MPSI · Chapitre 12 · Second semestre
Exercices — Espaces vectoriels et applications linéaires
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Reconnaître des sous-espaces de R3
Sous-espaces vectoriels : caractérisation, intersection
On considère les cinq parties suivantes de .
a.
b.
c.
d.
e.
-
Chacune de ces parties contient-elle le vecteur nul ? Qu'en déduit-on immédiatement pour l'une d'entre elles ?
-
Montrer que est un sous-espace vectoriel de .
-
Montrer que est un sous-espace vectoriel de .
-
Montrer que n'est pas un sous-espace vectoriel de : on exhibera deux vecteurs de dont la somme n'appartient pas à .
-
Montrer que n'est pas un sous-espace vectoriel de : on exhibera un vecteur de et un réel tels que .
Exercice 2 ★★★★ — La structure d'espace vectoriel
Structure d'espace vectoriel : axiomes, exemples de référence, règles de calculSous-espaces vectoriels : caractérisation, intersection
-
Pour chacun des espaces de référence ci-dessous, préciser le corps de base, ce qu'on appelle un vecteur et quel est le vecteur nul . Ni base ni dimension ne sont demandées.
a.
b.
c.
d.
-
Sur , on pose et pour . Montrer que est un -espace vectoriel : loi interne, associativité, commutativité, neutre et opposé (ils ne sont pas ceux qu'on croit), puis les quatre axiomes de la loi externe.
-
Sur muni de l'addition usuelle, on pose . Montrer que n'est pas un -espace vectoriel, en mettant en défaut un axiome précis sur un exemple chiffré. Vérifier au passage que l'axiome est, lui, satisfait.
-
Dans , on pose et . Lequel est un sous-espace vectoriel de , lequel ne l'est pas ? Démonstration dans un cas, contre-exemple explicite dans l'autre.
-
Soient et les ensembles des fonctions deux fois dérivables sur vérifiant respectivement et . Montrer que est un sous-espace vectoriel de , mais que n'en est pas un.
Exercice 3 ★★★★ — Combinaisons linéaires et appartenance à un Vect
Combinaisons linéaires et sous-espace engendré Vect(A)
Dans , on pose
-
Le vecteur appartient-il à ? Si oui, écrire explicitement comme combinaison linéaire de et .
-
Même question pour le vecteur .
-
On pose . Montrer que , puis que .
-
Donner deux écritures différentes de comme combinaison linéaire de , et . Que peut-on en conclure sur la famille ?
Exercice 4 ★★★★ — Familles libres ou liées
Familles libres, familles génératrices, bases
Dire, pour chacune des familles suivantes, si elle est libre ou liée. Lorsqu'elle est liée, donner explicitement une relation linéaire non triviale entre ses vecteurs.
-
Dans , la famille avec , et .
-
Dans , la famille avec , et .
-
Dans , la famille avec , et .
-
Dans , la famille où
-
La famille obtenue en ajoutant le vecteur nul à la famille de la question 1.
Exercice 5 ★★★★ — Une base d'un sous-espace donné par des équations
Sous-espaces vectoriels : caractérisation, intersectionFamilles libres, familles génératrices, basesDimension finie : base extraite, base incomplète, dimension
On considère la partie de définie par
-
Montrer que est un sous-espace vectoriel de .
-
Résoudre le système qui définit et en déduire une famille génératrice de formée de deux vecteurs.
-
Montrer que cette famille est libre. Conclure : donner une base de et la dimension de .
-
On pose et .
a. Le vecteur appartient-il à ? Si oui, donner ses coordonnées dans la base de la question 3.
b. Même question pour .
Exercice 6 ★★★★ — Les dimensions à connaître
Dimension finie : base extraite, base incomplète, dimensionStructure d'espace vectoriel : axiomes, exemples de référence, règles de calcul
-
Donner la dimension de chacun des espaces vectoriels suivants, en exhibant à chaque fois une base et en justifiant brièvement.
a.
b.
c.
d.
e. , vu comme -espace vectoriel
-
Soit l'ensemble des matrices diagonales de . Montrer que est un sous-espace vectoriel de et donner sa dimension.
