ECG approfondies · Chapitre 15 · Quatrième semestre
Exercices — Probabilités : convergences et estimation
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Inégalité de Markov : premières majorations
Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev
Un service de livraison relève chaque jour le nombre de colis livrés en retard. On modélise ce nombre par une variable aléatoire à valeurs dans , dont on ne connaît qu'une seule caractéristique, la moyenne relevée sur l'année écoulée :
-
Énoncer l'inégalité de Markov, puis vérifier que en satisfait toutes les hypothèses.
-
Majorer les deux probabilités suivantes :
a.
b.
-
Déterminer les réels pour lesquels l'inégalité de Markov apporte une information sur .
-
Le responsable du service affirme : « il est impossible qu'une journée compte colis en retard ou davantage ». Que peut-on lui répondre à l'aide de la seule inégalité de Markov ?
-
On s'intéresse maintenant à la durée d'attente , exprimée en minutes, d'un client au service après-vente. C'est une variable aléatoire à densité, positive, d'espérance . Majorer .
-
Commenter le fait que l'inégalité de Markov n'exige à aucun moment de connaître la loi de la variable. Que faudrait-il savoir de plus pour améliorer ces majorations ?
Exercice 2 ★★★★ — Inégalité de Bienaymé-Tchebychev : encadrer autour de la moyenne
Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev
Une machine remplit des sachets de café. On note la masse, en grammes, d'un sachet pris au hasard en fin de chaîne. Le service qualité a relevé sur un an
et ne dispose d'aucune autre information sur la loi de .
-
Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et vérifier que en satisfait les hypothèses.
-
Majorer .
-
En déduire une minoration de et l'interpréter pour le service qualité.
-
Déterminer le plus petit entier pour lequel l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev garantit .
-
Écrire l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev sous la forme « à écarts-types », c'est-à-dire pour un écart avec , puis l'appliquer au cas .
-
On suppose dans cette question, et dans cette question seulement, que suit la loi . Calculer la valeur exacte de , la comparer à la majoration de la question 2. et commenter. On donne .
Exercice 3 ★★★★ — Convergence en probabilité : revenir à la définition
Convergence en probabilité d'une suite de variables aléatoires
Les trois parties de cet exercice sont indépendantes les unes des autres. Dans chacune d'elles, désigne un entier naturel non nul.
Partie A. Soit une suite de variables aléatoires telle que, pour tout ,
-
Montrer, en revenant à la définition, que converge en probabilité vers .
-
Calculer . La suite converge-t-elle vers ? Qu'en conclure sur le lien entre convergence en probabilité et convergence des espérances ?
Partie B. Soit une suite de variables aléatoires telle que, pour tout , suit la loi uniforme .
- Soit . Calculer en distinguant les cas et , puis en déduire que converge en probabilité vers .
Partie C. Soit une suite de variables aléatoires admettant une espérance et une variance, telles que, pour tout ,
-
Énoncer le critère du cours qui permet de prouver une convergence en probabilité à partir de l'espérance et de la variance.
-
Rédiger la majoration correspondante et conclure que converge en probabilité vers .
Exercice 4 ★★★★ — Loi faible des grands nombres sur un lancer de dé
Loi faible des grands nombres et fréquence empiriqueConvergence en probabilité d'une suite de variables aléatoires
On lance fois de suite un dé équilibré à six faces, les lancers étant indépendants. Pour tout , on note le résultat du -ème lancer, et l'on pose
-
Déterminer et en détaillant les calculs.
-
Énoncer la loi faible des grands nombres, vérifier que ses hypothèses sont satisfaites ici, et écrire ce qu'elle affirme pour .
-
Majorer , d'abord pour quelconque, puis pour .
-
On note désormais la fréquence d'apparition du au cours des lancers, c'est-à-dire le nombre de obtenus divisé par . Justifier que suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres, puis en déduire et .
-
Majorer pour .
-
Un joueur observe que le n'est pas encore sorti après vingt lancers et en déduit qu'il « va bien finir par sortir plus souvent pour rattraper le retard ». Conclure sur ce que garantit, et sur ce que ne garantit pas, la loi faible des grands nombres.
Exercice 5 ★★★★ — Lire la table de la loi normale et centrer-réduire
Théorème limite central
On note une variable aléatoire suivant la loi normale centrée réduite et sa fonction de répartition, définie par . On dispose de l'extrait de table suivant, dans lequel toutes les valeurs ne servent pas nécessairement.
-
Déterminer, à l'aide de la table :
a.
b.
-
Démontrer que, pour tout réel , , en s'appuyant sur la parité de la densité de .
-
En déduire :
a.
b.
-
Déterminer le réel tel que .
-
Soit maintenant une variable aléatoire suivant la loi . Préciser son écart-type, écrire la variable centrée réduite associée, puis calculer et .
-
Déterminer le réel tel que .
Exercice 6 ★★★★ — Théorème limite central : première application chiffrée
Théorème limite central
Un atelier prépare des commandes à l'unité. La durée de préparation d'une commande, exprimée en minutes, est modélisée par une variable aléatoire dont on connaît seulement
Les durées de préparation des différentes commandes sont indépendantes et suivent toutes la même loi que . Pour commandes, on note la durée totale de préparation. L'atelier traite aujourd'hui commandes.
On donne , et , où désigne la fonction de répartition de la loi .
-
Calculer et , en précisant les propriétés utilisées, puis en déduire l'écart-type de .
-
Énoncer le théorème limite central et écrire la variable centrée réduite associée à .
