MPSI · Chapitre 05 · Premier semestre

Exercices — Nombres réels et suites numériques

37 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

37 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Majorants, minorants, maximum et minimum

Majorants, minorants, maximum et minimum

  1. Pour chacune des quatre parties de R suivantes, dire si elle est majorée, si elle est minorée, si elle est bornée, en donnant à chaque fois un majorant et un minorant explicites lorsqu'il en existe.

    a. A=[1,3[

    b. B={1nnN}

    c. C={nn+1nN}

    d. D={(1)nnN}

  2. Reprendre ces quatre parties et dire, pour chacune, si elle admet un maximum et si elle admet un minimum. Préciser leur valeur le cas échéant.

  3. Démontrer que A n'admet pas de maximum. On pourra raisonner par l'absurde, en supposant que A admet un maximum M et en considérant le réel M+32.

Exercice 2 ★★★Bornes supérieure et inférieure de parties usuelles

Borne supérieure, borne inférieure et leurs caractérisationsMajorants, minorants, maximum et minimum

On rappelle la caractérisation séquentielle : si m est un minorant d'une partie non vide X de R et s'il existe une suite d'éléments de X qui converge vers m, alors m=infX (énoncé analogue pour la borne supérieure).

  1. Déterminer, lorsqu'elles existent, la borne supérieure et la borne inférieure des parties suivantes de R, en précisant à chaque fois si elles sont atteintes.

    a. A=]2,5]

    b. B={11nnN}

    c. C={(1)n+1nnN}

    d. D={x+1xx>0}

    Pour la partie D, on pourra utiliser l'identité x+1x2=(x1)2x, valable pour tout x>0.

Exercice 3 ★★★Valeur absolue et inégalité triangulaire

Ensemble R, inégalités, valeur absolue et inégalité triangulaire

On rappelle que pour tout réel x et tout réel M0, on a xM    MxM, et que l'inégalité triangulaire s'écrit u+vu+v pour tous réels u et v.

  1. Résoudre dans R les équations et inéquations suivantes, en donnant l'ensemble des solutions.

    a. x32

    b. 2x+1>5

    c. x1=x+3

  2. Soient a et b deux réels. En écrivant a=(ab)+b, démontrer que abab, puis en déduire la seconde inégalité triangulaire abab.

  3. Soit x un réel vérifiant x21. Majorer x+2, puis en déduire une majoration de x24 par un multiple de x2, et enfin une majoration numérique de x24.

Exercice 4 ★★★Premiers calculs avec la partie entière

Partie entière et approximations décimales

On rappelle que la partie entière d'un réel x est l'unique entier relatif x vérifiant xx<x+1.

  1. Calculer les parties entières suivantes.

    a. 3,7

    b. 3,7

    c. π

    d. 2

    e. 72

    f. 72

  2. Résoudre dans R l'équation x=3, puis l'équation 2x=5.

  3. Démontrer que pour tout réel x et tout entier relatif n, x+n=x+n.

Exercice 5 ★★★Reconnaître une suite majorée, minorée, monotone

Vocabulaire des suites : majorée, bornée, monotone, stationnaire

  1. Pour chacune des suites suivantes, étudier la monotonie, puis dire si elle est majorée, si elle est minorée, si elle est bornée. On raisonnera par différence de deux termes consécutifs, ou par quotient lorsque la suite est strictement positive.

    a. un=nn+1 pour nN

    b. vn=2nn! pour nN

    c. wn=n1n pour n1

    d. tn=(1)nn pour n1

  2. Parmi ces quatre suites, laquelle n'est monotone qu'à partir d'un certain rang ? Préciser ce rang.

Exercice 6 ★★★Calculer des limites par opérations

Opérations sur les limites et formes indéterminées

  1. Déterminer la limite de chacune des suites suivantes lorsque n tend vers +. Lorsque la suite est un quotient, on factorisera par le terme dominant du numérateur et du dénominateur. Dans tous les cas, on citera le théorème utilisé.

    a. an=3n2n+12n2+5

    b. bn=n+nn2, pour n1

    c. cn=2n+3n3n

    d. dn=(1)nn2+1

    e. en=n3+1n2+1

    f. fn=(23)n+1n, pour n1

Exercice 7 ★★★Suites arithmétiques et suites géométriques

Suites arithmétiques, géométriques et arithmético-géométriques

  1. Pour chacune des suites suivantes, définies pour tout nN, reconnaître la nature (arithmétique ou géométrique), préciser le premier terme et la raison, donner le terme général, puis calculer la somme des n+1 premiers termes.

