MPSI · Chapitre 06 · Premier semestre
Exercices — Fonctions d'une variable réelle : limites et continuité, dérivabilité, convexité
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Calculs de limites par opérations
Limite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites usuellesOpérations sur les limites, composition, encadrement et inégalités
Toutes les limites demandées ci-dessous existent. Pour chacune, on attend la justification de la méthode employée : mise en facteur du terme dominant, quantité conjuguée, taux d'accroissement ou croissance comparée. Un résultat sans justification ne vaut rien.
On rappelle les croissances comparées usuelles : pour tout ,
-
Déterminer les limites suivantes.
a.
b.
c.
-
Déterminer les limites suivantes.
a.
b.
-
Reconnaître un taux d'accroissement et en déduire les limites suivantes.
a.
b.
c.
-
Déterminer les limites suivantes.
a.
b.
c.
-
Déterminer .
-
Un élève écrit : « la limite de en est ». Expliquer pourquoi cette phrase ne constitue pas une réponse. On s'appuiera sur les résultats des questions précédentes.
Exercice 2 ★★★★ — Manipuler la definition quantifiee d'une limite
Limite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites usuelles
Dans tout l'exercice, désigne un intervalle de non vide et non réduit à un point, une fonction définie sur et à valeurs réelles, un point de ou une extrémité de , et un réel.
-
Écrire à l'aide de quantificateurs chacune des assertions suivantes.
a. tend vers en .
b. tend vers en (on suppose ici que contient un intervalle de la forme ).
c. tend vers en .
-
En revenant à la définition, et sans utiliser aucun théorème d'opérations, démontrer que
On exhibera explicitement un convenable en fonction de .
-
En revenant à la définition, démontrer que .
-
a. Écrire la négation de l'assertion « tend vers en ».
b. On note la fonction définie sur par . Démontrer que n'admet pas de limite finie en , puis qu'elle n'admet pas non plus de limite infinie.
-
On considère les trois assertions suivantes, où , , et sont comme ci-dessus.
Pour chacune, dire si elle est équivalente à « tend vers en ». Justifier : par une démonstration si la réponse est oui, par un contre-exemple explicite si la réponse est non.
Exercice 3 ★★★★ — Prolongements par continuite
Continuité en un point, prolongement par continuité, opérations
On rappelle la définition. Soit un intervalle, et une fonction définie sur . On dit que est prolongeable par continuité en lorsque admet une limite finie en . La fonction définie sur par pour et s'appelle alors le prolongement par continuité de en .
-
Pour chacune des fonctions suivantes, préciser son ensemble de définition, puis dire si elle est prolongeable par continuité au point indiqué. Si oui, donner la valeur du prolongement en ce point.
a. en
b. en
c. en
d. en
e. en
f. en
-
Rédiger en détail la démonstration du cas e. : établir soigneusement qu'aucune valeur ne peut être donnée à en pour la rendre continue.
-
On note le prolongement obtenu à la question 1. d. Démontrer que est continue sur tout entier, et pas seulement en .
-
On note le prolongement obtenu à la question 1. f. Démontrer que est continue sur .
-
Cas général. Soit un intervalle, , et une fonction continue sur admettant une limite finie en . Démontrer que le prolongement est continu sur tout entier.
Exercice 4 ★★★★ — Derivees, tangentes et equations de tangentes
Dérivabilité en un point, tangente, dérivées à gauche et à droiteOpérations sur les dérivées : produit, quotient, composée, réciproque
-
Pour chacune des fonctions suivantes, préciser d'abord son ensemble de dérivabilité en justifiant brièvement, puis calculer sa dérivée.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
-
Soit la fonction définie sur par , et sa courbe représentative. Déterminer une équation de la tangente à au point d'abscisse .
-
Déterminer tous les points de en lesquels la tangente est parallèle à la droite d'équation . Donner à chaque fois une équation de cette tangente.
-
Soit la courbe représentative de la fonction . Démontrer que l'origine du repère n'appartient pas à , puis déterminer toutes les tangentes à passant par .
-
Étudier la dérivabilité en des deux fonctions suivantes, en revenant au taux d'accroissement, et préciser à chaque fois ce que l'on peut dire de la tangente à la courbe à l'origine.
a. sur
b. sur
Exercice 5 ★★★★ — Variations, points critiques et extremums
Variations, extremums locaux et points critiques
On rappelle qu'un point critique d'une fonction dérivable sur un intervalle est un point tel que .
Dans les questions 1. à 3., on demande à chaque fois : l'ensemble de définition, les limites aux bornes de cet ensemble, le calcul de la dérivée et l'étude de son signe, le tableau de variations complet, puis la discussion des extremums (locaux, et globaux le cas échéant).
-
Étudier la fonction définie sur par .
-
Étudier la fonction définie par .
-
Étudier la fonction définie sur par .
-
Soit la fonction définie sur par . Vérifier que est un point critique de , puis démontrer que n'admet aucun extremum local en . Qu'en conclut-on sur la réciproque du théorème « un extremum local en un point intérieur est un point critique » ?
-
Déduire de la question 2. que, pour tout réel ,
et préciser le cas d'égalité.
Exercice 6 ★★★★ — Derivees successives et formule de Leibniz
Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de Leibniz
Toutes les fonctions de cet exercice sont de classe sur l'intervalle indiqué, ce que l'on justifiera brièvement à chaque fois. On rappelle la convention .
-
Soit la fonction définie sur par . Déterminer pour tout , et démontrer le résultat par récurrence.
-
Soit la fonction définie sur par . Calculer , et , conjecturer une expression de , puis la démontrer par récurrence.
-
Soit la fonction définie sur par . Déterminer pour tout .