-
Donner une valeur approchée de .
-
Donner une valeur approchée de .
-
Déterminer une durée telle que , et l'interpréter pour le responsable de l'atelier.
-
Expliquer pourquoi les résultats des questions 3. à 5. ne sont qu'approchés, et préciser ce que l'on ne sait pas de la loi de .
Exercice 7 ★★★★ — Reconnaître un estimateur sans biais
Échantillon, statistique et estimateur d'un paramètreBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais
Soit un échantillon d'une loi d'espérance inconnue et de variance connue, avec et . Les variables sont donc indépendantes et de même loi que , et l'on cherche à estimer le paramètre . On considère pour cela les cinq statistiques suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
-
Rappeler la définition du biais d'un estimateur du paramètre , ainsi que le sens des expressions « estimateur sans biais » et « estimateur asymptotiquement sans biais ».
-
Calculer l'espérance et le biais de chacun des cinq estimateurs.
-
Préciser lesquels sont sans biais, lequel est asymptotiquement sans biais sans être sans biais, et lequel doit être écarté.
-
Calculer , et , puis comparer les trois estimateurs sans biais.
-
Conclure sur la démarche à suivre pour choisir un estimateur, et donner une condition simple portant sur les coefficients pour que soit un estimateur sans biais de .
Exercice 8 ★★★★ — Espérance et variance de la moyenne empirique
Échantillon, statistique et estimateur d'un paramètreEstimation de l'espérance par la moyenne empirique
Soit un échantillon d'une loi d'espérance et de variance , avec . Les variables sont donc indépendantes et de même loi que . On note
la moyenne empirique de l'échantillon.
-
Démontrer que , en citant la propriété utilisée.
-
Démontrer que , en précisant exactement à quel endroit du calcul l'indépendance des variables intervient.
-
En déduire l'écart-type de . Combien d'observations faut-il pour diviser cet écart-type par ?
-
Application numérique avec : déterminer le plus petit entier pour lequel l'écart-type de est strictement inférieur à . On donne .
-
Montrer que est un estimateur sans biais et convergent de , en appliquant le critère du cours.
Exercice 9 ★★★★ — Convergence en loi : lire la définition sur les fonctions de répartition
Convergence en loi : définition par les fonctions de répartition
Les trois parties de cet exercice sont indépendantes les unes des autres. Dans chacune d'elles, désigne un entier naturel non nul. On rappelle la définition du cours : une suite de variables aléatoires converge en loi vers une variable aléatoire lorsque
Partie A. Une exponentielle translatée. Soit une variable aléatoire suivant la loi . Pour tout , on pose .
-
Rappeler la fonction de répartition de , puis déterminer pour tout réel .
-
Montrer que pour tout réel , tend vers quand tend vers . Conclure.
Partie B. Pourquoi la définition ne retient que les points de continuité. Pour tout , soit la variable certaine égale à , c'est-à-dire telle que , et soit la variable certaine égale à .
-
Déterminer les fonctions de répartition et .
-
Calculer pour tout , ainsi que . La suite converge-t-elle vers ?
-
Montrer que pour tout réel , tend vers . Déterminer l'ensemble des points de continuité de , conclure que converge en loi vers , et expliquer pourquoi la définition doit exclure le point .
Partie C. Des lois uniformes sur un intervalle qui se rétracte. Pour tout , soit une variable aléatoire suivant la loi , et soit une variable suivant la loi .
-
Déterminer pour tout réel .
-
Étudier la limite de en distinguant les cas , et . Conclure.
Exercice 10 ★★★★ — Du discret au continu : une suite de lois uniformes
Convergence en loi : définition par les fonctions de répartition
Pour tout entier , soit une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur . On pose
On rappelle les deux sommes usuelles, valables pour tout entier :
ainsi que la définition de la partie entière : pour tout réel , est l'unique entier vérifiant .
-
Donner et la loi de .
-
Démontrer que et .
-
Déterminer , calculer et , puis leurs limites quand tend vers . Comparer avec l'espérance et la variance de la loi .
-
Soit . En comptant les entiers de tels que , démontrer que
-
Établir l'encadrement , puis en déduire la limite de pour .
-
Déterminer et sa limite dans les cas et .
-
Conclure que converge en loi vers la loi . Commenter le fait qu'une suite de lois discrètes puisse avoir pour limite une loi à densité.
Exercice 11 ★★★★ — De la loi binomiale à la loi de Poisson
Convergence en loi des variables aléatoires à valeurs entièresApproximations usuelles : binomiale par Poisson, binomiale et Poisson par la loi normale
Soit un réel fixé. Pour tout entier , on note une variable aléatoire suivant la loi .
Partie A. Le résultat général.
-
Vérifier que , puis calculer et . Donner la limite de .
-
Soit fixé. Écrire pour tout entier .
-
Démontrer que tend vers quand tend vers , en isolant le produit des facteurs .
-
Démontrer, par passage au logarithme, que tend vers .
-
En déduire la limite de , puis conclure à l'aide du critère de convergence en loi des variables aléatoires à valeurs entières.
Partie B. Application numérique. Une chaîne produit pièces. Chaque pièce, indépendamment des autres, est défectueuse avec la probabilité . On note le nombre de pièces défectueuses produites. On donne
-
Donner la loi exacte de et calculer à près. Calculer ensuite la valeur approchée de fournie par la loi de Poisson de paramètre .
-
Commenter l'écart obtenu, et énoncer les conditions usuelles de validité de cette approximation en vérifiant qu'elles sont remplies ici.
