ECG approfondies · Chapitre 01 · Premier semestre

Exercices — Raisonnement et vocabulaire ensembliste

34 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

34 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Vrai ou faux : assertions et connecteurs

Éléments de logique : connecteurs, tables de vérité, quantificateurs, négation

  1. Dire si chacune des assertions suivantes est vraie ou fausse, en justifiant brièvement.

    a. 2+2=4 ou 2+2=5

    b. 32=9 ou 23=8

    c. 32=9 et 23=6

    d. Si 2+2=5, alors 3 est pair.

    e. Si 2+2=5, alors 3 est impair.

    f. Si 2+2=4, alors 3 est pair.

    g. Si 2+2=4, alors 3 est impair.

    h. (3)2=9 et 30

  2. Soient P, Q et R trois assertions. Dire si chacune des affirmations suivantes est vraie ou fausse, en justifiant.

    a. La négation de « P et Q » est « ¬P et ¬Q ».

    b. La négation de « P ou Q » est « ¬P et ¬Q ».

    c. « P et (Q ou R) » a la même valeur de vérité que « (P et Q) ou (P et R) ».

    d. « P ou (Q et R) » a la même valeur de vérité que « (P ou Q) et R ».

    e. « PQ » a la même valeur de vérité que « ¬P ou Q ».

    f. Si P est fausse, alors « PQ » est vraie.

    g. Si « PQ » est vraie et si Q est vraie, alors P est vraie.

  3. Écrire la négation des assertions suivantes, portant sur un réel x et sur un entier naturel n.

    a. x2 et x29

    b. n est pair ou n>10

  4. Dresser dans une même table de vérité les colonnes de « PQ » et de « ¬P ou Q », puis retrouver les réponses aux questions 2. e. et 2. f.

Exercice 2 ★★★★Lire et écrire des propositions quantifiées

Éléments de logique : connecteurs, tables de vérité, quantificateurs, négation

Dans tout l'exercice, (un)nN désigne une suite réelle et f une application de R dans R.

  1. Traduire en langage courant, sans aucun symbole, chacune des propositions suivantes.

    a. nN, n2n

    b. xR, x2=5

    c. xR, x21

    d. nN, (n>100 et n est pair)

  2. Écrire à l'aide de quantificateurs chacune des phrases suivantes.

    a. La suite (un) est majorée.

    b. La suite (un) est constante.

    c. L'application f prend la valeur 3.

    d. Tout réel positif est le carré d'un réel.

    e. La suite (un) est minorée par 2.

    f. L'application f ne s'annule pas.

  3. On considère les deux propositions

    A:xR, yR, y>xetB:yR, xR, y>x

    a. Traduire A et B en langage courant, en faisant clairement apparaître la différence.

    b. Déterminer la valeur de vérité de A, en le justifiant.

    c. Déterminer la valeur de vérité de B, en le justifiant.

  4. Un étudiant propose l'écriture  nN, MR, unM  pour traduire « la suite (un) est majorée ».

    a. Montrer que cette proposition est vraie pour toute suite réelle (un), ce qui prouve qu'elle ne traduit pas la phrase voulue.

    b. Exhiber une suite qui n'est pas majorée. On pourra admettre que N n'est pas majoré dans R.

  5. Les propositions  xR, x2=5  et  tR, t2=5  ont-elles le même sens ? Et les propositions  xN, x0  et  xR, x0  ?

Exercice 3 ★★★★Nier une proposition quantifiée

Éléments de logique : connecteurs, tables de vérité, quantificateurs, négation

  1. Écrire la négation de chacune des propositions suivantes. On donnera une écriture dans laquelle plus aucune négation ne porte sur une proposition composée : les seules négations restantes doivent porter sur des égalités ou des inégalités.

    a. xR, x2>0

    b. nN, n2=2

    c. xR, (x2 et x5)

    d. nN, (n>3 ou n2=4)

    e. nN, (n est pairn2 est pair)

    f. xR, (x2=1x=1)

    g. xR, yR, x+y>0

    h. xR, yR, xy=0

  2. Soit (un)nN une suite réelle. La proposition « la suite (un) est majorée » s'écrit  MR, nN, unM. Écrire, avec des quantificateurs puis en français, la proposition « la suite (un) n'est pas majorée ».

  3. Pour chacune des propositions a., f. et h. de la question 1, dire laquelle, de la proposition ou de sa négation, est vraie. On rédigera à chaque fois la démonstration.

Exercice 4 ★★★★Implication, réciproque, contraposée

Implication, réciproque, contraposée, équivalence

On rappelle que, pour deux entiers relatifs a et b, « a divise b » signifie qu'il existe un entier relatif k tel que b=ak.

On considère les quatre implications suivantes.

(I1) Pour xR : si x=2, alors x2=4.

(I2) Pour nN : si n est pair, alors n2 est pair.

(I3) Pour xR : si x>3, alors x2>9.

(I4) Pour nZ : si 4 divise n, alors 2 divise n.

  1. Pour chacune de ces quatre implications, énoncer la réciproque et la contraposée.

  2. Déterminer la valeur de vérité de chacune des quatre implications, en démontrant celles qui sont vraies.

  3. Déterminer la valeur de vérité de chacune des quatre réciproques, en démontrant celles qui sont vraies et en donnant un contre-exemple pour les autres.

  4. En déduire, sans nouveau calcul, la valeur de vérité de chacune des quatre contraposées.

  5. Parmi (I1), (I2), (I3) et (I4), lesquelles sont en réalité des équivalences ?

  6. Compléter par « nécessaire », « suffisante » ou « nécessaire et suffisante », en justifiant à chaque fois par l'une des implications précédentes.

    a. Pour un réel x, la condition « x=2 » est une condition ... pour que x2=4.

    b. Pour un réel x, la condition « x2=4 » est une condition ... pour que x=2.

    c. Pour un entier naturel n, la condition « n est pair » est une condition ... pour que n2 soit pair.

    d. Pour un entier relatif n, la condition « 2 divise n » est une condition ... pour que 4 divise n.

