ECG approfondies · Chapitre 15 · Quatrième semestre

Exercices — Probabilités : convergences et estimation

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Inégalité de Markov : premières majorations

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev

Un service de livraison relève chaque jour le nombre de colis livrés en retard. On modélise ce nombre par une variable aléatoire X à valeurs dans N, dont on ne connaît qu'une seule caractéristique, la moyenne relevée sur l'année écoulée :

E(X)=6
  1. Énoncer l'inégalité de Markov, puis vérifier que X en satisfait toutes les hypothèses.

  2. Majorer les deux probabilités suivantes :

    a. P(X20)

    b. P(X30)

  3. Déterminer les réels a>0 pour lesquels l'inégalité de Markov apporte une information sur P(Xa).

  4. Le responsable du service affirme : « il est impossible qu'une journée compte 30 colis en retard ou davantage ». Que peut-on lui répondre à l'aide de la seule inégalité de Markov ?

  5. On s'intéresse maintenant à la durée d'attente T, exprimée en minutes, d'un client au service après-vente. C'est une variable aléatoire à densité, positive, d'espérance E(T)=3. Majorer P(T15).

  6. Commenter le fait que l'inégalité de Markov n'exige à aucun moment de connaître la loi de la variable. Que faudrait-il savoir de plus pour améliorer ces majorations ?

Exercice 2 ★★★★Inégalité de Bienaymé-Tchebychev : encadrer autour de la moyenne

Inégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev

Une machine remplit des sachets de café. On note X la masse, en grammes, d'un sachet pris au hasard en fin de chaîne. Le service qualité a relevé sur un an

E(X)=250etV(X)=4

et ne dispose d'aucune autre information sur la loi de X.

  1. Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et vérifier que X en satisfait les hypothèses.

  2. Majorer P(X2505).

  3. En déduire une minoration de P(245<X<255) et l'interpréter pour le service qualité.

  4. Déterminer le plus petit entier ε1 pour lequel l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev garantit P(X250ε)0,01.

  5. Écrire l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev sous la forme « à k écarts-types », c'est-à-dire pour un écart ε=kσ avec k>0, puis l'appliquer au cas k=3.

  6. On suppose dans cette question, et dans cette question seulement, que X suit la loi N(250,4). Calculer la valeur exacte de P(X2505), la comparer à la majoration de la question 2. et commenter. On donne Φ(2,5)0,9938.

Exercice 3 ★★★★Convergence en probabilité : revenir à la définition

Convergence en probabilité d'une suite de variables aléatoires

Les trois parties de cet exercice sont indépendantes les unes des autres. Dans chacune d'elles, n désigne un entier naturel non nul.

Partie A. Soit (Xn)n1 une suite de variables aléatoires telle que, pour tout n1,

P(Xn=0)=11netP(Xn=n)=1n
  1. Montrer, en revenant à la définition, que (Xn)n1 converge en probabilité vers 0.

  2. Calculer E(Xn). La suite (E(Xn))n1 converge-t-elle vers 0 ? Qu'en conclure sur le lien entre convergence en probabilité et convergence des espérances ?

Partie B. Soit (Yn)n1 une suite de variables aléatoires telle que, pour tout n1, Yn suit la loi uniforme U([0,1n]).

  1. Soit ε>0. Calculer P(Ynε) en distinguant les cas ε1n et ε<1n, puis en déduire que (Yn)n1 converge en probabilité vers 0.

Partie C. Soit (Zn)n1 une suite de variables aléatoires admettant une espérance et une variance, telles que, pour tout n1,

E(Zn)=2+1netV(Zn)=5n
  1. Énoncer le critère du cours qui permet de prouver une convergence en probabilité à partir de l'espérance et de la variance.

  2. Rédiger la majoration correspondante et conclure que (Zn)n1 converge en probabilité vers 2.

Exercice 4 ★★★★Loi faible des grands nombres sur un lancer de dé

Loi faible des grands nombres et fréquence empiriqueConvergence en probabilité d'une suite de variables aléatoires

On lance n fois de suite un dé équilibré à six faces, les lancers étant indépendants. Pour tout i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Xi le résultat du i-ème lancer, et l'on pose

Xn=1ni=1nXi
  1. Déterminer E(X1) et V(X1) en détaillant les calculs.

  2. Énoncer la loi faible des grands nombres, vérifier que ses hypothèses sont satisfaites ici, et écrire ce qu'elle affirme pour Xn.

  3. Majorer P(Xn3,50,1), d'abord pour n quelconque, puis pour n=1000.

  4. On note désormais Fn la fréquence d'apparition du 6 au cours des n lancers, c'est-à-dire le nombre de 6 obtenus divisé par n. Justifier que nFn suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres, puis en déduire E(Fn) et V(Fn).

  5. Majorer P(Fn160,01) pour n=10000.

  6. Un joueur observe que le 6 n'est pas encore sorti après vingt lancers et en déduit qu'il « va bien finir par sortir plus souvent pour rattraper le retard ». Conclure sur ce que garantit, et sur ce que ne garantit pas, la loi faible des grands nombres.

Exercice 5 ★★★Lire la table de la loi normale et centrer-réduire

Théorème limite central

On note Z une variable aléatoire suivant la loi normale centrée réduite N(0,1) et Φ sa fonction de répartition, définie par Φ(x)=P(Zx). On dispose de l'extrait de table suivant, dans lequel toutes les valeurs ne servent pas nécessairement.

x Φ(x)
0,5 0,6915
1 0,8413
1,23 0,8907
1,5 0,9332
1,64 0,9495
1,96 0,9750
2 0,9772
2,33 0,9901
2,5 0,9938
2,576 0,9950
  1. Déterminer, à l'aide de la table :

    a. P(Z1,23)

    b. P(Z1,5)

  2. Démontrer que, pour tout réel x, Φ(x)=1Φ(x), en s'appuyant sur la parité de la densité de N(0,1).

  3. En déduire :

    a. P(Z1)

    b. P(1Z2)

  4. Déterminer le réel u>0 tel que P(Zu)=0,95.

  5. Soit maintenant X une variable aléatoire suivant la loi N(20,25). Préciser son écart-type, écrire la variable centrée réduite associée, puis calculer P(X30) et P(15X30).

  6. Déterminer le réel t tel que P(Xt)=0,9938.

Exercice 6 ★★★★Théorème limite central : première application chiffrée

Théorème limite central

Un atelier prépare des commandes à l'unité. La durée de préparation d'une commande, exprimée en minutes, est modélisée par une variable aléatoire X dont on connaît seulement

m=E(X)=2etσ=V(X)=0,5

Les durées de préparation des différentes commandes sont indépendantes et suivent toutes la même loi que X. Pour n commandes, on note Sn=X1+X2++Xn la durée totale de préparation. L'atelier traite aujourd'hui 100 commandes.

On donne Φ(1,645)0,9500, Φ(1,96)0,9750 et Φ(2)0,9772, où Φ désigne la fonction de répartition de la loi N(0,1).

  1. Calculer E(S100) et V(S100), en précisant les propriétés utilisées, puis en déduire l'écart-type de S100.

  2. Énoncer le théorème limite central et écrire la variable centrée réduite associée à S100.