Exercice 12 ★★★★ — Approximation normale d'une loi binomiale
Approximations usuelles : binomiale par Poisson, binomiale et Poisson par la loi normaleThéorème limite central
Un questionnaire comporte questions indépendantes, chacune proposant quatre réponses dont une seule est correcte. Un candidat répond complètement au hasard à chaque question. On note le nombre de réponses correctes, de sorte que
On note la fonction de répartition de la loi et l'on dispose des données suivantes, dont toutes ne servent pas nécessairement :
-
Calculer et , puis l'écart-type de .
-
Écrire comme somme de variables de Bernoulli indépendantes, énoncer le théorème limite central et l'appliquer à cette somme. Vérifier les trois conditions usuelles , et , puis préciser la loi normale qui approche celle de .
-
Donner une valeur approchée de .
-
Donner une valeur approchée de .
-
Déterminer un réel tel que , puis le plus petit entier convenable.
-
Les valeurs exactes, obtenues par un calcul machine sur la loi binomiale, sont
Comparer avec les résultats des questions 3., 4. et 5., et commenter le caractère approché de la méthode.
- Expliquer pourquoi cette approximation serait mauvaise pour une variable de loi , et indiquer ce qu'il faudrait utiliser à la place.
Exercice 13 ★★★★ — Dimensionner un sondage avec Bienaymé-Tchebychev
Inégalités de Markov et de Bienaymé-TchebychevIntervalle de confiance obtenu par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Dans une population très nombreuse, une proportion inconnue des habitants approuve une mesure. Un institut interroge personnes tirées au hasard avec remise, et note la fréquence des personnes approuvant la mesure dans l'échantillon obtenu. Toute la question est de choisir pour que soit une estimation fiable de .
On donne et .
-
Justifier que suit la loi .
-
En déduire et , et commenter chacun des deux résultats.
-
Démontrer que pour tout , en précisant le cas d'égalité. En déduire une majoration de ne dépendant plus de .
-
Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, puis l'appliquer pour montrer que
-
Déterminer le plus petit entier pour lequel cette majoration garantit .
-
Reprendre la question précédente avec une précision de au lieu de , puis commenter la dépendance de la taille d'échantillon en .
-
Traduire le résultat de la question 5. en termes d'intervalle de confiance. Commenter le coût réel d'un tel sondage, sachant que les instituts interrogent en pratique environ personnes, et insister sur le fait que la garantie obtenue vaut quel que soit , sans aucune hypothèse.
Exercice 14 ★★★★ — Trois suites qui convergent en probabilité vers une constante
Convergence en probabilité d'une suite de variables aléatoires
Les trois parties de cet exercice sont indépendantes les unes des autres. Dans chacune d'elles, désigne un entier naturel non nul.
Partie A. Une exponentielle de paramètre croissant. Pour tout , soit une variable aléatoire suivant la loi .
-
Rappeler la fonction de répartition de , puis calculer pour tout réel .
-
En déduire que converge en probabilité vers . Retrouver ce résultat à l'aide du critère du cours portant sur l'espérance et la variance.
Partie B. Le maximum d'un échantillon uniforme. Soit . Pour tout , soit un échantillon de la loi , c'est-à-dire variables aléatoires mutuellement indépendantes suivant toutes cette loi. On pose
-
Déterminer la fonction de répartition de , en justifiant précisément le passage par l'indépendance.
-
Montrer que pour tout ,
- Conclure que converge en probabilité vers , sans oublier le cas .
Partie C. La moyenne empirique. Soit un échantillon d'une loi admettant une espérance et une variance . On pose .
-
Calculer et , puis démontrer avec le critère du cours que converge en probabilité vers . Comment s'appelle ce résultat ?
-
En déduire, par composition, les limites en probabilité des suites et .
Exercice 15 ★★★★ — Estimer le paramètre d'une loi de Poisson
Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais
Un exploitant gère un parc de distributeurs automatiques de boissons. Pour , on note le nombre de pannes constatées sur le parc lors du -ième jour d'observation. On admet que les variables sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi de Poisson , où le paramètre est inconnu : c'est lui que l'exploitant cherche à estimer. On suppose et l'on pose
-
Rappeler et .
-
Montrer que est un estimateur sans biais de .
-
Calculer , puis démontrer que la suite d'estimateurs est convergente.
-
Sur jours d'observation, l'exploitant a relevé pannes au total. Donner l'estimation ponctuelle de qui en découle.
-
On pose . Montrer que est lui aussi un estimateur sans biais de , calculer sa variance et la comparer à celle de . Lequel des deux faut-il préférer ? La suite est-elle convergente ?
-
Puisque , la variance empirique fournit un second estimateur de . Calculer et le biais . Cet estimateur est-il sans biais ? asymptotiquement sans biais ? Expliquer pourquoi on lui préfère malgré tout .
Exercice 16 ★★★★ — Estimer le paramètre d'une loi exponentielle
Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesEstimation de l'espérance par la moyenne empirique
Le standard téléphonique d'une entreprise reçoit des appels tout au long de la journée. On modélise la durée, en minutes, séparant deux appels consécutifs par une variable aléatoire de loi exponentielle , où est inconnu. On dispose d'un échantillon de cette loi : les variables sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi . On pose
On donne .
-
Rappeler et .
-
Montrer que est un estimateur sans biais et convergent de .
-
Le standard a enregistré intervalles de temps, de somme totale minutes. Estimer , puis .