  7. Un étudiant affirme : « la contraposée de PQ est ¬P¬Q ». Montrer sur (I1) que c'est faux, et dire à quoi correspond en réalité l'assertion ¬P¬Q.

Exercice 5 ★★★Premières récurrences

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Chaque démonstration sera rédigée en faisant apparaître explicitement l'initialisation, l'hérédité (avec l'hypothèse de récurrence clairement énoncée) et la conclusion.

  1. Démontrer que, pour tout entier naturel n non nul,  k=1n(2k1)=n2.

  2. On rappelle qu'un entier relatif a est dit divisible par 3 lorsqu'il existe un entier relatif q tel que a=3q. Démontrer que, pour tout nN, l'entier 4n1 est divisible par 3.

  3. On considère la suite (un)nN définie par u0=1 et, pour tout nN,  un+1=3un+2.

    a. Calculer u1, u2 et u3.

    b. Démontrer que, pour tout nN,  un=2×3n1.

Exercice 6 ★★★Manipuler le symbole somme : linéarité et changement d'indice

Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indice

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul, et (ai) une famille de réels.

  1. Donner le nombre de termes de chacune des sommes suivantes.

    a. k=1nk

    b. k=0nk

    c. k=3nk(n3)

    d. k=22nk

    e. i=pqai(pq)

    f. k=1n5

  2. Réécrire chacune des sommes suivantes à l'aide d'un indice partant de 1, en précisant le changement d'indice utilisé.

    a. k=0n1(k+1)2

    b. k=2n+11k1

    c. k=3n+2(k2)

  3. On pose S=k=0nk.

    a. Justifier l'égalité k=0nk=k=0n(nk).

    b. En additionnant membre à membre les deux écritures de S, retrouver la valeur de S.

  4. Calculer k=1n(3k2) à l'aide de la linéarité, et vérifier le résultat obtenu pour n=4.

  5. Deux étudiants font chacun une erreur classique. Expliquer précisément l'erreur, puis donner l'écriture correcte.

    a. Le premier écrit  k=1nk2k=2kk=1nk.

    b. Le second écrit  k=1n(k+5)=k=1nk+5.

Exercice 7 ★★★★Appartenance, inclusion et parties d'un ensemble

Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties

  1. On pose E={0, 1, {0}, {1,2}}. Cet ensemble a donc quatre éléments : les deux nombres 0 et 1, ainsi que les deux ensembles {0} et {1,2}. Dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses.

    a. 0E

    b. {0}E

    c. {0}E

    d. 2E

    e. {1,2}E

    f. {1,2}E

    g. {0,1}E

    h. E

    i. E

  2. On pose maintenant E={a,b,c}, où a, b et c sont trois objets distincts. Écrire en extension l'ensemble P(E) des parties de E, et donner son nombre d'éléments.

  3. On garde E={a,b,c}. Dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses, en justifiant.

    a. P(E)

    b. EP(E)

    c. aP(E)

    d. {a}P(E)

    e. {a}P(E)

    f. {{a}}P(E)

  4. Décrire chacun des ensembles suivants, en extension s'il est fini, sous forme d'intervalle sinon.

    a. A={xR  ;  x24}

    b. B={xR  ;  x2=4}

    c. C={nN  ;  n210}

    d. D={xR  ;  x2+1=0}

    e. G={2k  ;  kN et k3}

  5. Avec les ensembles de la question 4, dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses, en justifiant.

    a. BA

    b. CA

    c. DA

    d. 2B

    e. BC={2}

    f. AN={0,1,2}

Exercice 8 ★★★Applications : images, antécédents, composition

Applications : composition, restriction, images directes et réciproques

On considère les trois applications de R dans R définies par

f(x)=2x3,g(x)=x2,h(x)=x
  1. Calculer les nombres suivants.

    a. f(0)

    b. f(2)

    c. g(3)

    d. g(2)

    e. h(5)

    f. (hf)(1)

  2. Déterminer tous les antécédents des nombres suivants par l'application indiquée.

    a. 5 par f

    b. 9 par g

    c. 4 par g

    d. 7 par h

    e. 0 par h

  3. a. Expliciter les applications gf et fg.

    b. Ces deux applications sont-elles égales ? Justifier.

  4. Déterminer les ensembles suivants.

    a. L'image directe f([0,1])

    b. L'image directe g([1,2])

    c. L'image réciproque f1([1,5])

    d. L'image réciproque h1({3})

  5. Soient E={1,2,3,4} et F={a,b,c}. On considère l'application φ:EF définie par le tableau de valeurs suivant.

    x 1 2 3 4
    φ(x) a c a b

    a. Donner l'image de 3 par φ.

    b. Donner tous les antécédents de a, puis de b, puis de c.

    c. Déterminer φ({1,2}) et φ(E).

    d. Déterminer φ1({a,b}) et φ1({c}).

Exercice 9 ★★★Sommes usuelles : calculs directs

Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indice

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul. On rappelle les trois formules du cours :

k=1nk=n(n+1)2,k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6,k=0nqk=1qn+11q  pour q1
  1. Calculer les sommes suivantes, et donner le résultat sous forme factorisée.

    a. k=1n(k+3)

    b. k=1nk(k+1)

    c. k=0n2k

    d. k=3nk(n3)

    e. k=0n(12)k

    f. k=1n(k2k)

  2. Vérifier les résultats obtenus en a., b. et f. en calculant directement ces trois sommes pour n=4.

  3. Déduire des questions 1. b. et 1. f. la valeur de k=1nk(k+1)k=1n(k2k), puis retrouver ce résultat en regroupant les deux sommes en une seule.

Exercice 10 ★★★★Sommes télescopiques

Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indice

On rappelle le principe du télescopage : si (ak) est une suite de réels et si pn, alors

k=pn(ak+1ak)=an+1ap

En pratique, on ne se fie jamais aux pointillés : on sépare la somme en deux, puis on effectue un changement d'indice dans l'une des deux pour faire apparaître les termes qui se simplifient.

