ECG appliquées · Chapitre 15 · Quatrième semestre

Exercices — Probabilités : chaînes de Markov, densités et estimation

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Lire un graphe probabiliste et écrire sa matrice de transition

Graphe probabiliste et matrice de transition

Un opérateur téléphonique propose deux forfaits : le forfait « Essentiel », qui sera l'état 1, et le forfait « Confort », qui sera l'état 2. D'un mois sur l'autre, un client qui a le forfait Essentiel passe au forfait Confort avec la probabilité 0,3, et un client qui a le forfait Confort passe au forfait Essentiel avec la probabilité 0,2. Aucun client ne résilie son abonnement.

On note Xn le forfait détenu par un client au mois n. La situation est résumée par le graphe probabiliste suivant.

Graphe probabiliste à deux états représentant les changements de forfait

1. Les deux probabilités données par le texte sont portées par le graphe ; les deux boucles, elles, sont marquées d'un point d'interrogation. Déterminer leurs valeurs en justifiant le raisonnement.

2. Écrire la matrice de transition M de ce graphe probabiliste.

3. Vérifier que la somme des coefficients de chaque ligne de M vaut 1, et expliquer pourquoi il en est toujours ainsi.

4. Interpréter en une phrase, dans le contexte de l'exercice, le coefficient m2,1.

5. Que vaut m1,1+m1,2 ? Calculer ensuite m1,1+m2,1, puis m1,2+m2,2, et expliquer pourquoi rien n'oblige la somme des coefficients d'une colonne à valoir 1.

Exercice 2 ★★★Calculer les premiers états d'une chaîne de Markov

Chaîne de Markov associée, état de la chaîne et récurrence matricielle

Dans un centre de tri, un chariot automatique circule entre deux zones : la zone de réception, qui sera l'état 1, et la zone d'expédition, qui sera l'état 2. Toutes les heures, le chariot change de zone ou reste dans celle où il se trouve. On note Xn la zone occupée par le chariot au bout de n heures. La suite (Xn)nN est une chaîne de Markov de matrice de transition

M=(0,60,40,250,75)

Au départ, le chariot se trouve à coup sûr en zone de réception, de sorte que l'état initial de la chaîne est V0=(1,0).

1. Rappeler ce que représente le vecteur ligne Vn, et vérifier que V0=(1,0) traduit bien l'énoncé.

2. Calculer V1, puis V2, en détaillant à chaque fois le produit du vecteur ligne par la matrice M.

3. Vérifier que la somme des deux coefficients de V2 vaut 1. Pourquoi était-ce prévisible ?

4. Retrouver P(X2=1) par la formule des probabilités totales, sans aucun produit matriciel.

Exercice 3 ★★★Vérifier qu'une fonction est une densité de probabilité

Reconnaître une densité de probabilité et déterminer une constante

1. Rappeler les trois conditions qu'une fonction f définie sur R doit vérifier pour être une densité de probabilité.

2. Pour chacune des fonctions suivantes, nulle en dehors de l'intervalle indiqué, dire si c'est une densité de probabilité. On vérifiera les trois conditions et on rédigera le calcul de l'intégrale.

a. f1(x)=2x sur [0,1]

b. f2(x)=14 sur [2,2]

c. f3(x)=3e3x sur [0,+[

d. f4(x)=x1 sur [0,2]

3. Deux de ces fonctions sont des densités de lois usuelles du cours. Lesquelles, et de quelles lois s'agit-il ?

Exercice 4 ★★★★Passer de la densité à la fonction de répartition

Variable aléatoire à densité : fonction de répartition et densité

Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x2 si x[0,2], et f(x)=0 sinon. On admet qu'il existe une variable aléatoire X admettant f pour densité, et on note F sa fonction de répartition.

1. Vérifier que f est bien une densité de probabilité.

2. Déterminer F(x) successivement pour x],0[, pour x[0,2], puis pour x]2,+[.

3. Vérifier que F est continue en 0 et en 2.

4. Calculer P(X1), P(X>1,5) et P(0,5X1,5).

5. Justifier que P(X=1)=0. Cela signifie-t-il que X ne peut pas prendre la valeur 1 ?

Exercice 5 ★★★Premiers calculs avec la loi uniforme sur un intervalle

Loi uniforme sur un intervalle

Une navette d'aéroport passe très exactement toutes les 20 minutes. Un voyageur se présente à l'arrêt à un instant quelconque, sans connaître les horaires. On note T son temps d'attente, exprimé en minutes, et on admet que TU([0,20]).

1. Donner une densité f de T, puis sa fonction de répartition F.

2. Calculer P(T5), P(T15) et P(8T12).

3. Donner E(T) et V(T) en citant les formules du cours, puis interpréter E(T).

4. Calculer σ(T) : valeur exacte, puis valeur approchée à 102 près.

Exercice 6 ★★★Premiers calculs avec la loi exponentielle

Loi exponentielle et absence de mémoire

La durée de vie, exprimée en années, d'un composant électronique est modélisée par une variable aléatoire X suivant la loi exponentielle de paramètre λ=0,25, autrement dit XE(0,25).

