ECG appliquées · Chapitre 01 · Premier semestre
Exercices — Raisonnement et vocabulaire ensembliste
36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Connecteurs logiques et valeurs de vérité
Éléments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation d'une proposition
Dans tout l'exercice, une proposition est un énoncé qui est soit vrai, soit faux, sans autre possibilité.
-
Déterminer la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes.
a. « » et « »
b. « » ou « »
c. non « est pair »
d. « » et « »
e. « » ou « »
f. non « »
-
Recopier et compléter la table de vérité suivante, où et désignent deux propositions quelconques (V pour vrai, F pour faux).
et ou V V ? ? V F ? ? F V ? ? F F ? ? -
Traduire chacune des phrases suivantes par une proposition mathématique utilisant « et », « ou » ou « non ».
a. Le réel est compris entre et , bornes comprises.
b. Le produit des deux réels et est nul.
c. L'entreprise a un chiffre d'affaires strictement supérieur à (en milliers d'euros) et un résultat négatif ou nul.
d. Traduire, dans l'autre sens, la proposition « et » par une phrase en français.
-
Dans la langue courante, « fromage ou dessert » signifie l'un ou l'autre, mais pas les deux : le « ou » y est exclusif. En mathématiques, le « ou » est inclusif.
a. On prend . Les propositions « » et « » sont-elles vraies ? Qu'en déduit-on pour la proposition « ou » ?
b. On sait que, pour tous réels et , on a si et seulement si « ou ». Cette équivalence resterait-elle correcte si le « ou » était exclusif ? On testera .
-
Écrire la négation de chacune des propositions suivantes, sans employer le mot « non ».
a. et
b. ou
c. est pair et
d. ou
Exercice 2 ★★★★ — Lire et écrire des propositions quantifiées
Éléments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation d'une proposition
-
Traduire en français chacune des propositions suivantes, puis donner sa valeur de vérité en justifiant.
a.
b.
c.
d.
-
Écrire à l'aide de quantificateurs les propositions suivantes.
a. Le carré de tout nombre réel est positif ou nul.
b. Il existe un entier naturel dont le carré vaut .
c. L'équation admet au moins une solution réelle.
d. Une entreprise relève son chiffre d'affaires mensuel : on note les douze valeurs obtenues, en milliers d'euros. Écrire : « chaque mois, le chiffre d'affaires a été supérieur ou égal à ».
-
On considère les deux propositions
Elles sont écrites avec les mêmes symboles, dans un ordre différent.
a. Traduire chacune d'elles en français.
b. Déterminer laquelle est vraie et laquelle est fausse, en justifiant les deux réponses.
-
Dans chacune des écritures suivantes, une quantification est sous-entendue. La rendre explicite, ou expliquer pourquoi l'écriture n'est pas une proposition.
a.
b. Si est pair, alors est pair.
c.
Exercice 3 ★★★★ — Nier une proposition quantifiée
Éléments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation d'une proposition
On rappelle les deux règles de négation : la négation de est , et la négation de est .
-
Écrire la négation de chacune des propositions suivantes, sous une forme où le mot « non » n'apparaît plus. Dans l'item g., désigne une suite réelle donnée.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
-
Écrire en français la négation de chacune des deux phrases suivantes.
a. Tous les clients de l'entreprise ont réglé leur facture.
b. Il existe un mois de l'année où le chiffre d'affaires a dépassé milliers d'euros.
-
Pour les propositions a. et d. de la question 1, dire laquelle, de la proposition ou de sa négation, est vraie. On justifiera à chaque fois.
-
Un étudiant écrit : « la négation de est ». Relever les deux erreurs commises.
Exercice 4 ★★★★ — Implication, réciproque, contraposée
Proposition conditionnelle : réciproque, contraposée, condition nécessaire et suffisante
On rappelle que, pour deux propositions et :
- la réciproque de est ;
- la contraposée de est ;
- la négation de est « et non ».
Comme toujours, les implications ci-dessous sont sous-entendues quantifiées universellement : « pour tout entier … », « pour tout réel … ».
Pour chacune des quatre implications suivantes, écrire sa réciproque, sa contraposée et sa négation, puis donner la valeur de vérité de l'implication et celle de sa réciproque (justification ou contre-exemple).
a. Pour : si est un multiple de , alors est pair.
b. Pour : si , alors .
c. Pour une entreprise dont le résultat est égal au chiffre d'affaires diminué des charges, les charges et le chiffre d'affaires étant positifs ou nuls, et « réaliser un bénéfice » signifiant « avoir un résultat strictement positif » : si l'entreprise réalise un bénéfice, alors son chiffre d'affaires est strictement positif.
d. Pour : si est impair, alors est impair. On admettra qu'un entier naturel est soit pair, soit impair, et jamais les deux.
Exercice 5 ★★★★ — Condition nécessaire, condition suffisante
Proposition conditionnelle : réciproque, contraposée, condition nécessaire et suffisante
On rappelle le vocabulaire. Soient et deux propositions.
- Dire que est une condition suffisante de signifie : il suffit que soit vraie pour que le soit.
- Dire que est une condition nécessaire de signifie : si est vraie, alors l'est forcément.
- Dire que est une condition nécessaire et suffisante de signifie .
