ECG appliquées · Chapitre 04 · Premier semestre

Exercices — Suites de nombres réels

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Premiers termes et modes de définition

Généralités : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées

On considère les trois suites suivantes.

  • (un) est définie, pour tout nN, par un=n24n+1.
  • (vn) est définie par v0=3 et, pour tout nN, vn+1=3vn4.
  • (wn) est définie par wn=g(n), où g est la fonction définie sur ]0,+[ par g(x)=x+3x.

1. Préciser, pour chacune de ces trois suites, son mode de définition.

2. Calculer u0, u1, u2, u3 et u4. La suite (un) semble-t-elle monotone ?

3. Calculer v1, v2 et v3. Peut-on obtenir v10 sans calculer tous les termes qui le précèdent ?

4. Calculer w1, w2 et w3 sous forme de fractions irréductibles. À partir de quel rang la suite (wn) est-elle définie, et pourquoi ?

Exercice 2 ★★★Reconnaître une suite arithmétique ou géométrique

Suites arithmétiques : terme général, somme de termes consécutifsSuites géométriques : terme général, somme des puissances d'une raison

1. Pour chacune des suites suivantes, dire si elle est arithmétique, géométrique, ou ni l'une ni l'autre. Chaque réponse sera prouvée par le calcul de un+1un ou de un+1un, et l'on précisera, le cas échéant, la raison et le premier terme.

a. un=3n7

b. vn=5×2n

c. wn=n2+1

d. t0=4 et tn+1=tn1,5

e. an=2n+13n

f. b0=2 et bn+1=3bn+4

g. cn=ln(2n)

2. On pose, pour tout nN, dn=bn+2, où (bn) est la suite de l'item f. Démontrer que (dn) est géométrique, en déduire une expression de bn en fonction de n, puis calculer b5.

3. Une suite peut-elle être à la fois arithmétique et géométrique ? Donner un exemple et le justifier.

Exercice 3 ★★★Sens de variation : les trois méthodes

Généralités : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées

1. Soit (un) la suite définie, pour tout nN, par un=nn+1. Étudier son sens de variation à l'aide du signe de un+1un.

2. Soit (vn) la suite définie, pour tout nN, par vn=n+12n. Vérifier que tous ses termes sont strictement positifs, puis étudier son sens de variation à l'aide du quotient vn+1vn.

3. Soit f la fonction définie sur [0,+[ par f(x)=2x1x+2, et soit (wn) la suite définie par wn=f(n) pour tout nN. Étudier les variations de f, dresser son tableau de variations, puis en déduire le sens de variation de (wn).

4. La suite (zn) définie par zn=(1)n×n est-elle monotone ? Justifier.

Exercice 4 ★★★Majorée, minorée, bornée

Généralités : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées

1. Soit (un) la suite définie, pour tout nN, par un=3n+1n+1. Vérifier que un=32n+1, puis démontrer que (un) est bornée en exhibant un minorant et un majorant explicites.

2. Soit (vn) la suite définie, pour tout nN, par vn=n25n. Démontrer que (vn) est minorée par 6. Est-elle majorée ?

3. Démontrer que les suites (wn) et (tn) définies par wn=(1)n et tn=2+(1)nn+1 sont bornées.

4. La suite (wn) de la question 3. est bornée. Converge-t-elle ? Qu'en conclure sur le lien entre « bornée » et « convergente » ?

Exercice 5 ★★★Terme général et somme d'une suite arithmétique

Suites arithmétiques : terme général, somme de termes consécutifs

Soit (un) la suite arithmétique de premier terme u0=7 et de raison r=4.

1. Donner l'expression de un en fonction de n, puis calculer u20.

2. Soit (vn) une suite arithmétique telle que v3=11 et v8=31. Déterminer sa raison, puis son terme général vn.

3. Calculer les deux sommes suivantes :

S=u0+u1++u20etT=u5+u6++u30

4. Un épargnant verse 150 € sur un compte le premier mois, puis, chaque mois, 12 € de plus que le mois précédent. Quel montant verse-t-il le douzième mois ? Quelle somme totale a-t-il versée au bout de douze mois ?

Exercice 6 ★★★Terme général et somme d'une suite géométrique

Suites géométriques : terme général, somme des puissances d'une raison

Soit (un) la suite géométrique de premier terme u0=5 et de raison q=2.

1. Donner l'expression de un en fonction de n, puis calculer u10.

2. Rappeler la formule donnant k=0nqk lorsque q1, puis calculer S=u0+u1++u10.

3. Calculer T=u4+u5++u10.

4. Soit (vn) une suite géométrique à termes strictement positifs telle que v2=12 et v5=96. Déterminer sa raison, puis son terme général.

5. Déterminer la limite de la suite (wn) définie par wn=3qn dans chacun des trois cas q=0,4, puis q=1, puis q=1,5.

Exercice 7 ★★★Premières limites : lire la définition

Limite d'une suite : convergence, divergence, limites infinies, unicité

1. Donner la limite de chacune des suites suivantes, toutes définies pour n1, ou dire qu'elle n'en admet pas.

a. an=1n

b. bn=3+2n2

c. cn=0,8n

d. dn=(1)n

e. en=n

f. fn=51n

2. Déterminer le plus petit rang N à partir duquel tous les termes de (bn) appartiennent à l'intervalle ouvert ]2,9;3,1[. Combien de termes de la suite sont en dehors de cet intervalle ?

3. Déterminer le plus petit rang à partir duquel cn103.

4. Démontrer que la suite (dn) n'admet pas de limite, en revenant à la définition de la convergence par intervalles ouverts.

Exercice 8 ★★★Croissances comparées : le catalogue

Croissances comparées des suites usuelles

1. Déterminer la limite de chacune des suites suivantes, définies pour n2, lorsque n tend vers +.

a. n32n

b. (lnn)2n

c. n2×0,9n

d. 3nn5

e. lnnn

f. n(lnn)3

g. ln(n2)n

h. 5n3n

i. n2+3n3n

j. nlnn

2. Ranger les trois suites ((lnn)10), (n2) et (1,1n) de la plus lente à la plus rapide, en justifiant par deux limites.

3. En déduire la limite de n1001,0001n. Commenter.

Exercice 9 ★★★Lecture graphique d'une suite récurrente

Suites définies par u(n+1) = f(u(n)) : escalier, stabilité, monotonie, limiteGénéralités : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées

Soit f la fonction définie sur [0,4] par f(x)=4xx+2, et soit (un) la suite définie par

u0=0,4et, pour tout nN,un+1=4unun+2=f(un)

La figure ci-dessous représente la courbe de f sur [0,4], la droite d'équation y=x en pointillés, et le terme initial u0=0,4 placé sur l'axe des abscisses.

