MPSI · Chapitre 13 · Second semestre

Exercices — Matrices

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Colonnes de coordonnées et matrice d'une famille

Matrice d'une famille de vecteurs dans une base, colonne des coordonnées

L'espace R3 est rapporté à sa base canonique B=(e1,e2,e3), et l'on pose

u1=(1,2,3),u2=(0,1,4),u3=(2,0,1).
  1. Écrire la colonne des coordonnées de u1, de u2 puis de u3 dans B, et en déduire la matrice MatB(u1,u2,u3).

  2. L'espace R2[X] est muni de sa base canonique C=(1,X,X2). Écrire la matrice MatC(P1,P2,P3), où l'on a posé P1=1+X, P2=XX2 et P3=2X2.

  3. La famille (P1,P2,P3) est-elle une base de R2[X] ?

Exercice 2 ★★★★Matrice d'une application linéaire en bases canoniques

Matrice d'une application linéaire dans un couple de bases

On note B=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et C=(f1,f2) celle de R2. On considère l'application linéaire

u:R3R2,u(x,y,z)=(x+3yz,  3x+y+z).
  1. Écrire A=MatB,C(u).

  2. Réciproquement, expliciter l'application linéaire v canoniquement associée à la matrice B ci-dessous, en précisant ses espaces de départ et d'arrivée :

B=(201311)M3,2(R).
  1. On pose C=((1,1),(1,1)). Montrer que C est une base de R2, puis calculer MatB,C(u) directement, sans utiliser de formule de changement de base.

Exercice 3 ★★★Lire l'image d'un vecteur sur la matrice

Matrice d'une application linéaire dans un couple de basesMatrice d'une composée, d'un isomorphisme réciproque, image d'un vecteur

On note B=(e1,e2,e3,e4) la base canonique de R4 et C celle de R3. On considère l'application linéaire

u:R4R3,u(x,y,z,t)=(x+yz,  2xz+t,  x+3y+t).
  1. Écrire A=MatB,C(u).

  2. Soient a=(1,2,3,1) et b=(2,0,1,1). Calculer les colonnes AXa et AXb, où Xa et Xb désignent les colonnes des coordonnées de a et de b dans B. Retrouver ces résultats en appliquant directement la définition de u.

  3. Que vaut AX lorsque X est la colonne des coordonnées du j-ième vecteur de B ? Quelle interprétation des colonnes de A en tire-t-on ?

Exercice 4 ★★★★La dérivation sur les polynômes de degré au plus trois

Matrice d'une application linéaire dans un couple de bases

On note E=R3[X], muni de sa base canonique B=(1,X,X2,X3), et l'on considère l'application

D:EE,PP.

On admet que D est linéaire.

  1. Justifier que D est bien un endomorphisme de E, puis écrire N=MatB(D).

  2. Calculer N2, N3 et N4. Interpréter les résultats en termes de l'endomorphisme D.

  3. Déterminer Ker(D) et Im(D), puis vérifier le théorème du rang.

Exercice 5 ★★★★Noyau, image et rang d'une matrice

Noyau, image et rang lus sur une matrice, application canoniquement associée

On considère la matrice

A=(120124131210)M3,4(R),

et l'on note f l'application linéaire de R4 dans R3 qui lui est canoniquement associée.

  1. Déterminer une base de Ker(A) en résolvant le système AX=0 par la méthode du pivot.

  2. Déterminer une base de Im(A) et en déduire rg(A).

  3. Vérifier le théorème du rang, puis conclure quant à l'injectivité et à la surjectivité de f.

Exercice 6 ★★★Trois rangs par la méthode du pivot

Rang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversible

On considère les matrices

A=(121211112),B=(112235358),C=(102101132150).
  1. Calculer le rang de chacune de ces trois matrices par la méthode du pivot.

  2. En déduire lesquelles sont inversibles, sans calculer aucun inverse.

  3. Calculer le rang de t ⁣B par la méthode du pivot, et comparer au résultat du cours.

Exercice 7 ★★★★Une matrice de passage et son inverse

Matrices de passage et formules de changement de base

L'espace R3 est rapporté à sa base canonique B. On pose

e1=(1,2,1),e2=(0,1,1),e3=(1,1,1),

et l'on note B=(e1,e2,e3).

  1. Écrire la matrice P=PBB, puis montrer, en calculant son rang, que B est une base de R3.

