ECG appliquées · Chapitre 01 · Premier semestre

Exercices — Raisonnement et vocabulaire ensembliste

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Connecteurs logiques et valeurs de vérité

Éléments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation d'une proposition

Dans tout l'exercice, une proposition est un énoncé qui est soit vrai, soit faux, sans autre possibilité.

  1. Déterminer la valeur de vérité de chacune des propositions suivantes.

    a. « 2+2=4 » et « 3<5 »

    b. « 2+2=5 » ou « 3<5 »

    c. non « 7 est pair »

    d. « (2)2=4 » et « 2>0 »

    e. « 1>2 » ou « 2>3 »

    f. non « 55 »

  2. Recopier et compléter la table de vérité suivante, où P et Q désignent deux propositions quelconques (V pour vrai, F pour faux).

    P Q P et Q P ou Q
    V V ? ?
    V F ? ?
    F V ? ?
    F F ? ?
  3. Traduire chacune des phrases suivantes par une proposition mathématique utilisant « et », « ou » ou « non ».

    a. Le réel x est compris entre 1 et 3, bornes comprises.

    b. Le produit des deux réels x et y est nul.

    c. L'entreprise a un chiffre d'affaires C strictement supérieur à 100 (en milliers d'euros) et un résultat R négatif ou nul.

    d. Traduire, dans l'autre sens, la proposition « x0 et y0 » par une phrase en français.

  4. Dans la langue courante, « fromage ou dessert » signifie l'un ou l'autre, mais pas les deux : le « ou » y est exclusif. En mathématiques, le « ou » est inclusif.

    a. On prend x=0. Les propositions « x0 » et « x0 » sont-elles vraies ? Qu'en déduit-on pour la proposition « x0 ou x0 » ?

    b. On sait que, pour tous réels x et y, on a xy=0 si et seulement si « x=0 ou y=0 ». Cette équivalence resterait-elle correcte si le « ou » était exclusif ? On testera x=y=0.

  5. Écrire la négation de chacune des propositions suivantes, sans employer le mot « non ».

    a. x2 et x5

    b. x=1 ou x=3

    c. n est pair et n10

    d. x>0 ou y>0

Exercice 2 ★★★★Lire et écrire des propositions quantifiées

Éléments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation d'une proposition

  1. Traduire en français chacune des propositions suivantes, puis donner sa valeur de vérité en justifiant.

    a. xR, x20

    b. xR, x2=2

    c. nN, n1

    d. nN, n2=2

  2. Écrire à l'aide de quantificateurs les propositions suivantes.

    a. Le carré de tout nombre réel est positif ou nul.

    b. Il existe un entier naturel dont le carré vaut 49.

    c. L'équation x3=5 admet au moins une solution réelle.

    d. Une entreprise relève son chiffre d'affaires mensuel : on note c1,c2,,c12 les douze valeurs obtenues, en milliers d'euros. Écrire : « chaque mois, le chiffre d'affaires a été supérieur ou égal à 8 ».

  3. On considère les deux propositions

    P:xR, yR, y>x Q:yR, xR, y>x

    Elles sont écrites avec les mêmes symboles, dans un ordre différent.

    a. Traduire chacune d'elles en français.

    b. Déterminer laquelle est vraie et laquelle est fausse, en justifiant les deux réponses.

  4. Dans chacune des écritures suivantes, une quantification est sous-entendue. La rendre explicite, ou expliquer pourquoi l'écriture n'est pas une proposition.

    a. (x+1)2=x2+2x+1

    b. Si n est pair, alors n2 est pair.

    c. x23x+2=0

Exercice 3 ★★★Nier une proposition quantifiée

Éléments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation d'une proposition

On rappelle les deux règles de négation : la négation de xE, A(x) est xE, non A(x), et la négation de xE, A(x) est xE, non A(x).

  1. Écrire la négation de chacune des propositions suivantes, sous une forme où le mot « non » n'apparaît plus. Dans l'item g., (un)nN désigne une suite réelle donnée.

    a. xR, x2>0

    b. nN, n2=5

    c. nN, (n3n29)

    d. xR, (x>0 et x2<x)

    e. xR, (x2 ou x2)

    f. xR, nN, n>x

    g. MR, nN, unM

  2. Écrire en français la négation de chacune des deux phrases suivantes.

    a. Tous les clients de l'entreprise ont réglé leur facture.

    b. Il existe un mois de l'année où le chiffre d'affaires a dépassé 50 milliers d'euros.

  3. Pour les propositions a. et d. de la question 1, dire laquelle, de la proposition ou de sa négation, est vraie. On justifiera à chaque fois.

  4. Un étudiant écrit : « la négation de xR, x2>0 est xR, x20 ». Relever les deux erreurs commises.

Exercice 4 ★★★★Implication, réciproque, contraposée

Proposition conditionnelle : réciproque, contraposée, condition nécessaire et suffisante

On rappelle que, pour deux propositions A et B :

  • la réciproque de AB est BA ;
  • la contraposée de AB est non Bnon A ;
  • la négation de AB est « A et non B ».

Comme toujours, les implications ci-dessous sont sous-entendues quantifiées universellement : « pour tout entier n… », « pour tout réel x… ».

Pour chacune des quatre implications suivantes, écrire sa réciproque, sa contraposée et sa négation, puis donner la valeur de vérité de l'implication et celle de sa réciproque (justification ou contre-exemple).

a. Pour nN : si n est un multiple de 4, alors n est pair.

b. Pour xR : si x>3, alors x2>9.

c. Pour une entreprise dont le résultat est égal au chiffre d'affaires diminué des charges, les charges et le chiffre d'affaires étant positifs ou nuls, et « réaliser un bénéfice » signifiant « avoir un résultat strictement positif » : si l'entreprise réalise un bénéfice, alors son chiffre d'affaires est strictement positif.

d. Pour nN : si n2 est impair, alors n est impair. On admettra qu'un entier naturel est soit pair, soit impair, et jamais les deux.

Exercice 5 ★★★★Condition nécessaire, condition suffisante

Proposition conditionnelle : réciproque, contraposée, condition nécessaire et suffisante

On rappelle le vocabulaire. Soient P et Q deux propositions.

  • Dire que P est une condition suffisante de Q signifie PQ : il suffit que P soit vraie pour que Q le soit.
  • Dire que P est une condition nécessaire de Q signifie QP : si Q est vraie, alors P l'est forcément.
  • Dire que P est une condition nécessaire et suffisante de Q signifie PQ.
  1. Dans chacun des cas suivants, dire si P est une condition suffisante, nécessaire, nécessaire et suffisante, ou ni l'une ni l'autre, de Q. On justifiera chaque implication retenue et on donnera un contre-exemple pour chaque implication écartée. Les lettres x et n désignent respectivement un réel et un entier naturel quelconques.

    a. P : « x=2 » ; Q : « x2=4 ».

    b. P : « x2=4 » ; Q : « x=2 ».

    c. P : « n est pair » ; Q : « n2 est pair ».

    d. P : « x>0 » ; Q : « x2>1 ».

    e. P : « le chiffre d'affaires de l'entreprise est strictement positif » ; Q : « l'entreprise réalise un bénéfice ». On garde la convention usuelle : le résultat vaut le chiffre d'affaires diminué des charges, le chiffre d'affaires et les charges sont positifs ou nuls, et réaliser un bénéfice signifie avoir un résultat strictement positif.

