ECG appliquées · Chapitre 12 · Troisième semestre

Exercices — Compléments d'analyse

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Écriture matricielle d'un système différentiel et vérification d'une solution

Systèmes différentiels linéaires X' = AX : écriture matricielle et problème de Cauchy

Dans tout l'exercice, les fonctions inconnues sont dérivables sur R.

1. Écrire chacun des systèmes différentiels suivants sous la forme matricielle X=AX, en précisant la colonne X et la matrice A.

a. {x=2x+3yy=xy

b. {x=x+4yy=5y

c. {x=x+yzy=2y+3zz=x+4z

2. Réciproquement, on pose X(t)=(x(t)y(t)) et A=(0235). Écrire le système X=AX sous la forme de deux équations différentielles.

3. On considère le système (S):{x=x+2yy=2x+y.

a. Vérifier que le couple de fonctions défini pour tout réel t par x(t)=e3t et y(t)=e3t est solution de (S).

b. Montrer que le couple défini par x(t)=et et y(t)=et n'est pas solution de (S).

Exercice 2 ★★★Problème de Cauchy : déterminer les constantes à partir de la condition initiale

Systèmes différentiels linéaires X' = AX : écriture matricielle et problème de Cauchy

On considère le système différentiel

(S):{x=x+yy=2x

d'inconnues deux fonctions dérivables sur R. On admet que les solutions de (S) sont exactement les couples de fonctions de la forme

{x(t)=C1e2t+C2ety(t)=C1e2t2C2et

C1 et C2 sont deux constantes réelles quelconques.

1. Vérifier par le calcul que, quelles que soient les constantes C1 et C2, ce couple est bien solution de (S).

2. Déterminer les constantes C1 et C2 pour lesquelles la solution vérifie x(0)=3 et y(0)=0, puis écrire cette solution.

3. Reprendre la question précédente avec la condition initiale x(0)=0 et y(0)=6.

4. Justifier, en citant le théorème du cours, que la solution obtenue à la question 2. est la seule solution de (S) vérifiant x(0)=3 et y(0)=0.

Exercice 3 ★★★Résoudre un système différentiel dont la diagonalisation est fournie

Résolution d'un système différentiel par diagonalisation de la matriceSystèmes différentiels linéaires X' = AX : écriture matricielle et problème de Cauchy

1. On considère le système découplé

(S1):{x=3xy=2y

a. Donner l'ensemble des solutions de (S1).

b. Déterminer la solution vérifiant x(0)=1 et y(0)=4.

2. On considère maintenant le système (S2):X=AX, où X(t)=(x(t)y(t)) et A=(4365). On admet que A=PDP1 avec

P=(1112),P1=(2111),D=(1002).

a. Vérifier que PP1=I2.

b. On pose Y=P1X, dont on note u et v les deux fonctions coordonnées. Montrer que X est solution de (S2) si et seulement si Y=DY, puis résoudre ce dernier système.

c. En revenant à X=PY, donner l'ensemble des solutions de (S2).

d. Déterminer la solution de (S2) vérifiant x(0)=1 et y(0)=0.

Exercice 4 ★★★Négligeabilité de suites et croissances comparées

Suites négligeables, suites équivalentes et croissances comparées

On rappelle les croissances comparées du cours : pour tous réels a>0 et b>0 et tout réel q>1,

(lnn)b=o(na),na=o(qn),qn=o(n!),n!=o(nn).

1. Pour chacun des couples suivants, définis pour n2, dire si un=o(vn), si vn=o(un), ou si aucune des deux relations n'a lieu. On justifiera à chaque fois par l'étude d'un quotient.

a. un=(lnn)2 et vn=n

b. un=2n et vn=n3

c. un=3n et vn=n!

d. un=nn et vn=n!

e. un=n et vn=2n

f. un=n2 et vn=nlnn

g. un=(32)n et vn=2n

h. un=n1+(1)n et vn=n

2. Montrer, à l'aide d'un contre-exemple, que la relation un=o(vn) n'entraîne pas l'inégalité unvn pour tout n.

Exercice 5 ★★★Équivalents simples de suites par factorisation du terme dominant

Suites négligeables, suites équivalentes et croissances comparées

On rappelle que, pour deux suites qui ne s'annulent pas à partir d'un certain rang, unvn signifie unvnn+1.

1. Donner un équivalent simple, de la forme Cna, Cqn ou C (où C est une constante réelle non nulle), de chacune des suites suivantes, définies pour n1.

a. un=3n2+5n1n2+4

b. un=2n3n5n+7

c. un=n+1n3+2n

d. un=n2+3n

e. un=3n+n5

f. un=2n+3×5n

g. un=5n2+nlnn

h. un=4n+n32×4n+1

2. En déduire la limite de chacune des quatre premières suites.

Exercice 6 ★★★Nature des séries de référence et calcul de trois sommes

Séries de Riemann et séries de référenceComparaison des séries à termes positifs : majoration, négligeabilité, équivalence

On rappelle trois résultats du cours.

