MP · Chapitre 04
Exercices — Topologie des espaces vectoriels normés
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Reconnaître une norme
Normes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuelles
On note et .
1. Pour chacune des six applications suivantes, dire si elle définit une norme sur l'espace indiqué. Lorsque la réponse est négative, exhiber un vecteur mettant en défaut l'une des propriétés caractéristiques.
a. sur
b. sur
c. sur
d. sur
e. sur
f. sur
2. Rédiger en détail la vérification des trois propriétés pour .
3. Rédiger en détail la vérification pour , en reconnaissant une norme euclidienne.
4. Montrer que, pour tout ,
puis montrer que les constantes et sont optimales.
Exercice 2 ★★★★ — Boules unités et parties bornées
Normes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuelles
La figure ci-dessous représente, superposées dans le plan , les boules unités fermées des trois normes usuelles , et .
1. Associer à chacune des trois normes la partie qui lui correspond parmi le carré , le disque de centre et de rayon , et le losange de sommets , , , . Justifier par un calcul.
2. Lire sur la figure les inclusions entre ces trois boules unités, puis les démontrer.
3. Soient et deux normes sur un -espace vectoriel . Montrer que si la boule unité fermée de est incluse dans celle de , alors . En déduire, à partir de la question 2, les inégalités entre , et sur .
4. Soient et . Décrire pour la norme comme un produit de deux intervalles.
5. Les parties suivantes sont-elles bornées ? On munit de et de .
a.
b.
c.
d.
Exercice 3 ★★★★ — Convergence de suites dans un espace normé
Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, suites extraites, valeurs d'adhérence
1. Étudier la convergence dans de la suite définie par
2. Même question dans pour la suite définie par
3. On munit de la norme . Pour et , on pose et . Montrer que converge vers la fonction nulle dans , puis que n'a pas de limite dans .
4. Soient un espace vectoriel normé et une suite de convergeant vers . Montrer que la suite réelle converge vers . La réciproque est-elle vraie ?
Exercice 4 ★★★★ — Comparaison des normes usuelles
Comparaison des normes, normes équivalentesEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
Soit . On munit des trois normes usuelles , et , et on note un élément de .
1. Démontrer les inégalités .
2. Démontrer à l'aide de l'inégalité de Cauchy-Schwarz, puis .
3. Déterminer, pour chacune des trois inégalités , et , les vecteurs qui réalisent l'égalité.
4. Montrer que les constantes et obtenues aux questions 1 et 2 sont optimales, c'est-à-dire qu'aucune constante strictement plus petite ne convient.
5. Conclure que ces trois normes sont deux à deux équivalentes sur , et préciser ce que cette propriété signifie concrètement.
Exercice 5 ★★★★ — Ouvert ou fermé : premières reconnaissances
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité
Les espaces et sont munis de la norme (le maximum des modules des coordonnées, respectivement des coefficients), et de .
1. Pour chacune des six parties suivantes, dire si elle est ouverte, fermée, les deux, ou ni l'une ni l'autre. Chaque réponse sera justifiée.
a.
b.
c.
d. , dans
e.
f.
2. Une intersection quelconque de parties ouvertes est-elle ouverte ?
3. Une réunion quelconque de parties fermées est-elle fermée ?
Exercice 6 ★★★★ — Intérieur, adhérence et frontière
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité
Rappel de vocabulaire : est le plus grand ouvert inclus dans (l'ensemble des points dont une boule ouverte centrée en eux est incluse dans ), est le plus petit fermé contenant (l'ensemble des limites de suites d'éléments de ), et .
Déterminer , et pour chacune des parties suivantes. Chaque égalité sera justifiée, par double inclusion ou par la caractérisation séquentielle. Le plan est muni de .
1. , dans .
2. , dans .
3. .
4. .
5. , dans .
Exercice 7 ★★★★ — Continuité et caractérisation séquentielle
Étude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes
1. Montrer que l'application , , est continue.
2. Soit définie par
Montrer que est continue sur , puis qu'elle n'est pas continue en .
3. On munit de . Montrer que l'application
est continue sur . Est-elle lipschitzienne sur ?
4. Soient et deux espaces vectoriels normés, une partie dense de et une application continue, nulle sur . Montrer, par la caractérisation séquentielle, que est identiquement nulle. En déduire que deux applications continues de dans qui coïncident sur sont égales.
