MP · Chapitre 04

Exercices — Topologie des espaces vectoriels normés

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Reconnaître une norme

Normes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuelles

On note E=C([0,1],R) et F=C1([0,1],R).

1. Pour chacune des six applications suivantes, dire si elle définit une norme sur l'espace indiqué. Lorsque la réponse est négative, exhiber un vecteur mettant en défaut l'une des propriétés caractéristiques.

a. Na(x,y)=x+2y sur R2

b. Nb(x,y)=xy sur R2

c. Nc(x,y)=max(x,x+y) sur R2

d. Nd(x,y)=x2+xy+y2 sur R2

e. Ne(f)=f(0) sur E

f. Nf(f)=f(0)+f sur F

2. Rédiger en détail la vérification des trois propriétés pour Nc.

3. Rédiger en détail la vérification pour Nd, en reconnaissant une norme euclidienne.

4. Montrer que, pour tout zR2,

12zNc(z)2z,

puis montrer que les constantes 12 et 2 sont optimales.

Exercice 2 ★★★Boules unités et parties bornées

Normes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuelles

La figure ci-dessous représente, superposées dans le plan R2, les boules unités fermées Bf(0,1) des trois normes usuelles 1, 2 et .

Boules unités fermées des normes 1, 2 et infini dans le plan

1. Associer à chacune des trois normes la partie qui lui correspond parmi le carré [1,1]×[1,1], le disque de centre O et de rayon 1, et le losange de sommets (1,0), (0,1), (1,0), (0,1). Justifier par un calcul.

2. Lire sur la figure les inclusions entre ces trois boules unités, puis les démontrer.

3. Soient N et N deux normes sur un K-espace vectoriel E. Montrer que si la boule unité fermée de N est incluse dans celle de N, alors NN. En déduire, à partir de la question 2, les inégalités entre 1, 2 et sur R2.

4. Soient a=(a1,a2)R2 et r>0. Décrire Bf(a,r) pour la norme comme un produit de deux intervalles.

5. Les parties suivantes sont-elles bornées ? On munit M2(R) de M=max1i,j2mij et C([0,1],R) de .

a. {(x,y)R2  ;  xy=1}

b. {(x,y)R2  ;  x2+4y24}

c. {MM2(R)  ;  detM=1}

d. {fC([0,1],R)  ;  f=1}

Exercice 3 ★★★Convergence de suites dans un espace normé

Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, suites extraites, valeurs d'adhérence

1. Étudier la convergence dans R3 de la suite (un)n1 définie par

un=(2n+1n+3, sinnn, n2+nn).

2. Même question dans M2(R) pour la suite (An)n1 définie par

An=(1n(1+1n)nn+12n1cos1n).

3. On munit E=C([0,1],R) de la norme . Pour n1 et t[0,1], on pose fn(t)=tnn et gn(t)=tn. Montrer que (fn) converge vers la fonction nulle dans E, puis que (gn) n'a pas de limite dans E.

4. Soient E un espace vectoriel normé et (un) une suite de E convergeant vers E. Montrer que la suite réelle (un) converge vers . La réciproque est-elle vraie ?

Exercice 4 ★★★★Comparaison des normes usuelles

Comparaison des normes, normes équivalentesEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

Soit n1. On munit Kn des trois normes usuelles 1, 2 et , et on note x=(x1,,xn) un élément de Kn.

1. Démontrer les inégalités xx2x1nx.

2. Démontrer x1nx2 à l'aide de l'inégalité de Cauchy-Schwarz, puis x2nx.

3. Déterminer, pour chacune des trois inégalités xx2, x2x1 et x1nx2, les vecteurs x qui réalisent l'égalité.

4. Montrer que les constantes n et n obtenues aux questions 1 et 2 sont optimales, c'est-à-dire qu'aucune constante strictement plus petite ne convient.

5. Conclure que ces trois normes sont deux à deux équivalentes sur Kn, et préciser ce que cette propriété signifie concrètement.

Exercice 5 ★★★Ouvert ou fermé : premières reconnaissances

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité

Les espaces R2 et Mn(R) sont munis de la norme (le maximum des modules des coordonnées, respectivement des coefficients), et C([0,1],R) de f=supt[0,1]f(t).