-
Soit . Montrer que est un sous-espace vectoriel de , en donner une base, puis la dimension.
-
Citer un espace vectoriel qui n'est pas de dimension finie, et justifier.
Exercice 7 ★★★★ — Reconnaître une application linéaire
Applications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismes
On considère les six applications suivantes.
a. ,
b. ,
c. ,
d. ,
e. ,
f. ,
-
Rappeler ce qu'il faut démontrer pour établir qu'une application est linéaire. Que vaut lorsque est linéaire ?
-
Les applications et sont-elles linéaires ?
-
Les applications , et sont-elles linéaires ? On vérifiera au passage que chacune arrive bien dans l'espace annoncé.
-
L'application est-elle linéaire ? Et l'application , ? Commenter.
Exercice 8 ★★★★ — Noyau et image d'applications linéaires
Noyau et image, injectivité, surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rang
On considère les deux applications
Chaque coordonnée de l'image étant une expression homogène du premier degré en , , , ces deux applications sont linéaires : on l'admettra ici.
-
a. Déterminer et en donner une base. b. L'application est-elle injective ?
-
a. Déterminer une base de (on pourra utiliser les images des vecteurs de la base canonique de ). b. L'application est-elle surjective ? c. Vérifier le théorème du rang.
-
a. Déterminer et en donner une base. b. L'application est-elle injective ?
-
a. Déterminer une base de . b. L'application est-elle surjective ? c. Vérifier le théorème du rang.
Exercice 9 ★★★★ — Premiers usages du théorème du rang
Rang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image, injectivité, surjectivité
-
Soit dont on sait seulement que , où .
a. Donner , puis .
b. L'application est-elle injective ? surjective ?
-
On note , . Vérifier que est un endomorphisme de , puis déterminer .
-
a. En déduire que est bijective. b. Résoudre l'équation , d'inconnue .
-
Répondre aux deux questions de principe suivantes, en justifiant par le théorème du rang.
a. Existe-t-il une application linéaire injective de dans ?
b. Existe-t-il une application linéaire surjective de dans ?
Exercice 10 ★★★★ — Sous-espaces de suites et de fonctions
Sous-espaces vectoriels : caractérisation, intersectionStructure d'espace vectoriel : axiomes, exemples de référence, règles de calcul
On note le -espace vectoriel des suites réelles et celui des fonctions de dans .
-
Montrer que les parties suivantes sont des sous-espaces vectoriels de .
a. , l'ensemble des suites bornées.
b. , l'ensemble des suites convergentes.
c. .
-
Montrer, à l'aide d'un contre-exemple explicite, que les parties suivantes n'en sont pas.
a. , l'ensemble des suites monotones.
b. , l'ensemble des suites de limite .
-
Mêmes questions dans pour les trois parties suivantes.
a. .
b. .
c. .
-
Déterminer une base et la dimension de , puis de . On admet les résultats du cours sur les équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants et sur les suites récurrentes linéaires d'ordre .
Exercice 11 ★★★★ — Deux sous-espaces engendrés égaux
Combinaisons linéaires et sous-espace engendré Vect(A)Familles libres, familles génératrices, bases
Dans , on considère les cinq vecteurs
ainsi que les trois sous-espaces vectoriels , et .
-
Montrer que la famille est libre, puis que la famille l'est aussi.
-
Montrer que , en procédant par double inclusion.
-
Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur pour que . En déduire que .
-
Donner une base commune à et , ainsi que leur dimension. La famille est-elle génératrice de ? est-elle libre ?
Exercice 12 ★★★★ — Somme et intersection dans R4
Somme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires
Dans , dont les vecteurs sont notés , on considère les vecteurs
ainsi que les deux sous-espaces
-
Montrer que est un sous-espace vectoriel de , puis en déterminer une base et la dimension.
-
Déterminer une base de et sa dimension.
-
Déterminer une base de et sa dimension.
-
Déterminer une base de , sa dimension, puis une équation de .
-
Vérifier la formule de Grassmann sur cet exemple. La somme est-elle directe ? Les sous-espaces et sont-ils supplémentaires dans ?