    a. u0=5 et un+1=un+3

    b. v0=2 et vn+1=3vn

    c. w0=1 et wn+1=12wn

  2. Calculer k=0n2k et k=0n(13)k, puis déterminer la limite de chacune de ces deux suites lorsque n tend vers +.

  3. Soit q un réel. Discuter le comportement de la suite (qn)nN selon la valeur de q, en distinguant les cas q>1, q=1, q<1 et q1, et en justifiant chaque cas.

Exercice 8 ★★★Premiers encadrements et théorème des gendarmes

Limites et inégalités, théorème d'encadrement

Dans tout l'exercice, on justifiera chaque limite en écrivant d'abord un encadrement complet de la suite étudiée, puis en citant le théorème d'encadrement.

  1. Déterminer la limite des suites suivantes.

    a. an=sinnn, pour n1

    b. bn=(1)nn, pour n1

    c. cn=n+cosnn+1, pour nN

  2. Soit x un réel fixé. Déterminer la limite de la suite (nxn)n1. On rappelle que yy<y+1 pour tout réel y.

Exercice 9 ★★★★Caractérisation par epsilon de la borne supérieure

Borne supérieure, borne inférieure et leurs caractérisations

On rappelle que R est archimédien : pour tout réel x>0 et tout réel y, il existe nN tel que nx>y.

  1. Soient A une partie non vide et majorée de R, et MR. Démontrer l'équivalence : M=supA si et seulement si M majore A et, pour tout ε>0, il existe aA tel que a>Mε.

  2. En utilisant cette caractérisation, déterminer supA et infB, où

    A={11nnN}etB={1nnN}

    Ces bornes sont-elles atteintes ?

  3. Démontrer que toute partie non vide et majorée de Z admet un plus grand élément.

Exercice 10 ★★★★Bornes de la somme, de la réunion et du produit par un réel

Borne supérieure, borne inférieure et leurs caractérisationsMajorants, minorants, maximum et minimum

Soient A et B deux parties non vides et bornées de R. On pose

A+B={a+baA, bB},A={aaA},λA={λaaA}  (λR)

On pourra utiliser librement la caractérisation par ε de la borne supérieure.

  1. Démontrer que sup(AB)=max(supA,supB).

  2. Démontrer que sup(A+B)=supA+supB.

  3. Démontrer que inf(A)=supA.

  4. Soit λR. Démontrer que sup(λA)=λsupA si λ>0, et que sup(λA)=λinfA si λ<0.

Exercice 11 ★★★★Propriétés de la partie entière

Partie entière et approximations décimales

Pour xR, on note x l'unique entier relatif vérifiant xx<x+1.

  1. Démontrer que pour tous réels x et y :

    x+yx+yx+y+1

    Donner un exemple où l'inégalité de gauche est une égalité, puis un exemple où c'est celle de droite.

  2. Démontrer que pour tout xR et tout nN :

    nxn=x
  3. Démontrer que pour tout xR,  x+x+12=2x.

Exercice 12 ★★★★Densité des rationnels et des irrationnels dans R

Intervalles, densité de Q et des irrationnels dans RPartie entière et approximations décimales

Soient a et b deux réels tels que a<b. On rappelle que R est archimédien (pour tout réel x>0 et tout réel y, il existe nN tel que nx>y) et que 2 est irrationnel.

  1. a. Démontrer qu'il existe nN tel que 1n<ba.

    b. Pour un tel entier n, on pose p=na+1. Démontrer que a<pn<b. En déduire que tout intervalle ouvert non vide contient un nombre rationnel.

  2. a. Démontrer que la somme d'un nombre rationnel et d'un nombre irrationnel est irrationnelle.

    b. En appliquant la question 1. aux réels a2 et b2, démontrer que ]a,b[ contient un nombre irrationnel.

  3. Démontrer que ]a,b[ contient une infinité de nombres rationnels.

Exercice 13 ★★★★Lever une forme indéterminée

Opérations sur les limites et formes indéterminées

Les suites suivantes sont définies pour nN. Déterminer leur limite en nommant à chaque fois la technique employée pour lever la forme indéterminée.

a. un=n2+nn

b. vn=n3+n23n

c. wn=2n3n2n+3n

d. xn=n!nn

e. yn=(1+1n)n

f. zn=lnnn

Pour e., on utilisera la limite usuelle ln(1+h)h1 lorsque h0 ; pour f., on admet la croissance comparée usuelle.