1. Pour chacune des six parties suivantes, dire si elle est ouverte, fermée, les deux, ou ni l'une ni l'autre. Chaque réponse sera justifiée.

a. A={(x,y)R2  ;  x>0 et y>0}

b. B={(x,y)R2  ;  x2+y2=1}

c. C={(x,y)R2  ;  x0}{(x,y)R2  ;  y>1}

d. D=Z×R, dans R2

e. G={MMn(R)  ;  detM=0}

f. H={fC([0,1],R)  ;  f(0)=0}

2. Une intersection quelconque de parties ouvertes est-elle ouverte ?

3. Une réunion quelconque de parties fermées est-elle fermée ?

Exercice 6 ★★★Intérieur, adhérence et frontière

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité

Rappel de vocabulaire : A˚ est le plus grand ouvert inclus dans A (l'ensemble des points dont une boule ouverte centrée en eux est incluse dans A), A est le plus petit fermé contenant A (l'ensemble des limites de suites d'éléments de A), et A=AA˚.

Point intérieur, point frontière, point extérieur d'une partie du plan

Déterminer A˚, A et A pour chacune des parties suivantes. Chaque égalité sera justifiée, par double inclusion ou par la caractérisation séquentielle. Le plan R2 est muni de 2.

1. A=[0,1[{2}, dans R.

2. A=Q, dans R.

3. A={(x,y)R2  ;  x2+y2<1}{(1,0)}.

4. A={(x,y)R2  ;  xy>0}.

5. A={1n  ;  nN}, dans R.

Exercice 7 ★★★★Continuité et caractérisation séquentielle

Étude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes

1. Montrer que l'application φ:Mn(R)R, Mtr(M2), est continue.

2. Soit g:R2R définie par

g(x,y)=xyx2+y2  si (x,y)(0,0),g(0,0)=0.

Montrer que g est continue sur R2{(0,0)}, puis qu'elle n'est pas continue en (0,0).

3. On munit E=C([0,1],R) de . Montrer que l'application

h:ER,f01f(t)2dt

est continue sur E. Est-elle lipschitzienne sur E ?

4. Soient E et F deux espaces vectoriels normés, D une partie dense de E et u:EF une application continue, nulle sur D. Montrer, par la caractérisation séquentielle, que u est identiquement nulle. En déduire que deux applications continues de E dans F qui coïncident sur D sont égales.

Exercice 8 ★★★Reconnaître les parties compactes

Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de HeineEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

On rappelle qu'une partie K d'un espace vectoriel normé est compacte lorsque, de toute suite d'éléments de K, on peut extraire une sous-suite qui converge vers un élément de K.

1. Énoncer le critère qui caractérise les parties compactes d'un espace vectoriel normé de dimension finie. Reste-t-il valable en dimension quelconque ?

2. Les parties suivantes sont-elles compactes ? On munit Rn de et M2(R) de M=max1i,j2mij.

a. la sphère unité S(0,1) de Rn

b. {(x,y)R2  ;  xy=1}

c. {(x,y)R2  ;  x2+2y23}

d. GL2(R)

e. {MM2(R)  ;  tr(M)=0 et M1}

f. K={0}{1n  ;  nN}, dans R

3. Redémontrer directement, par extraction et sans utiliser le critère de la question 1, que la partie K de l'item f. est compacte.

Exercice 9 ★★★★La distance à une partie

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes

Soient E un espace vectoriel normé et A une partie non vide de E. Pour xE, on pose

d(x,A)=infaAxa.

1. Justifier que d(x,A) est bien défini pour tout xE, et que d(x,A)0.

2. Montrer que d(x,A)d(y,A)xy pour tous x,yE. Qu'en déduit-on sur l'application xd(x,A) ?

3. Montrer que d(x,A)=0 si et seulement si xA.

4. En déduire que A est une partie fermée de E, puis que si A est fermée et xA, alors d(x,A)>0.

5. Dans R2 muni de , on pose A=R×{0} et B={(x,y)R2  ;  xy=1}. Montrer que A et B sont deux fermés disjoints tels que

inf{ab  ;  aA, bB}=0.

Exercice 10 ★★★★Comparer trois normes sur les fonctions continues

Normes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuellesComparaison des normes, normes équivalentes

Soit E=C([0,1],R). Pour fE, on pose

f1=01f(t)dt,f2=(01f(t)2dt)1/2,f=supt[0,1]f(t).

On admet que 2 et sont des normes sur E.

1. Vérifier que 1 est une norme sur E. On soignera l'implication : si f1=0, alors f=0.

2. Démontrer que f1f2f pour toute fE.

3. Pour nN, on pose fn(t)=tn. Calculer fn1, fn2 et fn.

4. En déduire que 1 et ne sont pas équivalentes, puis que 2 et ne le sont pas non plus.

5. Étudier la convergence de la suite (fn) pour chacune des trois normes. Conclure sur ce que devient, en dimension infinie, le théorème d'équivalence des normes.

Exercice 11 ★★★★Reconnaître un ouvert ou un fermé par image réciproque

Étude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennesOuverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité

Soient E et F deux K-espaces vectoriels normés.

