MPSI · Chapitre 09 · Premier semestre

Exercices — Calcul matriciel et systèmes linéaires

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Premiers calculs : sommes, multiples et produits

Opérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produit

On considère les matrices

A=(120131),B=(213012),C=(102103),

de sorte que A et B appartiennent à M2,3(R), et C à M3,2(R).

  1. Calculer les matrices suivantes :

    a. A+B

    b. 2A3B

    c. AC

    d. CA

  2. Comparer les tailles de AC et de CA. L'égalité AC=CA a-t-elle un sens ici ?

  3. Calculer (AC)2.

  4. Écrire la matrice t ⁣B, puis calculer At ⁣B.

  5. Vérifier sur cet exemple l'égalité de distributivité A(C+t ⁣B)=AC+At ⁣B.

Exercice 2 ★★★★Tailles compatibles et non-commutativité

Opérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produitAnneau des matrices carrées : non-commutativité, diviseurs de zéro, nilpotents

  1. Soient AM2(R), BM2,3(R), CM3,2(R) et DM3(R). Pour chacun des produits suivants, dire s'il est défini et, le cas échéant, préciser la taille du résultat.

    a. AB

    b. BA

    c. BC

    d. CD

    e. DC

    f. CAB

  2. On pose

    P=(1201)etQ=(1031).

    Calculer PQ et QP, et conclure quant à la commutativité du produit dans M2(R).

  3. Exhiber deux matrices R et S de M2(R), toutes deux non nulles, telles que RS=02. Expliquer la démarche qui permet d'en construire.

  4. Avec les matrices P et Q de la question 2, calculer (P+Q)2 et P2+2PQ+Q2. Sont-elles égales ? Sous quelle condition sur deux matrices M et N de Mn(K) a-t-on (M+N)2=M2+2MN+N2 ?

Exercice 3 ★★★Transposition, matrices symétriques et antisymétriques

Transposition, matrices symétriques et antisymétriques

  1. Écrire les transposées des trois matrices

    A=(125034),B=(2130),X=(114).
  2. Parmi les cinq matrices suivantes, dire lesquelles sont symétriques, lesquelles sont antisymétriques, lesquelles ne sont ni l'une ni l'autre, en justifiant chaque réponse en une ligne.

    M1=(1223),M2=(0550),M3=(1221),M4=(012103230),M5=(201014140).
  3. On pose U=(1201) et V=(3012). Vérifier sur cet exemple que t(UV)=t ⁣Vt ⁣U, et que l'égalité t(UV)=t ⁣Ut ⁣V est fausse en général.

  4. Soit MAn(K) une matrice antisymétrique. Montrer que tous ses coefficients diagonaux sont nuls.

  5. Soit MMn(K). Montrer que M+t ⁣M est symétrique et que Mt ⁣M est antisymétrique.

Exercice 4 ★★★★Produits et puissances de matrices diagonales et triangulaires

Matrices diagonales, scalaires et triangulairesPuissances d'une matrice et formule du binôme

On travaille dans M3(R) et l'on pose

D=(200010003),D=(300040001),T=(120013002),U=(201031001),N=(012003000).
  1. Calculer DD. Puis, pour kN, écrire la matrice Dk.

  2. Calculer TU. Vérifier que le résultat est triangulaire supérieur et que ses coefficients diagonaux sont les produits des coefficients diagonaux de T et de U.

  3. Calculer N2 et N3. Que peut-on en conclure sur N dans l'anneau M3(R) ?

  4. En utilisant la formule du binôme, calculer (I3+N)3.

  5. Soient F, G et H trois matrices triangulaires inférieures de M3(R). Sans aucun calcul, dire si le produit FGH est triangulaire inférieur, et justifier.

Exercice 5 ★★★Matrices élémentaires : premiers produits

Matrices élémentaires et symbole de KroneckerOpérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produit

On rappelle que, dans Mn,p(K), la matrice élémentaire Ei,j est la matrice dont tous les coefficients sont nuls, sauf celui d'indice (i,j) qui vaut 1.

  1. Écrire explicitement les matrices E1,2 et E2,3 de M3(R).

  2. Toutes les matrices élémentaires ci-dessous appartiennent à M3(R). Calculer les produits suivants :

    a. E1,2E2,3

    b. E2,3E1,2

    c. E1,2E1,2

    d. E2,3E3,1

    e. E1,1E1,3

    f. E3,1E1,3

    En déduire, ou retrouver, la formule générale donnant Ei,jEk,l à l'aide du symbole de Kronecker δj,k.

  3. Décomposer la matrice M=(201350) de M2,3(R) en combinaison linéaire de matrices élémentaires.

  4. On pose A=(123456789). Calculer E1,2A et AE1,2, puis décrire en français l'effet de chacune de ces deux multiplications.