  3. Donner une valeur approchée de P(S100210).

  4. Donner une valeur approchée de P(190S100210).

  5. Déterminer une durée t telle que P(S100t)0,95, et l'interpréter pour le responsable de l'atelier.

  6. Expliquer pourquoi les résultats des questions 3. à 5. ne sont qu'approchés, et préciser ce que l'on ne sait pas de la loi de X.

Exercice 7 ★★★★Reconnaître un estimateur sans biais

Échantillon, statistique et estimateur d'un paramètreBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais

Soit (X1,,Xn) un échantillon d'une loi d'espérance m inconnue et de variance σ2 connue, avec σ2>0 et n2. Les variables X1,,Xn sont donc indépendantes et de même loi que X, et l'on cherche à estimer le paramètre m. On considère pour cela les cinq statistiques suivantes.

a. T1=X1

b. T2=X1+X22

c. T3=X1+2X23

d. T4=X1+2X22

e. T5=Xn+1n

  1. Rappeler la définition du biais d'un estimateur T du paramètre m, ainsi que le sens des expressions « estimateur sans biais » et « estimateur asymptotiquement sans biais ».

  2. Calculer l'espérance et le biais de chacun des cinq estimateurs.

  3. Préciser lesquels sont sans biais, lequel est asymptotiquement sans biais sans être sans biais, et lequel doit être écarté.

  4. Calculer V(T1), V(T2) et V(T3), puis comparer les trois estimateurs sans biais.

  5. Conclure sur la démarche à suivre pour choisir un estimateur, et donner une condition simple portant sur les coefficients a1,,an pour que T=a1X1++anXn soit un estimateur sans biais de m.

Exercice 8 ★★★Espérance et variance de la moyenne empirique

Échantillon, statistique et estimateur d'un paramètreEstimation de l'espérance par la moyenne empirique

Soit (X1,,Xn) un échantillon d'une loi d'espérance m et de variance σ2, avec σ>0. Les variables X1,,Xn sont donc indépendantes et de même loi que X. On note

Xn=1ni=1nXi

la moyenne empirique de l'échantillon.

  1. Démontrer que E(Xn)=m, en citant la propriété utilisée.

  2. Démontrer que V(Xn)=σ2n, en précisant exactement à quel endroit du calcul l'indépendance des variables intervient.

  3. En déduire l'écart-type de Xn. Combien d'observations faut-il pour diviser cet écart-type par 2 ?

  4. Application numérique avec σ=3 : déterminer le plus petit entier n pour lequel l'écart-type de Xn est strictement inférieur à 0,1. On donne 90130,017.

  5. Montrer que Xn est un estimateur sans biais et convergent de m, en appliquant le critère du cours.

Exercice 9 ★★★★Convergence en loi : lire la définition sur les fonctions de répartition

Convergence en loi : définition par les fonctions de répartition

Les trois parties de cet exercice sont indépendantes les unes des autres. Dans chacune d'elles, n désigne un entier naturel non nul. On rappelle la définition du cours : une suite (Tn) de variables aléatoires converge en loi vers une variable aléatoire T lorsque

limn+FTn(x)=FT(x)en tout point x ouˋ FT est continue

Partie A. Une exponentielle translatée. Soit X une variable aléatoire suivant la loi E(1). Pour tout n1, on pose Xn=X+1n.

  1. Rappeler la fonction de répartition FX de X, puis déterminer FXn(x) pour tout réel x.

  2. Montrer que pour tout réel x, FXn(x) tend vers FX(x) quand n tend vers +. Conclure.

Partie B. Pourquoi la définition ne retient que les points de continuité. Pour tout n1, soit Yn la variable certaine égale à 1n, c'est-à-dire telle que P(Yn=1n)=1, et soit Y la variable certaine égale à 0.

  1. Déterminer les fonctions de répartition FYn et FY.

  2. Calculer FYn(0) pour tout n1, ainsi que FY(0). La suite (FYn(0)) converge-t-elle vers FY(0) ?

  3. Montrer que pour tout réel x0, FYn(x) tend vers FY(x). Déterminer l'ensemble des points de continuité de FY, conclure que (Yn) converge en loi vers Y, et expliquer pourquoi la définition doit exclure le point 0.

Partie C. Des lois uniformes sur un intervalle qui se rétracte. Pour tout n1, soit Zn une variable aléatoire suivant la loi U([0,1+1n]), et soit Z une variable suivant la loi U([0,1]).

  1. Déterminer FZn(x) pour tout réel x.

  2. Étudier la limite de FZn(x) en distinguant les cas x<0, 0x1 et x>1. Conclure.

Exercice 10 ★★★Du discret au continu : une suite de lois uniformes

Convergence en loi : définition par les fonctions de répartition

Pour tout entier n1, soit Un une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur [ ⁣[1,n] ⁣]. On pose

Yn=Unn

On rappelle les deux sommes usuelles, valables pour tout entier n1 :

k=1nk=n(n+1)2etk=1nk2=n(n+1)(2n+1)6

ainsi que la définition de la partie entière : pour tout réel t, t est l'unique entier vérifiant tt<t+1.

  1. Donner Un(Ω) et la loi de Un.

  2. Démontrer que E(Un)=n+12 et V(Un)=n2112.

  3. Déterminer Yn(Ω), calculer E(Yn) et V(Yn), puis leurs limites quand n tend vers +. Comparer avec l'espérance et la variance de la loi U([0,1]).

  4. Soit x]0,1[. En comptant les entiers k de [ ⁣[1,n] ⁣] tels que knx, démontrer que

FYn(x)=nxn
  1. Établir l'encadrement nx1<nxnx, puis en déduire la limite de FYn(x) pour x]0,1[.

  2. Déterminer FYn(x) et sa limite dans les cas x0 et x1.

  3. Conclure que (Yn) converge en loi vers la loi U([0,1]). Commenter le fait qu'une suite de lois discrètes puisse avoir pour limite une loi à densité.

Exercice 11 ★★★De la loi binomiale à la loi de Poisson

Convergence en loi des variables aléatoires à valeurs entièresApproximations usuelles : binomiale par Poisson, binomiale et Poisson par la loi normale

Soit λ>0 un réel fixé. Pour tout entier n>λ, on note Xn une variable aléatoire suivant la loi B(n,λn).

Partie A. Le résultat général.

  1. Vérifier que λn]0,1[, puis calculer E(Xn) et V(Xn). Donner la limite de V(Xn).

  2. Soit kN fixé. Écrire P(Xn=k) pour tout entier n>max(λ,k).

  3. Démontrer que (nk)(λn)k tend vers λkk! quand n tend vers +, en isolant le produit des k facteurs ni.

  4. Démontrer, par passage au logarithme, que (1λn)nk tend vers eλ.

  5. En déduire la limite de P(Xn=k), puis conclure à l'aide du critère de convergence en loi des variables aléatoires à valeurs entières.

Partie B. Application numérique. Une chaîne produit n=500 pièces. Chaque pièce, indépendamment des autres, est défectueuse avec la probabilité p=0,004. On note X le nombre de pièces défectueuses produites. On donne

(5002)=124750,0,9964980,135878,e20,1353353
  1. Donner la loi exacte de X et calculer P(X=2) à 104 près. Calculer ensuite la valeur approchée de P(X=2) fournie par la loi de Poisson de paramètre λ=np.

