MPSI · Chapitre 12 · Second semestre

Devoir surveillé — Espaces vectoriels et applications linéaires

Sujet type, 180 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 180 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Cinq affirmations à trancher

Consignes valables pour tout le sujet. Les cinq exercices sont indépendants et peuvent être traités dans l'ordre de votre choix ; à l'intérieur d'un exercice, en revanche, les questions s'enchaînent. La calculatrice n'est pas autorisée. La rédaction, la justification des étapes et la présence d'une conclusion explicite sont notées au même titre que les résultats. Dans tout le sujet, K désigne R ou C, et « espace vectoriel » signifie « K-espace vectoriel ».

Chacune des cinq affirmations suivantes est soit vraie, soit fausse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point : on attend une démonstration lorsque l'affirmation est vraie, un contre-exemple entièrement explicité lorsqu'elle est fausse.

1. (0,6 pt) Si quatre vecteurs v1, v2, v3, v4 de R4 vérifient v1+v2+v3+v4=0R4, alors la famille (v1,v2,v3,v4) n'est pas génératrice de R4.

2. (0,6 pt) Si (x,y,z) est une famille libre d'un espace vectoriel E, alors la famille (x+y, y+z, z+x) est libre.

3. (0,6 pt) Il existe un endomorphisme u de R3 tel que Keru=Imu.

4. (0,6 pt) Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension finie, uL(E,F) et (e1,,en) une base de E. Alors (u(e1),,u(en)) est une base de Imu.

5. (0,6 pt) Dans R3, un plan vectoriel admet un unique supplémentaire.

Exercice 2 (4 points) — Un supplémentaire commun à deux plans de $\mathbb{R}^4$

On note (e1,e2,e3,e4) la base canonique de R4 et on pose

a1=(1,0,1,0),a2=(0,1,0,1),b1=(1,1,0,0),b2=(0,0,1,1),

puis F=Vect(a1,a2) et G=Vect(b1,b2).

1. (0,5 pt) Démontrer que (a1,a2) et (b1,b2) sont libres. En déduire dimF et dimG.

2. (0,75 pt) Déterminer FG : on en donnera une base et la dimension. En déduire dim(F+G) par la formule de Grassmann. Les sous-espaces F et G sont-ils supplémentaires dans R4 ?

3. (1 pt) Pour aR, on pose Ha=Vect(e1, e2+ae3). Démontrer que Ha est un plan de R4, puis déterminer les valeurs de a pour lesquelles Ha est un supplémentaire de F dans R4, et celles pour lesquelles Ha est un supplémentaire de G. Commenter le résultat obtenu, sachant que F et G, eux, ne sont pas supplémentaires l'un de l'autre.

4. (0,75 pt) On note désormais H=H1=Vect(e1, e2+e3), et p le projecteur sur F parallèlement à H. Calculer p(x,y,z,t) pour tout (x,y,z,t)R4.

5. (0,5 pt) Décrire l'ensemble A={vR4 ; p(v)=a1} en précisant sa nature et sa dimension.

6. (0,5 pt) Démontrer que la restriction de p à G est un isomorphisme de G sur F. (On pourra utiliser la question 3.)

Exercice 3 (4 points) — Sommes de coordonnées consécutives

Soit n un entier tel que n3. Pour x=(x1,,xn)Rn, on pose

u(x)=(x1+x2,  x2+x3,  ,  xn1+xn,  xn+x1),

autrement dit u(x)k=xk+xk+1 pour 1kn1, et u(x)n=xn+x1 : chaque coordonnée est la somme de deux coordonnées consécutives, la dernière « bouclant » sur la première.

1. (0,5 pt) Démontrer que u est un endomorphisme de Rn. Calculer u(x) pour n=4 et x=(1,2,3,4).

2. (1 pt) Soit xKeru. Démontrer que xk=(1)k1x1 pour tout k{1,,n}, puis que ((1)n1+1)x1=0. En déduire Keru en discutant selon la parité de n.

3. (0,5 pt) En déduire, selon la parité de n, le rang de u et si u est bijective.

4. (0,75 pt) On suppose dans cette question n pair. On pose

φ:RnR,yk=1n(1)k1yk=y1y2+y3yn.

Démontrer que φ est une forme linéaire non nulle, puis que Imu=Kerφ.