La série géométrique n0qn converge si et seulement si q<1, et sa somme vaut alors 11q.

La série de Riemann n11nα converge si et seulement si α>1.

Pour tout réel x, la série exponentielle n0xnn! converge et sa somme vaut ex.

1. Déterminer la nature de chacune des séries suivantes, en nommant l'outil utilisé.

a. n0(23)n

b. n11n

c. n11n

d. n11nn

e. n13n2

f. n02nn!

g. n0(23n+5n!)

h. n1nn+1

2. Calculer la somme des trois séries convergentes de la question 1. dont la somme relève d'un résultat du cours.

Exercice 7 ★★★Équivalents de fonctions en zéro et en plus l'infini

Comparaison des fonctions au voisinage d'un point : négligeabilité et équivalence

On rappelle les équivalents usuels du cours, valables au voisinage de 0 :

ex1x0x,ln(1+x)x0x,(1+x)α1x0αx(α0).

On rappelle également que l'équivalence est compatible avec le produit, le quotient et la composition par une puissance entière, mais pas avec l'addition.

1. Donner un équivalent simple, au voisinage de 0, de chacune des fonctions suivantes.

a. f(x)=e3x1

b. f(x)=ln(1+x2)

c. f(x)=1+x1

d. f(x)=x(ex1)

e. f(x)=ln(1+2x)ex1

f. f(x)=(ln(1+x))3

2. Donner un équivalent simple, au voisinage de +, de chacune des fonctions suivantes.

a. g(x)=2x3x+15x2+3

b. g(x)=x+7x32x

c. g(x)=x2+3xlnx

d. g(x)=x+lnxx+1

3. On pose, pour x>0, f(x)=x2+x et g(x)=x2. Donner un équivalent de f et un équivalent de g en +, puis montrer par un calcul chiffré que l'on ne peut pas en déduire un équivalent de f+g.

Exercice 8 ★★★Développements limités à l'ordre deux et valeur approchée d'une racine

Développements limités à l'ordre 1 ou 2 et formule de Taylor-Young

On rappelle les trois développements limités de référence à l'ordre 2 au voisinage de 0 :

eu=1+u+u22+o(u2),ln(1+u)=uu22+o(u2),(1+u)α=1+αu+α(α1)2u2+o(u2).

1. En substituant dans l'un de ces trois développements une quantité qui tend vers 0, écrire le développement limité à l'ordre 2 au voisinage de 0 de chacune des fonctions suivantes.

a. f(x)=e2x

b. f(x)=ln(1+3x)

c. f(x)=1+x

d. f(x)=11+x

e. f(x)=11x

f. f(x)=(1+x)3

2. Retrouver le développement limité de la question 1. c. par la formule de Taylor-Young, en calculant les dérivées de x1+x en 0.

3. En déduire une valeur approchée de 1,04, puis la comparer à la valeur donnée par la calculatrice, 1,041,019804.

Exercice 9 ★★★Intégrales de référence sur un intervalle de borne infinie

Convergence et calcul des intégrales sur un intervalle de borne infinie

On rappelle les deux familles de référence du cours.

Pour a>0, l'intégrale a+dttα converge si et seulement si α>1.

Pour tout réel λ>0 et tout réel a, l'intégrale a+eλtdt converge.

1. Pour chacune des intégrales suivantes, dire si elle converge en précisant la famille de référence et la valeur du paramètre, puis en donner la valeur lorsqu'elle converge.

a. 1+dtt3

b. 1+dtt

c. 0+e3tdt

d. 1+dtt

e. 0etdt

f. 2+dtt2

2. Rédiger entièrement, à la manière attendue dans une copie, l'étude de 1+dtt3 : continuité de la fonction intégrée, intégrale sur le segment [1,x], calcul de la primitive, passage à la limite et conclusion.

Exercice 10 ★★★★Résolution complète d'un système différentiel de taille deux

Résolution d'un système différentiel par diagonalisation de la matriceSystèmes différentiels linéaires X' = AX : écriture matricielle et problème de Cauchy

On cherche les couples (x,y) de fonctions dérivables sur R vérifiant, pour tout tR,

{x(t)=x(t)+2y(t)y(t)=3x(t)+2y(t)

On pose X(t)=(x(t)y(t)).

1. Écrire le système sous la forme X=AX, puis déterminer les valeurs propres de A.

2. Déterminer les sous-espaces propres de A. En déduire une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que D=P1AP, puis calculer P1.