-
Dans chacun des cas suivants, dire si est une condition suffisante, nécessaire, nécessaire et suffisante, ou ni l'une ni l'autre, de . On justifiera chaque implication retenue et on donnera un contre-exemple pour chaque implication écartée. Les lettres et désignent respectivement un réel et un entier naturel quelconques.
a. : « » ; : « ».
b. : « » ; : « ».
c. : « est pair » ; : « est pair ».
d. : « » ; : « ».
e. : « le chiffre d'affaires de l'entreprise est strictement positif » ; : « l'entreprise réalise un bénéfice ». On garde la convention usuelle : le résultat vaut le chiffre d'affaires diminué des charges, le chiffre d'affaires et les charges sont positifs ou nuls, et réaliser un bénéfice signifie avoir un résultat strictement positif.
-
Traduire chacune des phrases suivantes par une implication ou une équivalence, puis donner sa valeur de vérité.
a. Pour que , il suffit que .
b. Pour que , il faut que .
c. Pour que soit pair, il faut et il suffit que soit pair.
d. Pour qu'une entreprise réalise un bénéfice, il faut qu'elle ait un chiffre d'affaires strictement positif.
e. Comparer les traductions obtenues en a. et en b. Que remarque-t-on ?
Exercice 6 ★★★★ — Premières récurrences
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Dans les trois premières questions, on rédigera en respectant la trame complète : initialisation, hérédité (avec l'hypothèse de récurrence explicitement énoncée), conclusion.
-
Démontrer par récurrence que, pour tout entier ,
-
Démontrer par récurrence que, pour tout entier ,
-
Démontrer par récurrence que, pour tout entier , .
-
Pour tout entier , on note la proposition : « ».
a. Montrer que, pour tout entier , si est vraie, alors est vraie.
b. La proposition est-elle vraie ?
c. Que vaut réellement ? En déduire pour quels entiers la proposition est vraie, et conclure sur le rôle de l'initialisation dans un raisonnement par récurrence.
Exercice 7 ★★★★ — Le symbole somme : linéarité et changement d'indice
Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles
On rappelle les deux sommes usuelles : pour tout entier ,
-
Combien de termes comportent les sommes suivantes ? Dans l'item d., et sont des entiers vérifiant .
a.
b.
c.
d.
-
En déduire la valeur des sommes suivantes.
a.
b.
c.
-
a. Écrire sous la forme d'une somme dont l'indice part de , puis donner sa valeur en fonction de (on prendra ).
b. Écrire sous la forme d'une somme dont l'indice va de à .
-
Calculer, en utilisant la linéarité de la somme, pour tout entier :
a.
b.
-
Un étudiant écrit : « dans , le facteur ne dépend pas de , donc je peux le sortir de la somme, ce qui donne . »
a. Calculer correctement .
b. Expliquer précisément l'erreur commise, et donner le test immédiat qui permet de repérer un résultat de ce type.
Exercice 8 ★★★★ — Appartenance, inclusion, ensemble des parties
Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien
-
On considère l'ensemble , dont le troisième élément est lui-même un ensemble. Dire si chacune des affirmations suivantes est vraie ou fausse, en justifiant.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
-
Soit , où , et sont trois objets deux à deux distincts.
a. Écrire en extension l'ensemble des parties de .
b. Combien possède-t-il d'éléments ? Combien en posséderait si était un ensemble à éléments ?
-
Décrire en extension (c'est-à-dire en donnant la liste de leurs éléments) les ensembles suivants.
a.
b.
c.
d.
-
On travaille maintenant dans l'ensemble , et l'on pose
Les complémentaires sont pris dans . Déterminer en extension , , , , et . Que constate-t-on sur les deux derniers ?
Exercice 9 ★★★★ — Applications : images, antécédents, composition
Applications : définition, image, antécédent, composition
-
Soient et . On définit l'application par le tableau suivant.
a. Donner l'image de et celle de par .
b. Déterminer les antécédents par de chacun des quatre éléments , , et .
c. Combien d'images un élément de possède-t-il ? Combien d'antécédents un élément de peut-il posséder ?
-
Soit l'application définie, pour tout réel , par .
a. Calculer , et .
b. Vérifier que, pour tout réel , .
c. Déterminer les antécédents de par .
d. Déterminer les antécédents de , puis ceux de .
-
Soient et les applications de dans définies par et .
a. Déterminer et pour tout réel .
b. Les applications et sont-elles égales ?
c. Déterminer les réels pour lesquels .
-
On considère les trois applications suivantes.
Dire, en justifiant, lesquelles de ces applications sont égales.
Exercice 10 ★★★★ — Sommes usuelles : calculs directs
Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles
On rappelle les formules usuelles, valables pour tout entier et tout réel :
Aucune de ces formules ne s'applique telle quelle à une somme dont l'indice ne part pas de (ou de pour la somme géométrique) : il faut d'abord s'y ramener.
-
Calculer les sommes suivantes en fonction de l'entier .
a.
b.
c. , pour
d.
e.
f.
-
Retrouver le résultat de la question 1. f. par le changement d'indice .
-
Déterminer le plus petit entier tel que .
Exercice 11 ★★★★ — Sommes télescopiques
Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles
Une somme est dite télescopique lorsque son terme général est la différence de deux valeurs consécutives d'une même suite. Si est une suite de réels et si , alors
La méthode sûre pour l'exploiter ne consiste jamais à écrire des pointillés : on sépare la somme en deux, on effectue un changement d'indice dans l'une des deux, puis on compare les bornes des deux sommes obtenues.
-
a. Déterminer deux réels et tels que, pour tout entier , .
b. En déduire, pour tout entier , la valeur de .
c. Contrôler le résultat pour par un calcul direct.