Exercice 8 ★★★★ — Reconnaître les parties compactes
Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de HeineEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
On rappelle qu'une partie d'un espace vectoriel normé est compacte lorsque, de toute suite d'éléments de , on peut extraire une sous-suite qui converge vers un élément de .
1. Énoncer le critère qui caractérise les parties compactes d'un espace vectoriel normé de dimension finie. Reste-t-il valable en dimension quelconque ?
2. Les parties suivantes sont-elles compactes ? On munit de et de .
a. la sphère unité de
b.
c.
d.
e.
f. , dans
3. Redémontrer directement, par extraction et sans utiliser le critère de la question 1, que la partie de l'item f. est compacte.
Exercice 9 ★★★★ — La distance à une partie
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes
Soient un espace vectoriel normé et une partie non vide de . Pour , on pose
1. Justifier que est bien défini pour tout , et que .
2. Montrer que pour tous . Qu'en déduit-on sur l'application ?
3. Montrer que si et seulement si .
4. En déduire que est une partie fermée de , puis que si est fermée et , alors .
5. Dans muni de , on pose et . Montrer que et sont deux fermés disjoints tels que
Exercice 10 ★★★★ — Comparer trois normes sur les fonctions continues
Normes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuellesComparaison des normes, normes équivalentes
Soit . Pour , on pose
On admet que et sont des normes sur .
1. Vérifier que est une norme sur . On soignera l'implication : si , alors .
2. Démontrer que pour toute .
3. Pour , on pose . Calculer , et .
4. En déduire que et ne sont pas équivalentes, puis que et ne le sont pas non plus.
5. Étudier la convergence de la suite pour chacune des trois normes. Conclure sur ce que devient, en dimension infinie, le théorème d'équivalence des normes.
Exercice 11 ★★★★ — Reconnaître un ouvert ou un fermé par image réciproque
Étude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennesOuverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité
Soient et deux -espaces vectoriels normés.
1. Soit . Démontrer l'équivalence entre :
(i) est continue sur ; (ii) pour tout ouvert de , est un ouvert de .
En déduire la variante : est continue si et seulement si l'image réciproque de tout fermé de est un fermé de .
2. En appliquant cette méthode, déterminer la nature des ensembles suivants.
a. dans .
b. dans .
c. , l'espace étant muni de .
3. Montrer que l'ensemble des matrices symétriques est un fermé de , d'intérieur vide dès que .
4. Montrer par un contre-exemple que l'image DIRECTE d'un ouvert par une application continue n'est pas nécessairement un ouvert.
Exercice 12 ★★★★ — Opérations sur l'adhérence et l'intérieur
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité
Soient un -espace vectoriel normé et , deux parties de . On rappelle que est le plus petit fermé contenant , que est le plus grand ouvert contenu dans , et que .
1. Démontrer que .
2. Démontrer que , puis donner un contre-exemple à l'égalité.
3. Démontrer que l'intérieur de est égal à . Montrer que pour la réunion on a seulement l'inclusion intérieur de , et qu'elle est stricte en général.
4. Démontrer la relation de dualité : le complémentaire de est l'intérieur du complémentaire de .
5. Montrer que si et seulement si est à la fois ouverte et fermée. En déduire que les seules parties de à la fois ouvertes et fermées sont et .
Exercice 13 ★★★★ — Parties denses : caractérisation séquentielle et applications
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité
Soit un -espace vectoriel normé. Une partie de est dite dense dans lorsque .
1. Démontrer la caractérisation séquentielle : est dense dans si et seulement si tout élément de est limite d'une suite d'éléments de .
2. Montrer que , ensemble des matrices à coefficients rationnels, est dense dans .
3. Montrer que est dense dans muni de .
4. Montrer que si est dense dans et si est un ouvert non vide de , alors .
5. Soient un espace vectoriel normé et deux applications continues qui coïncident sur une partie dense . Montrer que . En déduire qu'une application continue admet au plus un prolongement continu à .
Exercice 14 ★★★★ — Valeurs d'adhérence d'une suite
Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, suites extraites, valeurs d'adhérence
Soit un -espace vectoriel normé. On dit que est une valeur d'adhérence de la suite d'éléments de s'il existe une extractrice , c'est-à-dire une application strictement croissante de dans , telle que .