1. Donner une densité f de X, puis sa fonction de répartition F.

2. Calculer P(X4), P(X>8) et P(2X6) : valeurs exactes, puis valeurs approchées à 103 près.

3. Donner E(X), V(X) et σ(X), puis interpréter E(X) dans le contexte de l'exercice.

4. Déterminer le réel t tel que P(X>t)=0,5, appelé durée de vie médiane. Le comparer à E(X) et commenter.

Exercice 7 ★★★Lire la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite

Loi normale et loi normale centrée réduite

Soit Z une variable aléatoire suivant la loi normale centrée réduite, c'est-à-dire ZN(0,1). On note Φ sa fonction de répartition et on dispose du tableau de valeurs suivant.

x 0,5 1 1,5 1,96 2,5
Φ(x) 0,6915 0,8413 0,9332 0,9750 0,9938

1. Rappeler la relation de symétrie vérifiée par Φ et expliquer d'où elle vient.

2. Calculer P(Z1), puis P(Z>1,5).

3. Calculer P(Z1), en justifiant le passage utilisé.

4. Calculer P(1,96Z1,96), puis P(Z>2,5).

5. Commenter la valeur obtenue pour P(Z1,96).

Exercice 8 ★★★Appliquer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev

Une machine remplit des sachets. On note X la masse, en grammes, du contenu d'un sachet. On sait seulement que X admet une espérance et une variance, avec

E(X)=50etV(X)=4

Aucune hypothèse n'est faite sur la loi de X.

1. Énoncer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.

2. Majorer P(X505).

3. En déduire une minoration de P(45<X<55) et l'interpréter.

4. Majorer P(X5010).

5. On apprend finalement que X suit la loi normale d'espérance 50 et d'écart-type 2, et que dans ce cas P(X505)0,0124. Que penser alors de la majoration obtenue à la question 2. ?

Exercice 9 ★★★★Espérance et variance de la moyenne empirique

Échantillon, estimateur et estimation ponctuelleMoyenne empirique comme estimateur de l'espérance

Soit X une variable aléatoire admettant une espérance m et une variance σ2, et soit (X1,,Xn) un n-échantillon de X. On pose

Xn=1nk=1nXk

1. Rappeler ce qu'est un n-échantillon de X, puis ce qu'est un estimateur de m.

2. Calculer E(Xn).

3. Calculer V(Xn), en précisant à quel endroit exact l'indépendance est utilisée.

4. En déduire σ(Xn).

5. Application numérique avec m=12 et σ=3. Calculer E(Xn), V(Xn) et σ(Xn) pour n=100, puis pour n=900. Que faut-il faire à n pour diviser σ(Xn) par 3 ?

Exercice 10 ★★★★État stable d'une chaîne à deux états : parts de marché de deux fournisseurs

État stable d'une chaîne de Markov et valeur propre 1Comportements possibles d'un graphe probabiliste à deux états

Deux fournisseurs d'électricité se partagent un marché local. Chaque année, un client donné est soit chez le fournisseur historique, soit chez le fournisseur alternatif. On note 1 l'état « le client est chez le fournisseur historique » et 2 l'état « le client est chez le fournisseur alternatif », et on note Xn l'état du client l'année n.

On admet que (Xn) est une chaîne de Markov de matrice de transition

M=(0,90,10,40,6)

L'état de la chaîne l'année n est la matrice ligne Vn=(P(Xn=1),P(Xn=2)), et on rappelle que Vn=Vn1M pour tout n1.

1. Traduire en français chacun des quatre coefficients de M.

2. Soit V=(x,y) une matrice ligne. Écrire le système d'équations traduisant V=VM.

3. Résoudre ce système. Expliquer pourquoi il ne suffit pas à déterminer V, et quelle équation supplémentaire le fait de chercher un état impose.

4. En déduire l'unique état stable V, puis vérifier le résultat obtenu en calculant VM.

5. Interpréter cet état stable en termes de parts de marché.

6. On suppose qu'à l'année 0 tous les clients sont chez le fournisseur historique, c'est-à-dire V0=(1,0). Calculer V1 et V2, et commenter.

Exercice 11 ★★★★Déterminer la constante qui fait d'une fonction une densité

Reconnaître une densité de probabilité et déterminer une constante

Les trois situations sont indépendantes. Dans chacune, c désigne un réel que l'on cherche à déterminer pour que la fonction proposée soit une densité de probabilité.

1. Rappeler les conditions qu'une fonction f définie sur R doit vérifier pour être une densité de probabilité.

2. Soit f la fonction définie sur R par f(x)=c(4x2) si x[2,2], et f(x)=0 sinon. Déterminer c.

3. Soit g la fonction définie sur R par g(x)=ce2x si x[1,+[, et g(x)=0 sinon. Déterminer c, puis en donner une valeur approchée à 104.

4. Soit h la fonction définie sur R par h(x)=cx3 si x[1,+[, et h(x)=0 sinon. Déterminer c.

5. Dans les questions 3. et 4., l'intégrale porte sur le même intervalle non borné. Expliquer en une phrase pourquoi elle converge dans les deux cas, et ce qui aurait changé si l'exposant 3 de la question 4. avait été remplacé par 1.

Exercice 12 ★★★★Espérance et variance d'une variable à densité par la définition

Espérance d'une variable à densité et convergence absolueVariance, écart-type et variable centrée réduite

Soit X une variable aléatoire à densité, de densité f définie sur R par

f(x)=2x9  si x[0,3],f(x)=0  sinon

1. Vérifier que f est bien une densité de probabilité.

2. Montrer que X admet une espérance et calculer E(X).

3. Calculer E(X2) à l'aide du théorème de transfert.

4. En déduire V(X) par la formule de Kœnig-Huygens, puis σ(X), dont on donnera une valeur approchée à 104.

5. Déterminer la variable centrée réduite X associée à X, et vérifier par le calcul que E(X)=0 et V(X)=1.

Exercice 13 ★★★★Loi d'une transformée affine de coefficient négatif

Fonction de répartition et densité d'une transformée affine

Soit X une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur [0,1], c'est-à-dire XU([0,1]). On pose

Y=53X

1. Déterminer l'ensemble Y(Ω) des valeurs prises par Y.

2. Exprimer, pour tout réel y, la fonction de répartition FY(y) en fonction de la fonction de répartition FX de X. On justifiera avec soin le changement de sens de l'inégalité.