-
a. Déterminer deux réels et tels que, pour tout entier , .
b. En déduire, pour tout entier , la valeur de . On prendra garde au fait que le décalage vaut ici : il restera trois termes de chaque côté.
c. Contrôler le résultat pour par un calcul direct.
-
Soit . Calculer de deux façons : d'abord par télescopage, ensuite en développant le terme général. En déduire la valeur de , en admettant connue celle de .
-
Calculer, pour tout entier , .
Exercice 12 ★★★★ — Produits, factorielles et télescopage multiplicatif
Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles
On rappelle que, pour un entier , , avec la convention . Le symbole obéit aux mêmes règles de manipulation que le symbole (changement d'indice, découpage, séparation des facteurs), à ceci près que l'addition y est remplacée par la multiplication : en particulier, .
-
Simplifier les expressions suivantes.
a. , pour
b. , pour
c. , pour
d. , pour
-
a. Soit . Combien de facteurs comporte le produit ?
b. En déduire la valeur de .
-
Calculer les produits suivants (on précisera à chaque fois le nombre de facteurs).
a. , pour .
b. , pour .
c. , pour .
-
a. Soient des réels strictement positifs. Démontrer que .
b. En déduire la valeur de pour tout entier .
Exercice 13 ★★★★ — Lois de De Morgan et double inclusion
Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien
Soit un ensemble et soient , et trois parties de . On rappelle que le complémentaire de dans est , et que pour démontrer une égalité d'ensembles , on procède le plus souvent par double inclusion : on montre , puis .
-
Démontrer par double inclusion, en rédigeant entièrement les deux sens, que
-
En déduire la seconde loi de De Morgan, , sans refaire de double inclusion : on appliquera la question 1. aux parties et .
-
Démontrer, également par double inclusion, la distributivité de l'intersection sur la réunion :
-
On prend , , et . Vérifier sur cet exemple les trois égalités précédentes, en écrivant tous les ensembles en extension.
-
a. Écrire la négation de la proposition « ou ». Quel lien cela fait-il apparaître entre les connecteurs logiques et les opérations sur les ensembles ?
b. Écrire la négation de la proposition « pour tout , », puis la traduire en langage ensembliste. Illustrer avec les ensembles de la question 4.
Exercice 14 ★★★★ — Produit cartésien et parties du plan
Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien
On rappelle que le produit cartésien de deux ensembles et est l'ensemble des couples dont la première coordonnée est dans et la seconde dans :
Deux couples sont égaux si et seulement si ils ont la même première coordonnée et la même seconde coordonnée : équivaut à « et ». On note , et est l'ensemble des couples de réels.
-
On pose et .
a. Écrire en extension. Combien cet ensemble a-t-il d'éléments ?
b. Écrire en extension, puis démontrer que .
c. Écrire en extension.
-
Soient et deux ensembles finis, ayant respectivement et éléments. Combien d'éléments a-t-il ? Illustrer par une situation concrète.
-
a. Soit une partie de . On suppose qu'il existe deux parties et de telles que . Démontrer que, pour tous éléments et de , le couple appartient encore à .
b. On considère les cinq parties du plan suivantes.
Pour chacune d'elles, dire si elle s'écrit comme un produit cartésien de deux intervalles de . Si oui, préciser et ; si non, le justifier par un contre-exemple appuyé sur la question 3. a.
-
Décrire en langage ensembliste les parties et de . Sont-elles égales ? Sont-elles des produits cartésiens d'intervalles ?
Exercice 15 ★★★★ — Contre-exemple et disjonction de cas
Modes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde
Pour démontrer qu'une proposition universelle « pour tout , » est fausse, il suffit d'exhiber un objet pour lequel est fausse : c'est un contre-exemple. Cela revient à démontrer la négation de la proposition, qui est « il existe tel que soit fausse ».
Pour démontrer qu'une proposition est vraie, on peut au contraire partager l'ensemble des cas possibles en plusieurs situations que l'on traite séparément : c'est le raisonnement par disjonction de cas. Les cas envisagés doivent alors recouvrir toutes les possibilités.
-
Chacune des quatre propositions suivantes est fausse. Pour chacune, donner un contre-exemple explicite et vérifier qu'il en est bien un, puis écrire la négation de la proposition.
a. Pour tout réel , .
b. Pour tout réel , si alors .
c. Pour tout entier naturel , .
d. Pour tous réels positifs et , .
-
a. Démontrer par disjonction de cas que, pour tout réel , .
b. Déterminer l'ensemble des réels pour lesquels cette inégalité est une égalité.
-
a. Démontrer par disjonction de cas que, pour tout entier naturel , le produit est pair.
b. En déduire que est un entier, et rapprocher ce résultat de la formule .
Exercice 16 ★★★★ — Raisonnement par contraposée
Modes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurdeProposition conditionnelle : réciproque, contraposée, condition nécessaire et suffisante
La contraposée de l'implication « » est l'implication « non non ». Ces deux propositions sont équivalentes : démontrer l'une, c'est démontrer l'autre. À ne pas confondre avec la réciproque « », qui, elle, n'a aucune raison d'être vraie.
On rappelle qu'un entier naturel est pair s'il existe un entier tel que , et impair s'il existe un entier tel que . On rappelle également que divise s'il existe un entier tel que , et que la division euclidienne par montre que tout entier naturel s'écrit sous l'une des trois formes , ou , avec entier naturel.
-
Soit un entier naturel.
a. Écrire la contraposée, puis la réciproque, de l'implication : « si est pair, alors est pair ».
b. Démontrer cette implication en démontrant sa contraposée.
c. La réciproque est-elle vraie ? Justifier.
