ECG appliquées · Chapitre 13 · Troisième semestre
Exercices — Probabilités et statistiques : statistiques bivariées et couples
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Nuage de points et point moyen d'une série double
Série statistique double, nuage de points et point moyen
Un observatoire économique régional a relevé, pour six entreprises industrielles d'un même secteur, la dépense annuelle de recherche et développement (en millions d'euros) et le nombre de brevets déposés dans l'année.
| Entreprise | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
1. L'observatoire cherche à savoir si l'effort de recherche permet d'expliquer le nombre de brevets. Laquelle des deux variables est la variable explicative, laquelle est la variable à expliquer ? Quelle est alors la variable que l'on porte en abscisse ?
2. Représenter le nuage de points associé à cette série statistique double.
3. Calculer les moyennes et , puis placer le point moyen sur le graphique.
4. Commenter l'allure du nuage. Un ajustement affine paraît-il pertinent ?
Exercice 2 ★★★★ — Covariance empirique par la formule de Kœnig-Huygens
Covariance empirique et formule de Kœnig-Huygens
Le service des ressources humaines d'une petite entreprise a relevé, pour cinq salariés, l'ancienneté (en années) et la prime annuelle (en centaines d'euros).
| Salarié | |||||
|---|---|---|---|---|---|
1. Calculer les moyennes et .
2. Calculer la covariance empirique en utilisant sa définition
3. Retrouver ce résultat par la formule de Kœnig-Huygens
4. Que peut-on dire du signe obtenu ?
Exercice 3 ★★★★ — Calcul et lecture d'un coefficient de corrélation
Covariance empirique et formule de Kœnig-HuygensCoefficient de corrélation linéaire empirique et son interprétation
Une agence d'urbanisme étudie cinq quartiers d'une même ville. Pour chacun, elle relève le nombre de commerces pour mille habitants et le loyer moyen du mètre carré, en euros.
| Quartier | |||||
|---|---|---|---|---|---|
1. Calculer et .
2. Calculer les variances empiriques et , ainsi que la covariance empirique .
3. En déduire le coefficient de corrélation linéaire empirique , arrondi au centième. Interpréter la valeur obtenue. On donne .
4. Que vaudrait si les cinq points du nuage étaient exactement alignés ? Justifier.
Exercice 4 ★★★★ — Droite de régression de y en x sur cinq observations
Ajustement des moindres carrés et droites de régression
Une enseigne possède cinq magasins. Pour chacun, on note le nombre de vendeurs employés et le chiffre d'affaires du mois, en dizaines de milliers d'euros.
| Magasin | |||||
|---|---|---|---|---|---|
On cherche à expliquer le chiffre d'affaires par le nombre de vendeurs.
1. Calculer , , la variance empirique et la covariance empirique .
2. En déduire les coefficients et , puis donner une équation de la droite de régression de en .
3. Vérifier que cette droite passe par le point moyen du nuage.
4. L'enseigne ouvre un sixième magasin avec vendeurs. Estimer son chiffre d'affaires mensuel.
5. Le siège envisage un magasin de vendeurs et applique la même formule. Que penser de la prévision obtenue ?
Exercice 5 ★★★★ — Lire une loi conjointe dans un tableau à double entrée
Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètes
Dans une agence immobilière, on choisit une journée de travail au hasard. On note le nombre de contrats signés le matin et le nombre de contrats signés l'après-midi. On a et .
La loi conjointe du couple est donnée par le tableau suivant, où l'on a noté .
1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi conjointe d'un couple de variables aléatoires.
2. Calculer et interpréter cette probabilité.
3. Calculer .
4. Calculer .
5. Calculer .
Exercice 6 ★★★★ — Des lois marginales à partir d'un tableau
Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesLois marginales d'un couple
Une enquête est menée dans une commune. On y choisit un ménage au hasard, on note le nombre de voitures qu'il possède et le nombre d'enfants à charge. Aucun ménage de la commune ne possède plus de deux voitures ni plus de deux enfants à charge, de sorte que .
La loi conjointe du couple est donnée par le tableau suivant.
1. Vérifier que ce tableau définit bien une loi conjointe.
2. Déterminer la loi marginale de et vérifier que la somme de ses probabilités vaut .
3. Déterminer la loi marginale de et vérifier de même.
4. Calculer et , puis interpréter ces deux nombres.
Exercice 7 ★★★★ — Lois conditionnelles d'un couple fini
Lois conditionnelles d'un couple
Une compagnie d'assurance automobile choisit un client au hasard dans son portefeuille. On note le nombre de sinistres qu'il a déclarés dans l'année, avec , et la formule qu'il a souscrite, avec pour la formule de base et pour la formule tous risques.
La loi conjointe du couple est donnée par le tableau suivant.
1. Déterminer les lois marginales de et de .
2. Déterminer la loi de sachant , et vérifier que l'on obtient bien une loi de probabilité.
3. Déterminer la loi de sachant , et vérifier de même.
4. Calculer et interpréter le résultat.
Exercice 8 ★★★★ — Deux variables sont-elles indépendantes ?
Indépendance de deux variables aléatoires discrètes
On étudie deux couples de variables aléatoires discrètes finies. Le premier, , vérifie et . Le second, , vérifie et . Leurs lois conjointes sont données par les deux tableaux ci-dessous, où l'on a posé et .
Premier tableau : loi du couple .
Second tableau : loi du couple .
1. Les variables et sont-elles indépendantes ? Justifier.
2. Les variables et sont-elles indépendantes ? Justifier.
3. Comparer les lois marginales des deux couples. Que peut-on en conclure ?
Exercice 9 ★★★★ — Covariance et corrélation d'un couple donné par sa loi
Covariance de deux variables aléatoires : propriétés et calculCoefficient de corrélation linéaire de deux variables aléatoires
Dans un atelier, on choisit au hasard une heure de production. On note le nombre de pièces défectueuses fabriquées pendant cette heure, avec , et la variable qui vaut si la machine a été révisée le matin même et sinon.
La loi conjointe du couple est donnée par le tableau suivant.
1. Vérifier que ce tableau définit bien une loi conjointe, déterminer les lois marginales de et de , puis calculer et .
2. Calculer à l'aide du théorème de transfert.
3. En déduire par la formule de Kœnig-Huygens.
4. Calculer et .
5. En déduire le coefficient de corrélation linéaire , arrondi au centième. Conclure sur le sens de la liaison entre et . On donne .
Exercice 10 ★★★★ — Loi d'Okun : croissance du PIB et variation du chômage
Série statistique double, nuage de points et point moyenAjustement des moindres carrés et droites de régressionCoefficient de corrélation linéaire empirique et son interprétation
L'économiste américain Arthur Okun a mis en évidence, à partir de données américaines des années 1960, une relation empirique entre la croissance de l'activité économique et l'évolution du chômage : quand le PIB accélère, le chômage recule. Cette relation, appelée depuis loi d'Okun, est l'un des exemples les plus classiques de régression linéaire en économie.