  2. Commenter l'écart obtenu, et énoncer les conditions usuelles de validité de cette approximation en vérifiant qu'elles sont remplies ici.

Exercice 12 ★★★★Approximation normale d'une loi binomiale

Approximations usuelles : binomiale par Poisson, binomiale et Poisson par la loi normaleThéorème limite central

Un questionnaire comporte 400 questions indépendantes, chacune proposant quatre réponses dont une seule est correcte. Un candidat répond complètement au hasard à chaque question. On note X le nombre de réponses correctes, de sorte que

XB(400,0,25)

On note Φ la fonction de répartition de la loi N(0,1) et l'on dispose des données suivantes, dont toutes ne servent pas nécessairement :

758,660et0,79840,894
t 0,90 1,15 1,21 2,31 2,33 2,42
Φ(t) 0,8159 0,8749 0,8869 0,9896 0,9901 0,9922
  1. Calculer E(X) et V(X), puis l'écart-type de X.

  2. Écrire X comme somme de 400 variables de Bernoulli indépendantes, énoncer le théorème limite central et l'appliquer à cette somme. Vérifier les trois conditions usuelles n30, np5 et n(1p)5, puis préciser la loi normale qui approche celle de X.

  3. Donner une valeur approchée de P(X110).

  4. Donner une valeur approchée de P(90X110).

  5. Déterminer un réel a tel que P(Xa)0,99, puis le plus petit entier convenable.

  6. Les valeurs exactes, obtenues par un calcul machine sur la loi binomiale, sont

P(X110)0,8865,P(90X110)0,7748,P(X120)0,9900

Comparer avec les résultats des questions 3., 4. et 5., et commenter le caractère approché de la méthode.

  1. Expliquer pourquoi cette approximation serait mauvaise pour une variable de loi B(400,0,002), et indiquer ce qu'il faudrait utiliser à la place.

Exercice 13 ★★★★Dimensionner un sondage avec Bienaymé-Tchebychev

Inégalités de Markov et de Bienaymé-TchebychevIntervalle de confiance obtenu par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev

Dans une population très nombreuse, une proportion inconnue p[0,1] des habitants approuve une mesure. Un institut interroge n personnes tirées au hasard avec remise, et note Fn la fréquence des personnes approuvant la mesure dans l'échantillon obtenu. Toute la question est de choisir n pour que Fn soit une estimation fiable de p.

On donne u0,051,96 et 1,962=3,8416.

  1. Justifier que nFn suit la loi B(n,p).

  2. En déduire E(Fn) et V(Fn), et commenter chacun des deux résultats.

  3. Démontrer que p(1p)14 pour tout p[0,1], en précisant le cas d'égalité. En déduire une majoration de V(Fn) ne dépendant plus de p.

  4. Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, puis l'appliquer pour montrer que

P(Fnp0,02)625n
  1. Déterminer le plus petit entier n pour lequel cette majoration garantit P(Fnp<0,02)0,95.

  2. Reprendre la question précédente avec une précision de 0,01 au lieu de 0,02, puis commenter la dépendance de la taille d'échantillon en 1ε2.

  3. Traduire le résultat de la question 5. en termes d'intervalle de confiance. Commenter le coût réel d'un tel sondage, sachant que les instituts interrogent en pratique environ 1000 personnes, et insister sur le fait que la garantie obtenue vaut quel que soit p, sans aucune hypothèse.

Exercice 14 ★★★★Trois suites qui convergent en probabilité vers une constante

Convergence en probabilité d'une suite de variables aléatoires

Les trois parties de cet exercice sont indépendantes les unes des autres. Dans chacune d'elles, n désigne un entier naturel non nul.

Partie A. Une exponentielle de paramètre croissant. Pour tout n1, soit Xn une variable aléatoire suivant la loi E(n).

  1. Rappeler la fonction de répartition de Xn, puis calculer P(Xnε) pour tout réel ε>0.

  2. En déduire que (Xn) converge en probabilité vers 0. Retrouver ce résultat à l'aide du critère du cours portant sur l'espérance et la variance.

Partie B. Le maximum d'un échantillon uniforme. Soit θ>0. Pour tout n1, soit (U1,,Un) un échantillon de la loi U([0,θ]), c'est-à-dire n variables aléatoires mutuellement indépendantes suivant toutes cette loi. On pose

Mn=max(U1,,Un)
  1. Déterminer la fonction de répartition de Mn, en justifiant précisément le passage par l'indépendance.

  2. Montrer que pour tout ε]0,θ[,

P(Mnθε)=(1εθ)n
  1. Conclure que (Mn) converge en probabilité vers θ, sans oublier le cas εθ.

Partie C. La moyenne empirique. Soit (X1,,Xn) un échantillon d'une loi admettant une espérance m et une variance σ2. On pose Xn=1ni=1nXi.

  1. Calculer E(Xn) et V(Xn), puis démontrer avec le critère du cours que Xn converge en probabilité vers m. Comment s'appelle ce résultat ?

  2. En déduire, par composition, les limites en probabilité des suites ((Xn)2) et (eXn).

Exercice 15 ★★★Estimer le paramètre d'une loi de Poisson

Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais

Un exploitant gère un parc de distributeurs automatiques de boissons. Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Xi le nombre de pannes constatées sur le parc lors du i-ième jour d'observation. On admet que les variables X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi de Poisson P(λ), où le paramètre λ>0 est inconnu : c'est lui que l'exploitant cherche à estimer. On suppose n2 et l'on pose

Xn=1ni=1nXietVn=1ni=1n(XiXn)2
  1. Rappeler E(X1) et V(X1).

  2. Montrer que Tn=Xn est un estimateur sans biais de λ.

  3. Calculer V(Tn), puis démontrer que la suite d'estimateurs (Tn) est convergente.

  4. Sur n=30 jours d'observation, l'exploitant a relevé 54 pannes au total. Donner l'estimation ponctuelle de λ qui en découle.

  5. On pose Tn=X1+X22. Montrer que Tn est lui aussi un estimateur sans biais de λ, calculer sa variance et la comparer à celle de Tn. Lequel des deux faut-il préférer ? La suite (Tn) est-elle convergente ?

  6. Puisque V(X1)=λ, la variance empirique Vn fournit un second estimateur de λ. Calculer E(Vn) et le biais bλ(Vn). Cet estimateur est-il sans biais ? asymptotiquement sans biais ? Expliquer pourquoi on lui préfère malgré tout Xn.

Exercice 16 ★★★Estimer le paramètre d'une loi exponentielle

Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesEstimation de l'espérance par la moyenne empirique

Le standard téléphonique d'une entreprise reçoit des appels tout au long de la journée. On modélise la durée, en minutes, séparant deux appels consécutifs par une variable aléatoire de loi exponentielle E(λ), où λ>0 est inconnu. On dispose d'un échantillon (X1,,Xn) de cette loi : les variables X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi E(λ). On pose

Xn=1ni=1nXi

On donne e1,250,2865.