-
Soit un entier naturel. Démontrer par contraposée que si est divisible par , alors est divisible par . On traitera séparément les deux restes possibles.
-
Soit un réel. Démontrer par contraposée l'implication suivante : si pour tout réel on a , alors .
-
Dans les trois questions précédentes, expliquer pourquoi le passage par la contraposée est plus commode qu'une démonstration directe.
Exercice 17 ★★★★ — Raisonnement par l'absurde et irrationalité
Modes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde
Un réel est dit rationnel s'il peut s'écrire avec entier relatif et entier naturel non nul ; l'ensemble des rationnels est noté . Un réel qui n'est pas rationnel est dit irrationnel.
Pour démontrer par l'absurde qu'une proposition est vraie, on suppose que est fausse et l'on aboutit à une contradiction ; on en conclut que ne pouvait pas être fausse.
-
Soient et deux rationnels et un entier naturel non nul. Démontrer que , et sont rationnels.
-
Démontrer par l'absurde que est irrationnel. On écrira comme une fraction que l'on aura simplifiée au maximum, et l'on utilisera le fait que si le carré d'un entier est pair, alors cet entier est pair.
-
En déduire que et sont irrationnels.
-
Démontrer que la somme d'un rationnel et d'un irrationnel est toujours irrationnelle.
-
La somme de deux irrationnels est-elle toujours irrationnelle ? Répondre par un contre-exemple, en justifiant que les deux nombres choisis sont bien irrationnels.
Exercice 18 ★★★★ — Récurrence et divisibilité
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
On rappelle la définition de la divisibilité : pour deux entiers et , dire que « divise » signifie qu'il existe un entier tel que
C'est cette écriture, et elle seule, que l'on utilise dans les démonstrations : l'hypothèse de récurrence fournit un entier , et il s'agit de fabriquer à partir de lui l'entier correspondant au rang suivant.
-
Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel , le nombre est divisible par .
-
Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel , le nombre est divisible par .
-
Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel , le nombre est divisible par . On pourra utiliser le fait que le produit de deux entiers consécutifs est pair.
-
a. Pour chacune des trois démonstrations précédentes, indiquer l'endroit précis où l'hypothèse de récurrence a été utilisée, et dire ce qui bloquerait sans elle.
b. On considère la propriété : « divise ». Démontrer qu'elle est héréditaire. Est-elle vraie pour autant ? Que faut-il en conclure ?
Exercice 19 ★★★★ — Récurrence et inégalités
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Une inégalité qui dépend d'un entier se démontre presque toujours par récurrence. La difficulté n'est pas l'idée, c'est la rédaction : il faut dire où chaque hypothèse sert, et à partir de quel rang on démarre.
-
Inégalité de Bernoulli. Soit un réel fixé tel que .
a. Démontrer par récurrence que, pour tout entier , .
b. Indiquer précisément l'endroit de la démonstration où l'hypothèse est utilisée, et dire ce qui se casse si on la supprime.
c. Vérifier que la conclusion est fausse pour et .
-
Comparaison de et de .
a. Calculer et pour décrivant , et repérer les entiers pour lesquels .
b. Démontrer que, pour tout entier , .
c. En déduire, par récurrence, que pour tout entier .
d. L'hérédité fonctionne dès le rang d'après la question b. Pourquoi ne peut-on pas pour autant conclure que pour tout ?
-
Démontrer par récurrence que, pour tout entier , . On rappelle que et que .
-
Le rang d'initialisation n'est pas un détail. On considère la propriété : « divise ». On rappelle qu'un entier divise un entier lorsqu'il existe un entier tel que .
a. Démontrer que, pour tout , : la propriété est héréditaire.
b. Démontrer que est fausse pour tout .
c. Que faut-il en conclure sur le rôle de l'initialisation dans une récurrence ?
Exercice 20 ★★★★ — Injectivité et surjectivité : études de cas
Injection, surjection, bijection, application réciproque
On rappelle les définitions. Soit une application.
- est injective lorsque : pour tous et de , . Autrement dit, deux éléments distincts de ne peuvent pas avoir la même image.
- est surjective lorsque : pour tout , il existe tel que . Autrement dit, tout élément de l'ensemble d'arrivée possède au moins un antécédent.
- est bijective lorsqu'elle est à la fois injective et surjective.
On considère les cinq applications suivantes.
a. ,
b. ,
c. ,
d. ,
e. ,
Pour chacune d'elles, dire si elle est injective, si elle est surjective, si elle est bijective, en démontrant chaque réponse positive et en donnant un contre-exemple explicite pour chaque réponse négative.
Pour , on admettra le résultat suivant, vu au lycée : tout réel possède au moins un antécédent par la fonction cube. Pour l'injectivité, on pourra utiliser l'identité .
-
Étudier .
-
Étudier , et donner son application réciproque lorsqu'elle existe.
-
Étudier , et donner son application réciproque lorsqu'elle existe.
-
Étudier .
-
Étudier .
-
Synthèse.
a. Les applications et ont la même formule. Qu'est-ce qui explique alors que les réponses diffèrent ?
b. On pose . Montrer que l'application , , est bijective, et donner son application réciproque.
c. Comment modifier le seul ensemble d'arrivée de pour la rendre surjective ? Est-elle bijective pour autant ?
Exercice 21 ★★★★ — Bijections explicites et applications réciproques
Injection, surjection, bijection, application réciproqueApplications : définition, image, antécédent, composition
Méthode de référence. Pour montrer qu'une application est bijective et obtenir sa réciproque, on fixe et on résout l'équation , d'inconnue . Si, pour chaque de , cette équation admet une solution et une seule, alors est bijective et est cette solution.
