ECG approfondies · Chapitre 14 · Quatrième semestre

Exercices — Fonctions réelles de n variables sur un ouvert de Rⁿ : recherche d'extrema

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Dérivées partielles d'ordre 2 et théorème de Schwarz

Dérivées partielles d'ordre 2 et théorème de Schwarz

Soit f une fonction de deux variables de classe C2 sur un ouvert U de R2. Ses dérivées partielles d'ordre 2 s'obtiennent en dérivant une seconde fois ses dérivées partielles d'ordre 1. On note 1,12f=2fx2 et 2,22f=2fy2 les deux dérivées secondes pures, et

1,22f=2fxy=x(fy),2,12f=2fyx=y(fx)

les deux dérivées croisées : dans chacune, on dérive d'abord par rapport à la variable écrite à droite.

1. Pour chacune des fonctions suivantes, calculer les deux dérivées partielles d'ordre 1, puis les quatre dérivées partielles d'ordre 2, et vérifier sur le résultat l'égalité des deux dérivées croisées.

a. f(x,y)=x3y22xy+5y sur R2

b. g(x,y)=e2x+3y sur R2

c. h(x,y)=x2lny sur R×]0,+[

2. Soit k(x,y,z)=x2y+yz3xz, définie sur R3. Calculer les trois dérivées partielles d'ordre 1 de k, puis les trois dérivées croisées 1,22k, 1,32k et 2,32k, en vérifiant à chaque fois l'égalité avec la croisée symétrique.

3. Question de cours. Énoncer précisément le théorème de Schwarz, hypothèses comprises. Expliquer pourquoi, en pratique, on ne vérifie jamais l'égalité des dérivées croisées sur les fonctions usuelles.

Exercice 2 ★★★Gradient et matrice hessienne en un point

Matrice hessienne et forme quadratique associéeDérivées partielles d'ordre 2 et théorème de Schwarz

Soit f une fonction de classe C2 sur un ouvert U de Rn et soit aU. On rappelle que le gradient de f en a est le vecteur des dérivées partielles d'ordre 1,

f(a)=(1f(a),  ,  nf(a))

et que la matrice hessienne de f en a est la matrice carrée d'ordre n des dérivées partielles d'ordre 2,

2f(a)=(i,j2f(a))1i,jn

Elle est symétrique d'après le théorème de Schwarz.

1. Soit f(x,y)=x3+2xy23y. Déterminer f(x,y) et 2f(x,y) en tout point de R2, puis les évaluer en (1,1).

2. Soit g(x,y)=xey. Déterminer g(x,y) et 2g(x,y) en tout point de R2, puis les évaluer en (2,0).

3. Soit h(x,y,z)=x2+3y2+z22xz+4y. Déterminer h(x,y,z) et 2h(x,y,z), puis les évaluer en (1,1,1). Que remarque-t-on sur la hessienne ?

4. On pose a=(2,0) et, pour tout u=(u1,u2)R2,

qa(u)=tu2g(a)u

u est identifié à la matrice colonne de ses coordonnées. Expliciter qa(u) en fonction de u1 et u2, puis calculer qa(1,1).

Exercice 3 ★★★Rechercher les points critiques d'une fonction

Points critiques et condition nécessaire d'ordre 1

On rappelle la condition nécessaire d'ordre 1. Soit f une fonction de classe C1 sur un ouvert U de Rn. Si f admet un extremum local en un point aU, alors

f(a)=0

Un point de U en lequel le gradient s'annule est appelé point critique de f. Chercher les extrema d'une fonction sur un ouvert commence donc toujours par la résolution du système f(a)=0.

1. Déterminer tous les points critiques des fonctions suivantes, définies et de classe C1 sur R2 pour les trois premières et sur R3 pour la dernière. On donnera aussi la valeur de la fonction en chacun d'eux.

a. f1(x,y)=x2+y24x+6y+1

b. f2(x,y)=x2+xy+y23x

c. f3(x,y)=x33x+y2

d. f4(x,y,z)=x2+y2+z22x+4y6z

2. Question de cours. Pourquoi la condition nécessaire d'ordre 1 exige-t-elle de travailler sur un ouvert ? Un point critique est-il nécessairement un extremum ? On illustrera la réponse à l'aide de la fonction f3.

Exercice 4 ★★★Nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

Condition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienneMatrice hessienne et forme quadratique associée

On rappelle la condition d'ordre 2. Soit f une fonction de classe C2 sur un ouvert U de Rn et soit a un point critique de f. La matrice 2f(a) est symétrique réelle, donc ses valeurs propres sont réelles, et :

  • si elles sont toutes strictement positives, f admet en a un minimum local strict ;
  • si elles sont toutes strictement négatives, f admet en a un maximum local strict ;
  • s'il en existe deux de signes contraires, f n'admet en a aucun extremum local : a est un point selle ;
  • si 0 est valeur propre et que les autres sont de même signe, le théorème ne conclut pas (cas douteux).

Dans chacun des cinq cas ci-dessous, f est de classe C2 sur un ouvert, a est un point critique de f, et on donne la matrice hessienne 2f(a).

1. Pour chaque matrice, calculer les valeurs propres, puis conclure sur la nature du point critique a en justifiant par le théorème rappelé ci-dessus.

a. (4114)

b. (2225)

c. (1331)

d. (2222)

e. (400012021)

2. Dans le cas d, que peut-on malgré tout affirmer, et que reste-t-il à étudier ?

Exercice 5 ★★★Le critère par le déterminant et la trace en dimension deux

Condition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

Partie A. Le critère.

Soit S=(αββγ) une matrice symétrique réelle d'ordre 2.

1. Calculer le polynôme caractéristique λdet(SλI2) et montrer que son discriminant est positif ou nul. Que peut-on en déduire sur les valeurs propres de S ?

2. En notant λ1 et λ2 ces deux valeurs propres, établir les relations

λ1λ2=det(S)etλ1+λ2=tr(S)

3. Soit f une fonction de classe C2 sur un ouvert de R2 et a un point critique de f. On pose S=2f(a). En utilisant la condition d'ordre 2, dire ce que l'on peut affirmer sur la nature de a dans chacun des quatre cas suivants, sans calculer aucune valeur propre : det(S)>0 avec tr(S)>0 ; det(S)>0 avec tr(S)<0 ; det(S)<0 ; det(S)=0. Trois de ces cas donnent une conclusion : préciser lequel n'en donne aucune, et pourquoi.

Partie B. Applications.

4. Pour chacune des fonctions suivantes, définies et de classe C2 sur R2, on admet la liste de points critiques indiquée. Déterminer la nature de chaque point critique à l'aide du critère de la partie A.

a. f(x,y)=x2+y2+xy3x, point critique (2,1)

b. g(x,y)=x22y2+2x+4y, point critique (1,1)

c. h(x,y)=x23xy+y2, point critique (0,0)

d. k(x,y)=x2+2xy+y2, dont les points critiques sont tous les points de la droite d'équation x+y=0

5. Conclure le cas d par une étude directe du signe de k.

Exercice 6 ★★★Reconnaître un point selle, par le calcul et sur les lignes de niveau

Points selle et cas douteux d'une hessienne dégénérée

Partie A. Lecture graphique.

La figure ci-dessous donne quelques lignes de niveau de la fonction g définie sur R2 par g(x,y)=xy, au voisinage de l'origine : les niveaux 4, 1, 1 et 4, ainsi que les deux axes de coordonnées.