3. Expliciter FY sur R, puis en déduire une densité de Y.

4. Reconnaître la loi de Y.

5. Calculer E(Y) et V(Y) de deux façons : d'abord à partir de la loi trouvée à la question 4., puis à partir de la loi de X à l'aide de la linéarité de l'espérance et de la formule V(aX+b)=a2V(X). Vérifier que les deux méthodes donnent le même résultat.

Exercice 14 ★★★★Absence de mémoire de la loi exponentielle et durée de vie d'une ampoule

Loi exponentielle et absence de mémoire

La durée de fonctionnement, exprimée en heures, d'une ampoule est modélisée par une variable aléatoire X suivant la loi exponentielle de paramètre λ, avec λ>0. On rappelle qu'une densité de X est la fonction nulle sur ],0[ et égale à λeλx sur [0,+[.

1. Montrer que, pour tout réel t0,  P(X>t)=eλt.

2. Démontrer que, pour tous réels s0 et t0,  P(X>s)(X>s+t)=P(X>t).

3. Énoncer en français ce que cette égalité signifie pour l'ampoule.

4. On prend désormais λ=0,001. Calculer la probabilité qu'une ampoule allumée depuis 2000 heures fonctionne encore 500 heures. On donnera une valeur approchée à 104.

5. Que devient cette probabilité si l'ampoule est allumée depuis 10000 heures au lieu de 2000 ? Commenter.

6. Cette propriété rend-elle la loi exponentielle réaliste pour modéliser l'usure d'une pièce mécanique ? Répondre en une phrase.

Exercice 15 ★★★Standardiser une variable normale pour calculer des probabilités

Loi normale et loi normale centrée réduiteFonction de répartition et densité d'une transformée affine

La taille, en centimètres, d'un homme adulte choisi au hasard dans une population est modélisée par une variable aléatoire X suivant la loi normale d'espérance m=170 et d'écart-type σ=8, c'est-à-dire XN(170,82).

On note Φ la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite. On rappelle que Φ(u)=1Φ(u) pour tout réel u, et on donne :

u 0,625 1,25 1,875 2,5
Φ(u) 0,7340 0,8944 0,9696 0,9938

1. Écrire la variable centrée réduite X associée à X et préciser sa loi.

2. Calculer P(X180).

3. Calculer P(X>185).

4. Calculer P(160X180).

5. Déterminer, à l'aide du tableau, le réel t tel que P(Xt)=0,9938, et interpréter.

6. Expliquer pourquoi P(X=170)=0, alors que 170 est pourtant la taille « la plus probable ». On pourra calculer P(165X175).

Exercice 16 ★★★Le théorème de transfert en pratique : une variable sans variance

Théorème de transfert pour une variable à densité

Soit X une variable aléatoire à densité, de densité f définie sur R par

f(x)=2x3  si x[1,+[,f(x)=0  sinon

1. Vérifier que f est bien une densité de probabilité.

2. Énoncer le théorème de transfert pour une variable aléatoire à densité.

3. Montrer que X admet une espérance et la calculer.

4. Étudier l'existence de E(X2) et conclure quant à l'existence de V(X).

5. Montrer que 1X admet une espérance et calculer E(1X).

6. Comparer E(1X) et 1E(X), et conclure en une phrase.

Exercice 17 ★★★★Somme et produit de deux variables indépendantes

Espérance d'une somme, espérance d'un produit, variance d'une sommeIndépendance de variables aléatoires quelconques et lemme des coalitions

Les variables X et Y sont définies sur un même espace probabilisé (Ω,A,P). La variable X suit la loi uniforme sur [0,4], la variable Y suit la loi exponentielle de paramètre 2, et X et Y sont indépendantes.

On pose S=X+Y et D=3X2Y+1.

1. Donner E(X), V(X), E(Y) et V(Y).

2. Calculer E(S) et V(S). Pour chacun des deux calculs, préciser si l'hypothèse d'indépendance est utilisée ou non.

3. Calculer E(D) et V(D).

4. Calculer E(XY).

5. Expliquer pourquoi les outils de ce chapitre ne permettent pas de déterminer la loi de S, alors qu'ils en donnent l'espérance et la variance.

6. On abandonne provisoirement l'hypothèse « Y suit la loi exponentielle de paramètre 2 » et l'on suppose maintenant que Y=X. Calculer E(XY) et V(X+Y), puis dire lesquelles des formules utilisées aux questions 2. et 4. restent valables.

Exercice 18 ★★★Majorer une probabilité par l'inégalité de Markov

Inégalité de MarkovInégalité de Bienaymé-Tchebychev

Le nombre X de connexions simultanées à un serveur, relevé sur un intervalle d'une minute, est une variable aléatoire positive admettant une espérance E(X)=40. Sa loi est inconnue.

1. Énoncer l'inégalité de Markov en précisant soigneusement ses hypothèses.

2. Majorer P(X100), puis P(X200).

3. On apprend de plus que X admet une variance V(X)=40. Après avoir justifié l'inclusion d'événements (X100)(X4060), majorer P(X100) à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.