Courbe de f et droite d'équation y égale x, avec le terme initial placé sur l'axe

1. Décrire précisément la construction graphique qui permet de placer u1, u2 puis u3 sur l'axe des abscisses, et la réaliser sur la figure. Donner les valeurs approchées ainsi lues.

2. Conjecturer le sens de variation de la suite (un) et sa limite.

3. Calculer u1 et u2 par le calcul, sous forme de fractions irréductibles. Ces valeurs confirment-elles la lecture graphique ?

4. Résoudre l'équation f(x)=x sur [0,4]. Quel lien cette résolution a-t-elle avec la limite conjecturée à la question 2. ?

Exercice 10 ★★★★Sommes mêlant suites arithmétiques et géométriques

Suites arithmétiques : terme général, somme de termes consécutifsSuites géométriques : terme général, somme des puissances d'une raison

On rappelle les deux formules de sommation à connaître : pour tout entier n1 et tout réel q1,

k=1nk=n(n+1)2,k=0nqk=1qn+11q

Plus généralement, une somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique vaut le nombre de termes multiplié par la demi-somme du premier et du dernier terme.

  1. Calculer les sommes suivantes.

    a. A=k=3080k

    b. Bn=k=4n(3k1), pour n4

    c. Cn=k=0n(12)k

    d. Dn=k=3n2k, pour n3

  2. Calculer, pour tout nN, la somme Sn=k=0n(2k+3k).

  3. Vérifier la formule obtenue à la question 2. pour n=0, n=1 et n=2.

  4. Déterminer limn+Bnn2.

  5. Déterminer limn+Sn3n.

Exercice 11 ★★★★Un plan d'épargne à versements réguliers

Suites géométriques : terme général, somme des puissances d'une raisonModélisation économique : intérêts, amortissement, multiplicateur keynésien

Un plan d'épargne rapporte 4% par an, à intérêts composés : un capital placé est multiplié par 1,04 chaque année.

Une épargnante y verse V=2000 euros à la fin de chaque année, à partir de la fin de la première année. Les versements ne rapportent donc des intérêts qu'à compter de l'année suivante.

Pour n1, on note An le capital disponible sur le plan juste après le versement de la fin de l'année n.

1. Calculer A1, A2 et A3 en suivant l'histoire année après année.

2. Soit n1 et k un entier compris entre 1 et n. Justifier que le versement effectué à la fin de l'année k vaut 2000×1,04nk à la fin de l'année n, puis en déduire que

An=k=1n2000×1,04nk

3. À l'aide du changement d'indice j=nk, démontrer que, pour tout n1,

An=50000(1,04n1)

4. Vérifier cette formule sur A1, A2 et A3.

5. Calculer A10, arrondi au centime. Quelle part de ce capital provient des intérêts ?

6. Déterminer le plus petit nombre d'années au bout duquel le capital dépasse 50000 euros. On rappelle que la fonction ln est strictement croissante sur ]0,+[ et que ln(an)=nlna pour tout réel a>0.

Exercice 12 ★★★★Une suite définie par une fonction, monotonie et bornes

Généralités : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornéesSuites définies par u(n+1) = f(u(n)) : escalier, stabilité, monotonie, limite

On considère la suite (un)nN définie par

u0=1etun+1=un+62pour tout nN

et la fonction f définie sur R par f(x)=x+62, de sorte que un+1=f(un) pour tout nN.

1. Calculer u1, u2 et u3 sous forme de fractions, puis en donner une valeur décimale. Quelles conjectures peut-on formuler ?

2. Déterminer le sens de variation de f sur R, puis résoudre l'équation f(x)=x.

3. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, 1un6. Que peut-on en déduire sur la suite (un) ?

4. Démontrer par récurrence, en utilisant le sens de variation de f, que la suite (un) est croissante.

5. Retrouver ce résultat en étudiant le signe de un+1un. La croissance est-elle stricte ?

6. Récapituler ce que l'on a démontré sur (un) et formuler une conjecture sur son comportement lorsque n tend vers +.

Exercice 13 ★★★★Suite arithmético-géométrique, la méthode du point fixe

Suites arithmético-géométriques : point fixe et retour au cas géométrique

Une suite (un) est dite arithmético-géométrique lorsqu'il existe deux réels a et b tels que un+1=aun+b pour tout nN. On traite ici deux exemples en parallèle :

(un):u0=1,un+1=3un4(wn):w0=8,wn+1=0,4wn+3

1. Calculer u1, u2, u3 et w1, w2, w3.

2. Pour chacune des deux suites, résoudre dans R l'équation =a+b associée. Le réel obtenu est appelé point fixe.

3. On pose vn=un2 pour tout nN. Démontrer que (vn) est géométrique, préciser sa raison et son premier terme, puis en déduire vn et un en fonction de n. Vérifier la formule obtenue sur u0, u1 et u2.

4. Reprendre la même méthode pour (wn), en posant tn=wn5.

5. Étudier la monotonie de chacune des deux suites.

6. Déterminer la limite de chacune des deux suites.

7. On considère enfin la suite (xn) définie par x0=2 et xn+1=xn+3. Montrer que l'équation du point fixe n'a pas de solution, expliquer pourquoi la méthode précédente échoue, et déterminer malgré tout xn en fonction de n ainsi que la limite de (xn).

Exercice 14 ★★★★Parts de marché de deux enseignes

Suites arithmético-géométriques : point fixe et retour au cas géométriqueModélisation économique : intérêts, amortissement, multiplicateur keynésien

Deux enseignes de bricolage, A et B, se partagent la totalité de la clientèle d'une ville : tout client est client de l'une ou de l'autre, et d'une seule.

