MPSI · Chapitre 13 · Second semestre

Devoir surveillé — Matrices

Sujet type, 270 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 270 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Un endomorphisme connu sur une base oblique

L'espace R3 est rapporté à sa base canonique B=(e1,e2,e3). On pose

v1=(1,1,0),v2=(0,1,1),v3=(1,0,1),B=(v1,v2,v3),

et l'on considère l'endomorphisme u de R3 déterminé par les trois égalités

u(v1)=(3,1,2),u(v2)=(1,2,1),u(v3)=(0,1,1).

1. (0,5 pt) Démontrer que B est une base de R3 et écrire la matrice de passage P=PBB.

2. (0,5 pt) Justifier que les trois égalités ci-dessus définissent bien un unique endomorphisme u de R3, puis écrire N=MatB,B(u).

3. (0,75 pt) On donne

P1=12(111111111)

et l'on demande de le vérifier par un seul produit, ce qui suffit ici puisque P est déjà connue inversible d'après la question 1. Démontrer ensuite l'égalité MatB(u)=NP1, puis en déduire A=MatB(u). On contrôlera le résultat en vérifiant que A, appliquée à la colonne des coordonnées de v1, redonne bien celle de u(v1).

4. (0,75 pt) Déterminer Keru et rgu, puis une équation cartésienne de Imu. On rappelle que Imu est engendrée par les colonnes de A.

5. (0,5 pt) Les sous-espaces Keru et Imu sont-ils supplémentaires dans R3 ? Cette situation est-elle générale ? On pourra examiner la dérivation sur R2[X].

Exercice 2 (3 points) — Quatre cubes translatés

L'espace E=R3[X] est muni de sa base canonique B=(1,X,X2,X3). Pour k{0,1,2,3}, on pose Pk=(X+k)3, et l'on note F=(P0,P1,P2,P3).

1. (0,5 pt) Écrire la matrice M=MatB(P0,P1,P2,P3) de la famille F dans la base B. On rappelle que (X+k)3=X3+3kX2+3k2X+k3.

2. (1 pt) Déterminer rg(M) par la méthode du pivot, et en déduire que F est une base de E.

3. (1 pt) Déterminer les coordonnées du polynôme constant 1 dans la base F. On reprendra le pivot de la question 2. en lui adjoignant le second membre, plutôt que de le recommencer.

4. (0,5 pt) En déduire une identité liant P0, P1, P2 et P3, et la vérifier en développant. Que vaut la combinaison Q(X+3)3Q(X+2)+3Q(X+1)Q(X) lorsque Q est un polynôme de degré au plus 2 ?

Exercice 3 (3 points) — Un endomorphisme de $\mathcal{M}_2(\mathbb{R})$ et sa trace

On pose

A=(1231),B=(1102),

et l'on considère l'application

Φ : M2(R)M2(R),MAMB.

On note E=(E1,1, E1,2, E2,1, E2,2) la base canonique de M2(R).

1. (0,5 pt) Démontrer que Φ est un endomorphisme de M2(R).

2. (0,75 pt) Écrire S=MatE(Φ). On rappelle que la j-ième colonne de S est formée des coordonnées de l'image du j-ième vecteur de E, c'est-à-dire des quatre coefficients de cette matrice image lus ligne par ligne. On pourra calculer d'abord AEk,l, puis multiplier le résultat par B.

3. (0,5 pt) Calculer tr(S), puis comparer avec tr(A)tr(B).

4. (0,75 pt) Soient maintenant n1, K=R ou C, et U, V deux matrices quelconques de Mn(K) (les matrices numériques A et B ne servent plus dans cette question). On pose Θ : MUMV. Démontrer que Θ est un endomorphisme de Mn(K) et que

tr(Θ)=tr(U)tr(V),

tr(Θ) désigne la trace de la matrice de Θ dans une base de Mn(K), quantité indépendante de la base choisie. On pourra calculer le coefficient de position (i,j) de UEk,lV.

5. (0,5 pt) Revenant aux matrices A et B du début de l'exercice, démontrer que Φ est bijective et expliciter Φ1. Les inverses de A et de B seront obtenus par la méthode du pivot, sans aucun déterminant, et chacun sera vérifié sur les deux produits.

Exercice 4 (4 points) — Écrire une matrice comme somme de matrices de rang un

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C, et n, p sont deux entiers supérieurs ou égaux à 1.

1. (0,5 pt) Soient M et N deux matrices de Mn,p(K). Démontrer que rg(M+N)rg(M)+rg(N). On pourra commencer par établir l'inclusion Im(f+g)Imf+Img pour deux applications linéaires f et g.

