ECG appliquées · Chapitre 13 · Troisième semestre

Exercices — Probabilités et statistiques : statistiques bivariées et couples

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Nuage de points et point moyen d'une série double

Série statistique double, nuage de points et point moyen

Un observatoire économique régional a relevé, pour six entreprises industrielles d'un même secteur, la dépense annuelle de recherche et développement x (en millions d'euros) et le nombre y de brevets déposés dans l'année.

Entreprise A B C D E F
xi 2 4 5 7 8 10
yi 3 6 6 9 11 13

1. L'observatoire cherche à savoir si l'effort de recherche permet d'expliquer le nombre de brevets. Laquelle des deux variables est la variable explicative, laquelle est la variable à expliquer ? Quelle est alors la variable que l'on porte en abscisse ?

2. Représenter le nuage de points associé à cette série statistique double.

3. Calculer les moyennes xˉ et yˉ, puis placer le point moyen G sur le graphique.

4. Commenter l'allure du nuage. Un ajustement affine paraît-il pertinent ?

Exercice 2 ★★★Covariance empirique par la formule de Kœnig-Huygens

Covariance empirique et formule de Kœnig-Huygens

Le service des ressources humaines d'une petite entreprise a relevé, pour cinq salariés, l'ancienneté x (en années) et la prime annuelle y (en centaines d'euros).

Salarié A B C D E
xi 1 3 4 6 6
yi 2 5 5 8 10

1. Calculer les moyennes xˉ et yˉ.

2. Calculer la covariance empirique sxy en utilisant sa définition

sxy=1ni=1n(xixˉ)(yiyˉ)

3. Retrouver ce résultat par la formule de Kœnig-Huygens

sxy=1ni=1nxiyixˉyˉ

4. Que peut-on dire du signe obtenu ?

Exercice 3 ★★★★Calcul et lecture d'un coefficient de corrélation

Covariance empirique et formule de Kœnig-HuygensCoefficient de corrélation linéaire empirique et son interprétation

Une agence d'urbanisme étudie cinq quartiers d'une même ville. Pour chacun, elle relève le nombre x de commerces pour mille habitants et le loyer moyen y du mètre carré, en euros.

Quartier A B C D E
xi 2 4 6 8 10
yi 5 6 8 9 12

1. Calculer xˉ et yˉ.

2. Calculer les variances empiriques sx2 et sy2, ainsi que la covariance empirique sxy.

3. En déduire le coefficient de corrélation linéaire empirique rxy, arrondi au centième. Interpréter la valeur obtenue. On donne 31,732.

4. Que vaudrait rxy si les cinq points du nuage étaient exactement alignés ? Justifier.

Exercice 4 ★★★★Droite de régression de y en x sur cinq observations

Ajustement des moindres carrés et droites de régression

Une enseigne possède cinq magasins. Pour chacun, on note x le nombre de vendeurs employés et y le chiffre d'affaires du mois, en dizaines de milliers d'euros.

Magasin A B C D E
xi 1 2 3 4 5
yi 3 4 5 8 10

On cherche à expliquer le chiffre d'affaires par le nombre de vendeurs.

1. Calculer xˉ, yˉ, la variance empirique sx2 et la covariance empirique sxy.

2. En déduire les coefficients a=sxysx2 et b=yˉaxˉ, puis donner une équation de la droite de régression de y en x.

3. Vérifier que cette droite passe par le point moyen G du nuage.

4. L'enseigne ouvre un sixième magasin avec 6 vendeurs. Estimer son chiffre d'affaires mensuel.

5. Le siège envisage un magasin de 20 vendeurs et applique la même formule. Que penser de la prévision obtenue ?

Exercice 5 ★★★Lire une loi conjointe dans un tableau à double entrée

Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètes

Dans une agence immobilière, on choisit une journée de travail au hasard. On note X le nombre de contrats signés le matin et Y le nombre de contrats signés l'après-midi. On a X(Ω)={0,1,2} et Y(Ω)={1,2,3}.

La loi conjointe du couple (X,Y) est donnée par le tableau suivant, où l'on a noté pi,j=P([X=i][Y=j]).

pi,j Y=1 Y=2 Y=3
X=0 220 320 120
X=1 120 420 220
X=2 320 220 220

1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi conjointe d'un couple de variables aléatoires.

2. Calculer P([X=1][Y=2]) et interpréter cette probabilité.

3. Calculer P(X=Y).

4. Calculer P(X<Y).

5. Calculer P(X+Y=3).

Exercice 6 ★★★Des lois marginales à partir d'un tableau

Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesLois marginales d'un couple

Une enquête est menée dans une commune. On y choisit un ménage au hasard, on note X le nombre de voitures qu'il possède et Y le nombre d'enfants à charge. Aucun ménage de la commune ne possède plus de deux voitures ni plus de deux enfants à charge, de sorte que X(Ω)=Y(Ω)={0,1,2}.

La loi conjointe du couple (X,Y) est donnée par le tableau suivant.

pi,j Y=0 Y=1 Y=2
X=0 324 224 124
X=1 424 524 324
X=2 124 324 224

1. Vérifier que ce tableau définit bien une loi conjointe.

2. Déterminer la loi marginale de X et vérifier que la somme de ses probabilités vaut 1.

3. Déterminer la loi marginale de Y et vérifier de même.

4. Calculer E(X) et E(Y), puis interpréter ces deux nombres.

Exercice 7 ★★★Lois conditionnelles d'un couple fini

Lois conditionnelles d'un couple

Une compagnie d'assurance automobile choisit un client au hasard dans son portefeuille. On note X le nombre de sinistres qu'il a déclarés dans l'année, avec X(Ω)={0,1,2}, et Y la formule qu'il a souscrite, avec Y=1 pour la formule de base et Y=2 pour la formule tous risques.

La loi conjointe du couple (X,Y) est donnée par le tableau suivant.

pi,j Y=1 Y=2
X=0 420 220
X=1 320 520
X=2 320 320

1. Déterminer les lois marginales de X et de Y.

2. Déterminer la loi de X sachant [Y=1], et vérifier que l'on obtient bien une loi de probabilité.

3. Déterminer la loi de Y sachant [X=0], et vérifier de même.

4. Calculer P[Y=2](X1) et interpréter le résultat.

Exercice 8 ★★★★Deux variables sont-elles indépendantes ?

Indépendance de deux variables aléatoires discrètes

On étudie deux couples de variables aléatoires discrètes finies. Le premier, (X,Y), vérifie X(Ω)={0,1} et Y(Ω)={1,2,3}. Le second, (U,V), vérifie U(Ω)={0,1} et V(Ω)={1,2,3}. Leurs lois conjointes sont données par les deux tableaux ci-dessous, où l'on a posé pi,j=P([X=i][Y=j]) et qi,j=P([U=i][V=j]).

Premier tableau : loi du couple (X,Y).

pi,j Y=1 Y=2 Y=3
X=0 220 420 220
X=1 320 620 320

Second tableau : loi du couple (U,V).

qi,j V=1 V=2 V=3
U=0 120 520 220
U=1 420 520 320

1. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ? Justifier.

2. Les variables U et V sont-elles indépendantes ? Justifier.

3. Comparer les lois marginales des deux couples. Que peut-on en conclure ?

Exercice 9 ★★★★Covariance et corrélation d'un couple donné par sa loi

Covariance de deux variables aléatoires : propriétés et calculCoefficient de corrélation linéaire de deux variables aléatoires

Dans un atelier, on choisit au hasard une heure de production. On note X le nombre de pièces défectueuses fabriquées pendant cette heure, avec X(Ω)={0,1,2}, et Y la variable qui vaut 1 si la machine a été révisée le matin même et 0 sinon.

La loi conjointe du couple (X,Y) est donnée par le tableau suivant.

pi,j Y=0 Y=1
X=0 110 210
X=1 210 210
X=2 310 0

1. Vérifier que ce tableau définit bien une loi conjointe, déterminer les lois marginales de X et de Y, puis calculer E(X) et E(Y).

2. Calculer E(XY) à l'aide du théorème de transfert.

3. En déduire Cov(X,Y) par la formule de Kœnig-Huygens.

4. Calculer V(X) et V(Y).

5. En déduire le coefficient de corrélation linéaire ρ(X,Y), arrondi au centième. Conclure sur le sens de la liaison entre X et Y. On donne 103,162.

Exercice 10 ★★★★Loi d'Okun : croissance du PIB et variation du chômage

Série statistique double, nuage de points et point moyenAjustement des moindres carrés et droites de régressionCoefficient de corrélation linéaire empirique et son interprétation

L'économiste américain Arthur Okun a mis en évidence, à partir de données américaines des années 1960, une relation empirique entre la croissance de l'activité économique et l'évolution du chômage : quand le PIB accélère, le chômage recule. Cette relation, appelée depuis loi d'Okun, est l'un des exemples les plus classiques de régression linéaire en économie.