  1. a. Déterminer deux réels α et β tels que, pour tout entier k1, 1k(k+1)=αk+βk+1.

    b. En déduire, pour tout entier n1, la valeur de Sn=k=1n1k(k+1).

    c. Vérifier le résultat obtenu pour n=3 par un calcul direct.

  2. a. Déterminer deux réels α et β tels que, pour tout entier k1, 1k(k+2)=αk+βk+2.

    b. En déduire, pour tout entier n1, la valeur de Tn=k=1n1k(k+2). On prendra garde au fait que le télescopage laisse ici quatre termes, et non deux.

    c. Vérifier le résultat obtenu pour n=2 par un calcul direct.

  3. Soit n1. Calculer Un=k=1n((k+1)2k2) de deux façons : d'abord par télescopage, ensuite en développant le terme général. En déduire la valeur de k=1nk.

  4. Calculer, pour tout entier n1, Vn=k=1nln(k+1k).

  5. Calculer, pour tout entier n1, Wn=k=1n1k+1+k. On commencera par simplifier le terme général en multipliant par la quantité conjuguée.

Exercice 11 ★★★★Produits, factorielles et télescopage multiplicatif

Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indice

On rappelle que pour n1, n!=1×2××n=k=1nk, avec la convention 0!=1. On rappelle également le télescopage multiplicatif : si les ak sont tous non nuls, alors

k=pnak+1ak=an+1ap

Comme pour les sommes, on justifie ce type de calcul en séparant le produit en deux et en effectuant un changement d'indice, jamais en écrivant des pointillés.

  1. Calculer, pour tout entier n1, Pn=k=1nk+1k.

  2. Calculer, pour tout entier n2, Qn=k=2n(11k).

  3. Calculer, pour tout entier n1, Rn=k=1nkk+2, puis vérifier le résultat pour n=1, n=2 et n=3.

  4. Simplifier les expressions suivantes, où n est un entier pour lequel l'écriture a un sens.

    a. (n+2)!n!

    b. n!(n2)! pour n2

    c. (2n)!(2n2)! pour n1

    d. (n+1)!n!n!

  5. a. Calculer An=k=1ne2k1 pour n1.

    b. Soit Bn=k=1n(1+1k). Calculer ln(Bn) en transformant le produit en somme, en déduire Bn, et comparer avec la question 1.

  6. Calculer, pour tout entier n2, Cn=k=2n(11k2).

Exercice 12 ★★★★De Morgan et distributivité par double inclusion

Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties

Dans tout l'exercice, E désigne un ensemble et A, B, C des parties de E. On note A={xE  ;  xA} le complémentaire de A dans E, et AB={xA  ;  xB}.

On rappelle la méthode de la double inclusion : pour démontrer que deux ensembles X et Y sont égaux, on démontre successivement XY, en commençant par « soit xX » et en concluant « donc xY », puis YX de la même façon. Les questions 1. à 4. sont à traiter ainsi, avec cette rédaction.

  1. Démontrer la première loi de De Morgan : AB=AB.

  2. Démontrer la seconde loi de De Morgan : AB=AB.

  3. Démontrer la distributivité de l'intersection sur la réunion : A(BC)=(AB)(AC).

  4. Démontrer que A(BC)=(AB)(AC).

  5. On veut démontrer autrement l'identité de la question 3., cette fois par équivalences successives, c'est-à-dire en écrivant une suite d'assertions équivalentes reliant « xA(BC) » à « x(AB)(AC) ».

    a. Rédiger cette démonstration.

    b. Quelle règle du calcul propositionnel a-t-on utilisée à l'étape décisive ? La justifier par une table de vérité.

    c. À quelle condition précise une telle chaîne démontre-t-elle bien une égalité d'ensembles ? Que démontre-t-elle si l'une des étapes n'est qu'une implication ?

Exercice 13 ★★★Produit cartésien et ensemble des parties

Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties

On rappelle deux définitions.

Le produit cartésien de deux ensembles E et F est E×F={(x,y)  ;  xE et yF}. Deux couples sont égaux si et seulement s'ils ont mêmes composantes dans le même ordre : (x,y)=(x,y) équivaut à « x=x et y=y ».

L'ensemble des parties d'un ensemble A est l'ensemble P(A) dont les éléments sont les parties de A : pour tout ensemble X, on a XP(A) si et seulement si XA. Attention, cette équivalence fait passer d'une appartenance à une inclusion : c'est tout l'enjeu des questions 5. et 6.

  1. On pose E={1,2} et F={a,b,c}.

    a. Écrire E×F puis F×E en extension.

    b. A-t-on E×F=F×E ? Justifier.

    c. Écrire P(E) en extension.

  2. Soient E et F deux ensembles non vides. Démontrer que E×F=F×E si et seulement si E=F. Que se passe-t-il si l'on supprime l'hypothèse « non vides » ?

  3. Soient A, B, C trois ensembles. Démontrer que (AB)×C=(A×C)(B×C).

  4. L'égalité (AB)×C=(A×C)(B×C) est-elle vraie pour tous ensembles A, B, C ? La démontrer si oui, en donner un contre-exemple si non.

  5. Soient A et B deux ensembles. Démontrer que P(AB)=P(A)P(B).

  6. a. Démontrer que l'inclusion P(A)P(B)P(AB) est vraie pour tous ensembles A et B.

    b. Donner un contre-exemple montrant que l'égalité P(AB)=P(A)P(B) est fausse en général.

    c. Démontrer que cette égalité a lieu si et seulement si AB ou BA.

Exercice 14 ★★★★Raisonnement par contraposée

Implication, réciproque, contraposée, équivalenceModes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse

On rappelle que l'implication PQ et sa contraposée (non Q)(non P) sont deux assertions équivalentes : démontrer l'une, c'est démontrer l'autre. On prendra garde à ne pas la confondre avec la réciproque QP, qui, elle, n'a aucune raison d'être vraie.

Dans les questions 2. à 5., on écrira systématiquement la contraposée avant de la démontrer.