  2. Traduire chacune des phrases suivantes par une implication ou une équivalence, puis donner sa valeur de vérité.

    a. Pour que x2=4, il suffit que x=2.

    b. Pour que x=2, il faut que x2=4.

    c. Pour que n2 soit pair, il faut et il suffit que n soit pair.

    d. Pour qu'une entreprise réalise un bénéfice, il faut qu'elle ait un chiffre d'affaires strictement positif.

    e. Comparer les traductions obtenues en a. et en b. Que remarque-t-on ?

Exercice 6 ★★★★Premières récurrences

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Dans les trois premières questions, on rédigera en respectant la trame complète : initialisation, hérédité (avec l'hypothèse de récurrence explicitement énoncée), conclusion.

  1. Démontrer par récurrence que, pour tout entier n1,

    k=1n(2k1)=n2
  2. Démontrer par récurrence que, pour tout entier n1,

    k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6
  3. Démontrer par récurrence que, pour tout entier nN, 2nn+1.

  4. Pour tout entier n1, on note Q(n) la proposition : « k=1nk=n(n+1)2+1 ».

    a. Montrer que, pour tout entier n1, si Q(n) est vraie, alors Q(n+1) est vraie.

    b. La proposition Q(1) est-elle vraie ?

    c. Que vaut réellement k=1nk ? En déduire pour quels entiers n la proposition Q(n) est vraie, et conclure sur le rôle de l'initialisation dans un raisonnement par récurrence.

Exercice 7 ★★★Le symbole somme : linéarité et changement d'indice

Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles

On rappelle les deux sommes usuelles : pour tout entier n1,

k=1nk=n(n+1)2etk=1nk2=n(n+1)(2n+1)6
  1. Combien de termes comportent les sommes suivantes ? Dans l'item d., p et n sont des entiers vérifiant pn.

    a. k=1nuk

    b. k=0nuk

    c. k=312uk

    d. k=pnuk

  2. En déduire la valeur des sommes suivantes.

    a. k=3125

    b. k=0n3

    c. k=pn1

  3. a. Écrire k=3n+3(k3)2 sous la forme d'une somme dont l'indice part de 0, puis donner sa valeur en fonction de n (on prendra n1).

    b. Écrire k=1n(k+2) sous la forme d'une somme dont l'indice j va de 3 à n+2.

  4. Calculer, en utilisant la linéarité de la somme, pour tout entier n1 :

    a. k=1n(3k2)

    b. k=1n(k2+k)

  5. Un étudiant écrit : « dans k=1nk×n, le facteur k ne dépend pas de n, donc je peux le sortir de la somme, ce qui donne kk=1nn=k×n2. »

    a. Calculer correctement k=1nk×n.

    b. Expliquer précisément l'erreur commise, et donner le test immédiat qui permet de repérer un résultat de ce type.

Exercice 8 ★★★Appartenance, inclusion, ensemble des parties

Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

  1. On considère l'ensemble E={1, 2, {1,2}}, dont le troisième élément est lui-même un ensemble. Dire si chacune des affirmations suivantes est vraie ou fausse, en justifiant.

    a. 1E

    b. {1}E

    c. {1}E

    d. {1,2}E

    e. {1,2}E

    f. {{1,2}}E

    g. 3E

    h. E

  2. Soit F={a,b,c}, où a, b et c sont trois objets deux à deux distincts.

    a. Écrire en extension l'ensemble P(F) des parties de F.

    b. Combien P(F) possède-t-il d'éléments ? Combien en posséderait P(G) si G était un ensemble à 4 éléments ?

  3. Décrire en extension (c'est-à-dire en donnant la liste de leurs éléments) les ensembles suivants.

    a. A={nN  ;  n5}

    b. B={xR  ;  x2=9}

    c. C={nN  ;  n2<10}

    d. D={xR  ;  x2+1=0}

  4. On travaille maintenant dans l'ensemble S={0,1,2,3,4,5,6,7,8,9}, et l'on pose

    M={0,2,4,6,8}etN={0,1,2,3,4}

    Les complémentaires sont pris dans S. Déterminer en extension MN, MN, M, N, MN et MN. Que constate-t-on sur les deux derniers ?

Exercice 9 ★★★Applications : images, antécédents, composition

Applications : définition, image, antécédent, composition

  1. Soient E={1,2,3,4,5} et F={a,b,c,d}. On définit l'application f:EF par le tableau suivant.

    x 1 2 3 4 5
    f(x) b a c a b

    a. Donner l'image de 3 et celle de 5 par f.

    b. Déterminer les antécédents par f de chacun des quatre éléments a, b, c et d.

    c. Combien d'images un élément de E possède-t-il ? Combien d'antécédents un élément de F peut-il posséder ?

  2. Soit g:RR l'application définie, pour tout réel x, par g(x)=x24x+3.

    a. Calculer g(0), g(2) et g(1).

    b. Vérifier que, pour tout réel x, g(x)=(x2)21.

    c. Déterminer les antécédents de 3 par g.

    d. Déterminer les antécédents de 1, puis ceux de 5.

  3. Soient u et v les applications de R dans R définies par u(x)=2x+1 et v(x)=x2.

    a. Déterminer (vu)(x) et (uv)(x) pour tout réel x.

    b. Les applications vu et uv sont-elles égales ?

    c. Déterminer les réels x pour lesquels (vu)(x)=(uv)(x).

  4. On considère les trois applications suivantes.

    p:RR, x(x+1)2q:RR, xx2+2x+1r:R[0,+[, xx2+2x+1

    Dire, en justifiant, lesquelles de ces applications sont égales.

Exercice 10 ★★★Sommes usuelles : calculs directs

Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles

On rappelle les formules usuelles, valables pour tout entier n1 et tout réel q1 :

k=1nk=n(n+1)2,k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6,k=0nqk=1qn+11q

Aucune de ces formules ne s'applique telle quelle à une somme dont l'indice ne part pas de 1 (ou de 0 pour la somme géométrique) : il faut d'abord s'y ramener.

  1. Calculer les sommes suivantes en fonction de l'entier n.

    a. k=1n(4k3)

    b. k=0n3×2k

    c. k=5nk, pour n5

    d. k=1n(k+1)(k1)

    e. k=12nk

    f. k=n+12nk

  2. Retrouver le résultat de la question 1. f. par le changement d'indice j=kn.

  3. Déterminer le plus petit entier n1 tel que k=1n(4k3)100.

Exercice 11 ★★★Sommes télescopiques

Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles

Une somme est dite télescopique lorsque son terme général est la différence de deux valeurs consécutives d'une même suite. Si (ak) est une suite de réels et si pn, alors

k=pn(ak+1ak)=an+1ap

La méthode sûre pour l'exploiter ne consiste jamais à écrire des pointillés : on sépare la somme en deux, on effectue un changement d'indice dans l'une des deux, puis on compare les bornes des deux sommes obtenues.

  1. a. Déterminer deux réels α et β tels que, pour tout entier k1, 1k(k+1)=αk+βk+1.

    b. En déduire, pour tout entier n1, la valeur de Sn=k=1n1k(k+1).

    c. Contrôler le résultat pour n=4 par un calcul direct.