On observe, sur cinq années consécutives d'un pays, la croissance annuelle du PIB x (en %) et la variation du taux de chômage y sur la même année (en points de pourcentage : une valeur positive signifie que le chômage a augmenté).

Croissance du PIB xi (en %) 1 0 1 2 3
Variation du chômage yi (en points) 1,2 0,6 0,2 0,4 0,6

Les données de cet énoncé sont fictives, mais leurs ordres de grandeur sont ceux que l'on observe dans les économies européennes.

On donne 153,873.

1. Représenter le nuage de points associé à cette série statistique double dans un repère orthogonal. Que suggère son allure ?

2. Calculer les coordonnées du point moyen G du nuage.

3. Calculer la variance empirique sx2, la variance empirique sy2 et la covariance empirique sxy. Pour la covariance, on utilisera la formule de Kœnig-Huygens, puis on vérifiera le résultat par la formule de définition.

4. Montrer que le coefficient de corrélation linéaire empirique vaut exactement

rxy=23615

En donner la valeur arrondie au centième, puis l'interpréter.

5. Déterminer une équation de la droite de régression de y en x par la méthode des moindres carrés. Vérifier qu'elle passe par le point moyen G.

6. Interpréter concrètement le coefficient directeur de cette droite, en une phrase d'économiste.

7. Une prévision annonce une croissance du PIB de 4 % pour l'année suivante. Que prévoit le modèle pour la variation du taux de chômage ?

8. À partir de quel taux de croissance du PIB le modèle prévoit-il une baisse du chômage ? Ce seuil porte un nom en économie : le taux de croissance d'équilibre.

9. Citer deux raisons pour lesquelles il faut se méfier de la prévision de la question 7.

Exercice 11 ★★★★Ajustement exponentiel d'un chiffre d'affaires par passage au logarithme

Pré-transformation des données pour se ramener au cas linéaireAjustement des moindres carrés et droites de régression

Une jeune entreprise du numérique suit son chiffre d'affaires annuel y, exprimé en millions d'euros, depuis sa création. On note t le rang de l'année, l'année de création correspondant à t=0.

On pose, pour chaque année, z=ln(y). Les valeurs de z données ci-dessous sont des valeurs approchées, fournies par l'énoncé car la calculatrice n'est pas autorisée.

Rang de l'année ti 0 1 2 3 4
Chiffre d'affaires yi (en M€) 2,00 3,06 4,40 6,75 10,00
zi=ln(yi) 0,69 1,12 1,48 1,91 2,30

On donne également

sz20,3218e0,6982,01e0,4011,49

1. Calculer les quatre écarts successifs yi+1yi. Pourquoi un ajustement affine de y en t n'est-il pas pertinent ? Calculer ensuite les quatre rapports successifs yi+1yi, arrondis au centième, et dire quel type de croissance ils suggèrent.

2. On travaille désormais sur la série double (t,z). Calculer tˉ, zˉ, la variance empirique st2 et la covariance empirique stz.

3. Calculer rtz2, en déduire une valeur approchée de rtz et conclure quant à la pertinence d'un ajustement affine de z en t.

4. Déterminer une équation de la droite de régression de z en t, sous la forme z=at+b.

5. En déduire que le chiffre d'affaires est bien ajusté par un modèle de la forme y=Aeat, où l'on précisera une valeur approchée de A au centième.

6. Montrer que ce modèle revient à multiplier chaque année le chiffre d'affaires par un même coefficient, que l'on déterminera. En déduire le taux de croissance annuel du chiffre d'affaires, en pourcentage.

7. Estimer, à l'aide du modèle, le chiffre d'affaires de l'entreprise l'année de rang 6. On donnera le résultat arrondi au million d'euros.

8. Quelle réserve faut-il émettre sur cette estimation ?

Exercice 12 ★★★★Quatre nuages, quatre corrélations

Série statistique double, nuage de points et point moyenCoefficient de corrélation linéaire empirique et son interprétation

La figure ci-dessous présente quatre nuages de points, étiquetés A, B, C et D. Chacun représente une série statistique double (xi,yi) observée sur un même nombre d'individus.

Quatre nuages de points à associer

Les coefficients de corrélation linéaire empiriques de ces quatre séries sont, dans le désordre,

0,970,880,050

1. Associer à chaque nuage la valeur de rxy qui lui correspond, en justifiant chaque choix.

2. Pour lesquels de ces quatre nuages un ajustement affine par la méthode des moindres carrés a-t-il un sens ? Justifier.

3. Le nuage D a un coefficient de corrélation nul. Peut-on en conclure que les variables x et y sont sans lien ? Expliquer.

4. Pour le nuage D, proposer une pré-transformation des données qui permettrait de se ramener à un ajustement affine.

5. Question de cours. Que peut-on dire d'une série statistique double dont le coefficient de corrélation linéaire vaut exactement 1 ?

Exercice 13 ★★★★Minimum et maximum de deux lancers de dé

Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesLois marginales d'un coupleLoi du minimum et du maximum de deux variables indépendantes

On lance deux dés équilibrés à six faces, numérotées de 1 à 6. On note D1 le résultat du premier dé et D2 celui du second. Les deux lancers sont indépendants, et D1 et D2 suivent chacune la loi uniforme sur [ ⁣[1,6] ⁣].

On pose

X=min(D1,D2)etY=max(D1,D2)

Dans tout l'exercice, on pourra utiliser les sommes usuelles

k=16k=21etk=16k2=91

1. Déterminer X(Ω) et Y(Ω). Justifier que l'on a toujours XY.

2. Soit (i,j)[ ⁣[1,6] ⁣]2. Établir que

P([X=i][Y=j])={0si i>j136si i=j236si i<j

On ne demande pas de dresser le tableau complet de la loi conjointe, qui compterait 36 cases.

3. Vérifier que la somme de toutes les probabilités de la loi conjointe vaut bien 1. En déduire P(X=Y).

4. Déterminer la loi marginale de Y, en montrant que pour tout j[ ⁣[1,6] ⁣],

P(Y=j)=2j136

5. Déterminer de même la loi marginale de X, en montrant que pour tout i[ ⁣[1,6] ⁣],

P(X=i)=2(6i)+136=132i36

6. Calculer E(X) et E(Y) sous forme de fractions irréductibles.

7. Justifier que X+Y=D1+D2, et en déduire sans calcul la valeur de E(X)+E(Y). Vérifier la cohérence avec la question précédente.

8. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

Exercice 14 ★★★★Loi de la somme à partir d'un tableau

Loi d'une variable Z = g(X, Y) : somme et produit

Soit (X,Y) un couple de variables aléatoires discrètes définies sur un même espace probabilisé, avec

X(Ω)={0,1,2}etY(Ω)={1,2,3}

Sa loi conjointe est donnée par le tableau suivant, dont chaque case contient P([X=i][Y=j]).

Y=1 Y=2 Y=3
X=0 220 120 120
X=1 120 320 420
X=2 320 220 320

On pose S=X+Y et T=XY.

1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi conjointe d'un couple de variables aléatoires.

2. Déterminer les lois marginales de X et de Y, puis calculer E(X) et E(Y).

3. Déterminer S(Ω), puis la loi de S. Vérifier que la somme des probabilités obtenues vaut 1.

4. Calculer E(S) à partir de la loi de S.

5. Retrouver E(S) par une autre méthode, sans utiliser la loi de S.

6. Déterminer T(Ω), puis la loi de T.

7. Calculer E(T), puis comparer avec le produit E(X)E(Y). Que peut-on en conclure ?

Exercice 15 ★★★★Théorème de transfert : espérance de X + Y et de XY

Théorème de transfert pour un couple et linéarité de l'espéranceEspérance du produit de deux variables indépendantes

On rappelle le théorème de transfert pour un couple : si (X,Y) est un couple de variables aléatoires discrètes et g une fonction de deux variables, alors, sous réserve d'existence,

E(g(X,Y))=xX(Ω)  yY(Ω)g(x,y)P([X=x][Y=y])

L'intérêt de cette formule est qu'elle donne l'espérance de g(X,Y) sans avoir à déterminer la loi de cette variable : il suffit de parcourir les cases du tableau de la loi conjointe.

Partie A. Un couple quelconque

Le couple (X,Y) a pour loi conjointe le tableau suivant, avec X(Ω)={1,2} et Y(Ω)={1,0,1}.

Y=1 Y=0 Y=1
X=1 112 212 312
X=2 312 212 112

1. Vérifier qu'il s'agit bien d'une loi conjointe, déterminer les lois marginales de X et de Y, puis calculer E(X) et E(Y).