  2. Calculer P1 par la méthode du pivot.

  3. Le vecteur x a pour coordonnées 1, 2 et 3 dans B. Déterminer ses coordonnées dans B, et vérifier le résultat directement.

Exercice 8 ★★★Premiers calculs de traces

Trace d'une matrice et d'un endomorphisme, tr(AB) = tr(BA)

On considère les matrices

A=(1234),C=(0110),B=(201134521).
  1. Calculer les traces de A, de B, de C et de I4.

  2. Calculer tr(2A3C) de deux façons, et conclure sur la linéarité de la trace.

  3. Écrire t ⁣B et comparer tr(t ⁣B) à tr(B). Pourquoi le résultat vaut-il pour toute matrice carrée ?

  4. Calculer AC et CA. Ces deux matrices sont-elles égales ? Et leurs traces ? La trace d'un produit est-elle le produit des traces ?

Exercice 9 ★★★Matrice d'une composée

Matrice d'une application linéaire dans un couple de basesMatrice d'une composée, d'un isomorphisme réciproque, image d'un vecteur

On note B la base canonique de R3 et C celle de R2. On considère les applications linéaires

u:R3R2,u(x,y,z)=(x+2yz,  x+y+3z),v:R2R3,v(s,t)=(st,  2s+t,  s).
  1. Écrire A=MatB,C(u) et B=MatC,B(v).

  2. Calculer les produits BA et AB.

  3. Expliciter vu et uv par le calcul direct, et vérifier l'accord avec la question précédente.

  4. Commenter les tailles obtenues. La matrice BA est-elle inversible ?

Exercice 10 ★★★Le décalage P en P(X+1)

Matrice d'une application linéaire dans un couple de basesMatrice d'une composée, d'un isomorphisme réciproque, image d'un vecteur

Soit B=(1,X,X2,X3) la base canonique de R3[X] et soit T l'application qui, à un polynôme PR3[X], associe le polynôme P(X+1).

1. Vérifier que T est un endomorphisme de R3[X], puis écrire A=MatB(T).

2. Montrer, sans aucun calcul matriciel, que T est un automorphisme et expliciter T1.

3. En déduire A1, puis vérifier par le calcul que AA1=I4.

4. Montrer que N=AI4 est nilpotente et préciser son indice de nilpotence.

Exercice 11 ★★★★Noyau, image et théorème du rang

Noyau, image et rang lus sur une matrice, application canoniquement associéeRang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversible

On considère la matrice

A=(101213112011)M4,3(R)

et on note f:R3R4 l'application linéaire canoniquement associée à A, ainsi que C1,C2,C3 les colonnes de A.

1. Déterminer Ker(f) et en donner une base.

2. Montrer que (C1,C2) est une base de Im(f).

3. Donner rg(A), vérifier le théorème du rang, puis dire si f est injective et si elle est surjective.

4. Déterminer un système d'équations cartésiennes de Im(f) dans R4.

Exercice 12 ★★★★Rang d'une matrice dépendant d'un paramètre

Rang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversible

Pour mR, on pose

Am=(m111m111m)M3(R).

1. Échelonner Am par des opérations élémentaires sur les lignes, en veillant à ne jamais diviser par une quantité dépendant de m.

2. En déduire le rang de Am suivant les valeurs de m, puis les valeurs de m pour lesquelles Am est inversible.

3. Pour chaque valeur de mAm n'est pas inversible, donner une base du noyau de l'endomorphisme de R3 canoniquement associé à Am.

Exercice 13 ★★★★Changer de base dans l'espace

Matrices de passage et formules de changement de baseMatrice d'une famille de vecteurs dans une base, colonne des coordonnées

L'espace R3 est rapporté à sa base canonique B=(e1,e2,e3). On pose

e1=(1,1,1),e2=(1,1,0),e3=(1,0,1),B=(e1,e2,e3).

1. Montrer que B est une base de R3, écrire P=PBB et calculer P1.

2. Donner les coordonnées dans B des vecteurs v=(1,2,3) et w=(1,0,0).

3. Donner les coordonnées dans B du vecteur t dont les coordonnées dans B sont (1,2,1).

4. On pose e1=e1+e2, e2=e2+e3, e3=e3 et B=(e1,e2,e3). Montrer que B est une base de R3, puis vérifier sur cet exemple la relation PBB=PBBPBB.

