ECG approfondies · Chapitre 10 · Troisième semestre

Exercices — Algèbre linéaire et bilinéaire

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★★Sommes directes dans R3

Sommes de sous-espaces vectoriels, sommes directes, bases adaptées et concaténation de bases

Dans R3, on considère les sous-espaces vectoriels suivants :

F=Vect((1,0,1)),G=Vect((1,1,0),(0,1,1)), H={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=0},D=Vect((1,1,1)).

1. Montrer que G est un plan de R3 et en donner une base.

2. Déterminer FG, et en déduire que la somme F+G est directe.

3. Montrer, par un argument de dimension, que FG=R3. Donner une base de R3 adaptée à cette somme directe.

4. Décomposer explicitement le vecteur u=(2,3,4) sous la forme u=f+g avec fF et gG. Pourquoi cette écriture est-elle la seule possible ?

5. Montrer que R3=HD.

6. On considère maintenant trois droites vectorielles D1, D2, D3 contenues dans un même plan de R3. Montrer, sur un exemple précis, que la condition « les sous-espaces sont deux à deux d'intersection nulle » ne suffit PAS à garantir que la somme D1+D2+D3 est directe.

Exercice 2 ★★★Trace : premiers calculs et proprietes

Trace d'une matrice carrée : linéarité, Tr(AB) = Tr(BA), invariance par similitude

1. Calculer la trace de chacune des matrices suivantes.

a. A=(3524)

b. B=(2712)

c. C=(102314052)

d. D=(310027111)

2. On pose M=(1102) et N=(0110). Calculer MN et NM. Vérifier que MNNM, que Tr(MN)=Tr(NM), et constater que Tr(MN)Tr(M)Tr(N).

3. Montrer que Tr est une application linéaire de Mn(R) dans R, puis déterminer la dimension de son noyau.

4. Soit A=(120031201) et P=(100110001). Vérifier que P est inversible d'inverse P1=(100110001), puis vérifier par le calcul que Tr(P1AP)=Tr(A).

5. Soit AMn(R) telle que Tr(tAA)=0. Montrer que A=0. On commencera par calculer le coefficient diagonal général de tAA.

Exercice 3 ★★★★Matrice de passage et coordonnees dans une nouvelle base

Matrices de passage et formules de changement de base

On note B=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et on pose

u1=(1,1,0),u2=(0,1,1),u3=(1,0,1).

1. Montrer que B=(u1,u2,u3) est une base de R3.

2. Écrire la matrice de passage P=PB,B de B à B.

3. Calculer P1 par le pivot de Gauss, en détaillant les opérations.

4. Déterminer les coordonnées de v=(3,2,5) dans la base B, puis vérifier la réponse en recalculant v.

5. Un vecteur w a pour coordonnées (2,1,3) dans B. Donner ses coordonnées dans B.

6. Justifier le sens de la formule XB=PXB, et expliquer pourquoi ce n'est pas l'égalité inverse.

Exercice 4 ★★★Reconnaitre un vecteur propre, lire le spectre d'une matrice triangulaire

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectreRecherche pratique des éléments propres : système (A - lambda I)X = 0, pivot, matrices triangulaires

1. Soit A=(211121112). Pour chacun des vecteurs

X1=t(1,1,1),X2=t(1,1,0),X3=t(1,1,0),

dire s'il est vecteur propre de A, et donner la valeur propre associée le cas échéant.

2. Donner, sans calcul, le spectre des matrices suivantes, en justifiant par le cours.

a. T1=(1502)

b. T2=(300730210)

c. T3=(214023002)

d. T4=(012034006)

3. Soit MMn(R). Montrer que 0 est valeur propre de M si et seulement si M n'est pas inversible.

4. Soit MMn(R), λSp(M) et X un vecteur propre associé à λ. Montrer que pour tout entier k1, MkX=λkX. En déduire que λ2+3λ est valeur propre de M2+3M.

5. Pourquoi le vecteur nul n'est-il jamais un vecteur propre ? Que se passerait-il si on l'autorisait ?

Exercice 5 ★★★★Elements propres de matrices carrees d'ordre 2

Recherche pratique des éléments propres : système (A - lambda I)X = 0, pivot, matrices triangulairesValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectre

Pour chacune des matrices suivantes, déterminer le spectre, puis une base de chaque sous-espace propre. On résoudra à chaque fois le système (MλI2)X=0 par le pivot de Gauss, en traitant λ comme un paramètre : on cherche les valeurs de λ pour lesquelles ce système admet des solutions autres que la solution nulle. On vérifiera systématiquement chaque valeur propre trouvée en recalculant MX.

a. A=(1232)

b. B=(3103)

c. C=(5005)

d. D=(2112)

e. Pour chacune des quatre matrices, calculer la somme des dimensions de ses sous-espaces propres. Que peut-on en conclure ?

Exercice 6 ★★★★Diagonaliser une matrice carree d'ordre 2

Critères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréeRecherche pratique des éléments propres : système (A - lambda I)X = 0, pivot, matrices triangulaires

On considère la matrice

A=(4213).

1. Déterminer Sp(A).

2. Donner une base de chaque sous-espace propre de A.

3. En déduire que A est diagonalisable, et écrire une matrice P inversible et une matrice D diagonale telles que P1AP=D.

4. Vérifier la réponse en calculant AP et PD. Pourquoi cette vérification évite-t-elle de calculer P1 ?

5. Calculer P1, puis vérifier directement que P1AP=D.

6. Expliquer pourquoi le couple (P,D) n'est pas unique, et en donner un autre valide.

Exercice 7 ★★★★Reconnaitre un produit scalaire

Produit scalaire, norme associée, inégalité de Cauchy-Schwarz, théorème de Pythagore

Pour chacune des applications suivantes, dire s'il s'agit d'un produit scalaire. Si oui, vérifier les quatre points de la définition (bilinéarité, symétrie, positivité, caractère défini) ; si non, donner un contre-exemple précis.