Une étude montre que, d'une année sur l'autre :

  • 20% des clients de A passent chez B, les autres restent chez A ;
  • 30% des clients de B passent chez A, les autres restent chez B ;
  • le nombre total de clients ne varie pas.

Pour nN, on note pn la part de marché de l'enseigne A au bout de n années, exprimée en proportion de la clientèle totale. La part de marché de B est donc 1pn. Au départ, A détient un quart du marché : p0=0,25.

1. Calculer p1 en détaillant d'où viennent les clients de A au bout d'un an.

2. Démontrer que, pour tout nN, pn+1=0,5pn+0,3.

3. Résoudre l'équation =0,5+0,3. On pose alors vn=pn0,6 pour tout nN : démontrer que (vn) est géométrique et en déduire pn en fonction de n.

4. Vérifier la formule obtenue sur p0, p1 et p2.

5. Étudier la monotonie de (pn), puis déterminer sa limite. Interpréter ce résultat pour les deux enseignes.

6. Déterminer la première année au bout de laquelle l'enseigne A détient plus de 59% du marché.

7. L'enseigne A peut-elle un jour atteindre 60% du marché ? Que se serait-il passé si elle avait démarré avec 80% du marché ?

Exercice 15 ★★★★Le multiplicateur keynésien

Suites géométriques : terme général, somme des puissances d'une raisonModélisation économique : intérêts, amortissement, multiplicateur keynésien

L'État engage une dépense publique de D millions d'euros, avec D>0. Cette somme devient un revenu pour ceux qui la reçoivent (entreprises, salariés), lesquels en dépensent une proportion c, appelée propension marginale à consommer, avec 0<c<1, et épargnent le reste.

Cette nouvelle dépense devient à son tour un revenu, dont la proportion c est de nouveau dépensée, et ainsi de suite. On appelle tour k la k-ième vague de dépenses ainsi engendrée, et on note dk son montant, en millions d'euros. Le tour 0 est la dépense publique initiale, donc d0=D.

Pour nN, on note Sn=k=0ndk la dépense totale engendrée dans l'économie au terme des tours 0 à n.

1. Justifier que la suite (dk) est géométrique, préciser sa raison et exprimer dk en fonction de D, c et k.

2. Démontrer que, pour tout nN, Sn=D1cn+11c.

3. Vérifier cette formule pour n=0 et n=1.

4. Déterminer la limite de la suite (Sn) lorsque n tend vers +. Le nombre par lequel il faut multiplier D pour obtenir cette limite s'appelle le multiplicateur keynésien : l'exprimer en fonction de c.

5. On prend D=100 millions d'euros. Calculer le multiplicateur et l'effet total sur l'économie pour c=0,8, puis pour c=0,5.

6. Dans chacun de ces deux cas, déterminer le plus petit entier n tel que Sn atteigne 90% de l'effet total. Commenter.

Exercice 16 ★★★★Récurrence linéaire d'ordre 2, la méthode

Récurrence linéaire d'ordre 2 à coefficients constants (racines réelles)

On rappelle le résultat du cours, admis. Soient a et b deux réels avec b0, et (zn) une suite réelle vérifiant

zn+2=azn+1+bznpour tout nN

On appelle équation caractéristique associée l'équation du second degré r2=ar+b, c'est-à-dire r2arb=0, d'inconnue réelle r.

  • Si elle admet deux racines réelles distinctes r1 et r2, il existe deux réels λ et μ tels que zn=λr1n+μr2n pour tout nN.
  • Si elle admet une racine double r0, il existe deux réels λ et μ tels que zn=(λ+μn)r0n pour tout nN.

Dans les deux cas, les réels λ et μ se déterminent à l'aide des deux premiers termes z0 et z1. Lorsque l'équation caractéristique n'a aucune racine réelle, sa résolution fait intervenir les nombres complexes : ce cas est hors programme dans la filière ECG et ne sera pas rencontré.

Partie A

On considère la suite (un) définie par u0=4, u1=11 et, pour tout nN,

un+2=7un+110un

1. Calculer u2 et u3.

2. Écrire l'équation caractéristique associée, la résoudre, et en déduire la forme générale de un.

3. Déterminer λ et μ à l'aide de u0 et u1, puis vérifier la formule obtenue sur u2 et u3.

4. Déterminer la limite de la suite (un).

Partie B

On considère la suite (vn) définie par v0=1, v1=1 et, pour tout nN,

vn+2=vn+114vn

5. Calculer v2 et v3, puis écrire et résoudre l'équation caractéristique associée.

6. Déterminer λ et μ, puis vérifier la formule obtenue sur v2 et v3.

7. Déterminer la limite de la suite (vn).

Exercice 17 ★★★★Opérations sur les limites et formes indéterminées

Opérations sur les limites et formes indéterminées

Les théorèmes d'opérations sur les limites (somme, produit, quotient) permettent de conclure dans presque tous les cas. Ils échouent dans quatre situations seulement, appelées formes indéterminées :

,0×,,00

Une forme indéterminée n'est pas une absence de limite : c'est un calcul qu'il faut transformer avant de conclure.

Dans chacune des questions suivantes, déterminer la limite de la suite proposée quand n tend vers +. Lorsqu'une forme indéterminée apparaît, on la nommera explicitement avant de la lever.

  1. Quatre limites qui se lisent directement, sans transformation, pour n1.

    a. an=32n+5n2

    b. bn=(4+1n)(n7)

    c. cn=72n5

    d. dn=(23)n+1n

  2. en=n+1n, pour n1.

  3. fn=n2+nn, pour n1.

  4. gn=n23n2n+5.

  5. hn=n2(1n1n+1), pour n1.

  6. kn=3nn2.

Exercice 18 ★★★★Quotients, mettre le terme dominant en facteur

Opérations sur les limites et formes indéterminées

Un quotient dont le numérateur et le dénominateur tendent tous les deux vers l'infini est une forme indéterminée du type . La méthode est toujours la même : mettre en facteur, en haut comme en bas, le terme qui l'emporte sur tous les autres, puis simplifier.

On rappelle les limites de référence utilisées ici, admises : pour tous réels a>0, b>0 et q>1,

limn+naqn=0etlimn+(lnn)bna=0

Déterminer la limite de chacune des suites suivantes quand n tend vers +.

