MP · Chapitre 05

Devoir surveillé — Séries numériques et vectorielles

Sujet type, 210 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 210 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Ce que les théorèmes du chapitre ne disent pas

Consignes valables pour tout le sujet, à lire avant de commencer. La durée est de 3 h 30 et la calculatrice n'est pas autorisée. Les cinq exercices sont indépendants et peuvent être traités dans l'ordre de votre choix ; l'exercice 5 est un problème en trois parties, dont les parties B et C reposent toutes deux sur le résultat établi en A.1. Chaque application d'un théorème du chapitre (comparaison, équivalence, règle de d'Alembert, sommation des relations de comparaison, théorème spécial des séries alternées) doit être précédée de la vérification EXPLICITE de ses hypothèses, en particulier de l'hypothèse de signe : c'est cette vérification, autant que le résultat, qui est notée. Un résultat admis peut être utilisé dans la suite à condition de le signaler. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

Chacune des six assertions suivantes est-elle vraie ou fausse ? Si elle est vraie, la démontrer ; si elle est fausse, la réfuter par un contre-exemple explicite, dont on vérifiera toutes les propriétés annoncées. (0,5 pt par assertion.)

a. Si la série un converge et si la suite réelle (vn) est bornée, alors la série unvn converge.

b. Si (un)n2 est une suite réelle positive décroissante telle que nun0, alors la série un converge.

c. Si (un)n1 est une suite réelle positive telle que un converge, alors nun0.

d. Si (un)n1 est une suite de réels strictement positifs telle que un+1un<1 pour tout n1, alors la série un converge.

e. Soient E un espace vectoriel normé de dimension finie, (un) une suite d'éléments de E telle que un converge, et fL(E). Alors la série f(un) converge et sa somme vaut f ⁣(n=0+un).

f. Soit (Mn)n1 une suite de M2(R) telle que la série Mn converge. Alors la série numérique det(Mn) converge.

Exercice 2 (3,5 points) — Le critère exact de convergence des puissances d'une matrice

Le cours donne une condition SUFFISANTE de convergence pour la série des puissances d'une matrice : N(A)<1. On sait déjà qu'elle n'est pas nécessaire : la matrice (0100), de norme N=2, a toutes ses puissances nulles à partir de la seconde, donc sa série converge. L'exercice ne revient pas là-dessus : il construit une condition nécessaire ET suffisante, et découvre au passage que la condition du cours redevient exacte si on l'autorise à porter sur une puissance de A.

Dans tout l'exercice, p1 est un entier et l'espace Mp(R), de dimension finie p2, est muni de la norme sous-multiplicative du cours

N(M)=pmax1i,jpmi,j,qui veˊrifieN(MM)N(M)N(M).

1. (1,25 pt) Soit AMp(R). Montrer que la série k0Ak converge si et seulement si Ak0, et qu'en cas de convergence la matrice IpA est inversible et

k=0+Ak=(IpA)1.

2. (0,5 pt) Soit λ une valeur propre réelle de A. Montrer que si Ak converge, alors λ<1. En déduire, sans calculer aucune puissance, la nature de Ak pour

A=(2112).

3. (0,75 pt) Montrer que s'il existe un entier m1 tel que N(Am)<1, alors la série Ak converge.

4. (0,5 pt) On pose

A=(135121).

Calculer N(A) et A2. En déduire, par le critère de la question 3., que Ak converge, puis calculer sa somme et contrôler le résultat.

5. (0,5 pt) Établir la réciproque de la question 3. : si Ak converge, alors il existe m1 tel que N(Am)<1. Énoncer le critère complet obtenu et le comparer à celui du cours.

Exercice 3 (3,5 points) — Moyennes pondérées et théorème de Cesàro

La moyenne de Cesàro donne le même poids à tous les termes. On étudie ici ce qu'il advient lorsque les termes sont pondérés, et l'on découvre que la démonstration ne coûte que trois lignes si l'on fait appel au bon théorème du chapitre.

Soit (pn)n1 une suite de réels strictement positifs telle que

Pn=k=1npkn++.

À toute suite réelle (an)n1 on associe la suite des moyennes pondérées

Mn=1Pnk=1npkak.

1. (0,5 pt) Justifier que Mn est bien défini pour tout n1. Que devient Mn lorsque pk=1 pour tout k ? Calculer Mn lorsque la suite (an) est constante égale à un réel c.

2. (1 pt) On suppose que anR. Montrer que Mn. On appliquera le théorème de sommation des relations de comparaison à la suite bk=pk(ak), dont on vérifiera explicitement toutes les hypothèses.

3. (0,75 pt) On prend pk=1k, ce qui définit la moyenne logarithmique. Montrer que si an, alors

1lnnk=1nakkn+.

En déduire un équivalent de k=1n1k(1+1k)k.