Exercice 6 ★★★★Inverse d'une matrice carrée d'ordre 2

Matrices inversibles et groupe linéaireCalcul pratique de l'inverse : pivot, relation polynomiale, système AX = Y

On considère les quatre matrices de M2(R)

A1=(4735),A2=(2413),A3=(2613),A4=(0231).
  1. Pour chacune d'elles, calculer le nombre adbc, dire si la matrice appartient à GL2(R) et, lorsque c'est le cas, écrire son inverse.

  2. Vérifier par le calcul, dans les deux sens, que la matrice trouvée à la question précédente est bien l'inverse de A1.

  3. Résoudre l'équation matricielle A1X=B, d'inconnue XM2,1(R), où B=(21).

  4. Soit nN et AGLn(K). Montrer que t ⁣A est inversible et que (t ⁣A)1=t(A1). Illustrer sur A1.

Exercice 7 ★★★★Trois systèmes résolus par la méthode du pivot

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutionsOpérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, interprétation matricielle

On considère les trois systèmes d'inconnue (x,y,z)R3 suivants :

(S1){x+y+z=22xy+3z=3x+2yz=6 (S2){2x+yz=1x+2y+z=44x+5y+z=6 (S3){x+3y+2z=2x+4y+3z=32x+5y+3z=3
  1. Résoudre (S1) par la méthode du pivot, en indiquant à chaque étape l'opération élémentaire effectuée.

  2. Résoudre de même (S2).

  3. Résoudre de même (S3), et décrire l'ensemble de ses solutions à l'aide d'un paramètre.

  4. Interpréter géométriquement les trois résultats obtenus, chaque équation étant celle d'un plan de R3.

Exercice 8 ★★★★Écriture matricielle et système homogène associé

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutions

On considère le système d'inconnue (x,y,z)R3

(S){x+2yz=32x+3y+z=83x+5y=11
  1. Écrire (S) sous la forme matricielle AX=B, en précisant les matrices A, X et B ainsi que l'ensemble auquel chacune appartient.

  2. Écrire le système homogène (S0) associé à (S), puis le résoudre par la méthode du pivot.

  3. Vérifier que le triplet (2,1,1) est solution de (S). En déduire, à l'aide de la question 2, l'ensemble de toutes les solutions de (S).

  4. La matrice colonne B est-elle combinaison linéaire des colonnes de A ? Pourquoi cette réponse était-elle prévisible ?

Exercice 9 ★★★★Inverse d'une matrice d'ordre 3 par la méthode du pivot

Calcul pratique de l'inverse : pivot, relation polynomiale, système AX = YOpérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, interprétation matricielle

On considère les matrices

A=(211110102),C=(123234345),B=(431).
  1. Calculer l'inverse de A par la méthode du pivot, en détaillant chaque opération élémentaire employée.

  2. Vérifier le résultat obtenu en calculant les deux produits AA1 et A1A.

  3. En déduire l'unique solution du système AX=B.

  4. Appliquer la même méthode à la matrice C. Constater que le calcul échoue, dire précisément ce que l'on obtient, et démontrer que C n'est pas inversible.

Exercice 10 ★★★★Puissances d'une matrice par la formule du binôme

Puissances d'une matrice et formule du binômeAnneau des matrices carrées : non-commutativité, diviseurs de zéro, nilpotents

On considère la matrice

A=(111011001)M3(R).
  1. Écrire A=I3+N, où l'on précisera N, puis calculer N2 et N3.

  2. Justifier que la formule du binôme s'applique au couple (I3,N), puis calculer An pour tout nN.

  3. Contrôler la formule obtenue pour n=2 et n=3 en calculant directement A2 et A3.

  4. La matrice A est-elle inversible ? Son inverse s'obtient-il en remplaçant n par 1 dans la formule de la question 2 ?

  5. Mêmes questions de puissances pour B=2I3+N : calculer Bn pour tout nN.

Exercice 11 ★★★Inverse déduit d'une relation matricielle

Matrices inversibles et groupe linéaireCalcul pratique de l'inverse : pivot, relation polynomiale, système AX = Y

On considère la matrice

A=(322232221)M3(R).
  1. Calculer A2 et vérifier l'égalité A24A+3I3=03.

  2. En déduire que A est inversible, exprimer A1 en fonction de A et de I3, puis donner explicitement les coefficients de A1.

  3. Exprimer A3, puis A4, en fonction de A et de I3.

  4. Montrer par récurrence qu'il existe deux suites réelles (an) et (bn) telles que An=anA+bnI3 pour tout nN. Préciser les relations de récurrence qui les définissent, puis calculer an et bn explicitement.

  5. Contrôler la cohérence de la formule obtenue pour n=2.

Exercice 12 ★★★Diviseurs de zéro et matrices nilpotentes

Anneau des matrices carrées : non-commutativité, diviseurs de zéro, nilpotents

Dans tout l'exercice, n1 et K désigne R ou C. On rappelle qu'une matrice NMn(K) est dite nilpotente lorsqu'il existe pN tel que Np=0n.