Lignes de niveau de la fonction produit xy autour de l'origine

1. Déterminer la ligne de niveau 0 de g et décrire son allure. Retrouver ce résultat sur la figure.

2. Préciser le signe de g dans chacun des quatre quadrants ouverts du plan, et dire dans quels quadrants se trouvent les niveaux 1 et 4, puis les niveaux 1 et 4.

3. En exhibant deux directions issues de l'origine, montrer que g n'admet pas d'extremum local en (0,0).

Partie B. Par le calcul.

On considère les deux fonctions définies sur R2 par

f(x,y)=x2y2etg(x,y)=xy

4. Vérifier que (0,0) est un point critique de f, écrire 2f(0,0), calculer ses valeurs propres et conclure sur la nature de ce point critique.

5. Mêmes questions pour g.

6. Retrouver la conclusion pour f sans utiliser la hessienne, en étudiant les deux fonctions tf(t,0) et tf(0,t). Expliquer pourquoi ces deux directions ne conviennent pas pour g, et en proposer deux autres.

Exercice 7 ★★★Développement limité d'ordre deux et approximation quadratique

Développement limité d'ordre 2 et approximation quadratique

On rappelle la formule de Taylor-Young à l'ordre 2, admise dans le cours. Si f est de classe C2 sur un ouvert U de Rn et si aU, alors, pour u=(u1,,un) au voisinage de 0,

f(a+u)=f(a)+f(a),u+12tu2f(a)u+o(u2)

Le polynôme de degré 2 obtenu en supprimant le reste s'appelle l'approximation quadratique de f au voisinage de a.

1. Écrire le développement limité à l'ordre 2 de f(x,y)=e2x+y au point (0,0).

2. Écrire le développement limité à l'ordre 2 de g(x,y)=x2y au point (1,2).

3. Écrire le développement limité à l'ordre 2 de h(x,y)=ln(1+x+2y) au point (0,0).

Dans les trois cas, on calculera d'abord le gradient et la matrice hessienne au point considéré.

4. Applications numériques. À l'aide du développement de la question 1, donner une valeur approchée de e0,06 en prenant (x,y)=(0,02;0,02). À l'aide de celui de la question 3, donner une valeur approchée de ln(1,05) en prenant (x,y)=(0,01;0,02). Comparer chaque fois à la valeur donnée par la calculatrice.

Exercice 8 ★★★Premiers extrema sous contrainte, par substitution

Paramétrage de la contrainte et méthode de substitutionExtrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de Lagrange

Optimiser une fonction f sous une contrainte consiste à chercher les extrema de f non pas sur Rn tout entier, mais sur l'ensemble C des points qui vérifient la contrainte. Lorsque celle-ci est une équation linéaire, la méthode de substitution consiste à exprimer une variable en fonction des autres, à la remplacer dans f, et à étudier la fonction obtenue, qui a une variable de moins et n'est plus soumise à aucune contrainte.

1. Déterminer le minimum de f(x,y)=x2+y2 sous la contrainte x+y=4.

2. Déterminer le maximum de f(x,y)=xy sous la contrainte 2x+y=8.

3. Déterminer le minimum de f(x,y,z)=x2+y2+z2 sous la contrainte x+y+z=6. On substituera z.

Dans les trois cas, on précisera si l'extremum trouvé est local ou global, et pourquoi.

4. Remarque de cours. Qu'exige la méthode de substitution pour pouvoir être appliquée ? Pourquoi est-ce toujours possible lorsque la contrainte est une équation linéaire non triviale ?

Exercice 9 ★★★Fermé, borné, et ce que garantit le théorème des bornes atteintes

Extrema sur un fermé borné : existence, intérieur et frontière

On rappelle le théorème d'existence des extrema, admis dans le cours. Soit K une partie fermée, bornée et non vide de Rn et soit f:KR une fonction continue sur K. Alors f est bornée sur K et elle atteint ses bornes : il existe deux points a et b de K tels que, pour tout xK,

f(a)    f(x)    f(b)

On utilisera librement les résultats du cours de topologie : si φ est continue sur Rn et c un réel, alors {x  ;  φ(x)c}, {x  ;  φ(x)c} et {x  ;  φ(x)=c} sont fermés, et une intersection de fermés est fermée.

Partie A.

1. Pour chacune des six parties suivantes de R2, dire si elle est fermée, si elle est bornée, et si le théorème ci-dessus s'y applique pour une fonction continue. Chaque réponse sera justifiée.

a. le carré K1=[0,1]×[0,1]

b. le disque ouvert K2={(x,y)  ;  x2+y2<1}

c. le disque fermé K3={(x,y)  ;  x2+y21}

d. la droite K4={(x,y)  ;  x+y=1}

e. le triangle fermé K5 de sommets (0,0), (2,0) et (0,2)

f. le quart de plan K6={(x,y)  ;  x0,  y0}

Partie B.

2. Donner une fonction continue sur le disque ouvert K2 qui n'y est pas bornée.

3. Donner une fonction continue et bornée sur K2 qui n'y admet pas de maximum.

4. Donner une fonction continue sur le quart de plan K6, qui est fermé, et qui n'y admet pas de maximum.

Partie C.

5. Question de cours. Le théorème indique-t-il se trouvent les extrema ? Comment les détermine-t-on en pratique sur un fermé borné ?

Exercice 10 ★★★★Étude complète d'une fonction polynomiale de deux variables

Points critiques et condition nécessaire d'ordre 1Condition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessiennePoints selle et cas douteux d'une hessienne dégénérée

Soit f la fonction définie sur R2 par

f(x,y)=x3+y33xy.

1. Justifier que f est de classe C2 sur l'ouvert R2, puis calculer f(x,y).

2. Déterminer tous les points critiques de f. On pourra tirer y de l'équation 1f(x,y)=0, puis reporter dans la seconde équation.

3. Calculer les dérivées partielles d'ordre 2 de f et écrire la matrice hessienne 2f(x,y) en un point quelconque.

4. Déterminer la nature du point critique (0,0). Confirmer le résultat en étudiant les signes de f(t,t) et de f(t,t) pour t réel non nul et petit.

5. Déterminer la nature du point critique (1,1) de deux manières : par le critère du déterminant et de la trace, puis par le calcul des valeurs propres de 2f(1,1). Préciser la valeur de f en ce point.

6. La fonction f admet-elle un maximum global sur R2 ? Un minimum global ? On étudiera la fonction tf(t,0).

Exercice 11 ★★★★Une forme quadratique et une partie linéaire

Matrice hessienne et forme quadratique associéeCondition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienneDu local au global : minoration, forme canonique, comportement à l'infini

Soit f la fonction définie sur R2 par

f(x,y)=x2+xy+y23x6y.

1. Justifier que f est de classe C2 sur R2, calculer f(x,y) et montrer que f admet un unique point critique a, que l'on déterminera. Calculer f(a).

2. Écrire la matrice hessienne 2f(x,y) et constater qu'elle ne dépend pas du point. Déterminer ses valeurs propres, puis conclure sur la nature du point critique a.

3. On pose u=x et v=y3. Montrer que, pour tout (x,y)R2,

f(x,y)f(a)=u2+uv+v2.

4. Établir l'identité u2+uv+v2=(u+v2)2+3v24, puis en déduire que f admet un minimum global sur R2, atteint en un unique point.

5. Soit plus généralement f=q+, où q est une forme quadratique définie positive sur R2 et une forme linéaire. Que peut-on dire de la hessienne de f, du nombre de ses points critiques et de la nature de l'extremum, sans refaire aucun calcul de dérivée ?

