ECG appliquées · Chapitre 11 · Troisième semestre

Exercices — Algèbre linéaire

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Espaces de référence, bases canoniques et dimensions

Espaces vectoriels réels de dimension finie et espaces de référenceFamilles libres, familles génératrices, bases et bases canoniques

1. Donner la base canonique et la dimension de R3, puis décomposer le vecteur u=(3,1,4) dans cette base.

2. Donner la base canonique et la dimension de M2,3(R), puis décomposer dans cette base la matrice

A=(201350)

3. Donner la base canonique et la dimension de R2[X], puis les coordonnées dans cette base des polynômes suivants.

a. P=43X+X2

b. Q=(X1)2

c. R=(X+2)(X3)

4. Donner la dimension de chacun des espaces suivants.

a. R5

b. M3(R)

c. M4,2(R)

d. R4[X]

5. Vrai ou faux, en justifiant.

a. La famille (1,X,X2,X3) est une base de R2[X].

b. Les espaces R3 et R2[X] ont la même dimension.

Exercice 2 ★★★★Familles libres, familles génératrices dans R3

Familles libres, familles génératrices, bases et bases canoniquesSous-espaces vectoriels, dimension, rang d'une famille de vecteurs

On travaille dans R3, dont on note B=(e1,e2,e3) la base canonique. On considère les familles suivantes.

a. F1=((1,2,1),  (2,4,2))

b. F2=((1,0,2),  (0,1,3))

c. F3=((1,1,0),  (0,1,1),  (1,0,1))

d. F4=((1,2,1),  (2,1,1),  (1,1,1))

1. La famille F1 est-elle libre ? Est-elle génératrice de R3 ?

2. Mêmes questions pour F2.

3. Mêmes questions pour F3. Si elle est liée, écrire une relation de dépendance linéaire entre ses vecteurs.

4. Mêmes questions pour F4.

5. On pose F5=(e1,  e2,  e3,  (1,2,3)). Sans aucun calcul, dire si F5 est libre, puis si elle est génératrice de R3.

6. Donner le rang de chacune des cinq familles.

Exercice 3 ★★★★Reconnaître un sous-espace vectoriel de R3 et donner sa dimension

Sous-espaces vectoriels, dimension, rang d'une famille de vecteurs

On considère les cinq parties de R3 suivantes.

a. F1={(x,y,z)R3  ;  x2y+z=0}

b. F2={(x,y,z)R3  ;  x+y=0 et yz=0}

c. F3={(x,y,z)R3  ;  x+y+z=2}

d. F4={(x,y,z)R3  ;  x2y2=0}

e. F5=Vect((1,2,0),  (2,4,0),  (0,1,1))

1. Pour chacune de ces parties, dire si c'est un sous-espace vectoriel de R3, en justifiant.

2. Pour chaque partie qui est un sous-espace vectoriel, en donner une base et la dimension.

3. A-t-on F2F1 ?

4. Vrai ou faux : un sous-espace vectoriel de R3 de dimension 3 est nécessairement R3 tout entier.

Exercice 4 ★★★Reconnaître une application linéaire

Applications linéaires, endomorphismes, isomorphismes, composition

On considère les applications suivantes.

a. f1:R3R2, (x,y,z)(x2y,  y+3z)

b. f2:R2R2, (x,y)(x+1,  y)

c. f3:R2R3, (x,y)(xy,  x,  y)

d. f4:R2R2[X], (a,b)a+(ab)X+2bX2

e. f5:R3R3, (x,y,z)(x+y,  yz,  x2)

f. f6:R3R3, (x,y,z)(2xz,  y,  x+y+z)

1. Pour chacune de ces applications, dire si elle est linéaire, en justifiant.

2. Parmi les applications linéaires obtenues, lesquelles sont des endomorphismes ? Justifier par ailleurs que f1 et f4 ne peuvent pas être des isomorphismes.

3. Calculer f1(1,2,1), puis f4(3,2), puis f6(1,1,1).

4. Soit g une application linéaire de R3 dans R2 telle que

g(e1)=(1,0),g(e2)=(2,1),g(e3)=(0,3)

(e1,e2,e3) désigne la base canonique de R3. Calculer g(2,1,4), puis g(x,y,z) pour un vecteur quelconque.

Exercice 5 ★★★Noyau, image et rang d'une application linéaire de R3 dans R2

Noyau, image et rang d'une application linéaireThéorème du rang et caractérisation des isomorphismes en dimension finie

On considère l'application

f:R3R2,(x,y,z)(x+2yz,    2x+y+z)

On note (e1,e2,e3) la base canonique de R3.