-
Soit . Démontrer que, pour tout et tout ,
-
On rappelle la formule de Leibniz : si et sont fois dérivables sur un intervalle , alors l'est aussi et
Soit la fonction définie sur par . Déterminer pour tout , puis en déduire la valeur de .
-
Soit la fonction définie sur par . Déterminer pour tout , et vérifier le résultat pour et par un calcul direct.
Exercice 7 ★★★★ — Convexite et points d'inflexion par le signe de la derivee seconde
Convexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentes
On utilisera librement les deux résultats du cours suivants, valables pour une fonction deux fois dérivable sur un intervalle :
- est convexe sur si et seulement si sur ; elle est concave sur si et seulement si sur ;
- un point intérieur à est un point d'inflexion de la courbe de si et seulement si change de signe en (la courbe traverse alors sa tangente en ce point).
Dans les questions 1. à 3., on demande le calcul de , l'étude de son signe, les intervalles de convexité et de concavité, et les coordonnées des éventuels points d'inflexion.
-
Étudier la convexité de la fonction définie sur par .
-
Étudier la convexité de la fonction définie sur par .
-
Étudier la convexité de la fonction définie sur par .
-
Soit la fonction définie sur par .
a. Démontrer que est convexe sur , et qu'elle n'a aucun point d'inflexion.
b. Déterminer une équation de la tangente à la courbe de au point d'abscisse , puis en déduire que pour tout , . Retrouver cette inégalité par un calcul algébrique direct.
-
Soit la fonction définie sur par .
a. Calculer et vérifier que .
b. Démontrer que est convexe sur , et que n'est pas un point d'inflexion de sa courbe.
c. Que faut-il en conclure sur le critère « » pour détecter un point d'inflexion ?
Exercice 8 ★★★★ — Existence de solutions par le theoreme des valeurs intermediaires
Théorème des valeurs intermédiaires
On rappelle le théorème des valeurs intermédiaires : si est continue sur un segment , alors pour tout réel compris entre et , il existe tel que . Le cas particulier utilisé sans arrêt est celui de : si est continue sur et si et sont de signes stricts contraires, alors s'annule au moins une fois sur .
Ce théorème donne l'existence d'une solution, jamais son unicité : celle-ci s'obtient séparément, par stricte monotonie.
-
Démontrer que l'équation admet une solution et une seule sur . On notera cette solution. Est-elle la seule solution réelle de l'équation ?
-
Déterminer un encadrement de d'amplitude . On présentera les valeurs numériques utilisées et on vérifiera les signes.
-
Démontrer que l'équation admet une unique solution réelle, et la localiser dans un intervalle d'amplitude .
-
Démontrer que l'équation admet une unique solution sur , et la localiser dans un intervalle d'amplitude .
-
On s'interroge sur les hypothèses du théorème. Construire une fonction définie sur , non continue, telle que et que l'équation n'ait aucune solution. Que conclure ?
Exercice 9 ★★★★ — Limites par encadrement et croissances comparees
Opérations sur les limites, composition, encadrement et inégalités
Dans tout l'exercice, désigne la partie entière du réel , c'est-à-dire l'unique entier vérifiant . On utilisera librement la croissance comparée .
-
Théorème d'encadrement en . Soient , , trois fonctions définies sur un intervalle et un réel. On suppose que
et que et tendent vers en . Démontrer, en revenant à la définition quantifiée de la limite en , que tend vers en .
-
Déterminer les limites suivantes.
a.
b.
-
Soit la fonction définie sur par . Établir que pour tout réel , puis déterminer la limite de en .
-
Soit la fonction définie sur par .
a. Déterminer la limite de en .
b. Déterminer la limite de en (attention au sens des inégalités lorsqu'on multiplie par ). Conclure sur la limite de en .
-
Déterminer . On justifiera d'abord que le quotient est bien défini au voisinage de .
-
Théorème de minoration. Montrer que . Un élève écrit : « la fonction n'a pas de limite en , donc n'en a pas non plus ». Expliquer pourquoi ce raisonnement n'est pas valable.
Exercice 10 ★★★★ — Prouver qu'une limite n'existe pas
Caractérisation séquentielle des limites et de la continuitéLimite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites usuelles
Dans tout l'exercice, désigne la partie entière du réel , c'est-à-dire l'unique entier vérifiant .
-
L'outil. Soient un intervalle, et un point de ou une extrémité de .
a. Énoncer la caractérisation séquentielle de la limite de en .
b. En déduire, en le démontrant, le critère suivant, qui sera utilisé dans tout l'exercice : s'il existe deux suites et d'éléments de convergeant vers telles que et admettent des limites différentes, alors n'admet pas de limite en .
-
Montrer que les fonctions suivantes n'admettent pas de limite au point indiqué.
a. en
b. en
-
Soit .
a. Déterminer et .
b. En déduire que n'admet pas de limite en . Retrouver ce résultat par le critère de la question 1. b.
-
Soit la fonction définie sur par
On rappelle que et sont denses dans : tout intervalle ouvert non vide contient au moins un rationnel et au moins un irrationnel. Montrer que n'est continue en aucun point de .
-
Question de méthode. On a vu par ailleurs que admet la limite en . Pourtant, la fonction oscille de la même façon dans les deux cas. Expliquer précisément ce qui, dans le critère de la question 1. b., cesse de fonctionner pour .
Exercice 11 ★★★★ — Theoreme de la limite monotone
Théorème de la limite monotoneOpérations sur les limites, composition, encadrement et inégalités
Dans tout l'exercice, et vérifient . La notation désigne la partie entière du réel , c'est-à-dire l'unique entier vérifiant .
-
Soit une fonction croissante et bornée sur . Montrer que admet une limite finie en , et identifier cette limite. Que dire de la limite en ?