Exercice 12 ★★★★Extremum d'une fonction de trois variables

Dérivées partielles d'ordre 2 et théorème de SchwarzMatrice hessienne et forme quadratique associéeCondition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

Soit f la fonction définie sur R3 par

f(x,y,z)=x2+y2+z2xyyzx.

1. Justifier que f est de classe C2 sur R3 et calculer f(x,y,z).

2. Déterminer les points critiques de f en résolvant le système linéaire obtenu, puis calculer la valeur de f en ce point sous forme de fraction irréductible.

3. Calculer les dérivées partielles d'ordre 2 de f et vérifier que

2f(x,y,z)=(210121012).

4. Déterminer le polynôme caractéristique de cette matrice, puis ses trois valeurs propres. Conclure sur la nature du point critique.

5. Montrer que, si a désigne le point critique, on a pour tout hR3 l'identité exacte

f(a+h)=f(a)+122f(a)h, h.

6. En déduire que l'extremum trouvé est global et strict.

Exercice 13 ★★★★Points critiques d'une fonction avec exponentielle

Points critiques et condition nécessaire d'ordre 1Condition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

Soit f la fonction définie sur R2 par

f(x,y)=(x2+y2)ex.

1. Justifier que f est de classe C2 sur R2, puis calculer 1f(x,y) et 2f(x,y) en factorisant chaque expression par ex.

2. Montrer que f admet exactement deux points critiques : (0,0) et (2,0).

3. Calculer les dérivées partielles d'ordre 2 de f et écrire 2f(x,y).

4. Déterminer la nature de chacun des deux points critiques.

5. Montrer que f admet un minimum global sur R2, atteint en un unique point que l'on précisera.

6. Le point (2,0) est-il un extremum global de f ? On étudiera la fonction φ:xf(x,0) sur R, et notamment sa limite en .

Exercice 14 ★★★★Un minimum global sur un ouvert non borné

Points critiques et condition nécessaire d'ordre 1Condition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienneHessienne de signe constant et extremum global

On pose U=]0,+[2 et l'on considère la fonction f définie sur U par

f(x,y)=x+yln(xy).

1. Déterminer l'ensemble des couples (x,y) pour lesquels l'expression ln(xy) a un sens, puis justifier que U est un ouvert de R2 inclus dans cet ensemble. Simplifier ln(xy) sur U et justifier que f est de classe C2 sur U.

2. Calculer f(x,y) et montrer que f admet un unique point critique sur U.

3. Calculer 2f(x,y) en tout point de U, puis déterminer la nature du point critique.

4. Soit g la fonction définie sur ]0,+[ par g(x)=xlnx. Dresser son tableau de variations et en déduire que

x>0,xlnx1,

avec égalité si et seulement si x=1.

5. En déduire que f admet un minimum global sur U, en préciser la valeur, et montrer qu'il est atteint en un unique point.

6. Quel est le signe de 2f(x,y) en un point quelconque de U ? Quel lien avec la structure « à variables séparées » de f et avec le résultat de la question précédente ?

Exercice 15 ★★★★Extrema sur un carré fermé

Extrema sur un fermé borné : existence, intérieur et frontièrePoints critiques et condition nécessaire d'ordre 1

Soit f la fonction définie sur R2 par

f(x,y)=x2+y2xy2x,

et soit D=[0,2]×[0,2].

1. Justifier que f admet sur D un maximum global et un minimum global.

2. Déterminer les points critiques de f appartenant à l'intérieur ]0,2[2 de D, et calculer la valeur de f en un tel point.

3. Étudier séparément la restriction de f à chacun des quatre côtés de D. Dans chaque cas, on se ramènera à une fonction d'une seule variable sur un segment, dont on déterminera le maximum et le minimum.

4. Rassembler dans un tableau toutes les valeurs candidates obtenues aux questions 2. et 3., puis conclure : donner le maximum global et le minimum global de f sur D, ainsi que les points où ils sont atteints.

5. Calculer f au point où le maximum global est atteint. Le résultat contredit-il la condition nécessaire d'ordre 1 ?

Exercice 16 ★★★★Distance d'un point à un plan par la condition d'ordre un

Extrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de Lagrange

On note f la fonction définie sur R3 par f(x,y,z)=x2+y2+z2, et

P={(x,y,z)R3  ;  x+2y+3z=14}.

On cherche le minimum de f sur P.

1. Interpréter géométriquement la quantité f(M) pour un point M=(x,y,z), puis reformuler le problème posé.

2. Écrire la contrainte sous la forme g(x,y,z)=14, où g est une forme linéaire que l'on précisera. Calculer f(x,y,z) et g(x,y,z), et vérifier que g ne s'annule en aucun point.

3. Énoncer la condition nécessaire d'ordre 1 pour ce problème d'optimisation sous contrainte d'égalité linéaire, puis résoudre le système de quatre équations aux quatre inconnues x, y, z et λ qu'elle fournit.

4. Démontrer, à l'aide de l'inégalité de Cauchy-Schwarz, que f(M)14 pour tout MP. Étudier le cas d'égalité, conclure, et en déduire la distance de l'origine au plan P.

5. Si l'on avait cherché le maximum de f sur P, quel système la condition d'ordre 1 aurait-elle donné ? Un tel maximum existe-t-il ? Qu'en conclure sur la portée de cette condition ?

Exercice 17 ★★★★Le profit maximal d'une entreprise à deux produits

Optimisation économique : coût, profit, utilité, moindres carrésCondition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

Une entreprise fabrique deux biens, notés A et B, en quantités respectives x et y exprimées en milliers d'unités. Son profit, exprimé en milliers d'euros, est donné sur l'ouvert U=]0,+[2 par

π(x,y)=60x+80y2x23y22xy150.

Cette fonction est polynomiale, donc de classe C2 sur U.

1. Interpréter économiquement chacun des quatre groupes de termes : 60x+80y, puis 2x23y2, puis 2xy, puis 150.

2. Calculer π(x,y) et déterminer l'unique point critique de π sur U. Vérifier le résultat obtenu.

3. Calculer la matrice hessienne 2π(x,y) et constater qu'elle ne dépend pas du point. Déterminer la nature du point critique à l'aide du déterminant et de la trace, puis confirmer en calculant les valeurs propres.

4. Calculer le profit correspondant, en euros.

5. Établir que, pour tout (x,y)R2,

π(x,y)=55012(2x+y30)252(y10)2,

et en déduire que le maximum trouvé est global sur U et atteint en un seul point.

6. On suppose que l'entreprise réorganise ses ateliers de sorte que le terme croisé 2xy disparaisse : le profit devient π0(x,y)=60x+80y2x23y2150. Déterminer le nouveau plan de production optimal et le nouveau profit maximal, puis commenter.

Exercice 18 ★★★★Répartir une production entre deux ateliers au moindre coût

Optimisation économique : coût, profit, utilité, moindres carrésExtrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de Lagrange

Une entreprise doit honorer une commande de 30 unités d'un même bien. Elle dispose de deux ateliers, A et B, qui en produisent respectivement x et y unités. Le coût total de fabrication, exprimé en euros, est donné sur l'ouvert U=]0,+[2 par

C(x,y)=x2+2y2,

et la commande impose la contrainte g(x,y)=0, où g(x,y)=x+y30.

1. Interpréter le modèle : pourquoi les coûts sont-ils quadratiques, et que signifie le coefficient 2 devant y2 ?

2. (Substitution.) Exprimer y en fonction de x grâce à la contrainte, et montrer que le problème revient à minimiser sur ]0,30[ la fonction φ(x)=3x2120x+1800.