Exercice 14 ★★★★Revenir à la définition de la limite

Limite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limite

On rappelle que la suite (un) converge vers R lorsque

ε>0, NN, nN, unε
  1. Pour nN, on pose un=2n+1n+3. Calculer un2, puis démontrer que (un) converge vers 2 en exhibant, pour chaque ε>0, un entier N explicite.

  2. Pour nN, on pose vn=n2n+1. Écrire la définition quantifiée de « vn+ », puis la démontrer en exhibant un entier N explicite.

  3. Écrire la négation de la proposition « (un) converge vers », puis celle de « (un) converge ».

  4. Démontrer l'unicité de la limite d'une suite convergente.

Exercice 15 ★★★★Le théorème de la limite monotone en pratique

Théorème de la limite monotoneVocabulaire des suites : majorée, bornée, monotone, stationnaire

  1. Pour nN, on pose un=k=1n1k2.

    a. Démontrer que la suite (un) est croissante.

    b. Démontrer que pour tout entier k2, 1k21k11k, puis en déduire par télescopage que un2 pour tout nN.

    c. Que peut-on en conclure sur la suite (un) ?

  2. Pour nN, on pose Hn=k=1n1k.

    a. Démontrer que pour tout nN, H2nHn12.

    b. En déduire que la suite (Hn) n'est pas majorée, puis qu'elle tend vers +.

  3. Démontrer le résultat utilisé à la question 2. b. : toute suite croissante et non majorée tend vers +.

Exercice 16 ★★★★Suites arithmético-géométriques

Suites arithmétiques, géométriques et arithmético-géométriques

  1. Pour chacune des deux suites suivantes, définies pour tout nN : déterminer le réel r tel que la suite constante égale à r vérifie la même relation de récurrence, poser vn=unr et démontrer que (vn) est géométrique, en déduire l'expression de un en fonction de n, puis la limite de (un).

    a. u0=1 et un+1=3un4

    b. u0=5 et un+1=12un+3

  2. Un capital de 10000 euros est placé sur un compte rémunéré à 4% par an, et l'on verse en plus 1200 euros sur ce compte à la fin de chaque année, juste après le versement des intérêts. On note Cn le capital, en euros, au bout de n années, de sorte que C0=10000. Justifier que Cn+1=1,04Cn+1200 pour tout nN, exprimer Cn en fonction de n, puis décrire le comportement du capital à long terme.

Exercice 17 ★★★★Récurrences linéaires d'ordre 2 : les trois cas

Suites récurrentes linéaires d'ordre 2 à coefficients constantsSuites complexes

Les trois suites ci-dessous sont réelles, et les relations de récurrence sont valables pour tout nN.

a. u0=0, u1=1, un+2=5un+16un

b. v0=1, v1=4, vn+2=4vn+14vn

c. w0=1, w1=1, wn+2=2wn+12wn

  1. Pour chacune de ces trois suites, écrire l'équation caractéristique associée et la résoudre.

  2. En déduire à chaque fois la forme du terme général, puis déterminer les deux constantes à l'aide des deux premiers termes.

  3. Vérifier chacune des trois formules obtenues sur les termes de rang 2 et de rang 3.

  4. Déterminer, pour chacune des trois suites, si elle converge.

Exercice 18 ★★★★Prouver une divergence à l'aide de suites extraites

Suites extraites et valeurs d'adhérence

  1. Soit (un)nN une suite réelle convergeant vers un réel , et soit φ:NN une extractrice. Démontrer que la suite extraite (uφ(n)) converge vers . On commencera par établir par récurrence que φ(n)n pour tout nN.

  2. En déduire le critère suivant : si deux suites extraites de (un) convergent vers des limites différentes, alors (un) diverge.

  3. Démontrer à l'aide de ce critère que chacune des quatre suites suivantes diverge. On précisera à chaque fois les deux extractrices choisies et les limites obtenues.

    a. un=(1)n

    b. vn=(1)nnn+1

    c. wn=cos(nπ3)

    d. tn=sin(nπ2)

Exercice 19 ★★★★Le critère des indices pairs et impairs

Suites extraites et valeurs d'adhérenceLimite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limite

  1. Soit (un)nN une suite réelle et un réel. Démontrer, en revenant à la définition de la limite, que si les deux suites extraites (u2n) et (u2n+1) convergent vers la même limite , alors (un) converge vers .