1. Montrer que f est linéaire.

2. Déterminer Kerf, en donner une base et la dimension.

3. L'application f est-elle injective ?

4. Calculer f(e1), f(e2) et f(e3), en déduire Imf, puis en donner une base et le rang de f.

5. Vérifier le théorème du rang sur cet exemple.

6. L'application f est-elle surjective ? bijective ?

Exercice 6 ★★★★Matrice d'une application linéaire dans les bases canoniques

Matrice d'une application linéaire dans des bases, matrice d'un endomorphismeApplications linéaires, endomorphismes, isomorphismes, composition

On note B=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et B=(e1,e2) celle de R2. On admet que les deux applications suivantes sont linéaires :

f:R3R2,(x,y,z)(2xy+3z,    x+4yz) g:R2R3,(s,t)(s+t,    2st,    s)

1. Écrire la matrice A=MatB,B(f).

2. Calculer f(1,2,3) à partir de la formule, puis retrouver le résultat par un produit matriciel.

3. Écrire la matrice B=MatB,B(g).

4. Justifier que fg est un endomorphisme de R2, donner sa matrice dans la base B, puis vérifier le résultat en calculant (fg)(s,t) directement.

5. Donner la taille, puis la matrice, de gf dans la base B.

6. L'application f peut-elle être un isomorphisme ? Justifier sans calcul.

Exercice 7 ★★★Vecteurs propres, spectre d'une matrice triangulaire et d'une matrice diagonale

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

On pose

A=(1232),T=(210013005),D=(300030002)

1. Parmi les colonnes suivantes, déterminer lesquelles sont des vecteurs propres de A, et préciser la valeur propre associée.

a. U1=(11)

b. U2=(23)

c. U3=(11)

2. Le réel 0 est-il valeur propre de A ?

3. Montrer que si λ{1,2,5}, alors λ n'est pas valeur propre de T.

4. Déterminer les sous-espaces propres de T associés à 2, à 1 et à 5, en donner une base, puis conclure sur Sp(T).

5. Déterminer Sp(D) ainsi que les sous-espaces propres de D, avec leur dimension.

Exercice 8 ★★★★Diagonaliser une matrice carrée d'ordre 2

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratique

On considère la matrice

A=(4213)

1. Justifier qu'un réel λ est valeur propre de A si et seulement si la matrice AλI2 n'est pas inversible. En déduire Sp(A).

2. Déterminer les sous-espaces propres de A, en donner une base et la dimension.

3. Montrer que A est diagonalisable.

4. Écrire une matrice diagonale D et une matrice inversible P convenables, puis vérifier l'égalité AP=PD.

5. Calculer P1 et écrire la relation D=P1AP.

Exercice 9 ★★★Sous-espaces propres d'une matrice d'ordre 3 et diagonalisabilité

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratique

On considère la matrice

A=(122212223)

et on admet que Sp(A)={1,1}.

1. Vérifier que U=(111) est un vecteur propre de A, et préciser la valeur propre associée.

2. Déterminer E1(A), en donner une base et la dimension.

3. Déterminer E1(A), en donner une base et la dimension.

4. En déduire que A est diagonalisable.

5. Écrire une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que D=P1AP, puis vérifier l'égalité AP=PD.

6. La matrice A est-elle inversible ? Répondre à l'aide du spectre, sans nouveau calcul.

Exercice 10 ★★★★Familles libres de polynômes et de matrices

Familles libres, familles génératrices, bases et bases canoniquesEspaces vectoriels réels de dimension finie et espaces de référence

Dans R3[X], on considère les quatre polynômes

P1=1+X

P2=X+X2

P3=X2+X3

P4=1+X3

et dans M2(R) les trois matrices

A1=(1011),A2=(2101),A3=(0111)

1. Rappeler la base canonique de R3[X] et sa dimension, puis donner les coordonnées de P1, P2, P3 et P4 dans cette base.

2. La famille (P1,P2,P3) est-elle libre ?

3. Montrer que la famille (P1,P2,P3,P4) est liée, en donnant une relation de dépendance explicite. En déduire son rang.

4. Rappeler la base canonique de M2(R) et sa dimension, puis donner les coordonnées de A1, A2 et A3 dans cette base.

5. La famille (A1,A2,A3) est-elle libre ? Est-elle génératrice de M2(R) ?

Exercice 11 ★★★★Les polynômes qui s'annulent en 1

Sous-espaces vectoriels, dimension, rang d'une famille de vecteursEspaces vectoriels réels de dimension finie et espaces de référence

On note

F={PR3[X]  ;  P(1)=0}

1. Montrer que F est un sous-espace vectoriel de R3[X].

2. Parmi les polynômes suivants, lesquels appartiennent à F ?

a. Q1=X3X

b. Q2=X2+1

c. Q3=2X33X2+1

3. Soit P=a+bX+cX2+dX3 un élément de R3[X]. Traduire l'appartenance PF par une relation entre a, b, c et d, puis montrer que

F=Vect(X1,  X21,  X31)

4. Montrer que la famille (X1,X21,X31) est libre. En déduire une base de F et la dimension de F.

5. Donner les coordonnées de Q3 dans cette base.

6. A-t-on F=R3[X] ?

Exercice 12 ★★★★Égalité de deux sous-espaces engendrés et rang d'une famille

Sous-espaces vectoriels, dimension, rang d'une famille de vecteursFamilles libres, familles génératrices, bases et bases canoniques