3. Mettre φ sous forme canonique et en déduire la répartition optimale ainsi que le coût minimal. Justifier soigneusement qu'il s'agit d'un minimum global sous la contrainte.

4. (Multiplicateur.) Écrire la condition nécessaire d'ordre 1 sous contrainte, c'est-à-dire l'existence d'un réel λ tel que C(x,y)=λg(x,y), et résoudre le système obtenu en y adjoignant la contrainte. Donner la valeur de λ.

5. Vérifier que les deux méthodes donnent le même point, et rappeler ce que chacune démontre exactement.

6. Calculer 1C et 2C au point optimal, et interpréter λ comme un coût marginal commun aux deux ateliers. Vérifier enfin que si la commande portait sur b unités au lieu de 30, le coût minimal serait 2b23, dont la dérivée en b=30 vaut précisément λ.

Exercice 19 ★★★★Substitution ou multiplicateur, deux chemins vers le même point

Paramétrage de la contrainte et méthode de substitutionExtrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de Lagrange

On considère la fonction f définie sur R2 par

f(x,y)=2x2+y2+xy,

et l'on cherche à minimiser f sur la droite D d'équation x+y=6. On pose g(x,y)=x+y6, de sorte que la contrainte s'écrit g(x,y)=0.

Partie A — Par substitution

1. Justifier que tout point de D s'écrit (x,6x) avec xR, et montrer que le problème revient à minimiser sur R la fonction φ(x)=2x26x+36.

2. Mettre φ sous forme canonique. En déduire le point de Df atteint son minimum, ainsi que la valeur de ce minimum. Justifier qu'il est global sur D et strict.

3. La fonction f admet-elle un maximum sur D ?

Partie B — Par le multiplicateur

4. Calculer f(x,y) et g(x,y). Écrire la condition nécessaire d'ordre 1 sous contrainte et le système de trois équations qu'elle fournit, contrainte comprise.

5. Résoudre ce système. Donner le point obtenu et la valeur du multiplicateur λ. Vérifier le résultat.

Partie C — Comparaison des deux méthodes

6. Comparer le coût des deux méthodes : quels calculs chacune demande-t-elle ?

7. Comparer ce que chacune démontre. Laquelle permet de conclure ? Que manque-t-il à l'autre ?

8. Citer trois situations dans lesquelles la substitution devient impraticable, alors que le multiplicateur reste utilisable.

Exercice 20 ★★★★Quand la hessienne ne décide pas

Points selle et cas douteux d'une hessienne dégénéréeCondition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

On considère les quatre fonctions suivantes, définies sur R2.

a. f(x,y)=x4+y4

b. g(x,y)=x4y4

c. h(x,y)=x2+y4

d. k(x,y)=x2y2

Elles sont toutes polynomiales, donc de classe C2 sur R2, et toutes nulles en (0,0).

1. Vérifier que (0,0) est un point critique de chacune de ces quatre fonctions.

2. Calculer les quatre matrices hessiennes en (0,0). Montrer que trois d'entre elles sont la matrice nulle, et que celle de h vaut diag(2,0).

3. Expliquer pourquoi, dans les quatre cas, la condition d'ordre 2 ne permet aucune conclusion. On traitera à part le cas de h, dont la hessienne n'est pas nulle mais dégénérée.

4. Déterminer la nature du point critique (0,0) de f par une étude directe du signe de f(x,y)f(0,0).

5. Même question pour g. On pourra examiner séparément ce qui se passe le long de chacun des deux axes.

6. Même question pour h.

7. Même question pour k. Déterminer de plus l'ensemble de tous les points où k atteint son minimum, ainsi que l'ensemble de tous les points critiques de k.

8. Leçon de méthode. Que faire, en pratique, lorsqu'une valeur propre de la hessienne est nulle ? Que montrent précisément les quatre exemples réunis ?

Exercice 21 ★★★★De l'approximation quadratique à la minoration globale

Développement limité d'ordre 2 et approximation quadratiqueDu local au global : minoration, forme canonique, comportement à l'infini

Trois fonctions, trois façons d'obtenir un minimum global. Toutes les fonctions de cet exercice sont de classe C2 sur R2 par opérations usuelles.

Partie A — Quand le développement limité est exact

Soit f(x,y)=x2+2y2+2x4y+8.

1. Déterminer l'unique point critique a de f, puis calculer la matrice hessienne 2f(x,y).

2. Écrire le développement limité d'ordre 2 de f en a, c'est-à-dire l'expression de f(a+u) pour u=(u1,u2). Montrer par un calcul direct que le reste est identiquement nul, et expliquer pourquoi c'était prévisible.

3. En déduire, sans utiliser les valeurs propres, que f admet un minimum global strict, et préciser le point et la valeur.

Partie B — Quand une seule variable suffit

Soit g(x,y)=ex2+y2x2y2.

4. Montrer que g(x,y)=ψ ⁣(x2+y2), où ψ(s)=ess. Étudier les variations de ψ sur [0,+[ et préciser sa valeur en 0 ainsi que sa limite en +.

5. En déduire le minimum global de g sur R2 et le point où il est atteint, sans jamais calculer de hessienne.

Partie C — Quand l'ordre 2 ne suffit pas

Soit h(x,y)=(x2+y2)22x2+2y2.

6. Vérifier que (0,0) est un point critique de h, calculer 2h(0,0) et écrire le développement limité d'ordre 2 de h en (0,0). Que permet de conclure la condition d'ordre 2 en ce point, et pourquoi cela ne renseigne-t-il pas sur le minimum global de h ?

7. On pose r2=x2+y2. Démontrer que pour tous réels x et y, h(x,y)r42r2, puis que h(x,y)1. Déterminer tous les cas d'égalité.

8. Conclure quant au minimum global de h, et dresser le bilan de ce que chacun des trois outils rencontrés apporte.

Exercice 22 ★★★★Paramétrer une droite de contrainte dans l'espace

Paramétrage de la contrainte et méthode de substitutionExtrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de Lagrange

On munit R3 de son produit scalaire usuel et l'on considère la fonction

f(x,y,z)=x2+y2+z2,

que l'on cherche à minimiser sous les deux contraintes linéaires

g1(x,y,z)=x+y+z3=0etg2(x,y,z)=xy1=0.

On note S l'ensemble des points de R3 vérifiant ces deux contraintes.

1. Montrer que S est une droite de l'espace : résoudre le système en prenant y=t comme paramètre, puis donner un point A de S et un vecteur directeur u de cette droite.

2. En déduire que le problème revient à minimiser sur R la fonction φ(t)=6t26t+5.

3. Mettre φ sous forme canonique et conclure : donner le point M de Sf atteint son minimum, la valeur de ce minimum, et justifier qu'il est global sur S et strict. Vérifier que M satisfait bien les deux contraintes.

4. Retrouver le point M par la condition nécessaire d'ordre 1 sous contraintes, c'est-à-dire l'existence de deux réels λ et μ tels que

f(x,y,z)=λg1(x,y,z)+μg2(x,y,z).

Préciser les valeurs de λ et μ, et vérifier le résultat.

5. Interprétation géométrique. Que représente f(x,y,z) pour le point de coordonnées (x,y,z) ? En déduire ce qu'est le point M pour la droite S, et le vérifier en calculant le produit scalaire OM,u. Donner enfin la distance de l'origine à la droite S.

Exercice 23 ★★★Une étude complète avec trois points critiques

Points critiques et condition nécessaire d'ordre 1Condition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessiennePoints selle et cas douteux d'une hessienne dégénérée

On étudie sur R2 la fonction définie par

f(x,y)=x4+y44xy.