  2. Donner un contre-exemple montrant que l'hypothèse « la même limite » ne peut pas être supprimée.

  3. Déterminer la limite des deux suites suivantes.

    a. un=(1)nn pour n1

    b. (un)nN définie par u2n=1n+1 et u2n+1=2n+1

  4. Soit (un)nN une suite réelle telle que les trois suites extraites (u2n), (u2n+1) et (u3n) convergent. Démontrer que (un) converge.

Exercice 20 ★★★★Limites de sommes par encadrement

Limites et inégalités, théorème d'encadrement

La méthode est imposée dans tout l'exercice : pour n fixé, encadrer chaque terme de la somme en le majorant et en le minorant, sommer les n inégalités obtenues, puis appliquer le théorème d'encadrement aux deux suites ainsi construites.

  1. Déterminer la limite des quatre suites suivantes, définies pour tout nN.

    a. Sn=k=1nnn2+k

    b. Tn=k=1n1n2+k

    c. Un=k=1nkn2+k

    d. Vn=k=1n1n2+k2

  2. Dans les quatre sommes, chaque terme tend vers 0 quand n tend vers +, l'entier k étant fixé. Que faut-il en conclure sur la méthode qui consisterait à passer à la limite terme à terme dans une telle somme ?

Exercice 21 ★★★★Suites complexes : convergence, module et argument

Suites complexesLimite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limite

  1. Étudier la convergence de la suite complexe (zn)nN définie par zn=(1+i2)n.

  2. Étudier la convergence de la suite complexe (zn)nN définie par zn=n+in+1, en séparant partie réelle et partie imaginaire.

  3. Soit zC. Démontrer que la suite (zn)nN converge si et seulement si z<1 ou z=1. On distinguera les cas z<1, z=1, z>1, puis z=1 avec z1 ; dans ce dernier cas, on raisonnera par l'absurde en supposant que (zn) converge vers et en utilisant l'égalité zn+1=z×zn.

  4. Expliquer pourquoi le théorème de la limite monotone et le théorème d'encadrement n'ont aucun sens pour une suite complexe. Quel est l'outil qui les remplace ?

Exercice 22 ★★★Étude d'une suite récurrente par monotonie

Suites définies par récurrence : monotonie, encadrement, convergenceThéorème de la limite monotone

On considère la suite (un)nN définie par u0=12 et

nN,un+1=un(2un)
  1. Démontrer par récurrence que pour tout nN, 0<un<1.

  2. Déterminer le signe de un+1un et en déduire que la suite (un) est strictement croissante.

  3. Justifier que (un) converge, puis déterminer sa limite en passant à la limite dans la relation de récurrence.

  4. Vérifier que pour tout nN, 1un+1=(1un)2. En déduire par récurrence que 1un=(12)2n, retrouver la limite de la suite, et commenter la rapidité de la convergence.

Exercice 23 ★★★La méthode de Héron

Suites définies par récurrence : monotonie, encadrement, convergenceLimites et inégalités, théorème d'encadrement

Soit a>0 et u0>0. On définit la suite (un) par la relation de récurrence

un+1=12(un+aun)

Cette suite est l'algorithme d'extraction de racine carrée attribué à Héron d'Alexandrie.

  1. Montrer que la suite (un) est bien définie et que un>0 pour tout nN.

  2. Vérifier que un+1a=(una)22un pour tout nN, et en déduire que una pour tout n1.

  3. Montrer que la suite (un)n1 est décroissante.

  4. En déduire que (un) converge, puis déterminer sa limite en passant à la limite dans la relation de récurrence.

  5. Montrer que pour tout n1, 0un+1a(una)22a. Illustrer ce résultat pour a=2 et u0=2 : calculer u1, u2 et u3 sous forme de fractions et donner pour chacun le nombre de décimales exactes de 2.

Exercice 24 ★★★Suite de Fibonacci et nombre d'or

Suites récurrentes linéaires d'ordre 2 à coefficients constantsLimite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limite

La suite de Fibonacci (Fn) est définie par F0=0, F1=1 et, pour tout nN, Fn+2=Fn+1+Fn. On pose

φ=1+52(nombre d’or)etψ=152
  1. Résoudre l'équation caractéristique associée à la récurrence et en déduire la formule de Binet : pour tout nN, Fn=φnψn5.