2. Calculer E(X+Y) à l'aide du théorème de transfert, appliqué à g(x,y)=x+y.

3. Retrouver ce résultat par la linéarité de l'espérance.

4. Calculer E(XY) à l'aide du théorème de transfert.

5. Comparer E(XY) et E(X)E(Y). Qu'en déduire sur l'indépendance de X et Y ? Confirmer la conclusion à partir de la définition de l'indépendance.

Partie B. Le même problème avec des variables indépendantes

On considère maintenant deux variables aléatoires U et V indépendantes, telles que U suit la même loi que X et V la même loi que Y.

6. Dresser le tableau de la loi conjointe du couple (U,V).

7. Calculer E(UV) par le théorème de transfert, et comparer à E(U)E(V).

8. Que montre la comparaison des parties A et B ?

Exercice 16 ★★★★Deux tirages dans une urne : avec puis sans remise

Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesIndépendance de deux variables aléatoires discrètes

Une urne contient cinq boules indiscernables au toucher : trois rouges et deux noires. On effectue deux tirages successifs d'une boule, et on note

R1:« la premieˋre boule tireˊe est rouge »R2:« la seconde boule tireˊe est rouge »

On pose X=1R1 et Y=1R2, les indicatrices de ces deux événements : X vaut 1 si la première boule est rouge et 0 sinon, et de même Y pour la seconde boule.

Partie A. Tirages avec remise

Dans cette partie, la première boule est remise dans l'urne avant le second tirage.

1. Déterminer la loi de X, puis celle de Y. Reconnaître ces lois.

2. Justifier que X et Y sont indépendantes, puis dresser le tableau de la loi conjointe du couple (X,Y).

3. Vérifier que la somme des quatre probabilités vaut 1, et que les marges du tableau redonnent bien les lois de la question 1.

Partie B. Tirages sans remise

Dans cette partie, la première boule n'est pas remise dans l'urne : le second tirage se fait donc parmi quatre boules.

4. À l'aide de la formule des probabilités composées, déterminer la loi conjointe du couple (X,Y) et la présenter dans un tableau.

5. Vérifier que la somme des quatre probabilités vaut 1.

6. Déterminer les lois marginales de X et de Y. Comparer avec la partie A : que constate-t-on ?

7. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

8. Déterminer la loi conditionnelle de Y sachant [X=1], puis la loi conditionnelle de Y sachant [X=0]. Interpréter concrètement ces deux lois, et expliquer en quoi elles éclairent la réponse à la question 7.

9. Rédiger en deux phrases le bilan de l'exercice.

Exercice 17 ★★★Variance d'une somme de deux variables corrélées

Variance d'une somme de deux variables aléatoiresCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calcul

Soient X et Y deux variables aléatoires discrètes définies sur un même espace probabilisé, admettant toutes deux un moment d'ordre 2, et telles que

V(X)=4V(Y)=9ρ(X,Y)=0,5

On donne 194,359.

1. Calculer σ(X), σ(Y), puis Cov(X,Y).

2. Calculer V(X+Y), puis σ(X+Y) arrondi au centième. Comparer V(X+Y) à V(X)+V(Y) et commenter.

3. Calculer V(XY).

4. Calculer V(2X3Y+5).

5. Calculer Cov(X+Y,XY) en utilisant la bilinéarité de la covariance.

6. Pour tout réel λ, exprimer V(X+λY) en fonction de λ. Déterminer la valeur de λ qui rend cette variance minimale, ainsi que la valeur minimale obtenue.

7. On reprend la question précédente dans le cas général, avec deux variables quelconques X et Y admettant un moment d'ordre 2 et telles que V(Y)>0. Déduire de l'étude du trinôme l'inégalité

Cov(X,Y)2V(X)V(Y)

puis retrouver que ρ(X,Y)1.

Exercice 18 ★★★Somme de deux binomiales indépendantes de même paramètre

Stabilité des lois binomiales et des lois de PoissonLoi d'une variable Z = g(X, Y) : somme et produit

Partie A. Démonstration du théorème

Soient n1 et n2 deux entiers naturels non nuls et p]0,1[. On pose q=1p. Soient XB(n1,p) et YB(n2,p) deux variables aléatoires indépendantes, de même paramètre p. On pose S=X+Y.

On rappelle la formule de Vandermonde, admise : pour tous entiers naturels m et n et tout k[ ⁣[0,m+n] ⁣],

i=0k(mi)(nki)=(m+nk)

Dans tout l'exercice, on utilise la convention usuelle (ab)=0 dès que b<0 ou b>a.

1. Déterminer S(Ω).

2. Soit k[ ⁣[0,n1+n2] ⁣]. Justifier que la famille ([X=i])i[ ⁣[0,n1] ⁣] est un système complet d'événements, puis établir que

P(S=k)=i=0n1P([X=i][Y=ki])

3. En utilisant l'indépendance de X et Y, puis la convention sur les coefficients binomiaux, montrer que

P(S=k)=i=0k(n1i)piqn1i×(n2ki)pkiqn2k+i

4. Conclure que SB(n1+n2,  p).

Partie B. Application

Un commercial passe 3 appels de prospection le matin et 5 l'après-midi. Chaque appel aboutit à une vente avec la probabilité 0,2, indépendamment de tous les autres. On note X le nombre de ventes du matin et Y celui de l'après-midi.

5. Justifier que XB(3 ; 0,2) et YB(5 ; 0,2), et que ces deux variables sont indépendantes.

6. Donner la loi du nombre total de ventes de la journée S=X+Y, puis E(S) et V(S).

7. Calculer P(S=0) et P(S=1), puis en déduire la probabilité que le commercial réalise au moins deux ventes dans la journée. On donnera les résultats arrondis au millième.

Partie C. Et si les paramètres diffèrent ?

Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes, avec XB(1 ; 12) et YB(1 ; 14). On pose S=X+Y.

8. Déterminer la loi de S.

9. Montrer, par l'absurde, que S ne suit aucune loi binomiale de la forme B(2,p).

10. Montrer enfin que l'hypothèse d'indépendance ne peut pas non plus être supprimée : on considérera XB(1 ; 12) et Y=X, et l'on étudiera X+Y.

Exercice 19 ★★★★Somme de deux variables de Poisson indépendantes

Stabilité des lois binomiales et des lois de PoissonLoi d'une variable Z = g(X, Y) : somme et produit

Soient λ>0 et μ>0. On considère deux variables aléatoires X et Y définies sur le même espace probabilisé, indépendantes, telles que

XP(λ)etYP(μ)

On pose S=X+Y. L'objectif est d'établir que SP(λ+μ), résultat appelé stabilité de la loi de Poisson.

Partie A. La démonstration

1. Déterminer S(Ω).

2. Soit nN fixé. Justifier que la famille ([X=i])iN est un système complet d'événements, puis établir que

P(S=n)=i=0nP([X=i][Y=ni])

en expliquant pourquoi la somme s'arrête à i=n.

3. Où intervient l'hypothèse d'indépendance ? Réécrire la somme précédente comme une somme de produits.

4. Mener le calcul : factoriser par 1n! afin de faire apparaître les coefficients binomiaux, puis reconnaître la formule du binôme de Newton. Conclure.

5. Vérifier que n=0+P(S=n)=1.

Partie B. Application à deux guichets

Dans une agence, deux guichets fonctionnent en parallèle pendant la pause méridienne. On note X le nombre de clients qui se présentent au guichet A et Y le nombre de clients qui se présentent au guichet B pendant cette période. On admet que XP(2), que YP(3) et que ces deux variables sont indépendantes. On note toujours S=X+Y le nombre total de clients.

Pour les applications numériques, on donne e50,006738 et l'on arrondira les résultats à 104 près.

6. Donner la loi de S.

7. Calculer la probabilité qu'aucun client ne se présente pendant la pause, puis la probabilité qu'au moins un client se présente.

8. Retrouver le résultat de la question 7. en écrivant l'événement « aucun client » à l'aide de X et de Y, sans utiliser la loi de S.

9. Calculer la probabilité qu'il se présente exactement 5 clients au total.

Partie C. Espérance et variance, de deux façons

10. Calculer E(S) et V(S) en utilisant uniquement les lois de X et de Y, sans utiliser le résultat de la partie A.

11. Retrouver ces deux valeurs à partir de la loi de S obtenue en question 4.

12. On suppose maintenant que X et Y ne sont plus supposées indépendantes. Parmi les trois résultats « E(S)=λ+μ », « V(S)=λ+μ » et « SP(λ+μ) », lesquels restent vrais ?