Partie A. Les points critiques.

1. Justifier que f est de classe C2 sur R2, puis calculer f(x,y).

2. Montrer que (x,y) est un point critique de f si et seulement si y=x3 et x9=x. Résoudre complètement cette dernière équation et en déduire que f possède exactement trois points critiques.

3. Vérifier les deux invariances f(x,y)=f(x,y) et f(y,x)=f(x,y). Expliquer pourquoi la première permet de déduire la nature de (1,1) de celle de (1,1), sans aucun calcul supplémentaire.

Partie B. La nature de chaque point critique.

4. Calculer 2f(x,y) en un point quelconque de R2.

5. Déterminer la nature du point critique (0,0). Confirmer la conclusion en étudiant le signe de f(t,t) et celui de f(t,t) pour t réel non nul et proche de 0.

6. Déterminer la nature de (1,1), en précisant les valeurs propres de la hessienne en ce point. Conclure pour (1,1) à l'aide de la question 3.

Partie C. Du local au global.

Pour u=(x,y), on note u=x2+y2.

7. Démontrer que pour tous réels x et y :

4xy2(x2+y2)et(x2+y2)22(x4+y4).

8. En déduire la minoration f(u)12u42u2, puis que f(u) tend vers + quand u tend vers +.

9. Montrer que f(u)0 dès que u2. En travaillant sur le disque fermé de centre l'origine et de rayon 2, démontrer que f admet un minimum global sur R2, que ce minimum vaut 2 et qu'il est atteint en exactement deux points.

10. Retrouver instantanément le résultat de la question 9 en établissant l'identité

f(x,y)=(x21)2+(y21)2+2(xy)22.

Exercice 24 ★★★Hessienne positive partout, minimum global

Hessienne de signe constant et extremum globalDu local au global : minoration, forme canonique, comportement à l'infiniDéveloppement limité d'ordre 2 et approximation quadratique

La condition d'ordre 2 ne donne jamais qu'un renseignement local. Cet exercice établit le théorème qui permet de passer au global, puis l'applique.

Partie A. La méthode.

Soit f une fonction de classe C2 sur R2, soit a un point critique de f et soit hR2. On pose, pour tout réel t,

φ(t)=f(a+th).

On admet que φ est de classe C2 sur R et que, pour tout réel t,

φ(t)=f(a+th),hetφ(t)=th2f(a+th)h.

On suppose de plus que la forme quadratique associée à la hessienne est positive en tout point :

(H)pour tout mR2 et tout uR2,tu2f(m)u0.

1. Calculer φ(0) et φ(1), et montrer que φ(0)=0.

2. Montrer que φ est croissante sur R, puis que φ(t)0 pour tout t0.

3. En déduire que f(a+h)f(a), et conclure : sous l'hypothèse (H), tout point critique de f est un minimum global.

4. Redémontrer la question 3 à l'aide de la formule de Taylor avec reste intégral appliquée à φ entre 0 et 1.

5. On renforce (H) en supposant tu2f(m)u>0 pour tout m et tout u0. Montrer qu'alors le minimum est strict, et que f admet au plus un point critique.

Partie B. L'application.

On pose, pour (x,y)R2 :   g(x,y)=ex+yx2y+x2.

6. Justifier que g est de classe C2 sur R2 et calculer g(x,y) puis 2g(x,y).

7. Calculer le déterminant et la trace de 2g(x,y) et en déduire que cette hessienne est définie positive en tout point de R2.

8. Déterminer l'unique point critique de g (on montrera d'abord que ex+y=2).

9. Conclure et donner la valeur exacte du minimum global de g.

Partie C. Le contre-exemple.

On pose k(x,y)=x3+y2.

10. Vérifier que (0,0) est un point critique de k et que la forme quadratique associée à 2k(0,0) est positive. Montrer pourtant que (0,0) n'est pas un minimum local de k. Où l'hypothèse (H) est-elle mise en défaut ?

Exercice 25 ★★★Minimum d'une forme quadratique écrite matriciellement

Matrice hessienne et forme quadratique associéeDu local au global : minoration, forme canonique, comportement à l'infiniHessienne de signe constant et extremum global

On identifie Rn à l'ensemble Mn,1(R) des matrices colonnes à n lignes, et on note X=(x1xn) le vecteur des variables.

Soit A=(ai,j) une matrice symétrique réelle d'ordre n dont toutes les valeurs propres sont strictement positives, et soit bMn,1(R). On pose

f(X)=tXAX2tbX.

Partie A. Étude générale.

1. Montrer que f(X)=i=1nj=1nai,jxixj2i=1nbixi, et en déduire que f est de classe C2 sur Rn.

2. Soit k{1,,n}. En isolant dans la double somme les termes contenant xk, montrer que

kf(X)=2j=1nak,jxj2bk,c’est-aˋ-diref(X)=2AX2b.

On précisera où l'on utilise la symétrie de A.

3. En déduire que 2f(X)=2A pour tout X : la hessienne est constante.

4. Justifier que A est inversible, puis montrer que f admet un unique point critique X=A1b.

5. Démontrer l'identité, valable pour tout XRn :

f(X)f ⁣(X)=t ⁣(XX)A(XX).

6. À l'aide du théorème spectral, montrer que tYAY>0 pour tout Y0. Conclure que X est le minimum global strict de f sur Rn.

7. Montrer que la valeur de ce minimum est f ⁣(X)=tbA1b=tbX.

Partie B. Application numérique en dimension 2.

On prend n=2,   A=(2113) et b=(14).

8. Vérifier que les valeurs propres de A sont strictement positives, sans les calculer explicitement.

9. Expliciter f(x,y), calculer A1 puis X=A1b, et donner la valeur du minimum.

10. Contrôler le résultat en calculant directement f(x,y) et f ⁣(X) à partir de l'expression développée.

Exercice 26 ★★★La droite des moindres carrés comme problème d'extremum

Optimisation économique : coût, profit, utilité, moindres carrésPoints critiques et condition nécessaire d'ordre 1Condition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

Une entreprise relève son chiffre d'affaires annuel. On dispose de n couples de réels (xi,yi), où xi est le rang de l'année et yi le chiffre d'affaires correspondant, et on cherche la droite d'équation y=ax+b qui rend minimale la somme des carrés des écarts verticaux

S(a,b)=i=1n(yiaxib)2,(a,b)R2.

On note x=1ni=1nxi et y=1ni=1nyi les moyennes, puis

V=1ni=1n(xix)2(variance empirique),C=1ni=1n(xix)(yiy)(covariance empirique).

Dans toute la partie A, n2 et les xi ne sont pas tous égaux.

Partie A. Le cas général.

1. Justifier que S est de classe C2 sur R2 et montrer que

1S(a,b)=2i=1nxi(yiaxib),2S(a,b)=2i=1n(yiaxib).

2. En déduire que (a,b) est un point critique de S si et seulement s'il vérifie le système des équations normales

ai=1nxi2+bi=1nxi=i=1nxiyietai=1nxi+nb=i=1nyi.

3. Démontrer les deux identités i=1n(xix)2=i=1nxi2nx2 et i=1n(xix)(yiy)=i=1nxiyinxy.

4. Résoudre le système de la question 2 et montrer qu'il admet l'unique solution

a0=CV,b0=ya0x.

5. Calculer 2S(a,b), montrer que det2S(a,b)=4n2V et en déduire que la hessienne est définie positive. Que peut-on déjà conclure sur (a0,b0) ?