  2. Démontrer par récurrence l'identité de Cassini : pour tout n1, Fn+1Fn1Fn2=(1)n.

  3. Montrer que Fn1 pour tout n1, puis établir l'identité Fn+1Fnφ=ψnFn. En déduire que Fn+1Fnφ.

  4. Déduire des questions 2 et 3 que, pour tout n2, Fn+1Fnφ1FnFn1. Application numérique pour n=10.

Exercice 25 ★★★La constante d'Euler

Suites adjacentes et segments emboîtés

Pour tout entier n1, on pose

un=k=1n1klnnetvn=un1n
  1. Étudier les variations sur R+ des fonctions g:xln(1+x)x1+x et h:xxln(1+x), et en déduire que pour tout entier n1 on a 1n+1ln(1+1n)1n.

  2. En déduire que la suite (un) est décroissante et que la suite (vn) est croissante.

  3. Montrer que unvn0. Conclure que (un) et (vn) sont adjacentes et convergent vers une même limite, notée γ et appelée constante d'Euler.

  4. Donner un encadrement de γ à partir de v4 et u4, en précisant le sens des arrondis utilisés.

Exercice 26 ★★★Approximation de e par deux suites adjacentes

Suites adjacentes et segments emboîtésLimites et inégalités, théorème d'encadrement

Pour tout entier n1, on pose

un=k=0n1k!etvn=un+1nn!

On rappelle la convention 0!=1.

  1. Montrer que la suite (un)n1 est strictement croissante.

  2. Calculer vn+1vn et le factoriser par 1(n+1)!. En déduire que la suite (vn)n1 est strictement décroissante.

  3. Montrer que vnun0 et conclure que les suites (un) et (vn) sont adjacentes. On note e leur limite commune.

  4. En déduire que un<e<vn pour tout n1, puis un encadrement numérique de e obtenu pour n=5. Combien de décimales exactes cet encadrement garantit-il ?

Exercice 27 ★★★Théorème de Cesàro et application

Limite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limiteLimites et inégalités, théorème d'encadrement

Soit (un)n1 une suite réelle. On lui associe la suite de ses moyennes

Cn=1nk=1nuk(n1)
  1. Démontrer le théorème de Cesàro : si (un) converge vers un réel , alors (Cn) converge vers . On pourra, pour ε>0 fixé, choisir un rang N à partir duquel ukε2, puis découper la somme en deux au rang N.

  2. Montrer que la réciproque est fausse en considérant un=(1)n.

  3. Soit (un)n0 une suite réelle telle que un+1un. Montrer que unn.

  4. Application. Soit (un) définie par u0=1 et un+1=un+1un. Montrer que un21+2n pour tout nN, puis que un2n2.

Exercice 28 ★★★Suites d'entiers et faux amis

Limite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limiteVocabulaire des suites : majorée, bornée, monotone, stationnaire

Les quatre questions sont indépendantes. Chacune met en garde contre une erreur de raisonnement fréquente.

  1. Soit (un) une suite convergente à valeurs dans Z. Montrer qu'elle est stationnaire, c'est-à-dire constante à partir d'un certain rang. On pourra appliquer la définition de la limite avec ε=12.

  2. Montrer que la condition un+1un0 n'entraîne pas la convergence de (un), en étudiant successivement un=n puis un=k=1n1k.

  3. Donner un exemple de suite bornée qui ne converge pas, et un exemple de suite non bornée qui ne tend pas vers +. Justifier dans les deux cas.

  4. Vrai ou faux : si (un) converge et si (unvn) converge, alors (vn) converge. Démontrer l'énoncé ou donner un contre-exemple.

Exercice 29 ★★★Valeurs d'adhérence et sous-suites d'indices multiples

Suites extraites et valeurs d'adhérenceThéorème de Bolzano-Weierstrass

  1. Rappeler la définition d'une valeur d'adhérence d'une suite réelle, puis déterminer l'ensemble des valeurs d'adhérence des deux suites suivantes.

    a. un=(1)n+1n, pour n1

    b. vn=cos(2nπ3), pour nN

  2. Démontrer qu'une suite convergente admet exactement une valeur d'adhérence.

  3. Soit (un) une suite réelle bornée admettant une unique valeur d'adhérence . Démontrer que (un) converge vers . On raisonnera par l'absurde : on extraira une suite dont tous les termes restent à distance au moins ε0 de , puis on lui appliquera le théorème de Bolzano-Weierstrass.