Exercice 14 ★★★★La matrice d'un endomorphisme dans une base mieux choisie

Matrices de passage et formules de changement de baseMatrices semblables, invariants de similitude

Soit u l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique B est

A=(212032313).

On pose e1=(1,1,1), e2=(1,2,1), e3=(1,1,2) et B=(e1,e2,e3).

1. Montrer que B est une base de R3 et calculer P1, où P=PBB.

2. Calculer u(e1), u(e2) et u(e3), puis en déduire D=MatB(u).

3. Vérifier par le calcul que D=P1AP et conclure.

4. En déduire An pour tout nN.

Exercice 15 ★★★★Matrice d'une projection sur un plan

Projecteurs, symétries et endomorphismes nilpotents lus matriciellement

L'espace R3 est rapporté à sa base canonique B. On pose

F={(x,y,z)R3 ; x+y+z=0},w=(1,1,1),G=Vect(w).

1. Montrer que FG=R3. On note désormais p la projection sur F parallèlement à G.

2. Vérifier que B=(f1,f2,w), où f1=(1,1,0) et f2=(1,0,1), est une base adaptée à cette décomposition, puis écrire D=MatB(p).

3. Écrire P=PBB, calculer P1, puis en déduire M=MatB(p).

4. Vérifier que M2=M, puis calculer tr(M) et rg(M).

Exercice 16 ★★★★Une symétrie et sa base adaptée

Projecteurs, symétries et endomorphismes nilpotents lus matriciellementMatrices de passage et formules de changement de base

L'espace R3 est rapporté à sa base canonique B. On note F le plan d'équation x+y+z=0, w=(1,1,1) et G=Vect(w) ; on admet que FG=R3. Soit s la symétrie par rapport à F parallèlement à G, et soit p la projection sur F parallèlement à G.

1. Vérifier que B=(f1,f2,w), où f1=(1,1,0) et f2=(1,0,1), est une base adaptée à la décomposition, puis écrire Δ=MatB(s).

2. Écrire P=PBB, vérifier que P1=13(121112111), puis calculer S=MatB(s).

3. Vérifier que S2=I3.

4. Montrer que s=2pid, et en déduire MatB(p).

5. Calculer tr(S) et interpréter le résultat.

Exercice 17 ★★★Rendre une matrice équivalente à Jr

Matrices équivalentes, forme réduite Jr, caractérisation du rang

On considère la matrice

A=(120124131212)M3,4(R).

1. Échelonner A par des opérations élémentaires sur les lignes seulement, en déduire rg(A), et écrire la matrice QGL3(R) telle que QA soit la matrice échelonnée obtenue.

2. Poursuivre par des opérations élémentaires sur les colonnes jusqu'à atteindre J2, et écrire la matrice PGL4(R) correspondante.

3. Vérifier par le calcul que QAP=J2.

4. Quelles sont les matrices de M3,4(R) équivalentes à A ?

Exercice 18 ★★★Équivalentes mais pas semblables

Matrices équivalentes, forme réduite Jr, caractérisation du rangMatrices semblables, invariants de similitude

On travaille dans M2(R) et on pose

A=(1101),B=(1001),C=(0110).

1. Montrer que A et I2 sont équivalentes, mais qu'elles ne sont pas semblables.

2. Montrer que B et C ont même rang et même trace, mais qu'elles ne sont pas semblables. On pourra comparer B2 et C2.

3. Citer trois invariants de similitude et dire lesquels sont aussi des invariants d'équivalence.

Exercice 19 ★★★★La trace ne voit pas l'ordre des facteurs

Trace d'une matrice et d'un endomorphisme, tr(AB) = tr(BA)Matrices semblables, invariants de similitude

  1. Soient A=(ai,j)Mn,p(K) et B=(bi,j)Mp,n(K). Démontrer que tr(AB)=tr(BA), en écrivant chacun des deux membres comme une double somme.

  2. En déduire que deux matrices semblables de Mn(K) ont la même trace, puis expliquer pourquoi la trace d'un endomorphisme d'un espace de dimension finie est bien définie.

  3. On pose

A=(1000),B=(1101),C=(1011).

Calculer tr(ABC), tr(BCA) et tr(ACB). Quelles permutations des facteurs la trace autorise-t-elle donc, et lesquelles sont interdites ?