1. Soit f:EF. Démontrer l'équivalence entre :

(i) f est continue sur E ; (ii) pour tout ouvert U de F, f1(U) est un ouvert de E.

En déduire la variante : f est continue si et seulement si l'image réciproque de tout fermé de F est un fermé de E.

2. En appliquant cette méthode, déterminer la nature des ensembles suivants.

a. A={(x,y)R2  ;  x2+y3<4} dans R2.

b. B={MMn(R)  ;  tr(M)=1} dans Mn(R).

c. C={fC([0,1],R)  ;  01f(t)dt>1}, l'espace étant muni de .

3. Montrer que l'ensemble Sn(R) des matrices symétriques est un fermé de Mn(R), d'intérieur vide dès que n2.

4. Montrer par un contre-exemple que l'image DIRECTE d'un ouvert par une application continue n'est pas nécessairement un ouvert.

Exercice 12 ★★★★Opérations sur l'adhérence et l'intérieur

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité

Soient E un K-espace vectoriel normé et A, B deux parties de E. On rappelle que A est le plus petit fermé contenant A, que A˚ est le plus grand ouvert contenu dans A, et que A=AA˚.

1. Démontrer que AB=AB.

2. Démontrer que ABAB, puis donner un contre-exemple à l'égalité.

3. Démontrer que l'intérieur de AB est égal à A˚B˚. Montrer que pour la réunion on a seulement l'inclusion A˚B˚ intérieur de AB, et qu'elle est stricte en général.

4. Démontrer la relation de dualité : le complémentaire de A est l'intérieur du complémentaire de A.

5. Montrer que A= si et seulement si A est à la fois ouverte et fermée. En déduire que les seules parties de R à la fois ouvertes et fermées sont et R.

Exercice 13 ★★★★Parties denses : caractérisation séquentielle et applications

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité

Soit E un K-espace vectoriel normé. Une partie A de E est dite dense dans E lorsque A=E.

1. Démontrer la caractérisation séquentielle : A est dense dans E si et seulement si tout élément de E est limite d'une suite d'éléments de A.

2. Montrer que Mn(Q), ensemble des matrices à coefficients rationnels, est dense dans Mn(R).

3. Montrer que D={fC([0,1],R)  ;  f(0)0} est dense dans C([0,1],R) muni de .

4. Montrer que si A est dense dans E et si U est un ouvert non vide de E, alors AU.

5. Soient F un espace vectoriel normé et f,g:EF deux applications continues qui coïncident sur une partie dense A. Montrer que f=g. En déduire qu'une application continue u:AF admet au plus un prolongement continu à E.

Exercice 14 ★★★Valeurs d'adhérence d'une suite

Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, suites extraites, valeurs d'adhérence

Soit E un K-espace vectoriel normé. On dit que E est une valeur d'adhérence de la suite (un) d'éléments de E s'il existe une extractrice φ, c'est-à-dire une application strictement croissante de N dans N, telle que uφ(n).

1. Montrer qu'une suite convergente admet une unique valeur d'adhérence, à savoir sa limite.

2. Déterminer toutes les valeurs d'adhérence de un=(1)n+1n dans R (pour n1), puis celles de vn=(cos(nπ3),sin(nπ3)) dans R2.

3. Soit (un) une suite BORNÉE d'un espace vectoriel normé de dimension finie. Montrer que si elle admet une unique valeur d'adhérence , alors elle converge vers .

4. On travaille dans C([0,1],R) muni de . Pour n1, on pose

cn=2n+12n(n+1),rn=12n(n+1),fn(t)=max(0,1tcnrn).

Montrer que (fn) est bornée et n'admet aucune valeur d'adhérence.

5. Qu'en déduit-on sur la boule unité fermée en dimension infinie ?

Exercice 15 ★★★★Suites de matrices et passage à la limite

Suites d'un espace vectoriel normé : convergence, suites extraites, valeurs d'adhérenceEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

On travaille dans Mn(K), la taille n étant fixée ; les suites de matrices sont indexées par p.

1. Justifier que ApA dans Mn(K) si et seulement si chacune des n2 suites de coefficients converge vers le coefficient correspondant de A, et que le choix de la norme est sans importance.

2. Étudier la convergence de la suite définie pour p1 par

Ap=(11p1p2(1)pp(1+1p)p)M2(R).

3. Montrer que si ApA et BpB, alors ApBpAB.

4. En déduire que si ApA avec Ap symétrique pour tout p, alors A est symétrique, et que si Ap2=Ap pour tout p, alors A2=A.