1. Montrer qu'une suite convergente admet une unique valeur d'adhérence, à savoir sa limite.
2. Déterminer toutes les valeurs d'adhérence de dans (pour ), puis celles de dans .
3. Soit une suite BORNÉE d'un espace vectoriel normé de dimension finie. Montrer que si elle admet une unique valeur d'adhérence , alors elle converge vers .
4. On travaille dans muni de . Pour , on pose
Montrer que est bornée et n'admet aucune valeur d'adhérence.
5. Qu'en déduit-on sur la boule unité fermée en dimension infinie ?
Exercice 15 ★★★★ — Suites de matrices et passage à la limite
Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, suites extraites, valeurs d'adhérenceEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
On travaille dans , la taille étant fixée ; les suites de matrices sont indexées par .
1. Justifier que dans si et seulement si chacune des suites de coefficients converge vers le coefficient correspondant de , et que le choix de la norme est sans importance.
2. Étudier la convergence de la suite définie pour par
3. Montrer que si et , alors .
4. En déduire que si avec symétrique pour tout , alors est symétrique, et que si pour tout , alors .
5. Montrer que si avec pour tout , la matrice n'est pas nécessairement inversible.
Exercice 16 ★★★★ — Applications lipschitziennes et théorème de Heine
Étude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennesParties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de Heine
Soient et deux -espaces vectoriels normés et une partie de . On rappelle que est dite uniformément continue sur lorsque
1. Montrer qu'une application lipschitzienne est uniformément continue, et qu'une application uniformément continue est continue. Montrer que les deux réciproques sont fausses, en étudiant sur et sur .
2. Montrer que est lipschitzienne sur muni de , et déterminer sa meilleure constante de Lipschitz.
3. Énoncer et démontrer le théorème de Heine.
4. Soit un compact de et continue sur . Que donne concrètement le théorème de Heine ? Montrer sur que la conclusion tombe si n'est pas compact, mais qu'elle subsiste sur tout compact de .
Exercice 17 ★★★★ — Calculer une norme subordonnée
Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéaires
Soit un -espace vectoriel normé de dimension finie non nulle et . On identifie une matrice à l'endomorphisme de , et on note et les normes subordonnées à et à respectivement.
1. Rappeler la définition de et justifier qu'en dimension finie cette borne supérieure est un maximum.
2. Démontrer les deux formules générales, pour :
3. Les appliquer à et commenter le fait que les deux valeurs diffèrent.
4. Montrer que pour tout , et exhiber un vecteur réalisant l'égalité pour la matrice de la question 3.
5. On suppose . Montrer que n'est pas une norme subordonnée.
Exercice 18 ★★★★ — Continuité des applications linéaires en dimension finie
Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéairesEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
Soient et deux -espaces vectoriels normés, étant de dimension finie. On admet le théorème d'équivalence des normes en dimension finie.
1. Démontrer que toute application linéaire est continue. On passera par la norme associée à une base de .
2. En déduire la continuité de et de sur , puis de sur .
3. Montrer que est continue et en déduire que est un fermé.
4. Montrer que le produit matriciel est bilinéaire continu, et en déduire que est continue sur , pour .
5. Montrer que l'hypothèse de dimension finie est essentielle : sur muni de , où , l'application linéaire n'est pas continue.
Exercice 19 ★★★★ — Le groupe linéaire est un ouvert
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
Soit et ou . L'espace est de dimension finie : toutes les normes y sont équivalentes, et les notions d'ouvert, de fermé et de convergence ne dépendent donc pas de la norme choisie. On note .
1. Montrer que est continue.
2. En déduire que est un ouvert de , et que l'ensemble des matrices non inversibles en est un fermé.
3. Soit une norme sur et la norme subordonnée associée sur . Soit telle que . En considérant un vecteur vérifiant , montrer que est inversible.
4. En déduire que contient une boule ouverte de centre et de rayon explicite, d'abord pour la norme , puis pour la norme .
5. L'ensemble est-il fermé ? borné ? Répondre par des contre-exemples explicites.
Exercice 20 ★★★★ — Le groupe orthogonal est compact
Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de Heine
On munit , avec , de son produit scalaire canonique et de la norme euclidienne associée
L'espace est de dimension finie .
