MPSI · Chapitre 06 · Premier semestre

Devoir surveillé — Fonctions d'une variable réelle : limites et continuité, dérivabilité, convexité

Sujet type, 210 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 210 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Trois énoncés à démontrer

Les trois questions sont indépendantes. Dans chacune, I désigne un intervalle de R non vide et non réduit à un point.

  1. (1 point) Soit f:IR une fonction continue ne prenant que des valeurs entières, c'est-à-dire telle que f(x)Z pour tout xI.

    a. Démontrer que f est constante.

    b. En déduire toutes les fonctions g:RR continues vérifiant g(x)2=1 pour tout réel x.

  2. (1 point) Soit T>0 et soit f une fonction dérivable sur R dont la dérivée est T-périodique, c'est-à-dire que f(x+T)=f(x) pour tout réel x.

    a. Démontrer que la fonction xf(x+T)f(x) est constante sur R. On note c cette constante.

    b. Donner un exemple où c0.

    c. Démontrer que si f est bornée sur R, alors f est elle-même T-périodique.

  3. (1 point) Le théorème de la bijection affirme qu'une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle y réalise une bijection sur son image, et que sa réciproque est continue ; le cours admet ce dernier point. On se propose de le démontrer.

    a. Soit f:IR une fonction monotone telle que f(I) soit un intervalle. Démontrer que f est continue sur I.

    b. Soit g:IR continue et strictement monotone, et soit J=g(I). En appliquant la question a à la bijection réciproque g1:JI, démontrer que g1 est continue sur J. On n'utilisera à aucun moment le résultat admis que l'on cherche à établir.

Exercice 2 (4 points) — Une injection continue est strictement monotone

Dans tout l'exercice, I désigne un intervalle de R non vide et non réduit à un point. On se propose de démontrer le résultat suivant, dont la réciproque est immédiate :

si f:IR est continue et injective, alors f est strictement monotone sur I.

  1. (0,5 point) La continuité est indispensable. Construire une fonction f:[0,1]R injective et non monotone, et préciser en quel point elle n'est pas continue.

Dans les questions 2 à 4, f:IR désigne une fonction continue et injective.

  1. (1 point) Le lemme des trois points. Soient a, b, c trois points de I tels que a<b<c. Démontrer que f(b) est strictement compris entre f(a) et f(c).

    Indication : raisonner par l'absurde, supposer par exemple f(b)>max(f(a),f(c)), choisir un réel y tel que max(f(a),f(c))<y<f(b), et appliquer deux fois le théorème des valeurs intermédiaires.

  2. (1,25 point) On fixe deux points a<b de I et l'on suppose f(a)<f(b).

    a. Démontrer que f(t)>f(a) pour tout tI tel que t>a, et que f(t)<f(a) pour tout tI tel que t<a.

    b. En déduire que f est strictement croissante sur I, puis conclure la démonstration du résultat annoncé.

  3. (0,75 point) Application. Démontrer qu'il n'existe aucune bijection continue de R sur [0,1].

  4. (0,5 point) L'hypothèse « I est un intervalle » est également indispensable. Construire une fonction continue et injective sur D=[0,1][2,3] qui n'est pas monotone sur D.

Exercice 3 (4 points) — Le théorème de Rolle et ses fonctions auxiliaires

Dans tout l'exercice, a et b désignent deux réels tels que a<b, et f une fonction continue sur [a,b] et dérivable sur ]a,b[ vérifiant

f(a)=f(b)=0.

Le théorème de Rolle affirme qu'il existe alors c]a,b[ tel que f(c)=0. On se propose de montrer que ce même théorème, appliqué à une fonction auxiliaire bien choisie, produit une famille entière de résultats.

  1. (0,75 point) Soit λ un réel. En appliquant le théorème de Rolle à la fonction g:xeλxf(x), démontrer qu'il existe c]a,b[ tel que

    f(c)+λf(c)=0.

    Que retrouve-t-on pour λ=0 ?

  2. (1,25 point) Soit φ une fonction à valeurs réelles, continue sur [a,b] et dérivable sur ]a,b[. En s'inspirant de la question précédente, démontrer qu'il existe c]a,b[ tel que

    f(c)=φ(c)f(c).

    On précisera soigneusement la fonction auxiliaire utilisée et l'on vérifiera toutes les hypothèses du théorème de Rolle.

  3. (0,75 point) Déduire de la question 2, en explicitant à chaque fois la fonction φ choisie, les deux énoncés suivants.

    a. Il existe c]a,b[ tel que f(c)=2cf(c).

    b. Si de plus 0<a, alors pour tout nN il existe c]a,b[ tel que cf(c)=nf(c).