5. Montrer que si ApA avec ApGLn(K) pour tout p, la matrice A n'est pas nécessairement inversible.

Exercice 16 ★★★★Applications lipschitziennes et théorème de Heine

Étude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennesParties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de Heine

Soient E et F deux K-espaces vectoriels normés et X une partie de E. On rappelle que f:XF est dite uniformément continue sur X lorsque

ε>0,δ>0,(x,y)X2,xyδ    f(x)f(y)ε.

1. Montrer qu'une application lipschitzienne est uniformément continue, et qu'une application uniformément continue est continue. Montrer que les deux réciproques sont fausses, en étudiant g(t)=t sur [0,1] et h(t)=t2 sur R.

2. Montrer que Mtr(M) est lipschitzienne sur Mn(R) muni de N(M)=max1i,jnmij, et déterminer sa meilleure constante de Lipschitz.

3. Énoncer et démontrer le théorème de Heine.

4. Soit K un compact de Rn et f continue sur K. Que donne concrètement le théorème de Heine ? Montrer sur f(x)=1x que la conclusion tombe si K n'est pas compact, mais qu'elle subsiste sur tout compact de ]0,+[.

Exercice 17 ★★★Calculer une norme subordonnée

Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéaires

Soit E un R-espace vectoriel normé de dimension finie non nulle et uL(E). On identifie une matrice AMn(R) à l'endomorphisme xAx de Rn, et on note  ⁣ ⁣A ⁣ ⁣ et  ⁣ ⁣A ⁣ ⁣1 les normes subordonnées à et à 1 respectivement.

1. Rappeler la définition de  ⁣ ⁣u ⁣ ⁣=supx1u(x) et justifier qu'en dimension finie cette borne supérieure est un maximum.

2. Démontrer les deux formules générales, pour A=(aij)Mn(R) :

 ⁣ ⁣A ⁣ ⁣=max1inj=1naij(somme par LIGNE), ⁣ ⁣A ⁣ ⁣1=max1jni=1naij(somme par COLONNE).

3. Les appliquer à A=(1234) et commenter le fait que les deux valeurs diffèrent.

4. Montrer que Ax ⁣ ⁣A ⁣ ⁣x pour tout x, et exhiber un vecteur réalisant l'égalité pour la matrice de la question 3.

5. On suppose n2. Montrer que N(A)=max1i,jnaij n'est pas une norme subordonnée.

Exercice 18 ★★★★Continuité des applications linéaires en dimension finie

Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéairesEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

Soient E et F deux K-espaces vectoriels normés, E étant de dimension finie. On admet le théorème d'équivalence des normes en dimension finie.

1. Démontrer que toute application linéaire u:EF est continue. On passera par la norme N1 associée à une base de E.

2. En déduire la continuité de Mtr(M) et de MtM sur Mn(K), puis de PP(2) sur Kn[X].

3. Montrer que det:Mn(R)R est continue et en déduire que SLn(R)={MMn(R)  ;  detM=1} est un fermé.

4. Montrer que le produit matriciel est bilinéaire continu, et en déduire que MMk est continue sur Mn(K), pour kN.

5. Montrer que l'hypothèse de dimension finie est essentielle : sur K[X] muni de P=maxiai, où P=iaiXi, l'application linéaire PP(1) n'est pas continue.

Exercice 19 ★★★★Le groupe linéaire est un ouvert

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

Soit n1 et K=R ou C. L'espace Mn(K) est de dimension finie n2 : toutes les normes y sont équivalentes, et les notions d'ouvert, de fermé et de convergence ne dépendent donc pas de la norme choisie. On note N(M)=max1i,jnmi,j.

1. Montrer que det:Mn(K)K est continue.

2. En déduire que GLn(K) est un ouvert de Mn(K), et que l'ensemble des matrices non inversibles en est un fermé.

3. Soit une norme sur Kn et  ⁣ ⁣ ⁣ ⁣ la norme subordonnée associée sur Mn(K). Soit H telle que  ⁣ ⁣H ⁣ ⁣<1. En considérant un vecteur x vérifiant (In+H)x=0, montrer que In+H est inversible.

4. En déduire que GLn(K) contient une boule ouverte de centre In et de rayon explicite, d'abord pour la norme  ⁣ ⁣ ⁣ ⁣, puis pour la norme N.

5. L'ensemble GLn(K) est-il fermé ? borné ? Répondre par des contre-exemples explicites.

Exercice 20 ★★★★Le groupe orthogonal est compact

Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de Heine

On munit Mn(R), avec n1, de son produit scalaire canonique A,B=tr(tAB) et de la norme euclidienne associée

M=tr(tMM)=1i,jnmi,j2.

L'espace est de dimension finie n2.

