MP · Chapitre 03

Exercices — Endomorphismes d'un espace euclidien

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Reconnaître une matrice orthogonale

Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

1. Pour chacune des matrices suivantes, dire si elle appartient à On(R). Lorsqu'elle n'est pas orthogonale mais que ses colonnes sont deux à deux orthogonales, indiquer comment la modifier pour qu'elle le devienne.

a. A1=(cosθsinθsinθcosθ), où θR

b. A2=(1101)

c. A3=13(221122212)

d. A4=(120111111)

e. A5=(1221)

f. A6=(001010100)

2. Montrer que si AOn(R), alors det(A){1,1}. Donner ensuite une matrice de déterminant 1 qui n'est pas orthogonale : la réciproque est donc fausse.

3. Soit AOn(R). Montrer que les lignes de A forment elles aussi une famille orthonormée de Rn.

Exercice 2 ★★★★Bases orthonormées et matrices de passage

Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonorméeEspace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels)

On munit R3 de son produit scalaire canonique et de sa base canonique B=(e1,e2,e3), qui est orthonormée. On pose

u1=13(1,1,1),u2=12(1,1,0).

1. Vérifier que la famille (u1,u2) est orthonormée, puis la compléter en une base orthonormée B=(u1,u2,u3) de R3.

2. Écrire la matrice de passage P de B à B et vérifier que PP=I3.

3. Soit x=(1,2,3). Calculer ses coordonnées dans B de deux façons : par le produit PX, puis par les produits scalaires x,ui. Vérifier enfin que la norme de x se lit de la même manière dans les deux bases.

4. Soient B et B deux bases orthonormées quelconques d'un espace euclidien E de dimension n. Montrer que la matrice de passage de B à B est orthogonale.

Exercice 3 ★★★★Calculer un adjoint en base orthonormée

Adjoint d'un endomorphisme : existence, unicité, matrice en base orthonormée

1. On munit R3 de son produit scalaire canonique et on note u l'endomorphisme dont la matrice dans la base canonique est

A=(123246111).

Donner la matrice de u, déterminer Keru et Imu, puis vérifier sur cet exemple que Keru=(Imu).

2. Soit E un espace euclidien et a,bE deux vecteurs non nuls. On pose u:xx,ab. Déterminer u à partir de la définition de l'adjoint, puis dire à quelle condition sur a et b l'endomorphisme u est autoadjoint.

3. On munit E=M2(R) du produit scalaire A,B=tr(AB). Pour AM2(R) fixée, on note ΦA:MAM. Montrer que ΦA=ΦA, sans écrire aucune matrice d'ordre 4.

Exercice 4 ★★★★Autoadjoint, antisymétrique ou ni l'un ni l'autre

Adjoint d'un endomorphisme : existence, unicité, matrice en base orthonorméeEndomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles

Soit E un espace euclidien. On note S(E)={uL(E)  ;  u=u} l'ensemble des endomorphismes autoadjoints et A(E)={uL(E)  ;  u=u} celui des endomorphismes antisymétriques.

1. Dire, pour chacun des endomorphismes suivants, s'il est autoadjoint, antisymétrique, ou ni l'un ni l'autre.

a. u1L(R2) de matrice (2553) dans une base orthonormée

b. u2L(R3) de matrice (031302120) dans une base orthonormée

c. pF, projection orthogonale sur un sous-espace F de E

d. u4:xx,aa, où aE est fixé

e. L'endomorphisme w de R2 (muni du produit scalaire canonique) dont la matrice dans la base C=(f1,f2), où f1=(1,0) et f2=(1,1), est N=(0110).

2. Montrer que L(E)=S(E)A(E), en écrivant u=u+u2+uu2. Appliquer à l'endomorphisme de R3 de matrice M=(123456789) dans une base orthonormée.

3. Soient u,vS(E). Montrer que ukS(E) pour tout kN, puis que uvS(E) si et seulement si uv=vu.

Exercice 5 ★★★Diagonaliser une matrice symétrique en base orthonormée

Théorème spectral : diagonalisation orthogonale

On munit Rn de son produit scalaire canonique et l'on note χM(X)=det(XInM).

1. Soit A=(3113). Déterminer Sp(A), une base orthonormée de vecteurs propres, puis écrire A=PDP avec PO2(R) et D diagonale. Vérifier l'égalité en effectuant le produit.

2. Mêmes questions pour B=(211121112), dont on calculera le polynôme caractéristique. On écrira B=QDQ avec QO3(R).

3. Question de méthode : pourquoi n'a-t-on jamais eu besoin de vérifier que A et B étaient diagonalisables ?

Exercice 6 ★★★Isométries du plan : rotation ou réflexion

Isométries vectorielles du plan : rotations et réflexions

On munit R2 de son produit scalaire canonique et de sa base canonique, qui est orthonormée. On note

Rθ=(cosθsinθsinθcosθ),Sα=(cosαsinαsinαcosα).

