MPSI · Chapitre 07 · Premier semestre

Exercices — Arithmétique dans l'ensemble des entiers relatifs

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Divisibilité : premières propriétés

Divisibilité dans Z : diviseurs, multiples, combinaisons linéaires

Pour a et b entiers relatifs, on rappelle que ab signifie qu'il existe kZ tel que b=ka.

  1. Déterminer tous les diviseurs positifs de 60, puis de 84, en balayant les entiers d tels que 1dn. Justifier au préalable que ce balayage les donne bien tous.

  2. Les affirmations suivantes, où a, b et c désignent des entiers relatifs, sont-elles vraies ou fausses ? Justifier chaque réponse.

    a. Si ab et bc, alors ac.

    b. Si ab et ac, alors a(3b5c).

    c. Tout entier relatif divise 0.

    d. Si 0b, alors b=0.

    e. Si ab et ba, alors a=b ou a=b.

  3. Déterminer tous les entiers nZ tels que n12, puis tous les entiers nZ tels que (n1)6.

  4. Soit nZ. Montrer que 2n(n+1), puis que 3n(n+1)(n+2).

Exercice 2 ★★★Divisions euclidiennes, y compris avec des dividendes négatifs

Division euclidienne : quotient, reste, écriture selon le reste

On rappelle le théorème de la division euclidienne : pour tout aZ et tout bN, il existe un unique couple (q,r)Z×N tel que a=bq+r et 0r<b. La condition 0r<b fait partie de l'énoncé : c'est elle qui assure l'unicité.

  1. Effectuer les divisions euclidiennes suivantes, en précisant à chaque fois le quotient et le reste.

    a. 37 par 5

    b. 37 par 5

    c. 100 par 7

    d. 100 par 7

  2. Donner le quotient et le reste de la division euclidienne de 2026 par 7, par 12, puis par 100.

  3. Déterminer tous les entiers compris entre 20 et 30 dont le reste dans la division euclidienne par 7 vaut 3.

  4. Soit nZ. En discutant selon le reste de n dans la division euclidienne par 3, déterminer les valeurs possibles du reste de n2 par 3. En déduire qu'un carré d'entier n'est jamais congru à 2 modulo 3, puis que 2024 n'est pas le carré d'un entier.

Exercice 3 ★★★PGCD et PPCM par l'algorithme d'Euclide

PGCD et algorithme d'EuclidePPCM et relation entre PGCD et PPCM

On rappelle le principe de l'algorithme d'Euclide : si a=bq+r, alors les couples (a,b) et (b,r) ont les mêmes diviseurs communs, donc ab=br. En itérant, le dernier reste non nul est le PGCD. On rappelle également que pour a et b entiers non nuls, (ab)(ab)=ab.

  1. Calculer les PGCD suivants par l'algorithme d'Euclide, en écrivant toutes les divisions euclidiennes effectuées.

    a. 1071462

    b. 41472513

    c. 20261998

  2. En déduire les PPCM 1071462, 41472513 et 20261998.

  3. Vérifier la cohérence de chaque résultat de la question 1. en contrôlant que le PGCD obtenu divise effectivement les deux entiers de départ.

Exercice 4 ★★★★Coefficients de Bézout par remontée de l'algorithme d'Euclide

Relation de Bézout, coefficients de Bézout, équations diophantiennes

Le théorème de Bézout affirme que pour tous entiers a et b non tous deux nuls, il existe un couple (u,v)Z2 tel que au+bv=ab. La démonstration constructive consiste à dérouler l'algorithme d'Euclide, puis à le remonter en exprimant chaque reste à l'aide des deux nombres précédents.

  1. Pour chacun des couples (a,b) suivants, calculer ab par l'algorithme d'Euclide, puis déterminer par remontée un couple (u,v)Z2 tel que au+bv=ab. Vérifier l'égalité obtenue.

    a. a=17, b=40

    b. a=91, b=65

    c. a=2026, b=1147

  2. Le couple (u,v) obtenu à la question 1. a. n'est pas unique : en exhiber un second, puis expliquer comment en fabriquer une infinité.

Exercice 5 ★★★★Décomposition en facteurs premiers et diviseurs

Décomposition en facteurs premiers et valuation p-adiqueNombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'Euclide

On rappelle que tout entier n2 s'écrit de manière unique, à l'ordre des facteurs près, sous la forme n=p1α1psαs où les pi sont des nombres premiers deux à deux distincts et les αi des entiers strictement positifs. Pour pP, on note vp(n) l'exposant de p dans cette décomposition, nul si p ne divise pas n.

  1. Décomposer en produit de facteurs premiers les entiers suivants.

    a. 360

    b. 1001

    c. 2026

    d. 5544

  2. En déduire le nombre de diviseurs positifs de chacun de ces quatre entiers, après avoir justifié la formule utilisée.

  3. Calculer 3605544 et 3605544 à l'aide des exposants (minimum et maximum), puis vérifier le PGCD par l'algorithme d'Euclide.

  4. Montrer que les entiers n1 dont tous les exposants de la décomposition sont pairs sont exactement les carrés parfaits.

Exercice 6 ★★★★Crible d'Ératosthène et tests de primalité

Nombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'Euclide

On rappelle qu'un entier n2 est premier lorsque ses seuls diviseurs positifs sont 1 et n, et l'on note P l'ensemble des nombres premiers. On admet le résultat suivant, démontré en cours : tout entier n2 admet au moins un diviseur premier.

  1. Décrire le crible d'Ératosthène permettant d'obtenir tous les nombres premiers inférieurs à 100, en justifiant à quel moment on peut arrêter de rayer. Donner la liste obtenue.