5. (0,75 pt) On prend n=4. Résoudre l'équation u(x)=(1,3,5,3) d'inconnue xR4, et décrire l'ensemble des solutions en précisant sa nature, un point et sa direction.

6. (0,5 pt) On prend n=3. Démontrer que u est bijective et calculer u1(y) pour tout yR3.

Exercice 4 (3 points) — Trois sous-espaces, une inclusion et un cas d'égalité

Soient F, G et H trois sous-espaces vectoriels d'un même espace vectoriel E.

1. (0,5 pt) Démontrer l'inclusion

(FG)+(FH)  F(G+H).

2. (0,75 pt) Dans E=R2, on pose F=Vect((1,1)), G=Vect((1,0)) et H=Vect((0,1)). Déterminer les deux membres de l'inclusion précédente. Que peut-on en conclure ?

3. (1 pt) On suppose maintenant HF. Démontrer l'égalité

F(G+H)=(FG)+H.

4. (0,75 pt) On suppose que F et G sont supplémentaires dans E, et l'on se donne un sous-espace vectoriel H de E contenant F. Démontrer que

H=F(GH).

Illustrer ce résultat avec E=R3[X], F=R1[X], G=Vect(X2,X3) et H=R2[X].

Exercice 5 (6 points) — Problème : reconnaître une homothétie

Dans tout le problème, E désigne un espace vectoriel de dimension finie n2. Pour λK, on note hλ=λidE l'homothétie de rapport λ, c'est-à-dire l'endomorphisme xλx. On rappelle qu'un sous-espace vectoriel V de E est dit stable par uL(E) lorsque u(V)V, et qu'un hyperplan de E est un sous-espace vectoriel de dimension n1.

Le problème établit qu'une homothétie se reconnaît à des propriétés qui, à première vue, ne disent rien de la forme de l'endomorphisme. La partie A est utilisée par les parties B et C, qui sont indépendantes l'une de l'autre.

Partie A — Un endomorphisme qui fixe toutes les directions

Dans cette partie, u désigne un endomorphisme de E tel que, pour tout xE, la famille (x,u(x)) soit liée.

1. (0,25 pt) Soit xE non nul. Démontrer qu'il existe un unique scalaire, noté λx, tel que u(x)=λxx.

2. (0,75 pt) Soient x et y deux vecteurs non nuls tels que la famille (x,y) soit libre. En appliquant la question 1. au vecteur x+y, démontrer que λx=λy.

3. (0,5 pt) Soient x et y deux vecteurs non nuls tels que la famille (x,y) soit liée. Démontrer que là encore λx=λy.

4. (0,5 pt) Conclure que u est une homothétie. Après avoir vérifié la réciproque, énoncer l'équivalence obtenue.

Partie B — Les endomorphismes qui commutent avec tous les autres

On note C l'ensemble des endomorphismes de E qui commutent avec tous les autres :

C={uL(E) ; vL(E), uv=vu}.

5. (0,5 pt) Démontrer que C est un sous-espace vectoriel de L(E) et qu'il contient toutes les homothéties.

6. (0,75 pt) Soit x un vecteur non nul de E. Démontrer qu'il existe un hyperplan W de E tel que E=Vect(x)W. On note alors p le projecteur sur Vect(x) parallèlement à W ; préciser p(x) et Imp.

7. (0,75 pt) Soient uC et x un vecteur non nul de E. En utilisant le projecteur p de la question 6., démontrer que u(x)Vect(x).

8. (0,5 pt) En déduire C, puis dimC.

Partie C — Deux variantes

Les deux questions de cette partie sont indépendantes entre elles. La première mesure la solidité de l'hypothèse de la partie A, la seconde en donne une autre version.

9. (0,5 pt) On prend E=R2, muni de sa base canonique (e1,e2), et u(x,y)=(x, 2y). Vérifier que les familles (e1,u(e1)) et (e2,u(e2)) sont liées, et que pourtant u n'est pas une homothétie. Quelle hypothèse de la partie A est en défaut ? On l'illustrera par un vecteur explicite.

10. (1 pt) Soit uL(E) tel que tout hyperplan de E soit stable par u. Démontrer que u est une homothétie.

Bloqué sur « Espaces vectoriels et applications linéaires » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.