

On considère les deux fractions rationnelles de R(X)

F=1X(X1)2etG=X2+1(X2)2(X+1).
  1. Pour chacune d'elles : vérifier qu'elle est écrite sous forme irréductible, donner ses pôles et leur ordre, justifier que sa partie entière est nulle, et écrire la forme de sa décomposition en éléments simples.

  2. Décomposer F en éléments simples. On déterminera le coefficient du terme de plus haut rang du pôle double par multiplication puis évaluation, et le coefficient restant de deux façons : par évaluation en un point bien choisi, puis par passage à la limite en l'infini après multiplication par X. Vérifier le résultat en remettant au même dénominateur.

  3. Même travail pour G.

Exercice 19 ★★★Partie entière et pôles d une fraction rationnelle

Fractions rationnelles : forme irréductible, degré, partie entière, pôles

On considère les trois fractions rationnelles de C(X) suivantes.

a. F1=X33X+2X21

b. F2=X5+1X3X2

c. F3=X41(X1)2(X2+1)

Pour chacune d'elles, on demande de la mettre sous forme irréductible, de donner son degré, de déterminer sa partie entière au moyen d'une division euclidienne, puis de dresser la liste de ses pôles avec leur multiplicité.

  1. Traiter F1.

  2. Traiter F2.

  3. Traiter F3.

  4. Sur ces exemples, expliquer pourquoi on ne peut pas lire les pôles d'une fraction rationnelle sur un représentant quelconque.

Exercice 20 ★★★Un polynôme ayant une infinité de racines est nul

Racines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins aL'anneau des polynômes : opérations, intégrité, composition

On admet le théorème du cours : un polynôme non nul de K[X] de degré n admet au plus n racines dans K, comptées avec multiplicité.

Pour PK[X], on note P~ la fonction polynomiale associée, définie sur K par P~(x)=P(x).

  1. Soit PK[X] possédant une infinité de racines dans K. Montrer que P=0.

  2. En déduire que si deux polynômes P et Q de K[X] vérifient P(x)=Q(x) pour une infinité de scalaires x, alors P=Q. Qu'en conclut-on sur l'application PP~ ? Montrer sur un exemple que l'hypothèse « une infinité » ne peut pas être remplacée par « au moins deux ».

  3. Soit PR[X] tel que P(n)=0 pour tout nN. Montrer que P=0.

  4. Soit PR[X] tel que P(sinx)=0 pour tout xR. Montrer que P=0.

  5. Déterminer tous les polynômes PC[X] tels que P(X2)=P(X)2.

Exercice 21 ★★★Racines multiples et paramètres

Polynôme dérivé, formule de Taylor, caractérisation des racines multiplesRacines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins a

Soit n2 un entier et (a,b)C2. On pose P=Xn+aX+b.

  1. Rappeler, en s'appuyant sur la formule de Taylor, la caractérisation d'une racine multiple d'un polynôme à l'aide de son polynôme dérivé.

  2. Traiter le cas n=3 : montrer que X3+aX+b admet une racine au moins double si et seulement si 4a3+27b2=0. Vérifier le résultat sur X33X+2.

  3. Traiter le cas général : donner une condition nécessaire et suffisante portant sur (a,b) pour que P=Xn+aX+b admette une racine au moins double. Retrouver la condition de la question 2, et l'écrire pour n=4.

  4. Déterminer les aC pour lesquels Q=X4+aX2+1 admet une racine au moins double, et factoriser Q dans chacun des cas obtenus.

Exercice 22 ★★★★Somme et produit des racines n ièmes de l unité

Polynômes scindés, relations entre coefficients et racinesPolynômes irréductibles, d'Alembert-Gauss, factorisation dans C[X] et dans R[X]

Soit n1 un entier. On note ω=e2iπ/n et Un={zC : zn=1}.

Ces sommes et ces produits ont déjà été calculés au chapitre sur les nombres complexes, par sommes géométriques. L'objet de l'exercice est de les retrouver comme conséquences des relations entre coefficients et racines du polynôme scindé Xn1 : c'est la méthode, et non le résultat, qui est évaluée ici.

  1. Montrer que les ωk, pour 0kn1, sont deux à deux distincts, puis que
Xn1=k=0n1(Xωk).

Que peut-on dire de Xn1 sur C ?

  1. On suppose n2. À l'aide des relations entre coefficients et racines, calculer k=0n1ωk. Retrouver le résultat par une somme géométrique.

  2. Calculer k=0n1ωk par les relations entre coefficients et racines. Vérifier le résultat pour n=2, n=3 et n=4, puis le retrouver par un calcul direct.

  3. On suppose n3. Calculer k=0n1ω2k à l'aide des relations entre coefficients et racines.

  4. Soit jZ. Calculer Sj=k=0n1ωjk en discutant selon que n divise j ou non, et vérifier la cohérence avec les questions 2 et 4.