  2. Démontrer le critère suivant : si n2 n'admet aucun diviseur premier p tel que pn, alors n est premier.

  3. À l'aide de ce critère, déterminer si les entiers suivants sont premiers. Lorsqu'ils ne le sont pas, donner leur décomposition en facteurs premiers.

    a. 221

    b. 223

    c. 391

    d. 401

Exercice 7 ★★★Congruences : restes de puissances et dernier chiffre

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérations

Pour n1, on rappelle que ab [n] signifie que n(ab), et que cette relation est compatible avec l'addition et la multiplication : si ab [n] et cd [n], alors a+cb+d [n] et acbd [n]. En particulier, ab [n] entraîne akbk [n] pour tout kN. Aucun des calculs ci-dessous ne nécessite de théorème : tout se fait à la main, en cherchant une petite puissance congrue à 1 ou à 1.

  1. Déterminer les restes suivants.

    a. le reste de 32026 dans la division par 7

    b. le dernier chiffre de l'écriture décimale de 72026

    c. le reste de 22026 modulo 5

    d. le reste de 1234 modulo 11

  2. Dégager de ces quatre exemples une méthode générale pour calculer le reste de am modulo n à la main.

Exercice 8 ★★★Démontrer les critères de divisibilité par 3, 9 et 11

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérationsDivisibilité dans Z : diviseurs, multiples, combinaisons linéaires

Soit nN, d'écriture décimale n=k=0pak10k, où les chiffres ak appartiennent à {0,1,,9} et ap0. On note S=k=0pak la somme de ses chiffres et T=k=0p(1)kak sa somme alternée, commencée au chiffre des unités.

  1. Établir que 101 [9], puis démontrer que nS [9]. En déduire les critères de divisibilité par 9 et par 3.

  2. Établir que 101 [11], puis démontrer que nT [11]. En déduire le critère de divisibilité par 11.

  3. Appliquer ces trois critères aux entiers suivants : sont-ils divisibles par 3, par 9, par 11 ?

    a. 2026371

    b. 8514

    c. 123456

    d. 90728

  4. On note 51x3 l'entier à quatre chiffres dont les chiffres sont 5, 1, x et 3 dans cet ordre, avec x{0,1,,9}. Déterminer les valeurs de x pour lesquelles 51x3 est divisible par 9, puis celles pour lesquelles il est divisible par 11.

Exercice 9 ★★★★Trouver tous les entiers vérifiant une divisibilité

Divisibilité dans Z : diviseurs, multiples, combinaisons linéairesDivision euclidienne : quotient, reste, écriture selon le reste

Dans tout l'exercice, n désigne un entier relatif. On rappelle que si un entier d divise deux entiers u et v, alors d divise toute combinaison linéaire αu+βv, où α et β sont des entiers. C'est cette propriété qui permet d'éliminer n et de se ramener à une divisibilité par un entier fixe.

  1. La méthode, sur un premier exemple. On cherche tous les nZ tels que (n+3)(n2+1).

    a. Vérifier que, pour tout nZ, n2+1=(n+3)(n3)+10.

    b. En déduire que (n+3)(n2+1) si et seulement si (n+3)10.

    c. Conclure en dressant la liste des entiers n solutions, et vérifier chacun d'eux.

  2. Déterminer tous les nZ tels que (n2)(3n+5).

  3. Déterminer tous les nZ tels que (2n+1)(n+7). On pourra remarquer que 2n+1 est impair, donc premier avec 2, et considérer 2(n+7).

  4. Déterminer tous les nZ tels que (n+1)(n3+2). On cherchera une identité analogue à celle de la question 1. a.

Exercice 10 ★★★Restes des carrés et équations sans solution

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérationsDivision euclidienne : quotient, reste, écriture selon le reste

On rappelle que la relation de congruence est compatible avec le produit : si xr [m], alors x2r2 [m]. Comme tout entier est congru modulo m à son reste dans la division euclidienne par m, il suffit d'un petit tableau pour connaître tous les restes possibles d'un carré.

  1. Déterminer les restes possibles du carré d'un entier dans la division euclidienne par 4, puis par 3, puis par 8. On présentera à chaque fois un tableau de valeurs.

  2. En déduire qu'aucun entier de la forme 4k+3, avec kZ, n'est somme de deux carrés d'entiers.

  3. On s'intéresse à l'équation x2+y2=2026, d'inconnue (x,y)Z2.

    a. Montrer que si (x,y) est solution, alors x et y sont tous les deux impairs.

    b. Que donne le passage modulo 8 ? Peut-on conclure par les seules congruences ?

    c. Montrer que l'on peut se ramener au cas 0xy, puis établir l'encadrement 33y45. Conclure en dressant la liste de toutes les solutions dans Z2.

  4. Montrer que l'équation x2y2=2026 n'admet aucune solution dans Z2.

  5. Soient x et y deux entiers. Montrer que si 3x2+y2, alors 3x et 3y.

Exercice 11 ★★★★PGCD dépendant d'un paramètre entier

PGCD et algorithme d'EuclideRelation de Bézout, coefficients de Bézout, équations diophantiennes

Dans tout l'exercice, n désigne un entier relatif. On rappelle deux propriétés qui suffisent à mener tous les calculs :

  • si d divise u et v, alors d divise αu+βv pour tous entiers α et β ; en particulier uv divise toute combinaison linéaire de u et de v ;
  • tout diviseur commun de u et de v divise uv.

La méthode est toujours la même : on cherche une combinaison linéaire de u et de v qui élimine n, ce qui majore le PGCD ; on détermine ensuite, par une étude de cas selon la congruence de n, quelle valeur est effectivement atteinte.

  1. On pose d=(n+1)(n2+1).

    a. Montrer que d divise 2.

    b. Déterminer d en fonction de la parité de n.

  2. Calculer (3n+2)(5n+3) pour tout nZ.

  3. Calculer (2n+1)(9n+4) pour tout nZ.

  4. On pose d=n(n+6). Montrer que d=n6, puis déterminer d selon le reste de n dans la division euclidienne par 6.

Exercice 12 ★★★★Équations diophantiennes linéaires

Relation de Bézout, coefficients de Bézout, équations diophantiennesEntiers premiers entre eux, théorème de Bézout et lemme de Gauss

Résoudre une équation ax+by=c dans Z2 suit toujours le même plan : condition d'existence (l'équation a des solutions si et seulement si ab divise c), recherche d'une solution particulière, puis passage à la solution générale par le lemme de Gauss, et enfin réciproque.