Exercice 20 ★★★Minimum et maximum de deux variables géométriques

Loi du minimum et du maximum de deux variables indépendantesIndépendance de deux variables aléatoires discrètes

Deux joueurs, Alice et Bruno, jouent chacun de leur côté à un jeu de hasard. À chaque partie, Alice gagne avec la probabilité p]0,1[ et Bruno gagne avec la probabilité q]0,1[, indépendamment de tout le reste. Ils jouent simultanément, partie après partie, jusqu'à ce que chacun ait obtenu sa première victoire.

On note X le numéro de la partie où Alice gagne pour la première fois, et Y le numéro de la partie où Bruno gagne pour la première fois. Ainsi

XG(p),YG(q)

et l'on admet que X et Y sont indépendantes. On pose

M=min(X,Y)etN=max(X,Y)

de sorte que M est le numéro de la partie où l'un des deux gagne pour la première fois, et N celui où le dernier des deux obtient enfin sa première victoire.

Pour alléger l'écriture, on posera a=1p et b=1q.

Partie A. La queue d'une loi géométrique

1. Rappeler X(Ω) et P(X=i) pour iX(Ω).

2. Soit kN. Démontrer, en sommant une série géométrique, que

P(X>k)=ak

Retrouver ce résultat en interprétant l'événement [X>k] en termes de parties gagnées ou perdues.

3. En déduire P(Xk) pour tout kN.

Partie B. Le minimum

4. Déterminer M(Ω).

5. Soit kN. Justifier l'égalité d'événements [M>k]=[X>k][Y>k], puis établir que

P(M>k)=akbk=(ab)k

6. On pose r=1ab=1(1p)(1q). Vérifier que r]0,1[, puis, en écrivant [M=k] comme une différence d'événements, montrer que

MG(r)

7. En déduire E(M) en fonction de p et de q.

8. Interpréter le paramètre r : pourquoi pouvait-on prévoir ce résultat sans calcul ?

Partie C. Le maximum

9. Déterminer N(Ω), puis établir que pour tout kN,

P(Nk)=(1ak)(1bk)

10. En déduire, pour tout kN, l'expression de P(N=k), et vérifier qu'elle s'écrit

P(N=k)=P(X=k)+P(Y=k)P(M=k)

11. Justifier l'égalité M+N=X+Y, valable pour toute issue de l'expérience. En déduire E(N) sans nouveau calcul de série.

12. Établir que P(X=Y)=pqr.

Partie D. Application numérique

On prend p=12 et q=13.

13. Donner la loi de M, puis E(M), E(N) et P(X=Y). Commenter les valeurs obtenues.

Exercice 21 ★★★Espérance et variance d'une somme de n variables indépendantes

Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suite

Dans tout l'exercice, n désigne un entier supérieur ou égal à 2, et X1,X2,,Xn sont n variables aléatoires discrètes définies sur le même espace probabilisé, admettant toutes une espérance et une variance. On pose

Sn=X1+X2++Xn=i=1nXi

Partie A. Le cas des variables de Bernoulli

On suppose dans cette partie que X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi B(p), avec p]0,1[.

1. Rappeler E(Xi) et V(Xi) pour tout i[ ⁣[1,n] ⁣].

2. Calculer E(Sn). Quelle propriété de l'espérance utilise-t-on, et de quelle hypothèse a-t-on besoin ?

3. Calculer V(Sn). Même question.

4. Reconnaître directement la loi de Sn en revenant à la situation qu'elle modélise, et vérifier que l'espérance et la variance de cette loi coïncident avec les résultats des questions 2. et 3.

5. Application numérique. Un centre d'appels traite 10 dossiers par jour, chacun aboutissant à une vente avec la probabilité 0,3, indépendamment des autres. Donner l'espérance et la variance du nombre quotidien de ventes.

Partie B. Des variables quelconques, indépendantes

On suppose maintenant que X1,,Xn sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la même loi, d'espérance m et de variance σ2, sans autre précision sur cette loi.

6. Exprimer E(Sn) et V(Sn) en fonction de n, m et σ2.

7. On pose Xn=Snn. Calculer E(Xn) et V(Xn), et commenter.

8. Application numérique. Une enseigne possède 10 magasins. Le chiffre d'affaires mensuel d'un magasin, en milliers d'euros, a pour espérance m=50 et pour écart-type σ=3. On suppose d'abord les 10 chiffres d'affaires mutuellement indépendants. Calculer l'espérance et l'écart-type du chiffre d'affaires total de l'enseigne, arrondi au dixième. On donne 103,162 et 2,11,449.

Partie C. Quand l'indépendance tombe

On ne suppose plus les variables indépendantes. On conserve E(Xi)=m et V(Xi)=σ2 pour tout i, et l'on suppose que les covariances deux à deux sont toutes égales à un même réel c :

Cov(Xi,Xj)=cpour tous ij

9. Que devient E(Sn) ?

10. En écrivant V(Sn)=Cov(Sn,Sn) et en utilisant la bilinéarité de la covariance, démontrer que

V(Sn)=nσ2+n(n1)c

11. Exprimer le coefficient de corrélation ρ(Xi,Xj) pour ij en fonction de c et de σ. En déduire un majorant de c.

12. En écrivant que V(Sn)0, obtenir un minorant de c.

13. Application numérique. On reprend les 10 magasins de la question 8., avec m=50 et σ=3, mais on suppose cette fois c=4.

a. Calculer E(S10), V(S10) et l'écart-type de S10, arrondi au dixième. On donne 21,414. Comparer à la question 8.

b. Donner les valeurs extrêmes autorisées pour c, puis décrire ce qui se passe dans chacun de ces deux cas limites.

Exercice 22 ★★★Une loi conjointe donnée par une formule

Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesLois marginales d'un couple

Soit c un réel. On considère un couple (X,Y) de variables aléatoires discrètes à valeurs dans N, dont la loi conjointe est donnée par

P([X=i][Y=j])=c2i+jpour tout (i,j)(N)2

Partie A. La constante et les lois marginales

1. Rappeler la valeur de i=1+12i, en précisant pourquoi la série converge.

2. Déterminer c.

3. Recopier et compléter le tableau des premières valeurs de la loi conjointe, en donnant des fractions.

P([X=i][Y=j]) j=1 j=2 j=3 j=4
i=1
i=2
i=3
i=4

4. Déterminer la loi marginale de X, puis celle de Y. Reconnaître deux lois usuelles.

5. En déduire E(X), V(X), E(Y) et V(Y).

Partie B. Indépendance et comparaison des deux variables

6. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

7. Calculer P(X=Y).

8. Calculer P(X<Y) de deux façons : par un calcul direct, puis par un argument de symétrie.

9. Calculer E(XY) et Cov(X,Y).

Partie C. La loi de la somme

On pose S=X+Y.

10. Déterminer S(Ω).

11. Établir que, pour tout entier s2,

P(S=s)=s12s

12. Vérifier que s=2+P(S=s)=1.

13. Calculer E(S) et V(S) sans utiliser la loi de S.

Exercice 23 ★★★★Covariance nulle n'est pas indépendance

Covariance de deux variables aléatoires : propriétés et calculEspérance du produit de deux variables indépendantesIndépendance de deux variables aléatoires discrètes

Le cours établit que deux variables aléatoires indépendantes ont une covariance nulle. L'objet de cet exercice est de montrer, sur deux exemples, que la réciproque est fausse, et de comprendre précisément ce que mesure la covariance.

Partie A. Une variable et son carré

Soit X une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur {1,0,1}, c'est-à-dire

P(X=1)=P(X=0)=P(X=1)=13

On pose Y=X2.

1. Calculer E(X) et V(X).

2. Déterminer Y(Ω) et la loi de Y. Reconnaître une loi usuelle, puis donner E(Y) et V(Y).

3. Justifier que XY=X, puis en déduire E(XY).

4. Calculer Cov(X,Y) et ρ(X,Y).

5. Dresser le tableau de la loi conjointe du couple (X,Y), en y faisant figurer les lois marginales.

6. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ? Justifier soigneusement.

7. Que dire du lien entre X et Y ? Commenter au regard des questions 4. et 6.

8. Calculer V(X+Y) de deux façons : par la formule de la variance d'une somme, puis en déterminant la loi de X+Y.

Partie B. Un déplacement au hasard

Un jeton est placé à l'origine d'un quadrillage. Il effectue un unique déplacement d'une case, choisi au hasard et de façon équiprobable parmi les quatre directions : vers la droite, vers la gauche, vers le haut, vers le bas. On note X son déplacement horizontal et Y son déplacement vertical, tous deux à valeurs dans {1,0,1}.