-
Justifier que . On précisera pourquoi l'on peut se placer au voisinage de .
-
Peut-on en conclure que est un estimateur sans biais de ? Que sait-on tout de même de cet estimateur ?
-
Établir que , puis construire, à partir de la loi faible des grands nombres, un estimateur sans biais et convergent de cette probabilité.
-
Proposer un second estimateur convergent de obtenu par composition, et donner l'estimation numérique correspondante avec les données de la question 3.
Exercice 17 ★★★★ — Variance empirique : pourquoi diviser par n moins 1
Estimation de la variance : variance empirique et variance empirique corrigéeBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais
Soit et soit un échantillon d'une loi admettant une espérance et une variance : les variables sont mutuellement indépendantes et suivent toutes cette même loi. On pose
L'objet de l'exercice est de comprendre d'où vient le dénominateur de la variance empirique corrigée.
- Établir l'identité
-
Calculer pour , puis , en utilisant la formule de König-Huygens.
-
En déduire que .
-
L'estimateur de est-il sans biais ? Calculer son biais et vérifier qu'il est asymptotiquement sans biais.
-
Montrer que , puis que est un estimateur sans biais de .
-
Application numérique. On observe l'échantillon de taille suivant :
Calculer la moyenne observée , puis les valeurs observées et de et de . Commenter l'écart entre les deux.
-
Pour comprendre l'origine du : montrer que pour tous réels , de moyenne , et pour tout réel ,
En déduire une inégalité entre et , puis interpréter.
Exercice 18 ★★★★ — Intervalle de confiance asymptotique pour une proportion
Intervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite central
Un semencier veut connaître le taux de germination d'un lot de graines. Il en met en culture dans des conditions identiques. Chaque graine germe avec la même probabilité , inconnue, indépendamment des autres. Pour , on note la variable valant si la -ième graine germe et sinon, et l'on pose
la fréquence de germination observée. À l'issue de l'essai, graines ont germé.
On donne , et .
-
Préciser la loi de , puis justifier que et .
-
Énoncer le théorème limite central pour cet échantillon et écrire la variable centrée réduite associée à .
-
En déduire un intervalle de confiance asymptotique de au niveau de confiance . On remplacera par son estimation , procédé admis en cours.
-
Faire l'application numérique au niveau et donner l'intervalle arrondi à .
-
Reprendre au niveau et comparer les largeurs des deux intervalles.
-
Rédiger la phrase d'interprétation correcte de l'intervalle obtenu à la question 4., en précisant ce qui est aléatoire, et signaler l'interprétation fautive à éviter.
-
De combien de graines le semencier aurait-il besoin pour obtenir, au niveau , une demi-largeur de , la fréquence observée restant égale à ?
Exercice 19 ★★★★ — Intervalle de confiance non asymptotique par Bienaymé-Tchebychev
Intervalle de confiance obtenu par l'inégalité de Bienaymé-TchebychevInégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev
Une entreprise de services demande à ses clients de noter la prestation reçue. Pour , on note la note attribuée par le -ième client interrogé. Les variables sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la même loi, d'espérance inconnue et d'écart-type connu . On pose
L'entreprise a recueilli notes, dont la moyenne observée est .
On donne et .
-
Donner et , puis appliquer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev à pour majorer , où .
-
Soit . Déterminer la plus petite valeur de pour laquelle la majoration précédente est inférieure ou égale à , et en déduire un intervalle de confiance de au niveau de confiance .
-
Application numérique au niveau : donner l'intervalle obtenu, arrondi à .
-
Construire, à partir du théorème limite central, l'intervalle de confiance asymptotique de au même niveau, et faire l'application numérique.
-
Comparer les deux demi-largeurs. Montrer que leur rapport ne dépend ni de ni de , et le calculer.
-
Expliquer ce que l'on gagne et ce que l'on perd en passant du premier intervalle au second.
-
Déterminer, avec chacune des deux méthodes, la taille d'échantillon assurant une demi-largeur de au niveau .
Exercice 20 ★★★★ — Le critère de convergence d'un estimateur
Suite d'estimateurs convergenteBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais
Partie A. Démonstration du critère.
Soit un réel et soit une suite d'estimateurs de , chaque admettant une espérance et une variance. On note le biais de . On suppose que
- Soit . Justifier l'existence d'un entier tel que, pour tout , . En utilisant l'inégalité triangulaire sous la forme , démontrer que pour tout , on a l'inclusion d'événements
- En déduire, à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, que la suite est convergente.
Partie B. Applications.
On considère trois suites d'estimateurs d'un même paramètre , dont on donne l'espérance et la variance :
| Estimateur | Espérance | Variance |
|---|---|---|
On donne et .
-
La suite est-elle sans biais ? asymptotiquement sans biais ? convergente ?
-
Mêmes questions pour la suite .
-
Mêmes questions pour la suite , avec . On expliquera pourquoi le critère de la partie A ne permet pas de conclure sur la convergence, et pourquoi cela ne prouve pas à soi seul que la suite n'est pas convergente.
-
On suppose maintenant et l'on pose pour tout , où . Vérifier que cet exemple est bien conforme au tableau, puis calculer et conclure.
Exercice 21 ★★★★ — Minimum d'un échantillon de lois exponentielles
Convergence en loi : définition par les fonctions de répartitionConvergence en probabilité d'une suite de variables aléatoires
Soit et soit un échantillon de la loi exponentielle : les variables sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi . On pose
On donne et .
-
Rappeler la fonction de répartition .