  2. a. Déterminer deux réels α et β tels que, pour tout entier k1, 1k(k+3)=αk+βk+3.

    b. En déduire, pour tout entier n1, la valeur de Tn=k=1n1k(k+3). On prendra garde au fait que le décalage vaut ici 3 : il restera trois termes de chaque côté.

    c. Contrôler le résultat pour n=3 par un calcul direct.

  3. Soit n1. Calculer Un=k=1n((k+1)3k3) de deux façons : d'abord par télescopage, ensuite en développant le terme général. En déduire la valeur de k=1nk2, en admettant connue celle de k=1nk.

  4. Calculer, pour tout entier n1, Vn=k=1nln(1+1k).

Exercice 12 ★★★★Produits, factorielles et télescopage multiplicatif

Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles

On rappelle que, pour un entier n1, n!=1×2××n=k=1nk, avec la convention 0!=1. Le symbole obéit aux mêmes règles de manipulation que le symbole (changement d'indice, découpage, séparation des facteurs), à ceci près que l'addition y est remplacée par la multiplication : en particulier, k=pn(akbk)=(k=pnak)(k=pnbk).

  1. Simplifier les expressions suivantes.

    a. (n+2)!n!, pour n0

    b. n!(n2)!, pour n2

    c. (n+1)!(n1)!, pour n1

    d. (n+1)!n!, pour n0

  2. a. Soit n3. Combien de facteurs comporte le produit k=3nak ?

    b. En déduire la valeur de k=3n2.

  3. Calculer les produits suivants (on précisera à chaque fois le nombre de facteurs).

    a. An=k=1nk+1k, pour n1.

    b. Bn=k=5nk+1k, pour n5.

    c. Cn=k=2n(11k2), pour n2.

  4. a. Soient u1,u2,,un des réels strictement positifs. Démontrer que ln(k=1nuk)=k=1nln(uk).

    b. En déduire la valeur de Pn=k=1ne2k1 pour tout entier n1.

Exercice 13 ★★★★Lois de De Morgan et double inclusion

Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

Soit E un ensemble et soient A, B et C trois parties de E. On rappelle que le complémentaire de A dans E est A={xE  ;  xA}, et que pour démontrer une égalité d'ensembles X=Y, on procède le plus souvent par double inclusion : on montre XY, puis YX.

  1. Démontrer par double inclusion, en rédigeant entièrement les deux sens, que

    AB=AB
  2. En déduire la seconde loi de De Morgan, AB=AB, sans refaire de double inclusion : on appliquera la question 1. aux parties A et B.

  3. Démontrer, également par double inclusion, la distributivité de l'intersection sur la réunion :

    A(BC)=(AB)(AC)
  4. On prend E={1,2,3,4,5,6,7,8}, A={1,2,3,4}, B={3,4,5,6} et C={2,4,6,8}. Vérifier sur cet exemple les trois égalités précédentes, en écrivant tous les ensembles en extension.

  5. a. Écrire la négation de la proposition « xA ou xB ». Quel lien cela fait-il apparaître entre les connecteurs logiques et les opérations sur les ensembles ?

    b. Écrire la négation de la proposition « pour tout xE, xAB », puis la traduire en langage ensembliste. Illustrer avec les ensembles de la question 4.

Exercice 14 ★★★Produit cartésien et parties du plan

Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

On rappelle que le produit cartésien de deux ensembles A et B est l'ensemble des couples dont la première coordonnée est dans A et la seconde dans B :

A×B={(a,b)  ;  aA et bB}

Deux couples sont égaux si et seulement si ils ont la même première coordonnée et la même seconde coordonnée : (a,b)=(a,b) équivaut à « a=a et b=b ». On note A2=A×A, et R2=R×R est l'ensemble des couples de réels.

  1. On pose A={0,1,2} et B={1,3}.

    a. Écrire A×B en extension. Combien cet ensemble a-t-il d'éléments ?

    b. Écrire B×A en extension, puis démontrer que A×BB×A.

    c. Écrire B2 en extension.

  2. Soient A et B deux ensembles finis, ayant respectivement p et q éléments. Combien d'éléments A×B a-t-il ? Illustrer par une situation concrète.

  3. a. Soit D une partie de R2. On suppose qu'il existe deux parties I et J de R telles que D=I×J. Démontrer que, pour tous éléments (x1,y1) et (x2,y2) de D, le couple (x1,y2) appartient encore à D.

    b. On considère les cinq parties du plan suivantes.

    D1={(x,y)R2  ;  0x1}

    D2={(x,y)R2  ;  1x3 et 0y2}

    D3={(x,y)R2  ;  x+y1}

    D4={(x,y)R2  ;  x>0 et y5}

    D5={(x,y)R2  ;  yx}

    Pour chacune d'elles, dire si elle s'écrit comme un produit cartésien I×J de deux intervalles de R. Si oui, préciser I et J ; si non, le justifier par un contre-exemple appuyé sur la question 3. a.

  4. Décrire en langage ensembliste les parties R×{2} et {2}×R de R2. Sont-elles égales ? Sont-elles des produits cartésiens d'intervalles ?

Exercice 15 ★★★★Contre-exemple et disjonction de cas

Modes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde

Pour démontrer qu'une proposition universelle « pour tout x, P(x) » est fausse, il suffit d'exhiber un objet x0 pour lequel P(x0) est fausse : c'est un contre-exemple. Cela revient à démontrer la négation de la proposition, qui est « il existe x tel que P(x) soit fausse ».

Pour démontrer qu'une proposition est vraie, on peut au contraire partager l'ensemble des cas possibles en plusieurs situations que l'on traite séparément : c'est le raisonnement par disjonction de cas. Les cas envisagés doivent alors recouvrir toutes les possibilités.

  1. Chacune des quatre propositions suivantes est fausse. Pour chacune, donner un contre-exemple explicite et vérifier qu'il en est bien un, puis écrire la négation de la proposition.

    a. Pour tout réel x, x2>x.

    b. Pour tout réel x, si x24 alors x2.

    c. Pour tout entier naturel n, 2nn2.

    d. Pour tous réels positifs a et b, a+b=a+b.

  2. a. Démontrer par disjonction de cas que, pour tout réel x, x+x11.

    b. Déterminer l'ensemble des réels x pour lesquels cette inégalité est une égalité.

  3. a. Démontrer par disjonction de cas que, pour tout entier naturel n, le produit n(n+1) est pair.

    b. En déduire que n(n+1)2 est un entier, et rapprocher ce résultat de la formule k=1nk=n(n+1)2.

Exercice 16 ★★★Raisonnement par contraposée

Modes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurdeProposition conditionnelle : réciproque, contraposée, condition nécessaire et suffisante

La contraposée de l'implication « PQ » est l'implication « non Q non P ». Ces deux propositions sont équivalentes : démontrer l'une, c'est démontrer l'autre. À ne pas confondre avec la réciproque « QP », qui, elle, n'a aucune raison d'être vraie.

On rappelle qu'un entier naturel n est pair s'il existe un entier p tel que n=2p, et impair s'il existe un entier p tel que n=2p+1. On rappelle également que a divise b s'il existe un entier q tel que b=aq, et que la division euclidienne par 3 montre que tout entier naturel n s'écrit sous l'une des trois formes 3p, 3p+1 ou 3p+2, avec p entier naturel.