Exercice 13 ★★★★ — Une droite et un plan supplémentaires
Somme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires
Dans , on pose , puis
-
Montrer que est un sous-espace vectoriel de , en donner une base et la dimension. Vérifier que .
-
Soit . Montrer par analyse et synthèse qu'il existe un unique couple tel que , et l'expliciter. Que peut-on en conclure ? Traiter l'exemple .
-
Retrouver le résultat de la question 2 par un argument de dimension.
-
On remplace par et on pose . Déterminer et . Les sous-espaces et sont-ils supplémentaires dans ?
Exercice 14 ★★★★ — Fonctions paires et fonctions impaires
Somme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesSous-espaces vectoriels : caractérisation, intersectionDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires
On note et
-
Montrer que et sont des sous-espaces vectoriels de , puis que .
-
Soit . Montrer par analyse et synthèse qu'il existe un unique couple tel que . Conclure.
-
Expliciter cette décomposition pour :
a. ;
b. , définie sur .
-
Dans , on pose et . Donner une base de chacun, leur dimension (on distinguera pair et impair) et vérifier la cohérence avec .
Exercice 15 ★★★★ — Matrices symétriques et matrices antisymétriques
Somme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentairesFamilles libres, familles génératrices, bases
Soit . Dans le -espace vectoriel , on pose
On note la base canonique de , où est la matrice dont tous les coefficients sont nuls sauf celui de la ligne et de la colonne , égal à .
-
Montrer que et sont des sous-espaces vectoriels de , puis que les coefficients diagonaux d'une matrice antisymétrique sont nuls.
-
Montrer par analyse et synthèse que .
-
Pour , donner une base de et une base de , ainsi que leurs dimensions.
-
Pour quelconque, exhiber une base de chacun des deux sous-espaces et en déduire
Vérifier que la somme de ces deux dimensions vaut , et contrôler le résultat pour et .
Exercice 16 ★★★★ — Polynômes échelonnés en degré
Familles libres, familles génératrices, basesDimension finie : base extraite, base incomplète, dimension
-
Soit une famille de polynômes non nuls de , de degrés deux à deux distincts. Montrer que cette famille est libre.
-
En déduire que la famille est une base de .
-
Déterminer les coordonnées dans la base des polynômes suivants.
a.
b.
-
Le résultat de la question 1 subsiste-t-il si l'on supprime l'hypothèse « degrés deux à deux distincts » ? On donnera un contre-exemple formé de trois polynômes non nuls. Cette hypothèse est-elle nécessaire pour qu'une famille de polynômes soit libre ?
Exercice 17 ★★★★ — Une application linéaire déterminée par l'image d'une base
Détermination d'une application linéaire par l'image d'une base, isomorphismesApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismesNoyau et image, injectivité, surjectivité
On note la base canonique de .
1. Justifier qu'il existe une unique application telle que
puis calculer pour tout .
2. Déterminer et (une base et la dimension de chacun), vérifier le théorème du rang, et dire si est un automorphisme de .
3. On pose , et . Existe-t-il une application telle que , et ?
4. Soient trois vecteurs de . Donner une condition nécessaire et suffisante portant sur pour qu'il existe vérifiant pour . Une telle application est-elle alors unique ?
5. La famille n'est pas libre. Existe-t-il malgré tout un endomorphisme de envoyant la base canonique sur cette famille ? Si oui, préciser son rang et son noyau.
Exercice 18 ★★★★ — La dérivation sur les polynômes
Noyau et image, injectivité, surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rangApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismes
Soit . On considère l'application
Pour , on note ( facteurs), avec la convention , de sorte que .
1. Vérifier que est bien un endomorphisme de . Déterminer et , en déduire et vérifier le théorème du rang. L'application est-elle injective ? surjective ?
2. Montrer que et que . Quel est l'indice de nilpotence de ?
3. On travaille maintenant sur tout entier et on pose
Montrer que est surjective mais pas injective, et que est injective mais pas surjective. Commenter.