  4. Démontrer que l'hypothèse « bornée » ne peut pas être supprimée de la question 3, en étudiant la suite définie par u2n=0 et u2n+1=n pour tout nN.

Exercice 30 ★★★Segments emboîtés et dichotomie

Suites adjacentes et segments emboîtésBorne supérieure, borne inférieure et leurs caractérisations

  1. Soient (an) et (bn) deux suites réelles telles que, pour tout nN, anbn et [an+1,bn+1][an,bn], et telles que bnan0. Démontrer que l'intersection nN[an,bn] est un singleton (théorème des segments emboîtés).

  2. On pose a0=1 et b0=2. Pour tout nN, on note mn=an+bn2 le milieu de [an,bn] et l'on pose

    (an+1,bn+1)=(an,mn)  si mn2>2,(an+1,bn+1)=(mn,bn)  sinon.

    a. Démontrer que, pour tout nN, 1anbn2 et an22bn2.

    b. Démontrer que bnan=2n pour tout nN.

    c. En déduire que les deux suites convergent vers un même réel c, puis que c2=2. On passera à la limite dans les inégalités larges de la question a à l'aide des opérations sur les limites.

  3. Combien d'étapes de dichotomie faut-il pour obtenir 2 à 103 près ? Donner l'encadrement de 2 fourni par le rang 10.

Exercice 31 ★★★Caractérisation séquentielle de la borne supérieure et de la densité

Borne supérieure, borne inférieure et leurs caractérisationsIntervalles, densité de Q et des irrationnels dans RLimite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limite

  1. Soient A une partie non vide et majorée de R, et M un réel. Démontrer l'équivalence suivante : M=supA si et seulement si M majore A et il existe une suite (xn)n1 d'éléments de A qui converge vers M. Pour le sens direct, on construira xn en prenant ε=1n dans la caractérisation de la borne supérieure.

  2. Soit x un réel. En reprenant la même idée d'approximation à 1n près :

    a. démontrer que x est la limite d'une suite de rationnels, en considérant rn=nxn pour n1 ;

    b. démontrer que x est aussi la limite d'une suite d'irrationnels.

  3. Soit A une partie non vide et majorée de R. Démontrer que supAA si et seulement si A admet un plus grand élément, et qu'alors maxA=supA. Donner un exemple de partie non vide et majorée dont la borne supérieure ne lui appartient pas.

Exercice 32 ★★★Une somme de parties entières

Partie entière et approximations décimalesLimites et inégalités, théorème d'encadrement

Soit x un réel fixé. Pour tout entier n1, on pose

Sn=k=1nkxetTn=k=1nk2x.
  1. Justifier que, pour tout réel t, t1<tt, et en déduire que kx1<kxkx pour tout entier k1.

  2. En déduire un encadrement de Sn, puis démontrer que Snn2x2.

  3. Établir de même que Tnn3x3. On rappelle que k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6.

  4. Déterminer la limite de 1nk=1nkn.

Exercice 33 ★★★★La moyenne arithmético-géométrique de Gauss

Suites adjacentes et segments emboîtésLimites et inégalités, théorème d'encadrement

Soient a0 et b0 deux réels tels que 0<b0<a0. On définit deux suites (an) et (bn) par

an+1=an+bn2etbn+1=anbn,nN.
  1. Démontrer l'inégalité arithmético-géométrique : pour tous réels a0 et b0, aba+b2, avec égalité si et seulement si a=b. On partira de (ab)20. En déduire par récurrence que 0<bn<an pour tout nN.

  2. Démontrer que la suite (an) est décroissante et que la suite (bn) est croissante.

  3. Démontrer que, pour tout nN, 0<an+1bn+1anbn2, en déduire que anbna0b02n, puis que les deux suites sont adjacentes.

  4. Conclure, et donner les quatre premières valeurs de chaque suite pour a0=1 et b0=12, arrondies à 106.

  5. Démontrer que la limite commune M des deux suites vérifie b0<M<a0.

Exercice 34 ★★★★Irrationalité de e

Suites adjacentes et segments emboîtésLimite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limite

Pour tout entier n1, on pose un=k=0n1k! et vn=un+1nn!. On admet, comme cela a été établi dans un exercice précédent, que (un)n1 est strictement croissante, que (vn)n1 est strictement décroissante, que ces deux suites sont adjacentes, et que leur limite commune est le nombre e.

