ECG approfondies · Chapitre 09 · Second semestre

Exercices — Probabilités sur un ensemble quelconque

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Reconnaître et construire une tribu

Tribu d'événements, espace probabilisable et espace probabilisé

Partie A. On pose Ω={1,2,3,4}. Pour chacune des familles suivantes, dire si elle est une tribu sur Ω. Lorsque la réponse est négative, préciser quel axiome est en défaut et donner un contre-exemple explicite.

a. A1={,{1},{2,3,4},Ω}

b. A2={,{1,2},{2,3},Ω}

c. A3={,{1},{2},{1,3,4},{2,3,4},Ω}

d. A4={,{1,2},{3,4},Ω}

e. A5=P(Ω)

Partie B. Soit Ω un univers quelconque.

  1. Soit A une partie de Ω telle que A et AΩ. Déterminer la plus petite tribu sur Ω contenant A, et donner son nombre d'éléments.

  2. Soit (A1,A2,A3) une partition de Ω en trois parties non vides. Déterminer la plus petite tribu sur Ω contenant A1, A2 et A3 : en lister tous les éléments, vérifier les axiomes, et compter. Conjecturer le résultat pour une partition en n parties non vides.

Partie C. On reprend Ω={1,2,3,4} et on pose

A={,{1},{2,3,4},Ω}etB={,{2},{1,3,4},Ω}
  1. Vérifier que A et B sont deux tribus sur Ω, puis montrer que AB n'en est pas une.

Partie D. On prend maintenant Ω=N et on note F l'ensemble des parties A de N telles que A soit finie ou que A soit finie.

  1. Montrer que F contient Ω, qu'elle est stable par passage au complémentaire, et qu'elle est stable par réunion de deux de ses éléments.

  2. Pour kN, on pose Ak={2k}. Montrer que AkF pour tout k, mais que k1AkF. Conclure.

Exercice 2 ★★★Vérifier qu'une famille de réels définit une probabilité

Tribu d'événements, espace probabilisable et espace probabiliséPropriétés d'une probabilité : croissance, sous-additivité, théorème de la limite monotone

On travaille sur l'univers dénombrable Ω=N, muni de la tribu P(Ω).

  1. Pour chacune des trois familles (pk)kN suivantes, déterminer s'il existe un réel c pour lequel la famille définit une probabilité P sur (Ω,P(Ω)) vérifiant P({k})=pk pour tout k. Lorsque c'est le cas, donner la valeur exacte de c.

a. pk=c(23)k

b. pk=ck!

c. pk=ck

Dans toute la suite, P désigne la probabilité obtenue à la question 1. a.

  1. Calculer la probabilité des deux événements suivants.

a. A : « le résultat est pair »

b. B : « le résultat est supérieur ou égal à 4 »

  1. Pour nN, on note Bn l'événement « le résultat est supérieur ou égal à n ». Calculer P(Bn), vérifier que la suite (Bn)n1 est décroissante pour l'inclusion, et retrouver de deux façons que P(Bn) tend vers 0.

Exercice 3 ★★★Systèmes complets dénombrables et première formule des probabilités totales

Systèmes complets d'événements dénombrablesConditionnement : probabilités composées, probabilités totales et formule de Bayes en version dénombrable

Partie A. On pose Ω=N. Pour chacune des familles d'événements suivantes, dire si elle constitue un système complet dénombrable d'événements de Ω, en examinant séparément les deux conditions de la définition. Lorsque la réponse est négative, proposer une modification qui en fasse un système complet.

a. (Ak)kN avec Ak={k}

b. (Bk)kN avec Bk=[ ⁣[1,k] ⁣]

c. (Ck)kN avec Ck={2k}

d. (Dk)kN avec D1={2j1  ;  jN} et Dk={2(k1)} pour k2

e. (Ek)kN avec Ek={k,k+1}

Partie B. Une machine automatique conditionne des lots de pièces. Le nombre N de pièces d'un lot suit la loi géométrique de paramètre p=12. Chaque pièce produite est conforme avec la probabilité 0,9, indépendamment des autres pièces et indépendamment de N. On note C l'événement « toutes les pièces du lot sont conformes ».

  1. Rappeler la loi de N et vérifier que la somme des probabilités vaut 1.

  2. Justifier que la famille ((N=n))nN est un système complet dénombrable d'événements, dont aucun n'est de probabilité nulle.

  3. Donner P(N=n)(C) pour nN, puis calculer P(C).

  4. Sachant que le lot ne contient que des pièces conformes, quelle est la probabilité qu'il n'ait été constitué que d'une seule pièce ?

Exercice 4 ★★★Rang du premier six : loi géométrique

Loi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoireVariable aléatoire discrète : système complet associé, loi de probabilité

On lance indéfiniment un dé équilibré à six faces, les lancers étant mutuellement indépendants. On note X le rang du premier six obtenu, et pour iN on note Si l'événement « le i-ième lancer donne un six ».

  1. Exprimer l'événement (X=k), pour kN, à l'aide des événements Si et de leurs contraires. En déduire la loi de X et reconnaître une loi usuelle.

  2. Vérifier que la somme des probabilités P(X=k) vaut 1. Qu'en déduit-on pour l'événement J : « on n'obtient jamais de six » ?

  3. Montrer que P(X>n)=(56)n pour tout nN, puis calculer les probabilités suivantes, en valeur exacte et en valeur approchée à quatre décimales.

a. P(X=3)

b. P(X3)

c. P(X>5)

  1. Justifier l'existence de E(X) et de V(X), donner leurs valeurs en citant le cours, puis interpréter E(X).

  2. Un joueur affirme : « puisqu'il faut six lancers en moyenne, j'obtiendrai presque sûrement un six en six lancers ». Calculer P(X6) et commenter.

Exercice 5 ★★★Standard téléphonique : loi de Poisson

Loi de Poisson : loi, espérance, variance, stabilité par sommeVariable aléatoire discrète : système complet associé, loi de probabilité

Le standard téléphonique d'une petite entreprise reçoit en moyenne trois appels par minute. On note X le nombre d'appels reçus au cours d'une minute donnée, et on admet que X suit la loi de Poisson de paramètre λ=3.

Dans tout l'exercice, on utilisera e30,0498 et on donnera les valeurs approchées à quatre décimales.

  1. Rappeler X(Ω) et la loi de X, puis vérifier que la somme des probabilités vaut 1.

  2. Calculer la probabilité de chacun des événements suivants, en valeur exacte puis en valeur approchée.

a. le standard ne reçoit aucun appel

b. il reçoit exactement deux appels

c. il reçoit au moins deux appels

  1. Justifier l'existence de E(X), puis donner E(X), V(X) et σ(X).

  2. Déterminer la ou les valeurs les plus probables de X, en comparant P(X=k+1) et P(X=k).

Exercice 6 ★★★Lire et construire une fonction de répartition discrète

Fonction de répartition d'une variable aléatoire discrèteVariable aléatoire discrète : système complet associé, loi de probabilité

Partie A. Une variable aléatoire X prend les valeurs 1, 2, 3, 5 et 7, avec les probabilités suivantes.

k 1 2 3 5 7
P(X=k) 0,1 0,2 0,3 0,25 0,15
  1. Vérifier que ce tableau définit bien une loi de probabilité.

  2. Déterminer la fonction de répartition F de X, en donnant sa valeur sur chacun des intervalles où elle est constante.

  3. À l'aide de F, calculer les probabilités suivantes, puis contrôler chaque résultat directement sur la loi.

a. P(2<X5)

b. P(X3)

c. P(X>5)

Partie B. Soit p]0,1[ et soit XG(p). On pose q=1p et on note F la fonction de répartition de X.

