MPSI · Chapitre 07 · Premier semestre

Devoir surveillé — Arithmétique dans l'ensemble des entiers relatifs

Sujet type, 210 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 210 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Numération en base $b$ et pesées à deux plateaux

Soit b2 un entier. On admet le théorème de la numération en base b : pour tout nN, il existe un unique entier k1 et un unique k-uplet de chiffres (ak1,,a1,a0), éléments de {0,1,,b1} avec ak10, tels que

n=i=0k1aibi.

On note alors n=ak1a1a0(b), et l'on dit que n s'écrit avec k chiffres en base b. On admet aussi la variante à longueur imposée : si 0n<bk, il existe un unique k-uplet (ak1,,a0) de chiffres, cette fois sans condition sur ak1, vérifiant l'égalité ci-dessus.

1. (0,75 pt) Écrire 2026 dans les deux bases suivantes, en présentant la suite des divisions euclidiennes effectuées.

a. en base 7

b. en base 2

2. (0,5 pt) Déterminer l'entier b2 tel que 213(b)=81.

3. (0,75 pt) Soient nN et kN. Démontrer que n s'écrit avec exactement k chiffres en base b si et seulement si bk1n<bk. Contrôler alors le nombre de chiffres obtenus à la question 1.

4. On dispose d'une balance à deux plateaux et de quatre masses, que l'on peut poser indifféremment sur l'un ou l'autre plateau. On souhaite pouvoir peser tout objet dont la masse est un nombre entier de grammes compris entre 1 et 40.

a. (0,75 pt) Démontrer que tout entier m tel que 40m40 s'écrit de manière unique

m=ε0+3ε1+9ε2+27ε3,εi{1,0,1}.

On pourra appliquer le théorème admis à l'entier m+40 en base 3, après avoir remarqué que 40=1+3+9+27.

b. (0,25 pt) En déduire les quatre masses à choisir, et décrire la pesée d'un objet de 22 grammes.

Exercice 2 (3 points) — Le plus grand entier inaccessible

Dans tout l'exercice, a et b désignent deux entiers tels que a2, b2 et ab=1. On dit qu'un entier nN est accessible lorsqu'il existe (x,y)N2 tel que

n=ax+by.

Attention : les coefficients x et y sont ici astreints à être positifs ou nuls, ce qui change tout par rapport à une équation diophantienne ordinaire.

1. (0,5 pt) Dans cette question seulement, a=3 et b=5. Dresser la liste des entiers accessibles compris entre 0 et 12, puis celle des entiers inaccessibles de cet intervalle. Quel est le plus grand entier inaccessible que l'on obtient ?

2. (0,75 pt) Soit nZ. Démontrer qu'il existe un unique entier xn tel que

0xnb1etbnaxn.

On précisera où l'hypothèse ab=1 intervient.

Dans les questions 3., 4. et 5., on note xn l'entier fourni par la question 2.

3. (0,75 pt) Démontrer que n est accessible si et seulement si naxn0.

4. (0,5 pt) Démontrer que xabab=b1, puis que l'entier abab n'est pas accessible.

5. (0,5 pt) Démontrer que tout entier n>abab est accessible. Application : déterminer le plus grand entier inaccessible pour a=7 et b=11, et écrire 60 sous la forme 7x+11y avec (x,y)N2.

Exercice 3 (3 points) — Deux puissances qui se suivent

On s'intéresse aux couples formés d'une puissance de 2 et d'une puissance de 3 qui diffèrent de 1. On se limite au cas où c'est la puissance de 3 qui est la plus grande, c'est-à-dire à l'équation

(E):3x2y=1,(x,y)(N)2.

1. (0,5 pt) Lemme. Soient s et t deux entiers naturels tels que 2t2s=2. Démontrer que s=1 et t=2.

2. (0,25 pt) Vérifier que (1,1) et (2,3) sont solutions de (E).

3. (0,75 pt) Soit (x,y) une solution de (E) telle que y2. Démontrer que x est pair.

4. (1 pt) Soit (x,y) une solution de (E) telle que y2. On écrit x=2m avec mN. Démontrer que 3m1 et 3m+1 sont deux puissances de 2, puis déterminer m. Conclure en donnant l'ensemble des solutions de (E).

5. (0,5 pt) Résoudre dans (N)2 l'équation x2=2y+1.

Exercice 4 (4 points) — La partie sans facteur carré d'un entier

On note P l'ensemble des nombres premiers et, pour pP et nN, vp(n) la valuation p-adique de n. On utilisera librement les résultats du cours suivants : vp(mn)=vp(m)+vp(n) ; deux entiers de N ayant les mêmes valuations p-adiques pour tout pP sont égaux ; un entier de N est un carré parfait si et seulement si toutes ses valuations p-adiques sont paires ; pour d,nN, dn si et seulement si vp(d)vp(n) pour tout pP ; enfin vp(mn)=min(vp(m),vp(n)) et vp(mn)=max(vp(m),vp(n)).

