ECG approfondies · Chapitre 10 · Troisième semestre

Devoir surveillé — Algèbre linéaire et bilinéaire

Sujet type, 210 min, barème sur 20 points. À faire en conditions réelles avant de regarder le corrigé.

Sujet type DS — 210 min, barème sur 20 points. Faites-le en conditions réelles avant de regarder le corrigé (PDF).

Exercice 1 (3 points) — Six affirmations à trancher

Chacune des six affirmations suivantes est soit vraie, soit fausse. Démontrer celles qui sont vraies ; réfuter les autres par un contre-exemple explicite, entièrement justifié. Une affirmation déclarée fausse sans contre-exemple ne rapporte aucun point.

1. Si A et B sont deux matrices diagonalisables de M2(R), alors AB est diagonalisable. (0,5 point)

2. Pour AMn(R) : A est diagonalisable si et seulement si A2 est diagonalisable. (0,5 point)

3. Si AMn(R) vérifie Tr(A)=0, alors 0 est valeur propre de A. (0,5 point)

4. Si AMn(R) est inversible et diagonalisable, alors A1 est diagonalisable. (0,5 point)

5. Dans un espace euclidien E, si deux vecteurs x et y vérifient x+y=xy, alors x et y sont orthogonaux. (0,5 point)

6. Dans un espace euclidien E, si F et G sont deux sous-espaces vectoriels tels que FG={0E}, alors tout vecteur de F est orthogonal à tout vecteur de G. (0,5 point)

Exercice 2 (3,5 points) — Optimiser sous contrainte avec Cauchy-Schwarz

On munit R3 de son produit scalaire canonique, défini pour x=(x1,x2,x3) et y=(y1,y2,y3) par x,y=x1y1+x2y2+x3y3, et l'on note la norme associée. On pose

a=(1,2,2),φ(x)=x1+2x2+2x3,S={xR3  ;  x=1}.

1. Calculer a, puis démontrer que φ(x)3x pour tout xR3. On précisera l'inégalité utilisée et les deux vecteurs auxquels on l'applique. (0,5 point)

2. Déterminer le maximum de φ sur S, ainsi que l'ensemble des vecteurs de S en lesquels il est atteint. Le cas d'égalité sera justifié avec soin. (0,75 point)

3. En déduire le minimum de φ sur S et le ou les vecteurs qui le réalisent, sans refaire l'étude. (0,5 point)

4. Le problème réciproque. Déterminer le minimum de x12+x22+x32 lorsque x décrit l'ensemble {xR3  ;  φ(x)=9}, et le point où ce minimum est atteint. (0,75 point)

5. Généralisation. Soit n1, soit bRn non nul et soit Sn la sphère unité de Rn. Démontrer que le maximum de xx,b sur Sn vaut b, et qu'il est atteint en un unique point, que l'on précisera. (0,5 point)

6. Application. Une équipe commerciale répartit son effort sur trois secteurs, l'effort consacré au secteur i étant un réel xi0. Le service des ressources humaines impose la contrainte de charge x12+x22+x321, et le chiffre d'affaires espéré, en milliers d'euros, est φ(x). Déterminer la meilleure répartition possible de l'effort et le chiffre d'affaires correspondant. Commenter en une phrase la forme de la solution. (0,5 point)

Exercice 3 (3,5 points) — Deux formules d'adhésion dans un club de sport

Un club de sport propose deux formules : l'abonnement annuel et la carte à la séance. On note an le nombre d'abonnés annuels et cn le nombre de détenteurs d'une carte au début de l'année n, et l'on pose

Xn=(ancn)M2,1(R).

D'une année sur l'autre, le club observe la répartition suivante. Parmi les abonnés annuels, 40 % renouvellent leur abonnement, 20 % basculent sur une carte, et les autres quittent le club. Parmi les détenteurs d'une carte, 10 % prennent un abonnement annuel, 30 % reprennent une carte, et les autres quittent le club. Enfin, chaque année, la campagne de recrutement apporte 120 nouveaux abonnés annuels et 80 nouveaux détenteurs de carte.

Au début de l'année 0, le club compte a0=300 abonnés annuels et c0=100 détenteurs de carte. Les effectifs sont traités comme des réels et ne sont pas arrondis.

1. Exprimer an+1 et cn+1 en fonction de an et cn, puis déterminer AM2(R) et BM2,1(R) tels que Xn+1=AXn+B pour tout nN. (0,5 point)

2. Démontrer qu'il existe une unique colonne X vérifiant X=AX+B, et la déterminer. (0,5 point)

3. On pose Yn=XnX. Démontrer que Yn+1=AYn pour tout n, puis que Yn=AnY0. (0,5 point)

4. Déterminer Sp(A) et une base de chaque sous-espace propre de A, en résolvant le système (AλI2)X=0 par le pivot, λ étant traité comme un paramètre. En déduire que A est diagonalisable. (0,75 point)

5. Décomposer Y0 sur une base de vecteurs propres de A, et en déduire les expressions explicites de an et cn en fonction de n, sans calculer An. Vérifier le résultat pour n=0 et n=1. (0,75 point)

6. Déterminer les limites de an et cn, et interpréter. Ce comportement dépend-il des effectifs initiaux ? (0,25 point)

7. Le club se fixe pour objectif un équilibre à 300 abonnés annuels et 200 détenteurs de carte. Les taux de renouvellement étant inchangés, combien d'adhérents de chaque formule sa campagne annuelle doit-elle recruter ? (0,25 point)

Exercice 4 (4 points) — Un produit scalaire qui ne regarde que trois valeurs

On note E=R2[X] l'espace vectoriel des polynômes à coefficients réels de degré inférieur ou égal à 2, de base canonique B=(1,X,X2). Pour P et Q dans E, on pose

P,Q=P(1)Q(1)+P(0)Q(0)+P(1)Q(1),

dont on admet que c'est un produit scalaire sur E. On note la norme associée.