  1. Montrer que F(n)=1qn pour tout nN. En déduire P(X>n) et interpréter ce résultat sans calcul.

  2. Donner l'expression de F(x) pour un réel x quelconque.

  3. Vérifier que F(n)F(n1)=P(X=n) pour n2, et que F(n) tend vers 1 quand n tend vers +.

  4. On prend p=0,2. Calculer P(X>10) et F(10), en valeur exacte et en valeur approchée à quatre décimales.

Exercice 7 ★★★Espérance et variance à partir d'une loi donnée

Espérance : existence par convergence absolue, linéarité, croissanceThéorème de transfert, moments, variance et formule de König-Huygens

Soit X une variable aléatoire discrète définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P), à valeurs dans N, dont la loi est donnée par

kN,P(X=k)=12k

On rappelle que, pour tout réel x vérifiant x<1, les trois séries suivantes convergent et

k=0+xk=11xk=1+kxk1=1(1x)2k=2+k(k1)xk2=2(1x)3
  1. Vérifier que la formule ci-dessus définit bien une loi de probabilité, puis calculer :

a. P(X3)

b. P(X>3)

  1. Justifier que X admet une espérance, puis calculer E(X).

  2. Justifier que la variable X(X1) admet une espérance, puis calculer E(X(X1)).

  3. En déduire E(X2), puis V(X) et σ(X).

  4. Reconnaître la loi de X et contrôler avec elle tous les résultats précédents.

Exercice 8 ★★★Loi conjointe donnée par un tableau : marginales, indépendance, covariance

Couple de variables discrètes : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnellesIndépendance de deux variables aléatoires, indépendance mutuelleCovariance, coefficient de corrélation linéaire, variance d'une somme

Dans un petit atelier, deux machines A et B tournent côte à côte. On observe une journée de production tirée au hasard dans l'année et l'on note X le nombre de pannes de la machine A ce jour-là, Y le nombre de pannes de la machine B. Les deux machines subissent les mêmes conditions de chaleur et de poussière, si bien qu'aucune hypothèse d'indépendance n'est faite. Un relevé statistique fournit la loi conjointe du couple (X,Y), dont les deux variables prennent leurs valeurs dans [ ⁣[0,2] ⁣]. La case située à l'intersection de la ligne i et de la colonne j donne P(X=i,Y=j).

P(X=i,Y=j) j=0 j=1 j=2
i=0 320 120 120
i=1 120 720 220
i=2 120 220 220
  1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi d'un couple de variables aléatoires.

  2. Déterminer la loi marginale de X et celle de Y, puis calculer E(X), V(X), E(Y) et V(Y).

  3. Déterminer la loi conditionnelle de Y sachant (X=2), c'est-à-dire les probabilités P(X=2)(Y=j) pour j[ ⁣[0,2] ⁣]. Comparer cette loi à la loi de Y.

  4. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

  5. Calculer E(XY), puis Cov(X,Y) et ρ(X,Y).

  6. Calculer V(X+Y) à l'aide de la formule générale, puis contrôler le résultat en déterminant la loi de S=X+Y.

Exercice 9 ★★★★Quand l'espérance n'existe pas

Espérance : existence par convergence absolue, linéarité, croissance

Sur un univers fini, toute variable aléatoire admet une espérance : la somme qui la définit ne comporte qu'un nombre fini de termes. Dès que la variable prend une infinité de valeurs, il n'en va plus de même, et l'existence de l'espérance devient une question à part entière. Cet exercice construit une famille d'exemples où l'on voit précisément la frontière.

Soit α un réel. On cherche à savoir s'il existe une constante c>0 et une variable aléatoire discrète X, définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P) et à valeurs dans N, telles que

kN,P(X=k)=ckα

On rappelle le résultat sur les séries de Riemann : pour β réel, la série k11kβ converge si et seulement si β>1. Pour tout réel β>1, on note alors

Sβ=k=1+1kβ
  1. Montrer qu'une telle constante c existe si et seulement si α>1, et donner alors son expression.

  2. On se place dans le cas α=2. En comparant, pour k2, le terme 1k2 au terme 1k(k1), montrer que 1,25S22. En déduire un encadrement de c.

  3. Pour quelles valeurs de α la variable X admet-elle une espérance ? Donner alors l'expression de E(X) à l'aide des Sβ.

  4. Pour quelles valeurs de α la variable X admet-elle un moment d'ordre 2, et donc une variance ?

  5. Détailler les deux cas suivants : α=2, puis α=52.

  6. Récapituler la discussion dans un tableau, et commenter.

Exercice 10 ★★★★Théorème de transfert : espérances de fonctions d'une variable

Théorème de transfert, moments, variance et formule de König-HuygensLoi de Poisson : loi, espérance, variance, stabilité par somme

Soit λ>0 et X une variable aléatoire suivant la loi de Poisson de paramètre λ, c'est-à-dire X(Ω)=N et

kN,P(X=k)=eλλkk!

On rappelle que la série exponentielle k0xkk! converge pour tout réel x, de somme ex.

L'objectif est de calculer plusieurs espérances de la forme E(g(X)) sans jamais déterminer la loi de g(X), grâce au théorème de transfert.

  1. Vérifier que la somme des probabilités vaut 1.

  2. Justifier que la variable 1X+1 admet une espérance, puis montrer que

E(1X+1)=1eλλ
  1. Justifier que la variable 2X admet une espérance, puis la calculer.

  2. Calculer E(X), puis E(X(X1)). En déduire E(X2) et V(X).

  3. On prend λ=2. Donner une valeur approchée des espérances précédentes, en utilisant e20,1353 et e27,389. Comparer E(1X+1) à 1E(X)+1, puis E(2X) à 2E(X). Commenter.

Exercice 11 ★★★★Absence de mémoire de la loi géométrique

Loi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoire

Une machine est mise en service le premier jour d'un mois. Chaque jour de fonctionnement, indépendamment de ce qui s'est passé les jours précédents, elle tombe en panne avec la probabilité p, où 0<p<1. On note X le rang du premier jour de panne. La variable X suit alors la loi géométrique G(p) :

X(Ω)=NetkN,P(X=k)=p(1p)k1

Pour alléger les écritures, on pose q=1p, de sorte que 0<q<1.

  1. Vérifier que k=1+P(X=k)=1.

  2. Montrer que, pour tout nN, P(X>n)=qn. On donnera deux justifications : l'une par le calcul de la série, l'autre par une lecture directe de l'événement.

  3. Soient nN et kN. Montrer que

P(X>n)(X>n+k)=P(X>k)

Interpréter concrètement ce résultat.

  1. Application numérique. On prend p=0,02. Calculer P(X>100) et P(X>100)(X>150). On utilisera ln(0,98)0,0202, e1,010,364 et e2,020,133.

  2. Soient nN et kN. Montrer que

P(X>n)(X=n+k)=P(X=k)

Vérifier que les nombres ainsi obtenus définissent bien une loi de probabilité, et l'identifier.

  1. Rappeler E(X) et V(X), et les calculer pour p=0,02. Sachant que la machine a fonctionné 100 jours sans panne, que peut-on dire du nombre de jours qu'il lui reste à tenir avant sa première panne ?

Exercice 12 ★★★★Somme de deux lois de Poisson indépendantes

Loi d'une somme de deux variables discrètes indépendantes, stabilité de la binomiale et de PoissonLoi de Poisson : loi, espérance, variance, stabilité par sommeIndépendance de deux variables aléatoires, indépendance mutuelle

Dans une agence bancaire, deux guichets A et B accueillent le public. On observe une tranche de cinq minutes prise au hasard dans la journée et l'on note X le nombre de clients qui se présentent au guichet A pendant cette tranche, Y le nombre de clients qui se présentent au guichet B.

On admet que X suit la loi de Poisson P(λ), que Y suit la loi de Poisson P(μ) avec λ>0 et μ>0, et que les deux variables sont indépendantes, les deux files n'ayant aucune raison de communiquer. On pose S=X+Y, nombre total de clients accueillis pendant la tranche.

On rappelle que k0xkk! converge pour tout réel x, de somme ex, et que la formule du binôme de Newton s'écrit (a+b)n=k=0n(nk)akbnk.

  1. Préciser S(Ω). Pour nN, écrire l'événement (S=n) comme une réunion d'événements deux à deux incompatibles, en utilisant le système complet ((X=k))kN, et justifier que la réunion obtenue est finie.

  2. En déduire P(S=n) et reconnaître la loi de S.

  3. Vérifier que la somme des P(S=n) vaut 1.

  4. Contrôler la cohérence du résultat sur E(S) et sur V(S).

  5. Application numérique. Le guichet A reçoit en moyenne 3 clients par tranche de cinq minutes, le guichet B en reçoit 2. Calculer P(S=4) et P(S4). On prendra e50,006738.

  6. On suppose maintenant, par erreur de modélisation, que le même flux a été compté deux fois, c'est-à-dire que Y=X. Vérifier que Y suit toujours la loi P(λ), montrer que X et Y ne sont pas indépendantes, puis montrer que S=X+Y ne suit pas la loi P(2λ). Conclure.

Exercice 13 ★★★★Minimum de deux variables géométriques indépendantes

Loi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoireIndépendance de deux variables aléatoires, indépendance mutuelleFonction de répartition d'une variable aléatoire discrète

Un atelier fait tourner deux machines A et B, mises en service le même jour. Chaque jour d'utilisation, indépendamment des autres jours et de l'autre machine, la machine A tombe en panne avec la probabilité p et la machine B avec la probabilité q, où p et q appartiennent à ]0,1[.