  1. On considère l'équation 17x+40y=1, d'inconnue (x,y)Z2.

    a. Appliquer l'algorithme d'Euclide à 40 et 17, puis remonter les calculs pour obtenir un couple d'entiers (x0,y0) tel que 17x0+40y0=1.

    b. Résoudre l'équation dans Z2, en rédigeant intégralement l'analyse et la synthèse.

  2. Résoudre dans Z2 l'équation 17x+40y=7.

  3. Résoudre dans Z2 l'équation 12x+18y=30.

  4. Montrer que l'équation 35x+21y=8 n'admet aucune solution dans Z2.

  5. Un collège commande des manuels à 17 euros pièce et des calculatrices à 40 euros pièce. La facture s'élève exactement à 2026 euros. Déterminer tous les couples (x,y)N2 possibles, où x est le nombre de manuels et y celui de calculatrices. Combien y a-t-il de commandes possibles ?

Exercice 13 ★★★★Fabriquer des entiers premiers entre eux

Entiers premiers entre eux, théorème de Bézout et lemme de Gauss

On rappelle le théorème de Bézout : deux entiers u et v sont premiers entre eux si et seulement s'il existe des entiers α et β tels que αu+βv=1. C'est l'outil central de cet exercice : pour montrer que deux entiers sont premiers entre eux, on exhibe une telle relation, ou bien on montre que tout diviseur commun divise 1.

  1. Préliminaire. Soient a, b et c trois entiers tels que ca=1 et cb=1. En multipliant deux relations de Bézout, montrer que cab=1.

Dans les questions 2. et 3., a et b désignent deux entiers tels que ab=1.

  1. a. Montrer que (a+b)a=1 et que (a+b)b=1.

    b. En déduire que (a+b)ab=1.

  2. On pose d=(a+b)(ab).

    a. Montrer que d divise 2.

    b. Montrer que a et b ne peuvent pas être tous les deux pairs, puis déterminer d selon les parités de a et de b.

  3. Soit nZ.

    a. Montrer que n(n+1)=1.

    b. Montrer que (2n+1)n(n+1)=1.

  4. Soient a et b deux entiers premiers entre eux. Montrer que ambk=1 pour tous m,kN.

Exercice 14 ★★★★Systèmes mêlant PGCD, PPCM, somme et produit

PGCD et algorithme d'EuclidePPCM et relation entre PGCD et PPCM

On rappelle deux résultats du cours, valables pour x et y dans N et d=xy :

  • il existe x et y dans N tels que x=dx, y=dy et xy=1 ;
  • (xy)×(xy)=xy.

La méthode est toujours la même : on pose x=dx et y=dy avec xy=1, on traduit la seconde condition sur le couple (x,y), on énumère les possibilités, puis on revient à (x,y) sans oublier de vérifier les candidats.

  1. Préliminaire. Soient dN et x, y deux entiers tels que xy=1. Montrer que (dx)(dy)=d.

  2. Déterminer tous les couples (x,y)(N)2 tels que xy=12 et xy=180.

  3. Déterminer tous les couples (x,y)(N)2 tels que xy=5 et x+y=100.

  4. Déterminer tous les couples (x,y)(N)2 tels que xy=1734 et xy=17. On pourra commencer par vérifier que 1734=2×3×172.

Exercice 15 ★★★Lemme de Gauss et fractions irréductibles

Entiers premiers entre eux, théorème de Bézout et lemme de GaussDivisibilité dans Z : diviseurs, multiples, combinaisons linéaires

On rappelle le lemme de Gauss : si abc et ab=1, alors ac. On utilisera aussi librement le résultat suivant, établi dans l'exercice sur les entiers premiers entre eux : si pq=1, alors pq2=1.

  1. Soient a, b et c trois entiers tels que ac, bc et ab=1. Montrer que abc.

  2. Donner un contre-exemple montrant que l'hypothèse ab=1 est indispensable.

  3. Soit nZ. En déduire les équivalences suivantes, en justifiant à chaque fois l'hypothèse de primalité entre eux :

    a. 6n    2n et 3n

    b. 12n    3n et 4n

    c. 35n    5n et 7n

    Pourquoi ne peut-on pas écrire « 12n si et seulement si 2n et 6n » ?

  4. Soit rQ. Montrer qu'il existe un unique couple (p,q)Z×N tel que pq=1 et r=pq : c'est la forme irréductible de r.

  5. Soient a, b, c trois entiers avec a0, et soit pq la forme irréductible d'un rationnel solution de ax2+bx+c=0.

    a. Montrer que ap2+bpq+cq2=0, puis en déduire que pc et que qa.

    b. Application : déterminer les solutions rationnelles de 6x25x+1=0.

Exercice 16 ★★★★Irrationalité par les facteurs premiers

Décomposition en facteurs premiers et valuation p-adiqueNombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'Euclide

Pour pP et mN, on note vp(m) l'exposant de p dans la décomposition de m en produit de facteurs premiers. On rappelle qu'un entier nN est un carré parfait lorsqu'il existe kN tel que n=k2.

  1. a. Démontrer que 2 est irrationnel en écrivant 2=ab avec ab=1, puis en étudiant la parité de a, et enfin celle de b.

    b. Retrouver ce résultat par une seconde méthode, en comparant les valuations 2-adiques des deux membres de l'égalité a2=2b2.

  2. Soit pP. Démontrer que p est irrationnel.

  3. Soit nN. Démontrer que n est irrationnel si et seulement si n n'est pas un carré parfait.

  4. On pose x=2+3. Calculer x2, puis exprimer 6 à l'aide de x2. En déduire que x est irrationnel.

  5. On note log10(2) l'unique réel t tel que 10t=2, c'est-à-dire t=ln2ln10. Démontrer que log10(2) est irrationnel. On pourra supposer log10(2)=pq avec pZ et qN, et se ramener à l'égalité 2q=10p.