  1. Rappeler E(X1) et V(X1).

  2. Montrer que Xn est un estimateur sans biais et convergent de 1λ.

  3. Le standard a enregistré n=50 intervalles de temps, de somme totale 200 minutes. Estimer 1λ, puis λ.

  4. Justifier que 1Xnn+Pλ. On précisera pourquoi l'on peut se placer au voisinage de 1λ>0.

  5. Peut-on en conclure que 1Xn est un estimateur sans biais de λ ? Que sait-on tout de même de cet estimateur ?

  6. Établir que P(X1>5)=e5λ, puis construire, à partir de la loi faible des grands nombres, un estimateur sans biais et convergent de cette probabilité.

  7. Proposer un second estimateur convergent de P(X1>5) obtenu par composition, et donner l'estimation numérique correspondante avec les données de la question 3.

Exercice 17 ★★★Variance empirique : pourquoi diviser par n moins 1

Estimation de la variance : variance empirique et variance empirique corrigéeBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais

Soit n2 et soit (X1,,Xn) un échantillon d'une loi admettant une espérance m et une variance σ2 : les variables X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et suivent toutes cette même loi. On pose

Xn=1ni=1nXi,Vn=1ni=1n(XiXn)2,Sn2=1n1i=1n(XiXn)2

L'objet de l'exercice est de comprendre d'où vient le dénominateur n1 de la variance empirique corrigée.

  1. Établir l'identité
i=1n(XiXn)2=i=1nXi2n(Xn)2
  1. Calculer E(Xi2) pour i[ ⁣[1,n] ⁣], puis E((Xn)2), en utilisant la formule de König-Huygens.

  2. En déduire que E(Vn)=n1nσ2.

  3. L'estimateur Vn de σ2 est-il sans biais ? Calculer son biais bσ2(Vn) et vérifier qu'il est asymptotiquement sans biais.

  4. Montrer que Sn2=nn1Vn, puis que Sn2 est un estimateur sans biais de σ2.

  5. Application numérique. On observe l'échantillon de taille 5 suivant :

    i 1 2 3 4 5
    xi 12 15 11 14 13

    Calculer la moyenne observée x5, puis les valeurs observées v5 et s52 de V5 et de S52. Commenter l'écart entre les deux.

  6. Pour comprendre l'origine du n1 : montrer que pour tous réels x1,,xn, de moyenne xn, et pour tout réel t,

i=1n(xit)2=i=1n(xixn)2+n(xnt)2

En déduire une inégalité entre i=1n(xixn)2 et i=1n(xim)2, puis interpréter.

Exercice 18 ★★★★Intervalle de confiance asymptotique pour une proportion

Intervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite central

Un semencier veut connaître le taux de germination d'un lot de graines. Il en met n=1000 en culture dans des conditions identiques. Chaque graine germe avec la même probabilité p, inconnue, indépendamment des autres. Pour i[ ⁣[1,1000] ⁣], on note Xi la variable valant 1 si la i-ième graine germe et 0 sinon, et l'on pose

Fn=1ni=1nXi

la fréquence de germination observée. À l'issue de l'essai, 860 graines ont germé.

On donne u0,051,96, u0,012,576 et 1,2041,0973.

  1. Préciser la loi de X1, puis justifier que E(Fn)=p et V(Fn)=p(1p)n.

  2. Énoncer le théorème limite central pour cet échantillon et écrire la variable centrée réduite Zn associée à Fn.

  3. En déduire un intervalle de confiance asymptotique de p au niveau de confiance 1α. On remplacera p(1p) par son estimation Fn(1Fn), procédé admis en cours.

  4. Faire l'application numérique au niveau 0,95 et donner l'intervalle arrondi à 103.

  5. Reprendre au niveau 0,99 et comparer les largeurs des deux intervalles.

  6. Rédiger la phrase d'interprétation correcte de l'intervalle obtenu à la question 4., en précisant ce qui est aléatoire, et signaler l'interprétation fautive à éviter.

  7. De combien de graines le semencier aurait-il besoin pour obtenir, au niveau 0,95, une demi-largeur de 0,01, la fréquence observée restant égale à 0,86 ?

Exercice 19 ★★★★Intervalle de confiance non asymptotique par Bienaymé-Tchebychev

Intervalle de confiance obtenu par l'inégalité de Bienaymé-TchebychevInégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev

Une entreprise de services demande à ses clients de noter la prestation reçue. Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Xi la note attribuée par le i-ième client interrogé. Les variables X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la même loi, d'espérance m inconnue et d'écart-type connu σ=2. On pose

Xn=1ni=1nXi

L'entreprise a recueilli n=400 notes, dont la moyenne observée est 7,3.

On donne 52,236 et u0,051,96.

  1. Donner E(Xn) et V(Xn), puis appliquer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev à Xn pour majorer P(Xnmt), où t>0.

  2. Soit α]0,1[. Déterminer la plus petite valeur de t pour laquelle la majoration précédente est inférieure ou égale à α, et en déduire un intervalle de confiance de m au niveau de confiance 1α.

  3. Application numérique au niveau 0,95 : donner l'intervalle obtenu, arrondi à 102.

  4. Construire, à partir du théorème limite central, l'intervalle de confiance asymptotique de m au même niveau, et faire l'application numérique.

  5. Comparer les deux demi-largeurs. Montrer que leur rapport ne dépend ni de n ni de σ, et le calculer.

  6. Expliquer ce que l'on gagne et ce que l'on perd en passant du premier intervalle au second.

  7. Déterminer, avec chacune des deux méthodes, la taille d'échantillon assurant une demi-largeur de 0,1 au niveau 0,95.

Exercice 20 ★★★Le critère de convergence d'un estimateur

Suite d'estimateurs convergenteBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais

Partie A. Démonstration du critère.

Soit θ un réel et soit (Tn) une suite d'estimateurs de θ, chaque Tn admettant une espérance et une variance. On note bθ(Tn)=E(Tn)θ le biais de Tn. On suppose que

limn+E(Tn)=θetlimn+V(Tn)=0
  1. Soit ε>0. Justifier l'existence d'un entier N tel que, pour tout nN, bθ(Tn)ε2. En utilisant l'inégalité triangulaire sous la forme TnθTnE(Tn)+bθ(Tn), démontrer que pour tout nN, on a l'inclusion d'événements
(Tnθε)(TnE(Tn)ε2)
  1. En déduire, à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, que la suite (Tn) est convergente.

Partie B. Applications.

On considère trois suites d'estimateurs d'un même paramètre θ, dont on donne l'espérance et la variance :

Estimateur Espérance Variance
Tn θ+1n 3n
Un θ θ2n+1
Wn θ θ2

On donne e1/20,6065 et e3/20,2231.

  1. La suite (Tn) est-elle sans biais ? asymptotiquement sans biais ? convergente ?

  2. Mêmes questions pour la suite (Un).

  3. Mêmes questions pour la suite (Wn), avec θ0. On expliquera pourquoi le critère de la partie A ne permet pas de conclure sur la convergence, et pourquoi cela ne prouve pas à soi seul que la suite n'est pas convergente.