  1. Écrire (sans les démontrer) la contraposée des implications suivantes. On rappelle que « n est un multiple de 4 » signifie « il existe kZ tel que n=4k ».

    a. Soit nZ. Si n2 est impair, alors n est impair.

    b. Soit xR. Si x3=8, alors x=2.

    c. Soient x et y deux réels. Si xy0, alors x0 et y0.

    d. Soit nZ. Si n est un multiple de 4, alors n est pair.

  2. Soit nZ. Démontrer que si n2 est impair, alors n est impair.

  3. Soient x et y deux réels. Démontrer l'implication suivante :

    (zR,  (zx ou zy))yx

    Interpréter le résultat obtenu en une phrase.

  4. Soit aR. On veut démontrer que si ε>0, aε, alors a=0.

    a. Le démontrer par contraposée.

    b. Le démontrer par l'absurde.

    c. Comparer les deux rédactions. Laquelle utilise réellement l'hypothèse de départ ?

  5. Soient A et B deux parties d'un ensemble E. Démontrer par contraposée que si AB=AB, alors A=B. L'implication réciproque est-elle vraie ?

Exercice 15 ★★★★Raisonnement par l'absurde et irrationalité

Modes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse

Un réel x est dit rationnel s'il existe pZ et qN tels que x=pq. L'ensemble des rationnels est noté Q, et un réel qui n'appartient pas à Q est dit irrationnel.

On admet les deux faits suivants.

(i) Tout rationnel peut s'écrire pq avec pZ, qN et p, q non tous les deux pairs. En effet, si p et q sont tous deux pairs, on simplifie la fraction par 2 ; cette opération ne peut pas se répéter indéfiniment, car le dénominateur est un entier strictement positif qui diminue strictement à chaque simplification.

(ii) La somme, la différence et le produit de deux rationnels sont rationnels, ainsi que le quotient d'un rationnel par un rationnel non nul.

On rappelle enfin que pour a0, a est l'unique réel positif dont le carré vaut a.

  1. a. Démontrer que le carré d'un entier impair est impair.

    b. En déduire, par contraposée, que si nZ et si n2 est pair, alors n est pair.

  2. Démontrer par l'absurde que 2 est irrationnel.

  3. En déduire que 2+3 et 8 sont irrationnels.

  4. Soit rQ et soit x un réel irrationnel.

    a. Démontrer que r+x est irrationnel.

    b. Démontrer que si de plus r0, alors rx est irrationnel.

  5. La somme de deux irrationnels est-elle toujours irrationnelle ? Et leur produit ? Justifier par des contre-exemples.

  6. Dans la démonstration de la question 2., à quel endroit exact l'hypothèse « p et q non tous les deux pairs » a-t-elle servi ? Que resterait-il de la démonstration sans elle ?

Exercice 16 ★★★Disjonction de cas et partie entière

Modes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse

On rappelle la définition de la partie entière : pour tout réel x, x est l'unique entier m tel que

mx<m+1

C'est cette caractérisation, et elle seule, qui sert à démontrer une égalité de parties entières : pour établir que x=m, on montre que m est un entier et que mx<m+1. On appelle partie fractionnaire de x le réel t=xx, qui vérifie 0t<1.

On rappelle aussi que x=x si x0 et x=x si x<0.

  1. Calculer les parties entières suivantes, en justifiant par un encadrement.

    a. 3,7

    b. 3,7

    c. 5

    d. 0,5

    e. 2

    f. 2

  2. Démontrer par disjonction de cas que pour tout nZ, l'entier n(n+1) est pair.

  3. Démontrer que pour tout nZ, l'entier n2+n+1 est impair.

  4. a. Vérifier l'égalité x+x+12=2x pour x=0,3, puis x=0,8, puis x=1,2.

    b. Démontrer cette égalité pour tout réel x, en séparant les cas selon la position de la partie fractionnaire de x par rapport à 12.

  5. a. Démontrer par disjonction de cas sur les signes que pour tous réels x et y, x+yx+y.

    b. Déterminer, en reprenant les cas de la question précédente, à quelle condition sur x et y cette inégalité est une égalité.

Exercice 17 ★★★★Récurrence et divisibilité

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

On rappelle la définition de la divisibilité : pour aZ et bZ, on dit que a divise b, et on note ab, s'il existe kZ tel que b=ak. En particulier, a0 pour tout entier a, puisque 0=a×0.

On rappelle également le schéma d'une démonstration par récurrence, à respecter dans les quatre premières questions : on nomme la proposition H(n), on vérifie l'initialisation, on démontre l'hérédité (pour un n quelconque fixé, H(n)H(n+1)), puis on conclut en invoquant le principe de récurrence.

  1. Démontrer par récurrence que pour tout nN, 3 divise 4n+2.

  2. Démontrer par récurrence que pour tout nN, 7 divise 32n+1+2n+2.

  3. Démontrer par récurrence que pour tout nN, 6 divise n3n. On pourra commencer par établir que le produit de deux entiers consécutifs est pair.

  4. Démontrer par récurrence que pour tout nN, 9 divise 10n1.

  5. Retrouver le résultat de la question 4. sans récurrence, en utilisant l'identité

    xn1=(x1)k=0n1xk

    valable pour tout réel x et tout entier n1, que l'on commencera par démontrer par télescopage.

Exercice 18 ★★★★Récurrence et inégalités

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Une récurrence portant sur une inégalité obéit au même schéma en trois temps qu'une récurrence portant sur une égalité : proposition H(n) clairement énoncée, initialisation, hérédité, conclusion. La différence est dans l'hérédité : on part de l'inégalité au rang n et on la transforme par des opérations dont il faut contrôler le sens, en particulier lors d'une multiplication, licite sans changement de sens uniquement par un facteur positif.

On utilisera librement la croissance de la fonction racine carrée sur [0,+[ : si 0ab, alors ab.

  1. Inégalité de Bernoulli. Soit x un réel tel que x1. Démontrer par récurrence que pour tout nN,

    (1+x)n1+nx

    Préciser à quel endroit exact l'hypothèse x1 est utilisée, et montrer par un contre-exemple qu'elle ne peut pas être supprimée.

  2. Démontrer par récurrence que pour tout nN, 2nn+1. Retrouver ensuite ce résultat en une ligne à partir de la question 1.