Dans R3, on considère les vecteurs

u=(1,2,1) et v=(2,1,1)

a=(3,3,0) et b=(1,1,2)

1. Montrer que a et b appartiennent à Vect(u,v), puis en déduire l'inclusion Vect(a,b)Vect(u,v).

2. Exprimer u et v en fonction de a et b, et conclure que Vect(u,v)=Vect(a,b).

3. Déterminer la dimension de ce sous-espace.

4. Le vecteur w=(0,3,3) appartient-il à Vect(u,v) ?

5. Même question pour le vecteur t=(1,0,0).

6. En déduire le rang de la famille (u,v,w,t). Cette famille est-elle génératrice de R3 ?

Exercice 13 ★★★★Théorème du rang pour une application de R4 dans R3

Théorème du rang et caractérisation des isomorphismes en dimension finieNoyau, image et rang d'une application linéaireMatrice d'une application linéaire dans des bases, matrice d'un endomorphisme

On considère l'application linéaire f de R4 dans R3 définie par

f(x,y,z,t)=(x+2y+t,    y+z+t,    x+yz+t)

et l'on note A sa matrice dans les bases canoniques de R4 et de R3.

1. Écrire la matrice A et préciser son format.

2. Déterminer Kerf en résolvant le système AX=0. En donner une base et préciser sa dimension.

3. En déduire rgf à l'aide du théorème du rang.

4. On note C1, C2, C3, C4 les colonnes de A. Vérifier que C3=C22C1, puis donner une base de Imf. Que vaut Imf ?

5. L'application f est-elle injective ? surjective ? bijective ?

6. Résoudre l'équation f(x,y,z,t)=(1,2,0) et décrire l'ensemble de ses solutions.

Exercice 14 ★★★★L'endomorphisme de dérivation sur les polynômes de degré au plus 3

Matrice d'une application linéaire dans des bases, matrice d'un endomorphismeNoyau, image et rang d'une application linéaireApplications linéaires, endomorphismes, isomorphismes, composition

On note E=R3[X], muni de sa base canonique B=(1,X,X2,X3), et l'on considère l'application

φ:PP

qui à un polynôme associe son polynôme dérivé.

1. Montrer que φ est un endomorphisme de E.

2. Déterminer N=MatB(φ).

3. Déterminer Kerφ, en donner une base et sa dimension.

4. Déterminer Imφ, en donner une base et le rang de φ. Vérifier le théorème du rang.

5. L'endomorphisme φ est-il bijectif ? La matrice N est-elle inversible ?

6. Calculer N2, N3 et N4. Interpréter ces résultats en termes de dérivées successives.

Exercice 15 ★★★★Reconnaître un isomorphisme et calculer sa réciproque

Théorème du rang et caractérisation des isomorphismes en dimension finieApplications linéaires, endomorphismes, isomorphismes, compositionMatrice d'une application linéaire dans des bases, matrice d'un endomorphisme

On considère l'application f de R3 dans R3 définie par

f(x,y,z)=(x+y+z,    x+2y+3z,    x+3y+6z)

et l'on note B la base canonique de R3.

1. Montrer que f est un endomorphisme de R3 et écrire A=MatB(f).

2. Déterminer Kerf et en déduire que f est injective.

3. À l'aide du théorème du rang, montrer que f est un isomorphisme de R3.

4. Déterminer f1 en résolvant le système f(x,y,z)=(a,b,c), où (a,b,c) est un vecteur quelconque de R3.

5. En déduire A1, et vérifier le résultat en calculant le produit AA1.

Exercice 16 ★★★★Matrice de passage et changement de coordonnées

Matrices de passage et formules de changement de baseFamilles libres, familles génératrices, bases et bases canoniques

On note B=(e1,e2,e3) la base canonique de R3 et l'on pose

e1=(1,2,1),e2=(0,1,1),e3=(1,1,1)

1. Montrer que B=(e1,e2,e3) est une base de R3.

2. Écrire la matrice de passage P=PB,B.

3. Calculer P1 par la méthode du pivot, puis vérifier le résultat.

4. Soit u le vecteur de coordonnées (2,3,4) dans la base B. Déterminer ses coordonnées dans la base B, et vérifier le résultat.

5. Soit v le vecteur de coordonnées (1,1,2) dans la base B. Déterminer ses coordonnées dans la base B.

Exercice 17 ★★★★Matrice d'un endomorphisme dans une nouvelle base

Matrices de passage et formules de changement de baseMatrices semblablesMatrice d'une application linéaire dans des bases, matrice d'un endomorphisme

On note B la base canonique de R3 et f l'endomorphisme de R3 de matrice

A=MatB(f)=(311212412)

On pose v1=(1,1,1), v2=(1,0,1), v3=(0,1,1) et B=(v1,v2,v3).