4. Comparer les deux majorations obtenues pour P(X100) et expliquer en une phrase pourquoi Bienaymé-Tchebychev fait nettement mieux ici.

5. On admet enfin que Y=X2 admet une espérance E(Y)=1640. Appliquer l'inégalité de Markov à Y pour majorer P(X100), et comparer aux deux majorations précédentes.

Exercice 19 ★★★★La loi faible des grands nombres en action sur un dé

Loi faible des grands nombresMoyenne empirique comme estimateur de l'espérance

On lance n fois de suite un dé équilibré à six faces, les lancers étant indépendants. Pour tout entier i compris entre 1 et n, on note Xi le résultat du i-ème lancer, et l'on pose

Xn=1ni=1nXi

1. Donner la loi de X1, puis calculer E(X1) et V(X1).

2. En déduire E(Xn) et V(Xn).

3. Énoncer la loi faible des grands nombres et vérifier que ses hypothèses sont réunies ici.

4. Majorer P(Xn3,50,1) pour n=1000.

5. Déterminer le plus petit entier n pour lequel cette majoration garantit P(Xn3,50,1)0,05.

6. Commenter en une phrase le fait que la loi faible donne une convergence en probabilité, et non la certitude que la moyenne observée sera proche de 3,5.

Exercice 20 ★★★★Convergence en loi d'une suite de variables entières vers une loi de Poisson

Convergence en loi et caractérisation pour des variables entières

Pour tout entier n supérieur ou égal à 10, la variable aléatoire Xn suit la loi binomiale de paramètres n et 3n.

On rappelle que limn+(13n)n=e3.

1. Donner E(Xn) et V(Xn), puis leurs limites quand n tend vers +.

2. Rappeler la caractérisation de la convergence en loi pour une suite de variables aléatoires à valeurs dans Z.

3. Soit k un entier naturel fixé. Montrer que, pour tout entier n supérieur ou égal à max(k,10),

P(Xn=k)=(j=0k1(1jn))×3kk!×(13n)n×(13n)k

puis en déduire que P(Xn=k) tend vers 3ke3k! quand n tend vers +.

4. Conclure quant à la convergence en loi de la suite (Xn).

5. Application numérique pour n=500 : comparer P(X500=2) et la valeur approchée fournie par la loi limite. On donne (0,994)4980,04994 et e30,049787.

Exercice 21 ★★★★Approcher une loi binomiale par une loi normale

Approximations d'une loi binomiale ou d'une loi de PoissonThéorème limite central

Un site marchand enregistre n=2500 visites, indépendantes les unes des autres. Chaque visite donne lieu à un achat avec la probabilité p=0,2. On note X le nombre total d'achats.

On admet que, n étant grand et np ainsi que n(1p) étant tous deux supérieurs à 5, la loi de X peut être approchée par la loi normale d'espérance np et de variance np(1p).

On note Φ la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite et l'on donne :

x 0,5 1 1,25 2 2,5
Φ(x) 0,6915 0,8413 0,8944 0,9772 0,9938

1. Donner la loi exacte de X, son espérance, sa variance et son écart-type.

2. Vérifier que les conditions d'utilisation de l'approximation rappelées ci-dessus sont réunies, et préciser la loi normale utilisée ainsi que la variable centrée réduite associée.

3. Calculer une valeur approchée de P(X520).

4. Calculer une valeur approchée de P(X>540).

5. Calculer une valeur approchée de P(480X525).

6. Expliquer le lien entre cette approximation et le théorème limite central, en écrivant X comme une somme de variables de Bernoulli indépendantes.

Exercice 22 ★★★★Un intervalle de confiance pour une proportion par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev

Intervalle de confiance obtenu par l'inégalité de Bienaymé-TchebychevMoyenne empirique comme estimateur de l'espérance

Un institut de sondage interroge n=400 personnes, tirées au hasard et indépendamment les unes des autres. Chaque personne interrogée répond « oui » avec la probabilité inconnue p, élément de [0,1].

Pour i compris entre 1 et n, on note Xi la variable valant 1 si la i-ème personne répond « oui » et 0 sinon : les Xi sont indépendantes et suivent la loi de Bernoulli de paramètre p. La proportion de « oui » observée est la moyenne empirique

Xn=1ni=1nXi

1. Donner E(Xn) et V(Xn) en fonction de p et de n.

2. Démontrer que pour tout réel p de [0,1] on a p(1p)14, et en déduire une majoration de V(Xn) ne dépendant que de n.

3. En déduire que pour tout réel ε>0,

P(Xnpε)14nε2

4. En déduire un intervalle de confiance de p au niveau de confiance 0,95, puis son amplitude pour n=400.

5. Le sondage a donné 228 réponses « oui ». Donner l'intervalle obtenu.

6. Commenter en une phrase la largeur de cet intervalle.

Exercice 23 ★★★★Chaîne de Markov à trois états et répartition de la population à long terme

Graphe probabiliste et matrice de transitionÉtat stable d'une chaîne de Markov et valeur propre 1

Une étude démographique répartit les habitants d'un département en trois zones : l'état 1 « centre-ville », l'état 2 « périphérie » et l'état 3 « campagne ». Chaque année, un habitant peut déménager d'une zone vers une autre.