1. Les quatre matrices suivantes sont orthogonales. Pour chacune, dire si l'endomorphisme associé est une rotation (on donnera son angle) ou une réflexion (on donnera son axe).

a. M1=12(1331)

b. M2=15(3443)

c. M3=(0110)

d. M4=12(1111)

2. Montrer par le calcul matriciel que la composée de deux réflexions du plan est une rotation, et que la composée d'une rotation et d'une réflexion est une réflexion.

3. Montrer que SO2(R) est commutatif, puis donner un contre-exemple explicite montrant que O2(R) ne l'est pas.

Exercice 7 ★★★★Positif, défini positif : lire le spectre

Endomorphismes autoadjoints positifs et définis positifs

1. Pour chacune des matrices symétriques suivantes, calculer le spectre, puis dire si la matrice appartient à Sn+(R), à Sn++(R), ou à aucun des deux.

a. A1=(2112)

b. A2=(1111)

c. A3=(1221)

d. A4=(210121012)

2. Retrouver la positivité de A4 sans calculer son spectre, en écrivant XA4X comme une somme de carrés.

3. Soit ASn++(R). Montrer que A est inversible, que A1Sn++(R), et que les coefficients diagonaux de A sont strictement positifs. Que penser de la réciproque : « tous les coefficients de A sont strictement positifs, donc A est positive » ?

Exercice 8 ★★★Projections et symétries orthogonales : matrices

Espace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels)Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles

On munit R3 de son produit scalaire canonique et de sa base canonique B=(e1,e2,e3), qui est orthonormée. On note F le plan d'équation x+y+z=0 et D=F.

1. Déterminer D, puis la matrice P de la projection orthogonale pF dans la base B.

2. Vérifier que P est symétrique, que tr(P)=2 et que P2=P. Interpréter la trace.

3. Donner la matrice S de la symétrie orthogonale sF=2pFIdR3. Vérifier qu'elle est symétrique et orthogonale, calculer det(S) et préciser la nature de sF.

4. Calculer d(x,F) pour x=(1,2,3) de deux façons : par pF, puis par la formule de la distance à un hyperplan.

Exercice 9 ★★★★Le groupe orthogonal : premières propriétés

Isométries vectorielles : caractérisations et groupe orthogonalMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

Soit E un espace euclidien de dimension n1.

1. Montrer que O(E) est un sous-groupe de GL(E), puis que SO(E) est un sous-groupe de O(E).

2. Soit uO(E). Montrer que les valeurs propres réelles de u appartiennent à {1,1}, et que Ker(uIdE) et Ker(u+IdE) sont orthogonaux.

3. Soit uO(E) et F un sous-espace de E stable par u. Montrer que uFO(F), puis que F est également stable par u.

4. Montrer que la composée de deux isométries de déterminant 1 appartient à SO(E). En déduire que O(E)SO(E) n'est pas un sous-groupe de O(E).

5. Déterminer tous les uO(E) qui sont aussi des projecteurs.

Exercice 10 ★★★Cinq caractérisations d'une isométrie vectorielle

Isométries vectorielles : caractérisations et groupe orthogonal

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et uL(E).

1. Démontrer l'équivalence des cinq assertions suivantes.

  • (i) pour tous x,yE, u(x),u(y)=x,y ;
  • (ii) pour tout xE, u(x)=x ;
  • (iii) uu=IdE ;
  • (iv) l'image par u d'une base orthonormée de E est une base orthonormée ;
  • (v) l'image par u de toute base orthonormée de E est une base orthonormée.

On organisera la preuve en cycle (i)(v)(iv)(iii)(ii)(i).

2. Soit f:EE une application non supposée linéaire, telle que f(0)=0 et que, pour tous x,yE, f(x)f(y)=xy. Montrer que f est linéaire, donc que fO(E).

Exercice 11 ★★★★Reconnaître une rotation de l'espace : axe et angle

Isométries vectorielles de l'espace : rotations, axe et angle, symétriesRéduction d'une isométrie vectorielle en base orthonormée

On munit R3 de son produit scalaire canonique et on l'oriente par sa base canonique B0, qui est donc une base orthonormée directe. À chaque matrice ci-dessous on associe l'endomorphisme de R3 dont elle est la matrice dans B0.

1. Soit A=13(212221122). Vérifier que ASO3(R). Déterminer l'axe en résolvant (AI3)X=0, puis l'angle à l'aide de tr(A)=1+2cosθ, et enfin le signe de l'angle par un déterminant det(a,x,u(x)) bien choisi. Conclure par une phrase complète.

2. Soit B=13(122212221). Montrer que B est symétrique et orthogonale, et en déduire sa nature sans aucun calcul d'angle.

3. Soit C=A. Montrer que det(C)=1 et identifier C comme une antirotation, dont on précisera l'axe et l'angle.

Exercice 12 ★★★★Composer deux réflexions

Isométries vectorielles du plan : rotations et réflexionsIsométries vectorielles de l'espace : rotations, axe et angle, symétries

Partie A : dans le plan

Le plan R2 est muni de son produit scalaire canonique et orienté par sa base canonique. Pour αR, on note Dα la droite Vect((cosα,sinα)), c'est-à-dire la droite faisant l'angle α avec l'axe des abscisses, et sDα la réflexion par rapport à Dα.