4. (0,5 pt) Montrer que l'hypothèse Pn+ ne peut pas être supprimée : construire une suite de poids (pk) strictement positifs et une suite (an) convergente pour lesquelles (Mn) converge vers une limite différente de liman.

5. (0,75 pt) On suppose maintenant an+. Montrer que Mn+.

Exercice 4 (3 points) — Une suite définie par une équation

Une suite n'est pas toujours donnée par une formule ou par une récurrence : elle peut être définie, terme par terme, comme la solution d'une équation qui dépend de n. Tout se lit alors sur l'équation, y compris le comportement asymptotique, qu'on obtient ici en prenant deux fois le logarithme.

Pour tout entier n2, on considère la fonction fn définie sur [0,1] par

fn(x)=xn+x1.

1. (0,75 pt) Montrer que l'équation fn(x)=0 admet une unique solution un dans [0,1], et que un]0,1[. Calculer u2 sous forme exacte.

2. (0,75 pt) Montrer que la suite (un)n2 est strictement croissante, puis qu'elle converge vers 1.

3. (0,75 pt) On pose vn=1un. Vérifier que vn=unn, puis que lnvnnvn. En posant wn=lnvn, montrer que lnn=wn+lnwn+o(1), et en déduire

vn  lnnn.

4. (0,75 pt) Trois questions indépendantes sur les séries construites à partir de (un).

a. Déterminer, selon le réel α>0, la nature de la série n2vnα.

b. Déterminer la nature de n2(1)nvn. Cette série est-elle absolument convergente ?

c. Déterminer la nature de n2(un+1un) et calculer sa somme.

Exercice 5 (7 points) — Problème : la série harmonique privée d'un chiffre

La série harmonique diverge. On en retire les termes 1n dont le dénominateur s'écrit avec un 9 : 19, 119, 129, 190, et ainsi de suite. Il en reste manifestement l'immense majorité, puisqu'on n'a rien enlevé avant 9, et seulement dix-neuf termes avant 100. Ce problème établit que la série qui reste converge, puis détermine à partir de quel exposant ce phénomène cesse.

On note K l'ensemble des entiers n1 dont l'écriture décimale (sans zéro initial) ne comporte aucun chiffre égal à 9. Ainsi 1,2,,8,10,,18,20, appartiennent à K, tandis que 9, 19, 91 et 290 n'y appartiennent pas. Pour p1, on note Kp l'ensemble des éléments de K dont l'écriture décimale comporte exactement p chiffres. On étudie la série

nK1n,

c'est-à-dire la série n1εnn, où εn vaut 1 si nK et 0 sinon.

Partie A. Sommer par paquets.

A.1 (0,75 pt) Soit (un)n1 une suite réelle positive et soit (Np)p0 une suite strictement croissante d'entiers naturels avec N0=0. Pour p1, on pose

Tp=k=Np1+1Npuk.

Montrer que la série n1un converge si et seulement si la série p1Tp converge, et qu'en cas de convergence les deux sommes sont égales.

A.2 (0,5 pt) Montrer, par un contre-exemple explicite, que l'hypothèse de positivité ne peut pas être supprimée dans A.1.

A.3 (0,5 pt) Soit p1. Montrer que cardKp=8×9p1, et que tout nKp vérifie 10p1n<10p.

Partie B. La série converge.

B.1 (1 pt) En appliquant A.1 avec Np=10p1, montrer que la série nK1n converge, et que sa somme K vérifie K80.

B.2 (0,75 pt) Montrer de même que K8.

B.3 (0,5 pt) En déduire que la série des inverses des entiers dont l'écriture décimale contient au moins un 9 diverge. On minorera nN, nK1n par une quantité explicite tendant vers +.

B.4 (0,5 pt) Montrer que card(K[1,10p])=9p, et en déduire la limite de la proportion d'entiers de [1,10p] qui appartiennent à K. Commenter au vu de B.1 et B.3.

Partie C. Le seuil.

C.1 (1,25 pt) Soit α>0. Déterminer, selon α, la nature de la série nK1nα. On fera apparaître le réel

α0=ln9ln10.

C.2 (0,5 pt) Comparer α0 à 1 et retrouver le résultat de B.1. Pour quelles valeurs de α la série n11nα et la série nK1nα n'ont-elles pas la même nature ?

C.3 (0,75 pt) Deux généralisations.

a. Soit c un chiffre de 0 à 9. Montrer que la série des inverses des entiers dont l'écriture décimale ne comporte aucun chiffre égal à c converge. On traitera séparément le cas c=0.

b. Montrer que la série des inverses des entiers dont l'écriture décimale ne comporte pas le bloc de quatre chiffres consécutifs 2026 converge. On découpera les p chiffres en paquets de quatre.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.