Pour nN, on note Xn la zone habitée au bout de n années par une personne choisie au hasard dans la population, et

Vn=(P(Xn=1),P(Xn=2),P(Xn=3))

l'état de la chaîne à l'année n. On admet que (Xn) est une chaîne de Markov de matrice de transition

M=(0,80,150,050,10,80,10,050,150,8)

Graphe probabiliste à trois états représentant les déménagements entre zones

1. Vérifier que M est bien une matrice de transition.

2. Interpréter concrètement les coefficients m1,3 et m3,1.

3. L'année 0, la répartition observée est V0=(0,5;0,3;0,2). Calculer V1, puis contrôler la cohérence du résultat obtenu.

4. On cherche un état stable V=(x,y,z), c'est-à-dire un état vérifiant V=VM et x+y+z=1. Écrire le système d'équations traduisant l'égalité V=VM.

5. Résoudre par la méthode du pivot le système formé de ces équations et de x+y+z=1.

6. Vérifier le résultat obtenu en calculant VM.

7. Interpréter le résultat en termes de répartition de la population à long terme.

Exercice 24 ★★★Expression explicite de l'état d'une chaîne à deux états par récurrence

Chaîne de Markov associée, état de la chaîne et récurrence matricielleÉtat stable d'une chaîne de Markov et valeur propre 1

Pour aller travailler, Nora utilise soit sa voiture (état 1), soit son vélo (état 2). Chaque jour, son choix ne dépend que de celui de la veille : si elle a pris la voiture, elle la reprend le lendemain avec la probabilité 0,6 ; si elle a pris le vélo, elle le reprend le lendemain avec la probabilité 0,9.

Pour nN, on note Xn le mode de transport utilisé le jour n et Vn=(P(Xn=1),P(Xn=2)). On admet que (Xn) est une chaîne de Markov de matrice de transition

M=(0,60,40,10,9)

Le jour 0, Nora prend sa voiture, donc V0=(1,0).

1. Déterminer l'état stable V=(x,y) de cette chaîne.

2. Pour nN, on pose Wn=VnV. Montrer que Wn=Wn1M pour tout n1, puis que la somme des deux coefficients de Wn est nulle.

3. On écrit donc Wn=(an,an). Montrer que an=0,5an1 pour tout n1, puis donner l'expression de an en fonction de n.

4. En déduire l'expression explicite de Vn en fonction de n.

5. Déterminer la limite de Vn et commenter le lien avec l'état stable.

6. Déterminer le plus petit entier n tel que la première coordonnée de Vn soit strictement inférieure à 0,21.

Exercice 25 ★★★Loi du carré d'une variable uniforme selon le signe de la variable

Transferts usuels : carré, exponentielle et logarithme d'une variableVariable aléatoire à densité : fonction de répartition et densité

Les deux parties sont indépendantes.

Partie A. Le carré d'une variable positive

On suppose que XU([0,2]) et on pose Y=X2.

1. Déterminer Y(Ω).

2. Soit y[0,4]. Justifier l'équivalence entre les événements [Yy] et [Xy], puis en déduire FY(y). Donner ensuite FY(y) pour y<0 et pour y>4.

3. En déduire une densité de Y.

4. Calculer E(Y) de deux façons : d'abord à partir de la densité de Y, puis par le théorème de transfert appliqué à X. Vérifier la concordance.

Partie B. Le carré d'une variable de signe quelconque

On suppose maintenant que ZU([1,2]) et on pose T=Z2.

5. Déterminer T(Ω) et expliquer pourquoi l'équivalence de la question 2. n'est plus valable.

6. Déterminer FT(t) pour tout réel t, en distinguant les cas 0t1 et 1<t4.

7. Expliquer d'où vient la différence avec la partie A.

Exercice 26 ★★★Simuler une loi exponentielle à partir d'une loi uniforme

Transferts usuels : carré, exponentielle et logarithme d'une variableLoi uniforme sur un intervalleLoi exponentielle et absence de mémoire

Soit λ un réel strictement positif et soit U une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur [0,1[. On pose

X=1λln(1U)

1. Justifier que X est bien définie.

2. Déterminer l'ensemble des valeurs prises par X.

3. Soit x un réel positif. Calculer P(Xx) en revenant à la définition de X, en justifiant chaque changement de sens d'inégalité. Donner ensuite P(Xx) pour x<0 et reconnaître la loi de X.

4. Expliquer en une phrase pourquoi ce résultat est exactement ce qu'il faut pour simuler une loi exponentielle à partir d'un générateur de nombres aléatoires uniformes.

5. Réciproquement, on suppose que XE(λ) et on pose V=1eλX. Déterminer la loi de V et démontrer le résultat.

6. Soient a et b deux réels tels que a<b, et soit UU([0,1]). Montrer que a+(ba)UU([a,b]).

Exercice 27 ★★★Une variable à densité qui n'admet pas d'espérance

Espérance d'une variable à densité et convergence absolueInégalité de Markov

Soit f la fonction définie sur R par

f(x)=0  si x<1,f(x)=1x2  si x1

On admet qu'il existe une variable aléatoire X admettant f pour densité.

1. Vérifier que f est bien une densité de probabilité.

2. Déterminer la fonction de répartition FX de X.

3. Montrer que X n'admet pas d'espérance, en rédigeant soigneusement l'étude de la convergence de l'intégrale.

4. Calculer P(Xa) pour tout réel a1, puis déterminer la limite de cette probabilité quand a tend vers +.

5. Expliquer pourquoi l'inégalité de Markov ne peut pas être appliquée à cette variable.

6. On pose Y=lnX. Montrer que Y suit une loi exponentielle dont on précisera le paramètre, et en déduire que Y admet une espérance, que l'on calculera.