-
Cas affine. Soit définie par . Démontrer que est bijective et déterminer .
-
Cas homographique. Soit l'application définie par .
a. Pourquoi le réel doit-il être exclu de l'ensemble de départ ?
b. Soit . Résoudre l'équation , d'inconnue , en distinguant les cas selon la valeur de .
c. En déduire que réalise une bijection de sur , et donner .
-
Vérifier par le calcul les deux égalités et .
-
Cas de deux ensembles finis. On pose et , et on définit deux applications et de dans par les tableaux suivants.
1 2 3 4 7 5 8 6 5 7 5 8 a. Montrer que est bijective et donner le tableau de .
b. L'application est-elle injective ? surjective ?
-
Composition. Soit définie par .
a. Déterminer l'expression de , où est l'application de la question 1.
b. Montrer que est bijective et déterminer .
c. Déterminer , puis vérifier sur cet exemple l'égalité . Que penser de l'égalité ?
Exercice 22 ★★★★ — Sommes indexées par un sous-ensemble fini
Sommes indexées par un sous-ensemble fini de N ou de N carré (sommes doubles)Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles
Si est un sous-ensemble fini de et si à chaque on associe un réel , on note la somme de tous ces réels. L'ordre dans lequel on les additionne n'a aucune importance. En particulier, est le nombre d'éléments de .
On rappelle également les deux sommes usuelles : pour tout entier ,
-
Un ensemble donné en extension. On pose . Calculer :
a.
b.
c.
d. , en réutilisant a et c
-
Un ensemble donné en compréhension. On pose .
a. Écrire en extension et donner son nombre d'éléments.
b. Calculer en se ramenant, par changement d'indice, à une somme indexée par des entiers consécutifs.
c. Calculer de même .
-
Pairs et impairs. Soit un entier. On pose
a. Calculer .
b. Calculer .
c. Vérifier que , et contrôler les trois résultats pour .
-
Une somme indexée par une partie de . On pose
a. Calculer et .
b. Écrire en extension, puis calculer .
c. Vérifier que le résultat de b est égal au produit . Comment l'expliquer sans refaire le calcul terme à terme ?
Exercice 23 ★★★★ — Quantificateurs : l'ordre change tout
Éléments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation d'une propositionModes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde
Deux propositions écrites avec les mêmes symboles, mais dans un ordre différent, ne disent en général pas du tout la même chose. Cet exercice fait manipuler cette idée sur des suites puis sur des fonctions.
Dans tout l'exercice, désigne une suite réelle.
-
Traduction. Écrire à l'aide de quantificateurs les propositions suivantes.
a. « est majorée »
b. « est croissante »
c. « est majorée par »
d. « n'est pas majorée »
Écrire ensuite la négation de a et celle de b, d'abord en symboles, puis en une phrase en français.
-
Deux exemples.
a. Soit la suite définie pour tout par . Démontrer qu'elle est majorée, puis qu'elle est croissante, en suivant exactement la forme quantifiée de la question 1.
b. Soit la suite définie pour tout par . Démontrer qu'elle n'est pas majorée. On pourra utiliser la partie entière : pour tout réel , est l'unique entier tel que .
-
L'ordre des quantificateurs. On considère les deux propositions
a. Démontrer que est vraie pour toute suite réelle .
b. Donner une suite pour laquelle est fausse.
c. Laquelle des deux traduit « est majorée » ? Expliquer en une phrase pourquoi l'autre ne dit rien d'intéressant.
-
Le même travail sur une fonction. Soit une fonction.
a. Écrire avec des quantificateurs « est majorée » et « s'annule », ainsi que leurs négations.
b. Pour et , dire lesquelles de ces quatre propositions sont vraies, en justifiant chaque réponse.
-
Quantificateurs imbriqués. On considère les deux propositions
Déterminer si chacune est vraie ou fausse, et le démontrer.
Exercice 24 ★★★★ — Sommes doubles rectangulaires
Sommes indexées par un sous-ensemble fini de N ou de N carré (sommes doubles)
Soient et deux entiers supérieurs ou égaux à . Pour une famille de réels indexée par le « rectangle » , on note
La convention est celle-ci : dans la somme intérieure, l'indice est fixé ; tout ce qui ne dépend que de y joue le rôle d'une constante et peut donc sortir de cette somme intérieure, mais surtout pas de la somme extérieure. On rappelle enfin que, pour tout entier ,
-
Échauffement. Calculer et interpréter le résultat en termes de nombre d'éléments de .
-
Soit .
a. Calculer la somme intérieure en fonction de et de .
b. En déduire en fonction de et de .
c. Contrôler le résultat pour par un calcul direct des neuf termes.
-
Soit (ici les deux indices varient de à ).
a. Calculer en fonction de .
b. Retrouver le résultat par un argument de symétrie entre les deux indices.
c. Contrôler pour .
-
Soit , où désigne le plus petit des deux entiers et . Ici le terme général ne se factorise pas : il faut couper la somme intérieure.
a. Soit fixé dans . En séparant les indices tels que de ceux tels que , montrer que
b. En déduire en fonction de .
c. Contrôler pour , et comparer le résultat obtenu à une somme usuelle du cours.
-
Un produit de sommes est une somme double. Soient et des réels.
a. Démontrer que
b. Illustrer cette égalité avec , , et , en calculant les deux membres.
c. Retrouver, à l'aide de cette formule, le résultat de la question 2.