  1. Soit n un entier naturel.

    a. Écrire la contraposée, puis la réciproque, de l'implication : « si n2 est pair, alors n est pair ».

    b. Démontrer cette implication en démontrant sa contraposée.

    c. La réciproque est-elle vraie ? Justifier.

  2. Soit n un entier naturel. Démontrer par contraposée que si n2 est divisible par 3, alors n est divisible par 3. On traitera séparément les deux restes possibles.

  3. Soit x un réel. Démontrer par contraposée l'implication suivante : si pour tout réel ε>0 on a xε, alors x=0.

  4. Dans les trois questions précédentes, expliquer pourquoi le passage par la contraposée est plus commode qu'une démonstration directe.

Exercice 17 ★★★★Raisonnement par l'absurde et irrationalité

Modes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde

Un réel est dit rationnel s'il peut s'écrire pq avec p entier relatif et q entier naturel non nul ; l'ensemble des rationnels est noté Q. Un réel qui n'est pas rationnel est dit irrationnel.

Pour démontrer par l'absurde qu'une proposition P est vraie, on suppose que P est fausse et l'on aboutit à une contradiction ; on en conclut que P ne pouvait pas être fausse.

  1. Soient r et s deux rationnels et m un entier naturel non nul. Démontrer que r+s, rs et rm sont rationnels.

  2. Démontrer par l'absurde que 2 est irrationnel. On écrira 2 comme une fraction que l'on aura simplifiée au maximum, et l'on utilisera le fait que si le carré d'un entier est pair, alors cet entier est pair.

  3. En déduire que 2+1 et 32 sont irrationnels.

  4. Démontrer que la somme d'un rationnel et d'un irrationnel est toujours irrationnelle.

  5. La somme de deux irrationnels est-elle toujours irrationnelle ? Répondre par un contre-exemple, en justifiant que les deux nombres choisis sont bien irrationnels.

Exercice 18 ★★★★Récurrence et divisibilité

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

On rappelle la définition de la divisibilité : pour deux entiers a et b, dire que « a divise b » signifie qu'il existe un entier q tel que

b=aq

C'est cette écriture, et elle seule, que l'on utilise dans les démonstrations : l'hypothèse de récurrence fournit un entier q, et il s'agit de fabriquer à partir de lui l'entier correspondant au rang suivant.

  1. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, le nombre 7n1 est divisible par 6.

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, le nombre 4n+5 est divisible par 3.

  3. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, le nombre n3n est divisible par 6. On pourra utiliser le fait que le produit de deux entiers consécutifs est pair.

  4. a. Pour chacune des trois démonstrations précédentes, indiquer l'endroit précis où l'hypothèse de récurrence a été utilisée, et dire ce qui bloquerait sans elle.

    b. On considère la propriété : « 3 divise 4n+4 ». Démontrer qu'elle est héréditaire. Est-elle vraie pour autant ? Que faut-il en conclure ?

Exercice 19 ★★★★Récurrence et inégalités

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Une inégalité qui dépend d'un entier n se démontre presque toujours par récurrence. La difficulté n'est pas l'idée, c'est la rédaction : il faut dire chaque hypothèse sert, et à partir de quel rang on démarre.

  1. Inégalité de Bernoulli. Soit x un réel fixé tel que x1.

    a. Démontrer par récurrence que, pour tout entier n1, (1+x)n1+nx.

    b. Indiquer précisément l'endroit de la démonstration où l'hypothèse x1 est utilisée, et dire ce qui se casse si on la supprime.

    c. Vérifier que la conclusion est fausse pour x=4 et n=3.

  2. Comparaison de 2n et de n2.

    a. Calculer 2n et n2 pour n décrivant {0,1,2,3,4,5}, et repérer les entiers pour lesquels 2nn2.

    b. Démontrer que, pour tout entier n3, 2n2(n+1)2.

    c. En déduire, par récurrence, que 2nn2 pour tout entier n4.

    d. L'hérédité fonctionne dès le rang 3 d'après la question b. Pourquoi ne peut-on pas pour autant conclure que 2nn2 pour tout n3 ?

  3. Démontrer par récurrence que, pour tout entier n1, n!2n1. On rappelle que n!=1×2××n et que (n+1)!=(n+1)×n!.

  4. Le rang d'initialisation n'est pas un détail. On considère la propriété P(n) : « 3 divise 3n+1 ». On rappelle qu'un entier a divise un entier b lorsqu'il existe un entier q tel que b=aq.

    a. Démontrer que, pour tout nN, P(n)P(n+1) : la propriété est héréditaire.

    b. Démontrer que P(n) est fausse pour tout nN.

    c. Que faut-il en conclure sur le rôle de l'initialisation dans une récurrence ?

Exercice 20 ★★★★Injectivité et surjectivité : études de cas

Injection, surjection, bijection, application réciproque

On rappelle les définitions. Soit f:EF une application.

  • f est injective lorsque : pour tous x et x de E, f(x)=f(x)x=x. Autrement dit, deux éléments distincts de E ne peuvent pas avoir la même image.
  • f est surjective lorsque : pour tout yF, il existe xE tel que y=f(x). Autrement dit, tout élément de l'ensemble d'arrivée possède au moins un antécédent.
  • f est bijective lorsqu'elle est à la fois injective et surjective.

On considère les cinq applications suivantes.

a. f1:RR, xx2

b. f2:R+R+, xx2

c. f3:RR, x3x5

d. f4:RR, xx3

e. f5:NN, n2n

Pour chacune d'elles, dire si elle est injective, si elle est surjective, si elle est bijective, en démontrant chaque réponse positive et en donnant un contre-exemple explicite pour chaque réponse négative.

Pour f4, on admettra le résultat suivant, vu au lycée : tout réel possède au moins un antécédent par la fonction cube. Pour l'injectivité, on pourra utiliser l'identité a3b3=(ab)(a2+ab+b2).

  1. Étudier f1.

  2. Étudier f2, et donner son application réciproque lorsqu'elle existe.

  3. Étudier f3, et donner son application réciproque lorsqu'elle existe.

  4. Étudier f4.

  5. Étudier f5.

  6. Synthèse.

    a. Les applications f1 et f2 ont la même formule. Qu'est-ce qui explique alors que les réponses diffèrent ?

    b. On pose P={mN  ;  il existe kN tel que m=2k}. Montrer que l'application g:NP, n2n, est bijective, et donner son application réciproque.

    c. Comment modifier le seul ensemble d'arrivée de f1 pour la rendre surjective ? Est-elle bijective pour autant ?

Exercice 21 ★★★Bijections explicites et applications réciproques

Injection, surjection, bijection, application réciproqueApplications : définition, image, antécédent, composition

Méthode de référence. Pour montrer qu'une application f:EF est bijective et obtenir sa réciproque, on fixe yF et on résout l'équation f(x)=y, d'inconnue xE. Si, pour chaque y de F, cette équation admet une solution et une seule, alors f est bijective et f1(y) est cette solution.

  1. Cas affine. Soit f:RR définie par f(x)=4x7. Démontrer que f est bijective et déterminer f1.

  2. Cas homographique. Soit g l'application définie par g(x)=2x+1x+3.

    a. Pourquoi le réel 3 doit-il être exclu de l'ensemble de départ ?

    b. Soit yR. Résoudre l'équation g(x)=y, d'inconnue xR{3}, en distinguant les cas selon la valeur de y.

    c. En déduire que g réalise une bijection de R{3} sur R{2}, et donner g1.