7. Conclure en une phrase sur ce que cet exemple apprend.

Exercice 28 ★★★Symétrie de la loi normale centrée réduite et intervalles centrés

Loi normale et loi normale centrée réduite

Soit ZN(0,1). On note φ sa densité, définie pour tout réel t par φ(t)=12πet2/2, et Φ sa fonction de répartition.

On donne les valeurs approchées suivantes :

Φ(1)0,8413,Φ(1,645)0,9500,Φ(1,96)0,9750,Φ(2,576)0,9950

1. Démontrer que Φ(x)=1Φ(x) pour tout réel x, en partant de la parité de φ et en rédigeant le changement de variable sur un segment.

2. En déduire la valeur de Φ(0).

3. Démontrer que P(Za)=2Φ(a)1 pour tout réel positif a, puis calculer P(Z1).

4. Déterminer le réel positif a tel que P(Za)=0,95, puis celui tel que P(Za)=0,99.

5. Un élève propose a=1,645 à la première question du 4., au motif que Φ(1,645)0,95. Expliquer son erreur et dire à quelle probabilité correspond réellement cette valeur.

6. Soit XN(m,σ2), avec σ>0. Exprimer en fonction de m et de σ l'intervalle centré en m qui contient X avec la probabilité 0,95, puis l'appliquer au cas m=250 et σ=12.

Exercice 29 ★★★Lemme des coalitions : indépendance de deux blocs et espérance d'un produit

Indépendance de variables aléatoires quelconques et lemme des coalitionsEspérance d'une somme, espérance d'un produit, variance d'une somme

Soient X1, X2, X3, X4 quatre variables aléatoires indépendantes, toutes de loi exponentielle de paramètre 1. On rappelle que si XE(1), alors E(X)=1, V(X)=1 et E(X2)=2.

On pose

A=X1+X2etB=X3X4

1. Énoncer précisément le lemme des coalitions.

2. Justifier que les variables A et B sont indépendantes.

3. Calculer E(A), V(A) et E(B), en citant à chaque fois le résultat utilisé.

4. En déduire E(AB). Justifier chaque étape du calcul.

5. Peut-on calculer V(AB) avec les outils de ce chapitre ? Justifier la réponse de façon complète.

6. On pose maintenant C=X1+X2 et D=X2+X3.

a. Le lemme des coalitions s'applique-t-il à C et D ? Expliquer.

b. Calculer E(C), E(D), puis E(CD). Vérifier que E(CD) diffère de E(C)E(D) et conclure.

Exercice 30 ★★★★Maximum de vraisemblance pour une loi de Bernoulli et pour une loi de Poisson

Estimateur du maximum de vraisemblanceÉchantillon, estimateur et estimation ponctuelle

Partie A. Loi de Bernoulli

Soit (X1,,Xn) un n-échantillon d'une loi de Bernoulli de paramètre p inconnu, avec p dans ]0,1[ : les variables X1,,Xn sont indépendantes et suivent toutes la loi de X, où X prend la valeur 1 avec la probabilité p et la valeur 0 avec la probabilité 1p.

On observe une réalisation (x1,,xn) de cet échantillon, formée de 0 et de 1, et on note s=x1++xn le nombre de 1 observés. On suppose 0<s<n.

1. Écrire la vraisemblance L(p)=k=1nP(Xk=xk) et montrer que L(p)=ps(1p)ns.

2. Expliquer pourquoi on étudie plutôt la fonction plnL(p).

3. Étudier les variations de lnL sur ]0,1[ et montrer que cette fonction admet un maximum, atteint en p=sn.

4. En déduire l'estimateur du maximum de vraisemblance de p, puis calculer son espérance.

Partie B. Loi de Poisson

Soit (X1,,Xn) un n-échantillon d'une loi de Poisson P(λ), de paramètre λ>0 inconnu. On observe (x1,,xn), entiers naturels, de somme s=x1++xn, et on suppose s>0.

5. Écrire la vraisemblance L(λ), puis la log-vraisemblance lnL(λ).

6. Étudier les variations de lnL sur ]0,+[ et en déduire l'estimateur du maximum de vraisemblance de λ.

7. Un service d'urgences a enregistré 310 arrivées au total sur n=50 jours. Donner l'estimation de λ ainsi obtenue.

Exercice 31 ★★★★Choisir la taille d'un échantillon avec l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev

Intervalle de confiance obtenu par l'inégalité de Bienaymé-TchebychevInégalité de Bienaymé-TchebychevLoi faible des grands nombres

Un fabricant veut estimer la proportion p de pièces défectueuses de sa production, proportion qu'il ne connaît pas. Il prélève au hasard et de façon indépendante n pièces. Pour k allant de 1 à n, on note Xk la variable aléatoire qui vaut 1 si la k-ième pièce est défectueuse et 0 sinon : (X1,,Xn) est un n-échantillon d'une loi de Bernoulli de paramètre p.

La proportion de pièces défectueuses observée est la moyenne empirique

Xn=1nk=1nXk

1. Donner E(Xn) et V(Xn) en fonction de p et de n.

2. a. Par une étude de fonction, montrer que p(1p)14 pour tout p de [0,1].

b. En déduire, à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, que pour tout ε>0,

P(Xnpε)14nε2

3. Le fabricant veut une précision ε=0,02 avec un niveau de confiance d'au moins 0,95. Déterminer le plus petit entier n qui le garantit.