1. Montrer que On(R)={MMn(R)  ;  tMM=In} est un fermé de Mn(R).

2. Montrer que M=n pour toute MOn(R). Qu'en déduit-on ?

3. Conclure que On(R) est compact et énoncer ce que cela apporte pour les fonctions continues définies sur On(R).

4. Soit AMn(R) fixée. Montrer que Mtr(AM) atteint son maximum sur On(R) et que ce maximum est majoré par nA. Traiter complètement le cas A=In.

5. Montrer que SLn(R)={M  ;  detM=1} est fermé, mais non borné dès que n2 : il n'est donc pas compact.

Exercice 21 ★★★★Premières parties connexes par arcs

Parties connexes par arcs, composantes connexes par arcs

Une partie connexe par arcs et une partie à deux composantes connexes par arcs

Soit E un K-espace vectoriel normé. Pour a,bE, on note [a,b]={(1t)a+tb  ;  t[0,1]} le segment d'extrémités a et b. Une partie A est dite étoilée par rapport à cA lorsque [c,x]A pour tout xA.

1. Rappeler la définition d'un chemin continu de a à b tracé dans A, puis celle d'une partie connexe par arcs.

2. Montrer qu'une partie convexe est connexe par arcs, puis qu'une partie étoilée l'est également.

3. Montrer que R2{(0,0)} est connexe par arcs. On distinguera le cas où le segment [a,b] évite l'origine et celui où il la contient.

4. Montrer que R{0} n'est PAS connexe par arcs, et déterminer ses composantes connexes par arcs.

5. Soit n2. Montrer que la sphère unité S(0,1) de Rn, muni de 2, est connexe par arcs.

Exercice 22 ★★★★La boule unité des fonctions continues n'est pas compacte

Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de HeineNormes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuelles

On travaille dans E=C([0,1],R) muni de f=supt[0,1]f(t), et l'on note Bf(0,1)={fE  ;  f1} sa boule unité fermée.

Pour n1, on pose

cn=12(1n+1n+1),rn=12(1n1n+1)=12n(n+1),

puis, pour t[0,1],

fn(t)=max(0, 1tcnrn).

C'est la fonction « bosse » affine par morceaux, nulle en dehors de ]1n+1,1n[ et valant 1 au milieu cn de cet intervalle.

1. Montrer que Bf(0,1) est une partie fermée et bornée de E.

2. Montrer que fnBf(0,1), puis que fnfm=1 dès que nm.

3. En déduire que Bf(0,1) n'est PAS compacte.

4. Qu'en conclut-on sur la caractérisation « compact équivaut à fermé et borné » ? Sur la dimension de E ?

5. Montrer que K={fE  ;  f1 et f est 1-lipschitzienne} est fermée et bornée. Les fonctions fn appartiennent-elles à K ?

Exercice 23 ★★★★La dérivation n'est pas continue

Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéaires

On munit E=R[X] de

P=supt[0,1]P(t),

où l'on identifie P et la fonction polynomiale qui lui est associée. Toutes les normes subordonnées de l'exercice sont relatives à cette norme, au départ comme à l'arrivée.

1. Vérifier que est bien une norme sur R[X].

2. Soit D:R[X]R[X], PP. Montrer que D est linéaire. Calculer Xn et D(Xn), et en déduire que D n'est PAS continue.

3. Montrer que la forme linéaire φ:PP(1) est continue, et que  ⁣ ⁣φ ⁣ ⁣=1.

4. Soit nN et Dn la restriction de D à Rn[X]. Montrer que Dn est continue, puis que  ⁣ ⁣Dn ⁣ ⁣n. Que dire de  ⁣ ⁣Dn ⁣ ⁣ quand n+ ?

5. Conclure : où intervient exactement la dimension finie dans cette histoire ?

Exercice 24 ★★★Les sous-espaces de dimension finie sont fermés

Espaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermésOuverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité

1. Soit E un K-espace vectoriel normé, de dimension quelconque, et F un sous-espace vectoriel de E de DIMENSION FINIE. Montrer que F est une partie fermée de E. On partira d'une suite (xp) d'éléments de F convergeant vers xE, on décomposera les xp dans une base de F, et l'on utilisera l'équivalence des normes en dimension finie, admise.

2. En déduire que Rn[X] est un fermé de R[X], quelle que soit la norme choisie sur R[X].

3. Soit E=C([0,1],R) muni de , et P le sous-espace des restrictions à [0,1] des fonctions polynomiales. Pour pN on pose Sp=k=0pXkk!. Montrer que Spexpe(p+1)!, puis que P n'est PAS fermé dans E.

4. Que peut-on en déduire sur la dimension de P, donc sur celle de R[X] ?

5. On munit maintenant R[X] de P=supt[0,1]P(t) et l'on pose ψ:PP(2). Montrer que ψ est une forme linéaire NON continue, puis que son noyau H, qui est un hyperplan, est DENSE dans R[X].