On note X le rang du premier jour de panne de A et Y le rang du premier jour de panne de B. Ainsi X suit la loi G(p), Y suit la loi G(q), et les variables X et Y sont indépendantes. La chaîne de production s'arrête dès que l'une des deux machines tombe en panne : on pose donc

M=min(X,Y)
  1. Montrer que, pour tout nN, P(X>n)=(1p)n. En déduire la fonction de répartition FX de X.

  2. Justifier que M(Ω)=N, puis calculer P(M>n) pour tout nN.

  3. En déduire la loi de M et reconnaître une loi usuelle. Vérifier que la somme des probabilités obtenues vaut 1.

  4. Justifier l'existence de E(M) et calculer cette espérance. Application numérique avec p=0,2 et q=0,1 : comparer E(M) à E(X) et à E(Y), puis commenter.

  5. À l'aide du système complet d'événements ((X=k))kN, calculer P(X<Y). On justifiera la convergence de la série obtenue.

  6. Calculer de même P(Y<X) et P(X=Y), puis vérifier que ces trois probabilités ont pour somme 1. Donner leurs valeurs numériques pour p=0,2 et q=0,1.

Exercice 14 ★★★★Le joueur finit-il par gagner ? Théorème de la limite monotone

Propriétés d'une probabilité : croissance, sous-additivité, théorème de la limite monotoneIndépendance de deux événements et d'une famille quelconque d'événements

Un joueur répète indéfiniment la même partie. Les parties sont mutuellement indépendantes et, à chaque partie, le joueur gagne avec la probabilité p]0,1[. On admet l'existence d'un espace probabilisé (Ω,A,P) sur lequel tous les événements ci-dessous sont définis.

Pour kN, on note Gk l'événement « le joueur gagne la k-ième partie ». Pour nN, on pose

An=k=1nGketBn=k=1nGk

Enfin, on note A l'événement « le joueur gagne au moins une fois » et B l'événement « le joueur ne gagne jamais ».

Partie A. Le joueur gagne presque sûrement.

  1. Interpréter An et Bn en français, montrer que la suite (An) est croissante et que A=n1An.

  2. Calculer P(An) en précisant la propriété d'indépendance utilisée.

  3. En appliquant le théorème de la limite monotone, calculer P(A).

  4. Retrouver P(B) en travaillant cette fois avec la suite (Bn), dont on montrera qu'elle est décroissante et d'intersection B. Expliquer pourquoi l'événement B n'est pas l'événement impossible, et dire ce qui change par rapport au cadre d'un univers fini.

  5. Application numérique avec p=0,05 : calculer P(A20), puis déterminer le plus petit entier n tel que P(An)0,99. On donne 0,95200,3585, ln(0,01)4,605, ln(0,95)0,0513, 0,95890,0104 et 0,95900,0099.

Partie B. Des parties de plus en plus difficiles.

Le joueur affronte maintenant des adversaires de mieux en mieux classés : à la k-ième partie, il gagne avec la probabilité pk, les parties restant mutuellement indépendantes. Les événements Gk, An, Bn, A et B gardent le même sens.

  1. On suppose pk=1k+1 pour tout kN. Calculer P(Bn) à l'aide d'un produit télescopique, en déduire P(An), puis P(B) et P(A).

  2. On suppose maintenant pk=12k pour tout kN. Montrer que ln(1x)2x pour tout x[0,12], en déduire que P(Bn)e2 pour tout n, puis que P(B)e2. On donne e20,1353. Comparer avec la question 6. et conclure.

Exercice 15 ★★★★Formule de Bayes avec un système complet dénombrable

Conditionnement : probabilités composées, probabilités totales et formule de Bayes en version dénombrableSystèmes complets d'événements dénombrables

Un atelier fabrique des pièces à la main. Le nombre N de pièces terminées au cours d'une heure de travail suit la loi de Poisson de paramètre λ>0. Chaque pièce terminée présente un défaut avec la probabilité p]0,1[, indépendamment des autres pièces.

On note D l'événement « aucune pièce produite pendant cette heure ne présente de défaut ». Le modèle se traduit par la donnée suivante : pour tout nN,

P(N=n)(D)=(1p)n

Une heure sans production est donc comptée comme une heure sans défaut, ce qui correspond bien à P(N=0)(D)=1.

  1. Justifier que la famille ((N=n))nN est un système complet dénombrable d'événements, et que chacune des probabilités conditionnelles P(N=n) est bien définie.

  2. Calculer P(D) en fonction de λ et de p. On justifiera la convergence de la série utilisée.

  3. Pour tout nN, calculer PD(N=n). Reconnaître une loi usuelle et vérifier que la somme de ces probabilités vaut 1.

  4. Application numérique avec λ=4 et p=0,25 : calculer P(D), puis comparer P(N=0) à PD(N=0) et P(N=3) à PD(N=3). Commenter. On donne e10,3679, e30,04979 et e40,01832.

  5. Toujours avec λ=4 et p=0,25 : si l'on ne retient que les heures sans aucun défaut, quel est le nombre moyen de pièces produites pendant une telle heure ? Comparer à E(N) et interpréter.

Exercice 16 ★★★★Suite d'épreuves indépendantes : premier succès, aucun succès

Indépendance de deux événements et d'une famille quelconque d'événementsLoi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoire

On répète indéfiniment une même épreuve, dont la probabilité de succès vaut p]0,1[, les épreuves étant mutuellement indépendantes. On admet l'existence d'un espace probabilisé (Ω,A,P) sur lequel tous les événements ci-dessous sont définis. Pour kN, on note Sk l'événement « l'épreuve numéro k est un succès ».

Partie A. Traduire, puis calculer.

  1. Exprimer à l'aide des événements Sk et de leurs contraires :

a. Dn : « le premier succès a lieu au rang n », pour nN

b. En : « aucun succès au cours des n premières épreuves »

c. F : « exactement un succès au cours des trois premières épreuves »

  1. Calculer P(Dn), P(En) et P(F) en fonction de p et de n, en précisant à chaque fois la propriété utilisée.

  2. Application numérique avec p=0,3 : calculer P(D3), P(E3) et P(F). Contrôler le résultat en calculant les probabilités d'obtenir exactement 0, 1, 2 puis 3 succès au cours des trois premières épreuves, et en vérifiant que leur somme vaut 1.

Partie B. Indépendance deux à deux et indépendance mutuelle.

Dans cette partie seulement, p=12 : l'épreuve est le lancer d'une pièce équilibrée et le succès est l'obtention de pile. On pose

U=S1,V=S2,W=« les deux premiers lancers donnent le meˆme reˊsultat »
  1. Exprimer W à l'aide de S1 et S2, puis calculer P(U), P(V) et P(W).

  2. Montrer que les événements U, V et W sont deux à deux indépendants.

  3. Calculer P(UVW) et conclure.

Partie C. Le rang du premier succès.

On revient à un p]0,1[ quelconque.

  1. Montrer que n1P(Dn)=1, et en déduire que l'événement « aucun succès n'est jamais obtenu » est négligeable.

  2. On note T le rang du premier succès. Donner la loi de T, puis son espérance et sa variance en justifiant leur existence. Vérifier enfin que P(T>n)=P(En). Application numérique avec p=0,3.

Exercice 17 ★★★★Majorer une probabilité : Markov et Bienaymé-Tchebychev

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev

À l'ouverture d'un guichet, le temps d'attente d'un client, arrondi à la minute, est modélisé par une variable aléatoire X à valeurs dans N. Le gestionnaire du service connaît seulement la moyenne observée sur l'année :

E(X)=4 minutes

Partie A. Avec la seule espérance.

  1. Énoncer l'inégalité de Markov et l'utiliser pour majorer P(X10).

  2. Que donne la même inégalité pour P(X20) ? Pour quelles valeurs du seuil l'inégalité de Markov apporte-t-elle une information utile ?

Partie B. Avec la variance. On suppose désormais connue la variance V(X)=4.

  1. Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et l'utiliser pour majorer P(X46).

  2. Montrer que (X46)=(X10), puis comparer les deux majorations obtenues pour P(X10).

  3. Déterminer le plus petit entier t1 pour lequel l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev garantit P(X4t)0,05. En déduire une garantie de service de la forme « l'attente ne dépasse pas minutes dans au moins 95 % des cas ». On donne 808,94.