Exercice 25 ★★★★ — Sommes doubles triangulaires
Sommes indexées par un sous-ensemble fini de N ou de N carré (sommes doubles)
Soit un entier. On note
et, pour une famille de réels , on écrit pour la somme indexée par . Une telle somme se calcule de deux façons : par lignes (on fixe , et décrit ) ou par colonnes (on fixe , et décrit ). Les deux lectures donnent évidemment le même résultat, ce qui fournit une vérification gratuite.
On rappelle les sommes usuelles : pour tout entier ,
ainsi que la formule du produit de deux sommes : pour des réels et ,
-
Compter les couples.
a. Écrire en extension.
b. Calculer par lignes, puis par colonnes, et vérifier que les deux calculs donnent le même résultat.
c. En déduire la valeur de (inégalité stricte cette fois).
-
Soit .
a. Calculer par colonnes.
b. Recalculer par lignes, et vérifier qu'on retrouve le même résultat.
-
L'astuce du carré de la somme. Soient des réels. Démontrer que
On partira de la formule du produit rappelée ci-dessus et on découpera le carré d'indices en trois morceaux.
-
En déduire la valeur de en fonction de , sous forme factorisée.
-
Contrôle numérique. Vérifier les trois résultats des questions 1. b, 2 et 4 pour , par un calcul direct.
Exercice 26 ★★★★ — Récurrence double : forme explicite d'une suite
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Certaines suites sont définies par une relation qui fait intervenir les deux termes précédents. Une récurrence simple ne peut alors pas fonctionner : il faut une variante, la récurrence double, dont le schéma est le suivant : on vérifie la propriété aux deux premiers rangs, puis on montre que, si elle est vraie aux rangs et , elle l'est encore au rang .
Partie A. Une suite dont on cherche la forme explicite
On considère la suite définie par , et, pour tout ,
-
Calculer , et .
-
On cherche s'il existe des suites géométriques vérifiant la même relation, c'est-à-dire des réels tels que la suite vérifie pour tout . Montrer que cela équivaut à , puis résoudre cette équation.
-
a. Montrer que, pour tous réels et , la suite définie par vérifie la relation pour tout .
b. Déterminer les réels et tels que et .
-
Démontrer par récurrence double que, pour tout , .
-
Pourquoi deux initialisations ?
a. Expliquer pourquoi une récurrence simple (hypothèse au seul rang ) ne permet pas de mener l'hérédité de la question 4.
b. On considère la suite définie par , et la même relation . Calculer et le comparer à . Qu'est-ce que cela prouve sur la seconde initialisation ?
Partie B. Une suite de type Fibonacci
On considère la suite définie par , et, pour tout , .
-
Calculer , , , et .
-
Démontrer par récurrence double que, pour tout , .
-
Démontrer, également par récurrence double, que pour tout entier .
Exercice 27 ★★★★ — Récurrence forte
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Quand un terme d'une suite est défini à partir de tous les termes qui le précèdent, ou à partir d'un rang antérieur imprévisible, l'hypothèse « la propriété est vraie au rang » ne suffit plus. On utilise alors la récurrence forte, dont le schéma est le suivant : on vérifie la propriété au premier rang, puis on montre que, si elle est vraie à tous les rangs de jusqu'à , alors elle est encore vraie au rang .
On rappelle que, pour tout entier , .
Partie A. Une suite égale à la somme de tous ses termes précédents
On considère la suite définie par et, pour tout entier ,
-
Calculer , , , et , puis conjecturer une expression de valable pour . Pourquoi la formule conjecturée ne peut-elle pas être valable pour ?
-
Démontrer la conjecture par récurrence forte.
-
Montrer que, pour tout entier , . Comment aurait-on pu, grâce à cette remarque, se passer de la récurrence forte ?
Partie B. Une suite qui saute en arrière
On considère la suite définie par et, pour tout entier ,
où désigne la partie entière de , c'est-à-dire l'unique entier tel que . Cette suite compte le nombre de fois qu'il faut couper en deux un paquet de fiches pour n'en garder qu'une seule : c'est le coût d'une recherche par dichotomie.
-
Calculer . Que remarque-t-on quand franchit une puissance de ?
-
a. Soit et soit un entier tel que . Démontrer que vérifie , puis que .
b. En déduire, par récurrence forte, que pour tout entier et tout entier tels que , on a .
-
Pourquoi une récurrence simple est-elle ici sans espoir ? On pourra prendre l'exemple de .
-
Bilan de rédaction. Décrire, en quelques lignes et sans exposé théorique, ce qui change concrètement entre une récurrence simple, une récurrence double et une récurrence forte : ce qu'on écrit dans l'initialisation, ce qu'on écrit dans l'hypothèse, et comment on choisit la bonne variante devant une suite donnée.
Exercice 28 ★★★★ — Fausses récurrences : trouver l'erreur
Raisonnement par récurrence : simple, double, forteModes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde
Une démonstration par récurrence n'est valable que si trois conditions sont réunies : l'initialisation est vérifiée au bon rang, l'hérédité est démontrée pour tout entier à partir de ce rang, et l'hérédité aboutit exactement à la propriété au rang , sans jamais la supposer acquise en chemin.
Les trois textes ci-dessous ont l'apparence d'une démonstration par récurrence. Aucun n'en est une. Pour chacun, on demande de dire si la conclusion annoncée est vraie ou fausse, puis de localiser précisément l'erreur : à quel endroit du texte, et pourquoi c'est une erreur.
-
Pour , on note la proposition : « pour tous réels , on a ».