  1. Quotients de polynômes.

    a. An=3n25n+12n2+7

    b. Bn=4n3nn2+5n

    c. Cn=5n21n3+2n2

  2. Quotients avec racines carrées, pour n1.

    a. Dn=n+1n+3

    b. En=9n2+1n+4

  3. Quotients avec puissances et logarithme, pour n1.

    a. Fn=2n+n33×2n1

    b. Gn=n+lnn2n1

  4. Un cas où les deux étages contiennent une puissance : Hn=3n+n52n+n7.

  5. Sans refaire aucun calcul, indiquer pour chacun des huit quotients précédents quel terme l'emporte au numérateur et quel terme l'emporte au dénominateur, et expliquer comment on retrouve la limite à partir de ces deux seuls termes.

Exercice 19 ★★★★Le théorème d'encadrement en pratique

Passage à la limite dans les inégalités, encadrement, comparaison

On admet le théorème d'encadrement : si, à partir d'un certain rang, vnunwn, et si (vn) et (wn) convergent vers un même réel , alors (un) converge et limun=.

Chaque question se traite selon le même plan, à reproduire à l'identique : encadrer un entre deux suites dont on sait calculer la limite, calculer ces deux limites, vérifier qu'elles sont égales, conclure.

  1. Soit (un) la suite définie pour tout nN par un=(1)nn+1.

    a. Calculer u0, u1, u2 et u3. La suite est-elle monotone ?

    b. Démontrer que (un) converge et préciser sa limite.

  2. Soit (an)n1 une suite dont on ne sait rien, sinon que 3an7 pour tout n1. On pose vn=ann pour n1. Démontrer que (vn) converge et donner sa limite.

  3. Pour tout entier n1, on pose Sn=1n2+1+1n2+2++1n2+n, somme de n termes.

    a. Écrire S1 et S2 sous forme de fractions.

    b. Démontrer que, pour tout entier k tel que 1kn, on a 1n2+n1n2+k1n2+1, puis en déduire un encadrement de Sn.

    c. Déterminer la limite de (Sn).

  4. Soit (wn) la suite définie pour tout nN par wn=2n+(1)nn+3. Déterminer sa limite par encadrement.

  5. Un élève écrit : « la suite ((1)n) n'a pas de limite, donc la suite ((1)nn+1) n'en a pas non plus ». Expliquer précisément l'erreur de raisonnement.

Exercice 20 ★★★★Comparaison et divergence vers l'infini

Passage à la limite dans les inégalités, encadrement, comparaison

On admet les deux théorèmes de comparaison suivants.

Minoration. Si, à partir d'un certain rang, unvn et si limvn=+, alors limun=+.

Majoration. Si, à partir d'un certain rang, unwn et si limwn=, alors limun=.

Pour prouver qu'une suite tend vers +, il suffit donc de la minorer par une suite plus simple qui explose. Attention au sens : une seule des deux inégalités est utile dans chaque cas.

  1. Soit (un) une suite telle que unn5 pour tout nN.

    a. Que peut-on affirmer sur (un) ? Justifier.

    b. Une telle suite est-elle nécessairement croissante ? On donnera un exemple de suite non monotone vérifiant l'hypothèse.

  2. Soit (vn) définie pour nN par vn=n2+(1)nnn+1. Démontrer que limvn=+. On pourra utiliser l'égalité n2n=(n+1)(n2)+2.

  3. Pour n1, on pose Tn=nn+1+nn+2++nn+n, somme de n termes.

    a. Calculer T1 et T2.

    b. Démontrer que chacun des n termes de la somme est supérieur ou égal à 12.

    c. En déduire la limite de (Tn).

  4. Soit (bn) définie pour nN par bn=(1)nnn2n+2. Démontrer que limbn=. On pourra utiliser l'égalité n2n=(n+2)(n3)+6.

  5. Un élève affirme : « la suite (xn) vérifie xnn2+3 pour tout n1, et n2+3 tend vers +, donc (xn) tend vers + ». Montrer que ce raisonnement est faux en exhibant quatre suites vérifiant toutes cette majoration et ayant quatre comportements différents.

Exercice 21 ★★★★Théorème de la limite monotone

Théorème de la limite monotoneGénéralités : modes de définition, monotonie, suites majorées, minorées, bornées

On admet le théorème de la limite monotone :

Cas croissant. Une suite croissante et majorée converge. Une suite croissante et non majorée tend vers +.

Cas décroissant. Une suite décroissante et minorée converge. Une suite décroissante et non minorée tend vers .

Ce théorème donne l'existence de la limite, jamais sa valeur : il faut ensuite un second argument pour la calculer.

Partie A. Soit (un) la suite définie par u0=1 et, pour tout nN, un+1=3un+4.

  1. Calculer u1, u2 et u3 à 103 près. Quelle conjecture peut-on formuler ?

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, 1un4.

  3. Démontrer que (un) est croissante. On pourra étudier le signe de un+12un2 et le factoriser de deux façons.

  4. Que peut-on conclure ? Justifier en citant précisément le théorème utilisé, et expliquer pourquoi il ne donne pas encore la valeur de la limite.

  5. On admet que la limite vérifie =3+4 (ce point repose sur la continuité de la fonction x3x+4, revue au chapitre suivant). Déterminer .

Partie B. Soit (vn) la suite définie par v0=1 et, pour tout nN, vn+1=vn+1vn.

  1. a. Démontrer par récurrence que vn1 pour tout n (ce qui garantit au passage que la suite est bien définie).

    b. Démontrer que (vn) est croissante.

    c. Démontrer par récurrence que vn22n+1 pour tout n, puis en déduire que (vn) n'est pas majorée.

    d. Conclure sur la limite de (vn).

Exercice 22 ★★★★Premières suites adjacentes

Suites adjacentes et suites extraites de rangs pairs et impairs

Deux suites (an) et (bn) sont dites adjacentes lorsque les trois conditions suivantes sont réunies : (an) est croissante, (bn) est décroissante, et lim(bnan)=0.

On admet le théorème des suites adjacentes : deux suites adjacentes convergent vers une même limite , et de plus anbn pour tout n. Autrement dit, chaque rang fournit gratuitement un encadrement de .

Partie A. Pour tout entier n1, on pose an=21n et bn=2+3n2.