  3. Vérifier par le calcul les deux égalités g1g=idR{3} et gg1=idR{2}.

  4. Cas de deux ensembles finis. On pose E={1,2,3,4} et F={5,6,7,8}, et on définit deux applications h et k de E dans F par les tableaux suivants.

    x 1 2 3 4
    h(x) 7 5 8 6
    k(x) 5 7 5 8

    a. Montrer que h est bijective et donner le tableau de h1.

    b. L'application k est-elle injective ? surjective ?

  5. Composition. Soit u:RR définie par u(x)=x2+1.

    a. Déterminer l'expression de fu, où f est l'application de la question 1.

    b. Montrer que fu est bijective et déterminer (fu)1.

    c. Déterminer u1, puis vérifier sur cet exemple l'égalité (fu)1=u1f1. Que penser de l'égalité (fu)1=f1u1 ?

Exercice 22 ★★★★Sommes indexées par un sous-ensemble fini

Sommes indexées par un sous-ensemble fini de N ou de N carré (sommes doubles)Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles

Si I est un sous-ensemble fini de N et si à chaque iI on associe un réel ui, on note iIui la somme de tous ces réels. L'ordre dans lequel on les additionne n'a aucune importance. En particulier, iI1 est le nombre d'éléments de I.

On rappelle également les deux sommes usuelles : pour tout entier n1,

k=1nk=n(n+1)2etk=1nk2=n(n+1)(2n+1)6
  1. Un ensemble donné en extension. On pose I={2,3,5,7,11}. Calculer :

    a. iI1

    b. iIi

    c. iIi2

    d. iI(2i2+1), en réutilisant a et c

  2. Un ensemble donné en compréhension. On pose J={nN  ;  n est un multiple de 3 et n40}.

    a. Écrire J en extension et donner son nombre d'éléments.

    b. Calculer nJn en se ramenant, par changement d'indice, à une somme indexée par des entiers consécutifs.

    c. Calculer de même nJn2.

  3. Pairs et impairs. Soit n1 un entier. On pose

    An={kN  ;  1k2n et k est pair}etBn={kN  ;  1k2n et k est impair}

    a. Calculer Pn=kAnk.

    b. Calculer Qn=kBnk.

    c. Vérifier que Pn+Qn=k=12nk, et contrôler les trois résultats pour n=3.

  4. Une somme indexée par une partie de N2. On pose

    C={(1,1),  (1,2),  (2,1),  (2,3),  (3,2)}etD={(i,j)N2  ;  1i2 et 1j3}

    a. Calculer (i,j)Cij et (i,j)C(i+j).

    b. Écrire D en extension, puis calculer (i,j)Dij.

    c. Vérifier que le résultat de b est égal au produit (1+2)×(1+2+3). Comment l'expliquer sans refaire le calcul terme à terme ?

Exercice 23 ★★★Quantificateurs : l'ordre change tout

Éléments de logique : connecteurs, quantificateurs, négation d'une propositionModes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde

Deux propositions écrites avec les mêmes symboles, mais dans un ordre différent, ne disent en général pas du tout la même chose. Cet exercice fait manipuler cette idée sur des suites puis sur des fonctions.

Dans tout l'exercice, (un)nN désigne une suite réelle.

  1. Traduction. Écrire à l'aide de quantificateurs les propositions suivantes.

    a. « (un) est majorée »

    b. « (un) est croissante »

    c. « (un) est majorée par 10 »

    d. « (un) n'est pas majorée »

    Écrire ensuite la négation de a et celle de b, d'abord en symboles, puis en une phrase en français.

  2. Deux exemples.

    a. Soit la suite définie pour tout nN par un=31n+1. Démontrer qu'elle est majorée, puis qu'elle est croissante, en suivant exactement la forme quantifiée de la question 1.

    b. Soit la suite définie pour tout nN par vn=n2. Démontrer qu'elle n'est pas majorée. On pourra utiliser la partie entière : pour tout réel t, t est l'unique entier tel que tt<t+1.

  3. L'ordre des quantificateurs. On considère les deux propositions

    (A)  :  nN,  MR,  unMet(B)  :  MR,  nN,  unM

    a. Démontrer que (A) est vraie pour toute suite réelle (un).

    b. Donner une suite pour laquelle (B) est fausse.

    c. Laquelle des deux traduit « (un) est majorée » ? Expliquer en une phrase pourquoi l'autre ne dit rien d'intéressant.

  4. Le même travail sur une fonction. Soit f:RR une fonction.

    a. Écrire avec des quantificateurs « f est majorée » et « f s'annule », ainsi que leurs négations.

    b. Pour f:xx2+1 et g:xx2, dire lesquelles de ces quatre propositions sont vraies, en justifiant chaque réponse.

  5. Quantificateurs imbriqués. On considère les deux propositions

    (C)  :  ε>0,  nN,  1n<εet(D)  :  nN,  ε>0,  1n<ε

    Déterminer si chacune est vraie ou fausse, et le démontrer.

Exercice 24 ★★★Sommes doubles rectangulaires

Sommes indexées par un sous-ensemble fini de N ou de N carré (sommes doubles)

Soient n et m deux entiers supérieurs ou égaux à 1. Pour une famille de réels (ai,j) indexée par le « rectangle » R={(i,j)N2  ;  1in et 1jm}, on note

(i,j)Rai,j=i=1n(j=1mai,j)=i=1nj=1mai,j

La convention est celle-ci : dans la somme intérieure, l'indice i est fixé ; tout ce qui ne dépend que de i y joue le rôle d'une constante et peut donc sortir de cette somme intérieure, mais surtout pas de la somme extérieure. On rappelle enfin que, pour tout entier p1,

k=1pk=p(p+1)2etk=1pk2=p(p+1)(2p+1)6
  1. Échauffement. Calculer i=1nj=1m1 et interpréter le résultat en termes de nombre d'éléments de R.

  2. Soit S=i=1nj=1mij.

    a. Calculer la somme intérieure j=1mij en fonction de i et de m.

    b. En déduire S en fonction de n et de m.

    c. Contrôler le résultat pour n=m=3 par un calcul direct des neuf termes.

  3. Soit T=i=1nj=1n(i+j) (ici les deux indices varient de 1 à n).

    a. Calculer T en fonction de n.

    b. Retrouver le résultat par un argument de symétrie entre les deux indices.

    c. Contrôler pour n=3.

  4. Soit U=i=1nj=1nmin(i,j), où min(i,j) désigne le plus petit des deux entiers i et j. Ici le terme général ne se factorise pas : il faut couper la somme intérieure.

    a. Soit i fixé dans {1,,n}. En séparant les indices j tels que ji de ceux tels que j>i, montrer que

    j=1nmin(i,j)=i(i+1)2+i(ni)

    b. En déduire U en fonction de n.

    c. Contrôler pour n=3, et comparer le résultat obtenu à une somme usuelle du cours.

  5. Un produit de sommes est une somme double. Soient a1,,an et b1,,bm des réels.

    a. Démontrer que

    (i=1nai)(j=1mbj)=i=1nj=1maibj

    b. Illustrer cette égalité avec n=3, m=2, ai=i2 et bj=2j, en calculant les deux membres.

    c. Retrouver, à l'aide de cette formule, le résultat de la question 2.