Exercice 23 ★★★★Les polynômes de Tchebychev

Degré, coefficient dominant, polynômes unitaires, degré d'une somme et d'un produitRacines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins aPolynômes scindés, relations entre coefficients et racines

  1. Montrer que, pour tout nN et tout θR,
cos((n+1)θ)+cos((n1)θ)=2cosθcos(nθ).
  1. En déduire que, pour tout nN, il existe un polynôme TnR[X] tel que Tn(cosθ)=cos(nθ) pour tout θR. Montrer qu'un tel polynôme est unique. On l'appelle le n-ième polynôme de Tchebychev.

  2. Établir la relation de récurrence vérifiée par la suite (Tn) et calculer T0, T1, T2, T3 et T4.

  3. Déterminer, pour n1, le degré et le coefficient dominant de Tn.

  4. Soit n1. Montrer que les n réels xk=cos((2k+1)π2n), pour 0kn1, sont des racines de Tn deux à deux distinctes. En déduire que Tn est scindé à racines simples sur R et donner sa factorisation.

Exercice 24 ★★★Les polynômes qui divisent leur dérivée

Polynôme dérivé, formule de Taylor, caractérisation des racines multiplesDivisibilité dans l'anneau des polynômes, polynômes associésRacines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins a

Dans tout l'exercice, les polynômes considérés sont à coefficients complexes.

  1. Soit PC[X] non constant. Montrer, en comparant les degrés, que P ne divise pas P. Que se passe-t-il si P est constant ?

  2. Déterminer tous les polynômes PC[X] non constants tels que PP. On pourra commencer par montrer, en comparant degrés et coefficients dominants, qu'un tel polynôme vérifie P=1n(Xa)P pour un certain aC, où n=degP.

  3. Vérifier la réciproque.

  4. Soit PC[X] non constant. Montrer que P est scindé à racines simples si et seulement si PP=1. Que vaut PP pour les polynômes trouvés à la question 2 ?

Exercice 25 ★★★★Le PGCD de X puissance n moins 1 et X puissance m moins 1

PGCD, algorithme d'Euclide, théorèmes de Bézout et de Gauss, PPCMRacines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins a

Soient n et m deux entiers naturels non nuls. On travaille dans K[X] et l'on note AB le PGCD unitaire de deux polynômes non tous deux nuls. L'objectif est d'établir l'identité

(Xn1)(Xm1)=Xnm1.
  1. Soient a et b deux entiers naturels non nuls tels que ab. Montrer que Xa1 divise Xb1.

  2. Soit n=mq+r la division euclidienne de n par m dans Z (donc 0r<m). Vérifier l'identité Xn1=Xr(Xmq1)+(Xr1), puis reconnaître dans cette écriture la division euclidienne de Xn1 par Xm1.

  3. En déduire, par récurrence forte, l'identité annoncée.

  4. Dérouler l'algorithme d'Euclide sur X121 et X81, et vérifier le résultat.

  5. Les polynômes Xn1 et Xm1 peuvent-ils être premiers entre eux ? À quelle condition leur PGCD vaut-il X1 ?

Exercice 26 ★★★La dérivée d un polynôme scindé sur R est scindée

Polynômes scindés, relations entre coefficients et racinesPolynôme dérivé, formule de Taylor, caractérisation des racines multiples

Soit PR[X] de degré n2, scindé sur R. On se propose de montrer que P est encore scindé sur R.

  1. Soient QK[X] non nul et a une racine de Q de multiplicité m1. Montrer que a est racine de Q de multiplicité exactement m1 (pour m=1, cela signifie que a n'est pas racine de Q).

  2. On suppose dans cette question que P est scindé à racines simples, de racines a1<a2<<an. Montrer que P est scindé sur R à racines simples, et préciser où se trouvent ses racines.

  3. Cas général : on écrit P=ck=1r(Xak)mk avec c0, a1<<ar et m1++mr=n. Montrer que P est scindé sur R et en donner la factorisation.

  4. Montrer sur un exemple que l'hypothèse « P scindé sur R » ne peut pas être supprimée. La réciproque est-elle vraie, c'est-à-dire « P scindé sur R » entraîne-t-il « P scindé sur R » ?

Exercice 27 ★★★La décomposition de la dérivée logarithmique

Décomposition en éléments simplesPolynômes scindés, relations entre coefficients et racines

Soit PK[X] non constant et scindé sur K, de coefficient dominant c, de degré n, dont les racines deux à deux distinctes sont a1,,ar, de multiplicités respectives m1,,mr :

P=ck=1r(Xak)mk,m1++mr=n.

La fraction rationnelle PP est appelée dérivée logarithmique de P.

  1. Soient A et B deux polynômes non nuls. Montrer que (AB)AB=AA+BB, puis généraliser à un produit de s polynômes non nuls.