3. Résoudre le système à l'aide du changement d'inconnues Y=P1X.

4. Déterminer l'unique solution vérifiant x(0)=1 et y(0)=4.

5. Déterminer les limites de x(t) et de y(t) lorsque t tend vers + pour cette solution.

Exercice 11 ★★★★Un système différentiel de taille trois à vecteurs propres fournis

Résolution d'un système différentiel par diagonalisation de la matrice

On considère la matrice et le système différentiel

A=(011101110),X=AXouˋX(t)=(x(t)y(t)z(t))

les fonctions x, y et z étant dérivables sur R. On pose

V1=(111),V2=(110),V3=(101)

1. Vérifier que V1, V2 et V3 sont des vecteurs propres de A et préciser les valeurs propres associées. En déduire que A est diagonalisable, et écrire une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que D=P1AP.

2. Vérifier que Q=13(111121112) est l'inverse de P.

3. Résoudre le système X=AX.

4. Étudier le comportement des solutions en +. Pour quelles conditions initiales X(0) la trajectoire tend-elle vers le vecteur nul ?

Exercice 12 ★★★★Trajectoires et signe des valeurs propres

Comportement asymptotique des trajectoires, état d'équilibre et stabilitéRésolution d'un système différentiel par diagonalisation de la matrice

On considère les trois matrices

A1=(2112),A2=(1221),A3=(1111)

et, pour k{1,2,3}, le système différentiel (Sk):X=AkX, où X(t)=(x(t)y(t)). On pose

V1=(11)etV2=(11)

1. Vérifier que V1 et V2 sont des vecteurs propres de chacune des trois matrices, et préciser à chaque fois les valeurs propres associées. En déduire, pour chaque k, la solution générale de (Sk).

2. Pour chaque système, la fonction constante nulle est-elle solution ? Toute trajectoire tend-elle vers le vecteur nul en + ? Décrire dans chaque cas le comportement en +.

3. Pour le système (S2), déterminer toutes les conditions initiales X(0) pour lesquelles la trajectoire tend malgré tout vers le vecteur nul.

4. Soit A une matrice carrée d'ordre 2 diagonalisable, de valeurs propres réelles λ1 et λ2. Donner une condition nécessaire et suffisante portant sur λ1 et λ2 pour que toute solution de X=AX tende vers le vecteur nul en +, et la démontrer.

Exercice 13 ★★★★Une équation scalaire d'ordre deux ramenée à un système

Équivalence entre une équation scalaire d'ordre 2 et un système de deux équations d'ordre 1Résolution d'un système différentiel par diagonalisation de la matrice

On considère l'équation différentielle

(E):yy6y=0

d'inconnue y, fonction deux fois dérivable sur R. Pour une telle fonction y, on pose

x1=y,x2=y,X=(x1x2)

1. Montrer que y est solution de (E) si et seulement si X est solution du système X=AX, où l'on précisera la matrice A.

2. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de A. En déduire P, D et P1.

3. Résoudre le système X=AX, puis en déduire l'ensemble des solutions de (E).

4. Comparer le polynôme obtenu à la question 2. et l'équation caractéristique r2r6=0 associée à (E) en première année. Commenter.

5. Résoudre le problème de Cauchy y(0)=1 et y(0)=0.

Exercice 14 ★★★★Ajustement de deux prix vers leur état d'équilibre

Comportement asymptotique des trajectoires, état d'équilibre et stabilitéModélisation économique : dynamique de marché, état d'équilibre, durée de vie

Deux biens substituables sont vendus sur un même marché. On note p(t) et q(t) leurs prix respectifs, en euros, à l'instant t0. Ces prix sont supposés dérivables et s'ajustent selon le modèle

{p(t)=3p(t)+q(t)+4q(t)=p(t)3q(t)+12

Chaque prix baisse d'autant plus vite qu'il est élevé, mais est tiré vers le haut par le prix du bien concurrent et par un terme constant d'inflation propre au bien. On pose X(t)=(p(t)q(t)).

1. Écrire le système sous la forme X=AX+B, où A et B sont à préciser. Justifier que A est inversible.

2. Déterminer l'unique colonne constante Xe telle que AXe+B=0. On l'appelle état d'équilibre du marché.

3. On pose Z=XXe. Montrer que X est solution de X=AX+B si et seulement si Z est solution de Z=AZ.

4. Diagonaliser A, résoudre Z=AZ, puis en déduire toutes les solutions du modèle. Montrer que toute trajectoire converge vers Xe quand t+.