On observe, sur cinq années consécutives d'un pays, la croissance annuelle du PIB (en %) et la variation du taux de chômage sur la même année (en points de pourcentage : une valeur positive signifie que le chômage a augmenté).
| Croissance du PIB (en %) | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Variation du chômage (en points) |
Les données de cet énoncé sont fictives, mais leurs ordres de grandeur sont ceux que l'on observe dans les économies européennes.
On donne .
1. Représenter le nuage de points associé à cette série statistique double dans un repère orthogonal. Que suggère son allure ?
2. Calculer les coordonnées du point moyen du nuage.
3. Calculer la variance empirique , la variance empirique et la covariance empirique . Pour la covariance, on utilisera la formule de Kœnig-Huygens, puis on vérifiera le résultat par la formule de définition.
4. Montrer que le coefficient de corrélation linéaire empirique vaut exactement
En donner la valeur arrondie au centième, puis l'interpréter.
5. Déterminer une équation de la droite de régression de en par la méthode des moindres carrés. Vérifier qu'elle passe par le point moyen .
6. Interpréter concrètement le coefficient directeur de cette droite, en une phrase d'économiste.
7. Une prévision annonce une croissance du PIB de pour l'année suivante. Que prévoit le modèle pour la variation du taux de chômage ?
8. À partir de quel taux de croissance du PIB le modèle prévoit-il une baisse du chômage ? Ce seuil porte un nom en économie : le taux de croissance d'équilibre.
9. Citer deux raisons pour lesquelles il faut se méfier de la prévision de la question 7.
Exercice 11 ★★★★ — Ajustement exponentiel d'un chiffre d'affaires par passage au logarithme
Pré-transformation des données pour se ramener au cas linéaireAjustement des moindres carrés et droites de régression
Une jeune entreprise du numérique suit son chiffre d'affaires annuel , exprimé en millions d'euros, depuis sa création. On note le rang de l'année, l'année de création correspondant à .
On pose, pour chaque année, . Les valeurs de données ci-dessous sont des valeurs approchées, fournies par l'énoncé car la calculatrice n'est pas autorisée.
| Rang de l'année | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires (en M€) | |||||
On donne également
1. Calculer les quatre écarts successifs . Pourquoi un ajustement affine de en n'est-il pas pertinent ? Calculer ensuite les quatre rapports successifs , arrondis au centième, et dire quel type de croissance ils suggèrent.
2. On travaille désormais sur la série double . Calculer , , la variance empirique et la covariance empirique .
3. Calculer , en déduire une valeur approchée de et conclure quant à la pertinence d'un ajustement affine de en .
4. Déterminer une équation de la droite de régression de en , sous la forme .
5. En déduire que le chiffre d'affaires est bien ajusté par un modèle de la forme , où l'on précisera une valeur approchée de au centième.
6. Montrer que ce modèle revient à multiplier chaque année le chiffre d'affaires par un même coefficient, que l'on déterminera. En déduire le taux de croissance annuel du chiffre d'affaires, en pourcentage.
7. Estimer, à l'aide du modèle, le chiffre d'affaires de l'entreprise l'année de rang . On donnera le résultat arrondi au million d'euros.
8. Quelle réserve faut-il émettre sur cette estimation ?
Exercice 12 ★★★★ — Quatre nuages, quatre corrélations
Série statistique double, nuage de points et point moyenCoefficient de corrélation linéaire empirique et son interprétation
La figure ci-dessous présente quatre nuages de points, étiquetés A, B, C et D. Chacun représente une série statistique double observée sur un même nombre d'individus.
Les coefficients de corrélation linéaire empiriques de ces quatre séries sont, dans le désordre,
1. Associer à chaque nuage la valeur de qui lui correspond, en justifiant chaque choix.
2. Pour lesquels de ces quatre nuages un ajustement affine par la méthode des moindres carrés a-t-il un sens ? Justifier.
3. Le nuage D a un coefficient de corrélation nul. Peut-on en conclure que les variables et sont sans lien ? Expliquer.
4. Pour le nuage D, proposer une pré-transformation des données qui permettrait de se ramener à un ajustement affine.
5. Question de cours. Que peut-on dire d'une série statistique double dont le coefficient de corrélation linéaire vaut exactement ?
Exercice 13 ★★★★ — Minimum et maximum de deux lancers de dé
Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesLois marginales d'un coupleLoi du minimum et du maximum de deux variables indépendantes
On lance deux dés équilibrés à six faces, numérotées de à . On note le résultat du premier dé et celui du second. Les deux lancers sont indépendants, et et suivent chacune la loi uniforme sur .
On pose
Dans tout l'exercice, on pourra utiliser les sommes usuelles
1. Déterminer et . Justifier que l'on a toujours .
2. Soit . Établir que
On ne demande pas de dresser le tableau complet de la loi conjointe, qui compterait cases.
3. Vérifier que la somme de toutes les probabilités de la loi conjointe vaut bien . En déduire .
4. Déterminer la loi marginale de , en montrant que pour tout ,
5. Déterminer de même la loi marginale de , en montrant que pour tout ,
6. Calculer et sous forme de fractions irréductibles.
7. Justifier que , et en déduire sans calcul la valeur de . Vérifier la cohérence avec la question précédente.
8. Les variables et sont-elles indépendantes ?
Exercice 14 ★★★★ — Loi de la somme à partir d'un tableau
Loi d'une variable Z = g(X, Y) : somme et produit
Soit un couple de variables aléatoires discrètes définies sur un même espace probabilisé, avec
Sa loi conjointe est donnée par le tableau suivant, dont chaque case contient .
On pose et .
1. Vérifier que ce tableau définit bien la loi conjointe d'un couple de variables aléatoires.
2. Déterminer les lois marginales de et de , puis calculer et .
3. Déterminer , puis la loi de . Vérifier que la somme des probabilités obtenues vaut .
4. Calculer à partir de la loi de .
5. Retrouver par une autre méthode, sans utiliser la loi de .
6. Déterminer , puis la loi de .
7. Calculer , puis comparer avec le produit . Que peut-on en conclure ?
Exercice 15 ★★★★ — Théorème de transfert : espérance de X + Y et de XY
Théorème de transfert pour un couple et linéarité de l'espéranceEspérance du produit de deux variables indépendantes
On rappelle le théorème de transfert pour un couple : si est un couple de variables aléatoires discrètes et une fonction de deux variables, alors, sous réserve d'existence,
L'intérêt de cette formule est qu'elle donne l'espérance de sans avoir à déterminer la loi de cette variable : il suffit de parcourir les cases du tableau de la loi conjointe.