Partie C. Quand on connaît la loi. On suppose maintenant que X suit la loi P(4).

  1. Vérifier que cette hypothèse est compatible avec les données des parties A et B.

  2. Calculer une valeur approchée de P(X10) à 104 près. On donne e40,01831564 et l'on pourra utiliser la relation P(X=k+1)=4k+1P(X=k).

  3. Comparer cette valeur exacte aux deux majorations des parties A et B, et commenter l'intérêt de ces inégalités.

Exercice 18 ★★★★Approximation de la loi binomiale par la loi de Poisson

Approximation de la loi binomiale par la loi de PoissonLoi de Poisson : loi, espérance, variance, stabilité par somme

Une usine expédie un lot de 2000 pièces. Chaque pièce, indépendamment des autres, est défectueuse avec la probabilité 0,001. On note X le nombre de pièces défectueuses du lot.

  1. Donner la loi exacte de X, ainsi que son espérance et sa variance.

  2. Rappeler les conditions usuelles d'application de l'approximation d'une loi binomiale par une loi de Poisson, vérifier qu'elles sont remplies ici et préciser le paramètre à retenir.

  3. Dresser un tableau donnant, pour k[ ⁣[0,3] ⁣], la valeur exacte de P(X=k) et sa valeur approchée par la loi de Poisson, toutes deux à 104 près. On donne ln(0,999)0,0010005 et e20,1353, valeur que l'on remplacera par e20,1353353 dans les calculs intermédiaires pour contrôler la quatrième décimale. On pourra utiliser la relation

P(X=k+1)=nkk+1×p1p×P(X=k)
  1. Calculer, à l'aide de l'approximation, la probabilité qu'il y ait au moins trois pièces défectueuses dans le lot. Comparer à la valeur exacte déduite du tableau.

  2. Conclure sur l'erreur commise et sur l'intérêt de l'approximation.

Exercice 19 ★★★★Loi conjointe sur un support infini

Couple de variables discrètes : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnellesIndépendance de deux variables aléatoires, indépendance mutuelle

Les deux parties sont indépendantes l'une de l'autre. Dans chacune, (X,Y) désigne un couple de variables aléatoires discrètes définies sur un même espace probabilisé (Ω,A,P), à valeurs dans N×N.

Partie A : une loi conjointe qui se factorise.

La loi conjointe de (X,Y) est donnée par

(i,j)N×N,P(X=i,Y=j)=c2i+j

c est un réel que l'on va déterminer.

  1. Soit iN fixé. Justifier que la série j1P(X=i,Y=j) converge, calculer sa somme, et en déduire l'expression de P(X=i) en fonction de c et de i.

  2. Déterminer la valeur de c.

  3. Reconnaître la loi de X et celle de Y. Donner E(X) et V(X).

  4. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

Partie B : une loi conjointe à support triangulaire.

Le couple (X,Y) de cette partie n'a aucun rapport avec celui de la partie A. Sa loi conjointe est donnée par

P(X=i,Y=j)={c2jsi 1ij0sinon

c est un réel que l'on va déterminer.

  1. Soit jN fixé. Calculer P(Y=j) en fonction de c et de j. On remarquera que la somme à calculer comporte un nombre fini de termes.

  2. En déduire la valeur de c, puis la loi de Y. Vérifier que la somme des probabilités obtenues vaut bien 1.

  3. Soit iN fixé. Déterminer P(X=i) et reconnaître la loi de X.

  4. Soit jN. Déterminer la loi conditionnelle de X sachant (Y=j) et la reconnaître.

  5. Soit iN. Déterminer la loi conditionnelle de Y sachant (X=i). Que peut-on dire de la variable Yi+1 dans cette situation conditionnelle ?

  6. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ? Donner deux arguments distincts.

Exercice 20 ★★★★Covariance et variance d'une somme

Covariance, coefficient de corrélation linéaire, variance d'une sommeThéorème de transfert, moments, variance et formule de König-Huygens

Dans une boulangerie, on observe un client au hasard le matin. On note X le nombre de viennoiseries qu'il achète et Y le nombre de boissons chaudes qu'il achète, ces deux nombres valant 0, 1 ou 2. Une étude sur les tickets de caisse conduit à la loi conjointe suivante, où chaque case donne P(X=i,Y=j).

P(X=i,Y=j) j=0 j=1 j=2
i=0 320 220 120
i=1 220 420 220
i=2 120 220 320
  1. Vérifier que ce tableau définit bien une loi conjointe, puis déterminer les lois marginales de X et de Y.

  2. Calculer E(X), E(Y), E(X2), E(Y2), puis V(X) et V(Y).

  3. Calculer E(XY), puis Cov(X,Y) à l'aide de la formule de König-Huygens pour la covariance. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

  4. Calculer le coefficient de corrélation linéaire ρ(X,Y) et l'interpréter.

  5. En utilisant la formule générale de la variance d'une somme, calculer V(X+Y) et V(XY).

  6. Déterminer la loi de S=X+Y, puis recalculer E(S) et V(S) directement à partir de cette loi. Comparer avec la question 5.

  7. Calculer Cov(2X1,3Y+4) en utilisant les propriétés de la covariance, sans aucun nouveau calcul de somme.

Exercice 21 ★★★Espérance d'une variable entière par la somme des queues

Espérance : existence par convergence absolue, linéarité, croissanceLoi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoire

Soit X une variable aléatoire discrète définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P), à valeurs dans N, et admettant une espérance. L'objectif de l'exercice est d'établir la formule

E(X)=n=1+P(Xn)

qui exprime l'espérance de X à partir de ses « queues de distribution » P(Xn), puis de l'exploiter.

Partie A : démonstration de la formule. Dans toute cette partie, N désigne un entier de N.

  1. Justifier que, pour tout kN, on a k=n=1k1. En déduire l'égalité
k=1NkP(X=k)=k=1N  n=1kP(X=k)

puis, en décrivant l'ensemble des couples (n,k) concernés et en échangeant l'ordre de sommation de cette somme finie,

k=1NkP(X=k)=n=1N  k=nNP(X=k)
  1. Soit n[ ⁣[1,N] ⁣]. En écrivant l'événement (Xn) comme une réunion d'événements deux à deux incompatibles, montrer que
k=nNP(X=k)=P(Xn)P(XN+1)
  1. Déduire des questions 1. et 2. la relation
n=1NP(Xn)=k=1NkP(X=k)+NP(XN+1)
  1. Montrer l'encadrement
0NP(XN+1)k=N+1+kP(X=k)

puis que le majorant tend vers 0 quand N tend vers +. Conclure que NP(XN+1) tend vers 0.

  1. En déduire que la série n1P(Xn) converge et que sa somme vaut E(X).

Partie B : deux applications.

  1. Soit p]0,1[ et X une variable suivant la loi géométrique G(p). Calculer P(Xn) pour nN, de deux façons : par une interprétation directe, puis par le calcul de la somme d'une série. Retrouver alors E(X)=1p.

  2. Soit mN et X une variable suivant la loi uniforme sur [ ⁣[1,m] ⁣]. Calculer P(Xn) pour tout nN, puis vérifier que la formule redonne bien E(X)=m+12.

  3. Application numérique : une machine tombe en panne le jour X, où X suit la loi G(0,05). Calculer la probabilité qu'elle fonctionne encore au début du jour 21, c'est-à-dire P(X21), et donner la durée de vie moyenne de la machine.

Exercice 22 ★★★Ruine du joueur : récurrence et probabilités totales

Conditionnement : probabilités composées, probabilités totales et formule de Bayes en version dénombrableSystèmes complets d'événements dénombrablesPropriétés d'une probabilité : croissance, sous-additivité, théorème de la limite monotone

Un joueur entre dans un casino avec k euros en poche. Il joue une suite de parties identiques et indépendantes : à chaque partie, il gagne 1 euro avec la probabilité p et il perd 1 euro avec la probabilité q=1p, où p]0,1[. Il s'est fixé un objectif : un entier N2. Il arrête de jouer dès que sa fortune atteint 0 euro (il est alors ruiné) ou N euros (il a atteint son objectif).

L'entier N est fixé et k décrit [ ⁣[0,N] ⁣]. Pour chaque valeur de k, on note uk la probabilité que le joueur soit ruiné lorsqu'il commence avec k euros. On note T le numéro de la partie à l'issue de laquelle le jeu s'arrête, et on admet que le jeu s'arrête presque sûrement, c'est-à-dire que l'événement « le joueur joue indéfiniment » est de probabilité nulle.