Dans les cas a. à e., on note x=(x1,x2) et y=(y1,y2) les éléments de R2, et x=(x1,x2,x3), y=(y1,y2,y3) ceux de R3.

a. Sur R2 : φ(x,y)=x1y1+3x2y2.

b. Sur R2 : φ(x,y)=x1y1x2y2.

c. Sur R2 : φ(x,y)=x1y1+x1y2+x2y1+2x2y2 (on mettra φ(x,x) sous forme d'une somme de carrés).

d. Sur R3 : φ(x,y)=x1y1+x2y2.

e. Sur R2 : φ(x,y)=x1y2+x2y1.

f. Sur R1[X] : φ(P,Q)=P(0)Q(0)+P(1)Q(1).

g. On considère plus généralement, sur Rn[X], l'application φ(P,Q)=i=1mP(ai)Q(ai), où a1,,am sont des réels deux à deux distincts. Pourquoi faut-il au moins n+1 points d'évaluation ?

Exercice 8 ★★★Familles orthogonales et orthonormees de R3

Familles orthogonales et orthonormées, bases orthonormées, orthonormalisation

On munit R3 de son produit scalaire canonique, défini par x,y=x1y1+x2y2+x3y3. On pose

u1=(1,1,1),u2=(1,1,0),u3=(1,1,2).

1. Vérifier que (u1,u2,u3) est une famille orthogonale.

2. En déduire, en citant le théorème du cours, qu'elle est libre, puis que c'est une base de R3.

3. Calculer u1, u2 et u3, et en déduire une base orthonormée (e1,e2,e3) de R3.

4. Vérifier le théorème de Pythagore sur u1+u2, puis sur u1+u2+u3.

5. Donner les coordonnées de v=(3,0,3) dans la base orthonormée (e1,e2,e3) en utilisant la formule v=i=13v,eiei, puis vérifier que v2=i=13v,ei2.

6. Montrer directement, sans citer le cours, qu'une famille orthogonale de vecteurs non nuls est libre.

Exercice 9 ★★★Sommes directes dans les espaces de polynomes et de matrices

Sommes de sous-espaces vectoriels, sommes directes, bases adaptées et concaténation de bases

Partie A. Dans M2(R), on note

S={MM2(R)  ;  tM=M}etA={MM2(R)  ;  tM=M}

les ensembles des matrices symétriques et des matrices antisymétriques d'ordre 2.

1. Démontrer que S et A sont des sous-espaces vectoriels de M2(R).

2. Déterminer une base de S et une base de A, puis en déduire dimS et dimA.

3. Démontrer par analyse-synthèse que M2(R)=SA.

4. Décomposer explicitement la matrice M=(1514) dans cette somme directe.

5. Écrire une base de M2(R) adaptée à la somme directe SA, et donner les coordonnées de M dans cette base.

Partie B. Dans R3[X], on pose F=Vect(1,X2) et G=Vect(X,X3).

6. Démontrer que R3[X]=FG.

7. Décomposer le polynôme P=2X3X2+4X5 dans cette somme directe.

Partie C. Dans R3[X], on pose H={PR3[X]  ;  P(1)=0}.

8. Démontrer que H est un sous-espace vectoriel de R3[X], en donner une base et préciser dimH.

9. Démontrer que l'ensemble Vect(1) des polynômes constants est un supplémentaire de H dans R3[X], et écrire la décomposition d'un polynôme quelconque de R3[X] dans cette somme directe.

Exercice 10 ★★★★Matrice d'un endomorphisme dans deux bases

Matrices de passage et formules de changement de baseMatrices semblables et invariants de similitude

On note B=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et on considère l'endomorphisme f de R3 défini par

f(x,y,z)=(2x+yz, x+3yz, x+y+z)

On pose enfin

u1=(1,1,1),u2=(1,0,1),u3=(0,1,1)

1. Écrire la matrice A=MatB(f).

2. Démontrer que B=(u1,u2,u3) est une base de R3.

3. Écrire la matrice de passage P=PB,B et calculer P1 par le pivot de Gauss.

4. Calculer f(u1), f(u2) et f(u3), exprimer chacune de ces images dans la base B, et en déduire directement A=MatB(f).

5. Vérifier par le calcul matriciel la formule de changement de base A=P1AP.

6. Conclure que A et A sont semblables. Donner deux invariants de similitude qu'elles partagent, et les vérifier numériquement sur les deux matrices.

Exercice 11 ★★★★Elements propres d'une matrice d'ordre 3 par le pivot

Recherche pratique des éléments propres : système (A - lambda I)X = 0, pivot, matrices triangulaires

On considère la matrice

A=(311131113)

1. Déterminer le spectre de A. On écrira le système (AλI3)X=0 d'inconnue X=t(x,y,z), et on l'échelonnera par le pivot de Gauss en traitant λ comme un paramètre : toutes les opérations élémentaires devront être écrites, ainsi que la disjonction des cas.