  1. Calculer a1, b1, a2, b2, a3 et b3.

  2. Démontrer que les suites (an) et (bn) sont adjacentes, en vérifiant les trois conditions dans l'ordre.

  3. Que peut-on en déduire ? Ici la limite commune se calcule directement : la donner.

  4. Écrire l'encadrement de fourni par le rang n=10, et vérifier qu'il est bien vérifié par la valeur trouvée à la question 3.

  5. On note en=bnan l'amplitude de l'encadrement au rang n.

    a. Exprimer en sous la forme d'une seule fraction et justifier que (en) est décroissante.

    b. Déterminer le plus petit entier n tel que en<102.

Partie B. Pour tout entier n1, on pose sn=k=1n1k2 et tn=sn+1n.

  1. Démontrer que (sn) et (tn) sont adjacentes, puis conclure. Donner enfin l'encadrement de leur limite commune obtenu au rang n=5, sous forme de fractions puis en valeurs approchées à 104 près.

Exercice 23 ★★★★Dépréciation d'un équipement et rang seuil

Suites géométriques : terme général, somme des puissances d'une raisonModélisation économique : intérêts, amortissement, multiplicateur keynésien

Une entreprise achète une machine 24000 euros. Chaque année, la machine perd 18% de la valeur qu'elle avait l'année précédente. On note Vn sa valeur, en euros, au bout de n années, de sorte que V0=24000.

Valeurs numériques utiles : 0,8250,37074, 0,8260,30401, 0,8270,24929, 0,8280,20441, 1,0651,33823, ln51,6094, ln243,1781, ln(0,82)0,1985.

  1. a. Démontrer que (Vn) est géométrique, préciser sa raison, puis donner Vn en fonction de n.

    b. Calculer V1 et V2 de deux façons : par la baisse de 18%, puis par la formule.

  2. Calculer V5, arrondi à l'euro. Déterminer la limite de (Vn) et l'interpréter en une phrase.

  3. À partir de quelle année la valeur de la machine passe-t-elle sous les 5000 euros ? On résoudra l'inéquation à l'aide du logarithme népérien, en justifiant soigneusement le sens de l'inégalité obtenue.

  4. L'entretien de la machine coûte 500 euros la première année, et ce coût augmente de 6% par an. On note En le coût d'entretien cumulé sur les n premières années.

    a. Exprimer En à l'aide d'une somme de termes d'une suite géométrique, puis sans symbole de somme.

    b. Calculer E5, arrondi à l'euro.

  5. Le comptable propose une autre méthode : un amortissement linéaire sur 8 ans, c'est-à-dire une perte de valeur constante de 240008 euros par an. On note Ln la valeur comptable obtenue par cette méthode au bout de n années.

    a. Justifier que (Ln) est arithmétique et donner Ln en fonction de n.

    b. Comparer V5 et L5 : quelle méthode donne la plus petite valeur comptable au bout de 5 ans ?

    c. Comparer V6 et L6. Que constate-t-on ? Que vaut L8, et la suite (Vn) peut-elle s'annuler ?

Exercice 24 ★★★Récurrence d'ordre 2 : le cas de la racine double

Récurrence linéaire d'ordre 2 à coefficients constants (racines réelles)

On considère la suite (un) définie par u0=2, u1=9 et, pour tout nN,

un+2=6un+19un

On rappelle le résultat admis en cours. Pour une suite vérifiant un+2=aun+1+bun, on appelle équation caractéristique l'équation r2=ar+b. Lorsqu'elle admet une racine double r0 non nulle, il existe deux réels α et β tels que, pour tout n,

un=(α+βn)r0n
  1. Calculer u2, u3 et u4.

  2. Écrire l'équation caractéristique associée à la relation de récurrence, calculer son discriminant et donner sa racine. Pourquoi ne peut-on pas chercher un sous la forme αr1n+βr2n ?

  3. Vérification du terme en nrn. Soit r une racine double de l'équation r2=ar+b, supposée non nulle.

    a. Justifier que a=2r et b=r2.

    b. On pose wn=nrn. Démontrer par le calcul que awn+1+bwn=wn+2 pour tout n, c'est-à-dire que (wn) vérifie bien la relation de récurrence.

    c. Écrire ce calcul dans le cas particulier de l'exercice, avec r=3.

  4. Déterminer α et β, donner le terme général de (un), puis vérifier la formule sur u2 et u3.

  5. Déterminer la limite de (un).

  6. Démontrer que (un) est strictement croissante, puis déterminer le plus petit rang n à partir duquel un>106. On donne 310=59049 et 311=177147.

  7. Calculer un+1un et déterminer sa limite. Interpréter le résultat obtenu.

Exercice 25 ★★★Un modèle démographique d'ordre 2

Récurrence linéaire d'ordre 2 à coefficients constants (racines réelles)Modélisation économique : intérêts, amortissement, multiplicateur keynésien

Un éleveur suit le nombre de femelles reproductrices de son troupeau. On note Pn ce nombre pour l'année n. Le modèle retenu repose sur deux observations.

Survie. D'une année sur l'autre, 70% des femelles reproductrices le sont encore l'année suivante, les autres étant réformées.

Renouvellement. Chaque femelle reproductrice donne naissance en moyenne à 0,6 femelle, qui devient reproductrice à son tour deux ans plus tard.

Le troupeau comptait P0=400 femelles reproductrices la première année et P1=310 la deuxième. Les effectifs calculés ne sont pas entiers : ils s'interprètent comme des moyennes.

Valeurs numériques utiles : 1,2106,1917 et 1,2117,4301.

  1. Justifier que, pour tout nN, Pn+2=0,7Pn+1+0,6Pn.

  2. Calculer P2, P3 et P4 (valeurs exactes ou arrondies à 0,1 près).

  3. Écrire l'équation caractéristique, calculer son discriminant et vérifier qu'elle admet bien deux racines réelles distinctes, que l'on notera r1 et r2 avec r1>r2.

  4. Donner le terme général Pn en fonction de n, puis vérifier la formule sur P2 et P3.

  5. Déterminer limn+Pn et interpréter.

  6. Taux de croissance à long terme. Calculer Pn+1Pn en faisant apparaître le quotient tn=(r2r1) ⁣n, déterminer limtn, puis en déduire limPn+1Pn. Exprimer le résultat en pourcentage annuel.