  1. Exhiber deux matrices A et B de M2(R), toutes deux non nulles, telles que AB=02 et BA02.

  2. En déduire que, dans M2(R), l'égalité AB=AC avec A02 n'entraîne pas B=C : on donnera un contre-exemple explicite.

  3. Soit NMn(K) nilpotente. Montrer que N n'est pas inversible.

  4. a. Donner deux matrices nilpotentes de M2(R) dont la somme n'est pas nilpotente.

    b. Montrer que si N et P sont deux matrices nilpotentes qui commutent, alors N+P est nilpotente.

  5. Soit NMn(K) nilpotente et AMn(K) telle que AN=NA. Montrer que AN est nilpotente.

Exercice 13 ★★★★Partie symétrique et partie antisymétrique d'une matrice

Transposition, matrices symétriques et antisymétriques

On rappelle qu'une matrice SMn(R) est dite symétrique lorsque t ⁣S=S, antisymétrique lorsque t ⁣S=S ; on note Sn(R) et An(R) les ensembles correspondants.

  1. Écrire la matrice

    M=(135124327)

    comme somme d'une matrice symétrique et d'une matrice antisymétrique.

  2. Démontrer que toute matrice MMn(R) s'écrit d'une manière et d'une seule sous la forme M=S+A avec SSn(R) et AAn(R).

  3. Soient B et C deux matrices symétriques de Mn(R). Montrer que BC est symétrique si et seulement si BC=CB.

  4. Montrer que pour toute matrice MMn(R), les matrices t ⁣MM et Mt ⁣M sont symétriques.

  5. Soit AAn(R). Montrer que A2 est symétrique, puis, plus généralement, que A2k est symétrique et A2k+1 antisymétrique pour tout kN.

Exercice 14 ★★★★La matrice dont tous les coefficients valent 1

Puissances d'une matrice et formule du binômeMatrices inversibles et groupe linéaire

Soit n2. On note JMn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1, et, pour (a,b)R2, on pose M(a,b)=aIn+bJ.

  1. Calculer J2 en raisonnant sur les coefficients, puis en déduire Jk pour tout k1.

  2. Calculer M(a,b)2, puis le produit M(a,b)M(a,b). Qu'en conclure pour l'ensemble E={M(a,b) ; (a,b)R2} ?

  3. Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur a et b pour que M(a,b) soit inversible, et donner alors son inverse sous la forme αIn+βJ.

  4. Application numérique : inverser la matrice de M3(R) dont les coefficients diagonaux valent 3 et dont tous les autres coefficients valent 1.

Exercice 15 ★★★L'ensemble des matrices triangulaires supérieures

Matrices diagonales, scalaires et triangulairesAnneau des matrices carrées : non-commutativité, diviseurs de zéro, nilpotentsMatrices inversibles et groupe linéaireCalcul pratique de l'inverse : pivot, relation polynomiale, système AX = Y

Soit n1. On note Tn+(R) l'ensemble des matrices triangulaires supérieures de Mn(R), c'est-à-dire des matrices A=(ai,j) telles que ai,j=0 dès que i>j.

  1. Soient A et B dans Tn+(R). Montrer que A+B et AB appartiennent encore à Tn+(R), et que les coefficients diagonaux de AB sont les produits ai,ibi,i.

  2. En déduire que Tn+(R) est un sous-anneau de Mn(R).

Dans les questions 3 et 4, on prend n=3 et l'on considère

T=(abc0de00f)T3+(R).
  1. On suppose que l'un au moins des trois coefficients a, d, f est nul. En résolvant le système TX=0, montrer que T n'est pas inversible.

  2. On suppose maintenant a, d et f tous non nuls. Résoudre le système TX=Y d'inconnue X, puis en déduire que T est inversible et que T1 est triangulaire supérieure.

  3. Que peut-on dire de l'ensemble des matrices triangulaires supérieures inversibles vis-à-vis du produit ?

Exercice 16 ★★★★Opérations élémentaires vues comme des produits matriciels

Opérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, interprétation matricielleMatrices élémentaires et symbole de Kronecker

On travaille dans M3(R), dont on note (Ei,j)1i,j3 les matrices élémentaires. Pour λR et μR, on pose

T2,1(λ)=I3+λE2,1,D2(μ)=I3+(μ1)E2,2,

et on note P1,3 la matrice obtenue en échangeant les lignes 1 et 3 de I3. On considère enfin

A=(120314251).
  1. Écrire explicitement les trois matrices T2,1(λ), D2(μ) et P1,3.

  2. Calculer T2,1(λ)A, D2(μ)A et P1,3A, puis décrire en français l'effet de chacun de ces produits sur les lignes de A.

  3. Calculer AT2,1(λ). Constater que l'effet porte cette fois sur les colonnes, et préciser laquelle.

  4. Montrer que T2,1(λ), D2(μ) et P1,3 sont inversibles, en exhibant leur inverse et en vérifiant les deux produits.

  5. En déduire que si MM3(R) est inversible et si M se déduit de M par une opération élémentaire sur les lignes, alors M est inversible.