  2. En déduire que PP=k=1rmkXak, et justifier qu'il s'agit de la décomposition en éléments simples de PP.

  3. Illustrer avec P=(X1)2(X+2)3 : calculer P, vérifier la formule, puis en déduire P(0)P(0).

  4. On applique ce qui précède au polynôme Xn1, où n1 est un entier ; on pose ω=e2iπ/n. Pour aC tel que an1, calculer k=0n11aωk. Que vaut cette somme pour a=2 et n=3 ?

  5. On suppose ici PR[X] scindé sur R à racines simples x1<<xn. Montrer que la fonction f:xP(x)P(x) est strictement décroissante sur chaque intervalle sur lequel elle est définie. En déduire que P possède exactement une racine dans chaque intervalle ]xk,xk+1[.

Exercice 28 ★★★Le polynôme exponentielle tronquée n a que des racines simples

Polynôme dérivé, formule de Taylor, caractérisation des racines multiplesRacines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins a

Pour nN, on pose

En=k=0nXkk!=1+X+X22++Xnn! R[X],

de sorte que E0=1. Dans tout l'exercice, sauf mention contraire, n1.

  1. Calculer En et en déduire que EnEn=Xnn!.

  2. Montrer que toutes les racines de En dans C sont simples.

  3. En déduire que En et En sont premiers entre eux.

  4. Montrer par récurrence que si n est pair, En(x)>0 pour tout réel x, et que si n est impair, En admet exactement une racine réelle.

  5. Pour n impair, combien En a-t-il de racines non réelles ? Justifier.

Exercice 29 ★★★★Identités sur les polynômes de Lagrange

Interpolation de LagrangePolynômes scindés, relations entre coefficients et racines

Soient nN et x0,x1,,xn des éléments de K deux à deux distincts. On note

Li=0jnjiXxjxixj(0in)

les polynômes de Lagrange associés, et N=j=0n(Xxj). On rappelle que degLi=n, que Li(xi)=1 et que Li(xj)=0 pour ji.

  1. Soit TK[X] tel que degTn et T(xj)=0 pour tout j{0,,n}. Montrer que T=0.

  2. En déduire que i=0nLi=1.

  3. Montrer que, pour tout entier p tel que 0pn, i=0nxipLi=Xp.

  4. Montrer que N(xi)=ji(xixj), puis que Li=N(Xxi)N(xi).

  5. En déduire, pour 0pn, la valeur de i=0nxipN(xi). Vérifier le résultat sur l'exemple x0=0, x1=1, x2=2.

Exercice 30 ★★★Décomposition en éléments simples de un sur X puissance n moins 1

Décomposition en éléments simplesPolynômes irréductibles, d'Alembert-Gauss, factorisation dans C[X] et dans R[X]

Soient n2 un entier, ω=e2iπ/n et Q=Xn1.

  1. Montrer que Q est scindé à racines simples dans C[X], puis que la décomposition en éléments simples de 1Q dans C(X) s'écrit k=0n1λkXωk. Établir la formule λk=1Q(ωk) et en déduire la valeur de λk.

  2. Vérifier le résultat pour n=2, puis pour n=3, en réduisant au même dénominateur.

  3. En regroupant les pôles conjugués, en déduire la décomposition en éléments simples de 1X41 dans R(X).

  4. Calculer k=1n111ωk, en évaluant en 1 la fraction rationnelle G=1Xn11n(X1).

Exercice 31 ★★★★Divisibilité par le polynôme X carré plus X plus 1

Divisibilité dans l'anneau des polynômes, polynômes associésRacines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins aPolynômes irréductibles, d'Alembert-Gauss, factorisation dans C[X] et dans R[X]

On pose B=X2+X+1 et j=e2iπ/3.

  1. Montrer que B=(Xj)(Xjˉ), puis que, pour tout PR[X],
BP    P(j)=0.
  1. Montrer que BX3k1 pour tout kN.

  2. Déterminer tous les entiers nN tels que BX2n+Xn+1.

  3. Pour nN, on pose Qn=XnnX+n1. Déterminer les entiers n pour lesquels (X1)2Qn, puis ceux pour lesquels (X1)3Qn.

Exercice 32 ★★★★Une équation fonctionnelle polynomiale

Racines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins aDegré, coefficient dominant, polynômes unitaires, degré d'une somme et d'un produit

On cherche tous les polynômes PC[X] vérifiant la relation () suivante :

P(X2)=P(X)P(X+1).

Dans les questions 1 à 4, on suppose P non nul et on note n=degP.