Exercice 25 ★★★Sommes doubles triangulaires

Sommes indexées par un sous-ensemble fini de N ou de N carré (sommes doubles)

Soit n1 un entier. On note

Tn={(i,j)N2  ;  1ijn}

et, pour une famille de réels (ai,j), on écrit 1ijnai,j pour la somme indexée par Tn. Une telle somme se calcule de deux façons : par lignes (on fixe i, et j décrit {i,,n}) ou par colonnes (on fixe j, et i décrit {1,,j}). Les deux lectures donnent évidemment le même résultat, ce qui fournit une vérification gratuite.

On rappelle les sommes usuelles : pour tout entier p1,

k=1pk=p(p+1)2etk=1pk2=p(p+1)(2p+1)6

ainsi que la formule du produit de deux sommes : pour des réels a1,,an et b1,,bn,

(i=1nai)(j=1nbj)=i=1nj=1naibj
  1. Compter les couples.

    a. Écrire T3 en extension.

    b. Calculer 1ijn1 par lignes, puis par colonnes, et vérifier que les deux calculs donnent le même résultat.

    c. En déduire la valeur de 1i<jn1 (inégalité stricte cette fois).

  2. Soit An=1ijni.

    a. Calculer An par colonnes.

    b. Recalculer An par lignes, et vérifier qu'on retrouve le même résultat.

  3. L'astuce du carré de la somme. Soient a1,,an des réels. Démontrer que

    (i=1nai)2=i=1nai2+21i<jnaiaj

    On partira de la formule du produit rappelée ci-dessus et on découpera le carré d'indices {1,,n}2 en trois morceaux.

  4. En déduire la valeur de Bn=1i<jnij en fonction de n, sous forme factorisée.

  5. Contrôle numérique. Vérifier les trois résultats des questions 1. b, 2 et 4 pour n=4, par un calcul direct.

Exercice 26 ★★★★Récurrence double : forme explicite d'une suite

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Certaines suites sont définies par une relation qui fait intervenir les deux termes précédents. Une récurrence simple ne peut alors pas fonctionner : il faut une variante, la récurrence double, dont le schéma est le suivant : on vérifie la propriété aux deux premiers rangs, puis on montre que, si elle est vraie aux rangs n et n+1, elle l'est encore au rang n+2.

Partie A. Une suite dont on cherche la forme explicite

On considère la suite (un)nN définie par u0=2, u1=5 et, pour tout nN,

un+2=5un+16un
  1. Calculer u2, u3 et u4.

  2. On cherche s'il existe des suites géométriques vérifiant la même relation, c'est-à-dire des réels q0 tels que la suite (qn) vérifie qn+2=5qn+16qn pour tout nN. Montrer que cela équivaut à q2=5q6, puis résoudre cette équation.

  3. a. Montrer que, pour tous réels α et β, la suite (wn) définie par wn=α2n+β3n vérifie la relation wn+2=5wn+16wn pour tout nN.

    b. Déterminer les réels α et β tels que w0=u0 et w1=u1.

  4. Démontrer par récurrence double que, pour tout nN, un=2n+3n.

  5. Pourquoi deux initialisations ?

    a. Expliquer pourquoi une récurrence simple (hypothèse au seul rang n) ne permet pas de mener l'hérédité de la question 4.

    b. On considère la suite (un) définie par u0=2, u1=0 et la même relation un+2=5un+16un. Calculer u2 et le comparer à 22+32. Qu'est-ce que cela prouve sur la seconde initialisation ?

Partie B. Une suite de type Fibonacci

On considère la suite (vn)nN définie par v0=1, v1=1 et, pour tout nN, vn+2=vn+1+vn.

  1. Calculer v2, v3, v4, v5 et v6.

  2. Démontrer par récurrence double que, pour tout nN, vn2n.

  3. Démontrer, également par récurrence double, que vnn pour tout entier n1.

Exercice 27 ★★★★Récurrence forte

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Quand un terme d'une suite est défini à partir de tous les termes qui le précèdent, ou à partir d'un rang antérieur imprévisible, l'hypothèse « la propriété est vraie au rang n » ne suffit plus. On utilise alors la récurrence forte, dont le schéma est le suivant : on vérifie la propriété au premier rang, puis on montre que, si elle est vraie à tous les rangs de n0 jusqu'à n, alors elle est encore vraie au rang n+1.

On rappelle que, pour tout entier p0, j=0p2j=2p+11.

Partie A. Une suite égale à la somme de tous ses termes précédents

On considère la suite (un)nN définie par u0=1 et, pour tout entier n1,

un=u0+u1++un1=k=0n1uk
  1. Calculer u1, u2, u3, u4 et u5, puis conjecturer une expression de un valable pour n1. Pourquoi la formule conjecturée ne peut-elle pas être valable pour n=0 ?

  2. Démontrer la conjecture par récurrence forte.

  3. Montrer que, pour tout entier n1, un+1=2un. Comment aurait-on pu, grâce à cette remarque, se passer de la récurrence forte ?

Partie B. Une suite qui saute en arrière

On considère la suite (tn)n1 définie par t1=0 et, pour tout entier n2,

tn=tn/2+1

x désigne la partie entière de x, c'est-à-dire l'unique entier tel que xx<x+1. Cette suite compte le nombre de fois qu'il faut couper en deux un paquet de n fiches pour n'en garder qu'une seule : c'est le coût d'une recherche par dichotomie.

  1. Calculer t1,t2,,t9. Que remarque-t-on quand n franchit une puissance de 2 ?

  2. a. Soit n2 et soit p1 un entier tel que 2pn<2p+1. Démontrer que m=n/2 vérifie 2p1m<2p, puis que 1m<n.

    b. En déduire, par récurrence forte, que pour tout entier n1 et tout entier p0 tels que 2pn<2p+1, on a tn=p.

  3. Pourquoi une récurrence simple est-elle ici sans espoir ? On pourra prendre l'exemple de t100.

  4. Bilan de rédaction. Décrire, en quelques lignes et sans exposé théorique, ce qui change concrètement entre une récurrence simple, une récurrence double et une récurrence forte : ce qu'on écrit dans l'initialisation, ce qu'on écrit dans l'hypothèse, et comment on choisit la bonne variante devant une suite donnée.

Exercice 28 ★★★Fausses récurrences : trouver l'erreur

Raisonnement par récurrence : simple, double, forteModes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde

Une démonstration par récurrence n'est valable que si trois conditions sont réunies : l'initialisation est vérifiée au bon rang, l'hérédité est démontrée pour tout entier n à partir de ce rang, et l'hérédité aboutit exactement à la propriété au rang n+1, sans jamais la supposer acquise en chemin.

Les trois textes ci-dessous ont l'apparence d'une démonstration par récurrence. Aucun n'en est une. Pour chacun, on demande de dire si la conclusion annoncée est vraie ou fausse, puis de localiser précisément l'erreur : à quel endroit du texte, et pourquoi c'est une erreur.