-
Déterminer pour tout réel , en passant par l'événement contraire. On justifiera l'usage de l'indépendance.
-
Reconnaître la loi de , puis donner et .
-
Démontrer, en revenant à la définition, que .
-
Retrouver ce résultat à l'aide du critère du cours.
-
Montrer que, pour tout , la variable suit exactement la loi . En déduire la convergence en loi de la suite .
-
Interpréter en une phrase les résultats des questions 4. et 6.
-
Application. Un système est constitué de composants identiques montés en série : il tombe en panne dès que l'un des composants tombe en panne. Les durées de vie des composants, exprimées en heures, sont mutuellement indépendantes et suivent la loi avec . Calculer la durée de vie moyenne d'un composant, puis celle du système pour . Comparer et , et commenter.
Exercice 22 ★★★★ — Démontrer la loi faible des grands nombres
Loi faible des grands nombres et fréquence empiriqueInégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev
Soit une suite de variables aléatoires indépendantes, de même loi, admettant une espérance et une variance . Pour tout entier , on pose .
Partie A. La démonstration.
1. Calculer et . Préciser à quel endroit exactement l'hypothèse d'indépendance intervient, et à quel endroit elle ne sert pas.
2. Soit . Après en avoir vérifié les hypothèses, appliquer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev à .
3. En déduire la loi faible des grands nombres : .
4. Où l'hypothèse « admet une variance » a-t-elle servi ? Que peut-on encore affirmer, avec les outils du cours, si l'on sait seulement que admet une espérance ?
Partie B. Le cas de Bernoulli. Les suivent maintenant la loi avec , et désigne la fréquence empirique des succès.
5. Montrer que .
6. Montrer que , puis en déduire une majoration de qui ne dépende pas de .
7. On lance fois une pièce équilibrée. Déterminer, à l'aide de la question 6., un nombre de lancers garantissant .
Partie C. Ce que la moyenne apporte. On garde la pièce équilibrée, mais on pose cette fois pour tout : la variable observée ne dépend plus de .
8. Calculer et en déduire que ne converge pas en probabilité vers .
9. Conclure en une phrase sur ce que la loi faible des grands nombres affirme réellement.
Exercice 23 ★★★★ — La loi géométrique renormalisée converge vers la loi exponentielle
Convergence en loi : définition par les fonctions de répartition
Soit un réel fixé. Pour tout entier , on considère une variable aléatoire suivant la loi géométrique , à valeurs dans : est le rang du premier succès dans une suite d'épreuves de Bernoulli indépendantes, de probabilité de succès . On pose
1. Justifier que la condition rend le paramètre admissible, puis établir que pour tout ,
2. Calculer et . Déterminer leurs limites et les comparer à l'espérance et à la variance de la loi .
3. Soit . Montrer que , où désigne la partie entière.
4. À l'aide de l'encadrement et d'un passage au logarithme, démontrer que .
5. En déduire que converge en loi vers une variable suivant la loi : ne pas oublier le cas .
6. Interpréter le résultat en termes de temps d'attente mesuré à l'échelle .
7. Vérifier que la loi et la loi sont toutes deux sans mémoire, et dire en quoi cela éclaire la convergence obtenue.
8. Application. Un serveur envoie une requête toutes les millisecondes ; chaque requête échoue avec la probabilité , indépendamment des autres. Estimer la probabilité que la première panne survienne après secondes. On donne .
Exercice 24 ★★★★ — Maximum d'un échantillon uniforme : loi, biais et correction
Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais
Une machine produit des pièces dont la longueur, en millimètres, est modélisée par une variable de loi , où est inconnu et doit être estimé. On dispose d'un échantillon de cette loi, c'est-à-dire de variables indépendantes de même loi , et l'on pose
1. Rappeler la fonction de répartition de la loi .
2. Déterminer en justifiant précisément l'usage de l'indépendance, puis en déduire une densité de .
3. Calculer et , puis en déduire .
4. Le statisticien propose d'estimer par . Calculer le biais et déterminer son signe. L'estimateur est-il sans biais ? Asymptotiquement sans biais ?
5. On pose . Montrer que est un estimateur sans biais de et calculer .
6. Montrer que est une suite convergente d'estimateurs de .
7. Expliquer, sans calcul, pourquoi sous-estime systématiquement , et pourquoi le facteur corrige exactement ce défaut.
8. Application. Sur pièces, la plus longue mesure mm. Donner les estimations de fournies par puis par , et dire laquelle on retient.
Exercice 25 ★★★★ — Comparer deux estimateurs du même paramètre
Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biaisSuite d'estimateurs convergente
Soit un réel inconnu et un échantillon de la loi , c'est-à-dire variables indépendantes de même loi . On note
Deux statisticiens proposent deux estimateurs concurrents de :
On admet les deux résultats suivants, établis dans l'exercice précédent :
1. Rappeler l'espérance et la variance d'une variable de loi .
2. Montrer que est un estimateur sans biais de et établir que .
3. Montrer que est un estimateur sans biais de et établir que .
4. Calculer le rapport et déterminer, selon les valeurs de , lequel des deux estimateurs est préférable.
5. Montrer que les deux suites et sont des suites convergentes d'estimateurs de , et comparer leurs vitesses.
6. Application. Un échantillon de taille donne et . Calculer les deux estimations de et dire celle que l'on retient.
7. L'estimateur ne repose que sur une seule observation, alors que utilise les observations. Commenter en une phrase le fait qu'il soit pourtant meilleur.