  1. Montrer que P est unitaire.

  2. Soit a une racine de P. Montrer que a2 et (a1)2 sont encore des racines de P.

  3. En déduire que toute racine a de P vérifie a{0,1}, puis a1{0,1}.

  4. Montrer que le cas a=a1=1 est impossible. En déduire l'ensemble des racines possibles de P.

  5. Conclure : déterminer toutes les solutions de (), en vérifiant la réciproque par le calcul.

Exercice 33 ★★★★Les polynômes qui prennent des valeurs entières sur les entiers

Degré, coefficient dominant, polynômes unitaires, degré d'une somme et d'un produitL'anneau des polynômes : opérations, intégrité, compositionInterpolation de Lagrange

Pour kN, on pose

Hk=X(X1)(X2)(Xk+1)k!=1k!i=0k1(Xi),etH0=1.

On fixe nN et on considère un polynôme PR[X] tel que degPn.

  1. Expliciter H1, H2 et H3, donner degHk et le coefficient dominant de Hk, puis montrer que
Hk(X+1)Hk(X)=Hk1(X)(k1).
  1. Montrer que Hk(m)=(mk) pour tout mN (avec la convention (mk)=0 si m<k), puis que Hk(m)Z pour tout mZ.

  2. Montrer qu'il existe des réels c0,,cn uniques tels que P=k=0nckHk.

  3. Montrer que les trois assertions suivantes sont équivalentes :

    (i) les ck sont tous entiers.

    (ii) P(m)Z pour tout mZ.

    (iii) P(0),P(1),,P(n) sont entiers.

  4. En déduire un polynôme à valeurs entières sur Z dont les coefficients ne sont pas tous entiers, et vérifier que X3X6 est à valeurs entières sans calculer sa décomposition.

Exercice 34 ★★★★Le produit des sinus et la factorisation de X puissance n moins 1

Polynômes scindés, relations entre coefficients et racinesPolynômes irréductibles, d'Alembert-Gauss, factorisation dans C[X] et dans R[X]

Soit n2 un entier. On note ω=e2iπ/n, de sorte que Un={1,ω,,ωn1}.

  1. Justifier que Xn1=k=0n1(Xωk), puis en déduire que
1+X++Xn1=k=1n1(Xωk).
  1. En déduire la valeur du produit k=1n1(1ωk).

  2. Établir, pour tout réel θ, l'identité 1eiθ=2isin(θ2)eiθ/2, puis donner le module et un argument de 1ωk pour 1kn1.

  3. En déduire que k=1n1sin(kπn)=n2n1.

  4. Vérifier ce résultat par le calcul direct pour n=2, n=3 et n=4.

Exercice 35 ★★★Les polynômes réciproques

Polynômes scindés, relations entre coefficients et racinesPolynômes irréductibles, d'Alembert-Gauss, factorisation dans C[X] et dans R[X]Racines, ordre de multiplicité, factorisation par une puissance de X moins a

Soit nN et P=k=0nakXkC[X] de degré n (donc an0). On lui associe le polynôme

P=k=0nankXk,

obtenu en renversant la suite des coefficients. On dit que P est réciproque lorsque P=P, c'est-à-dire lorsque ank=ak pour tout k{0,,n}.

  1. Montrer que P(x)=xnP(1x) pour tout xC.

  2. On suppose P réciproque. Montrer que 0 n'est pas racine de P, puis que si a est racine de P, alors 1a l'est aussi.

  3. Montrer que (AB)=AB pour tous polynômes non nuls A et B, puis que, P étant réciproque, les racines a et 1a ont la même multiplicité.

  4. Montrer qu'un polynôme réciproque de degré impair admet 1 pour racine.

  5. Soit E l'équation x45x3+8x25x+1=0, d'inconnue xC. Montrer que le changement d'inconnue u=x+1x ramène E à une équation du second degré, puis résoudre complètement E et vérifier les solutions obtenues.

Exercice 36 ★★★Sommes des puissances des racines

Polynômes scindés, relations entre coefficients et racinesPolynôme dérivé, formule de Taylor, caractérisation des racines multiplesDécomposition en éléments simples

Soit n2 et P=Xn+an1Xn1++a1X+a0C[X], unitaire et scindé, de racines x1,,xn comptées avec multiplicité. On note

σ1=i=1nxi,σ2=1i<jnxixj,etSp=i=1nxip(pN),

avec la convention x0=1.

  1. Donner S0, puis S1 en fonction des coefficients de P.

  2. Exprimer S2 en fonction de σ1 et σ2, puis en fonction des coefficients de P.

Dans les questions 3 et 4, on prend P=X3X1.

  1. Calculer S0, S1 et S2, puis montrer que Sp+3=Sp+1+Sp pour tout pN. En déduire S3, S4 et S5.

  2. Justifier que les racines de X3X1 sont simples. Établir, pour un polynôme unitaire scindé à racines simples, l'égalité de fractions rationnelles PP=i=1n1Xxi et reconnaître sa nature. En déduire i=131xi, puis i=131xi2.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.