  1. Soit AMn(K) telle que tr(AB)=0 pour toute matrice BMn(K). Que vaut A ? On pourra tester B=Ej,i.

Exercice 20 ★★★★L'espace des applications linéaires vu comme espace de matrices

Isomorphisme entre applications linéaires et matrices, dimension et bases

Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dimensions respectives p1 et n1, B=(e1,,ep) une base de E et C=(f1,,fn) une base de F. On considère

Φ:L(E,F)Mn,p(K),uMatB,C(u).
  1. Montrer que Φ est linéaire, puis qu'elle est bijective.

  2. En déduire dimL(E,F)=np, et décrire l'application linéaire ui,j=Φ1(Ei,j) ainsi que le rôle de la famille (ui,j).

  3. Donner la dimension de L(R2[X],R3), puis celle du sous-espace T des uL(R3) dont la matrice dans la base canonique est triangulaire supérieure.

  4. Donner la dimension du sous-espace H={uL(R3) ; u(e1)=0}, où (e1,e2,e3) est la base canonique de R3.

Exercice 21 ★★★Un sous-espace stable et la matrice qui s'en souvient

Applications : sous-espaces stables, puissances d'une matrice, suites récurrentesMatrice d'une application linéaire dans un couple de bases

Soit u l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique B=(e1,e2,e3) est

A=(120012201),

et soit F={(x,y,z)R3 ; x+y+z=0}.

  1. Montrer que F est un plan vectoriel, puis qu'il est stable par u.

  2. Vérifier que f1=(1,1,0) et f2=(0,1,1) forment une base de F et que B=(f1,f2,f3), où f3=(0,0,1), est une base de R3. Calculer T=MatB(u) et constater que T est de la forme (BC0d), avec BM2(R), CM2,1(R) et dR.

  3. Interpréter le bloc B à l'aide de l'endomorphisme induit par u sur F.

  4. Cas général. Soient E de dimension n, B=(f1,,fn) une base de E, k{1,,n1} et F=Vect(f1,,fk). Montrer que F est stable par uL(E) si et seulement si, dans MatB(u), tous les coefficients des k premières colonnes situés sous la ligne k sont nuls.

Exercice 22 ★★★★Le rang et les matrices inversibles

Rang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversible

  1. Soient AMn,p(K), PGLn(K) et QGLp(K). En raisonnant sur les applications linéaires canoniquement associées, montrer que rg(PA)=rg(A) et rg(AQ)=rg(A).

  2. En déduire que les opérations élémentaires sur les lignes et sur les colonnes conservent le rang. En quoi cela justifie-t-il la méthode du pivot ?

  3. Calculer par le pivot le rang de

A=(120124131221)M3,4(R),

puis, par le même procédé, celui de t ⁣A.

  1. Le rang est-il additif ? Donner un contre-exemple montrant que rg(A+N) peut être strictement plus petit, ou strictement plus grand, que rg(A).

Exercice 23 ★★★Calculer la puissance n-ième en changeant de base

Matrices semblables, invariants de similitudeMatrices de passage et formules de changement de baseApplications : sous-espaces stables, puissances d'une matrice, suites récurrentes

On considère

A=(212432515)M3(R)

et u l'endomorphisme de M3,1(R) canoniquement associé, dont la matrice dans la base canonique B est A.

  1. Déterminer tous les réels λ pour lesquels le système AX=λX admet une solution X non nulle, et donner pour chacun une telle solution.

  2. Montrer que les trois colonnes obtenues forment une base B. Écrire la matrice de passage P=PBB et calculer P1 par le pivot.

  3. Montrer que P1AP=D avec D diagonale, puis en déduire An pour tout nN.

  4. Vérifier la formule obtenue pour n=1 et pour n=2.

Exercice 24 ★★★★Deux suites couplées par un changement de base

Applications : sous-espaces stables, puissances d'une matrice, suites récurrentesMatrices semblables, invariants de similitude

On définit deux suites réelles (un) et (vn) par u0=1, v0=0 et, pour tout nN,

un+1=7un6vn,vn+1=3un2vn.
  1. En posant Xn=(unvn), écrire une matrice AM2(R) telle que Xn+1=AXn, puis montrer que Xn=AnX0 pour tout nN.