4. On revient à et on pose . Montrer que est un automorphisme de .
5. Pour , déterminer et , ainsi que leurs dimensions. Vérifier le théorème du rang pour chaque , et retrouver l'indice de nilpotence de comme le plus petit tel que .
Exercice 19 ★★★★ — Projecteurs
Projecteurs et symétriesSomme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesNoyau et image, injectivité, surjectivité
Soit un -espace vectoriel et soit vérifiant . On rappelle que, si , le projecteur sur parallèlement à est l'application qui, à un vecteur écrit avec et , associe le vecteur .
1. Montrer que .
2. Montrer que .
3. En déduire que est le projecteur sur parallèlement à .
4. Montrer que est aussi un projecteur, et identifier et .
5. Application. On considère maintenant l'application de dans définie par
Montrer que est un endomorphisme de vérifiant , déterminer et , et donner la décomposition d'un vecteur quelconque de dans la somme directe obtenue. Traiter le cas du vecteur .
Exercice 20 ★★★★ — Symétries
Projecteurs et symétriesSomme de sous-espaces, somme directe, supplémentaires
Soit ou , soit un -espace vectoriel et soit vérifiant . On pose
On rappelle que, si , la symétrie par rapport à parallèlement à est l'application qui, à un vecteur écrit avec et , associe le vecteur .
1. Vérifier que et sont des sous-espaces vectoriels de , puis montrer que .
2. Montrer que . On précisera à quel endroit l'hypothèse ou intervient.
3. En déduire que est la symétrie par rapport à parallèlement à .
4. Montrer que est un projecteur, préciser son image et son noyau, et vérifier que .
5. Application. Sur , on note la fonction définie par et on pose . Montrer que vérifie les hypothèses de l'exercice, identifier et , et en déduire la décomposition de toute fonction. L'appliquer à la fonction exponentielle.
Exercice 21 ★★★★ — Formes linéaires et hyperplans
Formes linéaires, hyperplans et équationsNoyau et image, injectivité, surjectivitéDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires
1. Parmi les cinq applications suivantes, déterminer lesquelles sont des formes linéaires sur l'espace indiqué.
a. ,
b. ,
c. ,
d. ,
e. , (la somme des coefficients diagonaux)
2. Pour chacune des formes linéaires trouvées, décrire le noyau, en donner une base et la dimension, et constater que c'est un hyperplan de l'espace de départ.
3. Soient et deux formes linéaires non nulles sur un même -espace vectoriel . Montrer que si et seulement s'il existe non nul tel que .
4. Donner une équation de l'hyperplan de . Cette équation est-elle unique ?
Exercice 22 ★★★★ — Rang d'une famille de vecteurs
Rang d'une famille de vecteursCombinaisons linéaires et sous-espace engendré Vect(A)Familles libres, familles génératrices, bases
On travaille dans . On rappelle que les opérations élémentaires sur une famille de vecteurs (échanger deux vecteurs, multiplier un vecteur par un scalaire non nul, ajouter à un vecteur un multiple d'un autre vecteur de la famille) ne changent ni le sous-espace engendré, ni le rang.
1. On pose , et . Déterminer le rang de et une base de . La famille est-elle libre ? Engendre-t-elle ?
2. On pose
Déterminer le rang de , une base de , et écrire explicitement deux relations de liaison entre ces quatre vecteurs.
3. Soit . On pose
Discuter, selon la valeur de , le rang de . Dans chaque cas, donner une base de et, lorsque la famille est liée, une relation de liaison explicite. Indication : remplacer par , puis par , puis par .
Exercice 23 ★★★★ — Solutions d'une équation linéaire
Sous-espaces affines et équations linéairesNoyau et image, injectivité, surjectivitéApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismes
1. Résoudre dans le système
On écrira l'ensemble des solutions sous la forme , où est l'application linéaire associée au système, et l'on précisera la direction de ce sous-espace affine ainsi que sa dimension.
2. Soient et deux -espaces vectoriels, et . Montrer que l'ensemble est soit vide, soit égal à pour n'importe quelle solution particulière . À quelle condition sur est-il non vide ?
3. Application à l'équation différentielle sur . Identifier , , l'application linéaire , son noyau et une solution particulière, puis retrouver la structure de l'ensemble des solutions.