Partie A. Un couple quelconque
Le couple a pour loi conjointe le tableau suivant, avec et .
1. Vérifier qu'il s'agit bien d'une loi conjointe, déterminer les lois marginales de et de , puis calculer et .
2. Calculer à l'aide du théorème de transfert, appliqué à .
3. Retrouver ce résultat par la linéarité de l'espérance.
4. Calculer à l'aide du théorème de transfert.
5. Comparer et . Qu'en déduire sur l'indépendance de et ? Confirmer la conclusion à partir de la définition de l'indépendance.
Partie B. Le même problème avec des variables indépendantes
On considère maintenant deux variables aléatoires et indépendantes, telles que suit la même loi que et la même loi que .
6. Dresser le tableau de la loi conjointe du couple .
7. Calculer par le théorème de transfert, et comparer à .
8. Que montre la comparaison des parties A et B ?
Exercice 16 ★★★★ — Deux tirages dans une urne : avec puis sans remise
Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesIndépendance de deux variables aléatoires discrètes
Une urne contient cinq boules indiscernables au toucher : trois rouges et deux noires. On effectue deux tirages successifs d'une boule, et on note
On pose et , les indicatrices de ces deux événements : vaut si la première boule est rouge et sinon, et de même pour la seconde boule.
Partie A. Tirages avec remise
Dans cette partie, la première boule est remise dans l'urne avant le second tirage.
1. Déterminer la loi de , puis celle de . Reconnaître ces lois.
2. Justifier que et sont indépendantes, puis dresser le tableau de la loi conjointe du couple .
3. Vérifier que la somme des quatre probabilités vaut , et que les marges du tableau redonnent bien les lois de la question 1.
Partie B. Tirages sans remise
Dans cette partie, la première boule n'est pas remise dans l'urne : le second tirage se fait donc parmi quatre boules.
4. À l'aide de la formule des probabilités composées, déterminer la loi conjointe du couple et la présenter dans un tableau.
5. Vérifier que la somme des quatre probabilités vaut .
6. Déterminer les lois marginales de et de . Comparer avec la partie A : que constate-t-on ?
7. Les variables et sont-elles indépendantes ?
8. Déterminer la loi conditionnelle de sachant , puis la loi conditionnelle de sachant . Interpréter concrètement ces deux lois, et expliquer en quoi elles éclairent la réponse à la question 7.
9. Rédiger en deux phrases le bilan de l'exercice.
Exercice 17 ★★★★ — Variance d'une somme de deux variables corrélées
Variance d'une somme de deux variables aléatoiresCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calcul
Soient et deux variables aléatoires discrètes définies sur un même espace probabilisé, admettant toutes deux un moment d'ordre , et telles que
On donne .
1. Calculer , , puis .
2. Calculer , puis arrondi au centième. Comparer à et commenter.
3. Calculer .
4. Calculer .
5. Calculer en utilisant la bilinéarité de la covariance.
6. Pour tout réel , exprimer en fonction de . Déterminer la valeur de qui rend cette variance minimale, ainsi que la valeur minimale obtenue.
7. On reprend la question précédente dans le cas général, avec deux variables quelconques et admettant un moment d'ordre et telles que . Déduire de l'étude du trinôme l'inégalité
puis retrouver que .
Exercice 18 ★★★★ — Somme de deux binomiales indépendantes de même paramètre
Stabilité des lois binomiales et des lois de PoissonLoi d'une variable Z = g(X, Y) : somme et produit
Partie A. Démonstration du théorème
Soient et deux entiers naturels non nuls et . On pose . Soient et deux variables aléatoires indépendantes, de même paramètre . On pose .
On rappelle la formule de Vandermonde, admise : pour tous entiers naturels et et tout ,
Dans tout l'exercice, on utilise la convention usuelle dès que ou .
1. Déterminer .
2. Soit . Justifier que la famille est un système complet d'événements, puis établir que
3. En utilisant l'indépendance de et , puis la convention sur les coefficients binomiaux, montrer que
4. Conclure que .
Partie B. Application
Un commercial passe appels de prospection le matin et l'après-midi. Chaque appel aboutit à une vente avec la probabilité , indépendamment de tous les autres. On note le nombre de ventes du matin et celui de l'après-midi.
5. Justifier que et , et que ces deux variables sont indépendantes.
6. Donner la loi du nombre total de ventes de la journée , puis et .
7. Calculer et , puis en déduire la probabilité que le commercial réalise au moins deux ventes dans la journée. On donnera les résultats arrondis au millième.
Partie C. Et si les paramètres diffèrent ?
Soient et deux variables aléatoires indépendantes, avec et . On pose .
8. Déterminer la loi de .
9. Montrer, par l'absurde, que ne suit aucune loi binomiale de la forme .
10. Montrer enfin que l'hypothèse d'indépendance ne peut pas non plus être supprimée : on considérera et , et l'on étudiera .
Exercice 19 ★★★★ — Somme de deux variables de Poisson indépendantes
Stabilité des lois binomiales et des lois de PoissonLoi d'une variable Z = g(X, Y) : somme et produit
Soient et . On considère deux variables aléatoires et définies sur le même espace probabilisé, indépendantes, telles que
On pose . L'objectif est d'établir que , résultat appelé stabilité de la loi de Poisson.
Partie A. La démonstration
1. Déterminer .
2. Soit fixé. Justifier que la famille est un système complet d'événements, puis établir que
en expliquant pourquoi la somme s'arrête à .
3. Où intervient l'hypothèse d'indépendance ? Réécrire la somme précédente comme une somme de produits.
4. Mener le calcul : factoriser par afin de faire apparaître les coefficients binomiaux, puis reconnaître la formule du binôme de Newton. Conclure.
5. Vérifier que .
Partie B. Application à deux guichets
Dans une agence, deux guichets fonctionnent en parallèle pendant la pause méridienne. On note le nombre de clients qui se présentent au guichet A et le nombre de clients qui se présentent au guichet B pendant cette période. On admet que , que et que ces deux variables sont indépendantes. On note toujours le nombre total de clients.
Pour les applications numériques, on donne et l'on arrondira les résultats à près.
6. Donner la loi de .
7. Calculer la probabilité qu'aucun client ne se présente pendant la pause, puis la probabilité qu'au moins un client se présente.
8. Retrouver le résultat de la question 7. en écrivant l'événement « aucun client » à l'aide de et de , sans utiliser la loi de .