2. Donner une base de chaque sous-espace propre et préciser sa dimension.

3. Vérifier que la somme des dimensions des sous-espaces propres vaut 3.

4. Calculer Tr(A) et constater qu'elle est égale à la somme des valeurs propres, chacune comptée autant de fois que la dimension du sous-espace propre associé. Expliquer pourquoi ce constat est un moyen de vérification et non une démonstration.

5. Sans reprendre le pivot, déterminer le spectre de A3I3, puis celui de A2.

Exercice 12 ★★★★Diagonaliser une matrice d'ordre 3

Critères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréePropriétés du spectre : familles de vecteurs propres, somme directe des sous-espaces propres

On considère la matrice

A=(110020112)

1. Déterminer le spectre de A en résolvant le système (AλI3)X=0 par le pivot de Gauss, λ étant traité comme un paramètre.

2. Déterminer une base de chaque sous-espace propre.

3. Démontrer que R3 est la somme directe des sous-espaces propres de A, et en déduire que A est diagonalisable.

4. Écrire une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que P1AP=D. On précisera le lien entre l'ordre des colonnes de P et l'ordre des coefficients de D.

5. Vérifier l'égalité obtenue sous la forme AP=PD, qui évite de calculer P1.

6. Calculer P1 et vérifier directement que P1AP=D.

7. Que devient la matrice D si l'on permute deux colonnes de P ?

Exercice 13 ★★★★Une matrice non diagonalisable

Critères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréeValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectre

On considère les deux matrices

A=(110010002)etB=(200120013)

1. Donner le spectre de chacune de ces deux matrices sans aucun calcul de système.

2. Déterminer les sous-espaces propres de A et leurs dimensions. En déduire que A n'est pas diagonalisable.

3. Mener le même travail pour B.

4. Rédiger une seconde démonstration du fait que A n'est pas diagonalisable, par l'absurde : si A était diagonalisable, elle serait semblable à une matrice diagonale D que l'on identifiera, et l'on obtiendra une contradiction en comparant les rangs de AI3 et de DI3.

5. Donner un exemple de deux matrices non diagonalisables dont la somme est diagonalisable.

6. Une matrice non inversible peut-elle être diagonalisable ? Justifier par un exemple, et examiner aussi la question réciproque.

Exercice 14 ★★★★Polynome annulateur : spectre et inverse

Polynômes annulateurs : localisation des valeurs propres, inversibilité

On considère la matrice

A=(011101110)

1. Calculer A2 et vérifier que A2=A+2I3.

2. En déduire un polynôme annulateur de A, puis démontrer que Sp(A){1,2}.

3. Démontrer que A est inversible et calculer A1 à partir de la relation de la question 1.

4. Déterminer les sous-espaces propres E1 et E2, puis conclure que les deux valeurs 1 et 2 sont effectivement des valeurs propres de A.

5. Donner un exemple de matrice pour laquelle une racine d'un polynôme annulateur n'est pas valeur propre. Expliquer pourquoi l'inclusion de la question 2. est en général stricte.

6. Démontrer par récurrence qu'il existe deux suites réelles (an) et (bn) telles que An=anA+bnI3 pour tout entier naturel n. Donner leurs relations de récurrence, puis calculer an et bn explicitement.

Exercice 15 ★★★Projecteurs et symetries : diagonalisabilite par polynome annulateur

Polynômes annulateurs : localisation des valeurs propres, inversibilitéCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréeTrace d'une matrice carrée : linéarité, Tr(AB) = Tr(BA), invariance par similitude

Partie A. Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie n1, et soit p un endomorphisme de E vérifiant pp=p.

1. Démontrer que Sp(p){0,1}.

2. Démontrer que Imp=Ker(pidE), puis que E=KerpImp. Pour la somme directe, on partira de l'écriture x=(xp(x))+p(x).

3. En déduire que p est diagonalisable et décrire sa matrice dans une base adaptée.

4. En déduire que Tr(p)=rg(p).

Partie B. On considère la matrice

M=13(111111111)

5. Vérifier que M2=M.

6. Déterminer KerM et ImM, préciser leurs dimensions, et vérifier que Tr(M)=rg(M).

7. Diagonaliser explicitement M : donner une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que P1MP=D.

Partie C. Soit s un endomorphisme de E vérifiant ss=idE.

8. Démontrer que Sp(s){1,1}, puis que E=Ker(sidE)Ker(s+idE), en partant de l'écriture x=12(x+s(x))+12(xs(x)). Conclure que s est diagonalisable.

9. Application : on prend s=2pidE, où p est l'endomorphisme de R3 de matrice M dans la base canonique. Vérifier que ss=idE, écrire la matrice de s dans la base canonique et donner son spectre.

Exercice 16 ★★★Une matrice de rang 1 : spectre et diagonalisabilite

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectreTrace d'une matrice carrée : linéarité, Tr(AB) = Tr(BA), invariance par similitudeCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carrée

On considère la colonne et la ligne

C=t(1,2,1)M3,1(R),L=(2,1,3)M1,3(R),

et on pose A=CLM3(R), produit d'une colonne par une ligne.

1. Calculer explicitement la matrice A, puis vérifier que rg(A)=1.

2. Dans cette question, n est un entier supérieur ou égal à 2, CMn,1(R) et LM1,n(R) sont deux matrices non nulles, et A=CL.

a. Justifier que LC est une matrice à une ligne et une colonne, que l'on identifiera au réel qu'elle contient, puis montrer que A2=(LC)A.

b. Montrer que LC=Tr(A).

c. Vérifier ces deux résultats sur l'exemple de l'énoncé, par le calcul direct de A2.