1. Déterminer la matrice de sDα dans la base canonique.

2. Montrer que sDα1sDα2=R2(α1α2), puis que toute rotation du plan est la composée de deux réflexions, de façon non unique.

3. En déduire une description de O2(R) comme groupe engendré par les réflexions.

Partie B : dans l'espace

L'espace R3 est muni de son produit scalaire canonique. Soient P1 et P2 deux plans vectoriels distincts de R3, et D=P1P2.

4. Montrer que sP1sP2 est une rotation d'axe D, dont l'angle vaut le double de l'angle des deux plans.

5. Traiter l'exemple P1:z=0 et P2:y=0 : calculer la matrice du composé et identifier la rotation obtenue.

Exercice 13 ★★★★Noyau et image de l'adjoint

Adjoint : noyau, image, orthogonalité et sous-espaces stables

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et soit uL(E), d'adjoint u.

1. Démontrer que Keru=(Imu), puis que Imu=(Keru). On justifiera au passage l'égalité (F)=F, valable pour tout sous-espace F de E.

2. En déduire que rg(u)=rg(u), ainsi que les deux décompositions orthogonales

E=KeruImuetE=KeruImu.

3. On suppose ici u autoadjoint. Montrer que E=KeruImu et que Keru et Imu sont stables par u.

4. Application. On munit R3 de son produit scalaire canonique et on note u l'endomorphisme de matrice

A=(123246123)

dans la base canonique. Vérifier que rg(A)=1, déterminer Keru, Imu, Keru et Imu, puis contrôler sur cet exemple les quatre relations précédentes.

5. Montrer que u et u ont le même polynôme caractéristique, donc le même spectre.

Exercice 14 ★★★Sous-espaces stables et adjoint

Adjoint : noyau, image, orthogonalité et sous-espaces stablesAdjoint d'un endomorphisme : existence, unicité, matrice en base orthonormée

Soit E un espace euclidien de dimension n1, soit uL(E) d'adjoint u, et soit F un sous-espace vectoriel de E.

1. Démontrer que F est stable par u si et seulement si F est stable par u.

2. En déduire les deux résultats suivants. a. Si u est autoadjoint et si F est stable par u, alors F est stable par u et l'endomorphisme induit uF est un endomorphisme autoadjoint de l'espace euclidien F. b. Si u est une isométrie vectorielle et si F est stable par u, alors F est stable par u. On utilisera u=u1 et la dimension finie.

3. Montrer que tout sous-espace propre de u est stable par tout endomorphisme qui commute avec u. En déduire que si u est autoadjoint et si vL(E) commute avec u, alors v stabilise chacun des sous-espaces propres de u.

4. Application. Soit u un endomorphisme autoadjoint de l'espace euclidien E=R3, de spectre Sp(u)={1,3}, avec dimE1(u)=2 et dimE3(u)=1. Déterminer tous les sous-espaces de E stables par u.

Exercice 15 ★★★★Diagonalisation orthogonale avec valeur propre double

Théorème spectral : diagonalisation orthogonale

On munit R3 de son produit scalaire canonique et on pose

A=(122212221),B=(411141114).

1. Calculer le polynôme caractéristique de A et montrer que Sp(A)={5,1}, la valeur propre 1 étant double. Déterminer une base orthonormée de vecteurs propres de A, puis écrire A=PDP avec PO3(R) et D diagonale. Vérifier le produit.

2. Montrer que B=3I3+J, où J est la matrice dont tous les coefficients valent 1. En déduire le spectre de B sans aucun calcul de déterminant, ainsi qu'une base orthonormée de vecteurs propres de B.

3. À l'aide de la question 1, calculer Ak pour tout kN, en explicitant ses coefficients en fonction de 5k et (1)k.

Exercice 16 ★★★★Autoadjoints : valeurs propres réelles et sous-espaces propres orthogonaux

Théorème spectral : diagonalisation orthogonaleEndomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles

Soit E un espace euclidien de dimension n1.

1. Soit ASn(R), vue comme élément de Mn(C). Démontrer que toute racine complexe de χA est réelle. On pourra prendre un vecteur colonne XCn non nul tel que AX=λX et calculer XAX de deux manières.

2. Soit uL(E) autoadjoint. Démontrer que deux sous-espaces propres de u associés à des valeurs propres distinctes sont orthogonaux.

3. En déduire, sans utiliser le théorème spectral, que si un endomorphisme autoadjoint de E admet n valeurs propres distinctes, alors il existe une base orthonormée de E formée de vecteurs propres de cet endomorphisme.

4. Montrer, à l'aide de deux matrices de M2(R) bien choisies, que l'hypothèse « autoadjoint » est indispensable : l'une aura deux valeurs propres réelles distinctes mais des sous-espaces propres non orthogonaux, l'autre n'aura aucune valeur propre réelle.