1. Montrer que B est une base de R3, puis écrire la matrice de passage P=PB,B et calculer P1.

2. Calculer f(v1), f(v2) et f(v3), puis en déduire D=MatB(f).

3. Vérifier par le calcul matriciel que D=P1AP.

4. Que peut-on dire des matrices A et D ?

5. En déduire, sans aucun nouveau calcul, que A est inversible.

Exercice 18 ★★★Diagonaliser une matrice d'ordre trois

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratique

On considère la matrice

A=(210131012)M3(R)

1. Soit λ un réel. Écrire le système linéaire (AλI3)X=0, d'inconnue X=t(x,y,z).

2. Résoudre ce système par la méthode du pivot et en déduire que Sp(A)={1,2,4}.

3. Déterminer une base et la dimension de chacun des trois sous-espaces propres de A.

4. Justifier que A est diagonalisable, puis donner une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles que D=P1AP.

5. Vérifier l'égalité AP=PD.

Exercice 19 ★★★Une matrice de rang un et ses puissances

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectrePolynômes annulateurs et localisation des valeurs propresMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiquePuissances n-ièmes d'une matrice carrée (diagonalisation, formule du binôme)

On considère la matrice

A=(121242121)M3(R)

ainsi que la colonne C et la ligne L définies par

C=(121)M3,1(R)etL=(121)M1,3(R)

Pour λR, on note Eλ=Ker(AλI3).

1. Vérifier que A=CL, puis calculer le produit LC : c'est une matrice à un seul coefficient, que l'on identifie au réel qu'elle contient.

2. En déduire, sans calculer de produit terme à terme, que A2=4A. Donner un polynôme annulateur de A et en déduire que Sp(A){0,4}.

3. Déterminer E0=Ker(A) : en donner une base et la dimension.

4. Montrer que AC=4C sans effectuer de produit terme à terme, puis déterminer E4 en résolvant le système (A4I3)X=0. Conclure sur Sp(A).

5. La matrice A est-elle diagonalisable ? Donner une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que D=P1AP.

6. Démontrer par récurrence que An=4n1A pour tout entier n1, puis écrire An explicitement. Retrouver ce résultat à partir de la diagonalisation.

7. La matrice A est-elle inversible ? Justifier de deux façons différentes.

Exercice 20 ★★★★La matrice dont tous les coefficients valent un

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiquePuissances n-ièmes d'une matrice carrée (diagonalisation, formule du binôme)Matrices symétriques réelles : diagonalisabilité (résultat admis)

On note J la matrice de M3(R) dont tous les coefficients valent 1 :

J=(111111111)

Pour λR, on note Eλ(M)=Ker(MλI3) le sous-espace propre éventuel d'une matrice M.

1. Calculer J2 et vérifier que J2=3J. En déduire un polynôme annulateur de J, puis que Sp(J){0,3}.

2. Déterminer E0(J) et E3(J) : bases et dimensions. En déduire Sp(J).

3. Montrer de deux façons que J est diagonalisable, puis donner une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que D=P1JP.

4. On pose A=2I3+J. Écrire A, puis montrer que pour tout λR, Ker(AλI3)=Ker(J(λ2)I3). En déduire Sp(A), les sous-espaces propres de A, et une diagonalisation de A utilisant la même matrice P. La matrice A est-elle inversible ?

5. Démontrer par récurrence que Jk=3k1J pour tout entier k1.

6. Justifier que 2I3 et J commutent, puis établir, pour tout entier n1,

An=2nI3+5n2n3J

7. Vérifier cette formule pour n=2 par un calcul direct de A2.

Exercice 21 ★★★Un projecteur en dimension trois

Polynômes annulateurs et localisation des valeurs propresMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiqueNoyau, image et rang d'une application linéaire

Soit p l'endomorphisme de R3 dont la matrice dans la base canonique B=(e1,e2,e3) est

A=(211101110)

autrement dit p(x,y,z)=(2xyz, xz, xy).

1. Calculer A2 et vérifier que A2=A, c'est-à-dire pp=p.

2. Déterminer Ker(p) : une base et sa dimension. En déduire rg(p) par le théorème du rang, puis une base de Im(p) à l'aide des colonnes de A.

3. Montrer que pour tout uR3, le vecteur up(u) appartient à Ker(p). En déduire que tout vecteur de R3 est somme d'un vecteur de Im(p) et d'un vecteur de Ker(p).

4. Montrer que Im(p)=Ker(pid), puis déterminer ce sous-espace par le calcul.

5. Donner un polynôme annulateur de A et en déduire que Sp(p){0,1}. Montrer que 0 et 1 sont effectivement valeurs propres de p.

6. Montrer que p est diagonalisable. Donner une base B de R3 formée de vecteurs propres, la matrice D=MatB(p) et une matrice inversible P telle que D=P1AP.