-
Soit une fonction croissante sur admettant une limite finie en .
a. Montrer que est majorée par sur , c'est-à-dire que pour tout .
b. En déduire que .
-
Pour chacune des fonctions suivantes, justifier la monotonie, montrer qu'elle est bornée, et déterminer ses limites aux bornes de son intervalle de définition.
a. sur
b. sur
-
Soit la fonction définie sur par .
a. Expliciter selon la position de par rapport à , puis montrer que est strictement croissante sur .
b. Déterminer et . Retrouver a posteriori, à l'aide de la question 1., que ces deux limites devaient exister.
-
Une discontinuité de saut.
a. Montrer que admet en une limite à gauche et une limite à droite, toutes deux finies, et les calculer. Vérifier l'encadrement .
b. En déduire que n'est pas continue en , et expliquer pourquoi une fonction croissante ne peut jamais présenter en un point une oscillation du type de celle de en .
Exercice 12 ★★★★ — Fonctions lipschitziennes : reconnaitre, majorer, composer
Fonctions lipschitziennesContinuité en un point, prolongement par continuité, opérations
On rappelle la définition. Soient un intervalle, et un réel positif. On dit que est -lipschitzienne sur lorsque
et que est lipschitzienne sur lorsqu'il existe un réel tel que soit -lipschitzienne sur . Aucune question ne fait appel à la dérivation : on revient systématiquement à cette définition.
-
Montrer que est -lipschitzienne sur , puis que la constante est la meilleure possible.
-
Soit .
a. Soit . Montrer que est lipschitzienne sur en explicitant une constante qui convient.
b. Écrire la négation de « est lipschitzienne sur », puis démontrer que n'est pas lipschitzienne sur .
-
Montrer que est continue sur mais n'y est pas lipschitzienne. On pourra examiner le couple de points .
-
Soit une fonction -lipschitzienne sur un intervalle . Montrer, en revenant à la définition avec et , que est continue en tout point de .
-
Soient et deux intervalles, une fonction -lipschitzienne telle que , et une fonction -lipschitzienne. Montrer que est lipschitzienne sur et préciser une constante. Application : montrer que est lipschitzienne sur .
-
Soient et deux fonctions lipschitziennes sur un même intervalle .
a. Montrer que est lipschitzienne sur .
b. Le produit est-il toujours lipschitzien sur ?
Exercice 13 ★★★★ — Points fixes d'une fonction continue d'un segment dans lui-meme
Théorème des valeurs intermédiaires
On appelle point fixe d'une fonction tout point de son ensemble de définition vérifiant . On note la fonction identité, définie par .
-
Soit une fonction continue. En introduisant la fonction , montrer que admet au moins un point fixe. On énoncera avec soin les hypothèses du théorème utilisé.
-
Soient deux réels et une fonction continue. Montrer que admet au moins un point fixe. Préciser à quels endroits exactement l'hypothèse est utilisée.
-
Les deux hypothèses sont indispensables.
a. Vérifier que , , est continue, à valeurs dans , et n'a aucun point fixe.
b. Soit définie par si et . Vérifier qu'elle n'a aucun point fixe et dire où elle n'est pas continue.
-
Soit une fonction continue et décroissante. Montrer que admet un unique point fixe.
-
Soit une fonction continue vérifiant .
a. Montrer que admet un point fixe, puis que est bijective de sur , de réciproque .
b. Montrer que si, de plus, est croissante, alors . L'hypothèse de continuité sert-elle dans cette question ?
Exercice 14 ★★★★ — Theoreme de la bijection : etude complete
Théorème de la bijection et fonction réciproqueThéorème de la limite monotone
On considère la fonction définie sur par
-
Justifier que est continue et strictement croissante sur , déterminer ses limites aux bornes de , et dresser son tableau de variations.
-
Énoncer les trois hypothèses du théorème de la bijection, vérifier qu'elles sont satisfaites par , et en déduire l'intervalle tel que réalise une bijection de sur .
-
a. Résoudre l'équation d'inconnue . En déduire .
b. Montrer que . On pourra utiliser .
-
Étudier la fonction : ensemble de définition, continuité, sens de variation, limites aux bornes, allure du graphe.
-
Soit la fonction définie sur le segment par . Reprendre l'étude complète : monotonie stricte, image du segment , bijection obtenue (hypothèses rédigées), résolution de , sens de variation de .
-
Les hypothèses ne sont pas décoratives.
a. Pourquoi la continuité seule ne suffit-elle pas ? Traiter sur .
b. Pourquoi la monotonie stricte est-elle exigée ? Construire une fonction continue croissante sur qui n'est pas injective.
Exercice 15 ★★★★ — Derivee d'une bijection reciproque
Théorème de la bijection et fonction réciproqueOpérations sur les dérivées : produit, quotient, composée, réciproque
On rappelle le théorème utilisé dans tout l'exercice. Soit continue et strictement monotone sur un intervalle , et soit . Soient et . Si est dérivable en et si , alors est dérivable en et
-
Soit , définie sur . Montrer que réalise une bijection de sur , déterminer , puis calculer .
-
Soit , définie sur . Montrer que réalise une bijection de sur , puis calculer les nombres dérivés suivants.
a.
b.
Établir enfin que pour tout , et en déduire un encadrement de .
-
En partant de la fonction restreinte à , retrouver que est dérivable sur et que . On justifiera avec soin le signe du cosinus. Que se passe-t-il en ?
-
En partant de la fonction restreinte à , retrouver que est dérivable sur et que .
-
Soit , définie sur . Montrer que réalise une bijection de sur , puis, en étudiant le taux d'accroissement de en , montrer que n'est pas dérivable en . Interpréter géométriquement.