  1. Justifier que la famille formée des événements (T=n), pour nN, et de l'événement « le joueur joue indéfiniment » est un système complet dénombrable d'événements. Que dit l'hypothèse admise à son sujet ?

  2. Déterminer u0 et uN.

  3. Soit k[ ⁣[1,N1] ⁣]. En conditionnant par le résultat de la première partie, établir la relation

uk=puk+1+quk1
  1. Cas équilibré. On suppose dans cette question p=12. Montrer que la suite (uk+1uk)0kN1 est constante, puis en déduire que
uk=1kN
  1. Cas général. On suppose désormais p12 et on pose r=qp. Montrer que l'équation caractéristique associée à la relation de la question 3. admet les deux racines réelles distinctes 1 et r, puis en déduire que
uk=rkrN1rN
  1. Vérifier la cohérence de ce résultat : pour k=0 et k=N, puis dans le cas particulier N=2 et k=1, en recalculant u1 directement.

  2. Application numérique. On prend p=0,4 et N=10. Calculer u1, u5 et u9, et comparer aux valeurs obtenues dans le cas équilibré p=12.

  3. Un adversaire de fortune illimitée. On note désormais uk(N) la probabilité de ruine précédente, pour rappeler qu'elle dépend de N. On considère maintenant un joueur de fortune initiale k qui joue indéfiniment, sans objectif, et qui n'est arrêté que par sa ruine. On note R l'événement « le joueur est ruiné au bout d'un nombre fini de parties » et, pour N>k, on note RN l'événement « le joueur atteint la fortune 0 avant d'atteindre la fortune N ».

    a. Justifier que la suite d'événements (RN)N>k est croissante pour l'inclusion et que sa réunion est R.

    b. En déduire P(R) à l'aide du théorème de la limite monotone, en distinguant les cas p<12, p=12 et p>12.

    c. Interpréter. Que vaut P(R) pour un joueur qui arrive au casino avec 5 euros et joue à un jeu tel que p=0,4 ? Et à un jeu tel que p=0,6 ?

Exercice 23 ★★★Le collectionneur de vignettes

Loi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoireLoi d'une somme de deux variables discrètes indépendantes, stabilité de la binomiale et de PoissonEspérance : existence par convergence absolue, linéarité, croissance

Une marque de céréales glisse dans chaque paquet une vignette, choisie au hasard parmi n modèles différents, de façon équiprobable et indépendamment d'un paquet à l'autre. Un collectionneur achète des paquets un par un et s'arrête dès qu'il possède les n modèles.

Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Ti le nombre de paquets qu'il achète pour passer de i1 modèles distincts à i modèles distincts, le comptage recommençant à chaque étape. On note T le nombre total de paquets achetés jusqu'à l'obtention de la collection complète. Enfin, on pose

Hn=m=1n1m=1+12++1n
  1. Justifier que T1 est une variable certaine égale à 1.

  2. Soit i[ ⁣[2,n] ⁣]. Montrer que Ti suit la loi géométrique de paramètre ni+1n. Vérifier que le résultat reste cohérent pour i=1.

  3. Justifier que Ti admet une espérance et donner sa valeur.

  4. Justifier l'égalité T=T1+T2++Tn, puis montrer que T admet une espérance et que

E(T)=nHn
  1. Applications numériques. On donne H6=2,45 et H504,4992. Calculer E(T) pour n=6, en détaillant les espérances de chaque étape, puis pour n=50.

  2. L'énoncé n'a jamais supposé que les variables T1,,Tn étaient indépendantes. Expliquer pourquoi cela n'empêche pas le calcul de E(T), alors qu'un calcul de V(T) demanderait davantage.

  3. Sachant que Hn est équivalent à lnn quand n tend vers +, donner un équivalent de E(T). Calculer E(Tn) et E(Tn1), et commenter la part que représentent les deux dernières vignettes dans l'effort total, pour n=50.

Exercice 24 ★★★Poisson conditionné par une binomiale : œufs et éclosions

Conditionnement : probabilités composées, probabilités totales et formule de Bayes en version dénombrableLoi de Poisson : loi, espérance, variance, stabilité par sommeCouple de variables discrètes : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnelles

Dans un élevage, le nombre N d'œufs pondus par une femelle au cours d'une saison suit la loi de Poisson de paramètre λ>0. Chaque œuf pondu éclôt avec la probabilité p]0,1[, indépendamment des autres œufs et du nombre total d'œufs pondus.

On note X le nombre d'œufs éclos et Y=NX le nombre d'œufs non éclos. La modélisation se traduit par l'hypothèse suivante : pour tout nN, conditionnellement à l'événement (N=n), la variable X suit la loi binomiale B(n,p), c'est-à-dire

nN,  i[ ⁣[0,n] ⁣],P(N=n)(X=i)=(ni)pi(1p)ni

et P(N=n)(X=i)=0 dès que i>n.

  1. Justifier que la famille ((N=n))nN est un système complet dénombrable d'événements et que chacun de ces événements est de probabilité non nulle.

  2. Soit iN. Déterminer P(X=i) par la formule des probabilités totales, en détaillant le calcul de la somme de la série obtenue. Reconnaître la loi de X et vérifier que la somme des probabilités vaut 1.

  3. Déterminer de la même façon la loi de Y.

  4. Soit (i,j)N2. Calculer P(X=i,Y=j) et en déduire que X et Y sont indépendantes. Commenter ce résultat.

  5. En déduire E(X), V(X), puis Cov(X,N) et ρ(X,N). Vérifier la cohérence de V(X)+V(Y) avec la loi de N.

  6. Application numérique : λ=10 et p=0,8. Donner la loi de X, son espérance, son écart-type, puis calculer P(X=8), P(X=0) et P(Y=0). On utilisera e83,3546×104 et e20,1353.

Exercice 25 ★★★Rang du deuxième succès : somme de deux géométriques

Loi d'une somme de deux variables discrètes indépendantes, stabilité de la binomiale et de PoissonLoi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoire

Un atelier met au point un procédé encore mal maîtrisé : chaque essai réussit avec la probabilité p]0,1[, indépendamment de tous les autres. On pose q=1p. L'atelier enchaîne les essais et souhaite en obtenir deux réussis.

On admet l'existence d'un espace probabilisé (Ω,A,P) modélisant cette suite infinie d'essais mutuellement indépendants. On note :

  • X1 le rang du premier essai réussi ;
  • X2 le nombre d'essais effectués après le premier succès jusqu'au deuxième essai réussi, celui-ci compris ;
  • S=X1+X2 le rang du deuxième essai réussi.
  1. Pour nN, on note Rn l'événement « aucun des n premiers essais ne réussit ». Calculer P(Rn), puis montrer que la probabilité de ne jamais obtenir de succès est nulle. On convient dans toute la suite que X1 et X2 valent 0 sur cet événement négligeable ; justifier alors que la famille ((X1=k))kN est un système complet d'événements.

  2. Reconnaître la loi de X1, et rappeler son espérance et sa variance.

  3. Soit (k,j)(N)2. Calculer P(X1=k,X2=j). En déduire la loi de X2, puis montrer que X1 et X2 sont indépendantes.

  4. Déterminer S(Ω), puis la loi de S.

  5. Vérifier que la somme des probabilités trouvées à la question précédente vaut 1.

  6. Justifier que S admet une espérance et une variance, puis les calculer. L'espérance sera obtenue de deux façons différentes.

  7. Application numérique : on prend p=0,2.

a. E(S) et σ(S)

b. P(S=5), puis P(S4)

c. la ou les valeurs les plus probables de S

Exercice 26 ★★★Covariance nulle n'implique pas indépendance

Covariance, coefficient de corrélation linéaire, variance d'une sommeIndépendance de deux variables aléatoires, indépendance mutuelle

L'objet de cet exercice est de préciser exactement ce que mesure la covariance, en séparant soigneusement ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas.

Partie A. Un contre-exemple.

Soit X une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur {1,0,1}, et Y=X2.

  1. Déterminer la loi de Y, puis dresser le tableau de la loi conjointe du couple (X,Y).

  2. Calculer E(X), E(Y) et E(XY), puis en déduire Cov(X,Y).

  3. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ? Justifier en exhibant un couple de valeurs pour lequel l'égalité caractéristique est mise en défaut.

  4. Un second contre-exemple, dans lequel aucune des deux variables n'est fonction de l'autre. Le couple (U,V) a pour loi conjointe :

U\V 1 0 1
0 18 14 18
1 14 0 14

Vérifier qu'il s'agit bien d'une loi de probabilité, déterminer les lois marginales, montrer que Cov(U,V)=0 et que U et V ne sont pas indépendantes.