Exercice 25 ★★★Densité des matrices inversibles

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

Soit n1 et K=R ou C. On munit Mn(K) d'une norme quelconque : l'espace étant de dimension finie n2, la notion de convergence ne dépend pas de ce choix. On note χM(X)=det(XInM) le polynôme caractéristique de M.

1. Soit AMn(K). Montrer que tdet(AtIn) est une fonction polynomiale de degré exactement n, donc non nulle, et en déduire qu'elle ne s'annule qu'en un nombre fini de points.

2. En déduire l'existence d'une suite (Ak) de matrices INVERSIBLES convergeant vers A.

3. Conclure que GLn(K) est dense dans Mn(K).

4. Soient A,BMn(K). Montrer χAB=χBA, d'abord lorsque A est inversible, puis dans le cas général par densité. On précisera quelle application est continue et pourquoi le passage à la limite est licite, coefficient par coefficient.

5. Soit n2. Par le même schéma, démontrer que com(AB)=com(A)com(B) pour toutes matrices A,B. On rappelle la relation Mtcom(M)=tcom(M)M=det(M)In.

Exercice 26 ★★★Topologie des matrices nilpotentes

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

Soit n1. On munit Mn(C) d'une norme quelconque, l'espace étant de dimension finie n2, et l'on note

N={MMn(C)  ;  pN, Mp=0}

l'ensemble des matrices nilpotentes.

1. Montrer que MN si et seulement si Mn=0. En déduire que N est un FERMÉ de Mn(C).

2. Montrer que N est un cône : λMN pour tous λC et MN.

3. Montrer que N˚=, autrement dit que toute matrice nilpotente est limite de matrices non nilpotentes. On pourra considérer M+εIn et déterminer son spectre.

4. Montrer que N n'est pas borné dès que n2, donc pas compact.

5. Montrer que N est connexe par arcs. Montrer en revanche que GLn(R) ne l'est pas, et commenter la différence.

Exercice 27 ★★★Sommes et intersections de compacts

Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de Heine

Soit E un K-espace vectoriel normé. Pour deux parties A et B de E, on note

A+B={x+y  ;  xA, yB},

et pour A non vide et bornée, diam(A)=sup(x,y)A2xy.

1. Soient K et L deux compacts non vides de E. Montrer que K+L est compact. On rédigera soigneusement la double extraction.

2. Soient K un compact non vide et F un fermé non vide de E. Montrer que K+F est FERMÉ. Est-il compact en général ?

3. Dans R2, on pose F1=R×{0} et F2={(x,y)  ;  xy=1, x>0}. Montrer que F1 et F2 sont fermés, calculer F1+F2, et conclure que la somme de deux fermés n'est pas toujours fermée.

4. Soit (Kp)pN une suite DÉCROISSANTE de compacts non vides de E, c'est-à-dire vérifiant Kp+1Kp pour tout p. Montrer que pNKp n'est pas vide.

5. Montrer que si de plus diam(Kp)0, cette intersection est réduite à un point.

Exercice 28 ★★★Connexité par arcs et valeurs intermédiaires

Parties connexes par arcs, composantes connexes par arcsÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes

E et F désignent des K-espaces vectoriels normés. On rappelle qu'une partie A de E est connexe par arcs lorsque, pour tous x,y de A, il existe une application continue γ:[0,1]A vérifiant γ(0)=x et γ(1)=y.

1. Soit A une partie connexe par arcs de E et f:AF continue. Montrer que f(A) est connexe par arcs.

2. Montrer que les parties connexes par arcs de R sont exactement les intervalles (on conviendra que et les singletons sont des intervalles).

3. En déduire le théorème des valeurs intermédiaires généralisé : si A est connexe par arcs et si f:AR est continue, alors f(A) est un intervalle ; en particulier, si f prend les valeurs α et β, elle prend toute valeur comprise entre α et β.

4. Soit pR2. Montrer que R2{p} est connexe par arcs, puis qu'il n'existe aucune application continue et injective de R2 dans R.

5. Montrer que On(R) n'est connexe par arcs pour aucun n1.

Exercice 29 ★★★★Connexité par arcs du groupe linéaire

Parties connexes par arcs, composantes connexes par arcsEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

On munit Mn(K) d'une norme quelconque ; toutes sont équivalentes puisque cet espace est de dimension finie, et la convergence y équivaut à la convergence coefficient par coefficient. On note GLn+(R) l'ensemble des matrices réelles inversibles de déterminant strictement positif, et GLn(R) celui des matrices de déterminant strictement négatif. On suppose n1.