6. On pose ri=yia0xib0. En écrivant yiaxib=riαxiβ avec α=aa0 et β=bb0, démontrer l'identité

S(a,b)=S ⁣(a0,b0)+i=1n(αxi+β)2,

et conclure que le minimum est global et atteint en un unique point.

Partie B. Application numérique.

Le chiffre d'affaires (en milliers d'euros) des quatre dernières années est le suivant.

rang de l'année xi 1 2 3 4
chiffre d'affaires yi 13 14 17 22

7. Calculer x, y, V et C, puis l'équation de la droite d'ajustement.

8. Calculer les quatre écarts ri et la valeur de S à l'optimum. Vérifier la valeur du déterminant de la hessienne.

9. Estimer le chiffre d'affaires de la cinquième année et commenter.

Exercice 27 ★★★Maximiser une utilité sous contrainte de budget

Extrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de LagrangeOptimisation économique : coût, profit, utilité, moindres carrésParamétrage de la contrainte et méthode de substitution

Un consommateur achète les quantités x et y, strictement positives, de deux biens dont les prix unitaires sont p>0 et q>0. Son revenu R>0 est entièrement dépensé, ce qui impose la contrainte linéaire

px+qy=R.

Sa satisfaction est mesurée par la fonction d'utilité de Cobb-Douglas

U(x,y)=xαyβ,α>0,β>0,

définie sur l'ouvert Ω=]0,+[×]0,+[. On note B={(x,y)Ω  ;  px+qy=R} l'ensemble des paniers accessibles.

Partie A. Réduction du problème et substitution.

1. Justifier que U est de classe C2 sur Ω et que U y est strictement positive. En utilisant la stricte croissance du logarithme, montrer que maximiser U sur B revient exactement à y maximiser

V(x,y)=lnU(x,y)=αlnx+βlny.

2. Montrer que (x,y)B si et seulement si x]0,Rp[ et y=Rpxq.

3. On pose, pour x]0,Rp[,   g(x)=V ⁣(x,Rpxq). Calculer g(x) et montrer que

g(x)=αR(α+β)pxx(Rpx).

4. Étudier le signe de g, dresser le tableau de variations de g (limites aux bornes comprises) et en déduire que U admet sur B un maximum global, atteint en un unique point

x=αα+βRp,y=βα+βRq.

Partie B. Par la condition nécessaire d'ordre 1 sous contrainte linéaire.

5. Écrire la condition nécessaire d'ordre 1 pour V sous la contrainte linéaire px+qy=R, sous la forme V(x,y)=λ(p,q).

6. Résoudre le système obtenu, en déterminant d'abord λ, et retrouver (x,y). Pourquoi cette méthode seule ne suffit-elle pas à conclure ?

Partie C. Interprétation et application.

7. Calculer les parts de budget pxR et qyR et commenter.

8. Application numérique : α=1, β=2, p=2, q=3, R=90. Calculer x, y, l'utilité maximale, et comparer avec les paniers (30,10) et (18,18).

Exercice 28 ★★★Extrema sur un disque fermé, sans paramétrage du cercle

Extrema sur un fermé borné : existence, intérieur et frontièreParamétrage de la contrainte et méthode de substitution

On considère la fonction définie sur R2 par

f(x,y)=x2+y22x4y+1,

et le disque fermé D={(x,y)R2  ;  x2+y29}. On note Γ={(x,y)R2  ;  x2+y2=9} sa frontière.

Partie A. Existence et étude de l'intérieur.

1. Montrer que D est une partie fermée et bornée de R2, et que f y est continue. Qu'en déduit-on ?

2. Vérifier l'identité f(x,y)=(x1)2+(y2)24.

3. Déterminer les points critiques de f situés dans l'intérieur de D, c'est-à-dire dans l'ouvert {(x,y)  ;  x2+y2<9}. Préciser la nature du point trouvé à l'aide de 2f, et donner la valeur de f en ce point.

Partie B. Étude de la frontière par Cauchy-Schwarz.

4. Montrer que pour tout (x,y)Γ, on a f(x,y)=102x4y. Le problème sur le bord est donc l'optimisation d'une expression affine.

5. En appliquant l'inégalité de Cauchy-Schwarz au produit scalaire (x,y),(2,4), montrer que pour tout (x,y)Γ :

652x+4y65,donc1065f(x,y)10+65.

6. Écrire le cas d'égalité de l'inégalité de Cauchy-Schwarz et en déduire les coordonnées exactes des deux points de Γ où ces bornes sont atteintes.

Partie C. Conclusion et méthode.

7. Comparer toutes les valeurs candidates, en justifiant l'inégalité 4<1065, et conclure : donner le minimum global et le maximum global de f sur D, ainsi que les points où ils sont atteints.

8. Retrouver géométriquement ces deux résultats à l'aide de l'identité de la question 2.

9. Question de méthode. Pourquoi n'a-t-on pas utilisé de multiplicateur de Lagrange pour traiter la frontière ? Quelle autre méthode, au programme, aurait permis de conclure ? En décrire le déroulement, sans faire les calculs.

Exercice 29 ★★★Extrema sur un triangle fermé

Extrema sur un fermé borné : existence, intérieur et frontière

Sur un fermé borné, l'existence des extrema est garantie mais le gradient ne suffit plus : un extremum peut être atteint sur le bord, là où la condition d'ordre 1 ne s'applique pas. La méthode est toujours la même : l'intérieur d'abord, puis le bord morceau par morceau.

On considère la fonction f définie sur R2 par

f(x,y)=xy(3xy),

et le triangle fermé

T={(x,y)R2  ;  x0, y0, x+y3}.

On note enfin U={(x,y)R2  ;  x>0, y>0, x+y<3}.

Partie A. Existence.

1. Montrer que T est fermé, puis qu'il est borné. En déduire que f admet sur T un maximum global et un minimum global.

Partie B. À l'intérieur.

2. Développer f(x,y), justifier que f est de classe C1 sur R2 et calculer f(x,y).

3. Montrer que le seul point de U en lequel f s'annule est (1,1), et calculer f(1,1).

Partie C. Sur le bord.

4. On pose C1={(0,y)  ;  0y3}, C2={(x,0)  ;  0x3} et C3={(x,3x)  ;  0x3}. Montrer que tout point de T qui n'appartient pas à U appartient à C1, à C2 ou à C3.

5. Calculer f sur chacun des trois côtés C1, C2, C3.

6. Conclure : donner le maximum global et le minimum global de f sur T, ainsi que l'ensemble des points où chacun est atteint.

Partie D. Ouverture : on retire la borne.

On remplace T par le quart de plan Q={(x,y)R2  ;  x0, y0}.

7. Calculer f(t,t) pour t0 et déterminer sa limite en +. En déduire que f n'est pas minorée sur Q, et donc qu'elle n'y admet pas de minimum global.

8. Montrer qu'en revanche f admet encore sur Q un maximum global égal à 1. Quelle hypothèse du théorème d'existence est en défaut sur Q ?

Exercice 30 ★★★Un minimum d'entropie sous contrainte de somme

Extrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de LagrangeParamétrage de la contrainte et méthode de substitution

Deux méthodes cohabitent pour optimiser sous une contrainte linéaire : substituer (on élimine une variable et l'on retombe sur une étude de fonction d'une variable, qui conclut) et écrire la condition d'ordre 1 (on obtient un candidat, mais rien de plus). Cet exercice les confronte sur la fonction qui mesure le désordre d'une répartition.

Partie A. Deux variables.

On pose, pour x>0 et y>0,   f(x,y)=xlnx+ylny, et l'on note

D={(x,y)R2  ;  x>0, y>0, x+y=1}.