3. En déduire un polynôme annulateur de A. Rappeler et démontrer que toute valeur propre d'une matrice est racine de tout polynôme annulateur de cette matrice, et en déduire l'inclusion Sp(A){0,Tr(A)}.

4. Revenons à la matrice de l'énoncé.

a. Déterminer KerA et en donner une base. Retrouver sa dimension par le théorème du rang.

b. Vérifier que C est un vecteur propre de A associé à la valeur propre Tr(A), puis déterminer complètement le sous-espace propre correspondant.

c. En déduire Sp(A).

5. Montrer que A est diagonalisable, et donner une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que P1AP=D. Vérifier la relation obtenue sous la forme AP=PD.

6. On revient au cas général de la question 2, avec C et L non nulles et A=CL.

a. Montrer que si Tr(A)0, alors A est diagonalisable.

b. Montrer que si Tr(A)=0, alors A n'est pas diagonalisable.

c. Donner un exemple explicite, dans M2(R), d'une matrice de rang 1 non diagonalisable.

7. Calculer An pour tout entier n1, d'abord dans le cas général en fonction de A et de Tr(A), puis pour la matrice de l'énoncé.

Exercice 17 ★★★★Calculer les puissances d'une matrice par diagonalisation

Puissances d'une matrice diagonalisable, suites récurrentes couplées et linéairesCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carrée

On considère les deux matrices

A=(2112)M2(R),B=(100120113)M3(R).

Partie A. La matrice A

1. Déterminer les valeurs propres de A en résolvant le système (AλI2)X=0 avec λ pour paramètre, puis déterminer les sous-espaces propres.

2. En déduire une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que P1AP=D. Vérifier que P2=2I2 et en déduire P1 sans aucun calcul supplémentaire.

3. Calculer An pour tout entier n0, tous les coefficients étant explicités en fonction de n. Vérifier le résultat pour n=0, n=1 et n=2.

Partie B. La matrice B

4. Justifier sans calcul que Sp(B)={1,2,3}, puis que B est diagonalisable.

5. Déterminer les trois sous-espaces propres de B, en déduire P et D telles que P1BP=D, et calculer P1 en résolvant un système.

6. Calculer Bn pour tout entier n0. Vérifier le résultat pour n=1 et n=2.

7. Déterminer la limite de 13nBn lorsque n tend vers +, coefficient par coefficient.

Partie C. Pourquoi la formule marche

8. Démontrer proprement par récurrence que si A=PDP1, alors An=PDnP1 pour tout entier n0.

9. Expliquer pourquoi on n'a pas, en général, An=PnDn(P1)n, et le vérifier sur la matrice A de la partie A avec n=2.

Exercice 18 ★★★★Deux suites couplees et leur expression explicite

Puissances d'une matrice diagonalisable, suites récurrentes couplées et linéairesCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carrée

On définit deux suites réelles (un)nN et (vn)nN par u0=1, v0=0 et, pour tout entier n0,

{un+1=3un+vnvn+1=2un+2vn

1. On pose Xn=(unvn). Déterminer la matrice AM2(R) telle que Xn+1=AXn pour tout n, puis démontrer par récurrence que Xn=AnX0 pour tout n0.

2. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de A, et en déduire P inversible et D diagonale telles que P1AP=D. Calculer P1.

3. Calculer An pour tout entier n0.

4. En déduire les expressions explicites de un et vn en fonction de n, puis les vérifier pour n=0, n=1 et n=2 en recalculant directement ces valeurs à l'aide des relations de récurrence.

5. Déterminer limn+unvn, et interpréter le résultat en termes de vecteur propre dominant.

6. Question de méthode. Sans utiliser la diagonalisation, on pose sn=unvn et tn=2un+vn.

a. Montrer que (sn) et (tn) sont géométriques, et préciser leurs raisons.

b. Retrouver ainsi les expressions de un et vn.

c. Faire le lien entre ces deux combinaisons et les vecteurs propres de A.

Exercice 19 ★★★Cauchy-Schwarz : inegalites classiques et cas d'egalite

Produit scalaire, norme associée, inégalité de Cauchy-Schwarz, théorème de Pythagore

Dans tout l'exercice, n désigne un entier supérieur ou égal à 1.

1. Énoncer l'inégalité de Cauchy-Schwarz dans un espace euclidien, ainsi que son cas d'égalité, et en rappeler la démonstration.

2. Soient a1,,an des réels quelconques. Démontrer que

(k=1nak)2nk=1nak2,

en précisant explicitement le produit scalaire et les deux vecteurs utilisés, puis caractériser le cas d'égalité.

3. Soient a1,,an des réels strictement positifs. Démontrer que

(k=1nak)(k=1n1ak)n2,

et caractériser le cas d'égalité. On pourra utiliser les vecteurs de coordonnées ak et 1ak.

4. On munit R2[X] du produit scalaire P,Q=01P(t)Q(t)dt. Majorer 01t(1+t)dt à l'aide de l'inégalité de Cauchy-Schwarz, puis comparer la majoration obtenue à la valeur exacte de cette intégrale.

5. Soit E un espace euclidien. Démontrer que pour tous x et y de E,

xyxy.

6. Vrai ou faux, avec justification. « Si x,y=xy, alors x et y sont colinéaires de même sens. »

Exercice 20 ★★★★Un produit scalaire sur les polynomes de degre au plus 2

Produit scalaire, norme associée, inégalité de Cauchy-Schwarz, théorème de PythagoreFamilles orthogonales et orthonormées, bases orthonormées, orthonormalisation

Sur l'espace vectoriel E=R2[X], de dimension 3, on pose

P,Q=01P(t)Q(t)dt.