1. Montrer que est un fermé de .
2. Montrer que pour toute . Qu'en déduit-on ?
3. Conclure que est compact et énoncer ce que cela apporte pour les fonctions continues définies sur .
4. Soit fixée. Montrer que atteint son maximum sur et que ce maximum est majoré par . Traiter complètement le cas .
5. Montrer que est fermé, mais non borné dès que : il n'est donc pas compact.
Exercice 21 ★★★★ — Premières parties connexes par arcs
Parties connexes par arcs, composantes connexes par arcs
Soit un -espace vectoriel normé. Pour , on note le segment d'extrémités et . Une partie est dite étoilée par rapport à lorsque pour tout .
1. Rappeler la définition d'un chemin continu de à tracé dans , puis celle d'une partie connexe par arcs.
2. Montrer qu'une partie convexe est connexe par arcs, puis qu'une partie étoilée l'est également.
3. Montrer que est connexe par arcs. On distinguera le cas où le segment évite l'origine et celui où il la contient.
4. Montrer que n'est PAS connexe par arcs, et déterminer ses composantes connexes par arcs.
5. Soit . Montrer que la sphère unité de , muni de , est connexe par arcs.
Exercice 22 ★★★★ — La boule unité des fonctions continues n'est pas compacte
Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de HeineNormes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuelles
On travaille dans muni de , et l'on note sa boule unité fermée.
Pour , on pose
puis, pour ,
C'est la fonction « bosse » affine par morceaux, nulle en dehors de et valant au milieu de cet intervalle.
1. Montrer que est une partie fermée et bornée de .
2. Montrer que , puis que dès que .
3. En déduire que n'est PAS compacte.
4. Qu'en conclut-on sur la caractérisation « compact équivaut à fermé et borné » ? Sur la dimension de ?
5. Montrer que est fermée et bornée. Les fonctions appartiennent-elles à ?
Exercice 23 ★★★★ — La dérivation n'est pas continue
Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéaires
On munit de
où l'on identifie et la fonction polynomiale qui lui est associée. Toutes les normes subordonnées de l'exercice sont relatives à cette norme, au départ comme à l'arrivée.
1. Vérifier que est bien une norme sur .
2. Soit , . Montrer que est linéaire. Calculer et , et en déduire que n'est PAS continue.
3. Montrer que la forme linéaire est continue, et que .
4. Soit et la restriction de à . Montrer que est continue, puis que . Que dire de quand ?
5. Conclure : où intervient exactement la dimension finie dans cette histoire ?
Exercice 24 ★★★★ — Les sous-espaces de dimension finie sont fermés
Espaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermésOuverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité
1. Soit un -espace vectoriel normé, de dimension quelconque, et un sous-espace vectoriel de de DIMENSION FINIE. Montrer que est une partie fermée de . On partira d'une suite d'éléments de convergeant vers , on décomposera les dans une base de , et l'on utilisera l'équivalence des normes en dimension finie, admise.
2. En déduire que est un fermé de , quelle que soit la norme choisie sur .
3. Soit muni de , et le sous-espace des restrictions à des fonctions polynomiales. Pour on pose . Montrer que , puis que n'est PAS fermé dans .
4. Que peut-on en déduire sur la dimension de , donc sur celle de ?
5. On munit maintenant de et l'on pose . Montrer que est une forme linéaire NON continue, puis que son noyau , qui est un hyperplan, est DENSE dans .
Exercice 25 ★★★★ — Densité des matrices inversibles
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
Soit et ou . On munit d'une norme quelconque : l'espace étant de dimension finie , la notion de convergence ne dépend pas de ce choix. On note le polynôme caractéristique de .
1. Soit . Montrer que est une fonction polynomiale de degré exactement , donc non nulle, et en déduire qu'elle ne s'annule qu'en un nombre fini de points.
2. En déduire l'existence d'une suite de matrices INVERSIBLES convergeant vers .
3. Conclure que est dense dans .
4. Soient . Montrer , d'abord lorsque est inversible, puis dans le cas général par densité. On précisera quelle application est continue et pourquoi le passage à la limite est licite, coefficient par coefficient.
5. Soit . Par le même schéma, démontrer que pour toutes matrices . On rappelle la relation .
Exercice 26 ★★★★ — Topologie des matrices nilpotentes
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
Soit . On munit d'une norme quelconque, l'espace étant de dimension finie , et l'on note
l'ensemble des matrices nilpotentes.