5. Soit uL(E) autoadjoint tel que u2=IdE. Montrer que u est une symétrie orthogonale.

Exercice 17 ★★★★Matrice de Gram d'une famille de vecteurs

Matrices et déterminants de Gram

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et soit (x1,,xp) une famille de vecteurs de E. On appelle matrice de Gram de cette famille la matrice

G=G(x1,,xp)=(xi,xj)1i,jpMp(R),

et déterminant de Gram le réel γ(x1,,xp)=detG.

1. Montrer que GSp+(R), et que GSp++(R) si et seulement si la famille (x1,,xp) est libre. On explicitera le calcul de XGX pour XMp,1(R).

2. Montrer que rgG=rg(x1,,xp). On pourra introduire la matrice A des coordonnées des xi dans une base orthonormée de E, vérifier que G=AA, et démontrer que Ker(AA)=KerA.

3. Application. Dans R3 muni du produit scalaire canonique, calculer G(x1,x2,x3) et γ(x1,x2,x3) pour x1=(1,0,1), x2=(1,1,0) et x3=(0,1,1), puis dire si la famille est libre. On contrôlera le résultat en comparant avec (detA)2.

4. Montrer que toute matrice de Sn+(R) est la matrice de Gram d'une famille de n vecteurs de Rn.

Exercice 18 ★★★L'endomorphisme composé u étoile rond u

Endomorphismes autoadjoints positifs et définis positifsAdjoint : noyau, image, orthogonalité et sous-espaces stables

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et soit uL(E), d'adjoint u.

1. Montrer que uu est autoadjoint positif, et qu'il est défini positif si et seulement si u est bijectif.

2. Démontrer que Ker(uu)=Keru, puis que rg(uu)=rg(u) et rg(uu)=rg(u).

3. Montrer que, pour toute base orthonormée (e1,,en) de E,

tr(uu)=i=1nu(ei)2,

et en déduire que tr(uu)=0 entraîne u=0. Écrire la version matricielle de cette formule.

4. Montrer que uu et uu ont le même spectre, et que les sous-espaces propres associés à une même valeur propre non nulle ont la même dimension.

5. Application. On pose

A=(111001).

Calculer AA et AA, déterminer leurs spectres, et vérifier sur cet exemple les résultats des questions 2 et 4.

Exercice 19 ★★★Caractériser les projecteurs orthogonaux

Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesEspace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels)

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et soit pL(E) un projecteur, c'est-à-dire un endomorphisme vérifiant p2=p. On dit que p est un projecteur orthogonal lorsque Kerp=(Imp).

1. Montrer que p est un projecteur orthogonal si et seulement si p=p.

2. Montrer que p est un projecteur orthogonal si et seulement si p(x)x pour tout xE. Pour le sens réciproque, on prendra xKerp et yImp, et on étudiera le trinôme ty+tx2p(y+tx)2.

3. La matrice

P=16(521222125)

est-elle la matrice, dans la base canonique de R3, d'un projecteur orthogonal ? Le cas échéant, déterminer Imp et Kerp, et contrôler la réponse par la trace.

4. Soient p et q deux projecteurs orthogonaux de E. Montrer que pq est un projecteur orthogonal si et seulement si pq=qp.

Exercice 20 ★★★★Matrices à la fois orthogonales et symétriques

Matrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonorméeEndomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles

Soit E un espace euclidien de dimension n1.

1. Soit uO(E) un endomorphisme autoadjoint. Montrer que u2=IdE, que Sp(u){1,1}, puis que E=E1E1. En déduire que u est la symétrie orthogonale par rapport à E1.

2. Réciproquement, montrer que toute symétrie orthogonale de E est un endomorphisme autoadjoint et une isométrie vectorielle.

3. Traduire matriciellement : montrer que AOn(R)Sn(R) si et seulement si A=2PIn, où P est la matrice d'un projecteur orthogonal, et que dans ce cas detA=(1)dimE1.

4. Identifier complètement l'isométrie de R3 de matrice

B=13(122212221)

dans la base canonique : spectre, sous-espaces propres, déterminant, nature géométrique.

5. Combien existe-t-il de matrices de Mn(R) qui soient à la fois orthogonales, symétriques et diagonales ? Justifier.

Exercice 21 ★★★Endomorphismes antisymétriques : premières propriétés

Endomorphismes antisymétriques

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et soit uL(E). On dit que u est antisymétrique lorsque u=u.

1. Montrer que u est antisymétrique si et seulement si u(x),x=0 pour tout xE. Pour le sens réciproque, développer u(x+y),x+y=0.

2. Montrer que la matrice de u dans une base orthonormée est antisymétrique, que tr(u)=0, et que Keru=(Imu).

3. Montrer que la seule valeur propre réelle possible de u est 0, que 0 est valeur propre lorsque n est impair, et que detu0 en toute dimension. On traitera explicitement les dimensions 2 et 3.

4. Montrer que u2 est autoadjoint et que u2(x),x0 pour tout xE. En déduire que les valeurs propres de u2 sont négatives ou nulles.