Exercice 26 ★★★★ — Méthode de Monte-Carlo pour approcher une intégrale
Loi faible des grands nombres et fréquence empiriqueIntervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite central
On souhaite calculer une valeur approchée de
dont aucune primitive ne s'exprime à l'aide des fonctions usuelles. L'idée de la méthode de Monte-Carlo est de voir comme une espérance, puis d'estimer cette espérance par une moyenne. Soit un échantillon de la loi et, pour tout , . On rappelle .
1. Justifier par le théorème de transfert que admet une espérance et que .
2. Montrer que prend ses valeurs dans et en déduire que admet une variance.
3. Soit une variable admettant une variance et à valeurs dans un segment . Montrer que
En déduire que .
4. Montrer que est un estimateur sans biais et convergent de .
5. À l'aide du théorème limite central, puis en majorant l'écart-type de , construire un intervalle de confiance asymptotique de au niveau de confiance ne dépendant que de et de .
6. Application. Une simulation de tirages donne . Donner l'intervalle obtenu. On donne, à titre de comparaison, la valeur de référence .
7. Déterminer le nombre de tirages nécessaires pour que la demi-largeur de cet intervalle soit inférieure ou égale à , et commenter la vitesse en .
8. Conclure sur l'intérêt de la méthode et sur sa limite.
Exercice 27 ★★★★ — Convergence en loi sans convergence en probabilité
Lien entre convergence en probabilité et convergence en loiConvergence en loi : définition par les fonctions de répartition
Le cours établit que la convergence en probabilité entraîne la convergence en loi. Cet exercice montre que la réciproque est fausse en général, et qu'elle redevient vraie dans un cas important.
Partie A. Un contre-exemple à densité. Soit une variable aléatoire suivant la loi , de densité et de fonction de répartition . Pour tout , on pose . On donne .
1. Montrer, en utilisant la parité de , que suit la loi .
2. En déduire que suit la même loi que pour tout , puis que .
3. Soit . Calculer lorsque est pair, puis lorsque est impair (on exprimera le résultat à l'aide de ). Donner la valeur numérique obtenue pour et impair.
4. En déduire que ne converge pas en probabilité vers , et conclure sur le lien entre les deux convergences.
Partie B. Le cas d'une limite constante. Soit un réel. Pour tout , soit une variable suivant la loi , et soit la variable certaine égale à .
5. Montrer directement que .
6. Déterminer , puis montrer que . Que se passe-t-il au point , et pourquoi cela n'empêche-t-il pas de conclure ?
7. Énoncer le résultat du cours dont la partie B est une illustration.
Partie C. Un contre-exemple discret. Soit une variable suivant la loi uniforme sur , et pour tout .
8. Montrer que .
9. Calculer et conclure.
10. Récapituler dans un court tableau ce que garantit chacune des deux convergences.
Exercice 28 ★★★★ — Contrôle qualité : trois approximations comparées
Approximations usuelles : binomiale par Poisson, binomiale et Poisson par la loi normaleConvergence en loi des variables aléatoires à valeurs entières
Une chaîne de production fabrique des pièces qui sont, indépendamment les unes des autres, défectueuses avec la probabilité . On prélève pièces et l'on note le nombre de pièces défectueuses du prélèvement.
Partie A. La loi exacte.
-
Déterminer la loi de , puis son espérance et sa variance.
-
Calculer une valeur approchée de à près à partir de la loi exacte. On donne , et .
Partie B. Deux approximations.
-
Vérifier les conditions de validité de l'approximation de la loi de par une loi de Poisson, puis calculer la valeur approchée de qu'elle fournit. On donne .
-
Justifier cette approximation par un théorème de convergence. Soit fixé et, pour , une variable suivant la loi . Montrer que converge en loi vers une variable suivant la loi .
-
Examiner les trois conditions de validité de l'approximation de la loi de par une loi normale. Laquelle n'est pas vérifiée ?
-
Calculer malgré tout l'approximation normale de , sans puis avec correction de continuité (ce second calcul est hors programme ECG : il n'est proposé que pour mesurer l'erreur commise). On donne , et .
Partie C. Choisir son approximation.
-
Rassembler les trois valeurs obtenues dans un tableau et commenter les écarts.
-
Pour et , indiquer sans aucun calcul quelle approximation il faut choisir, et pourquoi.
Exercice 29 ★★★★ — Intervalle de confiance quand l'écart-type est inconnu
Intervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite centralEstimation de la variance : variance empirique et variance empirique corrigée
Une entreprise mesure le temps de réponse de son service client, exprimé en heures, sur demandes. On modélise ces relevés par un échantillon de variables indépendantes et de même loi, d'espérance et d'écart-type , tous deux inconnus. Les relevés observés donnent
Partie A. Les deux estimateurs.
-
Montrer que est un estimateur sans biais de , puis qu'il est convergent.
-
Rappeler pourquoi on estime par et non par . Calculer la valeur observée correspondant aux données de l'énoncé.
Partie B. L'intervalle de confiance.
-
On suppose dans cette question seulement que est connu. Établir, à l'aide du théorème limite central, un intervalle de confiance asymptotique de au niveau .
-
Expliquer pourquoi cet intervalle est inutilisable ici, et énoncer le résultat admis en cours qui permet de contourner la difficulté.
-
En déduire l'intervalle de confiance asymptotique de au niveau , puis au niveau , arrondis à . On donne .
Partie C. Dimensionner et interpréter.