  4. On suppose maintenant θ>0 et l'on pose Wn=X1 pour tout n, où X1E(1θ). Vérifier que cet exemple est bien conforme au tableau, puis calculer P(Wnθθ2) et conclure.

Exercice 21 ★★★★Minimum d'un échantillon de lois exponentielles

Convergence en loi : définition par les fonctions de répartitionConvergence en probabilité d'une suite de variables aléatoires

Soit λ>0 et soit (X1,,Xn) un échantillon de la loi exponentielle E(λ) : les variables X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi E(λ). On pose

mn=min(X1,,Xn)

On donne e0,10,9048 et e20,1353.

  1. Rappeler la fonction de répartition FX1.

  2. Déterminer Fmn(x) pour tout réel x, en passant par l'événement contraire. On justifiera l'usage de l'indépendance.

  3. Reconnaître la loi de mn, puis donner E(mn) et V(mn).

  4. Démontrer, en revenant à la définition, que mnn+P0.

  5. Retrouver ce résultat à l'aide du critère du cours.

  6. Montrer que, pour tout n1, la variable nmn suit exactement la loi E(λ). En déduire la convergence en loi de la suite (nmn).

  7. Interpréter en une phrase les résultats des questions 4. et 6.

  8. Application. Un système est constitué de n composants identiques montés en série : il tombe en panne dès que l'un des composants tombe en panne. Les durées de vie des composants, exprimées en heures, sont mutuellement indépendantes et suivent la loi E(λ) avec λ=0,01. Calculer la durée de vie moyenne d'un composant, puis celle du système pour n=20. Comparer P(X1>10) et P(m20>10), et commenter.

Exercice 22 ★★★★Démontrer la loi faible des grands nombres

Loi faible des grands nombres et fréquence empiriqueInégalités de Markov et de Bienaymé-Tchebychev

Soit (Xi)i1 une suite de variables aléatoires indépendantes, de même loi, admettant une espérance m et une variance σ2. Pour tout entier n1, on pose Xn=1ni=1nXi.

Partie A. La démonstration.

1. Calculer E(Xn) et V(Xn). Préciser à quel endroit exactement l'hypothèse d'indépendance intervient, et à quel endroit elle ne sert pas.

2. Soit ε>0. Après en avoir vérifié les hypothèses, appliquer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev à Xn.

3. En déduire la loi faible des grands nombres : Xnn+Pm.

4. Où l'hypothèse « X1 admet une variance » a-t-elle servi ? Que peut-on encore affirmer, avec les outils du cours, si l'on sait seulement que X1 admet une espérance ?

Partie B. Le cas de Bernoulli. Les Xi suivent maintenant la loi B(p) avec p]0,1[, et Fn=Xn désigne la fréquence empirique des succès.

5. Montrer que Fnn+Pp.

6. Montrer que p(1p)14, puis en déduire une majoration de P(Fnpε) qui ne dépende pas de p.

7. On lance n fois une pièce équilibrée. Déterminer, à l'aide de la question 6., un nombre de lancers garantissant P(Fn0,5<0,01)0,99.

Partie C. Ce que la moyenne apporte. On garde la pièce équilibrée, mais on pose cette fois Yn=X1 pour tout n1 : la variable observée ne dépend plus de n.

8. Calculer P(Yn0,514) et en déduire que (Yn) ne converge pas en probabilité vers 0,5.

9. Conclure en une phrase sur ce que la loi faible des grands nombres affirme réellement.

Exercice 23 ★★★La loi géométrique renormalisée converge vers la loi exponentielle

Convergence en loi : définition par les fonctions de répartition

Soit λ>0 un réel fixé. Pour tout entier n>λ, on considère une variable aléatoire Tn suivant la loi géométrique G(λn), à valeurs dans N : Tn est le rang du premier succès dans une suite d'épreuves de Bernoulli indépendantes, de probabilité de succès λn. On pose

Yn=Tnn

1. Justifier que la condition n>λ rend le paramètre λn admissible, puis établir que pour tout kN,

P(Tn>k)=(1λn)k

2. Calculer E(Yn) et V(Yn). Déterminer leurs limites et les comparer à l'espérance et à la variance de la loi E(λ).

3. Soit x>0. Montrer que P(Yn>x)=(1λn)nx, où désigne la partie entière.

4. À l'aide de l'encadrement nx1<nxnx et d'un passage au logarithme, démontrer que P(Yn>x)eλx.

5. En déduire que (Yn) converge en loi vers une variable suivant la loi E(λ) : ne pas oublier le cas x0.

6. Interpréter le résultat en termes de temps d'attente mesuré à l'échelle 1n.

7. Vérifier que la loi G(p) et la loi E(λ) sont toutes deux sans mémoire, et dire en quoi cela éclaire la convergence obtenue.

8. Application. Un serveur envoie une requête toutes les millisecondes ; chaque requête échoue avec la probabilité 0,002, indépendamment des autres. Estimer la probabilité que la première panne survienne après 3 secondes. On donne e60,00248.

Exercice 24 ★★★★Maximum d'un échantillon uniforme : loi, biais et correction

Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais

Une machine produit des pièces dont la longueur, en millimètres, est modélisée par une variable de loi U([0,θ]), où θ>0 est inconnu et doit être estimé. On dispose d'un échantillon (X1,,Xn) de cette loi, c'est-à-dire de n variables indépendantes de même loi U([0,θ]), et l'on pose

Mn=max(X1,,Xn)

1. Rappeler la fonction de répartition FX1 de la loi U([0,θ]).

2. Déterminer FMn en justifiant précisément l'usage de l'indépendance, puis en déduire une densité de Mn.

3. Calculer E(Mn) et E(Mn2), puis en déduire V(Mn).

4. Le statisticien propose d'estimer θ par Mn. Calculer le biais bθ(Mn) et déterminer son signe. L'estimateur Mn est-il sans biais ? Asymptotiquement sans biais ?

5. On pose Tn=n+1nMn. Montrer que Tn est un estimateur sans biais de θ et calculer V(Tn).

6. Montrer que (Tn)n1 est une suite convergente d'estimateurs de θ.

7. Expliquer, sans calcul, pourquoi Mn sous-estime systématiquement θ, et pourquoi le facteur n+1n corrige exactement ce défaut.

8. Application. Sur n=10 pièces, la plus longue mesure 8,4 mm. Donner les estimations de θ fournies par M10 puis par T10, et dire laquelle on retient.

Exercice 25 ★★★★Comparer deux estimateurs du même paramètre

Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biaisSuite d'estimateurs convergente

Soit θ>0 un réel inconnu et (X1,,Xn) un échantillon de la loi U([0,θ]), c'est-à-dire n variables indépendantes de même loi U([0,θ]). On note

Xn=1ni=1nXietMn=max(X1,,Xn)

Deux statisticiens proposent deux estimateurs concurrents de θ :

An=2XnetBn=n+1nMn

On admet les deux résultats suivants, établis dans l'exercice précédent :

E(Mn)=nn+1θetV(Mn)=nθ2(n+1)2(n+2)

1. Rappeler l'espérance et la variance d'une variable de loi U([0,θ]).

2. Montrer que An est un estimateur sans biais de θ et établir que V(An)=θ23n.

3. Montrer que Bn est un estimateur sans biais de θ et établir que V(Bn)=θ2n(n+2).

4. Calculer le rapport V(An)V(Bn) et déterminer, selon les valeurs de n, lequel des deux estimateurs est préférable.

5. Montrer que les deux suites (An) et (Bn) sont des suites convergentes d'estimateurs de θ, et comparer leurs vitesses.

6. Application. Un échantillon de taille n=12 donne x12=3,9 et m12=7,6. Calculer les deux estimations de θ et dire celle que l'on retient.