5. Application. Soit u l'endomorphisme de R3 de matrice

A=(032301210)

dans la base canonique. Déterminer Keru et Imu, vérifier leur orthogonalité, et calculer Sp(A2).

Exercice 22 ★★★Réduire une isométrie en base orthonormée

Réduction d'une isométrie vectorielle en base orthonorméeIsométries vectorielles de l'espace : rotations, axe et angle, symétries

Partie A. Le théorème de réduction. Soit E un espace euclidien de dimension n1 et soit uO(E).

1. Montrer que u admet une droite stable ou un plan stable. On pourra utiliser un facteur irréductible du polynôme minimal, qui est aussi un facteur irréductible du polynôme caractéristique, et se souvenir que les polynômes irréductibles de R[X] sont de degré 1 ou 2.

2. Montrer que si F est un sous-espace stable par u, alors F l'est aussi, et que les endomorphismes induits par u sur F et sur F sont des isométries.

3. En déduire, par récurrence sur n, qu'il existe une base orthonormée de E dans laquelle la matrice de u est diagonale par blocs, de la forme

diag(Ip,Iq,Rθ1,,Rθr),θi]0,π[,p+q+2r=n.

Préciser ce que valent detu et tru en fonction de ces blocs.

Partie B. Une permutation circulaire. Soit u l'endomorphisme de R4, muni du produit scalaire canonique, défini sur la base canonique par u(e1)=e2, u(e2)=e3, u(e3)=e4 et u(e4)=e1. On note A sa matrice dans cette base.

4. Écrire A, vérifier que AO4(R) et calculer detA.

5. Déterminer le polynôme caractéristique de A, les sous-espaces propres réels de u, puis une base orthonormée de R4 dans laquelle la matrice de u est de la forme réduite de la question 3.

Exercice 23 ★★★Racine carrée d'un endomorphisme autoadjoint positif

Racine carrée d'un autoadjoint positif, décomposition polaireEndomorphismes autoadjoints positifs et définis positifs

Soit E un espace euclidien de dimension n1. On rappelle qu'un endomorphisme uL(E) est dit autoadjoint positif lorsque u=u et u(x),x0 pour tout xE, et autoadjoint défini positif lorsque de plus u(x),x>0 pour tout x0.

1. Soit u un endomorphisme autoadjoint positif. Construire un endomorphisme v autoadjoint positif tel que v2=u.

2. Montrer l'unicité : si v et w sont autoadjoints positifs et vérifient v2=w2=u, alors v=w. On montrera que w stabilise chaque sous-espace propre de u, et on étudiera l'endomorphisme induit.

3. Montrer que v est un polynôme en u, et que v est défini positif si et seulement si u l'est.

4. Calculer la racine carrée de A=(5445) dans S2+(R), et vérifier le résultat.

5. Montrer que la matrice N=(0100) n'admet aucune racine carrée dans M2(R).

Exercice 24 ★★★★Décomposition polaire d'un automorphisme

Racine carrée d'un autoadjoint positif, décomposition polaireMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

On munit Rn, identifié à Mn,1(R), de son produit scalaire canonique X,Y=XY. On admet le théorème de la racine carrée : toute matrice de Sn+(R) possède une unique racine carrée dans Sn+(R), notée M1/2, et cette racine est dans Sn++(R) lorsque M l'est.

1. Soit AGLn(R). Montrer que AASn++(R). On pose S=(AA)1/2 et Ω=AS1. Montrer que ΩOn(R), et conclure à l'existence d'une décomposition A=ΩS avec ΩOn(R) et SSn++(R).

2. Montrer l'unicité d'une telle décomposition.

3. Déterminer la décomposition polaire de A=(2211), et vérifier le produit obtenu.

4. Montrer qu'il existe aussi une décomposition A=SΩ avec SSn++(R), et exprimer S en fonction de S et Ω.

5. Montrer que AOn(R) si et seulement si S=In, et que ASn++(R) si et seulement si Ω=In.

Exercice 25 ★★★Quotient de Rayleigh

Quotient de Rayleigh, extremums et inégalités spectralesThéorème spectral : diagonalisation orthogonale

Soit E un espace euclidien de dimension n1 et soit uL(E) un endomorphisme autoadjoint. On note λ1λ2λn ses valeurs propres, comptées avec multiplicité.

1. Montrer que pour tout xE,

λ1x2u(x),xλnx2,

en décomposant x dans une base orthonormée de vecteurs propres de u.

2. Montrer que ces deux bornes sont atteintes, et déterminer exactement les cas d'égalité.

3. En déduire que

λn=maxx=1u(x),x,λ1=minx=1u(x),x,

puis l'encadrement λ1tr(u)nλn.

4. Application. Déterminer le maximum et le minimum de f(x,y,z)=4xy2yz sur la sphère unité de R3 muni de son produit scalaire canonique, en précisant les vecteurs en lesquels ces extremums sont atteints.

5. Montrer que si u est autoadjoint et vérifie u(x),x=0 pour tout xE, alors u=0. Donner ensuite un endomorphisme non nul de R2 vérifiant u(x),x=0 pour tout x : l'hypothèse d'autoadjonction est donc essentielle.