Exercice 17 ★★★★Un système dépendant d'un paramètre

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutions

Soit mR. On considère le système d'inconnue (x,y,z)R3

(Sm){x+y+mz=1x+my+z=1mx+y+z=1
  1. Résoudre (Sm) par la méthode du pivot, en discutant selon la valeur de m. On signalera soigneusement chaque division par une quantité susceptible d'être nulle.

  2. Donner explicitement l'ensemble Sm des solutions dans chacun des cas rencontrés.

  3. Dans le cas où (Sm) admet une unique solution, écrire celle-ci en fonction de m et vérifier le résultat obtenu en le reportant dans les trois équations.

  4. Interpréter géométriquement les trois cas, chaque équation de (Sm) étant celle d'un plan de R3.

Exercice 18 ★★★★Matrices commutant avec une matrice diagonale

Matrices qui commutent, commutant d'une matriceMatrices diagonales, scalaires et triangulaires

Dans tout l'exercice, K désigne R ou C. On pose

D=(100020003)=diag(1,2,3)M3(K).
  1. Soit M=(mi,j)M3(K). Calculer les coefficients de DM et ceux de MD.

  2. En déduire que DM=MD si et seulement si M est diagonale.

  3. Généraliser : soit D=diag(d1,,dn)Mn(K) dont les coefficients diagonaux sont deux à deux distincts. Montrer que les matrices de Mn(K) qui commutent avec D sont exactement les matrices diagonales.

  4. Montrer que la conclusion tombe en défaut si deux coefficients diagonaux sont égaux : pour D=diag(1,1,2), décrire l'ensemble des matrices de M3(K) qui commutent avec D et en exhiber une qui ne soit pas diagonale.

  5. Soit AMn(K) quelconque. On note C(A)={MMn(K) ; AM=MA}. Vérifier que C(A) contient In et qu'il est stable par somme et par produit.

Exercice 19 ★★★★Deux suites couplées et une puissance de matrice

Applications : suites récurrentes couplées, problèmes modélisés par une matricePuissances d'une matrice et formule du binôme

Soient u0 et v0 deux réels. On définit deux suites réelles (un)nN et (vn)nN par la donnée de u0, v0 et les relations, valables pour tout nN,

{un+1=3un+vnvn+1=3vn
  1. Écrire cette récurrence sous la forme Xn+1=AXn, où Xn=(unvn) et où AM2(R) est à préciser.

  2. Montrer par récurrence que Xn=AnX0 pour tout nN.

  3. Écrire A sous la forme A=3I2+N avec N nilpotente, puis calculer An pour tout nN à l'aide de la formule du binôme. On justifiera soigneusement que celle-ci s'applique.

  4. En déduire les expressions explicites de un et vn en fonction de n, u0 et v0.

  5. Vérifier ces expressions pour n=1 et n=2 directement sur la récurrence, puis déterminer, lorsque v00, la limite éventuelle de unvn.

Exercice 20 ★★★★Compatibilité d'un système et structure de ses solutions

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutionsOpérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produit

On considère la matrice AM3,4(R) et les deux colonnes B1,B2M3,1(R) définies par

A=(121124113600),B1=(156),B2=(157).

L'inconnue est la colonne

X=(x1x2x3x4)M4,1(R):

il y a donc quatre inconnues pour trois équations.

  1. Résoudre le système homogène AX=0 et décrire son ensemble de solutions à l'aide de deux paramètres.

  2. Le système AX=B1 est-il compatible ? Répondre en écrivant explicitement B1 comme combinaison linéaire des colonnes de A.

  3. Résoudre AX=B1 et vérifier sur le résultat la structure « une solution particulière plus les solutions du système homogène associé ».

  4. Montrer que le système AX=B2 est incompatible, en menant le pivot jusqu'à une équation absurde.

  5. Question de synthèse : pour une colonne B de coefficients b1, b2, b3, à quelle condition portant sur ces coefficients le système AX=B est-il compatible ?

Exercice 21 ★★★★Matrices de rotation du plan

Opérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produitMatrices inversibles et groupe linéaire

Pour θR, on pose

R(θ)=(cosθsinθsinθcosθ)M2(R),et on noteG={R(θ) ; θR}.
  1. Soient θ,θR. Calculer le produit R(θ)R(θ) et reconnaître R(θ+θ).

  2. En déduire que R(θ) est inversible et donner son inverse. Comparer ce dernier à t ⁣R(θ).

  3. Calculer R(θ)n pour tout nZ, et retrouver la formule de Moivre.

  4. Montrer que G est un groupe pour le produit matriciel, et qu'il est commutatif.

  5. Soit kN fixé. Déterminer les réels θ tels que R(θ)k=I2, et faire le lien avec les racines k-ièmes de l'unité.

Exercice 22 ★★★Les matrices qui commutent avec toutes les autres

Matrices qui commutent, commutant d'une matriceMatrices élémentaires et symbole de Kronecker

Soit nN. Pour i et j compris entre 1 et n, on note Ei,jMn(K) la matrice élémentaire dont le coefficient d'indice (k,l) vaut δi,kδj,l : tous ses coefficients sont nuls, sauf celui de la position (i,j), égal à 1. Une matrice de la forme λIn, avec λK, est dite scalaire.