Un entier cN est dit sans facteur carré lorsque vp(c)1 pour tout pP, autrement dit lorsqu'aucun carré d'entier supérieur ou égal à 2 ne divise c.

1. (0,5 pt) Donner la liste des entiers sans facteur carré compris entre 1 et 20. Décomposer 720 et 2646 en produits de facteurs premiers, et dire si ces deux entiers sont sans facteur carré.

2. (1,25 pt) Démontrer que tout nN s'écrit de manière unique

n=a2b,aN,bN sans facteur carreˊ.

L'entier b est appelé la partie sans facteur carré de n.

3. (0,5 pt) Expliciter cette écriture pour n=720, puis pour n=2646.

4. (1 pt) Soient m et n deux éléments de N, de parties sans facteur carré respectives b et b. Démontrer que la partie sans facteur carré de mn vaut

bbbb.

En déduire que mn est un carré parfait si et seulement si b=b.

5. (0,75 pt) Soit nN, écrit n=a2b comme à la question 2. Démontrer que les diviseurs de n qui sont des carrés parfaits sont exactement les entiers k2k décrit l'ensemble des diviseurs positifs de a. Combien 2646 possède-t-il de diviseurs qui sont des carrés parfaits ? Les expliciter.

Exercice 5 (7 points) — Problème : le chiffrement RSA

Ce problème construit et fait fonctionner le système de chiffrement RSA, publié en 1977 et encore utilisé aujourd'hui pour sécuriser les communications. Le principe est le suivant. Alice choisit deux nombres premiers distincts p et q, calcule n=pq, puis un exposant e premier avec (p1)(q1). Elle publie le couple (n,e), sa clé publique, et garde secrets p, q et un exposant d que la partie A apprend à construire. Pour lui envoyer un message, codé par un entier m tel que 0m<n, Bob calcule et transmet le reste c de me dans la division euclidienne par n. Alice, elle, retrouve m en calculant le reste de cd modulo n. Toute la question est de comprendre pourquoi cela fonctionne, et pourquoi un tiers ne peut pas en faire autant.

Dans les parties A et C, on prend p=7, q=13, donc n=91, et e=5. On rappelle le corollaire du lemme de Gauss vu en cours, utilisable librement : si deux entiers premiers entre eux divisent tous les deux un entier A, alors leur produit divise A.

Partie A — Fabrication de la clé privée

A.1. (0,75 pt) Calculer (p1)(q1). Appliquer l'algorithme d'Euclide à ce nombre et à e=5, en présentant toutes les divisions, puis remonter les calculs pour déterminer un couple (d,k)Z2 tel que

edk(p1)(q1)=1,1d(p1)(q1)1.

A.2. (0,5 pt) Vérifier que ed1 est un multiple de p1 et un multiple de q1, en donnant les deux quotients.

Partie B — Le théorème de déchiffrement

Dans toute cette partie, p et q désignent deux nombres premiers distincts, n=pq, et e, d deux entiers naturels non nuls tels que

ed1 [(p1)(q1)].

B.1. (0,25 pt) Justifier que p1 divise ed1 et que q1 divise ed1.

B.2. (1 pt) Démontrer que, pour tout aZ, aeda [p]. On distinguera le cas où p divise a et celui où il ne le divise pas.

B.3. (0,25 pt) Énoncer le résultat analogue modulo q et justifier qu'il s'obtient sans nouveau calcul.

B.4. (1 pt) En déduire que aeda [n] pour tout aZ. On justifiera soigneusement l'hypothèse de primalité entre eux qui autorise le passage de p et q à n.

Partie C — Chiffrer, déchiffrer, attaquer

On revient à p=7, q=13, n=91, e=5 et à l'exposant d de la partie A.

C.1. (0,5 pt) Bob veut transmettre le message m=3. Calculer le chiffré c, reste de me dans la division euclidienne par 91.

C.2. (1,25 pt) Alice déchiffre. Calculer le reste de cd dans la division euclidienne par 91, en passant par les congruences modulo 7 et modulo 13, et vérifier qu'on retrouve bien m. On n'effectuera aucun calcul sur de grands nombres.

C.3. (0,75 pt) Ève intercepte c et connaît la clé publique (91,5). Expliquer comment elle retrouve m, et mener effectivement l'attaque. Expliquer ensuite pourquoi cette attaque devient irréalisable lorsque n compte 600 chiffres.

C.4. (0,75 pt) On suppose maintenant qu'Alice, par imprudence, publie n et (p1)(q1) sans publier p ni q. Démontrer qu'Ève peut alors retrouver p et q, et le faire pour n=91 et (p1)(q1)=72. Que faut-il en conclure sur ce qui doit rester secret ?

Bloqué sur « Arithmétique dans l'ensemble des entiers relatifs » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.