Exercice 26 ★★★Déterminant de Gram et distance à un sous-espace

Matrices et déterminants de GramEspace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels)

Soit E un espace euclidien de dimension n1. Pour une famille (x1,,xp) de vecteurs de E, on note

G(x1,,xp)=(xi,xj)1i,jpMp(R)

sa matrice de Gram, et γ(x1,,xp)=detG(x1,,xp) son déterminant de Gram.

1. Montrer que γ(x1,,xp)0, avec égalité si et seulement si la famille (x1,,xp) est liée.

2. On suppose la famille (x1,,xp) libre et on pose F=Vect(x1,,xp). Montrer que pour tout xE,

d(x,F)2=γ(x1,,xp,x)γ(x1,,xp).

3. Montrer que γ est invariant par le procédé d'orthogonalisation de Gram-Schmidt, puis en déduire l'inégalité de Hadamard

γ(x1,,xp)i=1pxi2.

4. Application. On munit R2[X] du produit scalaire P,Q=01P(t)Q(t)dt. Calculer γ(1,X), γ(1,X,X2), puis la distance de X2 au sous-espace R1[X]. Retrouver le résultat en calculant directement le projeté orthogonal de X2 sur R1[X].

Exercice 27 ★★★Deux endomorphismes autoadjoints qui commutent

Théorème spectral : diagonalisation orthogonaleEndomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réelles

Soit E un espace euclidien de dimension n1.

1. Soient u,vL(E) deux endomorphismes autoadjoints tels que uv=vu. Montrer que chaque sous-espace propre de u est stable par v, que l'endomorphisme induit par v sur ce sous-espace y est autoadjoint, puis en déduire qu'il existe une base orthonormée de E diagonalisant simultanément u et v.

2. Établir la réciproque : s'il existe une base orthonormée de E dans laquelle les matrices de u et de v sont diagonales, alors u et v commutent.

3. En déduire que si A,BSn(R) commutent, alors ABSn(R). Donner un contre-exemple explicite de deux matrices symétriques dont le produit n'est pas symétrique.

4. Montrer que si A,BSn+(R) commutent, alors ABSn+(R).

5. Application. Soient A=(3113) et B=(1221). Vérifier qu'elles commutent, puis donner une base orthonormée de R2 qui les diagonalise toutes les deux.

Exercice 28 ★★★Trace et matrices symétriques positives

Endomorphismes autoadjoints positifs et définis positifs

On munit Mn,1(R) du produit scalaire canonique X,Y=XY, et l'on rappelle que ASn(R) est dite positive lorsque XAX0 pour toute colonne X, définie positive lorsque de plus XAX>0 pour X0.

1. Montrer que pour ASn+(R), on a tr(A)0, avec égalité si et seulement si A=0.

2. Soient A,BSn+(R). Montrer que tr(AB)0. On pourra écrire A=R2 avec RSn+(R) et utiliser tr(R2B)=tr(RBR).

3. Montrer que tr(AB)tr(A)tr(B) pour A,BSn+(R). On diagonalisera A en base orthonormée, en justifiant que les coefficients diagonaux de B dans cette base sont positifs.

4. Montrer que pour ASn++(R), on a tr(A)tr(A1)n2, et préciser le cas d'égalité.

5. Montrer que si ASn+(R) vérifie tr(AB)=0 pour toute BSn+(R), alors A=0.

6. Application. Illustrer les questions 3 et 4 avec A=(2001) et B=(1112), après avoir vérifié que B est définie positive.

Exercice 29 ★★★La transformation de Cayley

Endomorphismes antisymétriquesMatrices orthogonales, groupes O_n(R) et SO_n(R), changement de base orthonormée

On note An(R) l'ensemble des matrices antisymétriques réelles d'ordre n, et l'on munit Mn,1(R) du produit scalaire canonique.

1. Soit AAn(R). Montrer que X(In+A)X=X2 pour toute colonne X, puis que In+A est inversible.

2. On pose Ω=(InA)(In+A)1. Montrer que InA et (In+A)1 commutent, que ΩOn(R), et que 1Sp(Ω).

3. Réciproquement, soit ΩOn(R) telle que 1Sp(Ω). Montrer que A=(InΩ)(In+Ω)1 est antisymétrique, puis que la transformation de Cayley réalise une bijection de An(R) sur

U={ΩOn(R)  ;  1Sp(Ω)}.

4. Montrer que detΩ=1, donc que l'image de la transformation de Cayley est contenue dans SOn(R).

5. Cas n=2. On prend A=(0tt0) avec tR. Calculer Ω, l'identifier comme une rotation dont on donnera l'angle en fonction de Arctant, et commenter le fait que la rotation d'angle π n'est jamais atteinte.

Exercice 30 ★★★Réduction simultanée de deux matrices symétriques

Endomorphismes autoadjoints positifs et définis positifsThéorème spectral : diagonalisation orthogonale

On munit Mn,1(R) du produit scalaire canonique. Soient ASn++(R) et BSn(R).