9. Calculer la probabilité qu'il se présente exactement clients au total.
Partie C. Espérance et variance, de deux façons
10. Calculer et en utilisant uniquement les lois de et de , sans utiliser le résultat de la partie A.
11. Retrouver ces deux valeurs à partir de la loi de obtenue en question 4.
12. On suppose maintenant que et ne sont plus supposées indépendantes. Parmi les trois résultats « », « » et « », lesquels restent vrais ?
Exercice 20 ★★★★ — Minimum et maximum de deux variables géométriques
Loi du minimum et du maximum de deux variables indépendantesIndépendance de deux variables aléatoires discrètes
Deux joueurs, Alice et Bruno, jouent chacun de leur côté à un jeu de hasard. À chaque partie, Alice gagne avec la probabilité et Bruno gagne avec la probabilité , indépendamment de tout le reste. Ils jouent simultanément, partie après partie, jusqu'à ce que chacun ait obtenu sa première victoire.
On note le numéro de la partie où Alice gagne pour la première fois, et le numéro de la partie où Bruno gagne pour la première fois. Ainsi
et l'on admet que et sont indépendantes. On pose
de sorte que est le numéro de la partie où l'un des deux gagne pour la première fois, et celui où le dernier des deux obtient enfin sa première victoire.
Pour alléger l'écriture, on posera et .
Partie A. La queue d'une loi géométrique
1. Rappeler et pour .
2. Soit . Démontrer, en sommant une série géométrique, que
Retrouver ce résultat en interprétant l'événement en termes de parties gagnées ou perdues.
3. En déduire pour tout .
Partie B. Le minimum
4. Déterminer .
5. Soit . Justifier l'égalité d'événements , puis établir que
6. On pose . Vérifier que , puis, en écrivant comme une différence d'événements, montrer que
7. En déduire en fonction de et de .
8. Interpréter le paramètre : pourquoi pouvait-on prévoir ce résultat sans calcul ?
Partie C. Le maximum
9. Déterminer , puis établir que pour tout ,
10. En déduire, pour tout , l'expression de , et vérifier qu'elle s'écrit
11. Justifier l'égalité , valable pour toute issue de l'expérience. En déduire sans nouveau calcul de série.
12. Établir que .
Partie D. Application numérique
On prend et .
13. Donner la loi de , puis , et . Commenter les valeurs obtenues.
Exercice 21 ★★★★ — Espérance et variance d'une somme de n variables indépendantes
Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suite
Dans tout l'exercice, désigne un entier supérieur ou égal à , et sont variables aléatoires discrètes définies sur le même espace probabilisé, admettant toutes une espérance et une variance. On pose
Partie A. Le cas des variables de Bernoulli
On suppose dans cette partie que sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi , avec .
1. Rappeler et pour tout .
2. Calculer . Quelle propriété de l'espérance utilise-t-on, et de quelle hypothèse a-t-on besoin ?
3. Calculer . Même question.
4. Reconnaître directement la loi de en revenant à la situation qu'elle modélise, et vérifier que l'espérance et la variance de cette loi coïncident avec les résultats des questions 2. et 3.
5. Application numérique. Un centre d'appels traite dossiers par jour, chacun aboutissant à une vente avec la probabilité , indépendamment des autres. Donner l'espérance et la variance du nombre quotidien de ventes.
Partie B. Des variables quelconques, indépendantes
On suppose maintenant que sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la même loi, d'espérance et de variance , sans autre précision sur cette loi.
6. Exprimer et en fonction de , et .
7. On pose . Calculer et , et commenter.
8. Application numérique. Une enseigne possède magasins. Le chiffre d'affaires mensuel d'un magasin, en milliers d'euros, a pour espérance et pour écart-type . On suppose d'abord les chiffres d'affaires mutuellement indépendants. Calculer l'espérance et l'écart-type du chiffre d'affaires total de l'enseigne, arrondi au dixième. On donne et .
Partie C. Quand l'indépendance tombe
On ne suppose plus les variables indépendantes. On conserve et pour tout , et l'on suppose que les covariances deux à deux sont toutes égales à un même réel :
9. Que devient ?
10. En écrivant et en utilisant la bilinéarité de la covariance, démontrer que
11. Exprimer le coefficient de corrélation pour en fonction de et de . En déduire un majorant de .
12. En écrivant que , obtenir un minorant de .
13. Application numérique. On reprend les magasins de la question 8., avec et , mais on suppose cette fois .
a. Calculer , et l'écart-type de , arrondi au dixième. On donne . Comparer à la question 8.
b. Donner les valeurs extrêmes autorisées pour , puis décrire ce qui se passe dans chacun de ces deux cas limites.
Exercice 22 ★★★★ — Une loi conjointe donnée par une formule
Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesLois marginales d'un couple
Soit un réel. On considère un couple de variables aléatoires discrètes à valeurs dans , dont la loi conjointe est donnée par
Partie A. La constante et les lois marginales
1. Rappeler la valeur de , en précisant pourquoi la série converge.
2. Déterminer .
3. Recopier et compléter le tableau des premières valeurs de la loi conjointe, en donnant des fractions.
4. Déterminer la loi marginale de , puis celle de . Reconnaître deux lois usuelles.
5. En déduire , , et .
Partie B. Indépendance et comparaison des deux variables
6. Les variables et sont-elles indépendantes ?
7. Calculer .
8. Calculer de deux façons : par un calcul direct, puis par un argument de symétrie.
9. Calculer et .
Partie C. La loi de la somme
On pose .
10. Déterminer .
11. Établir que, pour tout entier ,
12. Vérifier que .
13. Calculer et sans utiliser la loi de .
Exercice 23 ★★★★ — Covariance nulle n'est pas indépendance
Covariance de deux variables aléatoires : propriétés et calculEspérance du produit de deux variables indépendantesIndépendance de deux variables aléatoires discrètes
Le cours établit que deux variables aléatoires indépendantes ont une covariance nulle. L'objet de cet exercice est de montrer, sur deux exemples, que la réciproque est fausse, et de comprendre précisément ce que mesure la covariance.
Partie A. Une variable et son carré
Soit une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur , c'est-à-dire
On pose .
1. Calculer et .
2. Déterminer et la loi de . Reconnaître une loi usuelle, puis donner et .
3. Justifier que , puis en déduire .
4. Calculer et .
5. Dresser le tableau de la loi conjointe du couple , en y faisant figurer les lois marginales.
6. Les variables et sont-elles indépendantes ? Justifier soigneusement.
7. Que dire du lien entre et ? Commenter au regard des questions 4. et 6.
8. Calculer de deux façons : par la formule de la variance d'une somme, puis en déterminant la loi de .
Partie B. Un déplacement au hasard
Un jeton est placé à l'origine d'un quadrillage. Il effectue un unique déplacement d'une case, choisi au hasard et de façon équiprobable parmi les quatre directions : vers la droite, vers la gauche, vers le haut, vers le bas. On note son déplacement horizontal et son déplacement vertical, tous deux à valeurs dans .