4. Refaire le calcul pour un niveau de confiance d'au moins 0,99, et commenter le prix à payer.

5. Le fabricant sait maintenant, par son expérience passée, que p0,05. Améliorer la majoration de p(1p), puis recalculer le plus petit entier n pour ε=0,02 et un niveau de confiance d'au moins 0,95.

6. Conclure en une phrase sur l'intérêt d'une information préalable sur le paramètre.

Exercice 32 ★★★★Intervalle de confiance asymptotique pour la masse moyenne d'un sachet

Intervalle de confiance asymptotique et variance empiriqueThéorème limite centralMoyenne empirique comme estimateur de l'espérance

Une chaîne de production remplit des sachets. La masse d'un sachet, en grammes, est une variable aléatoire X d'espérance inconnue m et d'écart-type σ. On prélève n=100 sachets de façon indépendante : (X1,,Xn) est un n-échantillon de la loi de X, de moyenne empirique Xn=1nk=1nXk.

On admet les deux résultats suivants, qui ne sont pas exigibles en l'état. On note tα le quantile d'ordre 1α2 de la loi normale centrée réduite, c'est-à-dire l'unique réel tel que Φ(tα)=1α2.

Résultat 1. Si σ est connu, alors

P(XntασnmXn+tασn)n+1α

Résultat 2. La même convergence a lieu en remplaçant σ par Sn, où Sn=1nk=1n(XkXn)2 est la variance empirique.

On donne t0,051,96 et t0,012,576.

1. Rappeler l'énoncé du théorème limite central, et expliquer en trois lignes d'où vient la formule du Résultat 1, sans la redémontrer.

2. On suppose d'abord σ=5 grammes connu, et on observe une moyenne de 248,4 grammes. Donner l'intervalle de confiance asymptotique de m au niveau de confiance 0,95.

3. Donner l'intervalle au niveau 0,99, et comparer les amplitudes des deux intervalles.

4. On suppose maintenant σ inconnu, et on observe sur le même échantillon une variance empirique égale à 36. Donner l'intervalle de confiance asymptotique de m au niveau 0,95.

5. Quel intervalle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev aurait-elle donné, au même niveau 0,95, en prenant σ=6 ? Commenter l'écart de largeur.

6. Que signifie exactement « au niveau de confiance 0,95 » ? Pourquoi l'intervalle obtenu est-il seulement asymptotique ?

Exercice 33 ★★★★Comportements d'un graphe probabiliste à deux états selon ses paramètres

Comportements possibles d'un graphe probabiliste à deux étatsÉtat stable d'une chaîne de Markov et valeur propre 1Convergence en loi et caractérisation pour des variables entières

Une chaîne de Markov (Xn)nN prend ses valeurs dans l'ensemble des deux états {1,2}. Sa matrice de transition dépend de deux paramètres a et b appartenant à [0,1] :

M=(1aab1b)

On note Vn=(un,vn) l'état de la chaîne à l'instant n, où un=P(Xn=1) et vn=P(Xn=2). On suppose V0=(u0,1u0) avec u0[0,1], et on rappelle que Vn+1=VnM pour tout nN.

1. Vérifier que M est une matrice de transition, et ceci pour toutes les valeurs de a et de b dans [0,1].

2. Montrer par récurrence que un+vn=1 pour tout nN.

3. En déduire que un+1=(1ab)un+b pour tout nN.

Dans les questions 4. et 5., on suppose a+b0 et on pose q=1ab.

4. a. Montrer qu'il existe un unique réel vérifiant =q+b, et que =ba+b.

b. Montrer que un=qn(u0) pour tout nN, puis donner l'expression explicite de un et de vn.

5. Encadrer q, puis discuter la convergence de la suite (Vn) selon la valeur de a+b, en distinguant le cas 0<a+b<2 (on précisera ce qui se passe lorsque a+b=1) et le cas a+b=2.

6. On suppose dans cette question a=b=0. Décrire l'évolution de la chaîne, déterminer tous les états stables et dire pourquoi l'état stable n'est pas unique.

7. Récapituler dans un tableau les comportements possibles de la suite (un).

8. On suppose a>0, b>0, et a et b non tous les deux égaux à 1. Justifier que (Xn) converge en loi vers une variable aléatoire X dont on précisera la loi.

Exercice 34 ★★★Minimum et maximum d'un échantillon de durées de vie exponentielles

Variable aléatoire à densité : fonction de répartition et densitéIndépendance de variables aléatoires quelconques et lemme des coalitionsLoi exponentielle et absence de mémoireTransferts usuels : carré, exponentielle et logarithme d'une variable

Un appareil est constitué de n composants, où n est un entier supérieur ou égal à 2. On note Xk la durée de fonctionnement, en heures, du composant numéro k avant sa panne, et on suppose que X1,,Xn sont indépendantes et suivent toutes la loi exponentielle de paramètre λ, avec λ>0. On pose

Mn=max(X1,,Xn)etIn=min(X1,,Xn)

On admet que Mn et In sont des variables aléatoires. On donne e2,50,0821.

1. Rappeler la fonction de répartition F commune aux variables Xk, et donner, pour x0, la valeur de P(Xk>x).

2. Justifier l'égalité d'événements [Mnx]=k=1n[Xkx], puis déterminer la fonction de répartition de Mn.

3. En déduire que Mn est une variable à densité et en donner une densité.

4. Justifier l'égalité d'événements [In>x]=k=1n[Xk>x], puis déterminer la fonction de répartition de In.

5. Reconnaître la loi de In et en déduire directement E(In) et V(In).

6. Un système est dit en série lorsqu'il tombe en panne dès la panne d'un de ses composants, et en parallèle lorsqu'il fonctionne tant qu'au moins un composant fonctionne. Interpréter In et Mn à l'aide de ce vocabulaire, et commenter le paramètre trouvé à la question 5.