« Démonstration ». Initialisation. Pour , la proposition s'écrit : elle est vraie. Hérédité. Soit tel que soit vraie. Soient des réels. La famille compte réels, donc par hypothèse de récurrence. La famille compte elle aussi réels, donc . Les deux chaînes d'égalités ont le réel en commun, donc tous ces réels sont égaux et est vraie. Conclusion. est vraie pour tout . En particulier, pour : deux réels quelconques sont toujours égaux. »
-
Pour , on note la proposition : « ».
« Démonstration ». Hérédité. Soit tel que soit vraie. Alors
ce qui est exactement . L'hérédité est établie. Conclusion. Pour tout , . »
-
On considère la suite définie par et, pour tout , . Pour , on note la proposition : « ».
« Démonstration ». Initialisation. et , donc : est vraie. Hérédité. Soit tel que soit vraie, c'est-à-dire . Alors
Or affirme que , ce qui est bien compatible avec la majoration obtenue. L'hérédité est donc établie. Conclusion. Pour tout , . »
-
Dans le texte 1, on a vu que le mécanisme de l'hérédité fonctionne à partir d'un certain rang. Que suffirait-il d'ajouter pour rendre la démonstration correcte ? Cet ajout est-il possible ?
-
Résumer en trois phrases les trois points de vigilance mis en évidence par cet exercice.
Exercice 29 ★★★★ — Équations ensemblistes
Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien
Dans tout l'exercice, désigne un ensemble et , , , , des parties de . Le complémentaire d'une partie dans est noté .
On rappelle qu'une égalité entre deux ensembles se démontre en général par double inclusion : pour établir , on montre puis , chaque inclusion se démontrant en partant d'un élément quelconque de l'ensemble de gauche.
-
Démontrer l'équivalence : .
-
Démontrer la chaîne d'équivalences : .
-
La partie étant donnée, déterminer toutes les parties de vérifiant simultanément
On justifiera à la fois qu'une telle partie existe et qu'il n'y en a qu'une.
-
On cherche maintenant à « simplifier par ». Montrer, à l'aide d'un contre-exemple explicite, que l'égalité n'entraîne pas . Faire de même pour .
-
Démontrer en revanche que, si les deux égalités et sont vérifiées en même temps, alors .
Exercice 30 ★★★★ — Composition : ce qui se transmet à la composée
Injection, surjection, bijection, application réciproqueApplications : définition, image, antécédent, composition
Soient , , trois ensembles non vides, et deux applications. On note l'application définie par pour tout .
On rappelle les deux définitions :
- est injective lorsque, pour tous et de , l'égalité entraîne ;
- est surjective lorsque, pour tout , il existe au moins un tel que .
-
Démontrer que si et sont injectives, alors est injective.
-
Démontrer que si et sont surjectives, alors est surjective. En déduire que la composée de deux bijections est une bijection.
-
Démontrer que si est injective, alors est injective.
-
Démontrer que si est surjective, alors est surjective.
-
Les réciproques des deux implications précédentes sont-elles vraies ? Autrement dit, l'injectivité de force-t-elle celle de , et sa surjectivité force-t-elle celle de ? On répondra en construisant des applications entre ensembles finis, décrites élément par élément.
-
Démontrer les deux compléments suivants.
a. Si est injective et si est surjective, alors est injective.
b. Si est surjective et si est injective, alors est surjective.
Exercice 31 ★★★★ — La somme des cubes par télescopage
Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles
On rappelle les deux formules du cours, valables pour tout entier :
L'objectif est d'obtenir la formule donnant sans aucune récurrence, par la seule méthode du télescopage. Le principe est toujours le même : on calcule une même somme de deux façons différentes, et on confronte les deux résultats.
Pour tout entier , on pose
-
Calculer par télescopage, en séparant la somme en deux et en effectuant un changement d'indice.
-
Développer pour un entier quelconque, puis exprimer en fonction de et de , en utilisant les deux formules rappelées ci-dessus.
-
En confrontant les questions 1 et 2, démontrer que, pour tout entier ,
-
Vérifier ce résultat par un calcul direct pour , puis pour .
-
En déduire une égalité remarquable entre et .
-
Calculer, pour tout entier , la somme , et vérifier le résultat pour et .
Exercice 32 ★★★★ — La différence symétrique
Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien
Dans tout l'exercice, désigne un ensemble et , , , des parties de . On note la différence de et de , et le complémentaire de dans .
On définit la différence symétrique de et de , notée , par
C'est donc l'ensemble des éléments qui appartiennent à sans appartenir à , ou à sans appartenir à . Cette notation n'est pas au programme : elle n'a d'existence, dans tout ce qui suit, que par la définition ci-dessus.
-
On prend , et . Déterminer , et . Comparer avec .
-
Démontrer que, pour toutes parties et de , .
-
a. Démontrer que, pour tout , l'appartenance équivaut au fait que appartienne à exactement un des deux ensembles et .
b. En déduire, ou démontrer directement, les quatre identités suivantes :
-
Démontrer que, pour tout , l'appartenance équivaut au fait que appartienne à un nombre impair des trois ensembles , , . En déduire que est associative, c'est-à-dire que .
-
Les parties et étant données, résoudre l'équation , d'inconnue : montrer qu'elle admet une solution et une seule, et l'expliciter.
-
En déduire les deux résultats suivants.
a. Si , alors .
b. si et seulement si .
Exercice 33 ★★★★ — Involutions et réciproque d'une composée
Injection, surjection, bijection, application réciproqueApplications : définition, image, antécédent, composition
Pour un ensemble non vide , on note l'application identité de , définie par pour tout . On rappelle que la composition des applications est associative : .