4. Dans , on considère les deux sous-espaces affines
Vérifier que leurs directions sont différentes, puis décrire .
Exercice 24 ★★★★ — La famille des exponentielles est libre
Familles libres, familles génératrices, basesDimension finie : base extraite, base incomplète, dimensionStructure d'espace vectoriel : axiomes, exemples de référence, règles de calcul
On travaille dans l'espace vectoriel réel des fonctions de dans , muni de l'addition et de la multiplication par un réel usuelles. Son vecteur nul est la fonction nulle : dire qu'une combinaison linéaire de fonctions est nulle signifie qu'elle s'annule en tout point de .
-
Montrer que la famille est libre dans , en évaluant une relation de liaison en deux points bien choisis.
-
Soient et des réels. Pour compris entre et , on pose . Montrer par récurrence sur que la famille est libre. On pourra, partant d'une relation de liaison, diviser par puis faire tendre vers .
-
Soient , , trois réels deux à deux distincts, et pour compris entre et on pose .
a. Montrer que est dérivable en tout réel différent de , mais qu'elle n'est pas dérivable en .
b. En déduire que la famille est libre.
-
En déduire que n'est pas de dimension finie.
Exercice 25 ★★★★ — Somme directe de trois sous-espaces
Somme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentairesFamilles libres, familles génératrices, bases
Soit un -espace vectoriel et soient des sous-espaces vectoriels de . On rappelle que la somme est dite directe, et notée , lorsque tout vecteur de s'écrit d'une unique façon sous la forme avec pour tout .
-
Dans , on pose , et .
a. Montrer que pour tous .
b. Déterminer , puis donner deux écritures différentes du vecteur sous la forme avec . La somme est-elle directe ?
-
Montrer que la somme est directe si et seulement si la seule façon d'écrire avec pour tout est .
-
On note la base canonique de . À l'aide de la question 2, montrer que .
-
Soient , , trois sous-espaces de dimension finie de dont la somme est directe, et soit une base de . Montrer que la famille obtenue en concaténant , et est une base de , puis en déduire que .
-
a. Montrer que .
b. Écrire comme somme directe de deux plans, de deux façons différentes.
Exercice 26 ★★★★ — La formule de Grassmann
Dimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentairesSomme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesFamilles libres, familles génératrices, bases
Soit un -espace vectoriel de dimension finie et soient et deux sous-espaces vectoriels de . On pose , et .
-
On se donne une base de (famille vide si ).
a. Justifier qu'on peut la compléter en une base de et en une base de .
b. Montrer que la famille est une base de .
c. En déduire la formule de Grassmann : .
-
On suppose ici , et .
a. Montrer que ; en particulier, .
b. Montrer que ces trois valeurs sont effectivement possibles, en donnant un exemple dans pour chacune.
-
Montrer que deux plans distincts de se coupent selon une droite.
-
Montrer que si et seulement si la somme est directe. En déduire que et sont supplémentaires dans si et seulement si et .
Exercice 27 ★★★★ — L'interpolation de Lagrange
Détermination d'une application linéaire par l'image d'une base, isomorphismesRang d'une application linéaire et théorème du rangFamilles libres, familles génératrices, basesNoyau et image, injectivité, surjectivité
Soient et des réels (donc deux à deux distincts). On considère l'application
-
Montrer que est linéaire.
-
a. Déterminer .
b. En déduire, à l'aide du théorème du rang, que est un isomorphisme.
-
Pour compris entre et , on pose
a. Justifier que est bien défini, que , et montrer que pour tout .
b. Montrer que est une base de , image réciproque par de la base canonique de .
-
Soit . Montrer qu'il existe un unique polynôme tel que pour tout , et l'exprimer à l'aide des . En déduire que tout vérifie .
-
Application. On prend , , , , et on cherche tel que , et . Calculer , , , en déduire , puis vérifier les trois valeurs.
Exercice 28 ★★★★ — Noyau et image de u et de u au carré
Noyau et image, injectivité, surjectivitéRang d'une application linéaire et théorème du rangSomme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires
Soit un -espace vectoriel de dimension finie et soit . On note et, plus généralement, l'endomorphisme obtenu en composant fois avec lui-même, avec la convention .