  1. Pour n1, on note P(n) la proposition : « pour tous réels x1,x2,,xn, on a x1=x2==xn ».

    « Démonstration ». Initialisation. Pour n=1, la proposition s'écrit x1=x1 : elle est vraie. Hérédité. Soit n1 tel que P(n) soit vraie. Soient x1,x2,,xn+1 des réels. La famille x1,x2,,xn compte n réels, donc x1=x2==xn par hypothèse de récurrence. La famille x2,x3,,xn+1 compte elle aussi n réels, donc x2=x3==xn+1. Les deux chaînes d'égalités ont le réel x2 en commun, donc tous ces réels sont égaux et P(n+1) est vraie. Conclusion. P(n) est vraie pour tout n1. En particulier, pour n=2 : deux réels quelconques sont toujours égaux. »

  2. Pour n1, on note Q(n) la proposition : « k=1nk=n(n+1)2+1 ».

    « Démonstration ». Hérédité. Soit n1 tel que Q(n) soit vraie. Alors

    k=1n+1k=k=1nk+(n+1)=n(n+1)2+1+(n+1)=n(n+1)+2(n+1)2+1=(n+1)(n+2)2+1

    ce qui est exactement Q(n+1). L'hérédité est établie. Conclusion. Pour tout n1, k=1nk=n(n+1)2+1. »

  3. On considère la suite (un)nN définie par u0=1 et, pour tout nN, un+1=3un+1. Pour nN, on note R(n) la proposition : « un3n ».

    « Démonstration ». Initialisation. u0=1 et 30=1, donc u030 : R(0) est vraie. Hérédité. Soit nN tel que R(n) soit vraie, c'est-à-dire un3n. Alors

    un+1=3un+13×3n+1=3n+1+1

    Or R(n+1) affirme que un+13n+1, ce qui est bien compatible avec la majoration obtenue. L'hérédité est donc établie. Conclusion. Pour tout nN, un3n. »

  4. Dans le texte 1, on a vu que le mécanisme de l'hérédité fonctionne à partir d'un certain rang. Que suffirait-il d'ajouter pour rendre la démonstration correcte ? Cet ajout est-il possible ?

  5. Résumer en trois phrases les trois points de vigilance mis en évidence par cet exercice.

Exercice 29 ★★★Équations ensemblistes

Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

Dans tout l'exercice, E désigne un ensemble et A, B, C, X, Y des parties de E. Le complémentaire d'une partie A dans E est noté A.

On rappelle qu'une égalité entre deux ensembles se démontre en général par double inclusion : pour établir U=V, on montre UV puis VU, chaque inclusion se démontrant en partant d'un élément quelconque de l'ensemble de gauche.

  1. Démontrer l'équivalence : AB=ABA=B.

  2. Démontrer la chaîne d'équivalences : ABAB=BAB=A.

  3. La partie A étant donnée, déterminer toutes les parties X de E vérifiant simultanément

    XA=EetXA=

    On justifiera à la fois qu'une telle partie existe et qu'il n'y en a qu'une.

  4. On cherche maintenant à « simplifier par A ». Montrer, à l'aide d'un contre-exemple explicite, que l'égalité AX=AY n'entraîne pas X=Y. Faire de même pour AX=AY.

  5. Démontrer en revanche que, si les deux égalités AX=AY et AX=AY sont vérifiées en même temps, alors X=Y.

Exercice 30 ★★★Composition : ce qui se transmet à la composée

Injection, surjection, bijection, application réciproqueApplications : définition, image, antécédent, composition

Soient E, F, G trois ensembles non vides, f:EF et g:FG deux applications. On note gf:EG l'application définie par (gf)(x)=g(f(x)) pour tout xE.

On rappelle les deux définitions :

  • f est injective lorsque, pour tous x et x de E, l'égalité f(x)=f(x) entraîne x=x ;
  • f est surjective lorsque, pour tout yF, il existe au moins un xE tel que f(x)=y.
  1. Démontrer que si f et g sont injectives, alors gf est injective.

  2. Démontrer que si f et g sont surjectives, alors gf est surjective. En déduire que la composée de deux bijections est une bijection.

  3. Démontrer que si gf est injective, alors f est injective.

  4. Démontrer que si gf est surjective, alors g est surjective.

  5. Les réciproques des deux implications précédentes sont-elles vraies ? Autrement dit, l'injectivité de gf force-t-elle celle de g, et sa surjectivité force-t-elle celle de f ? On répondra en construisant des applications entre ensembles finis, décrites élément par élément.

  6. Démontrer les deux compléments suivants.

    a. Si gf est injective et si f est surjective, alors g est injective.

    b. Si gf est surjective et si g est injective, alors f est surjective.

Exercice 31 ★★★★La somme des cubes par télescopage

Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles

On rappelle les deux formules du cours, valables pour tout entier n1 :

k=1nk=n(n+1)2etk=1nk2=n(n+1)(2n+1)6

L'objectif est d'obtenir la formule donnant k=1nk3 sans aucune récurrence, par la seule méthode du télescopage. Le principe est toujours le même : on calcule une même somme de deux façons différentes, et on confronte les deux résultats.

Pour tout entier n1, on pose

Tn=k=1n((k+1)4k4)
  1. Calculer Tn par télescopage, en séparant la somme en deux et en effectuant un changement d'indice.

  2. Développer (k+1)4k4 pour un entier k quelconque, puis exprimer Tn en fonction de n et de k=1nk3, en utilisant les deux formules rappelées ci-dessus.

  3. En confrontant les questions 1 et 2, démontrer que, pour tout entier n1,

    k=1nk3=(n(n+1)2)2
  4. Vérifier ce résultat par un calcul direct pour n=4, puis pour n=5.

  5. En déduire une égalité remarquable entre k=1nk3 et k=1nk.

  6. Calculer, pour tout entier n1, la somme k=n+12nk3, et vérifier le résultat pour n=2 et n=3.

Exercice 32 ★★★★La différence symétrique

Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien

Dans tout l'exercice, E désigne un ensemble et A, B, C, X des parties de E. On note AB={xA  ;  xB} la différence de A et de B, et A le complémentaire de A dans E.

On définit la différence symétrique de A et de B, notée AΔB, par

AΔB=(AB)(BA)

C'est donc l'ensemble des éléments qui appartiennent à A sans appartenir à B, ou à B sans appartenir à A. Cette notation n'est pas au programme : elle n'a d'existence, dans tout ce qui suit, que par la définition ci-dessus.

  1. On prend E={1,2,3,4,5,6}, A={1,2,3,4} et B={3,4,5}. Déterminer AB, BA et AΔB. Comparer avec (AB)(AB).

  2. Démontrer que, pour toutes parties A et B de E, AΔB=(AB)(AB).

  3. a. Démontrer que, pour tout xE, l'appartenance xAΔB équivaut au fait que x appartienne à exactement un des deux ensembles A et B.

    b. En déduire, ou démontrer directement, les quatre identités suivantes :

    AΔB=BΔA,AΔA=,AΔ=A,AΔE=A
  4. Démontrer que, pour tout xE, l'appartenance x(AΔB)ΔC équivaut au fait que x appartienne à un nombre impair des trois ensembles A, B, C. En déduire que Δ est associative, c'est-à-dire que (AΔB)ΔC=AΔ(BΔC).

  5. Les parties A et B étant données, résoudre l'équation AΔX=B, d'inconnue XP(E) : montrer qu'elle admet une solution et une seule, et l'expliciter.

  6. En déduire les deux résultats suivants.

    a. Si AΔB=AΔC, alors B=C.

    b. AΔB= si et seulement si A=B.