9. Justifier que la loi conjointe du couple est donnée par le tableau suivant, et compléter les lois marginales.
| Loi de | ||||
|---|---|---|---|---|
| Loi de |
10. Calculer , , et .
11. Justifier que la variable est constante, puis calculer .
12. Les variables et sont-elles indépendantes ?
Partie C. Synthèse
13. Parmi les deux affirmations suivantes, laquelle est un théorème du cours, laquelle est fausse ?
a. Si et sont indépendantes, alors .
b. Si , alors et sont indépendantes.
14. Énoncer la contraposée de l'affirmation vraie. À quoi sert-elle en pratique ?
15. L'égalité nécessite-t-elle l'indépendance de et ?
16. Généralisation de la partie A. Soit une variable aléatoire admettant un moment d'ordre , telle que et . Démontrer que .
Exercice 24 ★★★★ — Nombre de faces distinctes obtenues : la méthode des indicatrices
Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresThéorème de transfert pour un couple et linéarité de l'espéranceCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calcul
On lance fois un dé équilibré à six faces, numérotées de à , les lancers étant indépendants les uns des autres. On note le nombre de faces distinctes obtenues au cours de ces lancers. Par exemple, pour et la suite de résultats , on a , car seules les faces , et sont sorties.
Déterminer la loi de est un problème difficile. On va pourtant obtenir son espérance et sa variance sans jamais la calculer, grâce à la méthode des indicatrices.
Pour tout , on note l'événement « la face apparaît au moins une fois au cours des lancers », et son indicatrice, c'est-à-dire la variable aléatoire qui vaut si est réalisé et sinon.
Partie A. L'espérance
1. Soit un événement de probabilité . Déterminer la loi de , puis et .
2. Justifier que
3. Soit . Calculer , puis .
4. En déduire que
5. Que vaut pour ? Le résultat était-il prévisible ?
Partie B. La variance
6. Les variables sont-elles indépendantes ? Quelle conséquence cela a-t-il sur le calcul de ?
7. Soient et deux éléments distincts de . Calculer , puis, en passant au complémentaire de la réunion, établir que
8. Justifier que , puis en déduire .
9. Démontrer que
Quel est le signe de cette covariance ? Interpréter.
10. En utilisant la formule de la variance d'une somme, établir que
11. Vérifier cette formule pour .
12. Pour , calculer et par la formule, puis les retrouver en déterminant directement la loi de .
Partie C. Application numérique
On prend : on lance six fois le dé. On donne les valeurs approchées suivantes.
| Puissance | |||
|---|---|---|---|
| Valeur |
On donne également .
13. Calculer et à près, puis .
14. Commenter : que peut-on dire du nombre de faces distinctes obtenues en six lancers ?
Exercice 25 ★★★★ — Points fixes d'une permutation : le problème des vestiaires
Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calcul
À l'entrée d'un théâtre, spectateurs déposent leur manteau au vestiaire, avec . À la sortie, l'employé a perdu tous les tickets : il rend les manteaux au hasard, un par personne, toutes les façons de les distribuer étant équiprobables.
On note le nombre de spectateurs qui récupèrent leur propre manteau. Pour tout , on note l'événement « le spectateur numéro récupère son propre manteau », et son indicatrice, c'est-à-dire la variable aléatoire valant si est réalisé et sinon.
Partie A. L'espérance
1. Combien y a-t-il de façons de distribuer les manteaux aux spectateurs ?
2. Soit . Dénombrer les distributions pour lesquelles le spectateur récupère son manteau, puis en déduire .
3. Justifier que , puis calculer .
4. Commenter le résultat obtenu. Que se passe-t-il si vaut , puis ?
Partie B. La variance
5. Soient et deux indices distincts. Dénombrer les distributions pour lesquelles les spectateurs et récupèrent tous deux leur manteau, puis en déduire
6. Démontrer que
Quel est son signe ? Interpréter à l'aide de la probabilité conditionnelle .
7. Calculer , puis démontrer que
8. Commenter ce second résultat.
Partie C. Dépendance et vérification
9. Les variables sont-elles mutuellement indépendantes ? Donner deux arguments : l'un tiré de la question 6., l'autre relevant du simple bon sens.
10. Justifier que .
11. Vérification pour . Déterminer la loi de , puis retrouver et par un calcul direct.
Exercice 26 ★★★★ — Le collectionneur de vignettes : temps d'attente complet
Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suite
Une marque de céréales glisse dans chaque paquet une vignette, choisie parmi vignettes différentes numérotées de à . À chaque achat, la vignette obtenue est choisie de façon équiprobable parmi les modèles, indépendamment des achats précédents, et le stock du fabricant est supposé inépuisable.
Un collectionneur achète des paquets jusqu'à posséder les vignettes. On note le nombre total de paquets qu'il doit acheter pour compléter sa collection.
Pour tout , on note le nombre de paquets achetés pour passer de vignettes distinctes à vignettes distinctes. Autrement dit, compte les achats effectués depuis le moment où le collectionneur vient d'obtenir sa -ième vignette différente, jusqu'au moment où il obtient la -ième, celui-ci compris.
Partie A. La décomposition
1. Justifier que .
2. Que vaut ? Quelle est sa loi ?
3. Soit . Le collectionneur possède déjà vignettes distinctes. Quelle est la probabilité qu'un achat lui apporte une vignette nouvelle ? En déduire que
4. Vérifier que le résultat de la question 3. est cohérent avec celui de la question 2.
5. Quelle est la loi de ? Commenter.
Partie B. L'espérance
6. Donner pour tout .
7. En déduire, à l'aide d'un changement d'indice, que
Partie C. La variance
On admet que les variables sont mutuellement indépendantes.
8. Expliquer intuitivement pourquoi cette hypothèse est raisonnable.
9. Calculer en fonction de et de .
10. En déduire que
11. Vérifier cette formule dans le cas , puis dans le cas .
Partie D. Applications numériques
12. Le cas . Calculer et sous forme de fractions irréductibles, puis en donner des valeurs approchées à près.
13. Le cas . Mêmes questions. On donne et , ainsi que .
14. Commenter : combien de paquets faut-il acheter en moyenne pour une collection de six vignettes ? Quelle part de l'attente est due à la dernière vignette ?
Exercice 27 ★★★★ — Loi conditionnelle de X sachant X + Y : de Poisson à la binomiale
Lois conditionnelles d'un coupleStabilité des lois binomiales et des lois de Poisson
Partie A. Deux variables de Poisson
Soient et . On considère deux variables aléatoires indépendantes et telles que
et l'on pose . On rappelle le théorème de stabilité de la loi de Poisson :
On souhaite déterminer la loi conditionnelle de sachant , c'est-à-dire la famille des nombres pour .