9. Justifier que la loi conjointe du couple (X,Y) est donnée par le tableau suivant, et compléter les lois marginales.

P([X=i][Y=j]) j=1 j=0 j=1 Loi de X
i=1 0 14 0
i=0 14 0 14
i=1 0 14 0
Loi de Y 1

10. Calculer E(X), E(Y), V(X) et V(Y).

11. Justifier que la variable XY est constante, puis calculer Cov(X,Y).

12. Les variables X et Y sont-elles indépendantes ?

Partie C. Synthèse

13. Parmi les deux affirmations suivantes, laquelle est un théorème du cours, laquelle est fausse ?

a. Si X et Y sont indépendantes, alors Cov(X,Y)=0.

b. Si Cov(X,Y)=0, alors X et Y sont indépendantes.

14. Énoncer la contraposée de l'affirmation vraie. À quoi sert-elle en pratique ?

15. L'égalité V(X+Y)=V(X)+V(Y) nécessite-t-elle l'indépendance de X et Y ?

16. Généralisation de la partie A. Soit X une variable aléatoire admettant un moment d'ordre 4, telle que E(X)=0 et E(X3)=0. Démontrer que Cov(X,X2)=0.

Exercice 24 ★★★★Nombre de faces distinctes obtenues : la méthode des indicatrices

Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresThéorème de transfert pour un couple et linéarité de l'espéranceCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calcul

On lance n fois un dé équilibré à six faces, numérotées de 1 à 6, les lancers étant indépendants les uns des autres. On note N le nombre de faces distinctes obtenues au cours de ces n lancers. Par exemple, pour n=5 et la suite de résultats 3,1,3,6,1, on a N=3, car seules les faces 1, 3 et 6 sont sorties.

Déterminer la loi de N est un problème difficile. On va pourtant obtenir son espérance et sa variance sans jamais la calculer, grâce à la méthode des indicatrices.

Pour tout k[ ⁣[1,6] ⁣], on note Ak l'événement « la face k apparaît au moins une fois au cours des n lancers », et 1Ak son indicatrice, c'est-à-dire la variable aléatoire qui vaut 1 si Ak est réalisé et 0 sinon.

Partie A. L'espérance

1. Soit A un événement de probabilité p. Déterminer la loi de 1A, puis E(1A) et V(1A).

2. Justifier que

N=k=161Ak

3. Soit k[ ⁣[1,6] ⁣]. Calculer P(Ak), puis P(Ak).

4. En déduire que

E(N)=6(1(56)n)

5. Que vaut E(N) pour n=1 ? Le résultat était-il prévisible ?

Partie B. La variance

6. Les variables 1A1,,1A6 sont-elles indépendantes ? Quelle conséquence cela a-t-il sur le calcul de V(N) ?

7. Soient k et l deux éléments distincts de [ ⁣[1,6] ⁣]. Calculer P(AkAl), puis, en passant au complémentaire de la réunion, établir que

P(AkAl)=12(56)n+(23)n

8. Justifier que 1Ak1Al=1AkAl, puis en déduire E(1Ak1Al).

9. Démontrer que

Cov(1Ak,1Al)=(23)n(2536)n

Quel est le signe de cette covariance ? Interpréter.

10. En utilisant la formule de la variance d'une somme, établir que

V(N)=6(56)n+30(23)n36(2536)n

11. Vérifier cette formule pour n=1.

12. Pour n=2, calculer E(N) et V(N) par la formule, puis les retrouver en déterminant directement la loi de N.

Partie C. Application numérique

On prend n=6 : on lance six fois le dé. On donne les valeurs approchées suivantes.

Puissance (56)6 (23)6 (2536)6
Valeur 0,334898 0,087791 0,112157

On donne également 0,6050,778.

13. Calculer E(N) et V(N) à 103 près, puis σ(N).

14. Commenter : que peut-on dire du nombre de faces distinctes obtenues en six lancers ?

Exercice 25 ★★★Points fixes d'une permutation : le problème des vestiaires

Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calcul

À l'entrée d'un théâtre, n spectateurs déposent leur manteau au vestiaire, avec n2. À la sortie, l'employé a perdu tous les tickets : il rend les n manteaux au hasard, un par personne, toutes les façons de les distribuer étant équiprobables.

On note X le nombre de spectateurs qui récupèrent leur propre manteau. Pour tout i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Ai l'événement « le spectateur numéro i récupère son propre manteau », et 1Ai son indicatrice, c'est-à-dire la variable aléatoire valant 1 si Ai est réalisé et 0 sinon.

Partie A. L'espérance

1. Combien y a-t-il de façons de distribuer les n manteaux aux n spectateurs ?

2. Soit i[ ⁣[1,n] ⁣]. Dénombrer les distributions pour lesquelles le spectateur i récupère son manteau, puis en déduire P(Ai).

3. Justifier que X=i=1n1Ai, puis calculer E(X).

4. Commenter le résultat obtenu. Que se passe-t-il si n vaut 10, puis 1000 ?

Partie B. La variance

5. Soient i et j deux indices distincts. Dénombrer les distributions pour lesquelles les spectateurs i et j récupèrent tous deux leur manteau, puis en déduire

P(AiAj)=1n(n1)

6. Démontrer que

Cov(1Ai,1Aj)=1n2(n1)

Quel est son signe ? Interpréter à l'aide de la probabilité conditionnelle PAi(Aj).

7. Calculer V(1Ai), puis démontrer que

V(X)=1

8. Commenter ce second résultat.

Partie C. Dépendance et vérification

9. Les variables 1A1,,1An sont-elles mutuellement indépendantes ? Donner deux arguments : l'un tiré de la question 6., l'autre relevant du simple bon sens.

10. Justifier que P(X=n1)=0.

11. Vérification pour n=4. Déterminer la loi de X, puis retrouver E(X) et V(X) par un calcul direct.

Exercice 26 ★★★Le collectionneur de vignettes : temps d'attente complet

Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suite

Une marque de céréales glisse dans chaque paquet une vignette, choisie parmi n vignettes différentes numérotées de 1 à n. À chaque achat, la vignette obtenue est choisie de façon équiprobable parmi les n modèles, indépendamment des achats précédents, et le stock du fabricant est supposé inépuisable.

Un collectionneur achète des paquets jusqu'à posséder les n vignettes. On note T le nombre total de paquets qu'il doit acheter pour compléter sa collection.

Pour tout k[ ⁣[1,n] ⁣], on note Tk le nombre de paquets achetés pour passer de k1 vignettes distinctes à k vignettes distinctes. Autrement dit, Tk compte les achats effectués depuis le moment où le collectionneur vient d'obtenir sa (k1)-ième vignette différente, jusqu'au moment où il obtient la k-ième, celui-ci compris.

Partie A. La décomposition

1. Justifier que T=T1+T2++Tn.

2. Que vaut T1 ? Quelle est sa loi ?

3. Soit k[ ⁣[1,n] ⁣]. Le collectionneur possède déjà k1 vignettes distinctes. Quelle est la probabilité qu'un achat lui apporte une vignette nouvelle ? En déduire que

TkG(nk+1n)

4. Vérifier que le résultat de la question 3. est cohérent avec celui de la question 2.

5. Quelle est la loi de Tn ? Commenter.

Partie B. L'espérance

6. Donner E(Tk) pour tout k[ ⁣[1,n] ⁣].

7. En déduire, à l'aide d'un changement d'indice, que

E(T)=nk=1n1k

Partie C. La variance

On admet que les variables T1,T2,,Tn sont mutuellement indépendantes.

8. Expliquer intuitivement pourquoi cette hypothèse est raisonnable.

9. Calculer V(Tk) en fonction de n et de k.

10. En déduire que

V(T)=n2k=1n1k2nk=1n1k

11. Vérifier cette formule dans le cas n=1, puis dans le cas n=2.

Partie D. Applications numériques

12. Le cas n=4. Calculer E(T) et V(T) sous forme de fractions irréductibles, puis en donner des valeurs approchées à 102 près.

13. Le cas n=6. Mêmes questions. On donne k=161k=4920 et k=161k2=53693600, ainsi que 38,996,24.

14. Commenter : combien de paquets faut-il acheter en moyenne pour une collection de six vignettes ? Quelle part de l'attente est due à la dernière vignette ?

Exercice 27 ★★★Loi conditionnelle de X sachant X + Y : de Poisson à la binomiale

Lois conditionnelles d'un coupleStabilité des lois binomiales et des lois de Poisson

Partie A. Deux variables de Poisson

Soient λ>0 et μ>0. On considère deux variables aléatoires indépendantes X et Y telles que

XP(λ)etYP(μ)

et l'on pose S=X+Y. On rappelle le théorème de stabilité de la loi de Poisson :

SP(λ+μ)

On souhaite déterminer la loi conditionnelle de X sachant [S=n], c'est-à-dire la famille des nombres P[S=n]([X=k]) pour kN.