7. L'estimateur Bn ne repose que sur une seule observation, alors que An utilise les n observations. Commenter en une phrase le fait qu'il soit pourtant meilleur.

Exercice 26 ★★★Méthode de Monte-Carlo pour approcher une intégrale

Loi faible des grands nombres et fréquence empiriqueIntervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite central

On souhaite calculer une valeur approchée de

I=01ex2dx

dont aucune primitive ne s'exprime à l'aide des fonctions usuelles. L'idée de la méthode de Monte-Carlo est de voir I comme une espérance, puis d'estimer cette espérance par une moyenne. Soit (U1,,Un) un échantillon de la loi U([0,1]) et, pour tout i, Yi=eUi2. On rappelle u0,051,96.

1. Justifier par le théorème de transfert que Y1 admet une espérance et que E(Y1)=I.

2. Montrer que Y1 prend ses valeurs dans [0,1] et en déduire que Y1 admet une variance.

3. Soit Y une variable admettant une variance et à valeurs dans un segment [a,b]. Montrer que

V(Y)E((Ya+b2)2)(ba)24

En déduire que V(Y1)14.

4. Montrer que Yn est un estimateur sans biais et convergent de I.

5. À l'aide du théorème limite central, puis en majorant l'écart-type de Y1, construire un intervalle de confiance asymptotique de I au niveau de confiance 0,95 ne dépendant que de n et de Yn.

6. Application. Une simulation de n=10000 tirages donne yn=0,7462. Donner l'intervalle obtenu. On donne, à titre de comparaison, la valeur de référence I0,7468.

7. Déterminer le nombre de tirages nécessaires pour que la demi-largeur de cet intervalle soit inférieure ou égale à 103, et commenter la vitesse en 1n.

8. Conclure sur l'intérêt de la méthode et sur sa limite.

Exercice 27 ★★★Convergence en loi sans convergence en probabilité

Lien entre convergence en probabilité et convergence en loiConvergence en loi : définition par les fonctions de répartition

Le cours établit que la convergence en probabilité entraîne la convergence en loi. Cet exercice montre que la réciproque est fausse en général, et qu'elle redevient vraie dans un cas important.

Partie A. Un contre-exemple à densité. Soit X une variable aléatoire suivant la loi N(0,1), de densité φ et de fonction de répartition Φ. Pour tout n1, on pose Xn=(1)nX. On donne Φ(0,5)0,6915.

1. Montrer, en utilisant la parité de φ, que X suit la loi N(0,1).

2. En déduire que Xn suit la même loi que X pour tout n, puis que Xnn+LX.

3. Soit ε>0. Calculer P(XnXε) lorsque n est pair, puis lorsque n est impair (on exprimera le résultat à l'aide de Φ). Donner la valeur numérique obtenue pour ε=1 et n impair.

4. En déduire que (Xn) ne converge pas en probabilité vers X, et conclure sur le lien entre les deux convergences.

Partie B. Le cas d'une limite constante. Soit c un réel. Pour tout n1, soit Zn une variable suivant la loi U([c1n,c+1n]), et soit Z la variable certaine égale à c.

5. Montrer directement que Znn+Pc.

6. Déterminer FZn, puis montrer que Znn+LZ. Que se passe-t-il au point x=c, et pourquoi cela n'empêche-t-il pas de conclure ?

7. Énoncer le résultat du cours dont la partie B est une illustration.

Partie C. Un contre-exemple discret. Soit Y une variable suivant la loi uniforme sur {1,1}, et Yn=Y pour tout n1.

8. Montrer que Ynn+LY.

9. Calculer P(YnY1) et conclure.

10. Récapituler dans un court tableau ce que garantit chacune des deux convergences.

Exercice 28 ★★★★Contrôle qualité : trois approximations comparées

Approximations usuelles : binomiale par Poisson, binomiale et Poisson par la loi normaleConvergence en loi des variables aléatoires à valeurs entières

Une chaîne de production fabrique des pièces qui sont, indépendamment les unes des autres, défectueuses avec la probabilité p=0,003. On prélève n=1000 pièces et l'on note X le nombre de pièces défectueuses du prélèvement.

Partie A. La loi exacte.

  1. Déterminer la loi de X, puis son espérance et sa variance.

  2. Calculer une valeur approchée de P(X2) à 104 près à partir de la loi exacte. On donne (0,997)10000,049563, (0,997)9990,049712 et (0,997)9980,049862.

Partie B. Deux approximations.

  1. Vérifier les conditions de validité de l'approximation de la loi de X par une loi de Poisson, puis calculer la valeur approchée de P(X2) qu'elle fournit. On donne e30,049787.

  2. Justifier cette approximation par un théorème de convergence. Soit λ>0 fixé et, pour n>λ, une variable Yn suivant la loi B(n,λn). Montrer que (Yn) converge en loi vers une variable suivant la loi P(λ).

  3. Examiner les trois conditions de validité de l'approximation de la loi de X par une loi normale. Laquelle n'est pas vérifiée ?

  4. Calculer malgré tout l'approximation normale de P(X2), sans puis avec correction de continuité (ce second calcul est hors programme ECG : il n'est proposé que pour mesurer l'erreur commise). On donne 2,9911,7295, Φ(0,289)0,386 et Φ(0,578)0,282.

Partie C. Choisir son approximation.

  1. Rassembler les trois valeurs obtenues dans un tableau et commenter les écarts.

  2. Pour p=0,3 et n=1000, indiquer sans aucun calcul quelle approximation il faut choisir, et pourquoi.

Exercice 29 ★★★★Intervalle de confiance quand l'écart-type est inconnu

Intervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite centralEstimation de la variance : variance empirique et variance empirique corrigée

Une entreprise mesure le temps de réponse de son service client, exprimé en heures, sur n=200 demandes. On modélise ces relevés par un échantillon (X1,,Xn) de variables indépendantes et de même loi, d'espérance m et d'écart-type σ>0, tous deux inconnus. Les relevés observés donnent

xn=24,6etsn2=81

Partie A. Les deux estimateurs.

  1. Montrer que Xn est un estimateur sans biais de m, puis qu'il est convergent.

  2. Rappeler pourquoi on estime σ2 par Sn2 et non par Vn. Calculer la valeur observée vn correspondant aux données de l'énoncé.

Partie B. L'intervalle de confiance.

  1. On suppose dans cette question seulement que σ est connu. Établir, à l'aide du théorème limite central, un intervalle de confiance asymptotique de m au niveau 1α.

  2. Expliquer pourquoi cet intervalle est inutilisable ici, et énoncer le résultat admis en cours qui permet de contourner la difficulté.