  1. En déduire que pour tout entier n1, un<e<vn. On prendra garde au fait que le passage à la limite ne conserve que les inégalités larges.

  2. On raisonne par l'absurde en supposant e rationnel : il existe alors pN et qN tels que e=pq. Montrer que q!uq est un entier naturel, et qu'il en va de même de q!e.

  3. Multiplier par q! l'encadrement de la question 1 écrit au rang n=q. En déduire l'existence d'un entier strictement compris entre deux entiers consécutifs, et conclure que e est irrationnel.

  4. Ce raisonnement prouve-t-il que e est transcendant, c'est-à-dire qu'il n'est solution d'aucune équation polynomiale à coefficients entiers ? Répondre en une phrase justifiée.

Exercice 35 ★★★★Suite contractante : point fixe et vitesse de convergence

Suites définies par récurrence : monotonie, encadrement, convergenceLimites et inégalités, théorème d'encadrement

On définit la suite (un)nN par u0=1 et, pour tout nN, un+1=un+2un+1.

  1. Montrer que la suite est bien définie et que pour tout nN, un1.

  2. Calculer u1, u2 et u3 sous forme de fractions, et comparer chacun des réels u0, u1, u2, u3 à 2. La suite (un) est-elle monotone ? Quel théorème du cours cela interdit-il d'employer ?

  3. Vérifier par le calcul, pour tout nN, l'identité un+12=(12)(un2)un+1, puis en déduire que un+12kun2, où k=212.

  4. En déduire que pour tout nN, un2kn(21), puis que la suite (un) converge vers 2.

  5. Déterminer, à l'aide du logarithme népérien, un rang à partir duquel un2106.

Exercice 36 ★★★★Toute suite réelle admet une suite extraite monotone

Suites extraites et valeurs d'adhérenceThéorème de Bolzano-Weierstrass

Soit (un)nN une suite réelle. On dit qu'un entier nN est un pic de la suite lorsque umun pour tout entier m>n. On note P l'ensemble des pics de (un).

  1. On suppose dans cette question que P est infini. Construire une application φ:NN strictement croissante telle que la suite extraite (uφ(n)) soit décroissante.

  2. On suppose dans cette question que P est fini. Montrer qu'il existe NN tel qu'aucun entier nN ne soit un pic, puis construire par récurrence une application φ:NN strictement croissante telle que la suite extraite (uφ(n)) soit strictement croissante.

  3. Conclure : toute suite réelle admet une suite extraite monotone.

  4. En déduire une démonstration du théorème de Bolzano-Weierstrass n'utilisant pas la dichotomie.

  5. Donner un exemple de suite dont l'ensemble des pics est vide, et un exemple de suite dont l'ensemble des pics est infini.

Exercice 37 ★★★★De Cesàro à la moyenne géométrique

Limite d'une suite, convergence, divergence, unicité de la limiteLimites et inégalités, théorème d'encadrement

On admet le théorème de Cesàro, établi dans un exercice précédent : si une suite (wn)n1 converge vers , alors 1nk=1nwk converge vers . On admet également les deux résultats suivants sur les fonctions usuelles : si ana, alors exp(an)exp(a) ; si ana avec an>0 pour tout n et a>0, alors ln(an)ln(a).

Soit (un)n1 une suite de réels strictement positifs telle que un+1un, avec >0.

  1. En posant wk=ln(uk+1uk) pour k1, montrer par télescopage que 1nln(un+1u1) converge vers ln.

  2. En déduire que lnunn converge vers ln, puis que unn converge vers .

  3. Première application : en posant un=n!nn et en utilisant (1+1n)ne, montrer que n!nn1e.

  4. Deuxième application : montrer que (2nn)n4.

  5. Que se passe-t-il lorsque =0 ? On suppose donc ici que un+1un0, les termes de la suite restant strictement positifs. Montrer que la conclusion de la question 2 reste valable, en majorant directement un à partir d'un rang bien choisi.

Bloqué sur « Nombres réels et suites numériques » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.