1. Soit nN. Justifier que l'on a le droit de conditionner par l'événement [S=n].

2. Soit k un entier tel que k>n. Montrer que P[S=n]([X=k])=0.

3. Soit k[ ⁣[0,n] ⁣]. Justifier l'égalité d'événements

[X=k][S=n]=[X=k][Y=nk]

puis calculer P([X=k][S=n]).

4. En déduire, par un calcul entièrement rédigé, que

P[S=n]([X=k])=(nk)(λλ+μ)k(μλ+μ)nk

5. Reconnaître une loi usuelle. Vérifier que la somme des probabilités conditionnelles vaut 1.

6. Interprétation. Deux guichets A et B fonctionnent en parallèle. On note X le nombre de clients qui se présentent au guichet A et Y le nombre de clients qui se présentent au guichet B pendant une heure, avec XP(λ) et YP(μ) indépendantes. Interpréter le résultat de la question 5. Le paramètre λ+μ joue-t-il un rôle dans cette loi conditionnelle ?

7. Application numérique. On prend λ=2 et μ=3, et l'on sait qu'il s'est présenté 5 clients en tout. Donner la loi conditionnelle de X sachant [S=5], sous forme de fractions puis de valeurs décimales.

Partie B. La variante binomiale

Soient n1 et n2 deux entiers naturels non nuls, et p]0,1[. On considère cette fois deux variables aléatoires indépendantes U et V telles que

UB(n1,p)etVB(n2,p)

On rappelle le théorème de stabilité de la loi binomiale, valable ici parce que les deux lois ont le même paramètre p :

U+VB(n1+n2, p)

Soit k[ ⁣[0,n1+n2] ⁣].

8. Déterminer l'ensemble des entiers j pour lesquels l'événement [U=j][U+V=k] n'est pas impossible.

9. Pour un tel entier j, démontrer que

P[U+V=k]([U=j])=(n1j)(n2kj)(n1+n2k)

10. Quelle particularité remarquable présente ce résultat ? Interpréter en termes de tirages dans une urne.

11. On rappelle la formule de Vandermonde : pour tous entiers naturels n1, n2 et k,

j(n1j)(n2kj)=(n1+n2k)

la somme portant sur les entiers j de la question 8. Que permet-elle de vérifier ?

12. Application numérique. On prend n1=3, n2=2 et k=2. Donner la loi conditionnelle de U sachant [U+V=2], et vérifier que la somme des probabilités vaut 1.

Exercice 28 ★★★★Portefeuille de deux actifs : minimiser le risque

Variance d'une somme de deux variables aléatoiresCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calculCoefficient de corrélation linéaire de deux variables aléatoiresModélisation d'une situation concrète par un couple ou une suite de variables

Un gérant dispose de deux actifs financiers A et B. Sur un horizon d'un an, on note X le rendement de l'actif A et Y le rendement de l'actif B, exprimés en pourcentage. Le service des risques fournit les caractéristiques suivantes :

E(X)=8,σ(X)=12,E(Y)=5,σ(Y)=9,ρ(X,Y)=16

Le gérant place une proportion w de son capital sur l'actif A et le reste, soit la proportion 1w, sur l'actif B, avec w[0,1]. Le rendement du portefeuille ainsi constitué est la variable aléatoire

Rw=wX+(1w)Y

Dans tout l'exercice, le risque du portefeuille désigne son écart-type σ(Rw), et son rendement espéré désigne E(Rw).

On donne 153,873.

  1. Calculer Cov(X,Y).

  2. Exprimer E(Rw) en fonction de w. Quel choix de w maximise le rendement espéré ?

  3. Démontrer que, pour tout w[0,1],

V(Rw)=189w2126w+81
  1. Déterminer la valeur w de w qui minimise V(Rw) sur [0,1], par deux méthodes : l'étude de la dérivée, puis la mise sous forme canonique. En déduire la variance minimale et le risque minimal, arrondi au centième.

  2. Comparer le portefeuille optimal aux deux placements « purs » w=1 (tout en A) et w=0 (tout en B), du double point de vue du rendement espéré et du risque. Commenter.

  3. On garde les mêmes écarts-types σ(X)=12 et σ(Y)=9, mais on fait varier la corrélation. Reprendre la question 4. dans les trois cas suivants.

    a. ρ(X,Y)=1.

    b. ρ(X,Y)=1.

    c. ρ(X,Y)=0.

  4. Dans le cas général, avec σ(X)=σX>0, σ(Y)=σY>0 et ρ(X,Y)=ρ, établir la formule

w=σY2ρσXσYσX2+σY22ρσXσY

et donner une condition simple sur ρ pour que w appartienne à l'intervalle ]0,1[, c'est-à-dire pour que le portefeuille le moins risqué mélange réellement les deux actifs.

Exercice 29 ★★★★Le lemme des coalitions en pratique

Lemme des coalitionsIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suite

Une entreprise dispose de cinq machines à café en libre-service, numérotées de 1 à 5. Les machines 1 et 2 sont au premier étage, les machines 3, 4 et 5 au second. Le service technique relève chaque mois le nombre de pannes de chaque machine.

Pour i[ ⁣[1,5] ⁣], on note Xi le nombre de pannes de la machine i au cours du mois. On admet que X1,X2,X3,X4,X5 sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi uniforme sur {0,1,2}, c'est-à-dire que pour tout i et tout v{0,1,2},

P(Xi=v)=13

On s'intéresse à deux indicateurs :

U=X1+X2le nombre total de pannes du premier eˊtage, M=max(X3,X4,X5)le plus grand nombre de pannes constateˊ au second eˊtage.
  1. Calculer E(Xi) et V(Xi) pour i[ ⁣[1,5] ⁣].

  2. Déterminer la loi de U, puis E(U) et V(U).

  3. a. Justifier que, pour tout k{0,1,2}, P(Mk)=(k+13)3.

    b. En déduire la loi de M, puis E(M) et V(M).

  4. Énoncer le lemme des coalitions, et l'appliquer pour justifier que les variables U et M sont indépendantes.

  5. En déduire, en indiquant à chaque fois le résultat de cours utilisé :

    a. E(UM) ;

    b. V(U+M) ;

    c. P([U=0][M=2]).

  6. On pose maintenant W=X2+X3, le nombre de pannes des deux machines les plus utilisées, l'une au premier étage, l'autre au second.

    a. Le lemme des coalitions s'applique-t-il au couple (U,W) ? Justifier.

    b. Calculer Cov(U,W) et en déduire que U et W ne sont pas indépendantes.

    c. Retrouver cette non-indépendance sans aucun calcul de covariance, en exhibant un couple de valeurs pour lequel la définition de l'indépendance est mise en défaut.

Exercice 30 ★★★Moyenne empirique d'un échantillon

Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suite

Une torréfaction conditionne du café en paquets. La masse d'un paquet, exprimée en grammes, est une variable aléatoire d'espérance m=250 et d'écart-type σ=6.

Le service qualité prélève n paquets au hasard dans la production. On note X1,X2,,Xn leurs masses respectives et l'on admet que ces n variables sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la même loi, d'espérance m et de variance σ2. On appelle moyenne empirique du prélèvement la variable aléatoire

Xn=1ni=1nXi

Aucune hypothèse n'est faite sur la loi commune des Xi : seules l'espérance et la variance interviennent dans tout l'exercice.

  1. Démontrer que E(Xn)=m. Quelle hypothèse de l'énoncé cette démonstration utilise-t-elle, et laquelle n'utilise-t-elle pas ?

  2. Démontrer que V(Xn)=σ2n, puis en déduire σ(Xn). Où l'indépendance intervient-elle ?

  3. Application numérique.

    a. Calculer σ(Xn) pour n=4, puis pour n=100.

    b. Le service qualité souhaite que l'écart-type de la moyenne empirique ne dépasse pas 0,5 gramme. Déterminer le plus petit entier n convenant.

    c. Combien de paquets faudrait-il prélever pour diviser encore par deux cet écart-type ? Commenter le coût de la précision.

  4. Soit n2.

    a. Calculer Cov(Xn,X1).

    b. En déduire ρ(Xn,X1), en supposant σ>0. Interpréter le comportement de ce coefficient lorsque n augmente.

  5. On pose D1=X1Xn, l'écart du premier paquet à la moyenne du prélèvement.

    a. Démontrer que Cov(D1,Xn)=0.

    b. Les variables D1 et Xn sont-elles pour autant indépendantes ? Que peut-on affirmer, et que ne peut-on pas affirmer ?

    c. Calculer V(D1) en fonction de σ2 et de n, et vérifier la cohérence du résultat pour n=1.

