ECG approfondies · Chapitre 02 · Premier semestre

Devoir surveillé — Polynômes

Sujet type, 280 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 280 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3,75 points) — Le polynôme miroir

Soit P(x)=k=0nakxk un polynôme de degré n, de sorte que an0. On appelle polynôme réciproque de P, et l'on note P, le polynôme obtenu en lisant les coefficients de P dans l'ordre inverse :

P(x)=k=0nankxk.

1. (0,5 pt) Expliciter P dans le cas où P(x)=3x4x3+5x2. Dans le cas général, justifier que degPn, avec égalité si et seulement si a00.

2. (0,75 pt) Démontrer que P(x)=xnP ⁣(1x) pour tout réel x non nul. En déduire que, pour tout réel a non nul, a est racine de P si et seulement si 1a est racine de P.

3. (0,5 pt) On dit que P est palindrome lorsque P=P. Démontrer que si P est palindrome et de degré impair, alors 1 est racine de P.

4. (0,75 pt) On pose A(x)=2x3+3x2+3x+2. En déduire une racine de A sans aucun calcul, puis factoriser complètement A dans R[x].

5. (1,25 pt) On pose B(x)=2x45x3+6x25x+2. Vérifier que B est palindrome et que 0 n'est pas racine de B, puis établir que, pour tout réel x non nul,

B(x)x2=2(x2+1x2)5(x+1x)+6.

En posant u=x+1x, déterminer les racines réelles de B, puis factoriser B dans R[x].

Exercice 2 (2,5 points) — Deux trinômes qui partagent une racine

1. (0,5 pt) Soient A et B deux polynômes, et λ, μ deux réels. Démontrer que tout réel qui est racine à la fois de A et de B est racine de λA+μB. La réciproque est-elle vraie ? Autrement dit, λ et μ étant fixés, une racine de λA+μB est-elle nécessairement racine de A et de B ? Justifier.

Pour tout réel m, on pose dans la suite

Am(x)=x2+mx+6etBm(x)=x2+6x+m.

2. (1,25 pt) Déterminer tous les réels m pour lesquels Am et Bm admettent au moins une racine réelle commune. Pour chacune des valeurs trouvées, préciser l'ensemble des racines communes.

3. (0,75 pt) Soient b et c deux réels distincts. Démontrer que les trinômes U(x)=x2+bx+c et V(x)=x2+cx+b admettent une racine réelle commune si et seulement si b+c+1=0, et que cette racine commune vaut alors 1. Établir ensuite, sans résoudre aucune équation, que la somme des deux autres racines vaut 1. Appliquer enfin ce qui précède au cas m=7 de la question 2. : en déduire les factorisations de A7 et de B7 dans R[x].

Exercice 3 (3,25 points) — Coefficients et racines en degré 3

Dans les questions 1. à 3., on considère un polynôme unitaire de degré 3

P(x)=x3+ax2+bx+c

dont on suppose qu'il possède trois racines réelles x1, x2, x3 comptées avec leur multiplicité, c'est-à-dire que P(x)=(xx1)(xx2)(xx3).

1. (0,5 pt) Développer (xx1)(xx2)(xx3), puis exprimer a, b et c en fonction de x1, x2 et x3.

2. (0,5 pt) Démontrer que

(x1x2)2+(x2x3)2+(x3x1)2=2(a23b),

puis en déduire que a23b.

3. (0,5 pt) Application. On admet que x36x2+11x6=(x1)(x2)(x3). Contrôler sur cet exemple les trois relations de la question 1. ainsi que l'égalité et l'inégalité de la question 2.

4. (1,25 pt) Déterminer les réels t pour lesquels il existe un réel u et un réel d0 tels que le polynôme

T(x)=x39x2+26xt

s'écrive T(x)=(x(ud))(xu)(x(u+d)), c'est-à-dire pour lesquels T possède trois racines réelles en progression arithmétique. Calculer ensuite ces trois racines. On n'oubliera pas de vérifier que la ou les valeurs de t obtenues conviennent effectivement.

5. (0,5 pt) On considère de nouveau un polynôme unitaire P(x)=x3+ax2+bx+c, sans supposer cette fois qu'il possède trois racines réelles. Démontrer que si a=0 et b>0, alors il n'existe aucun triplet de réels (x1,x2,x3) tel que P(x)=(xx1)(xx2)(xx3). Donner un exemple d'un tel polynôme et préciser son nombre de racines réelles.