Soit M=(mi,j)Mn(K).

  1. Soient i et j compris entre 1 et n. Calculer le coefficient d'indice (k,l) de MEi,j, puis celui de Ei,jM, en fonction des coefficients de M. Interpréter ces deux produits en termes de colonnes et de lignes de M.

  2. On suppose dans les questions 2 et 3 que MA=AM pour toute matrice AMn(K). En écrivant l'égalité MEi,j=Ei,jM coefficient par coefficient, montrer que mk,i=0 pour tout ki, et que mi,i=mj,j.

  3. En déduire que M est scalaire, puis vérifier la réciproque.

  4. On suppose maintenant seulement que M commute avec toutes les matrices inversibles de Mn(K). Montrer que, pour ij, la matrice In+Ei,j est inversible, en exhibant son inverse. En déduire que M est encore scalaire.

  5. Application. Déterminer toutes les matrices MM2(R) qui commutent à la fois avec

A1=(1000)etA2=(0100).

Exercice 23 ★★★★Commutant de la matrice de décalage

Matrices qui commutent, commutant d'une matricePuissances d'une matrice et formule du binômeCalcul pratique de l'inverse : pivot, relation polynomiale, système AX = Y

On considère la matrice de décalage

N=(010001000)M3(R),

dont les seuls coefficients non nuls sont n1,2=n2,3=1. On appelle commutant de N l'ensemble

C(N)={MM3(R) ; MN=NM}.
  1. Calculer N2 et N3.

  2. Soit M=(mi,j)M3(R). Calculer les produits MN et NM, puis déterminer, par identification des coefficients, toutes les matrices M appartenant à C(N).

  3. En déduire que C(N) est exactement l'ensemble des matrices aI3+bN+cN2, où (a,b,c) décrit R3.

  4. Calculer le produit de deux éléments de C(N) et en déduire que C(N) est stable par produit. Ce produit est-il commutatif ?

  5. Déterminer les éléments inversibles de C(N), et donner l'inverse de I3+N sous la forme aI3+bN+cN2.

Exercice 24 ★★★Inversibilité et nilpotence

Matrices inversibles et groupe linéaireAnneau des matrices carrées : non-commutativité, diviseurs de zéro, nilpotents

Soit nN. Une matrice NMn(K) est dite nilpotente d'indice p (avec pN) lorsque Np=0 et Np10. Dans tout l'exercice, N désigne une telle matrice.

  1. Montrer que InN est inversible, en exhibant une matrice S telle que (InN)S=S(InN)=In, et donner la formule obtenue.

  2. Montrer de même que In+N est inversible et donner son inverse.

  3. Soit AGLn(K) telle que AN=NA. Montrer d'abord que A1N=NA1, puis que A1N est nilpotente, et en déduire que A+N est inversible.

  4. Montrer que l'hypothèse de commutation ne peut pas être supprimée : exhiber AGL2(R) et NM2(R) nilpotente, ne commutant pas, telles que A+N ne soit pas inversible.

  5. Application. Inverser par cette méthode la matrice

T=(213021002).

Exercice 25 ★★★★Puissances d'une matrice d'ordre 3 et suite associée

Puissances d'une matrice et formule du binômeApplications : suites récurrentes couplées, problèmes modélisés par une matrice

On considère la matrice

A=(110131002)M3(R).
  1. On pose N=A2I3. Écrire N, calculer N2 et N3, et vérifier que N est nilpotente d'indice 3.

  2. Calculer An pour tout nN à l'aide de la formule du binôme, dont on justifiera soigneusement l'emploi. On donnera le résultat sous la forme d'une combinaison linéaire de I3, N et N2, puis explicitement.

  3. Vérifier le résultat obtenu pour n=2 par un calcul direct de A2.

  4. La matrice A est-elle inversible ? Donner A1, et vérifier que la formule de la question 2 reste valable pour n=1.

  5. Application. On considère les trois suites réelles (un), (vn) et (wn) définies par u0=v0=w0=1 et, pour tout nN,

{un+1=un+vnvn+1=un+3vn+wnwn+1=2wn

En posant Xn=(unvnwn), exprimer Xn en fonction de A, n et X0, en déduire les expressions explicites de un, vn et wn, puis donner un équivalent de un lorsque n tend vers +.

Exercice 26 ★★★★Un sous-groupe du groupe linéaire

Matrices inversibles et groupe linéaireOpérations sur les matrices : somme, multiple, combinaison linéaire, produit

Pour (a,b)R×R, on pose

M(a,b)=(ab01)M2(R),etG={M(a,b) ; (a,b)R×R}.
  1. Calculer M(a,b)M(a,b) pour (a,b) et (a,b) dans R×R, et vérifier que le produit appartient encore à G.