Exercice 31 ★★★Changement d'unité : ce qui bouge et ce qui ne bouge pas

Covariance empirique et formule de Kœnig-HuygensCoefficient de corrélation linéaire empirique et son interprétationAjustement des moindres carrés et droites de régression

Un institut d'études économiques suit cinq catégories de ménages. Pour chacune, il relève le revenu mensuel moyen x, exprimé en milliers d'euros, et le taux d'épargne y, exprimé en pourcentage du revenu.

Catégorie 1 2 3 4 5
Revenu xi 1 3 4 5 7
Taux d'épargne yi 4 10 8 12 16

On rappelle que le revenu d'un ménage se partage entre consommation et épargne, de sorte que le taux de consommation est le complément à 100 du taux d'épargne.

L'institut publie ensuite ses données sous une autre forme :

  • le revenu est exprimé en centaines d'euros comptées à partir du seuil de référence de 2000 euros, ce qui conduit à poser x=10x20 ;
  • c'est le taux de consommation qui est publié, et non le taux d'épargne, ce qui conduit à poser y=100y.

Partie A. La série initiale.

  1. Calculer x, y, sx2, sy2 et sxy. On utilisera la formule de Kœnig-Huygens et on donne i=15xi2=100, i=15yi2=580 et i=15xiyi=238.

  2. En déduire le coefficient de corrélation linéaire rxy, puis l'équation y=ax+b de la droite de régression de y en x. Interpréter le coefficient a.

Partie B. L'effet d'un changement d'unité, en toute généralité.

Soient α, β, γ, δ quatre réels avec α0 et γ0. On pose, pour tout i[ ⁣[1,n] ⁣], xi=αxi+β et yi=γyi+δ.

  1. Démontrer que x=αx+β et que sx=αsx.

  2. Démontrer que sxy=αγsxy.

  3. En déduire que

rxy=αγαγ  rxy

et énoncer en une phrase, en français, ce que ce résultat signifie.

  1. On note y=ax+b la droite de régression de y en x et y=ax+b celle de y en x. Exprimer a et b en fonction de a, b et des quatre paramètres.

Partie C. Vérification sur les données.

  1. Calculer directement x, y, sx, sy, sxy, rxy, puis a et b. Confronter chaque valeur aux formules de la partie B.

  2. Rédiger la conclusion de l'étude : parmi la covariance, le coefficient de corrélation et la pente de la droite de régression, lesquels dépendent des unités choisies et lesquels n'en dépendent pas ?

Exercice 32 ★★★Nombre de records dans une suite d'observations

Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suiteCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calcul

Un cabinet de recrutement reçoit n candidats pour un même poste, avec n2. À l'issue des entretiens, les candidats peuvent être classés du moins bon au meilleur, sans aucun ex æquo : on attribue ainsi au moins bon la note 1, au suivant la note 2, et ainsi de suite jusqu'à n pour le meilleur.

L'ordre de passage est tiré au sort. On modélise cette situation en supposant que la suite des notes rencontrées, (X1,X2,,Xn), est une permutation aléatoire uniforme de [ ⁣[1,n] ⁣] : les n! ordres de passage possibles sont équiprobables, et Xk désigne la note du candidat reçu en k-ième position.

On dit que le recruteur a un coup de cœur au rang k lorsque le k-ième candidat est meilleur que tous ceux qu'il a déjà reçus. Formellement, on note Bk l'événement

Bk:Xk>Xjpour tout j[ ⁣[1,k1] ⁣]

Par convention B1 est l'événement certain : le premier candidat est toujours un coup de cœur, faute de comparaison possible. On note enfin R le nombre total de coups de cœur au cours de la journée.

Pour tout événement A, on note 1A son indicatrice, c'est-à-dire la variable aléatoire qui vaut 1 si A est réalisé et 0 sinon.

  1. Justifier que R=k=1n1Bk, et donner la loi de 1Bk en fonction de P(Bk).

  2. Soit k[ ⁣[1,n] ⁣]. Démontrer par dénombrement que

P(Bk)=1k
  1. En déduire E(R).

  2. On admet le résultat classique suivant : les événements B1,B2,,Bn sont mutuellement indépendants.

    a. Vérifier ce résultat à la main dans le cas n=3, en listant les six permutations.

    b. En déduire V(R) en fonction de n.

  3. Application numérique avec n=4 : donner E(R) et V(R) sous forme de fractions irréductibles, puis une valeur approchée de σ(R) au centième. On donne 959,747.

  4. Le cabinet reçoit maintenant n=100 candidats. Sans calculer la somme, expliquer pourquoi le nombre moyen de coups de cœur reste très modeste, et justifier en particulier que E(R)1+ln(100). On donne ln(100)4,61.

Exercice 33 ★★★Marche aléatoire : corrélation entre deux instants

Variance d'une somme de deux variables aléatoiresCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calculCoefficient de corrélation linéaire de deux variables aléatoiresEspérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresLemme des coalitions

Un joueur mise un euro à chaque partie d'un jeu de hasard. À chaque partie, indépendamment des précédentes, il gagne un euro avec la probabilité p et perd un euro avec la probabilité 1p, où p]0,1[.

Pour tout entier i1, on note Xi le résultat algébrique de la i-ième partie, de sorte que

P(Xi=1)=petP(Xi=1)=1p

Les variables X1,X2, sont supposées mutuellement indépendantes. Pour n1, on note

Sn=i=1nXi

la fortune algébrique du joueur après n parties, et l'on convient que S0=0. La suite (Sn) est appelée marche aléatoire sur Z.

On donne 9,63,10.

Partie A. Un instant isolé.

  1. Calculer E(X1), puis E(X12), et en déduire que V(X1)=4p(1p).

  2. En déduire E(Sn) et V(Sn) pour tout n1, en précisant à chaque fois quelle hypothèse est utilisée.

  3. Application numérique avec p=0,6 et n=10 : calculer E(S10), V(S10) et σ(S10) au centième. Le jeu est-il favorable au joueur ?

Partie B. Deux instants.

Dans toute cette partie, m et n sont deux entiers avec 1m<n.

  1. Justifier soigneusement, à l'aide du lemme des coalitions, que les variables Sm et SnSm sont indépendantes.

  2. En écrivant Sn=Sm+(SnSm), démontrer que

Cov(Sm,Sn)=m×V(X1)=4mp(1p)
  1. En déduire que, pour tout p]0,1[,
ρ(Sm,Sn)=mn

Ce résultat dépend-il de p ?

  1. Application numérique avec p=12, m=4 et n=9 : calculer ρ(S4,S9).

  2. Interpréter le résultat de la question 6. en discutant les deux situations suivantes.

    a. L'entier m est fixé et n devient très grand.

    b. L'entier n vaut m+1 et m devient très grand.

Partie C. Retour aux lois usuelles.

  1. Soit n1. Justifier que Sn et n ont la même parité, puis démontrer que la variable
Tn=Sn+n2

est le nombre de parties gagnées au cours des n premières parties. En déduire sa loi.

  1. Retrouver E(Sn) et V(Sn) à partir de la loi de Tn.

  2. Le joueur joue 9 parties avec p=12. Calculer la probabilité qu'il termine avec un gain net de 3 euros.

Exercice 34 ★★★★Nombre de succès et rang du premier succès

Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesLois marginales d'un coupleLois conditionnelles d'un couple

Un télévendeur passe n appels au cours de sa journée, avec n2. Chaque appel aboutit à une vente avec la probabilité p]0,1[, indépendamment des autres appels. On pose q=1p.

On note :

  • X le nombre total de ventes conclues sur les n appels ;
  • Y le rang du premier appel ayant abouti à une vente, avec la convention Y=0 si aucun appel n'aboutit.

Partie A. La loi conjointe.

  1. Préciser X(Ω) et Y(Ω). Donner la loi de X en justifiant brièvement, puis calculer P(Y=0) et P([X=0][Y=0]).

  2. Soit j[ ⁣[1,n] ⁣] et k[ ⁣[1,n] ⁣].

    a. Montrer que P([X=k][Y=j])=0 dès que k>nj+1.

    b. Démontrer que, pour 1jn et 1knj+1,

P([X=k][Y=j])=(njk1)pkqnk

Partie B. Les lois marginales.

  1. Retrouver la loi de Y à partir de la loi conjointe. Reconnaître cette loi et vérifier que la somme de toutes les probabilités vaut 1.

  2. Retrouver la loi de X à partir de la loi conjointe. On établira au préalable, à l'aide de la formule de Pascal, l'identité

i=k1n1(ik1)=(nk)pour 1kn

Partie C. La loi conditionnelle.