1. Soit . Justifier que l'on a le droit de conditionner par l'événement .
2. Soit un entier tel que . Montrer que .
3. Soit . Justifier l'égalité d'événements
puis calculer .
4. En déduire, par un calcul entièrement rédigé, que
5. Reconnaître une loi usuelle. Vérifier que la somme des probabilités conditionnelles vaut .
6. Interprétation. Deux guichets A et B fonctionnent en parallèle. On note le nombre de clients qui se présentent au guichet A et le nombre de clients qui se présentent au guichet B pendant une heure, avec et indépendantes. Interpréter le résultat de la question 5. Le paramètre joue-t-il un rôle dans cette loi conditionnelle ?
7. Application numérique. On prend et , et l'on sait qu'il s'est présenté clients en tout. Donner la loi conditionnelle de sachant , sous forme de fractions puis de valeurs décimales.
Partie B. La variante binomiale
Soient et deux entiers naturels non nuls, et . On considère cette fois deux variables aléatoires indépendantes et telles que
On rappelle le théorème de stabilité de la loi binomiale, valable ici parce que les deux lois ont le même paramètre :
Soit .
8. Déterminer l'ensemble des entiers pour lesquels l'événement n'est pas impossible.
9. Pour un tel entier , démontrer que
10. Quelle particularité remarquable présente ce résultat ? Interpréter en termes de tirages dans une urne.
11. On rappelle la formule de Vandermonde : pour tous entiers naturels , et ,
la somme portant sur les entiers de la question 8. Que permet-elle de vérifier ?
12. Application numérique. On prend , et . Donner la loi conditionnelle de sachant , et vérifier que la somme des probabilités vaut .
Exercice 28 ★★★★ — Portefeuille de deux actifs : minimiser le risque
Variance d'une somme de deux variables aléatoiresCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calculCoefficient de corrélation linéaire de deux variables aléatoiresModélisation d'une situation concrète par un couple ou une suite de variables
Un gérant dispose de deux actifs financiers et . Sur un horizon d'un an, on note le rendement de l'actif et le rendement de l'actif , exprimés en pourcentage. Le service des risques fournit les caractéristiques suivantes :
Le gérant place une proportion de son capital sur l'actif et le reste, soit la proportion , sur l'actif , avec . Le rendement du portefeuille ainsi constitué est la variable aléatoire
Dans tout l'exercice, le risque du portefeuille désigne son écart-type , et son rendement espéré désigne .
On donne .
-
Calculer .
-
Exprimer en fonction de . Quel choix de maximise le rendement espéré ?
-
Démontrer que, pour tout ,
-
Déterminer la valeur de qui minimise sur , par deux méthodes : l'étude de la dérivée, puis la mise sous forme canonique. En déduire la variance minimale et le risque minimal, arrondi au centième.
-
Comparer le portefeuille optimal aux deux placements « purs » (tout en ) et (tout en ), du double point de vue du rendement espéré et du risque. Commenter.
-
On garde les mêmes écarts-types et , mais on fait varier la corrélation. Reprendre la question 4. dans les trois cas suivants.
a. .
b. .
c. .
-
Dans le cas général, avec , et , établir la formule
et donner une condition simple sur pour que appartienne à l'intervalle , c'est-à-dire pour que le portefeuille le moins risqué mélange réellement les deux actifs.
Exercice 29 ★★★★ — Le lemme des coalitions en pratique
Lemme des coalitionsIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suite
Une entreprise dispose de cinq machines à café en libre-service, numérotées de à . Les machines et sont au premier étage, les machines , et au second. Le service technique relève chaque mois le nombre de pannes de chaque machine.
Pour , on note le nombre de pannes de la machine au cours du mois. On admet que sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la loi uniforme sur , c'est-à-dire que pour tout et tout ,
On s'intéresse à deux indicateurs :
-
Calculer et pour .
-
Déterminer la loi de , puis et .
-
a. Justifier que, pour tout , .
b. En déduire la loi de , puis et .
-
Énoncer le lemme des coalitions, et l'appliquer pour justifier que les variables et sont indépendantes.
-
En déduire, en indiquant à chaque fois le résultat de cours utilisé :
a. ;
b. ;
c. .
-
On pose maintenant , le nombre de pannes des deux machines les plus utilisées, l'une au premier étage, l'autre au second.
a. Le lemme des coalitions s'applique-t-il au couple ? Justifier.
b. Calculer et en déduire que et ne sont pas indépendantes.
c. Retrouver cette non-indépendance sans aucun calcul de covariance, en exhibant un couple de valeurs pour lequel la définition de l'indépendance est mise en défaut.
Exercice 30 ★★★★ — Moyenne empirique d'un échantillon
Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suite
Une torréfaction conditionne du café en paquets. La masse d'un paquet, exprimée en grammes, est une variable aléatoire d'espérance et d'écart-type .
Le service qualité prélève paquets au hasard dans la production. On note leurs masses respectives et l'on admet que ces variables sont mutuellement indépendantes et suivent toutes la même loi, d'espérance et de variance . On appelle moyenne empirique du prélèvement la variable aléatoire
Aucune hypothèse n'est faite sur la loi commune des : seules l'espérance et la variance interviennent dans tout l'exercice.
-
Démontrer que . Quelle hypothèse de l'énoncé cette démonstration utilise-t-elle, et laquelle n'utilise-t-elle pas ?
-
Démontrer que , puis en déduire . Où l'indépendance intervient-elle ?
-
Application numérique.
a. Calculer pour , puis pour .
b. Le service qualité souhaite que l'écart-type de la moyenne empirique ne dépasse pas gramme. Déterminer le plus petit entier convenant.
c. Combien de paquets faudrait-il prélever pour diviser encore par deux cet écart-type ? Commenter le coût de la précision.
-
Soit .
a. Calculer .
b. En déduire , en supposant . Interpréter le comportement de ce coefficient lorsque augmente.
-
On pose , l'écart du premier paquet à la moyenne du prélèvement.
a. Démontrer que .
b. Les variables et sont-elles pour autant indépendantes ? Que peut-on affirmer, et que ne peut-on pas affirmer ?
c. Calculer en fonction de et de , et vérifier la cohérence du résultat pour .