1. Montrer que (x,y)D si et seulement s'il existe x]0,1[ tel que (x,y)=(x,1x). On pose alors u(x)=f(x,1x) pour x]0,1[.

2. Donner l'expression de u(x), montrer que u est dérivable sur ]0,1[ et que u(x)=lnx1x. En déduire le signe de u.

3. Déterminer les limites de u en 0+ et en 1, puis dresser le tableau de variations de u.

4. En déduire que f admet sur D un minimum global ; préciser sa valeur et le point où il est atteint. La fonction f admet-elle un maximum sur D ?

5. Retrouver ce point à l'aide de la condition nécessaire d'ordre 1 sous contrainte linéaire, et donner la valeur du multiplicateur λ.

Partie B. Trois variables.

On pose maintenant g(x,y,z)=xlnx+ylny+zlnz pour x,y,z>0, et

D={(x,y,z)R3  ;  x>0, y>0, z>0, x+y+z=1}.

6. Écrire le système traduisant la condition nécessaire d'ordre 1 sous la contrainte x+y+z=1, montrer que le seul candidat est (13,13,13) et donner λ.

7. On pose φ(x)=xlnx(1ln3)x+13 pour x>0. Étudier les variations de φ et en déduire que

tlnt    t(ln13+1)13pour tout t>0.

8. En sommant cette inégalité en t=x, t=y et t=z, montrer que g(x,y,z)ln3 sur D, puis conclure quant au minimum global de g sur D et au point où il est atteint.

Partie C. Lecture.

9. Interpréter le résultat en une phrase, en pensant à (x,y,z) comme aux probabilités des trois issues d'une expérience aléatoire.

Exercice 31 ★★★Optimiser sous deux contraintes linéaires

Extrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de Lagrange

Avec p contraintes linéaires, la condition nécessaire d'ordre 1 fait intervenir p multiplicateurs : le gradient de f doit être combinaison linéaire des gradients des contraintes. Elle fournit un candidat ; c'est la substitution qui permet de conclure.

On considère la fonction f définie sur R3 par

f(x,y,z)=x2+2y2+z2,

et l'ensemble

C={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=4 et xz=0}.

Partie A. Par les multiplicateurs.

1. On pose g1(x,y,z)=x+y+z4 et g2(x,y,z)=xz. Justifier que f, g1 et g2 sont de classe C1 sur R3, calculer les trois gradients et vérifier que la famille (g1,g2) est libre.

2. Écrire le système de cinq équations aux cinq inconnues x, y, z, λ, μ traduisant la condition nécessaire d'ordre 1 : un extremum de f sur C vérifie f=λg1+μg2 ainsi que les deux contraintes.

3. Résoudre entièrement ce système. Donner le point candidat a, les valeurs de λ et de μ, et calculer f(a).

Partie B. Par substitution.

4. Montrer que C={(t,42t,t)  ;  tR}.

5. On pose p(t)=f(t,42t,t). Développer p(t), le mettre sous forme canonique, et en déduire que f admet sur C un minimum global. Préciser sa valeur et le point où il est atteint. Comparer avec la partie A.

Partie C. Recul.

6. Que gagne chacune des deux méthodes lorsque le nombre de variables augmente ?

7. On remplace f par f~(x,y,z)=x22y2+z2, les contraintes restant les mêmes. Montrer que la condition d'ordre 1 fournit encore un unique candidat, que l'on déterminera, puis étudier f~ sur C par substitution. Que conclure sur la portée de la condition d'ordre 1 ?

Exercice 32 ★★★★Un point minimal le long de toute droite, et pourtant pas un minimum

Points selle et cas douteux d'une hessienne dégénéréeCondition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

Une fonction de deux variables ne se ramène pas à une famille de fonctions d'une variable. Cet exercice construit le contre-exemple de référence : une fonction dont la restriction à toute droite passant par l'origine admet un minimum local strict en 0, et qui n'admet pourtant aucun minimum local en (0,0).

On considère la fonction f définie sur R2 par

f(x,y)=(yx2)(y2x2).

Partie A. Le point critique et la hessienne.

1. Vérifier que f(x,y)=y23x2y+2x4, justifier que f est de classe C2 sur R2 et calculer f(x,y).

2. Montrer que (0,0) est le seul point critique de f.

3. Calculer 2f(x,y), puis 2f(0,0). Donner ses valeurs propres et expliquer pourquoi la condition d'ordre 2 ne permet pas de conclure. Écrire le développement limité d'ordre 2 de f en (0,0).

Partie B. Le long de toutes les droites.

4. Étudier la fonction tf(0,t) et montrer qu'elle admet en 0 un minimum local strict.

5. Soit mR. Montrer que f(t,mt)=t2(mt)(m2t) pour tout tR. Traiter d'abord le cas m=0, puis montrer que pour m0 et pour tout t vérifiant 0<t<m2, on a f(t,mt)>0.

6. Conclure : le long de toute droite passant par l'origine, la fonction d'une variable obtenue admet en 0 un minimum local strict, de valeur 0.

Partie C. Et pourtant, aucun extremum.

7. Calculer f(t,32t2) pour tR. Montrer que pour tout ε>0, la boule ouverte de centre (0,0) et de rayon ε contient un point où f est strictement négative.

8. En déduire que f n'admet en (0,0) ni minimum local, ni maximum local. Quelle est la nature de ce point critique ?

9. Déterminer les régions du plan où f est strictement positive, strictement négative, nulle. Expliquer, à l'aide de la question 5, pourquoi aucune droite passant par l'origine ne « voit » la région négative au voisinage de l'origine.

Exercice 33 ★★★★Existence d'un minimum global par le comportement à l'infini

Du local au global : minoration, forme canonique, comportement à l'infiniExtrema sur un fermé borné : existence, intérieur et frontière

Sur R2 tout entier, qui n'est pas borné, rien ne garantit qu'un minimum existe. La technique de référence consiste à montrer que f « part à + » loin de l'origine, ce qui enferme le minimum dans un disque fermé bien choisi : on y applique alors le théorème des bornes atteintes.

On considère la fonction f définie sur R2 par

f(x,y)=x4+y42(xy)2.

Partie A. Existence du minimum.

1. Montrer que pour tout (x,y)R2, on a (xy)22(x2+y2).

2. Montrer que pour tout (x,y)R2, on a x4+y4(x2+y2)22.

3. On pose r=(x,y). Déduire des deux questions précédentes que

f(x,y)    r424r2=r2(r28)2,

puis que f(x,y)+ quand (x,y)+.

4. Calculer f(0,0) et montrer que f(x,y)>f(0,0) pour tout (x,y) tel que (x,y)>3.

5. On note D le disque fermé de centre (0,0) et de rayon 3. Montrer que f admet un minimum sur D, atteint en un point a, puis que ce minimum est en fait un minimum global sur R2. Montrer enfin que a<3 et en déduire que a est un point critique de f.

Partie B. Calcul du minimum.

6. Calculer f(x,y) et montrer qu'un point critique vérifie x3=xy et y3=yx. En sommant ces deux équations, montrer que y=x, puis déterminer tous les points critiques de f.

7. Calculer f en chacun d'eux. En déduire la valeur du minimum global de f sur R2 et le ou les points où il est atteint.

Partie C. La nature de l'origine.

8. Calculer 2f(0,0), ses valeurs propres et un vecteur propre associé à chacune. La condition d'ordre 2 permet-elle de conclure ?

9. Étudier le signe de f(t,t) et de f(t,t) pour t réel voisin de 0. Conclure quant à la nature du point critique (0,0), et faire le lien avec la question 8.