  7. À partir de quelle année le troupeau compte-t-il plus de 2000 femelles reproductrices ? On pourra encadrer Pn en majorant le terme en r2.

  8. Variante. L'éleveur envisage un croisement pour lequel chaque femelle reproductrice ne donnerait plus que 0,18 femelle atteignant la maturité, la survie restant de 70%. Écrire la nouvelle relation de récurrence, résoudre son équation caractéristique et conclure sur le devenir du troupeau. Ce devenir dépend-il des effectifs initiaux ?

Exercice 26 ★★★Formes indéterminées mixtes et croissances comparées

Croissances comparées des suites usuellesOpérations sur les limites et formes indéterminées

On rappelle les résultats de croissances comparées, admis : pour tous réels a>0, b>0 et tout réel q>1,

limn+(lnn)bna=0etlimn+naqn=0

On rappelle aussi que limqn=0 lorsque 1<q<1, et limqn=+ lorsque q>1.

Déterminer la limite de chacune des suites suivantes. Pour chaque question, on demande de nommer la forme indéterminée, de mettre en facteur le terme dominant, puis de citer le résultat de croissances comparées utilisé.

1. un=n3+2n3nn2

2. vn=nlnnn2n2+1

3. wn=(lnn)35n2n+7

4. xn=3nn5

5. yn=5n3×4n2×5n+4n

6. zn=n2lnn+2nn3+2nlnn

  1. Un élève écrit : « au numérateur comme au dénominateur de un, tout tend vers +, donc le quotient tend vers 1 ». Réfuter cette affirmation à l'aide de trois suites de son choix, toutes de la forme (limite +)(limite +), et ayant trois limites différentes. Expliquer alors ce que signifie exactement le mot « indéterminée ».

Exercice 27 ★★★Encadrer une somme de n termes

Passage à la limite dans les inégalités, encadrement, comparaisonOpérations sur les limites et formes indéterminées

Dans tout l'exercice, les sommes comportent n termes, et ce nombre de termes dépend de n : c'est ce qui interdit d'appliquer les opérations usuelles sur les limites et impose la méthode de l'encadrement.

  1. Mise en jambes. Pour n1, on pose An=k=1n1n. Calculer An. Quelle est la limite de chacun des termes de la somme ? Et celle de An ?

  2. Pour n1, on pose Sn=k=1n1n2+k.

    a. Calculer S1 et S2 (valeurs approchées à 103 près).

    b. Démontrer que nn2+nSnnn2+1.

    c. En déduire limSn.

  3. Pour n1, on pose Tn=k=1nkn2+k. Déterminer limTn par la même méthode. On rappelle que k=1nk=n(n+1)2.

  4. Pour n1, on pose Dn=k=1n1n+k. Déterminer limDn. Comparer avec le résultat de la question 2 et expliquer la différence de comportement.

  5. Quand la méthode ne suffit pas. Pour n1, on pose Hn=k=1n1n+k.

    a. Écrire l'encadrement fourni par la méthode et montrer qu'il ne permet pas de conclure.

    b. Démontrer néanmoins que (Hn) converge, à l'aide d'un autre théorème du chapitre.

  6. Pourquoi on ne passe pas à la limite terme à terme. Dans Sn, chaque terme 1n2+k tend vers 0 quand n tend vers +. Pourtant Sn ne tend pas vers 0. Expliquer précisément quelle règle serait violée si l'on écrivait « la limite de la somme est la somme des limites, donc Sn0 ».

Exercice 28 ★★★Décroissante minorée : convergence et rang seuil

Théorème de la limite monotonePassage à la limite dans les inégalités, encadrement, comparaison

On considère la suite (un)nN définie par

u0=52etun+1=un2+65  pour tout nN

Aucune formule explicite ne donne un en fonction de n : c'est le théorème de la limite monotone qui va fournir la convergence, et un encadrement géométrique qui va fournir la vitesse.

  1. Calculer u1, u2 et u3 sous forme de fractions, puis en donner une valeur décimale exacte. Que peut-on conjecturer ?

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, 2un52.

  3. a. Montrer que, pour tout nN, un+1un=(un2)(un3)5.

    b. En déduire le sens de variation de (un).

  4. Justifier que (un) converge. On note sa limite.

  5. a. Montrer que vérifie 25+6=0, et résoudre cette équation.

    b. Démontrer que =2 (on pensera à utiliser le passage à la limite dans les inégalités).

  6. Montrer que, pour tout nN, 0un+12910(un2).

  7. En déduire par récurrence que, pour tout nN, 0un212×(910)n.

  8. Déterminer le plus petit entier n pour lequel la majoration précédente garantit un2103. On donne ln(0,9)0,1054 et ln(0,002)6,2146.

Exercice 29 ★★★Rangs pairs et rangs impairs

Suites adjacentes et suites extraites de rangs pairs et impairsLimite d'une suite : convergence, divergence, limites infinies, unicité

Lorsqu'une suite comporte un facteur (1)n, ses termes de rang pair et ses termes de rang impair ne se comportent pas de la même façon. Le programme fournit un outil adapté :

si (u2n) et (u2n+1) convergent vers la même limite , alors (un) converge vers .

Cet exercice explore les deux situations : celle où les deux sous-suites ont des limites différentes, et celle où elles ont la même.

Partie A. Deux limites différentes

On pose, pour tout nN, un=(1)n(1+1n+1).

  1. Calculer u0, u1, u2 et u3.

  2. Exprimer u2n et u2n+1 en fonction de n, puis déterminer leurs limites.

  3. Justifier que, pour tout nN, u2n1 et u2n+11.

  4. En raisonnant par l'absurde et en utilisant la définition de la limite par intervalles ouverts, démontrer que (un) diverge. On pourra supposer un et considérer l'intervalle I=]12, +12[.

Partie B. Une seule et même limite

On pose maintenant, pour tout nN, vn=3+(1)nn+1.

  1. Exprimer v2n et v2n+1 en fonction de n.

  2. Démontrer que les suites (v2n) et (v2n+1) sont adjacentes.

  3. En déduire que (vn) converge et préciser sa limite.

Partie C. Une alternance autour d'un point fixe

On considère enfin la suite (wn) définie par w0=0 et wn+1=12wn+3.