  1. Que mesure donc réellement la covariance ?

Partie B. La réciproque, elle, est vraie.

Soit X et Y deux variables aléatoires indépendantes définies sur le même espace probabilisé, à valeurs dans des ensembles finis X(Ω)={x1,,xr} et Y(Ω)={y1,,ys}.

  1. Démontrer que E(XY)=E(X)E(Y), puis que Cov(X,Y)=0.

  2. Quelle information utile la contraposée de ce résultat fournit-elle en pratique ?

Partie C. Le cas d'une dépendance affine.

Soit X une variable aléatoire admettant une variance non nulle, et Y=aX+b avec (a,b)R×R.

  1. Calculer Cov(X,Y), V(Y) et σ(Y) en fonction de a, b et des caractéristiques de X. En déduire ρ(X,Y).

  2. Application numérique : X suit la loi uniforme sur [ ⁣[1,3] ⁣] et Y=3X+5. Calculer explicitement E(X), V(X), E(Y), V(Y), Cov(X,Y) et ρ(X,Y), en retrouvant la covariance par un calcul direct.

  3. Conclure : que faut-il retenir de la valeur de ρ(X,Y) ?

Exercice 27 ★★★Dimensionner un sondage par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev

Inégalités de Markov et de Bienaymé-TchebychevLoi faible des grands nombres

Dans une très grande population, une proportion inconnue p]0,1[ des habitants soutient un projet d'aménagement. Un institut interroge n personnes tirées au hasard, indépendamment les unes des autres. Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Xi la variable valant 1 si la i-ième personne interrogée soutient le projet, et 0 sinon. On pose

Sn=i=1nXietFn=Snn

de sorte que Fn est la fréquence de soutien observée dans l'échantillon. L'institut souhaite que cette fréquence soit proche de p, et cherche combien de personnes il doit interroger pour cela.

  1. Reconnaître la loi de Xi, puis celle de Sn. Donner E(Sn) et V(Sn).

  2. Calculer E(Fn) et V(Fn). Commenter chacun des deux résultats.

  3. Démontrer que pour tout t[0,1], t(1t)14. En déduire une majoration de V(Fn) ne faisant plus intervenir p.

  4. Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, puis l'appliquer pour montrer que

P(Fnp0,02)625n
  1. En déduire le nombre minimal de personnes à interroger pour que la fréquence observée s'écarte de p de plus de 2 points avec une probabilité au plus égale à 5 %.

  2. Un institut interroge 1000 personnes. Que garantit l'inégalité précédente pour un écart de 2 points ? Quelle précision ε cette même inégalité garantit-elle, pour cette taille d'échantillon, avec une probabilité au moins égale à 0,95 ?

  3. Reprendre la question 5. en exigeant cette fois une précision de 1 point. Commenter.

  4. Une étude antérieure permet d'affirmer que p0,1. Reprendre la question 5. en exploitant cette information.

  5. Commenter l'ordre de grandeur obtenu à la question 5., sachant que les sondages réels portent le plus souvent sur 1000 personnes environ.

  6. Montrer que, pour tout ε>0, P(Fnpε) tend vers 0 quand n tend vers +, et énoncer le théorème du cours dont il s'agit.

Exercice 28 ★★★Loi faible des grands nombres

Loi faible des grands nombresInégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev

Partie A. Le cadre général.

Soit (Xk)k1 une suite de variables aléatoires discrètes définies sur un même espace probabilisé (Ω,A,P), mutuellement indépendantes et de même loi, admettant une espérance m et une variance σ2>0. Pour nN, on note

Mn=1nk=1nXk

la moyenne des n premières variables, appelée moyenne empirique.

  1. Justifier l'existence de E(Mn) et de V(Mn), puis les calculer. Préciser à quel endroit exactement l'hypothèse d'indépendance intervient.

  2. Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, puis en déduire que pour tout ε>0,

P(Mnmε)σ2nε2
  1. En déduire la loi faible des grands nombres : pour tout ε>0,
limn+P(Mnmε)=0
  1. Soit ε>0 et α]0,1[. Déterminer une condition suffisante sur n pour que P(Mnmε)α.

Partie B. Un dé équilibré.

On lance indéfiniment un dé équilibré à six faces, les lancers étant indépendants. Pour kN, Xk désigne le résultat du k-ième lancer, et Mn la moyenne des n premiers résultats.

  1. Déterminer la loi de Xk, puis démontrer que E(Xk)=3,5 et V(Xk)=3512.

  2. Combien de lancers faut-il effectuer pour garantir que la moyenne empirique s'écarte de 3,5 de moins de 0,1 avec une probabilité au moins égale à 0,95 ?

  3. Pour n=1000 lancers, quelle probabilité minimale l'inégalité garantit-elle pour l'événement (Mn3,5<0,2) ?

Partie C. Des durées de service.

Dans une agence, la durée de service d'un client, exprimée en minutes entières, suit la loi géométrique de paramètre p=0,25. Les durées T1,T2, des clients successifs sont mutuellement indépendantes et de même loi.

  1. Donner E(Tk) et V(Tk). Combien de clients faut-il observer pour que la durée moyenne de service s'écarte de son espérance de moins de 0,5 minute avec une probabilité au moins égale à 0,9 ?

Partie D. Ce que la loi faible des grands nombres ne dit pas.

  1. Pour le dé de la partie B, calculer P(Mn=6), puis σ(Sn)Sn=k=1nXk, pour n=100 et n=10000. Qu'en déduire sur ce que garantit, ou non, la loi faible des grands nombres pour une suite de lancers effectivement observée ?

Exercice 29 ★★★Maximum et minimum de n variables géométriques

Fonction de répartition d'une variable aléatoire discrèteIndépendance de deux variables aléatoires, indépendance mutuelleLoi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoire

Un atelier fait fonctionner n machines identiques en parallèle, où nN. Chaque jour, chaque machine encore en service tombe en panne avec la probabilité p]0,1[, indépendamment des autres machines et des jours écoulés. On pose q=1p.

Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Xi le numéro du jour où la machine numéro i tombe en panne. On admet que les variables X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et que la probabilité qu'une machine ne tombe jamais en panne est nulle. On pose enfin

Mn=max(X1,,Xn)etmn=min(X1,,Xn)
  1. Justifier que XiG(p), puis établir, pour tout kN,
P(Xik)=qk1etP(Xik)=1qk
  1. Déterminer Mn(Ω), puis calculer P(Mnk) pour tout kN. En déduire la loi de Mn.

  2. Vérifier que la somme des probabilités de la loi de Mn vaut 1.

  3. Calculer P(mnk) pour tout kN, en déduire la loi de mn et la reconnaître. Donner E(mn) et V(mn), puis étudier le comportement de E(mn) lorsque n grandit.

  4. Application numérique : n=3 et p=0,2.

a. Dresser le tableau des valeurs de P(M3=k) pour k[ ⁣[1,5] ⁣], puis calculer P(M35).

b. Calculer P(m3=1), E(m3) et σ(m3), et comparer E(m3) à E(X1).

  1. Dans cette question seulement, n=2. Établir l'identité M2+m2=X1+X2, en déduire E(M2) en fonction de p, puis sa valeur numérique pour p=0,2.

  2. Interpréter concrètement les variables mn et Mn, ainsi que les résultats obtenus.

Exercice 30 ★★★Tirage sans remise : indicatrices et covariance négative

Covariance, coefficient de corrélation linéaire, variance d'une sommeThéorème de transfert, moments, variance et formule de König-Huygens

Une urne contient N boules indiscernables au toucher, dont M blanches et NM noires, avec 1MN1. On tire successivement et sans remise n boules de l'urne, où 1nN (les questions qui font intervenir deux tirages distincts supposent bien sûr n2). Les boules sont numérotées de 1 à N, les blanches portant les numéros 1 à M.

Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Xi la variable aléatoire valant 1 si la i-ième boule tirée est blanche, et 0 sinon. On pose

S=X1+X2++Xn

le nombre de boules blanches obtenues. On notera p=MN la proportion initiale de boules blanches dans l'urne.

  1. Décrire l'univers Ω associé à cette expérience et donner son cardinal.

  2. Soit i[ ⁣[1,n] ⁣]. Montrer que Xi suit la loi de Bernoulli de paramètre p. On soignera l'argument, qui n'a rien d'évident pour i2. En déduire E(Xi) et V(Xi).