Exercice 17 ★★★Manipuler la valuation p-adique

Décomposition en facteurs premiers et valuation p-adique

Soit pP. Pour aN, on note vp(a) l'exposant de p dans la décomposition de a en produit de facteurs premiers, de sorte que a=qPqvq(a), ce produit ne comportant qu'un nombre fini de facteurs différents de 1. On admet la caractérisation équivalente : pour tout kN, pka si et seulement si kvp(a). Dans tout l'exercice, a et b désignent des éléments de N.

  1. a. Démontrer que vp(ab)=vp(a)+vp(b).

    b. En déduire que vp(an)=nvp(a) pour tout nN.

  2. a. Démontrer que vp(a+b)min(vp(a),vp(b)).

    b. Démontrer qu'il y a égalité dès que vp(a)vp(b).

    c. Donner un exemple où vp(a)=vp(b) et où l'inégalité de 2. a. est stricte.

  3. Démontrer que ab si et seulement si vq(a)vq(b) pour tout qP.

  4. Démontrer que vq(ab)=min(vq(a),vq(b)) et vq(ab)=max(vq(a),vq(b)) pour tout qP. En déduire (ab)(ab)=ab.

  5. Calculer v3(5544), puis v2(360×5544).

  6. Démontrer que a est un carré parfait si et seulement si vq(a) est pair pour tout qP.

  7. Démontrer que si a2b2, alors ab.

Exercice 18 ★★★★Nombre et somme des diviseurs d'un entier

Décomposition en facteurs premiers et valuation p-adique

Pour nN, on note d(n) le nombre de diviseurs positifs de n et σ(n) la somme de ces diviseurs. Par exemple, les diviseurs positifs de 10 sont 1, 2, 5 et 10, donc d(10)=4 et σ(10)=18.

Dans les questions 1. à 4., on considère un entier n2 dont la décomposition en facteurs premiers s'écrit n=p1α1prαr, où p1,,pr sont des nombres premiers deux à deux distincts et α1,,αrN.

  1. Démontrer que les diviseurs positifs de n sont exactement les entiers de la forme p1β1prβr avec 0βiαi pour tout i{1,,r}, et que deux choix distincts de (β1,,βr) donnent deux diviseurs distincts.

  2. En déduire que d(n)=i=1r(αi+1).

  3. En développant le produit i=1r(1+pi++piαi), démontrer que σ(n)=i=1rpiαi+11pi1.

  4. Calculer d(n) et σ(n) pour n=360, n=2026 et n=1024.

  5. Déterminer tous les entiers n1 tels que d(n)=6, et donner les cinq plus petits.

  6. Démontrer que d(n) est impair si et seulement si n est un carré parfait.

Exercice 19 ★★★★Résoudre une congruence linéaire

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérationsRelation de Bézout, coefficients de Bézout, équations diophantiennes

Soient n2 un entier et aZ. On dit qu'un entier u est un inverse de a modulo n lorsque au1 [n].

  1. a. Démontrer que a admet un inverse modulo n si et seulement si an=1.

    b. Démontrer que, dans ce cas, deux inverses de a modulo n sont congrus modulo n.

    c. Déterminer un inverse de 7 modulo 13, puis un inverse de 5 modulo 7.

  2. Résoudre dans Z l'équation 7x3 [13].

  3. Résoudre dans Z l'équation 15x9 [21].

  4. Résoudre dans Z les équations 6x4 [10], puis 4x3 [10].

  5. Soient a,bZ et d=an. Démontrer que l'équation axb [n] admet des solutions si et seulement si db, et qu'elle équivaut alors à une unique condition de la forme xx0 [nd]. Combien de valeurs distinctes le reste de x dans la division euclidienne par n peut-il prendre ?

Exercice 20 ★★★★Le petit théorème de Fermat en pratique

Petit théorème de Fermat et calculs de puissances modulairesCongruences modulo n et compatibilité avec les opérations

On rappelle le petit théorème de Fermat : si pP et si aZ n'est pas divisible par p, alors ap11 [p] ; sous la seule hypothèse pP, on a apa [p] pour tout aZ.

  1. Déterminer le reste de la division euclidienne de 32026 par 17.

  2. Déterminer le reste de la division euclidienne de 52026 par 13.

  3. Soit nZ.

    a. Démontrer que 7n7n.

    b. Démontrer que 2n7n et que 3n7n.

    c. En déduire que 42n7n.

  4. Démontrer que 30n5n pour tout nZ.

  5. a. Vérifier que 49=1, puis calculer le reste de 48 dans la division euclidienne par 9. Qu'en déduit-on sur l'hypothèse « p est premier » ?

    b. Vérifier que 2101 [341], puis en déduire que 23401 [341]. Sachant que 341=11×31, que peut-on dire de la réciproque du petit théorème de Fermat ?

Exercice 21 ★★★★Résoudre un système de congruences

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérationsEntiers premiers entre eux, théorème de Bézout et lemme de GaussRelation de Bézout, coefficients de Bézout, équations diophantiennes

Aucun résultat tout fait n'est utilisé dans cet exercice : chaque système se résout à la main, en paramétrant la première congruence et en reportant dans la suivante.

On cherche d'abord les entiers x vérifiant simultanément

x2 [7]x3 [11]
  1. a. Justifier que la première condition équivaut à l'existence de kZ tel que x=2+7k.

    b. Reporter dans la seconde condition et montrer qu'elle équivaut à 7k1 [11]. Résoudre en k.

    c. En déduire que l'ensemble des solutions est décrit par une unique congruence modulo 77.