1. Montrer que , est un produit scalaire sur E.

2. Calculer les six quantités suivantes.

a. 1,X

b. 1,X2

c. X,X2

d. 1

e. X

f. X2

3. Orthonormaliser la famille (1,X) par le procédé de Gram-Schmidt, puis vérifier que la famille obtenue est bien orthonormée.

4. Déterminer l'orthogonal de R0[X], sous-espace des polynômes constants, dans E : en donner une caractérisation simple portant sur P, une base, et la dimension.

5. Appliquer l'inégalité de Cauchy-Schwarz au couple (1,X) et vérifier numériquement l'inégalité obtenue.

Exercice 21 ★★★★Calculer l'orthogonal d'un sous-espace de R4

Supplémentaire orthogonal d'un sous-espace vectoriel et complétion en base orthonorméeEspaces euclidiens : coordonnées en base orthonormée, expression matricielle, matrices de passage orthogonales

On munit R4 de son produit scalaire canonique, défini pour x=(x1,x2,x3,x4) et y=(y1,y2,y3,y4) par

x,y=k=14xkyk=tXY,

X et Y désignent les colonnes de M4,1(R) associées à x et y. On pose

u1=(1,1,0,0),u2=(0,1,1,0),F=Vect(u1,u2).

1. Justifier que dimF=2.

2. Démontrer que, pour qu'un vecteur x appartienne à F, il suffit qu'il soit orthogonal à u1 et à u2.

3. Déterminer F en résolvant le système correspondant, en donner une base et la dimension, puis vérifier que dimF+dimF=4.

4. Vérifier que la concaténation d'une base de F et d'une base de F est une base de R4.

5. Décomposer le vecteur x=(1,2,3,4) sous la forme x=y+z avec yF et zF. Vérifier que y,z=0, puis que x2=y2+z2.

6. Déterminer (F) et commenter.

7. On pose G=Vect(u1). Déterminer G, le comparer à F, et énoncer la règle générale concernant l'orthogonal d'un sous-espace inclus dans un autre.

Exercice 22 ★★★Montrer que deux matrices ne sont pas semblables

Matrices semblables et invariants de similitudeTrace d'une matrice carrée : linéarité, Tr(AB) = Tr(BA), invariance par similitude

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul et toutes les matrices sont à coefficients réels.

1. Rappeler la définition de deux matrices semblables de Mn(R), puis démontrer que la similitude est une relation d'équivalence sur Mn(R).

2. Soient A et B deux matrices semblables de Mn(R). Démontrer les trois égalités suivantes.

a. rg(A)=rg(B).

b. Tr(A)=Tr(B).

c. Sp(A)=Sp(B).

Pour c., on écrira B=P1AP et l'on remarquera que si AX=λX avec X0, alors P1X est un vecteur propre de B.

3. Dans chacun des cas suivants, dire si les deux matrices proposées sont semblables, en justifiant soigneusement.

a. A1=(1002) et B1=(2001).

b. A2=(1101) et B2=I2.

c. Construire deux matrices de M3(R) ayant la même trace et le même rang, mais qui ne sont pas semblables.

d. A4=(0100) et B4=(0010).

4. Soient A et B deux matrices semblables de Mn(R). Démontrer que Ak et Bk sont semblables pour tout entier naturel k, puis que Q(A) et Q(B) sont semblables pour tout polynôme Q.

5. En déduire un critère supplémentaire de non-similitude, et l'appliquer aux deux matrices suivantes de M4(R) :

A5=(0100000000010000),B5=(0100001000000000).

On vérifiera d'abord que les critères de la question 2 ne permettent pas de conclure.

6. Déterminer toutes les matrices de Mn(R) semblables à In.

Exercice 23 ★★★★Reduction d'un endomorphisme de R3[X]

Réduction d'endomorphismes d'espaces de polynômes et de matricesCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carrée

On note E=R3[X] l'espace vectoriel des polynômes à coefficients réels de degré inférieur ou égal à 3, muni de sa base canonique B=(1,X,X2,X3). On définit l'application φ par

φ(P)=(X+1)PP.

1. Montrer que φ est un endomorphisme de E.

2. Calculer φ(1), φ(X), φ(X2) et φ(X3), puis écrire la matrice A de φ dans la base B.

3. Constater que A est triangulaire et en déduire Sp(φ) sans aucun calcul supplémentaire.

4. Justifier que φ est diagonalisable en citant le théorème utilisé.

5. Déterminer une base de chacun des sous-espaces propres de φ.

6. Écrire la matrice D de φ dans la base de vecteurs propres obtenue, ainsi que la matrice de passage P correspondante. Vérifier l'égalité AP=PD.

7. En déduire Kerφ et Imφ, puis résoudre l'équation φ(P)=X2, d'inconnue PE.

Exercice 24 ★★★Reduction de la transposition sur les matrices d'ordre 2

Réduction d'endomorphismes d'espaces de polynômes et de matricesCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréeSommes de sous-espaces vectoriels, sommes directes, bases adaptées et concaténation de bases

On note E=M2(R), muni de sa base canonique

B=(E1,1, E1,2, E2,1, E2,2),

Ei,j désigne la matrice dont tous les coefficients sont nuls sauf celui d'indice (i,j), égal à 1. On définit l'application φ sur E par

φ(M)=tM.