5. Interpréter économiquement le résultat en une ou deux phrases.

Exercice 15 ★★★★Comportement asymptotique de six suites par croissances comparées

Suites négligeables, suites équivalentes et croissances comparées

1. Pour chacune des suites suivantes, définies pour n2, déterminer un équivalent simple, puis en déduire la limite quand n+.

a. un=n3+2n2lnn5n3+1

b. vn=2n+n10n!+2n

c. wn=en+n3n2+lnn

d. an=n!+3n2n+n!

e. bn=n2+nlnn2n+n3

f. cn=ln(n2+1)lnn

2. On pose, pour n1, sn=n!nn et tn=1n. Montrer que pour tout n2,

0<n!nn2n2

puis en déduire lequel des deux, sn ou tn, est négligeable devant l'autre.

Exercice 16 ★★★★Étude complète d'une suite récurrente à fonction croissante

Suites récurrentes u(n+1) = f(u(n)) : intervalle stable, monotonie, point fixe

On considère la fonction f définie sur [0,+[ par f(x)=3x+4, et la suite (un) définie par

u0=0etnN,un+1=f(un)

1. Justifier que f est bien définie et dérivable sur [0,+[, calculer f(x) et en déduire les variations de f. Montrer que l'intervalle I=[0,4] est stable par f, c'est-à-dire que f(I)I.

2. Montrer par récurrence que, pour tout nN, unI. Justifier au passage que la suite (un) est bien définie.

3. Résoudre l'équation f(x)=x sur [0,+[.

4. Étudier le signe de f(x)x sur I, puis en déduire la monotonie de (un).

5. Montrer que (un) converge et déterminer sa limite.

Exercice 17 ★★★★Deux points de départ pour la même suite récurrente

Suites récurrentes u(n+1) = f(u(n)) : intervalle stable, monotonie, point fixe

On considère la fonction f définie sur [0,+[ par f(x)=3x+4. On admet que f est continue et strictement croissante sur [0,+[, et que 4 est son unique point fixe sur cet intervalle.

1. Montrer que, pour tout x[0,+[, la quantité f(x)x a le même signe que 4x.

2. On pose u0=1 et un+1=f(un). Montrer que [0,4] est stable par f, puis que un[0,4] pour tout nN.

3. En déduire que la suite (un) est croissante.

4. Montrer que (un) converge et déterminer sa limite.

5. On pose maintenant v0=12 et vn+1=f(vn). Montrer que [4,+[ est stable par f, que vn4 pour tout n, puis que (vn) est décroissante.

6. Montrer que (vn) converge et déterminer sa limite.

7. Que se passe-t-il si l'on part de w0=4, avec wn+1=f(wn) ?

Exercice 18 ★★★★Nature de six séries par comparaison à une série de Riemann

Comparaison des séries à termes positifs : majoration, négligeabilité, équivalenceSéries de Riemann et séries de référence

On rappelle que la série de Riemann n11nα converge si et seulement si α>1.

1. Déterminer la nature des séries de termes généraux suivants, tous définis pour n2.

a. n+1n3+2

b. 2n+1n2+3

c. lnnn2

d. nn+1

e. ln(1+1n2)

f. 1n(1e1/n)

2. On pose, pour n1, un=1n(n+1) et vn=1n2. Montrer que unvn, calculer n=1+un, puis montrer que n=1+vn est différente de cette valeur. Que faut-il en retenir ?

Exercice 19 ★★★★Séries à termes quelconques et convergence absolue

Séries à termes quelconques, convergence absolue et sommes télescopiques

1. Pour chacune des séries suivantes, étudier la convergence absolue, puis conclure sur la nature de la série lorsque c'est possible.

a. n1(1)nn2

b. n1(1)nn

c. n0(1)nn!

d. n1(1)nlnnn3

2. Soit (un) une suite réelle telle que la série un converge absolument.

a. Justifier qu'il existe un rang N à partir duquel un1.

b. En déduire que la série un2 converge.

c. La réciproque est-elle vraie ? On justifiera la réponse par un exemple.

Exercice 20 ★★★★Lever une forme indéterminée à l'aide d'équivalents

Comparaison des fonctions au voisinage d'un point : négligeabilité et équivalence

1. Déterminer les limites suivantes en utilisant les équivalents usuels.

a. limx0e3x1ln(1+2x)

b. limx01+x1ex1

c. limx0ln ⁣(1+x2)x(ex1)

d. limx0(1+x)1/311+x1

e. limx+2x3+x2lnx5x34x2+1

2. On cherche à calculer L=limx0ex1xx2.

a. Un élève rédige : « on sait que ex1x, donc ex1xxx=0, donc L=0 ». Expliquer précisément pourquoi ce raisonnement n'a aucune valeur.

b. Écrire le développement limité d'ordre 2 de xex en 0, puis en déduire L.

c. En déduire un équivalent de ex1x au voisinage de 0.