  2. Résoudre de même le système x1 [3], x2 [5] et x3 [7], en traitant d'abord les deux premières conditions.

  3. Résoudre le système x1 [6] et x4 [10]. Plus généralement, démontrer qu'un système xb [m], xb [m] ne peut avoir de solution que si bb [mm].

  4. Un panier contient moins de 200 œufs. En les groupant par 3, il en reste 2 ; en les groupant par 5, il en reste 3 ; en les groupant par 7, il en reste 2. Déterminer tous les nombres d'œufs possibles.

Exercice 22 ★★★Clés de contrôle et détection d'erreurs

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérationsDivisibilité dans Z : diviseurs, multiples, combinaisons linéaires

Partie A. Clé du numéro de sécurité sociale. Le numéro d'inscription au répertoire est formé de 13 chiffres (sexe, année et mois de naissance, département, commune, numéro d'ordre), qui constituent un entier N. On lui adjoint une clé de contrôle définie par cleˊ=97r, où r est le reste de la division euclidienne de N par 97. On travaille sur le numéro fabriqué N=1851244123456.

  1. a. Calculer la clé de N, sachant que 97×19084990963=1851244123411.

    b. Une erreur de saisie remplace le septième chiffre, 4, par un 5 : le numéro devient N=1851245123456. Calculer sa clé et constater qu'elle diffère de la précédente.

    c. Démontrer que toute erreur portant sur un seul chiffre du numéro modifie la clé, et donc est détectée.

Partie B. Clé ISBN-10. Un ISBN-10 est une suite (a1,,a10)ak{0,,9} pour k{1,,9} et a10{0,,10} (la valeur 10 s'écrivant X), soumise à la condition de validité

k=110kak0 [11]
  1. a. Vérifier que 2841775429 est un ISBN-10 valide.

    b. Le cinquième chiffre de ce code est devenu illisible : 2841?75429. Le retrouver.

    c. Démontrer plus généralement qu'un chiffre effacé, en position quelconque, est déterminé de façon unique par les neuf autres.

  2. a. Deux chiffres distincts, situés à des positions différentes, sont intervertis par erreur. Démontrer que la condition de validité n'est alors plus satisfaite : l'erreur est détectée. Illustrer en échangeant a2 et a3 dans le code de la question 2. a.

    b. Démontrer qu'une clé calculée uniquement à partir de la somme a1++a10 ne détecterait pas cette interversion.

Exercice 23 ★★★Diviseurs de a puissance n moins 1 et nombres de Mersenne

Divisibilité dans Z : diviseurs, multiples, combinaisons linéairesNombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'Euclide

Dans tout l'exercice, a désigne un entier tel que a2.

  1. Soit nN. Établir l'identité

    an1=(a1)k=0n1ak.

    En déduire que (a1)(an1).

  2. Soient d,nN tels que dn. Montrer que (ad1)(an1).

  3. Soit n2. On suppose que an1 est un nombre premier. a. Montrer que a=2. b. Montrer que n est un nombre premier.

    Les entiers Mn=2n1 sont appelés nombres de Mersenne. Autrement dit, parmi tous les entiers de la forme an1, seuls les Mn d'indice n premier ont une chance d'être premiers.

  4. La réciproque est-elle vraie ? Étudier le cas n=11, sachant que 23×89=2047.

  5. Soit mN un entier impair. Établir l'identité

    am+1=(a+1)k=0m1(1)kak,

    et en déduire que (a+1)(am+1).

  6. Soit nN. On suppose que 2n+1 est un nombre premier. Montrer que n est une puissance de 2, c'est-à-dire qu'il existe sN tel que n=2s.

    Indication. Écrire n=2sm avec m impair, puis appliquer la question 5 à a=22s.

Exercice 24 ★★★PGCD de deux nombres de Mersenne

PGCD et algorithme d'EuclideDivision euclidienne : quotient, reste, écriture selon le reste

Pour nN, on pose Mn=2n1. On remarquera que M0=0 et que Mn1 dès que n1.

L'objectif est de démontrer la formule remarquable

MmMn=Mmnpour tous m,nN non tous les deux nuls.
  1. Soient mN et nN. On note m=qn+r la division euclidienne de m par n, avec qN et 0r<n. Montrer que

    2m2r [Mn],puis queMmMr [Mn].
  2. En déduire que MmMn=MnMr.

    Indication. Montrer que les couples (Mm,Mn) et (Mr,Mn) ont exactement les mêmes diviseurs communs.

  3. Démontrer par récurrence forte sur nN la propriété Hn suivante : « pour tout mN tel que (m,n)(0,0), MmMn=Mmn ». On expliquera en quoi la démonstration consiste à « transporter » l'algorithme d'Euclide des exposants vers les nombres de Mersenne.

  4. Calculer (2121)(2181), puis (21001)(2601).

  5. En déduire que, pour m,nN, les entiers Mm et Mn sont premiers entre eux si et seulement si m et n le sont.

Exercice 25 ★★★Nombres de Fermat et infinité des nombres premiers

Nombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'EuclideEntiers premiers entre eux, théorème de Bézout et lemme de Gauss

Pour nN, on appelle n-ième nombre de Fermat l'entier

Fn=22n+1.

On notera P l'ensemble des nombres premiers. Attention à l'ordre des exponentiations : l'exposant de 2 est lui-même 2n.

  1. Calculer F0, F1, F2, F3 et F4. Vérifier au passage que F0, F1, F2 et F3 sont premiers (on admettra que F4=65537 l'est également).

  2. Montrer que, pour tout nN, l'entier Fn est impair et vérifie Fn3.

  3. Démontrer par récurrence que, pour tout nN,

    k=0n1Fk=Fn2.
  4. En déduire que les nombres de Fermat sont deux à deux premiers entre eux : pour tous m,nN tels que mn, on a FmFn=1.

  5. Une nouvelle démonstration de l'infinité des nombres premiers. Pour chaque nN, on note qn le plus petit diviseur premier de Fn. Montrer que l'application nqn est injective de N dans P, puis conclure que P est infini.