1. Montrer que φ est un endomorphisme de E et que φφ=idE.

2. En déduire un polynôme annulateur de φ, puis l'inclusion Sp(φ){1,1}.

3. Déterminer E1 et E1 : décrire ces ensembles, en donner une base et préciser leur dimension.

4. En déduire que E=E1E1 et que φ est diagonalisable.

5. Écrire la matrice T de φ dans la base canonique B, puis la matrice D de φ dans une base B adaptée à la somme directe précédente. Donner la matrice de passage P de B à B et vérifier TP=PD.

6. Vérifier que la trace de la matrice de φ vaut 31=2 dans les deux bases.

7. Généraliser à En=Mn(R) : dimensions des sous-espaces propres de la transposition et trace de cet endomorphisme.

Exercice 25 ★★★★Un endomorphisme de M2(R) construit avec la trace

Réduction d'endomorphismes d'espaces de polynômes et de matricesTrace d'une matrice carrée : linéarité, Tr(AB) = Tr(BA), invariance par similitudeCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carrée

On fixe la matrice

A=(1101)M2(R)

et l'on définit l'application φ:M2(R)M2(R) par

φ(M)=Tr(M)A.

On note B=(E1,1, E1,2, E2,1, E2,2) la base canonique de M2(R).

1. Montrer que φ est un endomorphisme de M2(R).

2. Déterminer Imφ et Kerφ, ainsi que leurs dimensions (on utilisera le théorème du rang, et l'on donnera une base de chacun).

3. Calculer φ(A) et en déduire une valeur propre non nulle de φ.

4. Montrer que φφ=2φ. En déduire un polynôme annulateur de φ, puis l'inclusion Sp(φ){0,2}.

5. Déterminer les sous-espaces propres de φ et leurs dimensions, puis conclure que φ est diagonalisable.

6. Écrire la matrice de φ dans la base canonique B et vérifier que sa trace vaut 2.

7. Que devient le résultat de la question 5 si l'on remplace A par une matrice de trace nulle ? Discuter la diagonalisabilité de φ dans ce cas.

Exercice 26 ★★★La matrice dont tous les coefficients valent 1

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectreCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréePuissances d'une matrice diagonalisable, suites récurrentes couplées et linéaires

Soit n un entier tel que n2 et soit JMn(R) la matrice dont tous les coefficients valent 1. On note (e1,,en) la base canonique de Mn,1(R) et

u=(111)=e1+e2++en.

1. Calculer J2. En déduire un polynôme annulateur de J, puis l'inclusion Sp(J){0,n}.

2. Déterminer rg(J), puis KerJ (on en donnera une base explicite de cardinal n1) et En.

3. Conclure que J est diagonalisable et écrire une matrice diagonale semblable à J.

4. Calculer Jk pour tout entier k1.

5. Soient a et b deux réels et M=aIn+bJ. Déterminer Sp(M), puis une condition nécessaire et suffisante sur a et b pour que M soit inversible.

6. Sous cette condition, déterminer deux réels α et β tels que M1=αIn+βJ.

7. Application numérique : n=3, a=2 et b=1. Donner M, Sp(M), M1 et Mk, et vérifier par le calcul que MM1=I3.

Exercice 27 ★★★Un endomorphisme nilpotent n'est diagonalisable que s'il est nul

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectrePolynômes annulateurs : localisation des valeurs propres, inversibilitéCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carrée

Partie A : étude théorique

Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie, avec E{0E}, et soit f un endomorphisme de E tel qu'il existe un entier p1 vérifiant fp=0 (on dit alors que f est nilpotent). On note fp=fff (p fois).

1. Montrer que Sp(f){0}.

2. Montrer que f n'est pas injectif, et en déduire que 0 est effectivement valeur propre de f.

3. Démontrer que f est diagonalisable si et seulement si f=0.

Partie B : étude d'un exemple

On pose

N=(012003000)M3(R).

4. Calculer N2 et N3, et conclure que N est nilpotente d'indice 3 (c'est-à-dire N3=0 et N20).

5. Déterminer KerN et vérifier que N n'est pas diagonalisable.

6. Montrer que I3+N est inversible et calculer son inverse à l'aide de N (on pourra développer le produit (I3+N)(I3N+N2)).

7. Calculer (I3+N)k pour tout entier k1 à l'aide de la formule du binôme, en justifiant qu'elle s'applique, et donner les coefficients explicitement.

8. Quel est le spectre de I3+N ? Cette matrice est-elle diagonalisable ?

Exercice 28 ★★★Reduction en dimension 4 avec une valeur propre double

Critères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréeRecherche pratique des éléments propres : système (A - lambda I)X = 0, pivot, matrices triangulairesPropriétés du spectre : familles de vecteurs propres, somme directe des sous-espaces propres

On considère la matrice

A=(1100020022122203)M4(R).

Pour λR, on note (Sλ) le système (AλI4)X=0, d'inconnue la colonne X=(x1,x2,x3,x4).

1. Déterminer Sp(A) en résolvant (Sλ) par la méthode du pivot, en détaillant la disjonction de cas.

2. Déterminer une base de chaque sous-espace propre de A.

3. Vérifier que la somme des dimensions des sous-espaces propres vaut 4, et que la concaténation des bases précédentes est une famille libre de R4.

4. Conclure que A est diagonalisable, écrire une matrice de passage P et la matrice diagonale D associée, puis vérifier l'égalité AP=PD.