-
Erreur classique. Un élève écrit pour la fonction de la question 1. Calculer ce que donne cette formule, la comparer au résultat exact, et énoncer la règle correcte.
Exercice 16 ★★★★ — Fonctions continues sur un segment : bornes atteintes
Image d'un segment, théorème des bornes atteintesThéorème des valeurs intermédiaires
On rappelle le théorème des bornes atteintes : si est continue sur un segment , alors est bornée sur et elle atteint ses bornes, c'est-à-dire qu'il existe tels que et . Ces bornes sont donc un minimum et un maximum.
1. Pour chacune des fonctions suivantes, déterminer et sur le segment indiqué, ainsi que les points où ces valeurs sont atteintes.
a. sur
b. sur
2. En déduire et , en justifiant soigneusement que ces images sont des segments.
Dans les questions 3 à 5, la lettre désigne une fonction quelconque, sans lien avec celle de la question 1.
3. Soit une fonction continue sur admettant une limite finie en et une limite finie en . Montrer que est bornée sur .
Indication : appliquer la définition de la limite avec pour contrôler en dehors d'un segment , puis utiliser le théorème des bornes atteintes sur ce segment.
4. Une telle fonction atteint-elle nécessairement ses bornes ? On étudiera la fonction
en déterminant et , puis en disant s'ils sont atteints.
5. On suppose maintenant que est continue sur , que , et qu'il existe tel que . Montrer qu'alors atteint sa borne supérieure sur .
Exercice 17 ★★★★ — Theoreme de Rolle et localisation des racines
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis
Dans tout l'exercice, « fonction polynomiale » signifie fonction de la forme avec réels ; on n'utilisera aucun résultat de la théorie des polynômes, seulement les définitions rappelées ci-dessous. Une racine de est un réel tel que .
1. Soit un intervalle et une fonction dérivable sur . On suppose que s'annule en points distincts de . Montrer que s'annule en au moins points distincts de .
2. Soit . Donner les racines de , en déduire par la question 1 un minorant du nombre de racines de , puis calculer effectivement ces racines et vérifier qu'elles sont bien situées là où la question 1 les annonce.
3. Soit . Montrer que admet exactement trois racines réelles, et préciser un encadrement de chacune par deux entiers consécutifs. Combien a-t-elle de racines ? Le résultat de la question 1 est-il ici optimal ?
4. Dans cette question, désigne une fonction polynomiale quelconque. On admet le résultat suivant, qui s'obtient en écrivant et en factorisant chaque par : si , alors il existe une fonction polynomiale telle que pour tout réel. On dit alors que est une racine simple de lorsque .
a. Montrer que est une racine simple de si et seulement si et .
b. En déduire que si toutes les racines de sont simples, alors et n'ont aucune racine commune. Appliquer à la fonction de la question 3 pour montrer que ses trois racines sont simples.
5. Soit un réel. On s'intéresse au nombre de solutions réelles de l'équation .
a. À l'aide de la question 1, montrer que cette équation admet au plus deux solutions.
b. Discuter, selon la valeur de , le nombre exact de solutions.
Exercice 18 ★★★★ — Inegalite des accroissements finis et fonctions lipschitziennes
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisFonctions lipschitziennesFonctions à valeurs complexes : continuité, dérivabilité, accroissements finis
On rappelle l'inégalité des accroissements finis (IAF) : si est dérivable sur un intervalle et s'il existe tel que pour tout , alors
c'est-à-dire que est -lipschitzienne sur . On rappelle aussi que cette inégalité reste vraie pour une fonction dérivable à valeurs complexes, alors même que le théorème de Rolle et l'égalité des accroissements finis y sont faux.
1. Démontrer les inégalités suivantes en précisant à chaque fois l'intervalle et la constante de Lipschitz utilisés.
a. pour
b. pour
c. pour
2. Soit .
a. Montrer que est -lipschitzienne sur .
b. Montrer que est la meilleure constante possible : si est -lipschitzienne sur , alors .
3. En appliquant l'égalité des accroissements finis à la fonction racine carrée sur le segment , établir l'encadrement
4. On considère , définie sur et à valeurs dans .
a. Calculer et , puis en déduire par l'IAF complexe que pour tous réels et .
b. Retrouver cette inégalité par un calcul direct de module, en factorisant par .
5. Montrer que la fonction racine carrée n'est pas lipschitzienne sur , bien qu'elle y soit continue. Pourquoi l'IAF ne s'applique-t-elle pas ?
Exercice 19 ★★★★ — Egalite des accroissements finis : encadrements et suites
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisOpérations sur les limites, composition, encadrement et inégalités
On rappelle l'égalité des accroissements finis (EAF) : si est continue sur un segment (avec ) et dérivable sur , alors il existe tel que
Pour tout entier , on pose .
1. Soit . En appliquant l'EAF à la fonction sur le segment , démontrer que
2. En déduire, pour tout entier , l'encadrement
Indication : sommer l'inégalité de la question 1 et reconnaître des sommes télescopiques.
3. En déduire , puis .
4. Pour , on pose . À l'aide de l'EAF, encadrer , puis déterminer et .
5. Pour , on pose . En utilisant la question 1, déterminer .
Exercice 20 ★★★★ — Theoreme de la limite de la derivee et prolongement C1
Théorème de la limite de la dérivée et prolongement de classe C1Dérivabilité en un point, tangente, dérivées à gauche et à droite
On rappelle le théorème de la limite de la dérivée : soit continue sur un intervalle , soit , et soit dérivable sur .
- Si avec , alors est dérivable en , , et est continue en .
- Si (resp. ), alors le taux d'accroissement tend vers (resp. ) : n'est pas dérivable en et sa courbe admet en une tangente verticale.
1. Préliminaires. Démontrer, uniquement à l'aide de l'inégalité des accroissements finis et de la formule , que pour tout réel :
a. ;
b. ;
c. .