7. En déduire An pour tout entier n1.

Exercice 22 ★★★Exploiter un polynôme annulateur

Polynômes annulateurs et localisation des valeurs propresValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratique

Dans les questions 1. à 3., A désigne une matrice quelconque de M3(R) vérifiant

A25A+6I3=0

1. Montrer que A est inversible et que A1=16(5I3A).

2. Montrer que Sp(A){2,3}.

3. On suppose de plus A2I3 et A3I3. Montrer que 2 et 3 sont alors effectivement des valeurs propres de A. Indication : partir de l'égalité (A2I3)(A3I3)=0 et choisir une colonne X0 telle que (A3I3)X00.

Dans les questions 4. à 7., on considère la matrice

B=(211121114)

4. Calculer B2 et vérifier que B25B+6I3=0.

5. Déterminer les sous-espaces propres E2=Ker(B2I3) et E3=Ker(B3I3) : bases et dimensions. En déduire Sp(B).

6. Montrer que B est diagonalisable et donner une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que D=P1BP.

7. Donner B1 explicitement et vérifier le résultat par un produit.

Exercice 23 ★★★★Puissances par la formule du binôme

Puissances n-ièmes d'une matrice carrée (diagonalisation, formule du binôme)Matrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiqueValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

On considère la matrice

A=(211021002)M3(R)

et l'on pose N=A2I3.

1. Écrire la matrice N, puis calculer N2 et N3.

2. Justifier que les matrices 2I3 et N commutent. Quelle formule cela autorise-t-il à utiliser pour développer An=(2I3+N)n ?

3. En déduire que, pour tout entier n2,

An=2nI3+n2n1N+n(n1)22n2N2

puis écrire la matrice An explicitement.

4. Vérifier la formule pour n=2 en calculant A2 directement.

5. Montrer que si λ2, le système (AλI3)X=0 n'a que la solution nulle. En déduire Sp(A), puis déterminer le sous-espace propre E2=Ker(A2I3).

6. La matrice A est-elle diagonalisable ? Donner deux justifications.

7. La matrice A est-elle inversible ?

Exercice 24 ★★★★Même spectre mais matrices non semblables

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiqueMatrices semblables

On considère les deux matrices de M3(R)

A=(110130001)etB=(210010111)

Pour une matrice M et un réel λ, on note Eλ(M)=Ker(MλI3).

1. Calculer (BI3)(B2I3). En déduire un polynôme annulateur de B, puis que Sp(B){1,2}.

2. Déterminer E1(B) et E2(B) : bases et dimensions. En déduire Sp(B), puis que B est diagonalisable ; donner une matrice inversible R et une matrice diagonale D telles que D=R1BR.

3. Calculer C=(AI3)(A2I3), constater que C0, puis calculer C(A2I3). En déduire que (X1)(X2)2 est un polynôme annulateur de A, et que Sp(A){1,2}.

4. Déterminer E1(A) et E2(A) : bases et dimensions. En déduire Sp(A), puis que A n'est pas diagonalisable.

5. Montrer que si deux matrices de M3(R) sont semblables et si l'une est diagonalisable, alors l'autre l'est aussi.

6. Conclure que A et B ne sont pas semblables, bien qu'elles aient le même spectre.

7. Vérifier que A et B sont toutes deux inversibles. Le spectre et le rang suffisent-ils à décider si deux matrices sont semblables ?

Exercice 25 ★★★★Deux suites récurrentes couplées

Application aux suites récurrentes linéaires et aux systèmes couplésMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiquePuissances n-ièmes d'une matrice carrée (diagonalisation, formule du binôme)

On considère les deux suites (un)nN et (vn)nN définies par u0=2, v0=5 et, pour tout entier n0,

{un+1=3un+vnvn+1=2un+2vn

On pose, pour tout entier n0,

Xn=(unvn)M2,1(R)etA=(3122)

1. Calculer u1, v1, u2, v2. Vérifier que Xn+1=AXn pour tout n, puis démontrer par récurrence que Xn=AnX0.

2. Vérifier que w1=(11) et w2=(12) sont des vecteurs propres de A et préciser les valeurs propres associées.

3. Montrer que (w1,w2) est une base de M2,1(R). En déduire que A est diagonalisable, donner P et D telles que D=P1AP, et calculer P1.

4. Décomposer X0 sur la famille (w1,w2), puis en déduire Xn sans calculer An.

5. Donner les expressions explicites de un et vn en fonction de n, et vérifier le résultat pour n=0, n=1 et n=2.

6. Calculer An et retrouver le résultat de la question 5.

7. Déterminer les limites de (un), de (vn) et du rapport vnun.

Exercice 26 ★★★Un endomorphisme des polynômes de degré au plus deux

Matrice d'une application linéaire dans des bases, matrice d'un endomorphismeValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiqueEspaces vectoriels réels de dimension finie et espaces de référence

On note B=(1,X,X2) la base canonique de R2[X], et l'on définit l'application φ par

φ(P)=(X+1)PPpour tout PR2[X]

1. Montrer que φ est un endomorphisme de R2[X].

2. Calculer φ(1), φ(X) et φ(X2), puis écrire la matrice M=MatB(φ).

3. Déterminer Ker(φ) et en donner une base. L'endomorphisme φ est-il un isomorphisme ? Que vaut rg(φ) ?

4. Montrer que si λ{1,0,1}, le système (MλI3)X=0 n'a que la solution nulle. En déduire Sp(φ){1,0,1}.

5. Déterminer les sous-espaces propres E1, E0 et E1 de φ, en donnant à chaque fois une base formée de polynômes. Conclure sur Sp(φ).