-
Montrer que et que .
-
À l'aide du théorème du rang appliqué à et à , montrer que
-
Montrer que ces deux conditions équivalent encore à .
-
On prend et . Déterminer , , et , et vérifier sur cet exemple que et ne sont pas supplémentaires dans .
-
Pour , on pose .
a. Montrer que pour tout .
b. Montrer que s'il existe tel que , alors pour tout .
c. Montrer qu'un tel entier existe, avec .
Exercice 29 ★★★★ — Intersection d'hyperplans
Formes linéaires, hyperplans et équationsDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentairesRang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image, injectivité, surjectivité
Soit un -espace vectoriel de dimension finie . On appelle forme linéaire sur une application linéaire de dans , et hyperplan de un sous-espace vectoriel de dimension .
-
Soit une forme linéaire non nulle sur . Montrer que est surjective, puis que est un hyperplan de .
-
On suppose . Soient et deux hyperplans distincts de . Montrer que , puis que .
-
Soient et des hyperplans de . Montrer par récurrence sur que
- Application dans . On note et on pose
Justifier que et sont deux hyperplans distincts, déterminer une base de et vérifier la dimension prévue par la question 2.
- Réciproquement, soit un sous-espace vectoriel de de dimension . Montrer qu'il existe une forme linéaire non nulle sur telle que .
Exercice 30 ★★★★ — Quand la composée est nulle
Rang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image, injectivité, surjectivitéDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires
Soient , et trois -espaces vectoriels de dimension finie, et .
-
Montrer l'équivalence
-
En déduire que si , alors .
-
Soit un endomorphisme vérifiant . Montrer que .
-
Donner, pour puis pour , un exemple explicite d'endomorphisme tel que et : la majoration de la question 3 est donc optimale.
-
On revient à et . Montrer que si et , alors .
Exercice 31 ★★★★ — Les suites récurrentes linéaires d'ordre deux
Dimension finie : base extraite, base incomplète, dimensionApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismesNoyau et image, injectivité, surjectivitéSous-espaces vectoriels : caractérisation, intersection
Soient et deux réels avec . On note l'ensemble des suites réelles vérifiant
Le but de l'exercice est de retrouver, par l'algèbre linéaire seule, le résultat connu sur ces suites.
-
Montrer que est un sous-espace vectoriel de .
-
Montrer que l'application , , est un isomorphisme. En déduire .
-
Dans cette question et la suivante, et , c'est-à-dire . Vérifier que les suites géométriques et appartiennent à , puis montrer qu'elles en forment une base.
-
Donner le terme général de la suite définie par et , puis contrôler le résultat en calculant et de deux façons.
-
On prend maintenant et , c'est-à-dire . Montrer que la famille est une base de .
Exercice 32 ★★★★ — Endomorphismes nilpotents
Noyau et image, injectivité, surjectivitéFamilles libres, familles génératrices, basesDimension finie : base extraite, base incomplète, dimensionRang d'une application linéaire et théorème du rang
Soit un -espace vectoriel de dimension . Un endomorphisme est dit nilpotent d'indice (avec ) lorsque
avec la convention . Dans tout l'exercice, est nilpotent d'indice .
-
Justifier d'abord que pour tout entier . Soit ensuite tel que . Montrer que la famille est libre. Indication : partir d'une relation de liaison et lui appliquer pour un indice bien choisi.
-
En déduire que , puis que : un endomorphisme nilpotent d'un espace de dimension vérifie toujours .
-
Montrer que n'est pas inversible, mais que l'est, en donnant explicitement son inverse sous la forme d'une somme finie. On vérifiera le produit dans les deux sens.
-
On suppose dans cette question que , c'est-à-dire que l'indice est maximal. Montrer que , et préciser .
-
Application. On prend et . Montrer que est un endomorphisme nilpotent de , déterminer son indice, puis vérifier sur cet exemple le résultat de la question 4. Donner enfin à l'aide de la question 3, et expliciter pour , en vérifiant le résultat.