  3. Démontrer par récurrence que pour tout entier n1, n!2n1.

  4. On considère la suite (un)nN définie par u0=1 et, pour tout nN, un+1=2+un.

    a. Calculer u1 et u2, en donnant la valeur exacte puis une valeur approchée.

    b. Démontrer par récurrence que pour tout nN, 0un2. On observera que cette question garantit au passage que la suite est bien définie.

    c. Démontrer par récurrence que la suite (un) est croissante, c'est-à-dire que unun+1 pour tout nN.

    d. Retrouver la croissance sans récurrence, en étudiant le signe de un+12un2.

Exercice 19 ★★★★Injectivité et surjectivité : études de cas

Injections, surjections, bijections et application réciproque

On rappelle que, pour une application f:EF :

f est injective    (x,x)E2,f(x)=f(x)x=x f est surjective    yF,  xE,y=f(x)

Autrement dit, f est injective lorsque tout élément de F admet au plus un antécédent, surjective lorsque tout élément de F admet au moins un antécédent, et bijective lorsque tout élément de F admet exactement un antécédent.

Méthode. Dans tout l'exercice, on procède toujours de la même façon : on fixe y dans l'ensemble d'arrivée, on résout l'équation f(x)=y d'inconnue x dans l'ensemble de départ, et on compte ses solutions.

Étudier l'injectivité et la surjectivité de chacune des applications suivantes. Lorsque l'application est bijective, expliciter son application réciproque.

  1. f1:RR, xx2.

  2. f2:R+R+, xx2.

  3. f3:RR, x3x5.

  4. f4:ZZ, n2n.

  5. f5:NN, nn+1.

  6. f6:RR, xx3x. Montrer que f6 n'est pas injective en exhibant trois antécédents d'un même réel. Peut-on décider de la surjectivité de f6 avec les seuls outils de ce chapitre ? Répondre honnêtement.

  7. On considère enfin les deux applications h1:R+R, xx2 et h2:RR+, xx2. Étudier leur injectivité et leur surjectivité, puis rassembler dans un tableau les quatre applications de formule xx2 rencontrées dans l'exercice. Quelle conclusion en tirer ?

Exercice 20 ★★★★Images directes et images réciproques d'intervalles

Applications : composition, restriction, images directes et réciproques

On rappelle que, pour une application f:EF, une partie A de E et une partie B de F :

f(A)={f(x)  ;  xA}etf1(B)={xE  ;  f(x)B}.

L'ensemble f(A), appelé image directe de A, est une partie de F ; l'ensemble f1(B), appelé image réciproque de B, est une partie de E.

Dans tout l'exercice, f et g sont les applications de R dans R définies par f(x)=x2 et g(x)=x1. Déterminer chacun des ensembles demandés et justifier soigneusement.

  1. Images directes par f :

    a. f([1,2])

    b. f([1,3])

  2. Images réciproques par f :

    a. f1([1,4])

    b. f1([4,1])

    c. f1({0})

    d. f1(R+)

  3. Images directes et réciproques par g :

    a. g([0,3])

    b. g([2,5])

    c. g1([0,2])

    d. g1([2,3])

  4. Déterminer les trois ensembles suivants, appelés fibres de g :

    a. g1({2})

    b. g1({0})

    c. g1({5})

  5. Calculer f(f1([1,4])) et f1(f([1,3])), puis comparer ces ensembles à [1,4] et [1,3] respectivement.

  6. L'écriture f1(B) suppose-t-elle que f est bijective ? Que peut-on dire du nombre d'éléments de f1({y}) ? Répondre en s'appuyant sur les questions précédentes.

Exercice 21 ★★★Fausses récurrences : trouver l'erreur

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Les quatre « démonstrations » ci-dessous sont entièrement rédigées, et toutes fausses. Pour chacune d'elles :

  • dire si l'énoncé lui-même est vrai ou faux, et le prouver par un contre-exemple numérique s'il est faux ;
  • localiser précisément l'erreur de la démonstration, c'est-à-dire désigner la ligne fautive et dire ce qui manque ou ce qui est illégitime ;
  • rédiger correctement la démonstration lorsque l'énoncé est vrai.

1. Une somme décalée de 7.

Affirmation. Pour tout entier n1, k=1nk=n(n+1)2+7.

« Démonstration ». Notons H(n) la propriété ci-dessus. Hérédité : soit n1, supposons H(n) vraie. Alors

k=1n+1k=k=1nk+(n+1)=n(n+1)2+7+(n+1)=n(n+1)+2(n+1)2+7=(n+1)(n+2)2+7,

ce qui est exactement H(n+1). La propriété est donc héréditaire, et par récurrence elle est vraie pour tout n1.

2. Tous les crayons ont la même couleur.

Affirmation. Pour tout entier n1, dans tout sac contenant exactement n crayons, tous les crayons ont la même couleur.

« Démonstration ». Notons H(n) cette propriété. Initialisation : un sac contenant 1 crayon ne contient qu'une seule couleur, donc H(1) est vraie. Hérédité : soit n1, supposons H(n) vraie et considérons un sac contenant n+1 crayons, numérotés c1,c2,,cn+1. Le sac {c1,c2,,cn} contient n crayons, donc par hypothèse de récurrence tous ses crayons ont la même couleur. De même, le sac {c2,c3,,cn+1} contient n crayons, donc tous ses crayons ont la même couleur. Or le crayon c2 appartient aux deux sacs : tous les crayons des deux sacs ont donc la couleur de c2, et comme ces deux sacs recouvrent le sac initial, les n+1 crayons ont tous la même couleur. Donc H(n+1) est vraie, et par récurrence H(n) est vraie pour tout n1.

3. Une suite récurrente d'ordre deux.

Affirmation. Soit (un)nN la suite définie par u0=1, u1=4 et, pour tout nN, un+2=3un+12un. Alors, pour tout nN, un=2n.