Exercice 34 ★★★★Moindres carrés matriciels et projection orthogonale

Du local au global : minoration, forme canonique, comportement à l'infiniOptimisation économique : coût, profit, utilité, moindres carrésMatrice hessienne et forme quadratique associée

Soit n et p deux entiers naturels non nuls tels que pn. On identifie Rk à l'espace Mk,1(R) des vecteurs colonnes, muni du produit scalaire canonique U,V=tUV et de la norme associée U=U,U.

Soit AMn,p(R) dont les p colonnes C1,,Cp forment une famille libre de Rn, et soit bRn. Dès que p<n, le système AX=b compte plus d'équations que d'inconnues et n'a en général aucune solution : on cherche à le résoudre « au mieux », en minimisant sur Rp

F(X)=AXb2.

Partie A. La mise en équation.

1. Montrer que pour tout XRp, F(X)=tXtAAX2t ⁣(tAb)X+b2.

2. On pose S=tAA. Montrer que SMp(R) est symétrique et que tXSX=AX2.

3. En déduire que la forme quadratique XtXSX est définie positive, puis que kerS={0} et que S est inversible.

Partie B. La résolution.

4. Justifier en une ligne que F est de classe C2 sur l'ouvert Rp, puis calculer F(X) et 2F(X).

5. En déduire que F admet un unique point critique X=S1tAb, solution des équations normales tAAX=tAb.

6. Établir que F(X)F(X)=A(XX)2, et conclure que F admet en X un minimum global strict.

Partie C. L'interprétation géométrique.

7. Montrer que tA(bAX)=0, puis que Ci,bAX=0 pour tout i.

8. En déduire que AX est le projeté orthogonal de b sur V=Vect(C1,,Cp)=Im(A), puis que b2=AX2+F(X).

Partie D. Application numérique. On prend n=3, p=2 et

A=(111213),b=(426).

9. Vérifier que les colonnes de A sont libres, puis calculer S, detS, S1 et tAb.

10. Déterminer X, le vecteur AX, le résidu bAX et la valeur minimale F(X) ; vérifier sur cet exemple les questions 7 et 8.

11. Interpréter le résultat comme l'ajustement affine, au sens des moindres carrés, du nuage des points (1,4), (2,2) et (3,6).

Exercice 35 ★★★★Démontrer une inégalité en optimisant sous contrainte

Extrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de LagrangeDu local au global : minoration, forme canonique, comportement à l'infini

L'objectif de cet exercice est de démontrer l'inégalité arithmético-géométrique à trois nombres :

xyz3    x+y+z3pour tous reˊels x,y,z strictement positifs,

non pas par un calcul algébrique astucieux, mais en optimisant une fonction de trois variables sous une contrainte linéaire. L'idée : à somme fixée, le produit est maximal quand les trois nombres sont égaux.

On fixe un réel s>0, on pose P(x,y,z)=xyz et l'on note

K={(x,y,z)R3  ;  x0,  y0,  z0,  x+y+z=s}.

Partie A. Existence du maximum.

1. Montrer que K est un fermé de R3 (on pourra utiliser la caractérisation séquentielle).

2. Montrer que tout point de K a ses trois coordonnées dans [0,s], et en déduire que K est borné.

3. Justifier que K est non vide et que P est continue sur R3, puis que P admet un maximum sur K. On note a=(x0,y0,z0) un point de K où ce maximum est atteint.

Partie B. Localisation du point optimal.

4. Calculer P(s3,s3,s3) et en déduire que maxKP>0.

5. En déduire que x0>0, y0>0 et z0>0 : le maximum n'est pas atteint en un point de K dont une coordonnée est nulle.

6. Énoncer la condition nécessaire d'ordre 1 pour un extremum sous contrainte d'égalité linéaire, justifier avec soin qu'elle s'applique au point a, et en déduire qu'il existe un réel λ tel que P(a)=λ(1,1,1).

Partie C. Résolution et conclusion.

7. Écrire le système obtenu et le résoudre entièrement : montrer que x0=y0=z0=s3, et préciser la valeur de λ.

8. En déduire que xyzs327 pour tout (x,y,z)K.

9. Conclure à l'inégalité annoncée pour x,y,z strictement positifs quelconques, et déterminer le cas d'égalité.

Partie D. Variante par substitution, et généralisation.

10. On élimine la contrainte en posant z=sxy et Q(x,y)=xy(sxy) sur le triangle T={(x,y)  ;  x0,  y0,  x+ys}. Reprendre la démarche : existence du maximum, exclusion des points où x=0, y=0 ou x+y=s, points critiques, puis nature par la hessienne.

11. Expliquer comment la méthode de la partie C se généralise à n nombres strictement positifs et donne x1x2xnnx1+x2++xnn.

Exercice 36 ★★★★Synthèse : un programme de production, avec et sans contrainte

Optimisation économique : coût, profit, utilité, moindres carrésExtrema sous contrainte d'égalités linéaires et multiplicateurs de LagrangeExtrema sur un fermé borné : existence, intérieur et frontièreCondition d'ordre 2 : nature d'un point critique par les valeurs propres de la hessienne

Une entreprise fabrique deux composants, en quantités x et y exprimées en centaines d'unités. Son bénéfice, en milliers d'euros, est donné par

B(x,y)=12x+16yx22y2xy.

Les trois parties étudient ce même programme dans trois cadres : sans contrainte, sous une contrainte d'égalité, puis sur un domaine fermé borné.

Partie A. Le programme sans contrainte.

1. On travaille sur l'ouvert U=]0,+[2. Justifier en une ligne que B y est de classe C2, puis calculer B(x,y).

2. Déterminer l'unique point critique (x0,y0) de B sur U (valeurs exactes, en fractions).

3. Calculer 2B(x,y) et en déduire, par le critère du déterminant et de la trace, la nature de ce point critique.

4. Vérifier, en développant, l'identité valable pour tout (x,y)R2 :

B(x,y)=3527(2x+y12)24(7y20)228.

En déduire que le maximum trouvé est global, et donner le bénéfice optimal.

Partie B. Sous contrainte de capacité.

L'atelier ne tourne à plein régime que si la production totale sature la capacité disponible, ce qui impose la contrainte x+y=8.

5. Par substitution. Poser φ(x)=B(x,8x) pour x]0,8[, montrer que φ(x)=2x2+20x, puis déterminer le maximum de φ et le point où il est atteint.

6. Par la condition nécessaire d'ordre 1. Retrouver ce résultat en écrivant qu'il existe un réel λ tel que B(x,y)=λ(1,1), et donner la valeur de λ.

7. Comparer le bénéfice obtenu à celui de la partie A et commenter.

8. Pour c>43, on note V(c) le bénéfice maximal sous la contrainte x+y=c. Montrer que V(c)=(3c4)28+16c2c2, vérifier que V(8)=λ, et interpréter λ comme gain marginal d'une unité de capacité.

Partie C. Sur un domaine fermé borné.

Les capacités réelles imposent en fait 0x6 et 0y6. On pose D=[0,6]×[0,6].

9. Justifier que B admet un maximum et un minimum sur D.

10. Étudier l'intérieur de D, puis chacun des quatre côtés (valeur maximale et minimale sur chaque côté).

11. Rassembler les candidats dans un tableau et conclure : maximum et minimum de B sur D, et points atteints.

12. En trois phrases, commenter ce que change chacun des trois cadres pour le décideur.

Bloqué sur « Fonctions réelles de n variables sur un ouvert de Rⁿ : recherche d'extrema » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.