Exercice 21 ★★★★Développement limité, tangente et position de la courbe

Développements limités à l'ordre 1 ou 2 et formule de Taylor-YoungAllure locale du graphe : tangente et position de la courbe

On considère la fonction f définie sur R par f(x)=xex, et on note Cf sa courbe représentative dans un repère orthonormé.

1. Justifier que f est de classe C2 sur R, calculer f(x) et f(x) pour tout réel x, puis donner les valeurs de f(0), f(0) et f(0).

2. Écrire le développement limité d'ordre 2 de f en 0 à l'aide de la formule de Taylor-Young.

3. En déduire une équation de la tangente T0 à Cf au point d'abscisse 0.

4. Déterminer la position de Cf par rapport à T0 au voisinage de 0, en justifiant par le signe du coefficient d'ordre 2.

5. Reprendre les questions 2., 3. et 4. au point d'abscisse x0=3. Que se passe-t-il si l'on tente le même travail en x0=2 ?

Exercice 22 ★★★★Calculer des intégrales généralisées sur un intervalle de borne infinie

Convergence et calcul des intégrales sur un intervalle de borne infinie

Dans tout l'exercice, on revient à la définition : on intègre d'abord sur un segment, puis on fait tendre la borne vers l'infini. Aucune intégration par parties ne doit être écrite directement entre une borne finie et l'infini.

1. Montrer que 0+tetdt converge et la calculer, à l'aide d'une intégration par parties sur le segment [0,x].

2. Vérifier que, pour tout t1, 1t(t+1)=1t1t+1, puis étudier la convergence de 1+dtt(t+1) et la calculer.

3. Même travail pour 0tetdt.

4. Montrer que +12etdt converge et la calculer, en découpant l'intervalle en deux morceaux.

Exercice 23 ★★★★Nature d'une intégrale par comparaison de fonctions positives

Règles de comparaison des intégrales de fonctions positivesConvergence absolue d'une intégrale généralisée

1. Pour chacune des intégrales suivantes, vérifier que la fonction intégrée est continue et positive sur l'intervalle d'intégration, puis déterminer la nature de l'intégrale par comparaison, sans calculer de primitive.

a. 1+dtt2+t

b. 1+lntt3dt

c. 1+tt3+1dt

d. 0+et1+tdt

e. 1+dtt+t

2. On pose, pour t1, f(t)=1lntt2.

a. Montrer que f n'est pas de signe constant sur [1,+[ et préciser son signe au voisinage de +.

b. Les règles de comparaison de la question 1. s'appliquent-elles à f ? Montrer que 1+f(t)dt converge.

c. Expliquer pourquoi la positivité est indispensable dans ces règles, et rappeler quel outil prend le relais lorsqu'une fonction change de signe indéfiniment.

Exercice 24 ★★★Un modèle d'offre et de demande en temps continu

Modélisation économique : dynamique de marché, état d'équilibre, durée de vieRésolution d'un système différentiel par diagonalisation de la matriceComportement asymptotique des trajectoires, état d'équilibre et stabilité

Sur le marché d'un bien, on note p(t) son prix à l'instant t0 et q(t) la quantité offerte par les producteurs, toutes deux supposées dérivables sur [0,+[. Le modèle repose sur trois hypothèses.

Demande. La quantité demandée à l'instant t vaut D(t)=223p(t) : elle décroît avec le prix.

Ajustement du prix. Le prix augmente lorsque la demande excède l'offre, et diminue dans le cas contraire, proportionnellement à l'excès de demande, avec un coefficient d'ajustement égal à 1 :

p(t)=D(t)q(t).

Ajustement de l'offre. Les producteurs accroissent leur production lorsque le prix dépasse le prix de référence pˉ=4 à partir duquel ils jugent la production rentable, et la réduisent sinon, avec un coefficient égal à 2 :

q(t)=2(p(t)4).

À l'instant initial, p(0)=6 et q(0)=10.

1. Écrire le modèle sous la forme X=AX+B, où X(t)=(p(t)q(t)), en explicitant la matrice A et la colonne B.

2. Déterminer l'unique état d'équilibre Xe, c'est-à-dire l'unique solution constante du système. Interpréter économiquement.

3. Montrer que A est diagonalisable et déterminer une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que A=PDP1. On vérifiera que PP1=I2.

4. On pose Z=XXe. Montrer que Z=AZ, résoudre ce système, puis déterminer l'unique solution du problème de Cauchy.

5. Montrer que le marché converge vers son équilibre, et préciser à quelle vitesse en donnant un équivalent de p(t)pe quand t+.

6. Interpréter le résultat en une phrase.

Exercice 25 ★★★Stabilité d'un système différentiel selon un paramètre

Comportement asymptotique des trajectoires, état d'équilibre et stabilitéRésolution d'un système différentiel par diagonalisation de la matrice

Pour mR, on pose Am=(m11m) et on étudie le système différentiel

X=AmX,ouˋ X(t)=(x(t)y(t)).