  1. Calculer w1, w2, w3 et w4. Que remarque-t-on par rapport à la valeur 2 ?

  2. a. On pose tn=wn2. Montrer que (tn) est géométrique, en déduire wn en fonction de n, puis vérifier la formule sur w1 et w2.

    b. Exprimer w2n et w2n+1, montrer que ces deux suites sont adjacentes et conclure sur la limite de (wn).

Exercice 30 ★★★Suite récurrente : le schéma complet

Suites définies par u(n+1) = f(u(n)) : escalier, stabilité, monotonie, limiteThéorème de la limite monotone

On considère la fonction f définie par f(x)=3x+4 et la suite (un)nN définie par

u0=0etun+1=f(un)=3un+4  pour tout nN

L'objectif est de dérouler entièrement la méthode d'étude d'une suite définie par un+1=f(un), dans l'ordre où elle doit toujours être menée.

  1. Déterminer l'ensemble de définition de f et son sens de variation.

  2. Calculer u1, u2 et u3, en donnant les valeurs exactes puis des valeurs approchées à 104 près.

  3. Stabilité. Montrer que f([0,4])[0,4], c'est-à-dire que si x[0,4], alors f(x)[0,4].

  4. En déduire par récurrence que, pour tout nN, 0un4.

  5. Monotonie. Étudier le signe de f(x)x sur [0,4] (on pourra comparer 3x+4 et x2), puis en déduire le sens de variation de (un).

  6. Justifier que (un) converge, et noter sa limite.

  7. Montrer que vérifie 2=3+4, résoudre cette équation, et déterminer .

  8. Reprendre l'exercice avec u0=9 : que deviennent la stabilité, la monotonie et la limite ?

Exercice 31 ★★★La suite héronienne : approcher une racine carrée

Suites définies par u(n+1) = f(u(n)) : escalier, stabilité, monotonie, limiteThéorème de la limite monotone

On considère la suite (un)nN définie par

u0=3etun+1=12(un+5un)  pour tout nN

Cette relation est un procédé de calcul approché de 5, connu sous le nom de méthode de Héron. La division par un impose une précaution de départ : il faut d'abord établir que la suite est bien définie.

Partie A. Étude de la suite

  1. Calculer u1, u2 et u3 sous forme de fractions irréductibles.

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, un est bien défini et un>0.

  3. a. Montrer que, pour tout nN, un+125=14(un5un)2.

    b. En déduire que un5 pour tout entier n1, puis vérifier que c'est également vrai pour n=0.

  4. a. Montrer que, pour tout nN, un+1un=5un22un.

    b. En déduire le sens de variation de (un).

  5. Justifier que (un) converge, puis démontrer que sa limite vaut 5.

Partie B. Vitesse de la méthode

  1. Donner les valeurs décimales de u1, u2 et u3 arrondies à 106 près, et les comparer à 52,2360679 Combien de décimales exactes gagne-t-on à chaque étape ?

  2. a. Montrer que, pour tout nN, un+15=(un5)22un.

    b. En déduire que, pour tout n0, un+15(un5)225, et expliquer ce que cette inégalité dit de la vitesse de convergence.

Exercice 32 ★★★★Suite en escargot : quand la fonction est décroissante

Suites définies par u(n+1) = f(u(n)) : escalier, stabilité, monotonie, limiteSuites adjacentes et suites extraites de rangs pairs et impairs

On considère la fonction f définie sur ]1,+[ par f(x)=61+x, et la suite (un)nN définie par

u0=12etun+1=f(un)=61+un  pour tout nN

La figure ci-dessous représente la courbe de f, la droite d'équation y=x et la construction des premiers termes de la suite.

Construction en escargot des premiers termes autour du point fixe

Ici la fonction f est décroissante : la construction ne monte pas en escalier, elle s'enroule en escargot autour du point fixe. La suite n'est donc pas monotone, et le théorème de la limite monotone ne s'applique pas directement à (un). C'est la lecture séparée des rangs pairs et des rangs impairs qui va débloquer l'étude.

Partie A. Lecture et premiers calculs

  1. Lire sur la figure la position relative de u0, u1, u2, u3 par rapport à la valeur 2, et conjecturer le comportement de la suite.

  2. Calculer u1, u2, u3 et u4 sous forme de fractions irréductibles.

  3. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, un est bien défini et un>0.

  4. Résoudre l'équation f(x)=x sur ]0,+[.

Partie B. Séparer les rangs pairs des rangs impairs

  1. a. Montrer que f est décroissante sur ]1,+[.

    b. On pose g=ff. Justifier que g est croissante sur ]0,+[, puis montrer que pour tout x>0, g(x)=6x+6x+7.

  2. Démontrer que (u2n) est croissante et que (u2n+1) est décroissante.

  3. a. Montrer que, pour tout nN, un+12=2(un2)1+un.

    b. En déduire que, pour tout nN, un+22=4(un2)7+un, puis que un+2247un2.

  4. En déduire par récurrence que, pour tout nN,

u2n232(47)netu2n+122(47)n
  1. Conclure sur la convergence de (un) et sur sa limite.

Exercice 33 ★★★★Dichotomie : encadrer une solution par deux suites adjacentes

Suites adjacentes et suites extraites de rangs pairs et impairsPassage à la limite dans les inégalités, encadrement, comparaison

On s'intéresse à l'équation

x3+x=5

et on pose h(x)=x3+x5, de sorte que l'équation s'écrit h(x)=0.

On admet que cette équation possède une solution α dans l'intervalle [1,2]. Le résultat qui garantit cette existence, le théorème des valeurs intermédiaires, sera vu au chapitre suivant : il n'est pas à démontrer ici. En revanche, l'unicité de la solution et tout ce qui suit se traitent avec les seuls outils de ce chapitre.

L'objectif est de construire deux suites qui encadrent α d'aussi près que l'on veut.

Partie A. La solution et le procédé

  1. Démontrer que la fonction xx3+x est strictement croissante sur R, et en déduire que la solution α est unique.

  2. Calculer h(1) et h(2). Justifier que, pour tout réel x,

h(x)0    xα
  1. On construit deux suites (an) et (bn) ainsi : a0=1, b0=2, et pour tout nN, en posant mn=an+bn2,
si h(mn)0: an+1=mn  et  bn+1=bnsinon: an+1=an  et  bn+1=mn

Effectuer les cinq premières étapes et présenter les résultats dans un tableau, avec les valeurs exactes de mn et le signe de h(mn).