1. Soient A,BGLn(C). Montrer que P:zdet((1z)A+zB) est une fonction polynomiale de zC, non nulle, et en déduire que l'ensemble Z de ses zéros est fini et ne contient ni 0 ni 1.

2. Montrer qu'il existe s0R tel que la ligne brisée joignant 0 à 12+is0 puis 12+is0 à 1 évite Z. En déduire que GLn(C) est connexe par arcs.

3. Montrer que GLn(R) n'est pas connexe par arcs.

4. Montrer que GLn+(R) est un ouvert de Mn(R), puis qu'il est connexe par arcs. On ADMETTRA le résultat d'algèbre suivant, conséquence directe du pivot de Gauss : toute AGLn(R) s'écrit A=T1T2TND, où chaque Tk est une transvection In+λkEikjk (avec ikjk) et D=diag(1,,1,detA).

5. En déduire le nombre de composantes connexes par arcs de GLn(R).

Exercice 30 ★★★Normes d'algèbre et normes subordonnées

Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéairesNormes, distance associée, boules, parties bornées, normes usuelles

Soit E un K-espace vectoriel normé de dimension finie non nulle. Toute application linéaire de E dans E étant continue, on dispose sur L(E) de la norme subordonnée

 ⁣ ⁣u ⁣ ⁣=supx1u(x).

1. Établir u(x) ⁣ ⁣u ⁣ ⁣x pour tout xE, puis en déduire  ⁣ ⁣vu ⁣ ⁣ ⁣ ⁣v ⁣ ⁣ ⁣ ⁣u ⁣ ⁣ et  ⁣ ⁣id ⁣ ⁣=1.

2. En déduire que  ⁣ ⁣uk ⁣ ⁣ ⁣ ⁣u ⁣ ⁣k pour tout k1.

3. On suppose  ⁣ ⁣u ⁣ ⁣<1. Montrer que uk0 dans L(E), puis que idu est inversible (on montrera l'injectivité à l'aide de l'inégalité de la question 1).

4. Sur Mn(K), on pose N(A)=max1i,jnaij. Montrer que N est une norme, qu'elle ne vérifie pas N(AB)N(A)N(B) dès que n2, mais que N=nN la vérifie.

5. Pour A=(6384), calculer les trois normes subordonnées  ⁣ ⁣A ⁣ ⁣1,  ⁣ ⁣A ⁣ ⁣2 et  ⁣ ⁣A ⁣ ⁣ associées à 1, 2 et sur R2, et les comparer.

Exercice 31 ★★★Les sous-groupes additifs des réels

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densité

Soit G un sous-groupe de (R,+) non réduit à {0}. On note G+=G]0,+[ et a=infG+.

1. Montrer que G+ est non vide et que a est bien défini, avec a0.

2. On suppose a>0. Montrer que aG (raisonner par l'absurde et construire deux éléments g2<g1 de G+ tels que 0<g1g2<a), puis que G=aZ.

3. On suppose a=0. Montrer que G est dense dans R.

4. Conclure : tout sous-groupe de (R,+) est soit de la forme aZ avec a0, et alors fermé dans R, soit dense dans R, ces deux cas s'excluant mutuellement.

5. Soit α un irrationnel. Montrer que Z+αZ={p+qα  ;  (p,q)Z2} est dense dans R. En déduire, en admettant l'irrationalité de π, que {cos(n)  ;  nN} est dense dans [1,1].

Exercice 32 ★★★★Densité des matrices diagonalisables

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermésÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes

On travaille dans Mn(C), muni d'une norme quelconque : cet espace étant de dimension finie, toutes les normes y sont équivalentes et la convergence équivaut à la convergence coefficient par coefficient. On note D l'ensemble des matrices diagonalisables et S l'ensemble des matrices dont les n valeurs propres sont deux à deux distinctes.

1. Montrer que SD.

2. Soit AMn(C). On admet le résultat de cours : A est semblable à une matrice triangulaire supérieure T. Construire une suite (Tk) de matrices triangulaires supérieures, à coefficients diagonaux deux à deux distincts, qui converge vers T (on perturbera la diagonale, sans jamais calculer T).

3. En déduire que D est dense dans Mn(C).

4. Démontrer le théorème de Cayley-Hamilton par densité : on vérifiera χM(M)=0 pour M diagonalisable, puis on établira la continuité de Φ:MχM(M).

5. Montrer que D n'est pas fermé (pour n2), puis que S est ouvert. Pour ce dernier point, on posera

Δ(M)=det(tr(Mp+q2))1p,qn(avec M0=In)

et l'on montrera que Δ(M)=1p<qn(λqλp)2, où λ1,,λn sont les valeurs propres de M comptées avec multiplicité.