1. Calculer 1,X, 1,X2 et X,X2, ainsi que 1, X et X2. La base canonique B est-elle orthogonale ? (0,5 point)

2. Déterminer les trois polynômes L1, L0, L1 de E définis par les conditions suivantes : chacun prend la valeur 1 en l'un des trois points 1, 0, 1 (celui qui figure en indice) et la valeur 0 aux deux autres. On les cherchera sous forme factorisée. (0,75 point)

3. Démontrer, sans calculer aucune des trois expressions développées, que (L1,L0,L1) est une base orthonormée de E. (0,5 point)

4. En déduire que pour tout PE,

P=P(1)L1+P(0)L0+P(1)L1etP2=P(1)2+P(0)2+P(1)2.

Appliquer ces deux formules à P0=X2+X+1, et contrôler la valeur de P02 par un calcul indépendant mené dans la base canonique. (0,75 point)

5. On pose F={PE  ;  P(0)=0}. Justifier que F est un sous-espace vectoriel de E et donner sa dimension, puis déterminer F. (0,75 point)

6. Démontrer que pour tout triplet (α,β,γ) de réels, il existe un unique polynôme PE tel que P(1)=α, P(0)=β et P(1)=γ. On donnera deux démonstrations de l'unicité : l'une utilisant la question 4., l'autre reposant sur un argument de degré. (0,75 point)

Exercice 5 (6 points) — Problème : les droites et les plans qu'un endomorphisme laisse en place

Dans tout le problème, n désigne un entier supérieur ou égal à 2. On identifie Rn à Mn,1(R), et on le munit de son produit scalaire canonique, que l'on note

X,Y=tXY=k=1nxkyk.

On se donne AMn(R) et l'on note f l'endomorphisme de Rn canoniquement associé, c'est-à-dire f(X)=AX.

Un sous-espace vectoriel V de Rn est dit stable par f lorsque f(X)V pour tout XV.

L'objectif est de décrire TOUTES les droites et TOUS les plans stables par f. Les droites se traitent en une ligne. Les plans, eux, ne se lisent pas sur A, mais sur sa transposée.

Partie A. Deux matrices pour le prix d'une

1. Démontrer que pour toutes colonnes X et Y de Rn, on a AX,Y=X,tAY. (0,25 point)

2. Démontrer que Sp(A)=Sp(tA). On rappelle qu'une matrice carrée et sa transposée ont le même rang. (0,5 point)

3. Montrer, sur l'exemple A=(1102), que A et tA n'ont en revanche pas les mêmes sous-espaces propres. (0,25 point)

4. Soit W une colonne non nulle de Rn et soit H={XRn  ;  X,W=0}. Justifier que dimH=n1, puis démontrer que H est stable par f si et seulement si W est un vecteur propre de tA. (0,5 point)

5. Soit X une colonne non nulle. Démontrer que la droite Vect(X) est stable par f si et seulement si X est un vecteur propre de A. (0,25 point)

Partie B. Une matrice explicite

Dans toute cette partie, n=3 et

A=(322121114).

6. Déterminer Sp(A) et une base de chaque sous-espace propre, en résolvant le système (AλI3)X=0 par la méthode du pivot, λ étant traité comme un paramètre. Toutes les opérations élémentaires et la disjonction des cas devront être écrites. (0,75 point)

7. En déduire que A est diagonalisable, et écrire une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que P1AP=D. On ne calculera pas P1 ici. (0,25 point)

8. Déterminer une base de chaque sous-espace propre de tA. On utilisera la question 2. pour éviter toute nouvelle discussion. (0,5 point)

9. En déduire la liste complète des droites stables par f et celle des plans stables par f, en donnant pour chaque plan une équation cartésienne et une base. Combien y en a-t-il de chaque sorte ? (0,5 point)

Partie C. Ce que les deux familles se disent

On revient au cas général : AMn(R) possède n valeurs propres deux à deux distinctes λ1,,λn. Pour chaque i, on note Xi un vecteur propre de A associé à λi, et Wi un vecteur propre de tA associé à λi, ce qui a un sens d'après la question 2.

10. Démontrer que Xi,Wj=0 dès que ij. (0,5 point)

11. Vérifier ce résultat sur l'exemple de la partie B, et calculer les trois produits scalaires Xi,Wi. (0,25 point)

12. Démontrer que Xi,Wi0 pour tout i. (0,5 point)

13. Soit P la matrice dont les colonnes sont X1,,Xn et soit Q la matrice dont la i-ième LIGNE est tWiXi,Wi. Démontrer que QP=In, autrement dit que Q=P1 : l'inverse de la matrice de passage s'obtient sans aucun pivot. Vérifier sur l'exemple de la partie B. (0,5 point)

14. En déduire, pour la matrice A de la partie B, l'expression de Am pour tout entier naturel m, tous les coefficients étant explicités. Contrôler le résultat pour m=0 et m=1. (0,5 point)

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.