-
L'entreprise souhaite une demi-largeur de heure au niveau . Combien de demandes doit-elle relever, à écart-type estimé inchangé ?
-
Un cadre de l'entreprise déclare : « il y a de chances que le temps de réponse moyen soit entre et heures ». Corriger cette phrase, puis préciser ce que le mot « asymptotique » retire à la garantie annoncée.
Exercice 30 ★★★★ — Sondage : marge d'erreur et taille de l'échantillon
Intervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite centralIntervalle de confiance obtenu par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Un institut interroge personnes tirées au hasard avec remise dans une population. Une proportion inconnue soutient un projet. Pour , on pose si la -ième personne interrogée soutient le projet et sinon, et l'on note
la fréquence observée de soutiens.
Partie A. La marge d'erreur.
-
Donner la loi de , puis et .
-
Montrer que pour tout .
-
À l'aide du théorème limite central et de la majoration précédente, établir que l'intervalle de demi-largeur centré en est un intervalle de confiance asymptotique de au niveau .
-
En déduire la « marge d'erreur » au niveau pour , exprimée en points de pourcentage. On donne . Retrouve-t-on l'ordre de grandeur habituellement annoncé avec les sondages ?
Partie B. Combien de personnes interroger ?
-
Déterminer la taille minimale de l'échantillon garantissant une marge de point au niveau .
-
Reprendre ce calcul de taille avec l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev au lieu du théorème limite central, et comparer les deux tailles obtenues en donnant leur rapport.
Partie C. Un résultat serré. On observe et .
-
Donner l'intervalle de confiance asymptotique de au niveau , d'abord avec la majoration par , puis en estimant par . Commenter l'écart. On donne .
-
L'institut peut-il annoncer que le projet est majoritairement soutenu ?
Exercice 31 ★★★★ — Estimation dans une loi géométrique
Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesSuite d'estimateurs convergente
Un joueur répète une même épreuve jusqu'à obtenir son premier succès. Le nombre d'essais nécessaires suit la loi , où est inconnu. On observe parties indépendantes, modélisées par un échantillon de variables indépendantes suivant toutes la loi .
Partie A. Estimer , puis .
-
Rappeler l'espérance et la variance de .
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Montrer que est un estimateur sans biais et convergent de , et donner sa variance.
-
En déduire un estimateur de , puis justifier soigneusement qu'il est convergent.
-
Peut-on affirmer que est sans biais ? On traitera le cas à l'aide du développement en série entière , valable pour , et l'on prendra . On donne .
Partie B. Un intervalle de confiance.
-
L'écart-type de étant inconnu, écrire l'intervalle de confiance asymptotique de au niveau obtenu en remplaçant cet écart-type par .
-
En déduire un intervalle de confiance asymptotique de au niveau . On justifiera le renversement des inégalités par la décroissance de sur , en précisant la condition nécessaire à ce passage.
-
Application numérique : on observe parties, et . Donner les deux intervalles, arrondis à .
-
Conclure sur l'ordre de grandeur de et sur la précision obtenue avec parties.
Exercice 32 ★★★★ — Estimer un écart-type : le biais de la racine
Estimation de la variance : variance empirique et variance empirique corrigéeBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais
Soit un échantillon de variables aléatoires indépendantes, de même loi, d'espérance et d'écart-type , avec . On rappelle la variance empirique corrigée
On sait que est un estimateur sans biais de . La question de cet exercice est simple à poser : est-il un estimateur sans biais de ? On admet que admet une espérance et une variance.
Partie A. Le sens du biais.
-
Rappeler pourquoi , en partant de .
-
Appliquer la formule de König-Huygens à la variable et en déduire que .
-
En déduire le signe du biais , puis énoncer la conclusion en français. Préciser le cas d'égalité.
-
Expliquer pourquoi ce raisonnement n'utilise que des résultats du cours, et pourquoi il ne donne pas la valeur du biais.
Partie B. Un biais qui s'efface.
- Montrer que . En admettant que , conclure.
Partie C. Sur des données.
-
Un relevé de valeurs donne , , , , , . Calculer , et . On donne . Dire ensuite ce que l'on peut affirmer, et ce que l'on ne peut pas affirmer, au sujet de .
-
Question de recul : peut-on disposer à la fois d'un estimateur sans biais de et, en prenant sa racine, d'un estimateur sans biais de ? Répondre en une phrase justifiée par ce qui précède.
Exercice 33 ★★★★ — Convergence en probabilité : sommes, produits et fonctions continues
Convergence en probabilité d'une suite de variables aléatoiresLien entre convergence en probabilité et convergence en loi
Toutes les variables aléatoires de cet exercice sont définies sur un même espace probabilisé , et , , désignent des réels.
Partie A. Opérations sur la convergence en probabilité. On suppose dans cette partie que et .
1. Soit . Démontrer, en raisonnant par contraposée à l'aide de l'inégalité triangulaire, que pour tout entier :
2. En déduire, par croissance puis sous-additivité de la probabilité, que .
3. Soit un réel. Démontrer que , en traitant d'abord le cas , puis le cas .
4. On admet le théorème de composition : si , où est un réel, et si est une fonction continue en , alors . En déduire que .
5. Vérifier que pour tous réels et , puis en déduire que .
Partie B. Lien avec la convergence en loi, et application.
6. Soit une suite de variables aléatoires telle que , et soit la variable aléatoire constante égale à . Expliciter , puis démontrer que pour tout réel , puis pour tout réel . Conclure.