2. Soit définie sur par si et . Montrer que est continue sur , puis qu'elle est de classe sur . Retrouver la valeur de par le taux d'accroissement.
3. Soit définie sur par si et . Montrer que est de classe sur et donner . On pourra utiliser la décomposition .
4. Soit . Étudier la dérivabilité de en et interpréter graphiquement le résultat.
5. Soient et deux réels et la fonction définie sur par
Déterminer les valeurs de et pour lesquelles est de classe sur .
6. Soit définie sur par si et .
a. Montrer que est dérivable en et calculer .
b. Calculer pour et montrer que n'a pas de limite en .
c. Que peut-on en conclure sur la portée du théorème de la limite de la dérivée ? La fonction est-elle de classe sur ?
Exercice 21 ★★★★ — Fonctions a valeurs complexes : continuite, derivation, echec de Rolle
Fonctions à valeurs complexes : continuité, dérivabilité, accroissements finisDérivabilité en un point, tangente, dérivées à gauche et à droite
On rappelle les règles du cours pour une fonction , où est un intervalle de , que l'on écrit avec et à valeurs réelles :
- est continue (resp. dérivable) en si et seulement si et le sont, et alors ; en particulier et ;
- les opérations (somme, produit, quotient à dénominateur ne s'annulant pas) se dérivent comme dans le cas réel ;
- pour , la fonction est dérivable sur et .
1. Justifier que les deux fonctions suivantes sont définies et dérivables sur , puis calculer leur dérivée.
a.
b.
2. Déterminer , , , puis , , . Vérifier sur l'égalité .
3. Soit , considérée sur le segment . Montrer que est continue sur , dérivable sur et vérifie , mais que ne s'annule en aucun point. Qu'en conclure sur le théorème de Rolle et sur l'égalité des accroissements finis pour les fonctions à valeurs complexes ?
4. Reprendre l'exemple précédent en séparant partie réelle et partie imaginaire : où exactement la démonstration réelle du théorème de Rolle cesse-t-elle de fonctionner ?
5. Déterminer une primitive de sur en utilisant la fonction de l'énoncé, puis vérifier le résultat par dérivation. Donner de même une primitive de .
Exercice 22 ★★★★ — Convexite : revenir a la definition et a l'inegalite des pentes
Fonctions convexes : définition, cordes, inégalité des pentes
On rappelle la définition : une fonction définie sur un intervalle est convexe sur lorsque
Dans tout cet exercice, aucune caractérisation par les dérivées n'est autorisée : on revient systématiquement à la définition. On rappelle aussi qu'un intervalle de contient tout réel compris entre deux de ses éléments : comme est compris entre et , on a dès que et .
1. Démontrer, directement à partir de la définition, que les fonctions suivantes sont convexes sur .
a.
b.
2. Soient et deux fonctions convexes sur un intervalle .
a. Montrer que est convexe sur .
b. Montrer que est convexe sur .
3. On rappelle l'inégalité des pentes : si est convexe sur et si sont trois points de , alors
Vérifier cette inégalité par le calcul pour avec , et , et expliquer en une phrase ce qu'elle signifie sur les cordes de la courbe.
4. Soit convexe sur et fixé. On appelle fonction pente en la fonction
Démontrer que est croissante, dans le cas .
5. Le produit de deux fonctions convexes est-il toujours convexe ? On étudiera le produit des fonctions et sur .
Exercice 23 ★★★★ — Inegalites classiques obtenues par convexite
Convexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentesInégalités classiques obtenues par convexité
On utilisera librement les résultats du cours suivants. Soit une fonction deux fois dérivable sur un intervalle .
- Si sur , alors est convexe sur ; si sur , alors est concave sur .
- Position par rapport aux tangentes. Si est convexe et dérivable sur , alors pour tous , . L'inégalité est renversée si est concave.
- Position par rapport aux cordes. Si est convexe sur , alors pour tous et tout , . L'inégalité est renversée si est concave.
-
a. Justifier que est convexe sur et donner l'équation de sa tangente au point d'abscisse .
b. En déduire que pour tout , , puis démontrer que l'égalité a lieu si et seulement si .
-
a. Justifier que est concave sur et en déduire, par position par rapport à la tangente au point d'abscisse , que pour tout .
b. Retrouver cette inégalité directement à partir de la question 1. b.
-
(Inégalité de Jordan.) On veut démontrer que pour tout , .
a. Justifier que est concave sur .
b. Par position par rapport à la tangente au point d'abscisse , démontrer que sur .
c. Par position par rapport à la corde joignant les points d'abscisses et , démontrer que sur .
-
Soit . Démontrer que pour tout , , avec égalité si et seulement si .
-
a. À l'aide de la question 2., démontrer que pour tout ,
b. En déduire un encadrement numérique de pour puis pour .
-
À l'aide de la question 3., démontrer que pour tout entier , .
Exercice 24 ★★★★ — Inegalite de convexite finie et moyenne arithmetico-geometrique
Inégalités classiques obtenues par convexité
Soit un intervalle de . On rappelle qu'une fonction est convexe lorsque, pour tous et tout ,
Un réel de la forme , où et où les coefficients sont positifs de somme , est appelé combinaison convexe des .
-
Soient , et des réels positifs tels que .
a. Démontrer que .
b. Soit convexe sur . Démontrer par récurrence sur que
c. Énoncer, sans démonstration, le résultat correspondant pour une fonction concave.
-
Soient des réels strictement positifs. En appliquant la question 1. à la fonction avec des coefficients bien choisis, démontrer l'inégalité arithmético-géométrique
-
On précise maintenant le cas d'égalité.
a. Démontrer que pour tout , , avec égalité si et seulement si . On expliquera en quoi c'est la stricte concavité de qui est en jeu.
b. On note et, pour tout , . Calculer , puis retrouver l'inégalité de la question 2. en sommant les inégalités .
c. En déduire que l'égalité a lieu si et seulement si .