Exercice 33 ★★★Point fixe sur un compact

Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de HeineÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes

Soit E un K-espace vectoriel normé, K une partie compacte non vide de E et f:KK vérifiant

f(x)f(y)<xypour tous x,yK avec xy.

Attention : on ne suppose l'existence d'aucun rapport k<1 tel que f(x)f(y)kxy.

1. Montrer que f est continue sur K.

2. Montrer que φ:xxf(x) est continue sur K et qu'elle atteint sa borne inférieure en un point x0 de K.

3. Montrer par l'absurde que φ(x0)=0, c'est-à-dire que x0 est un point fixe de f.

4. Montrer que ce point fixe est unique.

5. Montrer que l'hypothèse de compacité est indispensable : on posera K=[1,+[ et f(x)=x+1x, et l'on vérifiera que f envoie K dans K, satisfait la même inégalité stricte, mais n'a aucun point fixe.

Exercice 34 ★★★Rang et topologie des matrices

Ouverts, fermés, voisinages, intérieur, adhérence, frontière, densitéEspaces vectoriels normés de dimension finie : équivalence des normes, compacts, sous-espaces fermés

On travaille dans Mn(K), de dimension finie : toutes les normes y sont équivalentes et la convergence équivaut à la convergence coefficient par coefficient. Pour 0rn on pose

Ur={M  ;  rg(M)r},Fr={M  ;  rg(M)r},Rr={M  ;  rg(M)=r}.

On appelle mineur d'ordre r de M le déterminant d'une matrice extraite de M en ne gardant que r lignes et r colonnes.

1. Justifier la caractérisation du rang par les mineurs : pour 1rn, rg(M)r si et seulement si M possède un mineur d'ordre r non nul.

2. En déduire que Ur est un ouvert et que Fr est un fermé.

3. En déduire que le rang ne peut que chuter par passage à la limite : si MkM, alors rg(Mk)rg(M) à partir d'un certain rang. Donner un exemple où l'inégalité est stricte pour tout k.

4. Soit 0<r<n. Montrer, à l'aide de deux suites explicites, que Rr n'est ni ouvert ni fermé.

5. Déterminer Rr.

Exercice 35 ★★★Fonctions coercives et existence d'un minimum

Parties compactes, théorème des bornes atteintes, théorème de HeineÉtude locale : limites, continuité, caractérisation séquentielle, applications lipschitziennes

On munit Rn d'une norme ; comme toutes les normes y sont équivalentes, les énoncés ci-dessous n'en dépendent pas. Une application f:RnR est dite coercive lorsque f(x)+ quand x+.

1. Écrire la définition de la coercivité avec des quantificateurs.

2. Soit f:RnR continue et coercive. Montrer que f atteint un minimum global sur Rn.

3. Montrer que f(x,y)=x4+y44xy est coercive sur R2, puis déterminer son minimum. On admettra qu'un minimum global d'une fonction de classe C1 sur R2 annule les deux dérivées partielles.

4. Soit F un fermé non vide de Rn et xRn. Montrer qu'il existe yF tel que xy=d(x,F).

5. Donner une application continue de Rn dans R, minorée, dont la borne inférieure n'est pas atteinte.

Exercice 36 ★★★Rayon spectral et puissances d'une matrice

Applications linéaires continues, norme subordonnée, applications multilinéairesSuites d'un espace vectoriel normé : convergence, suites extraites, valeurs d'adhérence

Soit AMn(C). Son spectre Sp(A) est non vide (le polynôme χA est scindé sur C) et fini, ce qui permet de définir le rayon spectral

ρ(A)=max{λ  ;  λSp(A)}.

Pour une norme sur Cn, on note  ⁣ ⁣A ⁣ ⁣=supx1Ax la norme subordonnée associée. Comme Mn(C) est de dimension finie, « Ak0 » ne dépend pas de la norme choisie.

1. Montrer que ρ(A) ⁣ ⁣A ⁣ ⁣ pour toute norme subordonnée.

2. Montrer que si Ak0 alors ρ(A)<1.

3. Réciproque dans le cas diagonalisable : si A est diagonalisable et ρ(A)<1, montrer que Ak0.

4. Montrer que s'il existe UNE norme subordonnée telle que  ⁣ ⁣A ⁣ ⁣<1, alors Ak0, sans hypothèse de diagonalisabilité.

5. Soit A=12(1101). Calculer Ak pour tout k1, en déduire Ak0, puis comparer ρ(A) et  ⁣ ⁣A ⁣ ⁣. Que peut-on en conclure sur les questions 1 et 4 ?

Bloqué sur « Topologie des espaces vectoriels normés » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.