1. Montrer que si et seulement si . En déduire que est un FERMÉ de .
2. Montrer que est un cône : pour tous et .
3. Montrer que , autrement dit que toute matrice nilpotente est limite de matrices non nilpotentes. On pourra considérer et déterminer son spectre.
4. Montrer que n'est pas borné dès que , donc pas compact.
5. Montrer que est connexe par arcs. Montrer en revanche que ne l'est pas, et commenter la différence.
Exercice 27 ★★★★ — Sommes et intersections de compacts
Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de Heine
Soit un -espace vectoriel normé. Pour deux parties et de , on note
et pour non vide et bornée, .
1. Soient et deux compacts non vides de . Montrer que est compact. On rédigera soigneusement la double extraction.
2. Soient un compact non vide et un fermé non vide de . Montrer que est FERMÉ. Est-il compact en général ?
3. Dans , on pose et . Montrer que et sont fermés, calculer , et conclure que la somme de deux fermés n'est pas toujours fermée.
4. Soit une suite DÉCROISSANTE de compacts non vides de , c'est-à-dire vérifiant pour tout . Montrer que n'est pas vide.
5. Montrer que si de plus , cette intersection est réduite à un point.
Exercice 28 ★★★★ — Connexité par arcs et valeurs intermédiaires
Parties connexes par arcs, composantes connexes par arcsÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes
et désignent des -espaces vectoriels normés. On rappelle qu'une partie de est connexe par arcs lorsque, pour tous de , il existe une application continue vérifiant et .
1. Soit une partie connexe par arcs de et continue. Montrer que est connexe par arcs.
2. Montrer que les parties connexes par arcs de sont exactement les intervalles (on conviendra que et les singletons sont des intervalles).
3. En déduire le théorème des valeurs intermédiaires généralisé : si est connexe par arcs et si est continue, alors est un intervalle ; en particulier, si prend les valeurs et , elle prend toute valeur comprise entre et .
4. Soit . Montrer que est connexe par arcs, puis qu'il n'existe aucune application continue et injective de dans .
5. Montrer que n'est connexe par arcs pour aucun .
Exercice 29 ★★★★ — Connexité par arcs du groupe linéaire
Parties connexes par arcs, composantes connexes par arcsEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
On munit d'une norme quelconque ; toutes sont équivalentes puisque cet espace est de dimension finie, et la convergence y équivaut à la convergence coefficient par coefficient. On note l'ensemble des matrices réelles inversibles de déterminant strictement positif, et celui des matrices de déterminant strictement négatif. On suppose .
1. Soient . Montrer que est une fonction polynomiale de , non nulle, et en déduire que l'ensemble de ses zéros est fini et ne contient ni ni .
2. Montrer qu'il existe tel que la ligne brisée joignant à puis à évite . En déduire que est connexe par arcs.
3. Montrer que n'est pas connexe par arcs.
4. Montrer que est un ouvert de , puis qu'il est connexe par arcs. On ADMETTRA le résultat d'algèbre suivant, conséquence directe du pivot de Gauss : toute s'écrit , où chaque est une transvection (avec ) et .
5. En déduire le nombre de composantes connexes par arcs de .
Exercice 30 ★★★★ — Normes d'algèbre et normes subordonnées
Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéairesNormes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuelles
Soit un -espace vectoriel normé de dimension finie non nulle. Toute application linéaire de dans étant continue, on dispose sur de la norme subordonnée
1. Établir pour tout , puis en déduire et .
2. En déduire que pour tout .
3. On suppose . Montrer que dans , puis que est inversible (on montrera l'injectivité à l'aide de l'inégalité de la question 1).
4. Sur , on pose . Montrer que est une norme, qu'elle ne vérifie pas dès que , mais que la vérifie.
5. Pour , calculer les trois normes subordonnées , et associées à , et sur , et les comparer.
Exercice 31 ★★★★ — Les sous-groupes additifs des réels
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité
Soit un sous-groupe de non réduit à . On note et .
1. Montrer que est non vide et que est bien défini, avec .
2. On suppose . Montrer que (raisonner par l'absurde et construire deux éléments de tels que ), puis que .
3. On suppose . Montrer que est dense dans .
4. Conclure : tout sous-groupe de est soit de la forme avec , et alors fermé dans , soit dense dans , ces deux cas s'excluant mutuellement.