-
On pose (moyenne harmonique), (moyenne géométrique) et (moyenne arithmétique).
a. Démontrer que , et préciser les cas d'égalité.
b. Vérifier ces inégalités sur l'exemple , , .
-
a. Soit fixé. Déterminer le maximum du produit lorsque les décrivent les réels strictement positifs de somme , et dire pour quels il est atteint. Application numérique : et .
b. Démontrer que pour tout entier , , l'inégalité étant stricte dès que .
Exercice 25 ★★★★ — Inegalite de Young et applications
Inégalités classiques obtenues par convexitéConvexité et dérivées : monotonie de f', signe de f'', position des tangentes
Soient et deux réels strictement supérieurs à tels que ; on dit qu'ils sont conjugués. Le but de l'exercice est de démontrer, de deux manières indépendantes, l'inégalité de Young : pour tous réels ,
Pour et , on note comme d'habitude , et l'on convient que pour .
-
a. Démontrer que , puis que et .
b. Démontrer que si et seulement si .
-
(Première méthode : concavité du logarithme.) Soient et . En appliquant la concavité de à la combinaison convexe , démontrer l'inégalité de Young. Traiter ensuite le cas où ou est nul.
-
(Seconde méthode : étude de fonction.) Soit fixé. On pose, pour ,
a. Justifier que est continue sur et dérivable sur , et calculer .
b. On suppose . Étudier les variations de et montrer que son minimum est atteint en , et en ce point seulement.
c. Calculer et conclure. Traiter enfin le cas .
-
Démontrer que l'égalité a lieu si et seulement si .
-
Écrire l'inégalité de Young et son cas d'égalité dans le cas , et retrouver ce résultat directement à partir de .
-
a. En choisissant et , démontrer que pour tous réels ,
b. Démontrer que pour tous réels et tout réel , . En déduire que pour tout et tout , , et déterminer la valeur de qui rend cette majoration optimale.
Exercice 26 ★★★★ — Equation fonctionnelle de Cauchy
Continuité en un point, prolongement par continuité, opérationsCaractérisation séquentielle des limites et de la continuité
On rappelle deux résultats acquis, qui seront le moteur de l'exercice.
- Densité de dans : tout intervalle ouvert non vide de contient un nombre rationnel. En particulier, pour tout réel , il existe une suite de nombres rationnels qui converge vers : il suffit de choisir, pour chaque , un rationnel .
- Caractérisation séquentielle de la continuité : une fonction définie sur est continue en si et seulement si, pour toute suite de réels convergeant vers , la suite converge vers .
Partie A. On cherche toutes les fonctions continues vérifiant la relation, notée dans tout l'exercice,
Dans les questions 1. à 3., on suppose seulement que vérifie , sans hypothèse de continuité.
-
a. Démontrer que .
b. Démontrer que est impaire.
-
a. Démontrer par récurrence que pour tout et tout , .
b. Étendre ce résultat à tout .
-
On pose . Démontrer que pour tout , .
-
On suppose de plus que est continue en . Démontrer que est alors continue sur tout entier.
-
On suppose maintenant continue sur . Démontrer que pour tout , , puis conclure : décrire l'ensemble des solutions de continues sur .
Partie B. On cherche maintenant les fonctions continues, non identiquement nulles, vérifiant la relation, notée ,
-
a. Démontrer que si s'annule en un point, alors est la fonction nulle. En déduire que ne s'annule jamais.
b. Démontrer que est strictement positive sur .
c. En posant , démontrer qu'il existe un réel tel que pour tout , puis vérifier la réciproque.
Exercice 27 ★★★★ — Continuite et densite : une fonction determinee par ses valeurs sur Q
Caractérisation séquentielle des limites et de la continuitéContinuité en un point, prolongement par continuité, opérations
On rappelle les résultats suivants, acquis.
- Densité de et de dans : tout intervalle ouvert non vide contient un rationnel et un irrationnel. Par conséquent, tout réel est la limite d'une suite de rationnels, et aussi la limite d'une suite d'irrationnels.
- Caractérisation séquentielle de la continuité : est continue en si et seulement si, pour toute suite convergeant vers , la suite converge vers .
- Pour tout réel , désigne la partie entière de : c'est l'unique entier relatif vérifiant .
-
Soit continue et nulle sur . Démontrer que est la fonction nulle.
-
a. En déduire que si deux fonctions et , continues sur , coïncident sur , alors elles sont égales.
b. Déterminer toutes les fonctions continues sur telles que pour tout .
-
On définit par
Démontrer que n'est continue en aucun point de . Quel rôle joue ce contre-exemple vis-à-vis de la question 2. ?
-
Soit . On note l'ensemble des réels tels que pour tout ; les périodes de sont les éléments non nuls de .
a. Donner un exemple de fonction non constante admettant et pour périodes. Que doit-on en conclure sur la stratégie à adopter dans la suite ?
b. Démontrer que si et appartiennent à , alors , et (pour ) appartiennent aussi à . En déduire que si et sont des périodes de , alors pour tous .
c. On pose . Démontrer que pour tout , il existe tels que , et que la suite est à termes strictement positifs et converge vers .
d. Soit continue sur admettant et pour périodes. En considérant, pour fixé, la suite de terme général , démontrer que est constante.
-
Soit continue sur telle que pour tout . Démontrer que est constante.
Exercice 28 ★★★★ — Suite recurrente : convergence par l'inegalite des accroissements finis
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisFonctions lipschitziennesThéorème des valeurs intermédiaires
On considère la fonction définie sur par
et la suite définie par et, pour tout , .