  3. En déduire l'intervalle de confiance asymptotique de m au niveau 0,95, puis au niveau 0,99, arrondis à 102. On donne 20014,1421.

Partie C. Dimensionner et interpréter.

  1. L'entreprise souhaite une demi-largeur de 0,5 heure au niveau 0,95. Combien de demandes doit-elle relever, à écart-type estimé inchangé ?

  2. Un cadre de l'entreprise déclare : « il y a 95 % de chances que le temps de réponse moyen soit entre 23,35 et 25,85 heures ». Corriger cette phrase, puis préciser ce que le mot « asymptotique » retire à la garantie annoncée.

Exercice 30 ★★★★Sondage : marge d'erreur et taille de l'échantillon

Intervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite centralIntervalle de confiance obtenu par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev

Un institut interroge n personnes tirées au hasard avec remise dans une population. Une proportion inconnue p]0,1[ soutient un projet. Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], on pose Xi=1 si la i-ième personne interrogée soutient le projet et Xi=0 sinon, et l'on note

Fn=1ni=1nXi

la fréquence observée de soutiens.

Partie A. La marge d'erreur.

  1. Donner la loi de X1, puis E(Fn) et V(Fn).

  2. Montrer que p(1p)14 pour tout p]0,1[.

  3. À l'aide du théorème limite central et de la majoration précédente, établir que l'intervalle de demi-largeur uα2n centré en Fn est un intervalle de confiance asymptotique de p au niveau 1α.

  4. En déduire la « marge d'erreur » au niveau 0,95 pour n=1000, exprimée en points de pourcentage. On donne 100031,6228. Retrouve-t-on l'ordre de grandeur habituellement annoncé avec les sondages ?

Partie B. Combien de personnes interroger ?

  1. Déterminer la taille minimale de l'échantillon garantissant une marge de 1 point au niveau 0,95.

  2. Reprendre ce calcul de taille avec l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev au lieu du théorème limite central, et comparer les deux tailles obtenues en donnant leur rapport.

Partie C. Un résultat serré. On observe n=1000 et fn=0,52.

  1. Donner l'intervalle de confiance asymptotique de p au niveau 0,95, d'abord avec la majoration par 14, puis en estimant p(1p) par fn(1fn). Commenter l'écart. On donne 0,24960,49960.

  2. L'institut peut-il annoncer que le projet est majoritairement soutenu ?

Exercice 31 ★★★Estimation dans une loi géométrique

Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesSuite d'estimateurs convergente

Un joueur répète une même épreuve jusqu'à obtenir son premier succès. Le nombre d'essais nécessaires suit la loi G(p), où p]0,1[ est inconnu. On observe n parties indépendantes, modélisées par un échantillon (X1,,Xn) de variables indépendantes suivant toutes la loi G(p).

Partie A. Estimer 1p, puis p.

  1. Rappeler l'espérance et la variance de X1.

  2. Montrer que Xn est un estimateur sans biais et convergent de 1p, et donner sa variance.

  3. En déduire un estimateur Tn de p, puis justifier soigneusement qu'il est convergent.

  4. Peut-on affirmer que Tn est sans biais ? On traitera le cas n=1 à l'aide du développement en série entière k=1+xkk=ln(1x), valable pour x]1,1[, et l'on prendra p=12. On donne ln20,693.

Partie B. Un intervalle de confiance.

  1. L'écart-type de X1 étant inconnu, écrire l'intervalle de confiance asymptotique de 1p au niveau 0,95 obtenu en remplaçant cet écart-type par Sn.

  2. En déduire un intervalle de confiance asymptotique de p au niveau 0,95. On justifiera le renversement des inégalités par la décroissance de x1x sur ]0,+[, en précisant la condition nécessaire à ce passage.

  3. Application numérique : on observe n=100 parties, xn=4 et sn=3,4. Donner les deux intervalles, arrondis à 103.

  4. Conclure sur l'ordre de grandeur de p et sur la précision obtenue avec 100 parties.

Exercice 32 ★★★Estimer un écart-type : le biais de la racine

Estimation de la variance : variance empirique et variance empirique corrigéeBiais : estimateur sans biais, estimateur asymptotiquement sans biais

Soit (X1,,Xn) un échantillon de variables aléatoires indépendantes, de même loi, d'espérance m et d'écart-type σ>0, avec n2. On rappelle la variance empirique corrigée

Sn2=1n1i=1n(XiXn)2,Sn=Sn2

On sait que Sn2 est un estimateur sans biais de σ2. La question de cet exercice est simple à poser : Sn est-il un estimateur sans biais de σ ? On admet que Sn admet une espérance et une variance.

Partie A. Le sens du biais.

  1. Rappeler pourquoi E(Sn2)=σ2, en partant de E(Vn)=n1nσ2.

  2. Appliquer la formule de König-Huygens à la variable Sn et en déduire que E(Sn)2=σ2V(Sn).

  3. En déduire le signe du biais bσ(Sn), puis énoncer la conclusion en français. Préciser le cas d'égalité.

  4. Expliquer pourquoi ce raisonnement n'utilise que des résultats du cours, et pourquoi il ne donne pas la valeur du biais.

Partie B. Un biais qui s'efface.

  1. Montrer que 0σE(Sn)V(Sn)σ. En admettant que V(Sn)n+0, conclure.

Partie C. Sur des données.

  1. Un relevé de n=6 valeurs donne 10, 12, 9, 13, 11, 11. Calculer x6, s62 et s6. On donne 21,414. Dire ensuite ce que l'on peut affirmer, et ce que l'on ne peut pas affirmer, au sujet de σ.

  2. Question de recul : peut-on disposer à la fois d'un estimateur sans biais de σ2 et, en prenant sa racine, d'un estimateur sans biais de σ ? Répondre en une phrase justifiée par ce qui précède.

Exercice 33 ★★★★Convergence en probabilité : sommes, produits et fonctions continues

Convergence en probabilité d'une suite de variables aléatoiresLien entre convergence en probabilité et convergence en loi

Toutes les variables aléatoires de cet exercice sont définies sur un même espace probabilisé (Ω,A,P), et a, b, c désignent des réels.

Partie A. Opérations sur la convergence en probabilité. On suppose dans cette partie que Xnn+Pa et Ynn+Pb.

1. Soit ε>0. Démontrer, en raisonnant par contraposée à l'aide de l'inégalité triangulaire, que pour tout entier n1 :

(Xn+Ynabε)(Xnaε2)(Ynbε2)

2. En déduire, par croissance puis sous-additivité de la probabilité, que Xn+Ynn+Pa+b.

3. Soit λ un réel. Démontrer que λXnn+Pλa, en traitant d'abord le cas λ0, puis le cas λ=0.

4. On admet le théorème de composition : si Znn+P, où est un réel, et si g est une fonction continue en , alors g(Zn)n+Pg(). En déduire que Xn2n+Pa2.

5. Vérifier que xy=14((x+y)2(xy)2) pour tous réels x et y, puis en déduire que XnYnn+Pab.

Partie B. Lien avec la convergence en loi, et application.