5. Soit un irrationnel. Montrer que est dense dans . En déduire, en admettant l'irrationalité de , que est dense dans .
Exercice 32 ★★★★ — Densité des matrices diagonalisables
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermésÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes
On travaille dans , muni d'une norme quelconque : cet espace étant de dimension finie, toutes les normes y sont équivalentes et la convergence équivaut à la convergence coefficient par coefficient. On note l'ensemble des matrices diagonalisables et l'ensemble des matrices dont les valeurs propres sont deux à deux distinctes.
1. Montrer que .
2. Soit . On admet le résultat de cours : est semblable à une matrice triangulaire supérieure . Construire une suite de matrices triangulaires supérieures, à coefficients diagonaux deux à deux distincts, qui converge vers (on perturbera la diagonale, sans jamais calculer ).
3. En déduire que est dense dans .
4. Démontrer le théorème de Cayley-Hamilton par densité : on vérifiera pour diagonalisable, puis on établira la continuité de .
5. Montrer que n'est pas fermé (pour ), puis que est ouvert. Pour ce dernier point, on posera
et l'on montrera que , où sont les valeurs propres de comptées avec multiplicité.
Exercice 33 ★★★★ — Point fixe sur un compact
Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de HeineÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes
Soit un -espace vectoriel normé, une partie compacte non vide de et vérifiant
Attention : on ne suppose l'existence d'aucun rapport tel que .
1. Montrer que est continue sur .
2. Montrer que est continue sur et qu'elle atteint sa borne inférieure en un point de .
3. Montrer par l'absurde que , c'est-à-dire que est un point fixe de .
4. Montrer que ce point fixe est unique.
5. Montrer que l'hypothèse de compacité est indispensable : on posera et , et l'on vérifiera que envoie dans , satisfait la même inégalité stricte, mais n'a aucun point fixe.
Exercice 34 ★★★★ — Rang et topologie des matrices
Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés
On travaille dans , de dimension finie : toutes les normes y sont équivalentes et la convergence équivaut à la convergence coefficient par coefficient. Pour on pose
On appelle mineur d'ordre de le déterminant d'une matrice extraite de en ne gardant que lignes et colonnes.
1. Justifier la caractérisation du rang par les mineurs : pour , si et seulement si possède un mineur d'ordre non nul.
2. En déduire que est un ouvert et que est un fermé.
3. En déduire que le rang ne peut que chuter par passage à la limite : si , alors à partir d'un certain rang. Donner un exemple où l'inégalité est stricte pour tout .
4. Soit . Montrer, à l'aide de deux suites explicites, que n'est ni ouvert ni fermé.
5. Déterminer .
Exercice 35 ★★★★ — Fonctions coercives et existence d'un minimum
Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de HeineÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes
On munit d'une norme ; comme toutes les normes y sont équivalentes, les énoncés ci-dessous n'en dépendent pas. Une application est dite coercive lorsque quand .
1. Écrire la définition de la coercivité avec des quantificateurs.
2. Soit continue et coercive. Montrer que atteint un minimum global sur .
3. Montrer que est coercive sur , puis déterminer son minimum. On admettra qu'un minimum global d'une fonction de classe sur annule les deux dérivées partielles.
4. Soit un fermé non vide de et . Montrer qu'il existe tel que .
5. Donner une application continue de dans , minorée, dont la borne inférieure n'est pas atteinte.
Exercice 36 ★★★★ — Rayon spectral et puissances d'une matrice
Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéairesSuites d'un espace vectoriel normé : convergence, suites extraites, valeurs d'adhérence
Soit . Son spectre est non vide (le polynôme est scindé sur ) et fini, ce qui permet de définir le rayon spectral
Pour une norme sur , on note la norme subordonnée associée. Comme est de dimension finie, « » ne dépend pas de la norme choisie.
1. Montrer que pour toute norme subordonnée.
2. Montrer que si alors .
3. Réciproque dans le cas diagonalisable : si est diagonalisable et , montrer que .
4. Montrer que s'il existe UNE norme subordonnée telle que , alors , sans hypothèse de diagonalisabilité.
5. Soit . Calculer pour tout , en déduire , puis comparer et . Que peut-on en conclure sur les questions 1 et 4 ?
Bloqué sur « Topologie des espaces vectoriels normés » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.