Exercice 31 ★★★★ — Changement d'unité : ce qui bouge et ce qui ne bouge pas
Covariance empirique et formule de Kœnig-HuygensCoefficient de corrélation linéaire empirique et son interprétationAjustement des moindres carrés et droites de régression
Un institut d'études économiques suit cinq catégories de ménages. Pour chacune, il relève le revenu mensuel moyen , exprimé en milliers d'euros, et le taux d'épargne , exprimé en pourcentage du revenu.
| Catégorie | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Revenu | |||||
| Taux d'épargne |
On rappelle que le revenu d'un ménage se partage entre consommation et épargne, de sorte que le taux de consommation est le complément à du taux d'épargne.
L'institut publie ensuite ses données sous une autre forme :
- le revenu est exprimé en centaines d'euros comptées à partir du seuil de référence de euros, ce qui conduit à poser ;
- c'est le taux de consommation qui est publié, et non le taux d'épargne, ce qui conduit à poser .
Partie A. La série initiale.
-
Calculer , , , et . On utilisera la formule de Kœnig-Huygens et on donne , et .
-
En déduire le coefficient de corrélation linéaire , puis l'équation de la droite de régression de en . Interpréter le coefficient .
Partie B. L'effet d'un changement d'unité, en toute généralité.
Soient , , , quatre réels avec et . On pose, pour tout , et .
-
Démontrer que et que .
-
Démontrer que .
-
En déduire que
et énoncer en une phrase, en français, ce que ce résultat signifie.
- On note la droite de régression de en et celle de en . Exprimer et en fonction de , et des quatre paramètres.
Partie C. Vérification sur les données.
-
Calculer directement , , , , , , puis et . Confronter chaque valeur aux formules de la partie B.
-
Rédiger la conclusion de l'étude : parmi la covariance, le coefficient de corrélation et la pente de la droite de régression, lesquels dépendent des unités choisies et lesquels n'en dépendent pas ?
Exercice 32 ★★★★ — Nombre de records dans une suite d'observations
Espérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresIndépendance mutuelle de n variables aléatoires et d'une suiteCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calcul
Un cabinet de recrutement reçoit candidats pour un même poste, avec . À l'issue des entretiens, les candidats peuvent être classés du moins bon au meilleur, sans aucun ex æquo : on attribue ainsi au moins bon la note , au suivant la note , et ainsi de suite jusqu'à pour le meilleur.
L'ordre de passage est tiré au sort. On modélise cette situation en supposant que la suite des notes rencontrées, , est une permutation aléatoire uniforme de : les ordres de passage possibles sont équiprobables, et désigne la note du candidat reçu en -ième position.
On dit que le recruteur a un coup de cœur au rang lorsque le -ième candidat est meilleur que tous ceux qu'il a déjà reçus. Formellement, on note l'événement
Par convention est l'événement certain : le premier candidat est toujours un coup de cœur, faute de comparaison possible. On note enfin le nombre total de coups de cœur au cours de la journée.
Pour tout événement , on note son indicatrice, c'est-à-dire la variable aléatoire qui vaut si est réalisé et sinon.
-
Justifier que , et donner la loi de en fonction de .
-
Soit . Démontrer par dénombrement que
-
En déduire .
-
On admet le résultat classique suivant : les événements sont mutuellement indépendants.
a. Vérifier ce résultat à la main dans le cas , en listant les six permutations.
b. En déduire en fonction de .
-
Application numérique avec : donner et sous forme de fractions irréductibles, puis une valeur approchée de au centième. On donne .
-
Le cabinet reçoit maintenant candidats. Sans calculer la somme, expliquer pourquoi le nombre moyen de coups de cœur reste très modeste, et justifier en particulier que . On donne .
Exercice 33 ★★★★ — Marche aléatoire : corrélation entre deux instants
Variance d'une somme de deux variables aléatoiresCovariance de deux variables aléatoires : propriétés et calculCoefficient de corrélation linéaire de deux variables aléatoiresEspérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresLemme des coalitions
Un joueur mise un euro à chaque partie d'un jeu de hasard. À chaque partie, indépendamment des précédentes, il gagne un euro avec la probabilité et perd un euro avec la probabilité , où .
Pour tout entier , on note le résultat algébrique de la -ième partie, de sorte que
Les variables sont supposées mutuellement indépendantes. Pour , on note
la fortune algébrique du joueur après parties, et l'on convient que . La suite est appelée marche aléatoire sur .
On donne .
Partie A. Un instant isolé.
-
Calculer , puis , et en déduire que .
-
En déduire et pour tout , en précisant à chaque fois quelle hypothèse est utilisée.
-
Application numérique avec et : calculer , et au centième. Le jeu est-il favorable au joueur ?
Partie B. Deux instants.
Dans toute cette partie, et sont deux entiers avec .
-
Justifier soigneusement, à l'aide du lemme des coalitions, que les variables et sont indépendantes.
-
En écrivant , démontrer que
- En déduire que, pour tout ,
Ce résultat dépend-il de ?
-
Application numérique avec , et : calculer .
-
Interpréter le résultat de la question 6. en discutant les deux situations suivantes.
a. L'entier est fixé et devient très grand.
b. L'entier vaut et devient très grand.
Partie C. Retour aux lois usuelles.
- Soit . Justifier que et ont la même parité, puis démontrer que la variable
est le nombre de parties gagnées au cours des premières parties. En déduire sa loi.
-
Retrouver et à partir de la loi de .
-
Le joueur joue parties avec . Calculer la probabilité qu'il termine avec un gain net de euros.
Exercice 34 ★★★★ — Nombre de succès et rang du premier succès
Loi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesLois marginales d'un coupleLois conditionnelles d'un couple
Un télévendeur passe appels au cours de sa journée, avec . Chaque appel aboutit à une vente avec la probabilité , indépendamment des autres appels. On pose .
On note :
- le nombre total de ventes conclues sur les appels ;
- le rang du premier appel ayant abouti à une vente, avec la convention si aucun appel n'aboutit.
Partie A. La loi conjointe.
-
Préciser et . Donner la loi de en justifiant brièvement, puis calculer et .
-
Soit et .
a. Montrer que dès que .
b. Démontrer que, pour et ,
Partie B. Les lois marginales.
-
Retrouver la loi de à partir de la loi conjointe. Reconnaître cette loi et vérifier que la somme de toutes les probabilités vaut .
-
Retrouver la loi de à partir de la loi conjointe. On établira au préalable, à l'aide de la formule de Pascal, l'identité
Partie C. La loi conditionnelle.
-
Soit . Déterminer la loi de sachant .
-
Cette loi conditionnelle dépend-elle de ? Est-elle uniforme sur ? On examinera d'abord le cas , puis le cas général, et l'on donnera une interprétation du résultat en termes de positions des ventes.
Partie D. Application numérique.
Dans cette partie, et .
-
Dresser le tableau complet de la loi conjointe de , les probabilités étant exprimées en seizièmes.