6. Montrer que φ est diagonalisable. Donner la base B de vecteurs propres obtenue, la matrice D=MatB(φ), la matrice de passage Q=PB,B et son inverse, puis vérifier que MQ=QD.

7. Vérifier directement que φ((X+1)k)=(k1)(X+1)k pour k{0,1,2} et commenter.

Exercice 27 ★★★Un endomorphisme des matrices carrées d'ordre deux

Applications linéaires, endomorphismes, isomorphismes, compositionMatrice d'une application linéaire dans des bases, matrice d'un endomorphismeValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreEspaces vectoriels réels de dimension finie et espaces de référence

On note B=(E11,E12,E21,E22) la base canonique de M2(R), où

E11=(1000),E12=(0100),E21=(0010),E22=(0001)

On pose A=(1203) et l'on définit Φ par Φ(M)=AM pour toute matrice MM2(R).

1. Montrer que Φ est un endomorphisme de M2(R). Quelle est la dimension de cet espace ?

2. Calculer Φ(E11), Φ(E12), Φ(E21) et Φ(E22), puis écrire la matrice B=MatB(Φ)M4(R).

3. Montrer que si λ{1,3}, le système (BλI4)X=0 n'a que la solution nulle. En déduire Sp(Φ){1,3}.

4. Déterminer les sous-espaces propres E1(Φ) et E3(Φ), décrits comme ensembles de matrices, avec une base et la dimension de chacun. Conclure sur Sp(Φ).

5. Montrer que Φ est diagonalisable. Donner une base B de M2(R) formée de vecteurs propres et la matrice MatB(Φ).

6. Montrer que, pour λ réel et M non nulle, M est vecteur propre de Φ associé à λ si et seulement si les deux colonnes de M appartiennent à Ker(AλI2). Retrouver ainsi les résultats des questions 3. et 4.

7. L'endomorphisme Φ est-il un isomorphisme ? Si oui, expliciter Φ1.

Exercice 28 ★★★Matrices semblables : reconnaître et démontrer

Matrices semblablesMatrices de passage et formules de changement de baseValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

Deux matrices M et N de Mn(R) sont dites semblables s'il existe une matrice inversible PMn(R) telle que N=P1MP.

Partie A — deux propriétés générales. Dans cette partie, M et N sont deux matrices semblables de Mn(R), et P est une matrice inversible telle que N=P1MP.

1. Montrer par récurrence que, pour tout kN, Nk=P1MkP.

2. Soit λR. Montrer que si λ est valeur propre de N, alors λ est valeur propre de M. En déduire que Sp(M)=Sp(N).

3. En déduire que si M2=0, alors N2=0.

Partie B — trois situations concrètes.

4. On pose A=(2103) et D=(2003). Déterminer les valeurs propres de A et un vecteur propre associé à chacune d'elles, puis exhiber une matrice inversible P telle que D=P1AP. Vérifier l'égalité AP=PD.

5. On pose C=(1101). Déterminer Sp(C) et Sp(I2). Les matrices C et I2 sont-elles semblables ? Qu'en conclut-on sur la réciproque de la question 2. ?

6. On pose U=(010001000) et V=(010000000). Montrer que Sp(U)=Sp(V)={0}, puis que U et V ne sont pas semblables.

Exercice 29 ★★★★Diagonalisation complète d'une matrice symétrique d'ordre trois

Matrices symétriques réelles : diagonalisabilité (résultat admis)Matrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiquePuissances n-ièmes d'une matrice carrée (diagonalisation, formule du binôme)

On considère la matrice

A=(102030201)

1. Justifier, sans aucun calcul, que A est diagonalisable.

2. Soit λR. Écrire le système (AλI3)X=0, puis montrer que Sp(A)={1,3}.

3. Déterminer les sous-espaces propres E3 et E1 : une base et la dimension de chacun.

4. En déduire une matrice diagonale D et une matrice inversible P telles que A=PDP1, et vérifier l'égalité AP=PD.

5. Calculer P1, puis en déduire l'expression de An pour tout nN. Vérifier le résultat pour n=0, n=1 et n=2.

6. Vérifier que A22A3I3=0. En déduire que A est inversible et exprimer A1 en fonction de A et de I3.

Exercice 30 ★★★★Parts de marché de deux marques de café

Application aux suites récurrentes linéaires et aux systèmes couplésMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiquePuissances n-ièmes d'une matrice carrée (diagonalisation, formule du binôme)

Deux marques de café en grains, Rivéa et Solano, se partagent l'intégralité d'un marché local. On observe que, d'un mois sur l'autre :

  • 20% des clients de Rivéa passent à Solano, les autres restent fidèles à Rivéa ;
  • 30% des clients de Solano passent à Rivéa, les autres restent fidèles à Solano.