« Démonstration ». Notons H(n) la propriété « un=2n ». Initialisation : u0=1=20, donc H(0) est vraie. Hérédité : soit nN, supposons H(n) et H(n+1) vraies. Alors

un+2=3un+12un=3×2n+12×2n=6×2n2×2n=4×2n=2n+2,

donc H(n+2) est vraie. Par récurrence double, un=2n pour tout nN.

4. Une inégalité exponentielle.

Affirmation. Pour tout nN, 3n2n+1.

« Démonstration ». Notons H(n) la propriété ci-dessus. Initialisation : 30=1 et 2×0+1=1, donc H(0) est vraie. Hérédité : supposons que, pour tout nN, on ait 3n2n+1. Alors

3n+1=3×3n3(2n+1)=6n+32n+3=2(n+1)+1,

donc H(n+1) est vraie. Par récurrence, 3n2n+1 pour tout nN.

5. Résumer en trois points ce que doit impérativement contenir une récurrence correctement rédigée.

Exercice 22 ★★★★Sommes doubles rectangulaires et produit de deux sommes

Sommes doubles : rectangulaires, triangulaires, interversion

On utilisera librement les sommes usuelles, pour tout nN :

k=1nk=n(n+1)2,k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6,k=0nqk=qn+11q1   pour q1.

Dans tout l'exercice, n et m désignent des entiers naturels non nuls.

  1. Soient (a1,,an) et (b1,,bm) deux familles de réels. Démontrer soigneusement l'identité

    i=1nj=1maibj=(i=1nai)(j=1mbj).
  2. En déduire la valeur de S1=i=1nj=1mij. Vérifier le résultat pour n=m=2, puis pour n=2 et m=3.

  3. Calculer S2=i=1nj=1n(i+j). Comparer S2 au produit (i=1ni)(j=1nj) pour n=2. Quelle mise en garde faut-il en tirer ?

  4. Calculer S3=i=1nj=1nmin(i,j), en découpant la somme intérieure selon que ji ou j>i. Vérifier le résultat pour n=2 et pour n=3.

  5. En déduire S4=i=1nj=1nmax(i,j) sans aucun nouveau calcul de somme double. Vérifier pour n=2 et n=3.

  6. Calculer S5=i=1nj=1n2i3j.

Exercice 23 ★★★Sommes doubles triangulaires et interversion

Sommes doubles : rectangulaires, triangulaires, interversion

On utilisera librement les sommes usuelles k=1nk=n(n+1)2 et k=1nk2=n(n+1)(2n+1)6, valables pour tout nN.

Une somme est dite triangulaire lorsque son domaine de sommation est de la forme {(i,j)  ;  1ijn} ou {(i,j)  ;  1i<jn} : les bornes de l'un des indices dépendent alors de l'autre.

  1. Calculer T1=1ijn1 et T2=1i<jn1. Retrouver la valeur de T2 à partir de celle de T1, puis par un argument de symétrie sur le carré d'indices. Vérifier les deux résultats pour n=3.

  2. Calculer T3=1ijni de deux façons : en sommant d'abord sur i, puis en sommant d'abord sur j. Vérifier pour n=3.

  3. Soient a1,a2,,an des réels. Démontrer l'identité

    (i=1nai)2=i=1nai2+21i<jnaiaj.
  4. En déduire la valeur de T4=1i<jnij. Vérifier pour n=2 et n=3.

  5. Soit (ui,j) une famille de réels indexée par les couples (i,j) avec 1ijn. Justifier soigneusement l'égalité

    i=1nj=inui,j=j=1ni=1jui,j

    en décrivant précisément le domaine de sommation.

  6. Application : calculer A=i=1nj=in1j. Vérifier pour n=3.

  7. Application : calculer B=1ijnij. Vérifier pour n=2 et n=3.

Exercice 24 ★★★La somme des cubes par télescopage

Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indiceSommes doubles : rectangulaires, triangulaires, interversion

Dans tout l'exercice, n désigne un entier naturel non nul, et l'on pose

S1=k=1nk,S2=k=1nk2,S3=k=1nk3.

On admet la valeur de la première : S1=n(n+1)2. Le but est d'obtenir S2 puis S3 sans récurrence, par la méthode du télescopage, qui présente l'avantage de ne pas exiger que l'on connaisse le résultat à l'avance.

  1. Soit (vk) une suite de réels. Démontrer la formule de télescopage :

    k=1n(vk+1vk)=vn+1v1.
  2. Développer (k+1)3k3. En sommant cette égalité pour k allant de 1 à n, en déduire la valeur de S2.

  3. Développer de même (k+1)4k4, et en déduire la valeur de S3.

  4. Vérifier les trois formules pour n=4.

  5. Démontrer l'identité S3=S12, autrement dit

    k=1nk3=(k=1nk)2.
  6. Interpréter cette identité comme un calcul de somme double : montrer que

    i=1nj=1nij=k=1nk3

    en regroupant les couples (i,j) selon la valeur de max(i,j). Vérifier pour n=2 et n=3.

Exercice 25 ★★★★Récurrence double et forme explicite d'une suite

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Partie A. Une suite dont on cherche la forme explicite

On considère la suite (un)nN définie par u0=2, u1=6 et

nN,un+2=6un+18un.
  1. Calculer u2, u3 et u4.

  2. Comparer ces valeurs à 2n+4n pour n=0, 1, 2, 3 et 4, et conjecturer une formule explicite pour un.

  3. Démontrer la conjecture par récurrence double.

  4. Combien d'initialisations cette récurrence exige-t-elle, et pourquoi ? Que deviendrait la démonstration si l'énoncé donnait u1=7 au lieu de u1=6, tout le reste étant inchangé ?

Partie B. La suite de Fibonacci

On considère la suite (Fn)nN définie par F0=0, F1=1 et

nN,Fn+2=Fn+1+Fn.
  1. Calculer F2, F3, F4, F5, F6 et F7.