  1. Soit k[ ⁣[1,n] ⁣]. Déterminer la loi de Y sachant [X=k].

  2. Cette loi conditionnelle dépend-elle de p ? Est-elle uniforme sur [ ⁣[1,nk+1] ⁣] ? On examinera d'abord le cas k=1, puis le cas général, et l'on donnera une interprétation du résultat en termes de positions des ventes.

Partie D. Application numérique.

Dans cette partie, n=4 et p=12.

  1. Dresser le tableau complet de la loi conjointe de (X,Y), les probabilités étant exprimées en seizièmes.

  2. Vérifier sur ce tableau les deux lois marginales obtenues aux questions 3. et 4.

  3. Donner la loi de Y sachant [X=2], puis la loi de Y sachant [X=1]. Commenter.

  4. Calculer E(X), E(Y), E(XY) et en déduire Cov(X,Y). Le signe obtenu était-il prévisible ?

Exercice 35 ★★★★Un nombre aléatoire de clients : la loi de Poisson filtrée

Lois conditionnelles d'un coupleThéorème de transfert pour un couple et linéarité de l'espéranceStabilité des lois binomiales et des lois de PoissonModélisation d'une situation concrète par un couple ou une suite de variables

Une boutique de centre-ville observe sa fréquentation heure par heure. Le nombre N de clients qui franchissent la porte au cours d'une heure donnée suit la loi de Poisson de paramètre λ=8.

Chaque client entré effectue un achat avec la probabilité p=14, indépendamment des autres clients et indépendamment du nombre total N de clients de l'heure. On pose q=1p=34.

On note X le nombre de clients ayant effectué un achat au cours de cette heure, et Y=NX le nombre de clients repartis sans rien acheter.

On rappelle la série exponentielle : pour tout réel u, m=0+umm!=eu. On donne e20,1353.

Conformément au programme, on admet que toutes les manipulations de sommes indexées par N (interversions, regroupements) sont licites.

Partie A. La loi de X.

  1. Soit nN. Justifier que la loi de X sachant [N=n] est la loi binomiale B(n,p).

  2. En déduire, pour tous entiers k et n tels que 0kn, l'expression de P([X=k][N=n]).

  3. Démontrer, à l'aide de la formule des probabilités totales appliquée au système complet d'événements ([N=n])nN, que

XP(λp)
  1. Application numérique : préciser la loi de X, puis calculer E(X), V(X), P(X=0) et P(X2), ces deux dernières valeurs arrondies au millième.

Partie B. Le couple (X,Y).

  1. Soient k et l deux entiers naturels. Démontrer que
P([X=k][Y=l])=(eλp(λp)kk!)(eλq(λq)ll!)
  1. En déduire la loi de Y, puis démontrer que X et Y sont indépendantes.

  2. Ce résultat est surprenant, puisque X+Y=N est aléatoire. Expliquer pourquoi l'intuition résiste, en examinant ce qui se passerait si le nombre de clients était une constante n connue à l'avance.

  3. Vérifier la cohérence de l'ensemble à l'aide du théorème de stabilité de la loi de Poisson.

Partie C. Lien entre X et N.

  1. Calculer E(XN), puis Cov(X,N) par la formule de Kœnig-Huygens. Retrouver ce résultat par un calcul de bilinéarité.

  2. Calculer ρ(X,N) et montrer que ce coefficient vaut p, indépendamment de λ. Interpréter les deux cas limites où p est proche de 0 et où p est proche de 1.

Exercice 36 ★★★Synthèse : tarification d'un contrat d'assurance

Pré-transformation des données pour se ramener au cas linéaireAjustement des moindres carrés et droites de régressionLoi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesVariance d'une somme de deux variables aléatoiresEspérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresModélisation d'une situation concrète par un couple ou une suite de variables

Une compagnie d'assurance automobile veut tarifer un nouveau contrat. Elle procède en deux temps : elle étudie d'abord comment le risque dépend de l'âge du conducteur, puis elle calcule la prime à faire payer. Les trois parties sont largement indépendantes les unes des autres.

Partie A. Le risque en fonction de l'âge.

La compagnie répartit ses assurés en cinq tranches d'âge. Pour chaque tranche, elle relève l'âge moyen x des conducteurs, en années, et la fréquence annuelle de sinistre y, c'est-à-dire le nombre moyen de sinistres déclarés par contrat et par an.

Tranche 1 2 3 4 5
Âge moyen xi 20 30 40 50 60
Fréquence yi 0,210 0,147 0,108 0,079 0,064

Le nuage de points suggère une décroissance qui n'est pas affine. On effectue donc la pré-transformation z=ln(y), et l'énoncé fournit les valeurs de zi=ln(yi) arrondies au centième :

Tranche 1 2 3 4 5
zi 1,56 1,92 2,23 2,54 2,75

Tous les calculs de la partie A seront menés avec ces valeurs arrondies. On donne

i=15xi2=9000i=15zi2=25,107i=15xizi=470

ainsi que 20014,142, 0,18140,4259, e10,368, e0,030,970, e0,30,741 et e3,10,045.

  1. Calculer les quatre écarts successifs yi+1yi, puis les quatre rapports successifs yi+1yi arrondis au centième. Lequel de ces deux indicateurs est le plus stable, et pourquoi cela justifie-t-il la transformation z=ln(y) plutôt qu'un ajustement affine direct de y en x ?

  2. Calculer x, z, sx2, sz2 et sxz.

  3. En déduire le coefficient de corrélation linéaire rxz, arrondi au millième. Conclure sur la pertinence d'un ajustement affine de z en x.

  4. Déterminer la droite de régression de z en x sous la forme z=ax+b, puis en déduire une expression de y en fonction de x. Interpréter concrètement le coefficient a.

  5. La compagnie envisage d'ouvrir le contrat à une tranche d'âge moyen 70 ans. Donner la fréquence de sinistre prévue par le modèle, puis formuler deux critiques précises de cette prévision.

Partie B. Le coût d'un portefeuille de contrats.

Le coût C d'un sinistre, exprimé en euros, suit la loi suivante :

Valeur de C 1000 5000 25000
Probabilité 0,75 0,20 0,05

On donne 285,292 et 103,162.

  1. Calculer E(C), V(C) et σ(C). Commenter le rapport entre l'écart-type et l'espérance.

Pour tarifer, la compagnie remplace le coût aléatoire d'un sinistre par le coût forfaitaire c=E(C). Le nombre annuel de sinistres d'un assuré est une variable aléatoire de loi de Poisson de paramètre λ=0,1, et le coût annuel de cet assuré est alors cX.

  1. Calculer l'espérance et la variance du coût annuel cX d'un assuré.

La compagnie détient n=1000 contrats. Pour i[ ⁣[1,n] ⁣], on note Xi le nombre annuel de sinistres du i-ième assuré, et l'on suppose dans cette partie que X1,,Xn sont mutuellement indépendantes, de même loi P(λ). On pose

M=i=1nXietT=cM

T est le coût total annuel du portefeuille.

  1. Démontrer par récurrence, à l'aide du théorème de stabilité de la loi de Poisson et du lemme des coalitions, que MP(nλ). En déduire E(T), V(T) et σ(T).

  2. On appelle prime pure la somme E(T)n que chaque assuré devrait verser pour que la compagnie soit à l'équilibre en moyenne. La calculer. La compagnie ajoute ensuite un chargement de sécurité égal à 2σ(T)n par contrat. Calculer la prime chargée et le taux de chargement en pourcentage de la prime pure.

Partie C. L'indépendance est-elle raisonnable ?

Deux assurés habitent la même rue. On simplifie en ne retenant que l'information « au moins un sinistre dans l'année », et l'on note A et B les variables aléatoires valant 1 si l'assuré concerné a déclaré au moins un sinistre et 0 sinon. Une étude sur les données de la compagnie fournit la loi conjointe suivante.

A  \  B 0 1
0 0,82 0,08
1 0,08 0,02
  1. Déterminer les lois marginales de A et de B. Les variables A et B sont-elles indépendantes ? Calculer Cov(A,B) et ρ(A,B).

  2. On revient au portefeuille de n=1000 contrats de la partie B, mais on suppose désormais que, pour tout couple (i,j) avec ij, Cov(Xi,Xj)=κ avec κ=0,01, les variances restant égales à λ=0,1.

    a. Démontrer que V(M)=nλ+n(n1)κ, puis calculer V(M) et σ(M). On donne 10090100,45.

    b. En déduire le nouvel écart-type σ(T), puis la nouvelle prime chargée. Commenter.

    c. Quel phénomène concret cette covariance positive modélise-t-elle ?

  3. Pour finir, indiquer dans quel sens le remplacement du coût aléatoire C par le forfait c=E(C) fausse le calcul de la partie B. Le résultat obtenu est-il prudent ou imprudent ?

Bloqué sur « Probabilités et statistiques : statistiques bivariées et couples » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.