Pour nN, on note rn la part de marché de Rivéa au mois n et sn celle de Solano, et on pose Xn=(rnsn). Au mois 0, Rivéa détient 40% du marché, donc X0=(0,40,6).

1. Justifier que Xn+1=AXn pour tout nN, où A=(0,80,30,20,7), puis montrer par récurrence que Xn=AnX0.

2. Montrer que rn+sn=1 pour tout nN.

3. Montrer que 1 et 0,5 sont valeurs propres de A, et déterminer un vecteur propre associé à chacune. En déduire que A est diagonalisable et donner une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que A=PDP1.

4. Déterminer les réels α et β tels que X0=αV1+βV2, où V1 et V2 sont les vecteurs propres choisis à la question précédente.

5. En déduire les expressions de rn et sn en fonction de n. Vérifier le résultat pour n=0 et n=1.

6. Déterminer les limites de rn et sn, et interpréter. À partir de quel mois la part de Rivéa dépasse-t-elle 59% ?

Exercice 31 ★★★Étude complète d'un endomorphisme de R3

Applications linéaires, endomorphismes, isomorphismes, compositionNoyau, image et rang d'une application linéaireThéorème du rang et caractérisation des isomorphismes en dimension finieMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratique

On considère l'application f définie sur R3 par

f(x,y,z)=(y+z,  2x+2z,  2xy+3z)

On note B=(e1,e2,e3) la base canonique de R3.

1. Montrer que f est un endomorphisme de R3.

2. Écrire la matrice A=MatB(f).

3. Déterminer Kerf : en donner une base et la dimension. En déduire rg(f) par le théorème du rang, puis une base de Imf.

4. L'endomorphisme f est-il bijectif ? La matrice A est-elle inversible ?

5. Montrer que 1 et 2 sont valeurs propres de f, et déterminer une base de chacun des sous-espaces propres E1 et E2.

6. Montrer que f est diagonalisable. Donner une base B de R3 formée de vecteurs propres, la matrice D=MatB(f) et la matrice de passage P=PB,B, puis vérifier l'égalité AP=PD.

7. En déduire Sp(f).

Exercice 32 ★★★Les matrices dont les deux lignes ont la même somme

Sous-espaces vectoriels, dimension, rang d'une famille de vecteursEspaces vectoriels réels de dimension finie et espaces de référenceFamilles libres, familles génératrices, bases et bases canoniquesValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

On travaille dans l'espace vectoriel M2(R), dont on rappelle que la base canonique est

E11=(1000),E12=(0100),E21=(0010),E22=(0001)

On note U=(11)M2,1(R) et on considère l'ensemble

F={MM2(R)  ;  il existe un reˊel s tel que MU=sU}

Lorsque M appartient à F, le réel s correspondant est appelé le coefficient de M.

1. Soit M=(abcd). Calculer la colonne MU, puis démontrer que M appartient à F si et seulement si a+b=c+d. Justifier le titre de l'exercice et donner le coefficient de M en fonction de a et b.

2. Démontrer que F est un sous-espace vectoriel de M2(R).

3. Déterminer une base de F et en déduire sa dimension.

4. Parmi les trois matrices suivantes, dire lesquelles appartiennent à F et donner alors leur coefficient.

a. I2

b. J=(1111)

c. L=(1201)

5. Soient M et N deux éléments de F, de coefficients respectifs s et t. Démontrer que le produit MN appartient encore à F et préciser son coefficient. Vérifier ce résultat sur M=J et N=J.

6. Soit M un élément de F, de coefficient s, et on suppose de plus M inversible. Démontrer que s0, puis que M1 appartient à F et préciser son coefficient.

7. Que dit l'appartenance MF à propos du spectre de M ? En déduire, sans résoudre aucun système, une valeur propre de

A=(3153)

ainsi qu'un vecteur propre associé.

Exercice 33 ★★★Suite récurrente linéaire d'ordre trois

Application aux suites récurrentes linéaires et aux systèmes couplésMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiquePuissances n-ièmes d'une matrice carrée (diagonalisation, formule du binôme)Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectre

On considère la suite (un)nN définie par ses trois premiers termes

u0=1,u1=0,u2=4

et par la relation de récurrence, valable pour tout nN,

un+3=2un+2+un+12un

Pour tout nN, on pose Xn=(unun+1un+2).