  3. En déduire E(S). Pourquoi ce calcul ne demande-t-il aucune hypothèse sur les liens entre les Xi ?

  4. Soit (i,j) avec ij. Calculer P(Xi=1,Xj=1), puis P(Xi=1)(Xj=1). Les variables Xi et Xj sont-elles indépendantes ?

  5. Calculer Cov(Xi,Xj) pour ij, montrer que cette covariance est strictement négative, puis déterminer ρ(Xi,Xj).

  6. En déduire V(S), et vérifier la formule obtenue dans les deux cas particuliers n=1 et n=N.

  7. Application numérique : N=50, M=20 et n=10. Calculer E(S), Cov(X1,X2), ρ(X1,X2), V(S) et σ(S).

  8. On effectue maintenant les n tirages avec remise, en notant S le nombre de boules blanches obtenues. Donner la loi de S, son espérance et sa variance, comparer avec les résultats précédents et commenter le signe de la covariance. Que se passe-t-il lorsque N est très grand devant n ?

Exercice 31 ★★★Un guichet et des clients impatients

Conditionnement : probabilités composées, probabilités totales et formule de Bayes en version dénombrableEspérance : existence par convergence absolue, linéarité, croissanceLoi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoire

Un client se présente à un guichet et se met à attendre. Le service se déroule minute par minute et, à chaque minute, indépendamment de ce qui s'est passé aux minutes précédentes, l'une des trois situations suivantes se produit :

  • le client est appelé et servi, avec la probabilité p, et il quitte alors le guichet ;
  • le client perd patience et s'en va sans avoir été servi, avec la probabilité q ;
  • rien ne se passe, et le client attend encore une minute, avec la probabilité 1pq.

On suppose p>0, q>0 et p+q<1, et on pose r=1pq, de sorte que 0<r<1. On admet l'existence d'un espace probabilisé (Ω,A,P) modélisant cette suite infinie de minutes mutuellement indépendantes.

On note T le nombre de minutes passées au guichet, c'est-à-dire le rang de la minute à laquelle le client quitte le guichet (servi ou parti), et S l'événement « le client finit par être servi ».

  1. Pour nN, on note An l'événement « à l'issue de la n-ième minute, le client est toujours en attente ». Calculer P(An), puis montrer, à l'aide du théorème de la limite monotone, que la probabilité que le client reste indéfiniment au guichet est nulle. On convient dans toute la suite que T vaut 0 sur cet événement négligeable.

  2. Déterminer la loi de T, vérifier que la somme des probabilités obtenues vaut 1, et reconnaître une loi usuelle.

  3. Pour kN, on note Sk l'événement « le client est servi à la k-ième minute ». Calculer P(Sk), puis montrer que

P(S)=pp+q
  1. Montrer que, pour tout kN, P(S(T=k))=P(S)P(T=k). Interpréter ce résultat en une phrase.

  2. Justifier que T admet une espérance et une variance, puis les calculer en fonction de p et de q.

  3. Application numérique. On prend p=0,3 et q=0,1.

a. P(S), E(T) et σ(T) arrondi au centième

b. P(T3) et P(T>5)

  1. Un second guichet fonctionne selon le même modèle, avec p=0,2 et q=0,05. Comparer les deux guichets sur trois critères : la probabilité d'être finalement servi, le temps moyen passé au guichet, puis la probabilité d'être servi en au plus trois minutes. Que conseiller à un client pressé ?

Exercice 32 ★★★★Attendre deux piles consécutifs

Conditionnement : probabilités composées, probabilités totales et formule de Bayes en version dénombrableEspérance : existence par convergence absolue, linéarité, croissanceSystèmes complets d'événements dénombrables

On lance indéfiniment une pièce, les lancers étant mutuellement indépendants. Le jeu s'arrête dès que deux piles consécutifs viennent d'apparaître. On note T le nombre total de lancers effectués, c'est-à-dire le rang du second des deux piles. On admet l'existence d'un espace probabilisé (Ω,A,P) modélisant cette suite infinie de lancers.

Partie A — pièce équilibrée. Dans cette partie, pile et face ont chacun la probabilité 12.

  1. Préciser les valeurs prises par T et calculer P(T=2).

  2. Pour nN, on note Bn l'événement « le jeu n'est pas terminé à l'issue du 2n-ième lancer ». En regroupant les lancers en blocs de deux (les lancers 1 et 2, puis 3 et 4, etc.), montrer que

P(Bn)(34)n

En déduire que le jeu se termine presque sûrement, c'est-à-dire que k2P(T=k)=1. On convient dans toute la suite que T vaut 0 sur l'événement négligeable « le jeu ne s'arrête jamais ».

  1. Montrer que, pour tout nN,
P(T>n)(32)n1

On pourra utiliser l'inclusion (T>n)Bmm=n2. En déduire que T admet une espérance.

On introduit maintenant un second jeu, identique au premier, mais qui démarre juste après un pile : un pile vient de sortir, on continue à lancer la pièce, et le jeu s'arrête dès l'apparition de deux piles consécutifs, le pile déjà sorti pouvant servir de premier des deux. On note T1 le nombre de lancers effectués dans ce second jeu, et l'on pose

ak=P(T=k),bk=P(T1=k)(kN),a0=b0=0
  1. En conditionnant par le résultat du premier lancer, montrer que
ak=12bk1+12ak1(kN),b1=12,bk=12ak1(k2)
  1. Justifier que k1bk=1 et que T1 admet une espérance. On pose désormais e=E(T) et e1=E(T1).

  2. En sommant les relations de la question 4., établir le système

{e=12(e1+1)+12(e+1)e1=12+12(e+1)

puis le résoudre. Combien faut-il de lancers en moyenne pour obtenir deux piles consécutifs ?

Partie B — pièce truquée. La pièce donne maintenant pile avec la probabilité p]0,1[ et face avec la probabilité q=1p. Les notations T, T1, ak, bk, e et e1 gardent le même sens.

  1. Montrer que le jeu se termine encore presque sûrement, et que T et T1 admettent une espérance.

  2. Établir le nouveau système vérifié par e et e1, puis montrer que

e=1+pp2ete1=1p2
  1. Vérifier la cohérence avec la partie A. Déterminer les limites de e quand p0+ et quand p1, et les interpréter. Comparer enfin e à 2p, temps moyen nécessaire pour obtenir deux piles non nécessairement consécutifs, puis traiter le cas p=0,4.

Partie C — vérification sur les premiers rangs.

  1. Déduire de la question 8. que ak=qak1+pqak2 pour tout k3. Calculer par ailleurs directement P(T=2), P(T=3) et P(T=4) en décrivant les suites de lancers correspondantes, et vérifier l'accord avec la relation de récurrence.

  2. Pour la pièce équilibrée, dresser la table des ak pour k[ ⁣[2,6] ⁣], puis calculer P(T6) et la somme partielle k=26kak. Commenter l'écart avec e=6.

Exercice 33 ★★★★Étude complète d'un couple discret

Couple de variables discrètes : loi conjointe, lois marginales, lois conditionnellesCovariance, coefficient de corrélation linéaire, variance d'une sommeLoi d'une somme de deux variables discrètes indépendantes, stabilité de la binomiale et de Poisson

Soient a>0 et b>0 deux réels fixés. On admet l'existence d'un couple (X,Y) de variables aléatoires discrètes, définies sur un même espace probabilisé (Ω,A,P), à valeurs dans N, dont la loi conjointe est donnée par

(i,j)N2,P(X=i,Y=j)=caibji!j!

c est un réel strictement positif que l'on va déterminer.

Partie A — le couple (X,Y).

  1. Soit iN fixé. En précisant le système complet d'événements utilisé et la série mise en jeu, montrer que
P(X=i)=cebaii!

En déduire la valeur de c.

  1. Reconnaître les lois marginales de X et de Y, et vérifier que la somme des P(X=i) vaut 1.

  2. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

  3. Donner E(X), V(X), E(Y), V(Y), puis Cov(X,Y) en justifiant.

  4. On pose S=X+Y. Déterminer la loi de S, puis vérifier la cohérence de E(S) et de V(S) avec la question 4.

Partie B — le couple (X,S). On garde S=X+Y.

  1. Déterminer la loi conjointe du couple (X,S), c'est-à-dire P(X=i,S=n) pour tout (i,n)N2.

  2. Vérifier, à n fixé, que i=0nP(X=i,S=n)=P(S=n).

  3. Les variables X et S sont-elles indépendantes ?

  4. Calculer Cov(X,S) puis le coefficient de corrélation linéaire ρ(X,S). Étudier son comportement quand b0+ et quand b+, et interpréter.