  2. Déterminer les réels λ pour lesquels le système AX=λX admet une solution non nulle, et construire une base B=(f1,f2) de M2,1(R) formée de telles solutions. Écrire P, calculer P1 et donner la matrice diagonale D=P1AP.

  3. En déduire les expressions de un et vn en fonction de n, et les vérifier pour n=1.

  4. Étudier les limites de un et du quotient un/vn lorsque n tend vers +, et interpréter géométriquement.

Exercice 25 ★★★Les matrices de rang un

Rang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversibleTrace d'une matrice et d'un endomorphisme, tr(AB) = tr(BA)

Soit n2 et soit AMn(K) une matrice non nulle.

  1. Montrer que rg(A)=1 si et seulement s'il existe une colonne CMn,1(K) non nulle et une ligne LM1,n(K) non nulle telles que A=CL.

  2. Soit A=CL une telle matrice. Montrer que le produit LC est une matrice à un seul coefficient, égal à tr(A), puis en déduire que A2=tr(A)A.

  3. En déduire qu'une matrice de rang 1 est nilpotente si et seulement si sa trace est nulle, et que dans le cas contraire 1tr(A)A est la matrice d'un projecteur.

  4. Application. Soit A=(312624312). Vérifier que rg(A)=1, écrire A sous la forme CL, puis contrôler l'égalité A2=tr(A)A.

Exercice 26 ★★★★La trace d'un projecteur est son rang

Projecteurs, symétries et endomorphismes nilpotents lus matriciellementTrace d'une matrice et d'un endomorphisme, tr(AB) = tr(BA)

Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n1 et soit pL(E) un projecteur, c'est-à-dire un endomorphisme vérifiant pp=p.

  1. Redémontrer brièvement que E=Ker(p)Im(p) et que p coïncide avec idE sur Im(p).

  2. Construire une base B de E adaptée à cette décomposition et écrire MatB(p).

  3. En déduire que tr(p)=rg(p). Que peut-on dire de la trace d'un projecteur ?

  4. Soient p et q deux projecteurs de E tels que p+q soit encore un projecteur. Montrer, à l'aide de la trace, que rg(p+q)=rg(p)+rg(q).

  5. Application. Soit M=(122101223). Vérifier que M2=M, puis calculer tr(M) et rg(M).

Exercice 27 ★★★Un endomorphisme nilpotent d'indice maximal

Projecteurs, symétries et endomorphismes nilpotents lus matriciellementMatrices semblables, invariants de similitude

Soit E un K-espace vectoriel de dimension n2 et soit uL(E) tel que un=0 et un10. On fixe xE tel que un1(x)0E.

  1. Montrer que B=(x,u(x),,un1(x)) est une base de E.

  2. Écrire Δ=MatB(u) et préciser la position des coefficients non nuls.

  3. En déduire que rg(u)=n1, puis que deux endomorphismes de E vérifiant les hypothèses de l'énoncé ont, dans une même base, des matrices semblables.

  4. Application. Soit N=(111100011)M3(R). Vérifier que N3=0 et N20, construire la base associée et vérifier que N est semblable à Δ.

  5. Quelle est la trace d'un endomorphisme nilpotent ? Justifier.

Exercice 28 ★★★L'hyperplan des matrices de trace nulle

Trace d'une matrice et d'un endomorphisme, tr(AB) = tr(BA)Isomorphisme entre applications linéaires et matrices, dimension et bases

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C, l'entier n vérifie n2, et on pose H={AMn(K) ; tr(A)=0}.

  1. Montrer que tr est une forme linéaire non nulle sur Mn(K), puis en déduire que H est un hyperplan de Mn(K) et que dimH=n21.

  2. Donner une base de H lorsque n=2, puis décrire une base de H pour n quelconque et vérifier que son cardinal vaut n21.

  3. Montrer que Mn(K)=HKIn, et expliciter la décomposition d'une matrice A quelconque dans cette somme directe.

  4. Décomposer ainsi A=(1235), puis donner les coordonnées de sa composante de trace nulle dans la base de la question 2.

Exercice 29 ★★★Semblables ou pas ? Le jeu des invariants

Matrices semblables, invariants de similitude

Deux matrices A et B de Mn(R) sont semblables lorsqu'il existe PGLn(R) telle que B=P1AP. Pour chacun des quatre couples suivants, dire si les deux matrices sont semblables : si oui, exhiber une matrice P explicite ; si non, produire un invariant de similitude qui les sépare.