5. Calculer Tr(A) et vérifier la cohérence avec le spectre obtenu.

6. Calculer An pour tout entier naturel n.

7. Déterminer rg ⁣(AI4) et faire le lien avec la dimension du sous-espace propre associé à la valeur propre double.

Exercice 29 ★★★★Orthonormaliser une famille et completer en base orthonormee

Familles orthogonales et orthonormées, bases orthonormées, orthonormalisationSupplémentaire orthogonal d'un sous-espace vectoriel et complétion en base orthonormée

On munit R3 de son produit scalaire canonique, défini pour x=(x1,x2,x3) et y=(y1,y2,y3) par x,y=x1y1+x2y2+x3y3. On pose

u1=(1,1,1),u2=(1,0,2),F=Vect(u1,u2).

1. Justifier que la famille (u1,u2) est libre et que dimF=2.

2. Orthonormaliser la famille (u1,u2) par le procédé de Schmidt. On détaillera les deux étapes (orthogonalisation, puis normalisation) et on vérifiera que la famille (e1,e2) obtenue est bien orthonormée.

3. Déterminer F : système d'équations, base, dimension.

4. Compléter (e1,e2) en une base orthonormée (e1,e2,e3) de R3.

5. Écrire la matrice de passage P de la base canonique à la base (e1,e2,e3) et vérifier que tPP=I3.

6. On pose v=(3,1,2). Donner les coordonnées de v dans la base (e1,e2,e3) à l'aide de la formule v=i=13v,eiei, puis vérifier que v2=i=13v,ei2.

7. En déduire la décomposition v=vF+vF associée à la somme directe R3=FF.

Exercice 30 ★★★Le produit scalaire trace sur les matrices carrees

Produit scalaire, norme associée, inégalité de Cauchy-Schwarz, théorème de PythagoreTrace d'une matrice carrée : linéarité, Tr(AB) = Tr(BA), invariance par similitudeSupplémentaire orthogonal d'un sous-espace vectoriel et complétion en base orthonormée

Sur l'espace vectoriel E=Mn(R), on pose, pour toutes matrices A et B de E,

A,B=Tr(tAB).

On note A=(ai,j)1i,jn et B=(bi,j)1i,jn.

1. En calculant le coefficient diagonal général de tAB, montrer que

A,B=i=1nj=1nai,jbi,j,

et en déduire que , est un produit scalaire sur Mn(R).

2. Exprimer A en fonction des coefficients de A, et calculer M pour M=(1234).

3. Montrer que la base canonique (Ei,j)1i,jn de Mn(R) est orthonormée pour ce produit scalaire.

4. On se place dans M2(R). On note S le sous-espace des matrices symétriques et A celui des matrices antisymétriques. Montrer que A=S et vérifier la relation dimS+dimA=4.

5. Décomposer M=(2513) selon la somme directe M2(R)=SA, et vérifier le théorème de Pythagore sur cette décomposition.

6. Écrire l'inégalité de Cauchy-Schwarz pour ce produit scalaire. En l'appliquant avec B=In, montrer que pour toute matrice A de Mn(R),

(Tr(A))2nTr(tAA),

et préciser le cas d'égalité.

7. Déterminer l'orthogonal, dans Mn(R), du sous-espace H des matrices de trace nulle.

Exercice 31 ★★★★Changement de base orthonormee et matrice de passage orthogonale

Espaces euclidiens : coordonnées en base orthonormée, expression matricielle, matrices de passage orthogonalesMatrices de passage et formules de changement de base

On munit R3 de son produit scalaire canonique et l'on note B=(ε1,ε2,ε3) sa base canonique, qui est orthonormée. On pose

e1=13(2,2,1),e2=13(2,1,2),e3=13(1,2,2).

1. Vérifier que B=(e1,e2,e3) est une base orthonormée de R3.

2. Écrire la matrice de passage P de B à B, vérifier que tPP=I3 et en déduire P1 sans aucun calcul d'inversion.

3. Soit v=(1,2,3). Déterminer ses coordonnées dans B de deux façons : par le produit P1X, puis par les produits scalaires v,ei. Vérifier que l'on obtient le même résultat.

4. Vérifier sur cet exemple que v2 se calcule de la même manière dans les deux bases, et expliquer pourquoi.

5. Soit f l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique est

A=(100020003).

Donner la matrice de f dans la base B sous la forme tPAP, en justifiant cette écriture.

6. Montrer, sur une base NON orthonormée de R3, que la formule x,y=tXY appliquée aux coordonnées est fausse.

Exercice 32 ★★★★Le commutant d'une matrice a valeurs propres distinctes

Critères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréeValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectrePropriétés du spectre : familles de vecteurs propres, somme directe des sous-espaces propres

Pour une matrice NM3(R), on appelle commutant de N l'ensemble

C(N)={MM3(R)  ;  NM=MN}.

On étudie d'abord le cas de la matrice diagonale

A=(100020003).

1. Montrer que C(A) est un sous-espace vectoriel de M3(R) contenant I3, A et A2.

2. Déterminer C(A) par le calcul direct : écrire les coefficients de AM et de MA, montrer que C(A) est exactement l'ensemble des matrices diagonales et donner sa dimension.

3. Montrer que la famille (I3,A,A2) est libre, et en déduire que C(A)=Vect(I3,A,A2).

4. Soit maintenant BM3(R) possédant trois valeurs propres distinctes λ1, λ2, λ3, de vecteurs propres respectifs X1, X2, X3. Montrer que si M commute avec B, alors MXi=μiXi pour un certain réel μi, et ce pour chaque i.

5. En déduire que toute matrice de C(B) est diagonalisable dans la même base que B, puis que dimC(B)=3.

6. Application. Résoudre dans M3(R) l'équation M2=A. On montrera d'abord que toute solution commute avec A, puis on établira qu'il y a exactement 8 solutions, que l'on écrira toutes.