  4. (1,25 point) On suppose dans cette question que f est définie et deux fois dérivable sur un intervalle ouvert contenant [a,b], et qu'elle s'annule en un troisième point b0 tel que a<b0<b. Soit λ un réel. Démontrer qu'il existe d]a,b[ tel que

    f(d)+2λf(d)+λ2f(d)=0.

Exercice 4 (3 points) — Module constant d'une fonction à valeurs complexes

Dans tout l'exercice, I désigne un intervalle de R non vide et non réduit à un point. Pour une fonction f:IC, on note f la fonction tf(t) et f la fonction tf(t).

On rappelle qu'une fonction f=u+iv, où u et v sont à valeurs réelles, est dérivable en t si et seulement si u et v le sont, et qu'alors f=u+iv.

  1. (0,75 point) Soit f:IC une fonction dérivable. Démontrer que la fonction f2 est dérivable sur I et que

    (f2)=2Re(ff).
  2. (0,5 point) En déduire que si f est constante sur I, alors Re(f(t)f(t))=0 pour tout tI. Montrer qu'en tout point tf(t)0, le nombre complexe f(t)/f(t) est alors imaginaire pur.

  3. (1 point) Soit α un réel et soit f:RC une fonction dérivable vérifiant

    tR,f(t)=iαf(t).

    a. Démontrer, à l'aide de la question 1, que f est constante sur R.

    b. En étudiant la fonction tf(t)eiαt, démontrer que f(t)=f(0)eiαt pour tout réel t.

  4. (0,75 point) Soit u:RC une fonction dérivable telle que

    tR, u(t)1etu(0)=1.

    Démontrer que Re(u(0)u(0))=0. On ne suppose plus ici que u est constante.

Exercice 5 (6 points) — Problème : jusqu'où une dérivée peut-elle monter ?

Une fonction peut être petite et sa dérivée seconde petite, sans que cela dise à première vue quoi que ce soit de sa dérivée première. Le but de ce problème est de démontrer qu'il n'en est rien : la dérivée d'une fonction bornée à dérivée seconde bornée est nécessairement bornée, et de mesurer précisément par quoi.

Dans tout le problème, on dit qu'une fonction f est admissible lorsqu'elle est définie et deux fois dérivable sur R, à valeurs réelles, et que les deux quantités

M0=supxRf(x)etM2=supxRf(x)

sont finies. On note alors

M1=supxRf(x)  R+{+}.

Partie A — Deux outils.

  1. (0,5 point) Soient α>0 et β>0. On pose ψ(x)=αx+βx pour x>0. Étudier les variations de ψ sur ]0,+[, déterminer son minimum et le point où il est atteint.

  2. (0,5 point) Soit f une fonction admissible. Démontrer que

    (s,t)R2,f(s)f(t)M2st.

Partie B — L'inégalité.

Dans toute cette partie, f désigne une fonction admissible.

  1. (0,75 point) Soient xR et h>0. Démontrer qu'il existe c]x,x+h[ tel que

    f(c)=f(x+h)f(x)h,

    puis que f(c)2M0h.

  2. (0,75 point) En déduire que

    xR, h>0,f(x)2M0h+M2h.
  3. (0,5 point) On suppose ici M0>0 et M2>0. Démontrer que M1 est fini et que

    M122M0M2,

    en précisant la valeur de h qui donne la meilleure majoration.

  4. (0,5 point) Traiter les cas restants : M2=0, puis M0=0. Vérifier que l'inégalité de la question 5 reste vraie dans ces deux cas.

Partie C — Optimalité et conséquence.

  1. (0,5 point) Appliquer le résultat à la fonction sinus : calculer M0, M1 et M2, puis comparer M1 à la majoration fournie par la question 5. Par quel facteur cette majoration dépasse-t-elle la valeur exacte ?

  2. (0,75 point) On appelle constante admissible tout réel C>0 tel que l'inégalité M1CM0M2 soit vraie pour toute fonction admissible. La question 5 montre que 22 en est une. En considérant, pour ω>0, la fonction fω:xsin(ωx), démontrer que toute constante admissible vérifie C1.

  3. (1,25 point) Soit f une fonction deux fois dérivable sur R, telle que f soit majorée par un réel M2 sur R et telle que

    limx+f(x)=0.

    Démontrer que f(x) tend vers 0 quand x tend vers +.

    Indication : reprendre le raisonnement des questions 3 et 4 en se restreignant à une demi-droite [A,+[ sur laquelle f est petite. On traitera à part le cas M2=0.

Bloqué sur « Fonctions d'une variable réelle : limites et continuité, dérivabilité, convexité » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.