  2. Montrer que M(a,b) est inversible et que son inverse appartient à G : on exhibera un couple (a,b) explicite et on vérifiera les deux produits.

  3. En déduire que G est un sous-groupe de (GL2(R),×).

  4. Le groupe G est-il commutatif ? Justifier par un contre-exemple, puis déterminer tous les éléments de G qui commutent avec tous les autres.

  5. On pose H={M(1,b) ; bR}. Montrer que H est un sous-groupe de G et que l'application φ:bM(1,b) est un isomorphisme de (R,+) sur (H,×).

Exercice 27 ★★★Un système homogène à quatre inconnues

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutionsOpérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, interprétation matricielle

On considère le système homogène de trois équations aux quatre inconnues réelles x, y, z, t :

(S0){x+y+2zt=02xy+z+t=04x+y+5zt=0

On note A=(112121114151) et X=(xyzt), de sorte que (S0) s'écrit AX=0.

  1. Résoudre (S0) par la méthode du pivot, en indiquant les opérations élémentaires effectuées, et décrire l'ensemble des solutions à l'aide de deux paramètres, sous forme de colonnes.

  2. Montrer, directement à partir de l'écriture AX=0, que toute combinaison linéaire de deux solutions de (S0) est encore solution de (S0).

  3. Soit B=(b1b2b3)M3,1(R). Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur b1, b2, b3 pour que le système AX=B soit compatible.

  4. Résoudre AX=B pour B=(215), et écrire l'ensemble des solutions sous la forme « une solution particulière plus les solutions du système homogène associé ».

  5. On ajoute à (S0) une quatrième équation c1x+c2y+c3z+c4t=0, où (c1,c2,c3,c4)R4. Le système obtenu peut-il admettre une unique solution ? Démontrer la réponse. Combien faut-il alors ajouter d'équations au minimum pour obtenir l'unicité ? On donnera un exemple.

Exercice 28 ★★★Racines carrées d'une matrice d'ordre 2

Puissances d'une matrice et formule du binômeMatrices qui commutent, commutant d'une matrice

On pose

A=(1101),N=AI2=(0100).

On appelle racine carrée d'une matrice BM2(R) toute matrice MM2(R) telle que M2=B.

Préliminaire. Vérifier, en calculant séparément les deux membres, que toute matrice M=(abcd) de M2(R) satisfait l'identité

M2=(a+d)M(adbc)I2.()
  1. Montrer que si MM2(R) vérifie M2=A, alors MA=AM.

  2. Déterminer toutes les matrices de M2(R) qui commutent avec A : on posera M=(mi,j), on identifiera les coefficients, et on montrera que ce sont exactement les matrices aI2+bN avec (a,b)R2.

  3. En reportant dans l'équation M2=A, déterminer toutes les racines carrées de A.

  4. Montrer que I2 admet une infinité de racines carrées dans M2(R) : on cherchera des solutions parmi les matrices de la forme (abca).

  5. Montrer que N n'admet aucune racine carrée dans M2(R). On observera d'abord que M2=N entraîne M4=0, puis on exploitera l'identité ().

Exercice 29 ★★★Matrices idempotentes et matrices involutives

Anneau des matrices carrées : non-commutativité, diviseurs de zéro, nilpotentsMatrices inversibles et groupe linéaire

Soit nN et K=R ou C. Une matrice PMn(K) est dite idempotente lorsque P2=P ; une matrice SMn(K) est dite involutive lorsque S2=In.

Préliminaire. Vérifier, en calculant séparément les deux membres, que toute matrice M=(abcd) de M2(R) satisfait l'identité

M2=(a+d)M(adbc)I2.()
  1. Donner un exemple de matrice idempotente de M2(R) autre que 0 et I2, puis un exemple de matrice involutive de M2(R) autre que I2 et I2.

  2. Montrer qu'une matrice idempotente et inversible est nécessairement égale à In.

  3. Soit P idempotente. Montrer que InP est idempotente, puis calculer P(InP) et (InP)P.

  4. Soit SMn(K) et P=12(In+S). Montrer que S est involutive si et seulement si P est idempotente.

  5. Montrer que toute matrice involutive est inversible et égale à son propre inverse.

  6. Déterminer toutes les matrices idempotentes de M2(R). On utilisera l'identité () et on distinguera selon que le nombre s=a+d vaut 1 ou non.

Exercice 30 ★★★Matrices magiques d'ordre 3

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutionsApplications : suites récurrentes couplées, problèmes modélisés par une matrice

Une matrice de M3(R) est dite magique lorsque les sommes des coefficients de chacune de ses trois lignes, de chacune de ses trois colonnes et de chacune de ses deux diagonales sont toutes égales à un même réel s, appelé la somme de la matrice. On note

M=(abcdefghk),

les deux diagonales étant (a,e,k) et (c,e,g).