1. Montrer qu'il existe PGLn(R) telle que PAP=In et PBP=D soit diagonale. On posera R=A1/2, on considérera C=R1BR1, on la diagonalisera en base orthonormée, puis on conclura.

2. Montrer que les coefficients diagonaux μ1,,μn de D sont les racines de λdet(BλA). Vérifier sur un exemple que ce ne sont pas, en général, les valeurs propres de B.

3. Montrer que si de plus BSn++(R), alors les μi sont strictement positifs.

4. Déterminer maxX0XBXXAX en fonction des μi, et préciser les colonnes qui réalisent ce maximum.

5. Exemple. Avec A=(2111) et B=(3001), vérifier que AS2++(R), calculer les racines de det(BλA)=0 et le maximum du quotient, puis contrôler la valeur trouvée sur quelques colonnes particulières.

Exercice 31 ★★★★Moindres carrés et équations normales

Adjoint : noyau, image, orthogonalité et sous-espaces stablesEspace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels)

Soient n,p1, AMn,p(R) et bRn. Les espaces Rn et Rp sont munis de leur produit scalaire canonique, et pour un sous-espace F on note pF la projection orthogonale sur F. On cherche à rendre AXb le plus petit possible lorsque X décrit Rp : un tel X est appelé solution au sens des moindres carrés du système AX=b.

1. Montrer que ce minimum existe, qu'il vaut d(b,ImA), et qu'il est atteint exactement pour les X vérifiant AX=pImA(b).

2. Montrer que Ker(A)=(ImA), puis que X est solution au sens des moindres carrés si et seulement si

AAX=Ab(equations normales).

3. Montrer que le système normal est toujours compatible, et qu'il admet une solution unique si et seulement si rgA=p.

4. Application. Ajuster aux quatre points (0,1), (1,2), (2,2), (3,4) une droite d'équation y=α+βx, c'est-à-dire rendre minimale la somme des carrés des écarts verticaux. Calculer AA, Ab, la droite obtenue, puis la somme des carrés des résidus.

5. Montrer que le vecteur résidu bAX est orthogonal à ImA pour toute solution X, et vérifier cette propriété sur l'exemple de la question 4.

Exercice 32 ★★★★Déterminant d'une somme de matrices définies positives

Endomorphismes autoadjoints positifs et définis positifsRacine carrée d'un autoadjoint positif, décomposition polaire

Soient n1 et A,BSn++(R). On se propose de comparer det(A+B) à detA+detB.

1. Montrer que A+BSn++(R).

2. On note R=A1/2 la racine carrée de A (résultat du cours) et l'on pose C=R1BR1. Montrer que RSn++(R), que R est inversible d'inverse symétrique, puis que CSn++(R) et

det(A+B)=det(A)det(In+C).

3. On note μ1,,μn>0 les valeurs propres de C, comptées avec multiplicité. Montrer que det(In+C)=i=1n(1+μi), puis établir, pour des réels μi>0 quelconques,

i=1n(1+μi)1+i=1nμi.

4. En déduire det(A+B)detA+detB, et préciser le cas d'égalité lorsque n2.

5. Renforcement (inégalité de Minkowski). En appliquant l'inégalité arithmético-géométrique aux deux familles (11+μi)1in et (μi1+μi)1in, montrer

(i=1n(1+μi))1/n1+(i=1nμi)1/n,

puis en déduire (det(A+B))1/n(detA)1/n+(detB)1/n.

6. Vérification numérique avec A=(2001) et B=(1113). Contrôler d'abord que BS2++(R), puis calculer C, ses valeurs propres, et comparer det(A+B), detA+detB ainsi que les deux membres de l'inégalité de Minkowski.

Exercice 33 ★★★★L'inégalité de Hadamard

Matrices et déterminants de GramEndomorphismes autoadjoints positifs et définis positifs

L'objectif est de majorer le déterminant d'une matrice réelle par le produit des normes de ses colonnes. Dans tout l'exercice, Rn est muni de son produit scalaire canonique et (ε1,,εn) désigne sa base canonique.

1. Soit A=(aij)Sn++(R). Montrer que aii>0 pour tout i. On pose alors D=diag(a111/2,,ann1/2) et B=DAD. Montrer que BSn++(R), que tous ses coefficients diagonaux valent 1, et que

detB=detAi=1naii.

2. En appliquant l'inégalité arithmético-géométrique aux valeurs propres de B, montrer que detB1, puis que detAi=1naii. Préciser le cas d'égalité.

3. En déduire l'inégalité de Hadamard : pour toute MMn(R) de colonnes C1,,Cn,

detMj=1nCj.

On traitera d'abord le cas où M n'est pas inversible, puis on appliquera la question 2 à A=MM.

4. Montrer qu'il y a égalité dans l'inégalité de Hadamard si et seulement si l'une des colonnes de M est nulle ou les colonnes sont deux à deux orthogonales.

5. Interpréter géométriquement le résultat en dimension 3, et le vérifier sur la matrice

M=(110101011).