1. Calculer u3 et u4.

2. Déterminer une matrice AM3(R) telle que Xn+1=AXn pour tout nN, puis montrer que Xn=AnX0.

3. Soit λR. Montrer que λ est valeur propre de A si et seulement si λ32λ2λ+2=0. Factoriser ce polynôme et en déduire Sp(A).

4. Pour chaque valeur propre, déterminer le sous-espace propre associé. En déduire que A est diagonalisable.

5. Déterminer les réels α, β, γ tels que X0=αV1+βV2+γV3, où V1, V2, V3 sont les vecteurs propres choisis à la question 4.

6. En déduire l'expression de un en fonction de n. Vérifier le résultat pour n=0, n=1 et n=2.

7. Déterminer limn+un2n.

Exercice 34 ★★★★Diagonalisabilité d'une matrice dépendant d'un paramètre

Valeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratique

Pour tout réel a, on pose

Ma=(20011a101)

1. Montrer que 2 est valeur propre de Ma pour tout réel a, et déterminer le sous-espace propre associé E2 ainsi que sa dimension.

2. Montrer que 1 est valeur propre de Ma pour tout réel a, et déterminer E1 ainsi que sa dimension en discutant selon la valeur de a.

3. Montrer que Ma n'admet pas d'autre valeur propre que 1 et 2.

4. En déduire, selon la valeur de a, si la matrice Ma est diagonalisable.

5. Dans le cas où Ma est diagonalisable, expliciter une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que Ma=PDP1, calculer P1, puis en déduire Man pour tout nN.

6. Montrer que pour a0, les matrices Ma et M0 ne sont pas semblables.

Exercice 35 ★★★Problème de synthèse : un endomorphisme dont le carré est l'identité

Polynômes annulateurs et localisation des valeurs propresValeurs propres, vecteurs propres, sous-espaces propres, spectreMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiqueNoyau, image et rang d'une application linéaire

Partie A — le cas général. Dans cette partie, f désigne un endomorphisme de R3 vérifiant

ff=id

1. Montrer que f est bijective et que f1=f.

2. Montrer que le polynôme Q(X)=X21 est un polynôme annulateur de f, et en déduire que Sp(f){1,1}.

3. Soit uR3. On pose p=12(u+f(u)) et q=12(uf(u)). Montrer que pKer(fid), que qKer(f+id), et que u=p+q.

4. En déduire que f est diagonalisable.

Partie B — un exemple. On note B la base canonique de R3 et on considère l'endomorphisme g de R3 dont la matrice dans B est

A=(122212223)

5. Vérifier que A2=I3.

6. Déterminer Ker(AI3) et Ker(A+I3) : bases et dimensions. Vérifier le théorème du rang pour la matrice AI3.

7. Donner une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que D=P1AP, et vérifier l'égalité AP=PD. En déduire l'expression de An pour tout nN.

Exercice 36 ★★★Problème : dynamique d'une population répartie en trois classes d'âge

Application aux suites récurrentes linéaires et aux systèmes couplésMatrices diagonalisables : critères et diagonalisation pratiquePuissances n-ièmes d'une matrice carrée (diagonalisation, formule du binôme)Matrice d'une application linéaire dans des bases, matrice d'un endomorphisme

Un laboratoire suit une population de rongeurs élevés en conditions contrôlées. Chaque individu vit exactement trois ans, et on répartit la population en trois classes d'âge, recensées une fois par an : les individus d'un an, de deux ans et de trois ans. Le modèle retenu est le suivant, d'une année sur l'autre :

  • chaque individu d'un an engendre en moyenne 1 nouveau-né, et chaque individu de deux ans en engendre 2 ; ceux de trois ans ne se reproduisent plus ;
  • la mortalité étant négligeable avant trois ans, tous les individus d'un an atteignent deux ans, et tous ceux de deux ans atteignent trois ans ;
  • les individus de trois ans meurent à la fin de l'année.

Pour nN, on note xn, yn et zn les effectifs (en centaines) des trois classes l'année n, et on pose Xn=(xnynzn). L'état initial est X0=(512).

1. Justifier que Xn+1=AXn avec A=(120100010), puis calculer X1 et X2. Établir que Xn=AnX0 pour tout nN.

2. La matrice A est-elle inversible ? Interpréter concrètement la réponse.

3. Soit λR. Montrer que λ est valeur propre de A si et seulement si λ3λ22λ=0, puis déterminer Sp(A).

4. Déterminer les sous-espaces propres de A, montrer que A est diagonalisable et donner P et D telles que A=PDP1.

5. Décomposer X0 dans la base de vecteurs propres, puis en déduire les expressions de xn, yn et zn en fonction de n. Vérifier les résultats pour n=0, n=1 et n=2.

6. On note Tn=xn+yn+zn l'effectif total. Exprimer Tn en fonction de n, puis déterminer limn+Tn+1Tn. Interpréter.

7. Déterminer les limites des proportions xnTn, ynTn et znTn. Interpréter.

Bloqué sur « Algèbre linéaire » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.