On rappelle l'inégalité des accroissements finis : si est dérivable sur un intervalle et s'il existe tel que sur , alors pour tous , ; autrement dit est -lipschitzienne sur .
-
a. Justifier que est de classe sur , calculer et dresser le tableau de variations de sur . En déduire .
b. En déduire que est stable par , puis que la suite est bien définie et que pour tout .
-
Démontrer, à l'aide du théorème des valeurs intermédiaires et d'un argument de stricte monotonie, que admet un unique point fixe dans , et que .
-
Démontrer que pour tout , et en déduire que est -lipschitzienne sur .
-
Démontrer par récurrence que pour tout ,
puis en déduire que la suite converge vers .
-
Déterminer, à l'aide du logarithme népérien, un rang à partir duquel cette majoration garantit .
-
a. Démontrer que pour tout , et que sur .
b. En déduire une meilleure majoration de pour , et le rang qu'elle fournit pour la précision . Comparer aux valeurs exactes de , et .
Exercice 29 ★★★★ — Theoreme de Rolle sur un intervalle non borne
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisThéorème des valeurs intermédiairesImage d'un segment, théorème des bornes atteintes
Le théorème de Rolle s'énonce sur un segment : si est continue sur (avec ), dérivable sur et vérifie , alors il existe tel que . On se propose de l'étendre à un intervalle non borné, où la valeur en l'extrémité droite est remplacée par une limite.
Partie A. Soit et soit continue sur , dérivable sur , telle que
On veut démontrer qu'il existe tel que .
-
a. Traiter le cas où est constante sur .
b. On suppose désormais non constante. Justifier l'existence d'un réel tel que , puis expliquer pourquoi on peut supposer quitte à remplacer par .
-
On pose .
a. Vérifier que , puis démontrer qu'il existe tel que .
b. En appliquant la définition de la limite en avec , démontrer qu'il existe tel que . En déduire l'existence de tel que .
-
Conclure, et énoncer le théorème ainsi démontré.
-
(Application.) Soit sur . Vérifier que le théorème s'applique, puis déterminer explicitement un réel tel que .
Partie B. Deux variantes.
-
Soit dérivable sur telle que , où . Démontrer qu'il existe tel que . Illustrer avec .
-
Soit continue et dérivable sur telle que
a. Démontrer que admet un minimum sur . On pourra fixer , poser , et se ramener à un segment bien choisi.
b. En déduire qu'il existe tel que . Illustrer avec sur .
Exercice 30 ★★★★ — Fonctions convexes majorees et comportement a l'infini
Fonctions convexes : définition, cordes, inégalité des pentesThéorème de la limite monotone
Soit une fonction convexe sur . Pour , on note
la fonction pente de en . On se propose de montrer qu'une fonction convexe sur admet toujours une limite en , puis qu'une fonction convexe majorée sur est constante.
-
Inégalité des pentes. Soient trois réels. En écrivant comme combinaison convexe de et , démontrer que
En déduire que, pour tout , la fonction est croissante sur .
-
Montrer que admet en une limite avec , et que .
-
On suppose (le cas est autorisé). Montrer qu'il existe tel que , puis que pour tout . En déduire que quand .
-
On suppose maintenant . Soient tels que , et soit . Montrer que pour tout , puis que . En déduire que est décroissante sur , puis que admet en une limite appartenant à .
-
Conclure que toute fonction convexe sur admet une limite dans en . Montrer ensuite que si est convexe et majorée sur , alors est constante (on pourra introduire ).
-
Soit une fonction convexe et majorée sur le seul intervalle . Montrer que est décroissante. Est-elle nécessairement constante ?
Exercice 31 ★★★★ — Une fonction de classe C-infini plate en zero
Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de LeibnizThéorème de la limite de la dérivée et prolongement de classe C1Dérivabilité en un point, tangente, dérivées à gauche et à droite
On considère la fonction définie sur par
On utilisera librement le théorème des croissances comparées sous la forme suivante : pour tout , quand .
-
Montrer que est continue sur .
-
Montrer que est dérivable sur , avec pour , pour , et (on calculera directement le taux d'accroissement en ).
-
Démontrer par récurrence que, pour tout , la fonction est fois dérivable sur et qu'il existe une fonction polynomiale telle que
On établira , , la relation de récurrence , et le fait que est de degré et de coefficient dominant . Calculer et .
-
Montrer que, pour tout , quand .
-
Démontrer par récurrence, à l'aide du théorème de la limite de la dérivée, que est de classe sur et que pour tout .
-
Application. On pose pour . Montrer que est de classe sur , strictement positive sur et nulle en dehors de .
Exercice 32 ★★★★ — Theoreme de Darboux : la derivee verifie la propriete des valeurs intermediaires
Variations, extremums locaux et points critiquesThéorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisThéorème des valeurs intermédiaires
Soit un segment () et soit une fonction dérivable sur (dérivable à droite en , à gauche en ). On ne suppose pas que est continue.
L'objectif est de démontrer le théorème de Darboux : vérifie la propriété des valeurs intermédiaires, c'est-à-dire que pour tout réel strictement compris entre et , il existe tel que .
-
Préliminaire. Soit dérivable. Montrer que si , alors il existe tel que ; et que si , alors il existe tel que . (On reviendra à la définition quantifiée de la limite du taux d'accroissement.)
-
On suppose et l'on pose . Montrer que atteint son minimum sur en un point , que , puis conclure que .
-
Traiter le cas . En déduire l'énoncé général : si est dérivable sur un intervalle , alors est un intervalle.
-
Application. On note la fonction signe ( si , , si ) et la fonction partie entière. Montrer qu'il n'existe aucune fonction dérivable sur dont la dérivée soit , ni aucune fonction dérivable sur dont la dérivée soit .