  1. Écrire les huit égalités traduisant que M est magique de somme s, et les mettre sous la forme d'un système linéaire homogène ; on choisit ici de traiter s comme une inconnue supplémentaire, ce qui donne huit équations aux dix inconnues a,b,c,d,e,f,g,h,k,s.

  2. Résoudre ce système par la méthode du pivot et montrer que les matrices magiques sont exactement décrites par trois paramètres réels.

  3. Retrouver directement, sans utiliser la question 2, que le coefficient central d'une matrice magique de somme s vaut toujours s3.

  4. Vérifier que la somme de deux matrices magiques est magique, et qu'un multiple d'une matrice magique est magique. Préciser à chaque fois la somme obtenue.

  5. Exhiber une matrice magique dont les coefficients sont les neuf entiers de 1 à 9, chacun figurant une fois, et vérifier qu'elle appartient bien à la famille obtenue à la question 2.

Exercice 31 ★★★Produit d'une matrice réelle par sa transposée

Transposition, matrices symétriques et antisymétriquesAnneau des matrices carrées : non-commutativité, diviseurs de zéro, nilpotents

Soit nN et A=(ai,j)Mn(R).

  1. Montrer que, pour tous i et j compris entre 1 et n, le coefficient d'indice (i,j) de t ⁣AA vaut k=1nak,iak,j. En déduire que son coefficient d'indice (i,i) vaut k=1nak,i2.

  2. En déduire que si t ⁣AA=0, alors A=0.

  3. Montrer que ce résultat tombe en défaut sur C : exhiber une matrice AM2(C) non nulle telle que t ⁣AA=0, et expliquer quelle étape de la question 2 cesse d'être valable.

  4. Montrer que t ⁣AA et At ⁣A sont symétriques, puis exhiber une matrice AM2(R) pour laquelle ces deux matrices sont différentes.

  5. Soit AMn(R) telle que At ⁣A=In ; on suppose de plus que A est inversible. Montrer que t ⁣AA=In.

Exercice 32 ★★★★Décomposition d'une matrice inversible en opérations élémentaires

Opérations élémentaires sur les lignes et les colonnes, interprétation matricielleMatrices inversibles et groupe linéaire

On note Ei,j les matrices élémentaires de M3(R). Pour ij dans {1,2,3}, λR et αR, on pose

Ti,j(λ)=I3+λEi,j,Di(α)=I3+(α1)Ei,i,Pi,j=I3Ei,iEj,j+Ei,j+Ej,i,

appelées respectivement matrice de transvection, matrice de dilatation et matrice d'échange. On rappelle que multiplier une matrice A à gauche par Ti,j(λ), par Di(α) ou par Pi,j revient à effectuer sur A l'opération élémentaire LiLi+λLj, LiαLi ou LiLj respectivement.

  1. Écrire explicitement les matrices T2,1(λ), D2(α) et P1,3. Déterminer, pour chacun des trois types, l'inverse de la matrice correspondante, en vérifiant les deux produits.

  2. On pose

    A=(012111203).

    Mener le pivot de Gauss-Jordan sur les lignes de A jusqu'à obtenir I3, en notant chaque opération élémentaire effectuée, puis écrire les matrices E1,,Er correspondantes, de sorte que ErE1A=I3. Ces matrices, qui ne portent qu'un indice, ne doivent pas être confondues avec les matrices élémentaires Ei,j.

  3. En déduire une écriture de A, puis de A1, comme produit de matrices de transvection, de dilatation et d'échange.

  4. Vérifier l'écriture obtenue pour A en effectuant le produit.

  5. Soit nN et AGLn(K). Justifier que A s'écrit comme un produit fini de matrices de transvection, de dilatation et d'échange de Mn(K).

Exercice 33 ★★★★Toutes les matrices nilpotentes d'ordre 2

Anneau des matrices carrées : non-commutativité, diviseurs de zéro, nilpotentsPuissances d'une matrice et formule du binôme

Dans tout l'exercice, on travaille dans l'anneau M2(R) et l'on note

M=(abcd),s=a+d,p=adbc.

Les nombres réels s et p dépendent de la matrice M considérée. On rappelle qu'une matrice M est dite nilpotente lorsqu'il existe kN tel que Mk=0. L'objectif est de déterminer toutes les matrices nilpotentes de M2(R).

  1. Vérifier, en calculant complètement les deux membres, l'identité

    M2=sMpI2.
  2. Soit M0 telle que M2=0. En raisonnant par l'absurde à partir de l'hypothèse s0, montrer que s=0, puis en déduire que p=0.

  3. Réciproquement, montrer que si s=0 et p=0, alors M2=0.

  4. Soit M une matrice nilpotente de M2(R). Montrer d'abord que pour tout kN il existe deux réels αk et βk tels que Mk=αkM+βkI2, et préciser les relations de récurrence qui lient (αk+1,βk+1) à (αk,βk). En déduire successivement que p=0 (on montrera que M serait inversible dans le cas contraire), puis que s=0, puis que M2=0. Conclure en décrivant l'ensemble de toutes les matrices nilpotentes de M2(R), avec un paramétrage explicite.