Exercice 33 ★★★★Vecteurs propres associes a des valeurs propres distinctes

Propriétés du spectre : familles de vecteurs propres, somme directe des sous-espaces propresValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres et spectre

Dans tout l'exercice, E désigne un espace vectoriel réel de dimension finie n1 et f un endomorphisme de E. L'objectif est de démontrer les théorèmes structurels du chapitre, puis de les appliquer.

1. Soient x1,,xp des vecteurs propres de f associés à des valeurs propres λ1,,λp DEUX À DEUX DISTINCTES. Démontrer par récurrence sur p que la famille (x1,,xp) est libre.

2. En déduire que f admet au plus n valeurs propres.

3. Généraliser : pour chaque i, on se donne une famille LIBRE Fi de vecteurs de Eλi, les λi étant deux à deux distincts. Montrer que la famille obtenue en concaténant F1,,Fp est encore libre.

4. En déduire que les sous-espaces propres de f sont en somme directe, puis l'inégalité

λSp(f)dimEλdimE.

5. Démontrer le critère de diagonalisation : f est diagonalisable si et seulement si λSp(f)dimEλ=dimE.

6. Application 1. Soit f un endomorphisme de R3 admettant trois valeurs propres distinctes. Montrer, sans aucun calcul matriciel, que tout endomorphisme g commutant avec f admet les vecteurs propres de f pour vecteurs propres.

7. Application 2. Soit AM3(R) non nulle telle que A2=0. Montrer que A n'est pas diagonalisable, puis déterminer rg(A).

Exercice 34 ★★★Une suite recurrente d'ordre 3 par matrice compagnon

Puissances d'une matrice diagonalisable, suites récurrentes couplées et linéairesCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carrée

On considère la suite réelle (un)nN définie par

u0=0,u1=1,u2=5,etnN,un+3=6un+211un+1+6un.

1. Calculer u3 et u4.

2. On pose Xn=t(un,un+1,un+2). Écrire la matrice AM3(R) telle que Xn+1=AXn pour tout n, puis démontrer par récurrence que Xn=AnX0.

3. Montrer que, pour λR, la colonne t(1,λ,λ2) est vecteur propre de A associé à la valeur propre λ si et seulement si λ3=6λ211λ+6. Résoudre cette équation.

4. En déduire que A est diagonalisable et écrire une matrice P inversible et une matrice D diagonale telles que A=PDP1.

5. Sans calculer An, justifier l'existence de réels α, β, γ tels que un=α+β2n+γ3n pour tout n, puis les déterminer.

6. Vérifier la formule obtenue pour n=0, 1, 2 et 3.

7. Donner un équivalent de un quand n tend vers +, ainsi que la limite de un+1un.

Exercice 35 ★★★Reduction de l'endomorphisme M vers AM sur M2(R)

Réduction d'endomorphismes d'espaces de polynômes et de matricesCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carrée

On fixe la matrice

A=(3122)

et l'on définit l'application Φ:M2(R)M2(R) par Φ(M)=AM.

1. Montrer que Φ est un endomorphisme de M2(R), espace de dimension 4.

2. Déterminer Sp(A) et diagonaliser A.

3. Écrire la matrice de Φ dans la base canonique (E1,1,E2,1,E1,2,E2,2) de M2(R), constater qu'elle est formée de deux blocs égaux à A, et expliquer pourquoi.

4. Montrer que λ est valeur propre de Φ si et seulement si λ est valeur propre de A.

5. Déterminer les sous-espaces propres de Φ et leurs dimensions.

6. Conclure que Φ est diagonalisable et donner une base de M2(R) formée de vecteurs propres de Φ.

7. Vérifier que Tr(Φ)=2Tr(A).

8. Généraliser : montrer que Φ est diagonalisable si et seulement si A l'est, et donner un contre-exemple avec une matrice A non diagonalisable.

Exercice 36 ★★★Symetrie par rapport a un plan et son orthogonal

Supplémentaire orthogonal d'un sous-espace vectoriel et complétion en base orthonorméeSommes de sous-espaces vectoriels, sommes directes, bases adaptées et concaténation de basesCritères de diagonalisation d'un endomorphisme et d'une matrice carréeEspaces euclidiens : coordonnées en base orthonormée, expression matricielle, matrices de passage orthogonales

On munit R3 de son produit scalaire canonique et l'on pose

P={(x1,x2,x3)R3  ;  x1+x2+x3=0},u=(1,1,1).

1. Montrer que P est un plan vectoriel, en donner une base, puis montrer que P=Vect(u) et donc que R3=PP.

2. Pour x=(x1,x2,x3)R3, déterminer explicitement la décomposition x=p+d avec pP et dVect(u).

3. On note s l'application définie par s(x)=pd, où x=p+d est la décomposition précédente. Montrer que s est linéaire et écrire sa matrice S dans la base canonique.

4. Vérifier que S2=I3, en déduire un polynôme annulateur de S, puis que Sp(S){1,1}.

5. Déterminer les sous-espaces propres de S, conclure que S est diagonalisable, et donner une base adaptée ainsi que la matrice diagonale associée.

6. Vérifier que Tr(S)=1 et retrouver ce résultat à partir des dimensions des sous-espaces propres.

7. Construire une base ORTHONORMÉE de vecteurs propres de S. Écrire la matrice de passage Q correspondante, vérifier que tQQ=I3, puis que tQSQ est diagonale.

8. Montrer que s conserve la norme : s(x)=x pour tout xR3.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.