Définition. Une application est appelée une involution de lorsque
On rappelle enfin le critère du cours : si et sont deux applications telles que et , alors est bijective et .
-
Soit une involution de .
a. Démontrer que est injective, puis qu'elle est surjective, en revenant aux définitions (sans utiliser le critère rappelé ci-dessus).
b. En déduire que est bijective et que : une involution est sa propre réciproque.
-
Vérifier par le calcul que les trois applications suivantes sont des involutions. On prendra garde, pour la troisième, à vérifier d'abord qu'elle est bien définie de dans .
a. , .
b. , .
c. avec , .
-
Soient , , trois ensembles non vides, et deux bijections. Démontrer que est bijective et que
-
L'ordre a-t-il vraiment de l'importance dans la formule précédente ? Donner deux bijections et de dans pour lesquelles .
-
La composée de deux involutions de est-elle une involution de ? Répondre par une démonstration ou par un contre-exemple explicite.
-
Soient et deux involutions de . Démontrer que est une involution de si et seulement si . Vérifier la cohérence avec la question 5.
Exercice 34 ★★★★ — Interversion de sommations
Sommes indexées par un sous-ensemble fini de N ou de N carré (sommes doubles)Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles
Soit un entier supérieur ou égal à et soient des réels. On s'intéresse à la somme double
qui se lit ainsi : pour chaque valeur de entre et , on calcule la somme des pour allant de à , puis on additionne les résultats obtenus. On notera
l'ensemble des couples d'indices concernés, de sorte que .
On rappelle que et .
-
Décrire l'ensemble : pour fixé, quelles sont les valeurs possibles de ? Pour fixé, quelles sont les valeurs possibles de , et combien y en a-t-il ? Combien compte-t-il d'éléments ?
-
En déduire, par interversion des deux sommations, que
-
Vérifier cette identité pour , en écrivant les deux membres en fonction de , , , .
-
Appliquer l'identité au cas , et en déduire une formule close pour . Contrôler le résultat pour .
-
Appliquer l'identité au cas , et en déduire une formule close pour . Contrôler le résultat pour .
-
Calculer . Contrôler le résultat pour .
Exercice 35 ★★★★ — Récurrence et encadrement d'une suite
Raisonnement par récurrence : simple, double, forteModes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde
On considère la suite définie par
Une telle définition demande une précaution : la formule n'a de sens que si est non nul. La première tâche est donc de démontrer que la suite est bien définie.
-
Calculer , et sous forme de fractions irréductibles.
-
Démontrer par récurrence que, pour tout , le terme est bien défini et vérifie .
-
Démontrer par récurrence que, pour tout , .
-
a. Démontrer que, pour tout , .
b. En déduire que pour tout entier . Que vaut par rapport à ?
-
a. Démontrer que, pour tout , .
b. En déduire le sens de variation de la suite . Que se passe-t-il entre et ?
-
Expliquer pourquoi il fallait impérativement établir l'encadrement de la question 4 avant d'étudier la monotonie, et pourquoi l'encadrement grossier de la question 3 n'y aurait pas suffi.
Exercice 36 ★★★★ — Le nombre de parties d'un ensemble fini
Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésienInjection, surjection, bijection, application réciproqueRaisonnement par récurrence : simple, double, forte
Pour un ensemble , on note l'ensemble de ses parties, et le nombre d'éléments de lorsque est fini. On rappelle que les éléments de sont des ensembles : écrire , c'est exactement écrire .
L'objectif du problème est de déterminer pour un ensemble fini , puis de retrouver le résultat par une seconde méthode.
On admet les trois principes suivants, qui relèvent du bon sens et seront revus plus tard :
- si un ensemble fini est la réunion de deux parties disjointes, son nombre d'éléments est la somme des nombres d'éléments de ces deux parties ;
- deux ensembles finis en bijection ont le même nombre d'éléments ;
- le nombre d'applications d'un ensemble à éléments dans vaut : chacun des éléments de l'ensemble de départ a deux images possibles, et ces choix sont indépendants les uns des autres.
Partie A. Observation
-
Écrire explicitement , puis donner , dans chacun des quatre cas suivants : , , , , où , , désignent trois éléments deux à deux distincts.
-
Conjecturer une expression de en fonction de .
Partie B. Démonstration par récurrence
- Démontrer la conjecture par récurrence sur . On pourra, pour un ensemble à éléments, fixer un élément de et séparer les parties de en deux catégories : celles qui ne contiennent pas et celles qui le contiennent. On prendra soin de justifier que ces deux catégories comptent le même nombre d'éléments, en exhibant une bijection de l'une sur l'autre.
Partie C. Démonstration par les applications à valeurs dans
Dans toute cette partie, est un ensemble fini à éléments et désigne l'ensemble des applications de dans .
À toute partie de , on associe l'application définie par
On note l'application de dans qui, à toute partie , associe .
-
On prend . Donner les trois valeurs de pour , puis pour . Réciproquement, déterminer la partie de telle que soit l'application définie par , et .
-
Démontrer que est injective, puis qu'elle est surjective.
-
En déduire à nouveau la valeur de .
-
Application. Soit un ensemble à éléments et un élément de . Combien possède-t-il de parties ? Combien de ces parties contiennent ? Vérifier la cohérence de la seconde réponse sur la liste établie à la question 1 pour un ensemble à trois éléments.
Bloqué sur « Raisonnement et vocabulaire ensembliste » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.