Partie B. Deux suites adjacentes

  1. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, bnan=12n.

  2. Démontrer que (an) est croissante et que (bn) est décroissante.

  3. En déduire que (an) et (bn) sont adjacentes.

  4. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, anαbn, puis déterminer la limite commune de (an) et (bn).

  5. Donner l'encadrement de α obtenu après 5 étapes, et préciser son amplitude.

  6. Déterminer le plus petit nombre d'étapes garantissant un encadrement d'amplitude strictement inférieure à 103.

Exercice 34 ★★★★Deux quantités couplées : du système à l'ordre 2

Récurrence linéaire d'ordre 2 à coefficients constants (racines réelles)Modélisation économique : intérêts, amortissement, multiplicateur keynésien

Un éditeur de logiciels propose deux formules d'abonnement, Essentiel et Premium. On étudie la répartition de sa clientèle, dont l'effectif total est stable : personne n'arrive, personne ne part, mais des clients changent de formule d'une année sur l'autre.

Une étude interne établit que, chaque année :

  • 80% des abonnés Essentiel restent en Essentiel, les 20% restants passent en Premium ;
  • 70% des abonnés Premium restent en Premium, les 30% restants reviennent en Essentiel.

Au lancement (année 0), l'éditeur compte 100 milliers d'abonnés, tous en formule Essentiel.

On note xn le nombre d'abonnés Essentiel et yn le nombre d'abonnés Premium, en milliers, à l'année n. Ainsi x0=100 et y0=0.

Partie A. Le modèle

  1. Justifier que, pour tout nN,
xn+1=0,8xn+0,3ynetyn+1=0,2xn+0,7yn
  1. Calculer x1, y1, x2 et y2.

  2. Démontrer que, pour tout nN, xn+yn=100.

Partie B. Une récurrence d'ordre 2

  1. Montrer que, pour tout nN, xn+2=1,5xn+10,5xn. On pourra exprimer yn en fonction de xn+1 et xn à partir de la première équation, puis reporter dans la seconde.

  2. Écrire l'équation caractéristique associée, vérifier qu'elle admet deux racines réelles distinctes et les déterminer.

  3. En déduire l'expression de xn en fonction de n, puis celle de yn. Vérifier les formules sur x0, x1 et x2.

Partie C. Répartition asymptotique

  1. Déterminer les limites de (xn) et de (yn), et interpréter en pourcentage de la clientèle.

  2. Étudier la limite du rapport xnyn (défini pour n1) et interpréter.

  3. À partir de quelle année la formule Premium regroupe-t-elle au moins 39,9 milliers d'abonnés ?

Exercice 35 ★★★★Moyennes mobiles : la moyenne des premiers termes

Passage à la limite dans les inégalités, encadrement, comparaisonLimite d'une suite : convergence, divergence, limites infinies, unicité

À une suite (un)n1 on associe la suite de ses moyennes

mn=u1+u2++unn=1nk=1nukpour n1

L'exercice examine trois exemples explicites, choisis pour montrer trois situations différentes. Dans tout l'exercice, on note

Hn=k=1n1k=1+12++1n

Partie A. Le cas un=1n

Ici mn=Hnn.

  1. Justifier que, pour tout entier k tel que 1kn, on a 1n1k1. En déduire un encadrement de mn, et expliquer pourquoi il ne permet pas de conclure.

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout entier n1, Hn2n1. On pourra utiliser la quantité conjuguée pour montrer que 1n+12(n+1n).

  3. En déduire que mn0.

Partie B. Le cas un=3+2n

  1. Montrer que, pour tout n1, mn=3+2Hnn.

  2. En déduire une majoration de mn3 par une expression simple de n, puis la limite de (mn).

  3. À partir de quel rang cette majoration garantit-elle mn30,1 ?

Partie C. Le cas un=(1)n

  1. Calculer k=1n(1)k en distinguant selon la parité de n, puis en déduire l'expression exacte de mn.

  2. Démontrer que mn0.

  3. Démontrer que la suite (un), elle, diverge. Conclure par une phrase de synthèse sur les trois parties.

Exercice 36 ★★★★Synthèse : trois suites, trois comportements

Suites arithmético-géométriques : point fixe et retour au cas géométriqueRécurrence linéaire d'ordre 2 à coefficients constants (racines réelles)Croissances comparées des suites usuelles

Les trois parties sont indépendantes. Chacune porte sur un type de suite du chapitre. La quatrième partie les compare.

Partie A. Une suite arithmético-géométrique

On définit (an)nN par a0=10 et an+1=0,4an+3 pour tout nN.

  1. Calculer a1 et a2. Déterminer le réel λ vérifiant λ=0,4λ+3.

  2. On pose tn=anλ. Démontrer que (tn) est géométrique, en déduire l'expression de an en fonction de n, et vérifier la formule sur a1 et a2.

  3. Déterminer la limite de (an), puis le plus petit rang n à partir duquel anλ103. On donne ln(0,4)0,9163 et ln(2×104)8,5172.

Partie B. Une récurrence linéaire d'ordre 2

On définit (bn)nN par b0=1, b1=5 et bn+2=5bn+16bn pour tout nN.

  1. Calculer b2 et b3.

  2. Écrire l'équation caractéristique, vérifier qu'elle a deux racines réelles distinctes, puis démontrer que bn=3n+12n+1 pour tout nN.

  3. Déterminer la limite de (bn), puis celle du quotient bn3n+1. Que peut-on dire de la part du terme 2n+1 dans bn ?

Partie C. Puissance contre exponentielle

On pose cn=n32n pour tout n1.

  1. Calculer cn+1cn et démontrer que (cn) est décroissante à partir du rang 4.

  2. Déterminer la limite de (cn), puis le plus petit rang à partir duquel cn103.

Partie D. Comparaison

  1. Compléter un tableau de valeurs aux rangs n=10, n=20 et n=50, puis classer les trois suites selon leur comportement, en justifiant par les valeurs obtenues.

Bloqué sur « Suites de nombres réels » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.