6. Soit (Zn) une suite de variables aléatoires telle que Znn+Pc, et soit Z la variable aléatoire constante égale à c. Expliciter FZ, puis démontrer que FZn(x)FZ(x) pour tout réel x>c, puis pour tout réel x<c. Conclure.

7. Expliquer pourquoi le point x=c est exclu de cette vérification, et le confirmer sur l'exemple des variables certaines Zn=c+1n.

8. Donner un contre-exemple montrant que la réciproque de la question 6. est fausse lorsque la limite n'est pas une constante.

9. Soit (X1,,Xn) un échantillon d'une variable aléatoire d'espérance m, de variance σ2 et admettant un moment d'ordre 4. Démontrer que 1ni=1nXi2n+Pm2+σ2.

10. En déduire que la variance empirique Vn=1ni=1n(XiXn)2 converge en probabilité vers σ2.

Exercice 34 ★★★★Durée de vie d'un composant : étude complète

Estimation d'un paramètre dans les lois usuellesIntervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite centralSuite d'estimateurs convergente

Un fabricant teste n composants électroniques indépendants. La durée de vie d'un composant, exprimée en milliers d'heures, suit la loi E(λ), où le réel λ>0 est inconnu. On note (X1,,Xn) l'échantillon des durées de vie observées et Xn=1ni=1nXi. Le fabricant cherche à estimer la durée de vie moyenne θ=1λ. On rappelle u0,051,96.

Partie A. Estimation ponctuelle.

1. Rappeler E(X1), V(X1) et l'écart-type de X1 en fonction de θ. Quelle particularité de la loi exponentielle apparaît ?

2. Montrer que Xn est un estimateur sans biais de θ, puis que (Xn) est une suite d'estimateurs convergente de θ.

3. Montrer que 1Xnn+Pλ. Expliquer pourquoi on ne peut rien dire de simple sur le biais de cet estimateur de λ ; on pourra examiner la variable Z prenant les valeurs 1 et 3 avec la probabilité 12 chacune.

Partie B. Intervalle de confiance.

4. Énoncer le théorème limite central pour Xn dans ce modèle, en tenant compte de la question 1.

5. On admet que le remplacement de θ par Xn au dénominateur ne modifie pas la loi limite. En déduire que n(Xnθ)Xnn+LN(0,1), puis que [Xn(1uαn),Xn(1+uαn)] est un intervalle de confiance asymptotique de θ au niveau 1α.

6. Le fabricant a testé n=400 composants et observé une durée de vie moyenne de 2,5 milliers d'heures. Donner l'intervalle de confiance asymptotique de θ au niveau 0,95, arrondi à 103.

7. En déduire un intervalle de confiance asymptotique de λ au même niveau.

8. Combien de composants faut-il tester pour que la demi-largeur relative de cet intervalle, au niveau 0,95, soit d'au plus 2 % ?

Partie C. Fiabilité d'un système en série.

9. Dix composants indépendants, de même loi E(λ), sont montés en série : le système tombe en panne dès la première défaillance. Déterminer la loi de la durée de vie T du système, puis E(T).

10. Donner la valeur de E(T) en heures pour θ=2,5, et commenter ce résultat pour le fabricant.

Exercice 35 ★★★★Marche aléatoire : de Bienaymé-Tchebychev au théorème limite central

Théorème limite centralConvergence en loi : définition par les fonctions de répartition

Un mobile part de l'origine et effectue n pas indépendants sur une droite graduée. Chaque pas vaut +1 avec la probabilité 12 et 1 avec la probabilité 12. On note εi le i-ième pas et Sn=i=1nεi la position du mobile après n pas. On donne Φ(3)0,99865, Φ(2)0,9772, Φ(1,9)0,9713 et u0,051,96.

Partie A. Ce que dit l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.

1. Déterminer E(ε1) et V(ε1), puis en déduire E(Sn) et V(Sn).

2. Démontrer que Snnn+P0 et interpréter ce résultat : le mobile ne dérive pas.

3. Majorer P(Sn3n) à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. Que remarque-t-on sur cette majoration ?

Partie B. Ce que dit le théorème limite central.

4. Énoncer le théorème limite central dans ce cadre.

5. En déduire une valeur approchée de P(Sn3n) pour n grand. Comparer avec la question 3. dans un petit tableau, puis commenter l'écart obtenu.

6. Déterminer le réel c>0 tel que P(Sncn)0,95.

7. En déduire l'ordre de grandeur de la distance à l'origine après n=10000 pas, et la comparer à n.

Partie C. Le point de vue binomial.

8. On note Nn le nombre de pas effectués vers la droite. Justifier la relation Sn=2Nnn, préciser la loi de Nn, et retrouver ainsi E(Sn) et V(Sn).

9. Calculer une valeur approchée de P(S10020) à l'aide de l'approximation normale. Affiner ensuite le calcul par une correction de continuité (hors programme ECG, proposée ici pour mesurer l'erreur commise), en remarquant que S100 ne prend que des valeurs paires.

10. Conclure par une phrase expliquant ce que le facteur n signifie concrètement pour le mobile.

Exercice 36 ★★★★Assurance : convergences et estimation sur un portefeuille

Théorème limite centralIntervalle de confiance asymptotique obtenu par le théorème limite centralEstimation de l'espérance par la moyenne empirique

Une compagnie assure n contrats indépendants. Le coût annuel du contrat i est une variable aléatoire Xi, les Xi étant indépendantes, de même loi, d'espérance m et d'écart-type σ. On note Sn=X1++Xn le coût total de l'année et Xn=Snn. On donne Φ(2,33)0,9901 et u0,051,96.

Partie A. La prime pure ne suffit pas. La compagnie encaisse une prime c par contrat, donc nc au total.

1. On suppose c<m. Démontrer que P(Xn>c)1, puis que le déficit de la compagnie dépasse n×mc2 avec une probabilité tendant vers 1. Conclure.

2. On suppose c>m. Adapter le raisonnement précédent et conclure.

3. On suppose c=m. Expliquer pourquoi la loi faible des grands nombres ne permet pas de conclure, puis montrer à l'aide du théorème limite central que P(Sn>nm)12. Commenter.

Partie B. La réserve et le chargement de sécurité. On prend m=300 euros, σ=900 euros et n=10000 contrats.

4. Déterminer, à l'aide du théorème limite central, le montant R tel que P(SnR)0,99.

5. En déduire la prime unitaire à facturer et sa décomposition en prime pure et chargement de sécurité.

6. Vérifier que le chargement de sécurité par contrat décroît en 1n.

7. Reprendre le calcul du chargement pour n=40000 contrats et commenter ce que cela dit de la mutualisation.

Partie C. Quand m et σ sont inconnus. Ils sont estimés sur les données de l'année écoulée : n=10000 contrats, coût moyen observé xn=296 euros, écart-type empirique corrigé observé sn=880 euros.

8. Donner un intervalle de confiance asymptotique de m au niveau 0,95.

9. La valeur m=300 retenue en partie B est-elle compatible avec les données ? Comparer la précision obtenue au chargement de sécurité de la question 5.

10. Discuter honnêtement les hypothèses du modèle, en particulier ce qui se passerait en cas d'événement climatique touchant tous les contrats simultanément.

Bloqué sur « Probabilités : convergences et estimation » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.