1. Calculer le polynôme caractéristique de Am et le donner sous forme factorisée. En déduire les valeurs propres de Am, justifier qu'elles sont réelles pour toute valeur de m, et que Am est diagonalisable.

2. Déterminer un vecteur propre associé à chaque valeur propre (on remarquera qu'ils ne dépendent pas de m), puis donner l'expression générale des solutions du système.

3. Discuter, selon la valeur de m, le comportement des trajectoires quand t+ : toutes tendent vers l'origine, certaines divergent, cas limite d'une valeur propre nulle.

4. En déduire l'ensemble des m pour lesquels l'origine est un équilibre attractif.

5. Traiter complètement le cas m=3 : diagonalisation explicite et résolution du problème de Cauchy x(0)=2, y(0)=0.

Exercice 26 ★★★Vitesse de convergence d'une suite récurrente

Suites récurrentes u(n+1) = f(u(n)) : intervalle stable, monotonie, point fixeSuites négligeables, suites équivalentes et croissances comparées

On considère la fonction f définie par f(x)=x+2 et la suite (un) définie par

u0=7etun+1=f(un)pour tout nN.

1. a. Montrer que l'intervalle I=[2,+[ est stable par f, puis que (un) est bien définie et que un2 pour tout nN.

b. Résoudre l'équation f(x)=x sur I. On note son unique solution.

c. Étudier le signe de f(x)x sur I, en déduire que (un) est décroissante, puis qu'elle converge vers .

2. a. Montrer que, pour tout xI, f(x)2=x2x+2+2.

b. En déduire que, pour tout xI, 0f(x)214(x2).

3. a. En déduire que 0un+1214(un2) pour tout n, puis, par récurrence, que

0un25(14)n.

b. Retrouver la convergence de (un) vers 2.

c. Déterminer un entier N tel que, pour tout nN, on ait un2103.

4. Justifier l'expression « la convergence est géométrique ».

Exercice 27 ★★★Trouver un équivalent d'une suite récurrente en passant au carré

Suites récurrentes u(n+1) = f(u(n)) : intervalle stable, monotonie, point fixeSuites négligeables, suites équivalentes et croissances comparées

On définit la suite (un) par

u0=1etun+1=un+1unpour tout nN.

On admet la majoration suivante, utile à la question 5. : pour tout entier n1,

k=1n12k+112(1+lnn).

1. Montrer par récurrence que un>0 pour tout n, ce qui assure que la suite est bien définie, puis que (un) est croissante.

2. Montrer que (un) diverge vers +. On raisonnera par l'absurde : si (un) convergeait vers un réel , on aurait 1, puis =+1.

3. On pose vn=un2. Calculer v0 et montrer que, pour tout n, vn+1=vn+2+1vn.

4. En déduire par récurrence que vn2n+1 pour tout nN.

5. a. Par télescopage, montrer que, pour tout n1,

vn=1+2n+k=0n11vk.

b. À l'aide de la question 4. et de la majoration admise, montrer que, pour tout n2,

0k=0n11vk32+12lnn.

c. En déduire que vn2n.

6. En déduire que un2n.

Exercice 28 ★★★Une suite définie implicitement par une équation

Suites négligeables, suites équivalentes et croissances comparées

Pour tout entier n1, on note fn la fonction définie sur [0,1] par

fn(x)=xn+x1

1. Montrer que l'équation fn(x)=0 admet une unique solution dans [0,1]. Cette solution est notée un.

2. Montrer que un]0,1[, puis que unn=1un.

3. Calculer fn+1(un) et montrer que fn+1(un)<0. En déduire que la suite (un)n1 est croissante.

4. Justifier que (un) converge. On note sa limite. En supposant <1 et en examinant la suite (unn), aboutir à une contradiction. Conclure que =1.

5. On pose εn=1un.

a. Justifier que εn]0,1[, que εn0, et établir la relation nln(1εn)=ln(εn).

b. Justifier que ln(1εn)εn, puis en déduire que nεnln(εn).

c. On admet que ln(εn)lnn. En déduire un équivalent de εn, puis le comportement asymptotique de un.

Exercice 29 ★★★La constante d'Euler par télescopage

Séries à termes quelconques, convergence absolue et sommes télescopiquesComparaison des séries à termes positifs : majoration, négligeabilité, équivalenceSuites négligeables, suites équivalentes et croissances comparées

Pour n1, on pose

Hn=k=1n1ketan=Hnlnn

1. Montrer que pour tout n1,   an+1an=1n+1ln(1+1n).

2. À l'aide du développement limité à l'ordre 2 en 0 de ln(1+x), montrer que

an+1an12n2

3. En déduire que la série n1(an+1an) converge absolument, donc converge.

4. En exprimant la somme partielle k=1n1(ak+1ak) par télescopage, en déduire que la suite (an) converge. Sa limite est notée γ (constante d'Euler, γ0,577).