  6. Fermat avait conjecturé que tous les Fn sont premiers. Montrer que 641=5×27+1 et que 641=24+54, puis en déduire que 641F5. Que peut-on conclure ?

Exercice 26 ★★★Infinité des nombres premiers congrus à 3 modulo 4

Nombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'EuclideCongruences modulo n et compatibilité avec les opérations

On sait que l'ensemble P des nombres premiers est infini. On se propose de montrer qu'il en reste une infinité même si l'on impose en plus une condition de congruence. On note

A={pP  p3 [4]}.
  1. Montrer que tout entier impair est congru à 1 ou à 3 modulo 4, et que ces deux cas s'excluent.

  2. Soient sN et a1,,as des entiers tous congrus à 1 modulo 4. Montrer par récurrence sur s que i=1sai1 [4].

  3. Soit N un entier tel que N3 et N3 [4]. Montrer que N admet au moins un diviseur premier congru à 3 modulo 4.

    Indication. Décomposer N en produit de facteurs premiers et raisonner par l'absurde à l'aide des questions 1 et 2.

  4. Démontrer que A est infini. On raisonnera par l'absurde en supposant A={p1,,pr} et en considérant l'entier

    N=4p1p2pr1.
  5. Adapter la méthode pour démontrer qu'il existe une infinité de nombres premiers congrus à 5 modulo 6.

Exercice 27 ★★★Formule de Legendre et zéros terminaux d'une factorielle

Décomposition en facteurs premiers et valuation p-adiqueDivision euclidienne : quotient, reste, écriture selon le reste

Soient p un nombre premier et nN. Pour un entier m1, on note vp(m) la valuation p-adique de m, c'est-à-dire l'exposant de p dans la décomposition de m en facteurs premiers. On rappelle que vp(m) est caractérisée par

kN,pkm    kvp(m),

et que vp(ab)=vp(a)+vp(b) pour tous a,bN.

  1. Soit kN. Montrer que le nombre d'entiers j vérifiant 1jn et pkj est exactement npk.

  2. Montrer que si pk>n, alors npk=0, et qu'il existe un entier K tel que pK>n. La somme k1npk n'a donc qu'un nombre fini de termes non nuls : elle a bien un sens.

  3. Formule de Legendre. Démontrer que

    vp(n!)=k1npk.

    Indication. Établir d'abord vp(n!)=j=1nvp(j), puis dénombrer de deux façons l'ensemble des couples (j,k) tels que 1jn, 1kK et pkj.

  4. Calculer v2(100!) et v5(100!). En déduire le nombre de zéros par lesquels se termine l'écriture décimale de 100!.

  5. Déterminer le nombre de zéros terminaux de 2026!.

  6. Montrer que vp(n!)np1. Déterminer enfin le plus grand entier k tel que 3k100!, et vérifier la majoration sur cet exemple.

Exercice 28 ★★★Période des puissances modulo un nombre premier

Petit théorème de Fermat et calculs de puissances modulairesCongruences modulo n et compatibilité avec les opérationsDivision euclidienne : quotient, reste, écriture selon le reste

Soient p un nombre premier et aZ un entier tel que pa. On considère l'ensemble

Ω={kN  ak1 [p]}.
  1. Montrer que Ω, puis justifier que Ω admet un plus petit élément. On le note ω et on l'appelle période de a modulo p.

  2. Soit mN. Démontrer l'équivalence

    am1 [p]    ωm.

    Indication. Pour le sens direct, effectuer la division euclidienne de m par ω et utiliser la minimalité de ω.

  3. En déduire que ωp1.

  4. Déterminer la période de 2 modulo 7, celle de 3 modulo 11, puis celle de 10 modulo 7. On utilisera la question 3 pour limiter les valeurs à tester.

  5. Question culturelle. Sachant que 17=0,142857142857, relier la longueur de la période du développement décimal de 17 au résultat obtenu pour 10 modulo 7.

  6. Soit n un nombre premier et soit q un diviseur premier de 2n1. Montrer que q1 [n].

  7. En déduire la liste des diviseurs premiers possibles de 2111=2047, et retrouver ainsi la factorisation 2047=23×89.

Exercice 29 ★★★Coefficients binomiaux et démonstration du petit théorème de Fermat

Petit théorème de Fermat et calculs de puissances modulairesNombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'Euclide

Le petit théorème de Fermat est admis dans le cours ; l'objet de cet exercice est d'en donner une démonstration complète, entièrement fondée sur la formule du binôme. Dans tout l'exercice, p désigne un nombre premier.

  1. Établir, pour tout k tel que 1kp, l'identité dite « du pion »

    k(pk)=p(p1k1).

    En déduire que p(pk) pour tout k tel que 1kp1.

  2. Montrer sur l'exemple de (42) que l'hypothèse « p premier » ne peut pas être supprimée.

  3. En déduire que, pour tous a,bZ,

    (a+b)pap+bp [p].
  4. Démontrer par récurrence sur aN que apa [p].

  5. Étendre le résultat à tout aZ. On distinguera les cas p=2 et p impair.

  6. En déduire la seconde forme du petit théorème de Fermat : si pa, alors ap11 [p].

  7. Démontrer enfin que (2pp)2 [p].

Exercice 30 ★★★★Équations en nombres entiers résolues par factorisation

Divisibilité dans Z : diviseurs, multiples, combinaisons linéairesDécomposition en facteurs premiers et valuation p-adique

Toutes les équations de cet exercice se traitent selon le même principe : se ramener à une égalité de la forme « produit de deux entiers = constante », puis énumérer les diviseurs de cette constante. On prendra soin, à chaque fois, de préciser l'ensemble dans lequel on résout et de ne perdre aucune solution.

  1. L'équation x2y2=105. a. Soit (x,y)Z2 une solution. Montrer que xy et x+y ont la même parité, puis qu'ils sont tous les deux impairs. b. Résoudre l'équation dans (N)2 et présenter les solutions dans un tableau. c. En déduire toutes les solutions dans Z2, et vérifier qu'il y en a exactement 16.