7. Expliquer pourquoi le point est exclu de cette vérification, et le confirmer sur l'exemple des variables certaines .
8. Donner un contre-exemple montrant que la réciproque de la question 6. est fausse lorsque la limite n'est pas une constante.
9. Soit un échantillon d'une variable aléatoire d'espérance , de variance et admettant un moment d'ordre . Démontrer que .
10. En déduire que la variance empirique converge en probabilité vers .
Exercice 34 ★★★★ — Durée de vie d'un composant : étude complète
Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesIntervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite centralSuite d'estimateurs convergente
Un fabricant teste composants électroniques indépendants. La durée de vie d'un composant, exprimée en milliers d'heures, suit la loi , où le réel est inconnu. On note l'échantillon des durées de vie observées et . Le fabricant cherche à estimer la durée de vie moyenne . On rappelle .
Partie A. Estimation ponctuelle.
1. Rappeler , et l'écart-type de en fonction de . Quelle particularité de la loi exponentielle apparaît ?
2. Montrer que est un estimateur sans biais de , puis que est une suite d'estimateurs convergente de .
3. Montrer que . Expliquer pourquoi on ne peut rien dire de simple sur le biais de cet estimateur de ; on pourra examiner la variable prenant les valeurs et avec la probabilité chacune.
Partie B. Intervalle de confiance.
4. Énoncer le théorème limite central pour dans ce modèle, en tenant compte de la question 1.
5. On admet que le remplacement de par au dénominateur ne modifie pas la loi limite. En déduire que , puis que est un intervalle de confiance asymptotique de au niveau .
6. Le fabricant a testé composants et observé une durée de vie moyenne de milliers d'heures. Donner l'intervalle de confiance asymptotique de au niveau , arrondi à .
7. En déduire un intervalle de confiance asymptotique de au même niveau.
8. Combien de composants faut-il tester pour que la demi-largeur relative de cet intervalle, au niveau , soit d'au plus ?
Partie C. Fiabilité d'un système en série.
9. Dix composants indépendants, de même loi , sont montés en série : le système tombe en panne dès la première défaillance. Déterminer la loi de la durée de vie du système, puis .
10. Donner la valeur de en heures pour , et commenter ce résultat pour le fabricant.
Exercice 35 ★★★★ — Marche aléatoire : de Bienaymé-Tchebychev au théorème limite central
Théorème limite centralConvergence en loi : définition par les fonctions de répartition
Un mobile part de l'origine et effectue pas indépendants sur une droite graduée. Chaque pas vaut avec la probabilité et avec la probabilité . On note le -ième pas et la position du mobile après pas. On donne , , et .
Partie A. Ce que dit l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.
1. Déterminer et , puis en déduire et .
2. Démontrer que et interpréter ce résultat : le mobile ne dérive pas.
3. Majorer à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. Que remarque-t-on sur cette majoration ?
Partie B. Ce que dit le théorème limite central.
4. Énoncer le théorème limite central dans ce cadre.
5. En déduire une valeur approchée de pour grand. Comparer avec la question 3. dans un petit tableau, puis commenter l'écart obtenu.
6. Déterminer le réel tel que .
7. En déduire l'ordre de grandeur de la distance à l'origine après pas, et la comparer à .
Partie C. Le point de vue binomial.
8. On note le nombre de pas effectués vers la droite. Justifier la relation , préciser la loi de , et retrouver ainsi et .
9. Calculer une valeur approchée de à l'aide de l'approximation normale. Affiner ensuite le calcul par une correction de continuité (hors programme ECG, proposée ici pour mesurer l'erreur commise), en remarquant que ne prend que des valeurs paires.
10. Conclure par une phrase expliquant ce que le facteur signifie concrètement pour le mobile.
Exercice 36 ★★★★ — Assurance : convergences et estimation sur un portefeuille
Théorème limite centralIntervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite centralEstimation de l'espérance par la moyenne empirique
Une compagnie assure contrats indépendants. Le coût annuel du contrat est une variable aléatoire , les étant indépendantes, de même loi, d'espérance et d'écart-type . On note le coût total de l'année et . On donne et .
Partie A. La prime pure ne suffit pas. La compagnie encaisse une prime par contrat, donc au total.
1. On suppose . Démontrer que , puis que le déficit de la compagnie dépasse avec une probabilité tendant vers . Conclure.
2. On suppose . Adapter le raisonnement précédent et conclure.
3. On suppose . Expliquer pourquoi la loi faible des grands nombres ne permet pas de conclure, puis montrer à l'aide du théorème limite central que . Commenter.
Partie B. La réserve et le chargement de sécurité. On prend euros, euros et contrats.
4. Déterminer, à l'aide du théorème limite central, le montant tel que .
5. En déduire la prime unitaire à facturer et sa décomposition en prime pure et chargement de sécurité.
6. Vérifier que le chargement de sécurité par contrat décroît en .
7. Reprendre le calcul du chargement pour contrats et commenter ce que cela dit de la mutualisation.
Partie C. Quand et sont inconnus. Ils sont estimés sur les données de l'année écoulée : contrats, coût moyen observé euros, écart-type empirique corrigé observé euros.
8. Donner un intervalle de confiance asymptotique de au niveau .
9. La valeur retenue en partie B est-elle compatible avec les données ? Comparer la précision obtenue au chargement de sécurité de la question 5.
10. Discuter honnêtement les hypothèses du modèle, en particulier ce qui se passerait en cas d'événement climatique touchant tous les contrats simultanément.
Bloqué sur « Probabilités : convergences et estimation » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.