  1. A1=(1234) et B1=(1224).

  2. A2=(0100) et B2=(1111).

  3. A3=(100010000) et B3=(110010000).

  4. A4=(100010002) et B4=(110010002).

  5. Question de méthode : dresser la liste des invariants de similitude dont on dispose à ce stade du cours, en justifiant chacun en une ligne.

Exercice 30 ★★★De Jr au rang de la transposée

Matrices équivalentes, forme réduite Jr, caractérisation du rangRang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversible

Pour 0rmin(n,p), on note Jr=i=1rEi,iMn,p(K) : son coefficient d'indice (i,j) vaut 1 si i=jr, et 0 sinon. Deux matrices A et B de Mn,p(K) sont dites équivalentes lorsqu'il existe QGLn(K) et PGLp(K) telles que B=QAP.

  1. Soit AMn,p(K) de rang r et u:KpKn l'application linéaire canoniquement associée. En partant d'une base de Kp adaptée à un supplémentaire de Keru, construire une base B de Kp et une base C de Kn telles que MatB,C(u)=Jr. En déduire que A est équivalente à Jr.

  2. En déduire que deux matrices de Mn,p(K) sont équivalentes si et seulement si elles ont le même rang.

  3. En transposant l'écriture obtenue à la question 1, montrer que rg(t ⁣A)=rg(A).

  4. Les matrices A=(120101111312) et B=(101221010123) sont-elles équivalentes ?

Exercice 31 ★★★Sous-espaces stables et forme diagonale par blocs

Applications : sous-espaces stables, puissances d'une matrice, suites récurrentesMatrices semblables, invariants de similitude

Soit E un K-espace vectoriel de dimension n et uL(E). On suppose que E=FG, où F et G sont deux sous-espaces vectoriels non nuls stables par u, c'est-à-dire vérifiant u(F)F et u(G)G. On pose q=dimF et on note B=(e1,,en) la base de E obtenue en concaténant une base (e1,,eq) de F et une base (eq+1,,en) de G.

  1. En raisonnant sur les colonnes, montrer que MatB(u)=(A10q,nq0nq,qA2), où A1Mq(K) et A2Mnq(K) sont les matrices des endomorphismes induits par u sur F et sur G.

  2. Réciproquement, si la matrice de u dans une base (e1,,en) a cette forme, montrer que Vect(e1,,eq) et Vect(eq+1,,en) sont stables par u.

  3. En déduire, pour tout kN, l'expression de MatB(uk).

  4. On prend E=R3 et u l'endomorphisme de matrice M=(110011002) dans la base canonique. Vérifier que D=Vect((1,1,1)) et Π={(x,y,0) ; (x,y)R2} sont stables par u et supplémentaires, écrire la matrice de u dans une base adaptée, puis calculer Mk pour tout kN.

Exercice 32 ★★★★L'équation AB moins BA égale l'identité

Trace d'une matrice et d'un endomorphisme, tr(AB) = tr(BA)

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C et n1. On rappelle l'identité tr(MN)=tr(NM), valable pour toutes matrices M,NMn(K).

  1. Montrer qu'il n'existe pas de matrices A,BMn(K) telles que ABBA=In.

  2. Soit AMn(K) et φA:Mn(K)Mn(K), MAMMA. Montrer que φA est un endomorphisme de Mn(K), qu'il n'est jamais surjectif, donc jamais bijectif, et donner un élément non nul de son noyau qui convienne pour toute matrice A.

  3. On suppose maintenant que A et B vérifient ABBA=A. Montrer par récurrence que AkBBAk=kAk pour tout k1, puis en déduire que tr(Ak)=0 pour tout k1.

  4. Question courte : où l'argument de la question 1 tombe-t-il en défaut si l'on remplace Mn(K) par un espace de matrices de taille infinie ?

Exercice 33 ★★★★Le rang et les matrices extraites

Rang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversibleNoyau, image et rang lus sur une matrice, application canoniquement associée

Soient n et p deux entiers supérieurs ou égaux à 1 et soit AMn,p(K). Pour toutes parties non vides I{1,,n} et J{1,,p}, on note AI,J la matrice extraite de A obtenue en ne conservant que les lignes dont l'indice appartient à I et les colonnes dont l'indice appartient à J, les indices étant rangés dans l'ordre croissant. C'est un élément de Mq,s(K), où q et s désignent les cardinaux de I et de J.