  2. L'équation x2y2=2026. Dresser la table des restes de k2 modulo 4, puis celle des valeurs possibles de x2y2 modulo 4. En déduire que cette équation n'a aucune solution dans Z2, et plus généralement qu'un entier congru à 2 modulo 4 n'est jamais différence de deux carrés d'entiers.

  3. L'équation xy=2(x+y). Montrer qu'elle équivaut à (x2)(y2)=4, puis la résoudre dans Z2.

  4. L'équation 1x+1y=16. On cherche les couples (x,y)(N)2. Montrer d'abord que x7 et y7, puis que l'équation équivaut à (x6)(y6)=36. Conclure par un tableau.

  5. Une famille d'équations. Soit nN. Résoudre dans N2 l'équation x2=y2+3n, et donner le nombre de solutions en fonction de n.

Exercice 31 ★★★Arithmétique de la suite des 2 puissance n plus 3 puissance n

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérationsPGCD et algorithme d'EuclidePetit théorème de Fermat et calculs de puissances modulaires

Pour tout nN, on pose un=2n+3n. Les premières valeurs sont

u0=2,u1=5,u2=13,u3=35,u4=97,u5=275.
  1. Compléter le tableau des restes de un modulo 5 pour 0n7, et conjecturer une caractérisation des entiers n tels que 5un.

  2. Démontrer cette conjecture. On pourra remarquer que 32 [5] et distinguer selon la parité de n. Pour le cas n pair, on justifiera soigneusement que 52n+1.

  3. Soit nN. Calculer 3unun+1 et un+12un, puis en déduire la valeur de unun+1.

  4. Divisibilité par 7. a. Justifier que 231 [7], puis que 361 [7] en invoquant le petit théorème de Fermat. b. En déduire que la suite des restes de un modulo 7 est périodique de période 6, dresser le tableau de ces restes pour 0n5, et déterminer tous les n tels que 7un.

  5. Divisibilité par 13. En utilisant le petit théorème de Fermat, déterminer le reste de la division euclidienne de u2026 par 13. On commencera par écrire la division euclidienne de 2026 par 12.

  6. Dresser le tableau des restes de un modulo 13 pour 0n11, en déduire tous les entiers n tels que 13un, et vérifier la cohérence avec la question 5.

Exercice 32 ★★★★Triplets pythagoriciens

Entiers premiers entre eux, théorème de Bézout et lemme de GaussDécomposition en facteurs premiers et valuation p-adique

On appelle triplet pythagoricien tout triplet (x,y,z)(N)3 tel que x2+y2=z2, et l'on dit qu'un tel triplet est primitif lorsque xyz=1. L'objet de l'exercice est de les décrire tous.

  1. Soit (x,y,z) un triplet pythagoricien primitif. Montrer que x, y et z sont deux à deux premiers entre eux.

  2. Montrer qu'un carré d'entier est congru à 0 ou à 1 modulo 4. En déduire que, dans un triplet primitif, x et y ne sont pas de même parité, puis que z est impair.

  3. Un lemme. Soient a et b deux entiers de N tels que ab=1 et tels que ab soit le carré d'un entier. Montrer, en raisonnant sur les valuations vp(a) et vp(b), que a et b sont tous les deux des carrés d'entiers.

Dans les questions 4 et 5, (x,y,z) désigne un triplet pythagoricien primitif dans lequel x est impair et y est pair, ce qui ne coûte rien d'après la question 2 quitte à échanger x et y. On écrit y=2w avec wN.

  1. Montrer que z>x, que zx et z+x sont pairs, puis, en posant s=zx2 et t=z+x2, que s et t sont des entiers de N vérifiant st=w2 et st=1.

  2. En déduire qu'il existe des entiers m>n1, premiers entre eux et de parités différentes, tels que

x=m2n2,y=2mn,z=m2+n2.
  1. Réciproque. Soient m>n1 deux entiers premiers entre eux et de parités différentes. Montrer que le triplet (m2n2,2mn,m2+n2) est un triplet pythagoricien primitif.

  2. Dresser le tableau des triplets obtenus pour (m,n){(2,1),(3,2),(4,1),(4,3),(5,2),(5,4)}. Que donne le couple (m,n)=(3,1), et pourquoi ne contredit-il pas la question 6 ?

Exercice 33 ★★★Théorème de Wilson

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérationsRelation de Bézout, coefficients de Bézout, équations diophantiennesNombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'Euclide

Soit p un nombre premier. On dit qu'un entier u est un inverse de a modulo p lorsque au1 [p]. L'objectif est de démontrer le théorème de Wilson :

(p1)!1 [p],

puis sa réciproque.

  1. Vérifier le théorème à la main pour p=5, p=7 et p=11, en donnant à chaque fois la division euclidienne de (p1)! par p.

  2. Soit aZ tel que pa. Montrer que ap=1, puis, à l'aide du théorème de Bézout, que a admet un inverse modulo p. Montrer enfin qu'il existe un unique entier a{1,,p1} tel que aa1 [p].

  3. Soit a{1,,p1}. Montrer que

a21 [p]    a=1  ou  a=p1.

On factorisera a21 et l'on utilisera le lemme d'Euclide. En déduire que a=a si et seulement si a{1,p1}.

  1. On suppose p3 et l'on pose A={2,3,,p2} (ensemble vide si p=3). Montrer que pour tout aA, on a aA, aa et (a)=a. En déduire que A se partitionne en paires {a,a}, puis que
aAa1 [p].
  1. Conclure : démontrer le théorème de Wilson pour tout nombre premier p (on traitera à part le cas p=2). Détailler l'appariement obtenu pour p=11.

  2. Réciproque. Soit n2 un entier tel que (n1)!1 [n]. Soit d un diviseur positif de n vérifiant dn1. Montrer que d divise (n1)!, puis que d divise (n1)!+1. En déduire que n est premier.