2. (1 pt) Soit AMn,p(K) de rang r1. En utilisant le théorème du cours qui écrit A=QJrP avec QGLn(K) et PGLp(K), démontrer que A est la somme de r matrices de rang 1. On précisera ces r matrices à l'aide des colonnes de Q, qui comptent n coefficients, et des lignes de P, qui en comptent p.

3. (0,75 pt) Soit toujours A de rang r1. En déduire que le plus petit entier k1 tel que A soit somme de k matrices de rang 1 est exactement rg(A).

4. (1,25 pt) Application. On pose

A=(123246012).

Déterminer rg(A), puis écrire explicitement A comme somme de rg(A) matrices de rang 1, chacune donnée sous la forme d'un produit CL d'une colonne par une ligne. On ne demande pas de déterminer les matrices Q et P de la question 2. : on pourra regrouper directement les lignes proportionnelles de A.

5. (0,5 pt) On suppose n2 et l'on note R l'ensemble des matrices de rang 1 de Mn(K). Démontrer que R n'est pas un sous-espace vectoriel de Mn(K), mais que Vect(R)=Mn(K).

Exercice 5 (7 points) — Problème : les endomorphismes vérifiant $u^3 = u$

Dans tout le problème, K désigne R ou C et E un K-espace vectoriel de dimension finie n1. Pour uL(E), on note u2=uu et u3=uuu. Le but du problème est de décrire complètement les endomorphismes vérifiant u3=u, puis de démontrer que deux tels endomorphismes sont semblables dès qu'ils ont même rang et même trace. La partie A est indépendante des deux autres.

Partie A. Un exemple dans R3

On note B la base canonique de R3 et u l'endomorphisme de R3 de matrice

A=(111212212)

dans cette base.

1. (0,5 pt) On donne

A2=(111010010).

Le vérifier sur la deuxième ligne, puis calculer A3 et constater que A3=A. L'endomorphisme u est-il un projecteur ? une symétrie ?

2. (0,75 pt) Déterminer Keru, Ker(uid) et Ker(u+id), en donnant une base de chacun.

3. (0,5 pt) On note w1, w2, w3 les trois vecteurs obtenus, dans cet ordre : w1 engendre Ker(uid), w2 engendre Ker(u+id) et w3 engendre Keru. Démontrer que B=(w1,w2,w3) est une base de R3, écrire P=PBB, et démontrer, sans calculer P1, que P1AP=DD=diag(1,1,0). On pourra calculer AP colonne par colonne et le comparer à PD.

4. (0,25 pt) En déduire Ak pour tout entier k1.

Partie B. Le cas général

Soit uL(E) tel que u3=u. On pose

F=Ker(uidE),G=Ker(u+idE).

5. (0,75 pt) Démontrer que KeruImu={0E}, puis que E=KeruImu.

6. (0,5 pt) Démontrer que Imu est stable par u et que l'endomorphisme v de Imu induit par u vérifie vv=idImu.

7. (0,75 pt) Démontrer que F et G sont contenus dans Imu, puis que Imu=FG. On rappelle le résultat du cours : si s est une symétrie d'un espace W, alors W=Ker(sidW)Ker(s+idW).

8. (1 pt) On pose a=dimF, b=dimG et c=dimKeru. Démontrer que a+b+c=n et qu'il existe une base de E dans laquelle la matrice de u est la matrice diagonale

Da,b,c=diag(1,,1a, 1,,1b, 0,,0c).

On concaténera une base de F, une base de G et une base de Keru. En déduire que toute matrice AMn(K) vérifiant A3=A est semblable à une matrice Da,b,c.

Partie C. Le rang et la trace suffisent

9. (0,5 pt) Avec les notations de la partie B, exprimer rgu et tru en fonction de a, b, c. En déduire l'expression de a, b et c en fonction de n, de rgu et de tru.

10. (0,75 pt) Soient A et B deux matrices de Mn(K) vérifiant A3=A et B3=B. Démontrer que A et B sont semblables si et seulement si elles ont même rang et même trace.

11. (0,5 pt) On admet que les quatre matrices suivantes de M4(R) vérifient M3=M :

M1=(0100100000100000),M2=diag(1,1,1,0),M3=diag(1,1,1,0),M4=(1100000000000000).

Répartir ces quatre matrices en classes de matrices semblables, sans calculer aucune matrice de passage. Qu'illustrent les couples (M1,M3) et (M1,M4) ?

12. (0,25 pt) Combien y a-t-il de classes de similitude de matrices AMn(K) vérifiant A3=A ? On admettra que le nombre de triplets (a,b,c)N3 tels que a+b+c=n vaut (n+1)(n+2)2, et l'on vérifiera la réponse pour n=1.

Bloqué sur « Matrices » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.