  5. Soient M et N deux matrices nilpotentes, écrites d'après la question 4 sous la forme

    M=(abca),N=(abca).

    Montrer que M+N est nilpotente si et seulement si 2aa+bc+bc=0. Illustrer par un exemple et par un contre-exemple, puis commenter le lien avec le résultat classique concernant la somme de deux éléments nilpotents qui commutent.

Exercice 34 ★★★Fibonacci matriciel et identité de Cassini

Applications : suites récurrentes couplées, problèmes modélisés par une matricePuissances d'une matrice et formule du binôme

On note (Fn)nN la suite de Fibonacci, définie par

F0=0,F1=1,nN, Fn+2=Fn+1+Fn,

et l'on pose A=(1110)M2(R).

  1. Calculer A2, A3 et A4, puis conjecturer une expression de An à l'aide des termes de la suite (Fn).

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout entier n1,

    An=(Fn+1FnFnFn1).
  3. Soient m et n deux entiers supérieurs ou égaux à 1. En calculant Am+n de deux façons, établir l'identité Fm+n=Fm+1Fn+FmFn1, puis en déduire l'expression de F2n en fonction de Fn1, Fn et Fn+1.

  4. Pour M=(abcd), on pose p(M)=adbc. Montrer, par le calcul explicite des deux membres, que pour toutes matrices M et M de M2(R) on a p(MM)=p(M)p(M). Le calcul est un peu long : on le mènera proprement, en regroupant les termes à la fin.

  5. En déduire l'identité de Cassini : pour tout entier n1, Fn+1Fn1Fn2=(1)n. Vérifier le résultat pour n=5.

  6. Montrer que A est inversible et que A1=(0111). On prolonge alors la suite de Fibonacci aux indices négatifs en imposant la même relation de récurrence ; en déduire les valeurs de F1 et F2, et vérifier qu'elles sont compatibles avec la formule de la question 2.

Exercice 35 ★★★★Le système où chaque inconnue est la somme des autres

Systèmes linéaires : écriture matricielle, compatibilité, structure des solutionsApplications : suites récurrentes couplées, problèmes modélisés par une matrice

Soit n2 un entier et soient b1,,bn des nombres réels. On considère le système (Sn) de n équations aux n inconnues x1,,xn suivant : pour tout i{1,,n},

jixj=bi,

la somme portant sur tous les indices j{1,,n} différents de i. Autrement dit, chaque inconnue doit être « ce qu'il faut ajouter aux autres pour obtenir bi ». On note JMn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1.

  1. Écrire (Sn) sous la forme matricielle AX=B, en exprimant A à l'aide de J et de In.

  2. Traiter complètement le cas n=3 par la méthode du pivot : discuter selon B et donner l'ensemble des solutions.

  3. On revient au cas général. En sommant les n équations de (Sn), exprimer σ=x1++xn en fonction des bi et de n. On précisera où l'hypothèse n2 intervient, et ce qui se passerait pour n=1.

  4. En déduire que (Sn) admet une unique solution, dont on donnera l'expression explicite de chaque xi en fonction de σ et de bi ; on vérifiera que la matrice colonne obtenue est bien solution.

  5. Retrouver ce résultat par le calcul matriciel : après avoir vérifié que J2=nJ, montrer que A est inversible et calculer A1 sous la forme αIn+βJ.

  6. Application : résoudre (S4) pour B=t(1, 2, 3, 4), et vérifier le résultat obtenu.

Exercice 36 ★★★Une équation matricielle du second degré

Puissances d'une matrice et formule du binômeMatrices qui commutent, commutant d'une matrice

On cherche toutes les matrices MM2(R) telles que

M2+M+I2=0.(E)

On note M=(abcd) et l'on pose s=a+d et p=adbc, deux nombres réels associés à M.

  1. Vérifier, en calculant complètement les deux membres, l'identité M2=sMpI2.

  2. Montrer qu'aucune matrice scalaire n'est solution de (E).

  3. En combinant les questions 1 et 2, montrer qu'une solution de (E) vérifie nécessairement s=1 et p=1, puis établir la réciproque : toute matrice vérifiant ces deux conditions est solution.

  4. En déduire un paramétrage explicite de l'ensemble des solutions de (E), et en exhiber deux, dont une qui n'est pas une matrice de rotation.

  5. Montrer que toute solution M de (E) vérifie M3=I2, et qu'elle est inversible avec M1=I2M.

  6. Vérifier que la matrice R=(cos(2π/3)sin(2π/3)sin(2π/3)cos(2π/3)) est solution de (E), et expliquer en une phrase pourquoi le nombre complexe j=e2iπ/3 était attendu dans cet exercice.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.