5. En déduire que Hnlnn.

6. Application. On admet l'inégalité ln(1+x)x, valable pour tout x>1.

a. Montrer que pour tout n1,   ln(Hn+1)ln(Hn)1(n+1)Hn.

b. En sommant cette inégalité pour k allant de 1 à n, déterminer la nature de la série n11(n+1)Hn, puis celle de n11nHn.

Exercice 30 ★★★L'intégrale qui calcule la factorielle

Convergence et calcul des intégrales sur un intervalle de borne infinie

Pour nN, on pose, sous réserve de convergence,

In=0+tnetdt

1. Soit nN. Justifier que la fonction ttnet est continue et positive sur [0,+[, montrer par croissance comparée que tnet=o ⁣(et/2) au voisinage de +, puis en déduire que In converge.

2. Calculer I0, puis I1 (intégration par parties sur [0,x], puis passage à la limite).

3. Soit nN et x>0. À l'aide d'une intégration par parties sur le segment [0,x], montrer que

0xtn+1etdt=xn+1ex+(n+1)0xtnetdt

puis, en faisant tendre x vers +, en déduire que In+1=(n+1)In.

4. En déduire par récurrence que In=n! pour tout nN.

5. Application. En posant u=2t sur le segment [0,x] (changement de variable affine), puis en passant à la limite, calculer

0+t3e2tdt

Exercice 31 ★★★Une famille d'intégrales généralisées avec un logarithme

Règles de comparaison des intégrales de fonctions positivesConvergence et calcul des intégrales sur un intervalle de borne infinie

Pour α>0, on pose, sous réserve de convergence,

J(α)=1+lnttαdt

1. Justifier que la fonction tlnttα est continue et positive sur [1,+[.

2. Cas α>1. On pose β=1+α2.

a. Vérifier que 1<β<α.

b. Montrer, par croissance comparée, que lnttα=o ⁣(1tβ) au voisinage de +, puis en déduire que J(α) converge.

3. Cas 0<α1. Montrer que pour tout t2,   lnttαln2t, puis en déduire que J(α) diverge.

4. Calculer J(2) à l'aide d'une intégration par parties sur le segment [1,x], suivie d'un passage à la limite.

5. Récapituler la nature de J(α) selon la valeur de α>0.

Exercice 32 ★★★Durée de vie d'un équipement et convergence absolue

Convergence absolue d'une intégrale généraliséeModélisation économique : dynamique de marché, état d'équilibre, durée de vieConvergence et calcul des intégrales sur un intervalle de borne infinie

Une entreprise modélise la durée de vie (en années) d'une machine à l'aide de la fonction f définie sur [0,+[ par

f(t)=λeλtouˋ λ>0

Une durée de vie étant positive, on ne travaille que sur [0,+[.

1. Montrer que 0+f(t)dt converge et vaut 1.

2. Montrer que 0+tf(t)dt converge (comparaison avec eλt/2), puis la calculer par une intégration par parties sur [0,x] suivie d'un passage à la limite. Cette valeur est la durée de vie moyenne de la machine.

3. Montrer de même que 0+t2f(t)dt converge et la calculer.

4. On s'intéresse maintenant à un flux qui change de signe.

a. Soit g une fonction continue et bornée sur [1,+[. Montrer que 1+g(t)t2dt converge, en passant par la convergence absolue.

b. Le bénéfice net annuel dégagé par la machine à l'instant t est modélisé par g(t)=2t2+t (en milliers d'euros). Vérifier que g est continue, bornée, et de signe non constant sur [1,+[, puis conclure que 1+g(t)t2dt converge.

5. Interpréter économiquement le résultat de la question 2.

Exercice 33 ★★★★Problème : trois secteurs qui échangent de la main-d'œuvre

Résolution d'un système différentiel par diagonalisation de la matriceComportement asymptotique des trajectoires, état d'équilibre et stabilitéModélisation économique : dynamique de marché, état d'équilibre, durée de vie

Une région compte trois secteurs d'activité S1, S2, S3, qui se partagent une main-d'œuvre totale de 12 milliers de travailleurs. Pour t0, on note x(t), y(t), z(t) les effectifs (en milliers) des trois secteurs, supposés dérivables sur [0,+[, et

X(t)=(x(t)y(t)z(t))

À chaque instant, les travailleurs changent de secteur ; les flux, exprimés dans l'unité de temps du modèle, sont proportionnels à l'effectif du secteur de départ :

de S1 vers S2 : x(t) ; de S1 vers S3 : x(t) ; de S2 vers S1 : y(t) ; de S2 vers S3 : 2y(t) ; de S3 vers S1 : z(t) ; de S3 vers S2 : z(t).