  2. Démontrer que, pour tout nN, k=0nFk=Fn+21. Combien d'initialisations sont nécessaires ici ? Justifier.

  3. Démontrer que, pour tout entier n1, Fn+1Fn1Fn2=(1)n. Vérifier le résultat pour n=1, 2, 3 et 4.

  4. Les énoncés des questions 6 et 7 font intervenir plusieurs termes consécutifs de la suite, et pourtant une seule initialisation suffit dans chaque cas, alors qu'il en fallait deux à la question 3. Expliquer ce qui décide, en réalité, du nombre d'initialisations.

Exercice 26 ★★★Récurrence forte

Raisonnement par récurrence : simple, double, forte

Partie A. Une suite définie par la somme de tous ses termes précédents

On considère la suite (un)nN définie par u0=1 et

n1,un=1+k=0n1uk.
  1. Calculer u1, u2, u3 et u4, puis conjecturer une formule explicite.

  2. Démontrer la conjecture par récurrence forte.

  3. Expliquer pourquoi une hypothèse de récurrence portant sur le seul rang n1 ne permet pas de mener directement ce raisonnement. Montrer ensuite que, pour tout n1, un+1=2un, et retrouver ainsi le résultat par une récurrence simple.

Partie B. Écriture d'un entier comme somme de puissances de deux

  1. Démontrer que, pour tout pN, 2pp+1.

  2. Démontrer que tout entier n1 peut s'écrire comme une somme de puissances de 2 deux à deux distinctes, c'est-à-dire qu'il existe un entier r1 et des entiers naturels p1>p2>>pr tels que

    n=2p1+2p2++2pr.

    (Une somme réduite à un seul terme est autorisée. On demande seulement l'existence d'une telle écriture, pas son unicité.) Illustrer la méthode sur n=13 et n=100.

Partie C. Une majoration uniforme

Soit (vn)nN une suite de réels telle que v00 et

n1,0vnmax(v0,v1,,vn1).
  1. Démontrer que, pour tout nN, 0vnv0. Expliquer pourquoi une récurrence simple échoue ici.

  2. Résumer : à quoi reconnaît-on qu'un énoncé appelle une récurrence forte plutôt qu'une récurrence simple ou double ?

Exercice 27 ★★★Équations ensemblistes

Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties

Soit E un ensemble. Dans tout l'exercice, A et B sont des parties fixées de E, et l'on note A={xE  ;  xA} le complémentaire de A dans E. Résoudre une équation d'inconnue X, c'est déterminer toutes les parties X de E qui la vérifient : il faut donc à la fois montrer qu'il n'y en a pas d'autres et vérifier que celles que l'on annonce conviennent.

  1. Déterminer toutes les parties X de E telles que AX=AX.

  2. Soient X et Y deux parties de E. Démontrer que si

    AX=AYetAX=AY,

    alors X=Y. Montrer ensuite, par un contre-exemple pour chacune, qu'aucune des deux hypothèses ne suffit à elle seule.

  3. Déterminer toutes les parties X de E telles que XA=E et XA=.

  4. Démontrer que les quatre assertions suivantes sont équivalentes :

    (i) AB

    (ii) AB=B

    (iii) AB=A

    (iv) BA

  5. Démontrer que AB équivaut aussi à AB=.

Exercice 28 ★★★La différence symétrique

Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties

Soit E un ensemble. Pour deux parties A et B de E, on appelle différence symétrique de A et B la partie de E définie par

AΔB=(AB)(BA),

où l'on rappelle que AB={xE  ;  xA et xB}.

Dans tout l'exercice, A, B et C désignent des parties de E.

1. Démontrer que AΔB=(AB)(AB). En déduire une caractérisation de l'appartenance à AΔB en une phrase.

2. Démontrer que AΔB=BΔA, que AΔ=A et que AΔA=.

3. Démontrer directement l'implication AΔB=AΔCB=C.

4. Soit xE. On note n(x) le nombre de parties, parmi A, B et C, auxquelles x appartient, de sorte que n(x){0,1,2,3}. Démontrer que

x(AΔB)ΔCsi et seulement sin(x) est impair.

5. En déduire que Δ est associative, c'est-à-dire que (AΔB)ΔC=AΔ(BΔC).

6. Retrouver le résultat de la question 3 en utilisant les questions 2 et 5.

Exercice 29 ★★★★Ce que la composée transmet à chaque application

Injections, surjections, bijections et application réciproque

Soient E, F, G trois ensembles non vides, f:EF et g:FG deux applications. On note gf:EG l'application définie par (gf)(x)=g(f(x)) pour tout xE.

1. Démontrer que si f et g sont injectives, alors gf est injective.

2. Démontrer que si f et g sont surjectives, alors gf est surjective.

3. Démontrer que si gf est injective, alors f est injective.

4. Démontrer que si gf est surjective, alors g est surjective.

5. Les questions 3 et 4 ne disent rien de g ni de f respectivement. Montrer par des contre-exemples explicites que l'on ne peut rien en dire :

a. construire f et g telles que gf soit injective sans que g le soit ;

b. construire f et g telles que gf soit surjective sans que f le soit.

On donnera d'abord un contre-exemple sur des ensembles finis à un ou deux éléments, puis un contre-exemple avec des fonctions usuelles.

6. Démontrer que si gf est injective et f surjective, alors g est injective. Énoncer et démontrer l'énoncé dual portant sur la surjectivité.

Exercice 30 ★★★Bijections explicites et applications réciproques

Injections, surjections, bijections et application réciproqueApplications : composition, restriction, images directes et réciproques

On rappelle la méthode standard : pour démontrer qu'une application φ:XY est bijective, on se donne yY quelconque et on résout l'équation φ(x)=y d'inconnue xX. Si, pour chaque y, cette équation admet une solution et une seule, alors φ est bijective, et l'application réciproque φ1 est celle qui à y associe cette unique solution.

Dans chacune des trois questions, démontrer que l'application proposée est bijective par cette méthode, puis expliciter sa réciproque et vérifier le résultat sur un exemple numérique.

1. L'application f:R{2}R{1} définie par f(x)=x+3x2. On commencera par vérifier que f est bien définie et que ses valeurs appartiennent bien à R{1}.

2. L'application g:R]1,1[ définie par g(x)=x1+x.

3. L'application h:NZ définie par

h(n)=n2   si n est pair,h(n)=n+12   si n est impair.