  5. Soit nN. Déterminer la loi conditionnelle de X sachant (S=n). Reconnaître une loi usuelle, vérifier que la somme des probabilités conditionnelles vaut 1, et interpréter le résultat.

  6. Application numérique. On prend a=2 et b=1, et l'on utilisera e30,0498.

a. ρ(X,S) arrondi au millième

b. P(X=2,S=3), P(S=3) et P(S=3)(X=2)

Exercice 34 ★★★★Caractériser la loi géométrique par l'absence de mémoire

Loi géométrique : loi, espérance, variance, absence de mémoireIndépendance de deux événements et d'une famille quelconque d'événements

Soit X une variable aléatoire discrète définie sur un espace probabilisé (Ω,A,P), à valeurs dans N. On suppose que X vérifie les deux hypothèses suivantes :

  • (H1) pour tout nN, P(X>n)0 ;
  • (H2) pour tous nN et kN, P(X>n)(X>n+k)=P(X>k).

L'hypothèse (H2) est l'absence de mémoire : sachant que l'attente a déjà duré n unités de temps, la loi du temps qu'il reste à attendre est celle du départ. On sait que la loi géométrique vérifie cette propriété ; l'objet de cet exercice est d'établir la réciproque. On pose, pour nN,

rn=P(X>n)

Partie A — de l'absence de mémoire à la loi géométrique.

  1. Justifier que r0=1, que la suite (rn) est décroissante, et que rn>0 pour tout n.

  2. Montrer que, pour tous nN et kN,

rn+k=rnrk
  1. En déduire, par récurrence, que rn=r1n pour tout nN.

  2. Montrer que n0(X>n)=. En déduire, à l'aide du théorème de la limite monotone, la limite de la suite (rn), puis écarter le cas r1=1.

  3. Pourquoi le cas r1=0 est-il lui aussi écarté ? À quelle variable aléatoire correspondrait-il ?

  4. On pose p=1r1. Montrer que X suit la loi géométrique G(p), et vérifier que la somme des probabilités obtenues vaut 1.

Partie B — réciproque et interprétation. Dans cette partie, XG(p) avec p]0,1[, et l'on pose q=1p.

  1. Calculer P(X>n) de deux façons : par la somme d'une série géométrique, puis par une lecture directe de l'événement dans le schéma « rang du premier succès ». En déduire que X vérifie (H1) et (H2).

  2. Dans ce schéma d'épreuves répétées indépendantes, expliquer pourquoi l'absence de mémoire est une conséquence directe de l'indépendance des épreuves. Que penser alors du joueur qui, après dix échecs, estime qu'il « a plus de chances » de gagner au coup suivant ?

  3. Énoncer sous forme d'équivalence le résultat obtenu dans les parties A et B, et commenter sa portée.

Partie C — application. La durée de vie X, exprimée en jours, d'un composant électronique est à valeurs dans N, sans mémoire au sens de (H2), et vérifie P(X>3)=0,512.

  1. Déterminer r1 puis p. Calculer E(X), V(X) et σ(X) (arrondi au centième).

  2. Calculer P(X=4), P(X5) et P(X>2)(X>6), et interpréter la dernière valeur.

Exercice 35 ★★★★Sinistres rares : de la binomiale à Poisson

Loi de Poisson : loi, espérance, variance, stabilité par sommeApproximation de la loi binomiale par la loi de PoissonConditionnement : probabilités composées, probabilités totales et formule de Bayes en version dénombrable

Une compagnie d'assurance gère un portefeuille de 5000 contrats d'habitation. Sur une année, chaque contrat donne lieu à un sinistre avec la probabilité 0,0006, indépendamment des autres contrats, et un même contrat ne peut donner lieu qu'à un seul sinistre dans l'année. On note X le nombre de sinistres déclarés dans l'année.

Données numériques :

e30,0498,e0,60,5488,ln(0,9994)6,0018×104

Partie A — la loi du nombre de sinistres.

  1. Justifier que X suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres, puis donner E(X) et V(X).

  2. Rappeler les conditions usuelles qui autorisent l'approximation d'une loi binomiale par une loi de Poisson, vérifier qu'elles sont remplies ici, et préciser le paramètre de la loi de Poisson approchante.

  3. En utilisant cette approximation, calculer les probabilités suivantes, arrondies au dix-millième.

a. P(X=0)

b. P(X2)

c. P(X4)

  1. Calculer la valeur exacte de P(X=0) et la comparer à la valeur approchée de la question 3.a.

Partie B — les sinistres graves. Chaque sinistre déclaré est qualifié de grave avec la probabilité 0,2, indépendamment des autres sinistres et de leur nombre. On note Y le nombre de sinistres graves de l'année. Dans toute cette partie, on adopte le modèle de Poisson : XP(3).

  1. Soit nN. Déterminer la loi conditionnelle de Y sachant (X=n).

  2. En appliquant la formule des probabilités totales au système complet ((X=n))nN, montrer que

YP(0,6)

On justifiera soigneusement la convergence de la série obtenue.

  1. Calculer E(Y), P(Y=0) et P(Y2).

Partie C — dispersion du nombre de sinistres. On garde le modèle XP(3).

  1. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, majorer la probabilité que le nombre de sinistres s'écarte d'au moins 5 de sa moyenne.

  2. Calculer cette même probabilité dans le modèle de Poisson, puis comparer les deux valeurs et commenter.

Exercice 36 ★★★★Synthèse : contrôle qualité d'une chaîne de production

Inégalités de Markov et de Bienaymé-TchebychevLoi faible des grands nombresApproximation de la loi binomiale par la loi de PoissonLoi d'une somme de deux variables discrètes indépendantes, stabilité de la binomiale et de Poisson

Une chaîne de production fabrique des pièces mécaniques. Chaque pièce est défectueuse avec une probabilité p, indépendamment de toutes les autres. Les pièces sont conditionnées en lots. Les quatre parties sont indépendantes : les résultats utiles y sont rappelés au fur et à mesure.

Données numériques :

0,95190,3774,0,95200,3585,ln(0,998)2,002×103 e20,1353,e30,0498

Partie A — petit lot, calculs exacts. Un lot de contrôle contient 20 pièces, et p=0,05. On note D le nombre de pièces défectueuses de ce lot.

  1. Justifier que D suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres, puis donner E(D) et V(D).

  2. Calculer P(D=0), P(D=1) et P(D2), arrondies au dix-millième.

  3. Un lot est refusé lorsqu'il contient au moins deux pièces défectueuses. Une journée produit 50 lots de contrôle, indépendants les uns des autres. Quel est le nombre moyen de lots refusés dans la journée ?

Partie B — grand lot, approximation de Poisson. Un lot de production contient 1000 pièces, et p=0,002. On note N le nombre de pièces défectueuses de ce lot.

  1. Donner la loi exacte de N, ainsi que E(N) et V(N).

  2. Justifier l'emploi d'une approximation de Poisson, préciser son paramètre, puis calculer P(N=0), P(N2) et P(N3).

  3. Calculer la valeur exacte de P(N=0) et la comparer à la valeur approchée précédente.

Partie C — deux lots réunis. On admet le résultat de la partie B : le nombre N1 de pièces défectueuses du grand lot du matin suit P(2). Le lot de l'après-midi, deux fois plus petit, fournit un nombre N2 de pièces défectueuses suivant P(1). Les deux lots sont indépendants, et l'on pose S=N1+N2.

  1. Démontrer que si UP(λ) et VP(μ) sont indépendantes, alors U+VP(λ+μ).

  2. En déduire la loi de S, puis E(S) et V(S).

  3. L'atelier déclenche une alerte lorsque la journée compte au moins 6 pièces défectueuses. Calculer la probabilité d'une alerte, arrondie au dix-millième.

Partie D — contrôle sur n journées. On contrôle n journées de production, et l'on note X1,,Xn les nombres de pièces défectueuses correspondants. On admet que ces variables sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi P(3), dont on rappelle que l'espérance et la variance valent toutes deux 3. On pose

Mn=1ni=1nXi
  1. Calculer E(Mn) et V(Mn).

  2. Majorer P(Mn4) d'abord par l'inégalité de Markov, puis par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. Comparer les deux majorations, en particulier pour n=100.

  3. Déterminer le plus petit entier n garantissant, par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, que

P(Mn30,1)0,05

Reprendre la question en remplaçant 0,05 par 0,01.

  1. Énoncer la loi faible des grands nombres pour la suite (Xi), la démontrer à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, et interpréter le résultat pour le responsable de l'atelier.

Bloqué sur « Probabilités sur un ensemble quelconque » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.