7. Dans cette question, n=2.

a. Calculer E(M2) à partir d'une densité de M2.

b. Justifier sans calcul l'identité E(M2)=E(X1)+E(X2)E(I2), et vérifier qu'elle redonne le résultat de la question a.

8. Application numérique : λ=0,01 et n=5.

a. Calculer la durée moyenne de fonctionnement de l'appareil avant la première panne d'un composant.

b. Calculer la probabilité que les cinq composants tiennent tous plus de 50 heures.

Exercice 35 ★★★Durée de vie et coût de maintenance d'une flotte de véhicules de location

Loi exponentielle et absence de mémoireThéorème de transfert pour une variable à densitéEspérance d'une somme, espérance d'un produit, variance d'une sommeLoi faible des grands nombres

Un loueur exploite une flotte de véhicules identiques. Pour un véhicule donné, la durée T, exprimée en années, avant sa première panne majeure suit la loi exponentielle de paramètre λ=0,4. Le coût total de maintenance de ce véhicule, exprimé en milliers d'euros, est modélisé par la variable aléatoire

C=2+3eT

On donne e1,20,3012 et e0,80,4493.

Partie A — un véhicule

1. Donner une densité de T, sa fonction de répartition, puis E(T) et σ(T).

2. a. Calculer la probabilité qu'un véhicule dépasse trois ans sans panne majeure.

b. Calculer la probabilité qu'il dépasse cinq ans sachant qu'il a déjà dépassé trois ans, et commenter le résultat.

3. Calculer E(eT) à l'aide du théorème de transfert, puis en déduire E(C).

4. Calculer E(e2T), puis en déduire V(C) et σ(C).

Partie B — la flotte

La flotte compte n véhicules dont les durées T1,,Tn avant la première panne majeure sont indépendantes et de même loi que T. On note Ci=2+3eTi le coût de maintenance du véhicule numéro i, et

Cn=1ni=1nCi

le coût moyen de maintenance par véhicule. On admet que C1,,Cn sont indépendantes et de même loi que C.

5. Donner E(Cn) et V(Cn).

6. Pour n=250, majorer à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev la probabilité que le coût moyen s'écarte de son espérance de plus de 0,1 millier d'euros.

7. Déterminer le plus petit entier n pour lequel cette majoration est inférieure ou égale à 0,05.

8. Conclure par une phrase reliant ces calculs à la loi faible des grands nombres et à la logique d'un loueur.

Exercice 36 ★★★Du contrôle de qualité à l'intervalle de confiance sur une proportion

Approximations d'une loi binomiale ou d'une loi de PoissonThéorème limite centralIntervalle de confiance asymptotique et variance empiriqueEstimateur du maximum de vraisemblance

Une usine produit en très grande série des composants électroniques, dont une proportion inconnue p est défectueuse. On prélève au hasard n=400 composants de façon indépendante, et on note X le nombre de composants défectueux obtenus.

On donne e40,018316, 758,66, 0,17160,4142, 52,236, ainsi que Φ(1,15)0,8749 et Φ(1,73)0,9582, où Φ est la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite.

Partie A — la loi exacte et l'approximation de Poisson

1. Déterminer la loi de X, ainsi que E(X) et V(X) en fonction de p.

2. Dans cette question uniquement, p=0,01. L'entier n étant grand, p petit et np=4, on admet que l'on peut approcher la loi de X par la loi de Poisson de paramètre 4. Calculer, à 104 près et par cette approximation :

a. P(X=0) ; b. P(X2) ; c. P(X5).

3. Énoncer le résultat de convergence en loi du cours qui justifie cette approximation, et vérifier que les conditions d'emploi sont réunies.

Partie B — l'approximation normale

Dans toute cette partie, p=0,25.

4. Vérifier que np5 et n(1p)5. On admet qu'alors la loi de X peut être approchée par la loi normale d'espérance np et de variance np(1p) ; préciser ces deux paramètres ainsi que l'écart-type correspondant.

5. En déduire une valeur approchée de : a. P(X110) ; b. P(85X115).

6. Expliquer le lien entre cette approximation et le théorème limite central.

Partie C — estimer p

La proportion p redevient inconnue. On pose Xi=1 si le i-ième composant prélevé est défectueux et Xi=0 sinon : X1,,Xn est un échantillon de loi de Bernoulli de paramètre p, et Xn=1ni=1nXi est la proportion observée de défectueux.

7. Rappeler quel est l'estimateur du maximum de vraisemblance de p pour un tel échantillon (la démonstration n'est pas demandée), et calculer son espérance.

8. On observe 88 composants défectueux parmi les 400 prélevés. Donner l'estimation ponctuelle de p. On admet que

[XntαXn(1Xn)n;Xn+tαXn(1Xn)n]

est un intervalle de confiance asymptotique de p au niveau de confiance 1α, avec t0,051,96. Calculer cet intervalle au niveau 0,95, en arrondissant les bornes à 103.

9. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et de la majoration p(1p)14, déterminer un autre intervalle de confiance de p au niveau 0,95. Comparer les deux amplitudes, puis expliquer en deux phrases d'où vient l'écart et ce que chacun des deux intervalles garantit réellement.

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On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.