Exercice 33 ★★★★ — Inégalités sur le rang
Rang d'une application linéaire et théorème du rangNoyau et image, injectivité, surjectivitéDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires
Soient , et trois -espaces vectoriels de dimension finie. Cet exercice rassemble les quatre inégalités sur le rang qu'il faut savoir redémontrer.
-
Soient . Montrer que , puis en déduire
-
En appliquant la question 1 à un couple d'applications bien choisi, montrer que
-
Soient maintenant et . On note , , la restriction de au sous-espace de . Vérifier que et que , puis montrer
Montrer enfin que si est injective, et que si est surjective.
-
Inégalité de Sylvester. En appliquant le théorème du rang à , montrer que
-
On se place dans , muni d'une base . Donner un exemple où l'inégalité de la question 1 est stricte et un exemple où elle est une égalité ; de même pour l'inégalité de la question 3.
Exercice 34 ★★★★ — Factoriser une application linéaire
Rang d'une application linéaire et théorème du rangApplications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismesNoyau et image, injectivité, surjectivitéSomme de sous-espaces, somme directe, supplémentaires
Soient , et trois -espaces vectoriels de dimension finie, et . On cherche à quelle condition se factorise par , c'est-à-dire s'écrit pour une certaine application linéaire .
-
Montrer que s'il existe telle que , alors .
-
Soit un supplémentaire de dans . Montrer que l'application , , est un isomorphisme. On note .
-
On suppose désormais . Soit un supplémentaire de dans et soit la projection sur parallèlement à . Montrer que est bien définie, linéaire, et vérifie .
-
Cette application est-elle unique ? On discutera selon la surjectivité de (on pourra supposer , le cas contraire étant sans intérêt).
-
Application. Soient tels que et . Montrer qu'il existe un automorphisme tel que .
Exercice 35 ★★★★ — Sous-espaces stables et commutation
Applications linéaires : définition, opérations, L(E,F) et endomorphismesNoyau et image, injectivité, surjectivitéProjecteurs et symétriesSomme de sous-espaces, somme directe, supplémentaires
Soit un -espace vectoriel et soient . On dit qu'un sous-espace vectoriel de est stable par lorsque , c'est-à-dire lorsque pour tout .
-
Montrer que et sont stables par .
-
On suppose dans cette question que . Montrer que et sont stables par .
-
Soient et deux sous-espaces vectoriels de stables par . Montrer que et sont stables par .
-
Soit un projecteur, c'est-à-dire un endomorphisme vérifiant . Montrer que
-
On prend , et . Vérifier que et commutent, puis vérifier directement la conclusion de la question 2. Montrer enfin, à l'aide de , que la réciproque de la question 2 est fausse.
Exercice 36 ★★★★ — Une famille de projecteurs de somme l'identité
Projecteurs et symétriesSomme de sous-espaces, somme directe, supplémentairesRang d'une application linéaire et théorème du rangDimension d'un sous-espace, formule de Grassmann, caractérisation des supplémentaires
Soit un -espace vectoriel de dimension finie , et soient vérifiant les deux hypothèses
Le but est de montrer que ces deux conditions, qui ne supposent rien sur les , les forcent à être des projecteurs.
-
Montrer que .
-
En utilisant l'hypothèse sur les rangs, montrer que cette somme est directe : . Indication : concaténer des bases des fournit une famille génératrice de à exactement vecteurs.
-
Soit et . En appliquant l'égalité au vecteur et en utilisant l'unicité de la décomposition dans une somme directe, montrer que et que pour . En déduire que chaque est un projecteur et que pour .
-
Réciproque. On suppose maintenant que sont des projecteurs de somme , deux à deux compatibles au sens où pour (il s'agit uniquement de cette relation de composition, aucune notion géométrique n'intervient ici). Retrouver la décomposition , et vérifier que l'hypothèse sur les rangs est alors automatiquement satisfaite.
-
Cas . Expliciter ce que donnent les questions précédentes, et montrer sur un exemple que l'hypothèse sur les rangs ne peut pas être supprimée.
Bloqué sur « Espaces vectoriels et applications linéaires » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.