  3. Le théorème de Wilson et sa réciproque fournissent donc une caractérisation des nombres premiers. Expliquer en deux phrases pourquoi ce critère est inutilisable en pratique pour tester la primalité d'un grand entier.

Exercice 34 ★★★★Nombres parfaits pairs et théorème d'Euclide-Euler

Décomposition en facteurs premiers et valuation p-adiqueNombres premiers : primalité, crible, infinité, lemme d'Euclide

Pour nN, on note σ(n) la somme de tous les diviseurs positifs de n :

σ(n)=dn, d1d.

On dit que n est parfait lorsque σ(n)=2n, autrement dit lorsque n est égal à la somme de ses diviseurs positifs stricts. L'exercice établit le théorème d'Euclide-Euler, qui décrit exactement tous les nombres parfaits pairs.

  1. Calculer σ(6), σ(12) et σ(28). Lesquels de ces trois entiers sont parfaits ?

  2. Une formule de calcul. Soient k1 un entier et mN un entier impair. Montrer que tout diviseur positif D de 2k1m s'écrit de manière unique D=2id, où 0ik1 et où d est un diviseur positif de m, et que réciproquement tout entier de cette forme divise 2k1m. En déduire que

σ ⁣(2k1m)=(2k1)σ(m).
  1. Sens d'Euclide. Soit k2 tel que 2k1 soit premier. Montrer que n=2k1(2k1) est parfait.

  2. Appliquer la question 3 à k=2,3,5,7 et vérifier le résultat sur chacun des quatre entiers obtenus. Que se passe-t-il pour k=4 ?

  3. Sens d'Euler. Soit n un nombre parfait pair. a. Justifier qu'il existe un entier k2 et un entier impair mN tels que n=2k1m. b. Montrer que (2k1)σ(m)=2km, puis que (2k1)m. On écrit alors m=(2k1)M avec MN. c. Montrer que σ(m)=m+M. d. En raisonnant sur le nombre de diviseurs de m, montrer que M=1, puis que m est premier. Conclure.

  4. Complément. Montrer que si 2k1 est premier, alors k est premier. La réciproque est-elle vraie ? On étudiera le cas k=11.

Exercice 35 ★★★Descente infinie et équation x carré plus y carré égale 3 z carré

Congruences modulo n et compatibilité avec les opérationsEntiers premiers entre eux, théorème de Bézout et lemme de Gauss

On étudie l'équation

(E):x2+y2=3z2,(x,y,z)Z3.

Le triplet (0,0,0) en est visiblement solution ; on va démontrer que c'est la seule, par la méthode dite de descente infinie : on suppose qu'il existe une solution non nulle, on en fabrique une strictement plus petite, et l'on contredit ainsi la minimalité d'une solution bien choisie.

  1. Dresser la table des restes de k2 modulo 3 selon le reste de k modulo 3. En déduire que, pour tout kZ, 3k2 si et seulement si 3k, puis que pour tous a,bZ :
3a2+b2    3a  et  3b.
  1. Soit (x,y,z) une solution de (E) telle que z=0. Montrer que x=y=0. En déduire que toute solution non nulle de (E) vérifie z0.

  2. L'étape de descente. Soit (x,y,z) une solution de (E). Montrer successivement que 3x, que 3y, puis que 3z. En déduire que (x3,y3,z3) est encore une solution de (E), et qu'elle est non nulle dès que (x,y,z) l'est.

  3. Conclusion. On suppose par l'absurde que (E) possède une solution non nulle. Considérer l'ensemble E={z : (x,y,z) solution non nulle de (E)}, justifier qu'il admet un plus petit élément, et conclure.

  4. En appliquant le résultat précédent à un triplet bien choisi, démontrer que 3 est irrationnel.

  5. Reprendre l'ensemble de la démarche pour l'équation x2+y2=7z2 : dresser la table des restes de k2 modulo 7, vérifier l'implication analogue à celle de la question 1, et conclure.

  6. La même méthode appliquée à x2+y2=5z2 échoue. Où exactement ? Exhiber une solution non nulle de cette équation.

Exercice 36 ★★★★La somme des inverses des n premiers entiers n'est jamais entière

Décomposition en facteurs premiers et valuation p-adiqueDivisibilité dans Z : diviseurs, multiples, combinaisons linéaires

Pour nN, on pose

Hn=k=1n1k=1+12++1n.

On a H1=1, et l'on veut démontrer que pour tout n2, le rationnel Hn n'est pas un entier. L'idée est de multiplier Hn par un entier bien choisi et de compter les puissances de 2. On note P l'ensemble des nombres premiers et vp la valuation p-adique.

  1. Écrire H2, H3, H4, H5 et H6 sous forme de fractions irréductibles. Que remarque-t-on sur les dénominateurs ?

Dans toute la suite, n désigne un entier tel que n2.

  1. Justifier l'existence du plus grand entier m tel que 2mn, et montrer que m1 et 2mn<2m+1.

  2. Montrer que 2m est le seul élément de {1,,n} divisible par 2m. En déduire que pour tout k{1,,n} différent de 2m, on a v2(k)m1.

  3. Pour pP tel que pn, on pose αp=max1knvp(k), puis

L=pP, pnpαp.

Montrer que tout k{1,,n} divise L, puis que v2(L)=m.

  1. Montrer que LHn est un entier, que le terme d'indice k=2m de la somme k=1nLk est impair et que tous les autres sont pairs. En déduire que LHn est impair.

  2. Conclure que Hn n'est pas un entier. Illustrer toute la démarche sur le cas n=6.

  3. Variante. Pour n1, on pose Sn=k=1n12k+1=13+15++12n+1. En reprenant la démarche avec 3 à la place de 2, montrer que Sn n'est jamais un entier.

Bloqué sur « Arithmétique dans l'ensemble des entiers relatifs » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.