Exercice 4 (3,5 points) — Un polynôme imposé par deux conditions de divisibilité

On cherche tous les polynômes P appartenant à R5[x] tels que

(x1)3 divise P(x)+1et(x+1)3 divise P(x)1.

On admet le critère suivant, vu en cours : pour tout polynôme A non nul, tout réel α et tout entier m1, le polynôme (xα)m divise A si et seulement si

A(α)=A(α)==A(m1)(α)=0.

1. (0,75 pt) Soit P une solution du problème. Établir que

P(1)=1,P(1)=0,P(1)=0,P(1)=1,P(1)=0,P(1)=0,

puis en déduire que P est divisible par (x1)2, par (x+1)2, et enfin par (x21)2.

2. (0,75 pt) En déduire qu'il existe un réel λ tel que P(x)=λ(x21)2, puis déterminer tous les coefficients de P en fonction de λ et de son terme constant.

3. (1,25 pt) Achever la résolution : déterminer les valeurs de λ et du terme constant, puis énoncer l'unique solution du problème. On vérifiera qu'elle convient.

4. (0,75 pt) Démontrer, sans calculer aucun coefficient, que la solution P du problème est un polynôme impair. On pourra considérer le polynôme R défini par R(x)=P(x) et montrer qu'il est lui aussi solution du problème.

Exercice 5 (7 points) — Problème : les points fixes d'un polynôme et de son itérée

Soit P un polynôme de R[x]. On appelle point fixe de P tout réel α tel que P(α)=α, et l'on note PP le polynôme défini par (PP)(x)=P(P(x)).

Une paire {α,β} de réels distincts tels que P(α)=β et P(β)=α est appelée un cycle de longueur 2 de P : chacun des deux réels est envoyé sur l'autre, et ils reviennent donc à leur point de départ au bout de deux applications de P.

L'objectif du problème est de comprendre le lien entre les points fixes de P et ceux de PP, puis de décrire complètement la situation pour la famille de polynômes x2+c.

Partie A. Un exemple. Dans toute cette partie, P(x)=x21.

1. (0,25 pt) Calculer (PP)(x) sous forme développée, et donner son degré.

2. (0,5 pt) Déterminer les points fixes de P.

3. (0,75 pt) Déterminer les points fixes de PP. On écrira pour cela (PP)(x)x comme un produit de deux polynômes de degré 2, dont l'un est le polynôme P(x)x de la question 2.

4. (0,5 pt) Dans cette question, P désigne d'abord un polynôme quelconque de R[x] : démontrer que tout point fixe de P est un point fixe de PP. Revenant ensuite à P(x)=x21, calculer P(0) et P(1), puis interpréter les deux points fixes de PP qui ne sont pas points fixes de P.

Partie B. Le résultat général. Dans cette partie, P désigne un polynôme de degré n2.

On admet le résultat suivant, établi en exercice : pour tous polynômes A et B et tout entier k1, le polynôme AB divise AkBk.

5. (0,75 pt) Soient A et B deux polynômes. Démontrer que, pour tout polynôme S, le polynôme AB divise S(A)S(B), où S(A) désigne le polynôme composé SA.

6. (0,75 pt) En déduire que le polynôme P(x)x divise le polynôme (PP)(x)x. Expliciter le quotient dans le cas P(x)=x21, et vérifier qu'on retrouve la factorisation de la question 3.

7. On note E l'ensemble des points fixes de PP qui ne sont pas points fixes de P.

a. (0,5 pt) Soit α un élément de E, et soit β=P(α). Démontrer que βα, que β appartient à E, et que P(β)=α.

b. (0,25 pt) Justifier que E est un ensemble fini.

c. (0,5 pt) Soient α et γ deux éléments de E. Démontrer que les paires {α,P(α)} et {γ,P(γ)} sont confondues ou disjointes.

d. (0,25 pt) En déduire que le nombre d'éléments de E est pair.

Partie C. La famille x2+c. Pour tout réel c, on pose Pc(x)=x2+c. On admet l'identité, valable pour tout réel c et tout réel x,

(PcPc)(x)x=(x2x+c)(x2+x+c+1).

8. (0,5 pt) Discuter, suivant les valeurs de c, le nombre de points fixes de Pc.

9. (1,5 pt) Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur c pour que Pc possède un cycle de longueur 2, et donner alors les deux éléments de ce cycle. On traitera avec soin le cas limite, et l'on expliquera en quoi il est cohérent avec la question 7.d. Retrouver enfin l'exemple de la partie A.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.