-
Vérifier sur ce tableau les deux lois marginales obtenues aux questions 3. et 4.
-
Donner la loi de sachant , puis la loi de sachant . Commenter.
-
Calculer , , et en déduire . Le signe obtenu était-il prévisible ?
Exercice 35 ★★★★ — Un nombre aléatoire de clients : la loi de Poisson filtrée
Lois conditionnelles d'un coupleThéorème de transfert pour un couple et linéarité de l'espéranceStabilité des lois binomiales et des lois de PoissonModélisation d'une situation concrète par un couple ou une suite de variables
Une boutique de centre-ville observe sa fréquentation heure par heure. Le nombre de clients qui franchissent la porte au cours d'une heure donnée suit la loi de Poisson de paramètre .
Chaque client entré effectue un achat avec la probabilité , indépendamment des autres clients et indépendamment du nombre total de clients de l'heure. On pose .
On note le nombre de clients ayant effectué un achat au cours de cette heure, et le nombre de clients repartis sans rien acheter.
On rappelle la série exponentielle : pour tout réel , . On donne .
Conformément au programme, on admet que toutes les manipulations de sommes indexées par (interversions, regroupements) sont licites.
Partie A. La loi de .
-
Soit . Justifier que la loi de sachant est la loi binomiale .
-
En déduire, pour tous entiers et tels que , l'expression de .
-
Démontrer, à l'aide de la formule des probabilités totales appliquée au système complet d'événements , que
- Application numérique : préciser la loi de , puis calculer , , et , ces deux dernières valeurs arrondies au millième.
Partie B. Le couple .
- Soient et deux entiers naturels. Démontrer que
-
En déduire la loi de , puis démontrer que et sont indépendantes.
-
Ce résultat est surprenant, puisque est aléatoire. Expliquer pourquoi l'intuition résiste, en examinant ce qui se passerait si le nombre de clients était une constante connue à l'avance.
-
Vérifier la cohérence de l'ensemble à l'aide du théorème de stabilité de la loi de Poisson.
Partie C. Lien entre et .
-
Calculer , puis par la formule de Kœnig-Huygens. Retrouver ce résultat par un calcul de bilinéarité.
-
Calculer et montrer que ce coefficient vaut , indépendamment de . Interpréter les deux cas limites où est proche de et où est proche de .
Exercice 36 ★★★★ — Synthèse : tarification d'un contrat d'assurance
Pré-transformation des données pour se ramener au cas linéaireAjustement des moindres carrés et droites de régressionLoi conjointe d'un couple de variables aléatoires discrètesVariance d'une somme de deux variables aléatoiresEspérance et variance d'une somme de n variables aléatoiresModélisation d'une situation concrète par un couple ou une suite de variables
Une compagnie d'assurance automobile veut tarifer un nouveau contrat. Elle procède en deux temps : elle étudie d'abord comment le risque dépend de l'âge du conducteur, puis elle calcule la prime à faire payer. Les trois parties sont largement indépendantes les unes des autres.
Partie A. Le risque en fonction de l'âge.
La compagnie répartit ses assurés en cinq tranches d'âge. Pour chaque tranche, elle relève l'âge moyen des conducteurs, en années, et la fréquence annuelle de sinistre , c'est-à-dire le nombre moyen de sinistres déclarés par contrat et par an.
| Tranche | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Âge moyen | |||||
| Fréquence |
Le nuage de points suggère une décroissance qui n'est pas affine. On effectue donc la pré-transformation , et l'énoncé fournit les valeurs de arrondies au centième :
| Tranche | |||||
|---|---|---|---|---|---|
Tous les calculs de la partie A seront menés avec ces valeurs arrondies. On donne
ainsi que , , , , et .
-
Calculer les quatre écarts successifs , puis les quatre rapports successifs arrondis au centième. Lequel de ces deux indicateurs est le plus stable, et pourquoi cela justifie-t-il la transformation plutôt qu'un ajustement affine direct de en ?
-
Calculer , , , et .
-
En déduire le coefficient de corrélation linéaire , arrondi au millième. Conclure sur la pertinence d'un ajustement affine de en .
-
Déterminer la droite de régression de en sous la forme , puis en déduire une expression de en fonction de . Interpréter concrètement le coefficient .
-
La compagnie envisage d'ouvrir le contrat à une tranche d'âge moyen ans. Donner la fréquence de sinistre prévue par le modèle, puis formuler deux critiques précises de cette prévision.
Partie B. Le coût d'un portefeuille de contrats.
Le coût d'un sinistre, exprimé en euros, suit la loi suivante :
| Valeur de | |||
|---|---|---|---|
| Probabilité |
On donne et .
- Calculer , et . Commenter le rapport entre l'écart-type et l'espérance.
Pour tarifer, la compagnie remplace le coût aléatoire d'un sinistre par le coût forfaitaire . Le nombre annuel de sinistres d'un assuré est une variable aléatoire de loi de Poisson de paramètre , et le coût annuel de cet assuré est alors .
- Calculer l'espérance et la variance du coût annuel d'un assuré.
La compagnie détient contrats. Pour , on note le nombre annuel de sinistres du -ième assuré, et l'on suppose dans cette partie que sont mutuellement indépendantes, de même loi . On pose
où est le coût total annuel du portefeuille.
-
Démontrer par récurrence, à l'aide du théorème de stabilité de la loi de Poisson et du lemme des coalitions, que . En déduire , et .
-
On appelle prime pure la somme que chaque assuré devrait verser pour que la compagnie soit à l'équilibre en moyenne. La calculer. La compagnie ajoute ensuite un chargement de sécurité égal à par contrat. Calculer la prime chargée et le taux de chargement en pourcentage de la prime pure.
Partie C. L'indépendance est-elle raisonnable ?
Deux assurés habitent la même rue. On simplifie en ne retenant que l'information « au moins un sinistre dans l'année », et l'on note et les variables aléatoires valant si l'assuré concerné a déclaré au moins un sinistre et sinon. Une étude sur les données de la compagnie fournit la loi conjointe suivante.
-
Déterminer les lois marginales de et de . Les variables et sont-elles indépendantes ? Calculer et .
-
On revient au portefeuille de contrats de la partie B, mais on suppose désormais que, pour tout couple avec , avec , les variances restant égales à .
a. Démontrer que , puis calculer et . On donne .
b. En déduire le nouvel écart-type , puis la nouvelle prime chargée. Commenter.
c. Quel phénomène concret cette covariance positive modélise-t-elle ?
-
Pour finir, indiquer dans quel sens le remplacement du coût aléatoire par le forfait fausse le calcul de la partie B. Le résultat obtenu est-il prudent ou imprudent ?
Bloqué sur « Probabilités et statistiques : statistiques bivariées et couples » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.