1. En écrivant que la variation de chaque effectif est la différence entre ce qu'il reçoit et ce qu'il cède, montrer que X=AX avec

A=(211131122)

2. Montrer que la fonction tx(t)+y(t)+z(t) est constante. Interpréter.

3. Vérifier que det(AλI3)=λ(λ+3)(λ+4), en déduire les valeurs propres de A et justifier que A est diagonalisable.

4. Déterminer un vecteur propre pour chaque valeur propre. On pose alors

P=(410301511)etQ=112(111844393)

Vérifier que PQ=I3, et en déduire P1.

5. On pose Y=P1X. Montrer que X est solution de X=AX si et seulement si Y=DY, où D est diagonale à préciser. En déduire la solution générale du système, puis la solution vérifiant x(0)=12, y(0)=0, z(0)=0.

6. Déterminer les limites de x, y et z en + et interpréter.

Exercice 34 ★★★★Une suite récurrente construite avec le logarithme et son équivalent

Suites récurrentes u(n+1) = f(u(n)) : intervalle stable, monotonie, point fixeSuites négligeables, suites équivalentes et croissances comparéesDéveloppements limités à l'ordre 1 ou 2 et formule de Taylor-Young

Soit u0]0,1]. On définit la suite (un) par un+1=ln(1+un) pour tout nN.

1. Montrer par récurrence que un>0 pour tout nN (la suite est en particulier bien définie).

2. Étudier les variations de φ:xln(1+x)x sur [0,+[ et en déduire que ln(1+x)<x pour tout x>0, puis que la suite (un) est strictement décroissante.

3. En déduire que (un) converge, puis montrer que sa limite est 0.

4. On pose vn=1un.

a. Vérifier que vn+1vn=unln(1+un)unln(1+un).

b. À l'aide du développement limité à l'ordre 2 en 0 de ln(1+x), montrer que unln(1+un)un22 et que unln(1+un)un2.

c. En déduire que vn+1vnn+12.

5. Soit ε>0. Justifier qu'il existe un entier N tel que, pour tout kN,

12εvk+1vk12+ε

puis, en sommant ces inégalités pour k allant de N à n1 (avec n>N), montrer que

(nN)(12ε)vnvN(nN)(12+ε)

6. En divisant par n, en déduire que vnn12, puis que un2n.

7. En déduire la nature de la série n0un.

Exercice 35 ★★★★Autour de l'intégrale de Gauss

Règles de comparaison des intégrales de fonctions positivesConvergence et calcul des intégrales sur un intervalle de borne infinie

On étudie l'intégrale I=0+et2dt.

1. Justifier que tet2 est continue et positive sur [0,+[, montrer que et2et pour tout t1, puis, en découpant l'intervalle en [0,1] et [1,+[, montrer que I converge.

2. Montrer que 0+tet2dt converge et la calculer (on cherchera une primitive sur [0,x]).

3. À l'aide d'une intégration par parties sur [0,x] appliquée à t2et2=t×(tet2), montrer que 0+t2et2dt converge et vaut I2.

4. On donne 01et2dt0,7468 et e10,3679.

a. Montrer que 01et2dt    I    01et2dt+1+etdt, puis en déduire un encadrement numérique de I.

b. Affiner la majoration en remarquant que et2tet2 pour t1.

5. On admet que la valeur exacte est I=π2. Vérifier la cohérence avec l'encadrement obtenu.

Exercice 36 ★★★★Séries et intégrales de Riemann : le pont entre les deux

Séries de Riemann et séries de référenceRègles de comparaison des intégrales de fonctions positivesConvergence et calcul des intégrales sur un intervalle de borne infinie

Soit α>0. Pour n1, on pose Sn=k=1n1kα.

1. Justifier que t1tα est décroissante sur [1,+[, puis montrer que pour tout entier k1,

1(k+1)α    kk+1dttα    1kα

2. En sommant ces inégalités pour k allant de 1 à n1 (avec n2), montrer que

Sn1    1ndttα    Sn1nα

3. En déduire que la série n11nα et l'intégrale 1+dttα sont de même nature, puis retrouver le critère de convergence des séries de Riemann.

4. Application 1. Pour α=12, calculer 1ndtt, en déduire un encadrement de k=1n1k, puis un équivalent de cette somme.

5. Application 2. On suppose α>1 et on pose Rn=k=n+1+1kα. En sommant les inégalités de la question 1. pour k allant de n à m, puis en faisant tendre m vers +, montrer que

1(α1)nα11nα    Rn    1(α1)nα1

puis en déduire un équivalent de Rn.

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