Exercice 33 ★★★Involutions et réciproque d'une composée

Injection, surjection, bijection, application réciproqueApplications : définition, image, antécédent, composition

Pour un ensemble non vide E, on note idE l'application identité de E, définie par idE(x)=x pour tout xE. On rappelle que la composition des applications est associative : (hg)f=h(gf).

Définition. Une application f:EE est appelée une involution de E lorsque

ff=idEc’est-aˋ-diref(f(x))=x  pour tout xE

On rappelle enfin le critère du cours : si u:EG et v:GE sont deux applications telles que vu=idE et uv=idG, alors u est bijective et u1=v.

  1. Soit f une involution de E.

    a. Démontrer que f est injective, puis qu'elle est surjective, en revenant aux définitions (sans utiliser le critère rappelé ci-dessus).

    b. En déduire que f est bijective et que f1=f : une involution est sa propre réciproque.

  2. Vérifier par le calcul que les trois applications suivantes sont des involutions. On prendra garde, pour la troisième, à vérifier d'abord qu'elle est bien définie de E dans E.

    a. f:RR, xx.

    b. g:RR, x1x.

    c. h:EE avec E=R{1}, xx+1x1.

  3. Soient E, F, G trois ensembles non vides, f:EF et g:FG deux bijections. Démontrer que gf est bijective et que

    (gf)1=f1g1
  4. L'ordre a-t-il vraiment de l'importance dans la formule précédente ? Donner deux bijections f et g de R dans R pour lesquelles f1g1g1f1.

  5. La composée de deux involutions de E est-elle une involution de E ? Répondre par une démonstration ou par un contre-exemple explicite.

  6. Soient f et g deux involutions de E. Démontrer que gf est une involution de E si et seulement si fg=gf. Vérifier la cohérence avec la question 5.

Exercice 34 ★★★Interversion de sommations

Sommes indexées par un sous-ensemble fini de N ou de N carré (sommes doubles)Notations somme et produit : linéarité, changement d'indice, télescopage, sommes usuelles

Soit n un entier supérieur ou égal à 1 et soient u1,u2,,un des réels. On s'intéresse à la somme double

S=i=1n j=1iuj

qui se lit ainsi : pour chaque valeur de i entre 1 et n, on calcule la somme des uj pour j allant de 1 à i, puis on additionne les n résultats obtenus. On notera

D={(i,j)N2  ;  1jin}

l'ensemble des couples d'indices concernés, de sorte que S=(i,j)Duj.

On rappelle que k=1nk=n(n+1)2 et k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6.

  1. Décrire l'ensemble D : pour i fixé, quelles sont les valeurs possibles de j ? Pour j fixé, quelles sont les valeurs possibles de i, et combien y en a-t-il ? Combien D compte-t-il d'éléments ?

  2. En déduire, par interversion des deux sommations, que

    i=1n j=1iuj=j=1n(nj+1)uj
  3. Vérifier cette identité pour n=4, en écrivant les deux membres en fonction de u1, u2, u3, u4.

  4. Appliquer l'identité au cas uj=j, et en déduire une formule close pour i=1ni(i+1)2. Contrôler le résultat pour n=4.

  5. Appliquer l'identité au cas uj=2j, et en déduire une formule close pour j=1n(nj+1)2j. Contrôler le résultat pour n=4.

  6. Calculer 1ijn1j. Contrôler le résultat pour n=3.

Exercice 35 ★★★Récurrence et encadrement d'une suite

Raisonnement par récurrence : simple, double, forteModes de raisonnement : contre-exemple, disjonction de cas, contraposée, absurde

On considère la suite (un)nN définie par

u0=1etun+1=12(un+2un)  pour tout nN

Une telle définition demande une précaution : la formule n'a de sens que si un est non nul. La première tâche est donc de démontrer que la suite est bien définie.

  1. Calculer u1, u2 et u3 sous forme de fractions irréductibles.

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, le terme un est bien défini et vérifie un>0.

  3. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, 1un2.

  4. a. Démontrer que, pour tout nN, un+122=14(un2un)2.

    b. En déduire que un2 pour tout entier n1. Que vaut u0 par rapport à 2 ?

  5. a. Démontrer que, pour tout nN, un+1un=2un22un.

    b. En déduire le sens de variation de la suite (un)n1. Que se passe-t-il entre u0 et u1 ?

  6. Expliquer pourquoi il fallait impérativement établir l'encadrement de la question 4 avant d'étudier la monotonie, et pourquoi l'encadrement grossier de la question 3 n'y aurait pas suffi.

Exercice 36 ★★★★Le nombre de parties d'un ensemble fini

Ensembles : inclusion, parties, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésienInjection, surjection, bijection, application réciproqueRaisonnement par récurrence : simple, double, forte

Pour un ensemble E, on note P(E) l'ensemble de ses parties, et CardE le nombre d'éléments de E lorsque E est fini. On rappelle que les éléments de P(E) sont des ensembles : écrire XP(E), c'est exactement écrire XE.

L'objectif du problème est de déterminer CardP(E) pour un ensemble fini E, puis de retrouver le résultat par une seconde méthode.

On admet les trois principes suivants, qui relèvent du bon sens et seront revus plus tard :

  • si un ensemble fini est la réunion de deux parties disjointes, son nombre d'éléments est la somme des nombres d'éléments de ces deux parties ;
  • deux ensembles finis en bijection ont le même nombre d'éléments ;
  • le nombre d'applications d'un ensemble à n éléments dans {0,1} vaut 2n : chacun des n éléments de l'ensemble de départ a deux images possibles, et ces choix sont indépendants les uns des autres.

Partie A. Observation

  1. Écrire explicitement P(E), puis donner CardP(E), dans chacun des quatre cas suivants : E=, E={a}, E={a,b}, E={a,b,c}, où a, b, c désignent trois éléments deux à deux distincts.

  2. Conjecturer une expression de CardP(E) en fonction de n=CardE.

Partie B. Démonstration par récurrence

  1. Démontrer la conjecture par récurrence sur n. On pourra, pour un ensemble E à n+1 éléments, fixer un élément a de E et séparer les parties de E en deux catégories : celles qui ne contiennent pas a et celles qui le contiennent. On prendra soin de justifier que ces deux catégories comptent le même nombre d'éléments, en exhibant une bijection de l'une sur l'autre.

Partie C. Démonstration par les applications à valeurs dans {0,1}

Dans toute cette partie, E est un ensemble fini à n éléments et F désigne l'ensemble des applications de E dans {0,1}.

À toute partie A de E, on associe l'application φA:E{0,1} définie par

φA(x)=1  si xA,φA(x)=0  si xA

On note Φ l'application de P(E) dans F qui, à toute partie A, associe φA.

  1. On prend E={a,b,c}. Donner les trois valeurs de φA pour A={a,c}, puis pour A=. Réciproquement, déterminer la partie A de E telle que φA soit l'application u définie par u(a)=0, u(b)=1 et u(c)=1.

  2. Démontrer que Φ est injective, puis qu'elle est surjective.

  3. En déduire à nouveau la valeur de CardP(E).

  4. Application. Soit E un ensemble à 5 éléments et a un élément de E. Combien E possède-t-il de parties ? Combien de ces parties contiennent a ? Vérifier la cohérence de la seconde réponse sur la liste établie à la question 1 pour un ensemble à trois éléments.

Bloqué sur « Raisonnement et vocabulaire ensembliste » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.