On rappelle qu'un entier naturel n est dit pair s'il existe kN tel que n=2k, et impair s'il existe kN tel que n=2k+1, tout entier naturel étant exactement dans l'un des deux cas.

Exercice 31 ★★★Analyse-synthèse : décomposer une fonction

Modes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèseApplications : composition, restriction, images directes et réciproques

Le raisonnement par analyse et synthèse se rédige toujours en trois temps. Analyse : on suppose le problème résolu et on en déduit, par conditions nécessaires, la forme obligatoire de la solution. Synthèse : on vérifie que le ou les candidats obtenus conviennent effectivement. Conclusion : on rassemble les deux, l'analyse donnant l'unicité et la synthèse l'existence.

Les trois questions ci-dessous sont indépendantes. Chacune doit être rédigée selon ces trois temps.

1. On dit qu'une fonction p:RR est paire lorsque p(x)=p(x) pour tout réel x, et qu'une fonction i:RR est impaire lorsque i(x)=i(x) pour tout réel x.

Démontrer que toute fonction f:RR s'écrit de manière unique comme somme d'une fonction paire et d'une fonction impaire. Expliciter cette décomposition pour la fonction xexp(x).

2. Déterminer toutes les fonctions f:RR telles que

xR,f(x)+2f(1x)=3x.

On vérifiera la solution trouvée en la réinjectant dans l'équation, puis sur une valeur numérique.

3. Une application f:RR est dite affine lorsqu'il existe deux réels a et b tels que f(x)=ax+b pour tout réel x. Déterminer toutes les applications affines f vérifiant ff=idR, c'est-à-dire f(f(x))=x pour tout réel x. On trouvera deux familles de solutions.

Exercice 32 ★★★Fonctions indicatrices : calculer sur les ensembles

Fonctions indicatricesEnsembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties

Soit E un ensemble. Pour toute partie A de E, on appelle fonction indicatrice de A l'application 1A:E{0,1} définie par

1A(x)=1   si xA,1A(x)=0   si xA.

Les fonctions indicatrices sont des fonctions de E dans R : on peut donc les additionner et les multiplier, ces opérations se faisant point par point. On note 0 et 1 les fonctions constantes égales à 0 et à 1 sur E. Enfin, A=EA désigne le complémentaire de A dans E, et AΔB=(AB)(BA) la différence symétrique.

Dans tout l'exercice, A, B et C sont des parties de E.

1. Démontrer que 1=0, que 1E=1 et que 1A2=1A.

2. Démontrer les quatre formules suivantes, chacune par disjonction de cas sur la position de x :

1AB=1A1B,1A=11A,1AB=1A+1B1A1B,1AΔB=1A+1B21A1B.

3. Démontrer que A=B si et seulement si 1A=1B.

4. Redémontrer par le calcul des indicatrices, sans aucun raisonnement sur les éléments, la loi de De Morgan AB=AB et la distributivité A(BC)=(AB)(AC).

5. Pour deux nombres a et b appartenant à {0,1}, on pose ab=a+b2ab.

a. Démontrer, par disjonction de cas sur les valeurs 0 et 1, que ab appartient à {0,1}, qu'il vaut 0 si a=b et 1 sinon. Autrement dit, ab est la somme a+b dans laquelle on a remplacé la valeur 2 par 0.

b. Démontrer que (ab)c=a(bc) pour tous a, b, c dans {0,1}.

c. En déduire l'associativité de la différence symétrique : (AΔB)ΔC=AΔ(BΔC).

Exercice 33 ★★★★Les parties de E et les applications de E dans un ensemble à deux éléments

Fonctions indicatricesInjections, surjections, bijections et application réciproqueRaisonnement par récurrence : simple, double, forte

Soit E un ensemble fini, de cardinal nN. On note P(E) l'ensemble des parties de E et F(E,{0,1}) l'ensemble des applications de E dans {0,1}.

Pour AP(E), on note 1A:E{0,1} la fonction indicatrice de A, définie par 1A(x)=1 si xA et 1A(x)=0 si xA. On considère

Φ:P(E)F(E,{0,1}),Φ(A)=1A.

1. Justifier que Φ est bien définie.

2. Démontrer que Φ est injective.

3. Démontrer que Φ est surjective. On explicitera, pour une application uF(E,{0,1}) donnée, une partie de E dont l'indicatrice est u. En déduire que Φ est bijective et donner Φ1.

4. Démontrer par récurrence sur n la propriété suivante : tout ensemble de cardinal n possède exactement 2n parties.

5. En déduire le cardinal de F(E,{0,1}).

6. Traiter complètement le cas E={a,b,c}, où a, b, c sont deux à deux distincts : donner les huit parties de E et les huit applications de E dans {0,1}, en les faisant se correspondre par Φ.

Exercice 34 ★★★★Le théorème de Cantor

Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, partiesInjections, surjections, bijections et application réciproqueModes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse

Soit E un ensemble et soit f:EP(E) une application quelconque, où P(E) désigne l'ensemble des parties de E. Ainsi, pour chaque xE, l'image f(x) est une partie de E. On pose

D={xE  ;  xf(x)}.

1. Justifier que cette définition a un sens, et que D est un élément de P(E).

2. On prend E={1,2,3} et l'application f définie par f(1)={1,2}, f(2)= et f(3)={1,3}. Déterminer D, puis vérifier directement que D n'est l'image d'aucun élément de E.

3. Revenons au cas général. Démontrer par l'absurde que D n'admet aucun antécédent par f.

4. En déduire le théorème de Cantor : aucune application de E dans P(E) n'est surjective.

5. En déduire qu'il n'existe aucune bijection de E sur P(E).

6. Vérifier la cohérence avec le cas fini. On démontrera d'abord par récurrence que n<2n pour tout nN, puis on expliquera pourquoi le théorème est, dans ce cas, une simple affaire de comptage. On admettra qu'un ensemble de cardinal n possède 2n parties.

Bloqué sur « Raisonnement et vocabulaire ensembliste » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.