6. Application : majorer detM lorsque tous les coefficients de MMn(R) appartiennent à [1,1].

Exercice 34 ★★★★Le théorème min-max de Courant-Fischer

Quotient de Rayleigh, extremums et inégalités spectralesThéorème spectral : diagonalisation orthogonale

Soit u un endomorphisme autoadjoint de E, espace euclidien de dimension n1. Le théorème spectral fournit une base orthonormée (e1,,en) de vecteurs propres de u ; on note λ1λ2λn les valeurs propres associées, comptées avec multiplicité et rangées dans l'ordre croissant, de sorte que u(ei)=λiei. Pour tout sous-espace F{0} de E, on pose

M(F)=max{u(x),x  ;  xF, x=1}.

1. Justifier l'existence de ce maximum par un argument purement algébrique. On montrera que v=pFuF est un endomorphisme autoadjoint de F, que u(x),x=v(x),x pour tout xF, et l'on appliquera le théorème spectral à v dans F.

2. Pour 1kn, on pose Fk=Vect(e1,,ek). Montrer que M(Fk)=λk.

3. Soit F un sous-espace de dimension k. Montrer que M(F)λk. On pourra vérifier que FVect(ek,,en) contient un vecteur unitaire.

4. En déduire le théorème de Courant-Fischer :

λk=min{M(F)  ;  dimF=k},

puis énoncer et démontrer la formule duale, où un maximum porte sur des minimums.

5. Application 1 (monotonie). Soit w un endomorphisme autoadjoint positif de E. En notant λk(u) la k-ième valeur propre de u dans l'ordre croissant, montrer que λk(u+w)λk(u) pour tout k.

6. Application 2 (entrelacement). Soit ASn(R) et soit BSn1(R) la matrice obtenue en supprimant la dernière ligne et la dernière colonne de A. Montrer que

λk(A)λk(B)λk+1(A)pour 1kn1,

puis vérifier ces inégalités sur la matrice A=(210121012).

Exercice 35 ★★★★Les réflexions engendrent le groupe orthogonal

Isométries vectorielles : caractérisations et groupe orthogonalRéduction d'une isométrie vectorielle en base orthonormée

Soit E un espace euclidien de dimension n1. Pour aE non nul, on note sa la réflexion par rapport à l'hyperplan a, c'est-à-dire

sa(x)=x2x,aa2a.

Par convention, la composée d'une famille vide de réflexions est IdE.

1. Vérifier que saO(E), que sa2=IdE et que detsa=1. Déterminer les sous-espaces propres de sa, puis écrire la matrice de sa dans une base orthonormée de E.

2. Soient x et y deux vecteurs distincts de même norme. Montrer que sxy(x)=y et sxy(y)=x.

3. Théorème de Cartan-Dieudonné. Pour uO(E), on pose p(u)=dim(Ker(uIdE)). Montrer par récurrence sur p(u) que u est la composée d'au plus p(u) réflexions ; en déduire que tout élément de O(E) est composée d'au plus n réflexions.

4. Montrer que uSO(E) si et seulement si u est la composée d'un nombre pair de réflexions.

5. Décomposer explicitement en produit de réflexions, en précisant les vecteurs a et en vérifiant le produit des matrices : (a) la rotation du plan de matrice Rθ dans une base orthonormée ; (b) le demi-tour de R3 d'axe Vect((0,0,1)).

6. Montrer que le nombre minimal de réflexions dont u est la composée est exactement p(u).

Exercice 36 ★★★Le produit scalaire canonique de l'espace des matrices

Endomorphismes autoadjoints et matrices symétriques réellesEspace euclidien, bases orthonormées, projection orthogonale (rappels)Théorème spectral : diagonalisation orthogonale

Sur E=Mn(R), avec n1, on pose

A,B=tr(AB).

On note (Eij)1i,jn la base canonique de Mn(R) et (ε1,,εn) la base canonique de Mn,1(R).

1. Montrer que , est un produit scalaire sur E, donner son expression en coordonnées ainsi que la norme associée, et exhiber une base orthonormée naturelle de E.

2. Montrer que Sn(R) et An(R) sont des sous-espaces supplémentaires orthogonaux de E, que la projection orthogonale sur Sn(R) est M12(M+M), et en déduire une expression de d(M,Sn(R)). Traiter complètement le cas M=(1423).

3. Soit ΩOn(R). Montrer que Φ:MΩMΩ est une isométrie de E. Montrer que Ψ:MM est une isométrie autoadjointe de E, et préciser sa nature géométrique.

4. Soit AMn(R) et LA:MAM. Déterminer l'adjoint LA, et montrer que LA est autoadjoint si et seulement si ASn(R).

5. Soit ASn(R) de valeurs propres λ1,,λn comptées avec multiplicité. Déterminer Sp(LA) et la multiplicité de chaque valeur propre, en exhibant une base orthonormée de E formée de vecteurs propres de LA.

6. Application. Justifier que l'ensemble des matrices orthogonales diagonales est fini, puis calculer

min{AΩ  ;  ΩOn(R), Ω diagonale}pour A=diag(3,1,2).

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.