-
Une dérivée n'a pas de discontinuité de première espèce. Soit dérivable sur un intervalle ouvert et . On suppose que admet en une limite à gauche et une limite à droite , toutes deux finies. Montrer, à l'aide du théorème de Darboux, que , et donc que est continue en . Que donne, plus directement, le théorème de la limite de la dérivée ?
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On pose pour et . Montrer que est dérivable sur mais que n'est pas continue en . Pourquoi n'y a-t-il pas contradiction avec la question 5 ?
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Seconde démonstration. On revient au cadre initial et l'on suppose . On définit et sur par
Montrer que et sont continues sur , que appartient à ou à , puis conclure par l'égalité des accroissements finis.
Exercice 33 ★★★★ — Theoreme des cordes universelles
Théorème des valeurs intermédiairesImage d'un segment, théorème des bornes atteintes
Dans tout l'exercice, désigne une fonction continue sur telle que .
On dit qu'un réel est une longueur de corde universelle si, pour toute fonction continue sur vérifiant , il existe tel que .
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Mise en route. Montrer qu'il existe tel que .
-
Soit . On pose, pour ,
Justifier que est bien définie et continue, puis calculer .
-
En déduire qu'il existe tel que : tout réel de la forme avec est une longueur de corde universelle.
-
Seconde rédaction. On suppose . Justifier que atteint ses bornes sur , en notant son minimum et son maximum. Montrer que , puis conclure sans distinguer de cas.
-
Réciproque. Soit qui n'est pas de la forme avec . On pose, pour ,
Vérifier que est continue sur et que . Calculer pour et en déduire que n'est pas une longueur de corde universelle.
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Montrer sur un exemple que l'hypothèse ne peut pas être supprimée, et donner en une phrase une interprétation concrète du résultat de la question 3.
Exercice 34 ★★★★ — Polynomes de Legendre : Rolle itere et formule de Leibniz
Dérivées successives, fonctions de classe Ck, formule de LeibnizThéorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finis
Pour , on définit sur la fonction
La théorie des polynômes n'est pas au programme à ce stade : on ne manipule ici que des fonctions polynomiales, c'est-à-dire les fonctions de la forme , le degré d'une telle fonction étant le plus grand indice tel que . On admet le seul fait suivant : une fonction polynomiale de degré admet au plus racines réelles deux à deux distinctes.
On rappelle enfin que, pour et , la dérivée -ième de est si , et la fonction nulle si .
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Montrer que est de classe sur et que . Calculer, pour , la dérivée -ième des fonctions et .
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Soit . À l'aide de la formule de Leibniz, montrer que .
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Démontrer par récurrence que, pour tout , la fonction admet au moins racines deux à deux distinctes dans . En particulier, en admet au moins .
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Montrer que est une fonction polynomiale de degré , de coefficient dominant . En déduire que admet exactement racines réelles, deux à deux distinctes, et qu'elles appartiennent toutes à .
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Calculer explicitement , et , déterminer leurs racines et vérifier sur ces trois cas les conclusions des questions 3 et 4.
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Calculer à l'aide de la formule de Leibniz. Montrer ensuite que pour tout , en déduire , et vérifier ces deux formules sur , et .
Exercice 35 ★★★★ — Derivabilite a gauche et a droite d'une fonction convexe
Fonctions convexes : définition, cordes, inégalité des pentesThéorème de la limite monotone
Soit un intervalle ouvert de , non vide et non réduit à un point, soit une fonction convexe sur et soit . On note
la fonction pente de en . On rappelle l'inégalité des pentes du cours : pour tous dans ,
Le but est de montrer qu'une fonction convexe sur un ouvert, sans aucune hypothèse de régularité, admet en tout point une dérivée à gauche et une dérivée à droite, et qu'elle est continue.
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Déduire de l'inégalité des pentes que est croissante sur .
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Justifier l'existence de deux réels tels que . Montrer que est majorée sur et minorée sur .
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En déduire, à l'aide du théorème de la limite monotone, que admet en une dérivée à gauche et une dérivée à droite , toutes deux finies, et que
-
En déduire que est continue en , donc sur tout entier.
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Soient deux points de . Montrer que
En déduire que les fonctions et sont croissantes sur .
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Le caractère ouvert est essentiel. On définit sur par et pour . Montrer que est convexe sur mais discontinue en . Où l'argument de la question 3 tombe-t-il en défaut ?
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Montrer que est convexe sur et calculer et . Que peut-on en conclure sur la dérivabilité des fonctions convexes ?
Exercice 36 ★★★★ — Comportement asymptotique : de la derivee a la fonction
Théorème de Rolle, égalité et inégalité des accroissements finisOpérations sur les limites, composition, encadrement et inégalitésLimite en un point ou en l'infini : définition quantifiée, unicité, limites usuelles
Soit une fonction dérivable sur . On étudie ce que le comportement de en impose à celui de , et réciproquement.
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On suppose que quand , avec . Montrer que
On pourra, pour fixé, choisir tel que pour tout , appliquer l'égalité des accroissements finis entre et , puis faire apparaître le terme .
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Montrer que la réciproque est fausse : donner une fonction dérivable sur telle que et telle que n'admette aucune limite en .
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On suppose que quand . Montrer que , puis que .
-
On suppose que quand , avec , et que admet une limite dans en . Montrer que cette limite est nécessairement nulle.
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On suppose bornée sur et avec . Montrer que .
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Donner un exemple de fonction dérivable sur telle que quand et telle que n'admette aucune limite en . Que dit alors exactement la question 4 ?
Bloqué sur « Fonctions d'une variable réelle : limites et continuité, dérivabilité, convexité » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.