Dans les questions 1 et 5, on considère la matrice

A=(112021133033)M3,4(R).
  1. Écrire les matrices extraites A{1,3},{2,4} et A{1,2},{1,2}.

  2. Revenons au cas général. Montrer que rg(AI,J)rg(A). On traitera séparément la suppression des colonnes et celle des lignes.

  3. On suppose rg(A)=r1. Montrer qu'il existe des parties I et J de cardinal r telles que AI,J soit inversible.

  4. On suppose A non nulle. En déduire que rg(A) est le plus grand entier r pour lequel A possède une matrice extraite carrée d'ordre r inversible.

  5. Application. Déterminer rg(A) par la méthode du pivot, exhiber une matrice extraite carrée inversible de taille maximale, et dire ce que le critère de la question 4 permet d'affirmer sur les matrices extraites d'ordre 3 de A.

  6. Retrouver, à l'aide du critère de la question 4, l'égalité rg(t ⁣A)=rg(A).

Exercice 34 ★★★★Toutes les formes linéaires sur les matrices

Trace d'une matrice et d'un endomorphisme, tr(AB) = tr(BA)Isomorphisme entre applications linéaires et matrices, dimension et bases

On rappelle que (Ei,j)1i,jn est une base de Mn(K) et que Ei,jEk,l=δj,kEi,l. Le but de l'exercice est de décrire toutes les formes linéaires sur Mn(K).

  1. Soit A=(ai,j)Mn(K). Montrer que φA:Mtr(AM) est une forme linéaire sur Mn(K), et calculer φA(Ei,j).

  2. Montrer que Φ:AφA est une application linéaire injective de Mn(K) dans L(Mn(K),K). En déduire, par un argument de dimension, que toute forme linéaire φ sur Mn(K) s'écrit de manière unique φ=φA, puis retrouver la matrice A explicitement à partir des scalaires φ(Ei,j).

  3. Soit φ une forme linéaire sur Mn(K) telle que φ(MN)=φ(NM) pour toutes matrices M,N. En écrivant Ei,j=Ei,kEk,j, montrer qu'il existe λK tel que φ=λtr.

  4. Question courte : que vaut λ si l'on suppose de plus φ(In)=1 ?

Exercice 35 ★★★Le rang de l'application qui à M associe AM

Rang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversibleIsomorphisme entre applications linéaires et matrices, dimension et bases

Soit AMn(K) de rang r et soit fA:Mn(K)Mn(K), MAM. On note KerA={XMn,1(K) ; AX=0} le noyau de A, vu dans l'espace des colonnes.

  1. Montrer que fA est un endomorphisme de Mn(K), puis que MKerfA si et seulement si chacune des colonnes de M appartient à KerA.

  2. En construisant une base explicite de KerfA, montrer que dimKerfA=n(nr), puis en déduire rg(fA)=nr.

  3. En déduire que fA est bijective si et seulement si A est inversible.

  4. Application : donner le rang de fA lorsque n=3 et rg(A)=1, puis expliciter KerfA et ImfA dans le cas A=E1,1.

  5. Question courte : que devient le résultat pour gA:MMA ?

Exercice 36 ★★★★Une matrice de rang un et sa forme réduite

Matrices semblables, invariants de similitudeRang d'une matrice, rang de la transposée, invariance par produit par une inversibleTrace d'une matrice et d'un endomorphisme, tr(AB) = tr(BA)

Soit n2 et soit AMn(K) de rang 1. On note u l'endomorphisme de Kn canoniquement associé à A et on pose t=tr(A).

  1. Justifier que dimKeru=n1 et que Imu=Vect(a) pour un vecteur a non nul. En écrivant A=CL, où C est une colonne non nulle et L une ligne non nulle, montrer que A2=tA, puis en déduire u(a)=ta.

  2. On suppose t0. Montrer que Keru et Vect(a) sont supplémentaires dans Kn, et en déduire que A est semblable à diag(t,0,,0).

  3. On suppose t=0. Montrer que aKeru, puis construire une base (a,f2,,fn1,x) de Kn dans laquelle la matrice de u vaut E1,n.

  4. Décrire toutes les classes de similitude de matrices de rang 1, puis vérifier le résultat sur A=(111111111) en donnant une matrice de passage explicite.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.