ECG approfondies · Chapitre 01 · Premier semestre
Exercices — Raisonnement et vocabulaire ensembliste
34 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.
Sommaire
34 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.
Exercice 1 ★★★★ — Vrai ou faux : assertions et connecteurs
Éléments de logique : connecteurs, tables de vérité, quantificateurs, négation
-
Dire si chacune des assertions suivantes est vraie ou fausse, en justifiant brièvement.
a. ou
b. ou
c. et
d. Si , alors est pair.
e. Si , alors est impair.
f. Si , alors est pair.
g. Si , alors est impair.
h. et
-
Soient , et trois assertions. Dire si chacune des affirmations suivantes est vraie ou fausse, en justifiant.
a. La négation de « et » est « et ».
b. La négation de « ou » est « et ».
c. « et ( ou ) » a la même valeur de vérité que « ( et ) ou ( et ) ».
d. « ou ( et ) » a la même valeur de vérité que « ( ou ) et ».
e. « » a la même valeur de vérité que « ou ».
f. Si est fausse, alors « » est vraie.
g. Si « » est vraie et si est vraie, alors est vraie.
-
Écrire la négation des assertions suivantes, portant sur un réel et sur un entier naturel .
a. et
b. est pair ou
-
Dresser dans une même table de vérité les colonnes de « » et de « ou », puis retrouver les réponses aux questions 2. e. et 2. f.
Exercice 2 ★★★★ — Lire et écrire des propositions quantifiées
Éléments de logique : connecteurs, tables de vérité, quantificateurs, négation
Dans tout l'exercice, désigne une suite réelle et une application de dans .
-
Traduire en langage courant, sans aucun symbole, chacune des propositions suivantes.
a.
b.
c.
d.
-
Écrire à l'aide de quantificateurs chacune des phrases suivantes.
a. La suite est majorée.
b. La suite est constante.
c. L'application prend la valeur .
d. Tout réel positif est le carré d'un réel.
e. La suite est minorée par .
f. L'application ne s'annule pas.
-
On considère les deux propositions
a. Traduire et en langage courant, en faisant clairement apparaître la différence.
b. Déterminer la valeur de vérité de , en le justifiant.
c. Déterminer la valeur de vérité de , en le justifiant.
-
Un étudiant propose l'écriture pour traduire « la suite est majorée ».
a. Montrer que cette proposition est vraie pour toute suite réelle , ce qui prouve qu'elle ne traduit pas la phrase voulue.
b. Exhiber une suite qui n'est pas majorée. On pourra admettre que n'est pas majoré dans .
-
Les propositions et ont-elles le même sens ? Et les propositions et ?
Exercice 3 ★★★★ — Nier une proposition quantifiée
Éléments de logique : connecteurs, tables de vérité, quantificateurs, négation
-
Écrire la négation de chacune des propositions suivantes. On donnera une écriture dans laquelle plus aucune négation ne porte sur une proposition composée : les seules négations restantes doivent porter sur des égalités ou des inégalités.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
-
Soit une suite réelle. La proposition « la suite est majorée » s'écrit . Écrire, avec des quantificateurs puis en français, la proposition « la suite n'est pas majorée ».
-
Pour chacune des propositions a., f. et h. de la question 1, dire laquelle, de la proposition ou de sa négation, est vraie. On rédigera à chaque fois la démonstration.
Exercice 4 ★★★★ — Implication, réciproque, contraposée
Implication, réciproque, contraposée, équivalence
On rappelle que, pour deux entiers relatifs et , « divise » signifie qu'il existe un entier relatif tel que .
On considère les quatre implications suivantes.
Pour : si , alors .
Pour : si est pair, alors est pair.
Pour : si , alors .
Pour : si divise , alors divise .
-
Pour chacune de ces quatre implications, énoncer la réciproque et la contraposée.
-
Déterminer la valeur de vérité de chacune des quatre implications, en démontrant celles qui sont vraies.
-
Déterminer la valeur de vérité de chacune des quatre réciproques, en démontrant celles qui sont vraies et en donnant un contre-exemple pour les autres.
-
En déduire, sans nouveau calcul, la valeur de vérité de chacune des quatre contraposées.
-
Parmi , , et , lesquelles sont en réalité des équivalences ?
-
Compléter par « nécessaire », « suffisante » ou « nécessaire et suffisante », en justifiant à chaque fois par l'une des implications précédentes.
a. Pour un réel , la condition « » est une condition ... pour que .
b. Pour un réel , la condition « » est une condition ... pour que .
c. Pour un entier naturel , la condition « est pair » est une condition ... pour que soit pair.
d. Pour un entier relatif , la condition « divise » est une condition ... pour que divise .
-
Un étudiant affirme : « la contraposée de est ». Montrer sur que c'est faux, et dire à quoi correspond en réalité l'assertion .
Exercice 5 ★★★★ — Premières récurrences
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Chaque démonstration sera rédigée en faisant apparaître explicitement l'initialisation, l'hérédité (avec l'hypothèse de récurrence clairement énoncée) et la conclusion.
-
Démontrer que, pour tout entier naturel non nul, .
-
On rappelle qu'un entier relatif est dit divisible par lorsqu'il existe un entier relatif tel que . Démontrer que, pour tout , l'entier est divisible par .
-
On considère la suite définie par et, pour tout , .
a. Calculer , et .
b. Démontrer que, pour tout , .
Exercice 6 ★★★★ — Manipuler le symbole somme : linéarité et changement d'indice
Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indice
Dans tout l'exercice, désigne un entier naturel non nul, et une famille de réels.
-
Donner le nombre de termes de chacune des sommes suivantes.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
-
Réécrire chacune des sommes suivantes à l'aide d'un indice partant de , en précisant le changement d'indice utilisé.
a.
b.
c.
-
On pose .
a. Justifier l'égalité .
b. En additionnant membre à membre les deux écritures de , retrouver la valeur de .
-
Calculer à l'aide de la linéarité, et vérifier le résultat obtenu pour .
-
Deux étudiants font chacun une erreur classique. Expliquer précisément l'erreur, puis donner l'écriture correcte.
a. Le premier écrit .
b. Le second écrit .
Exercice 7 ★★★★ — Appartenance, inclusion et parties d'un ensemble
Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties
-
On pose . Cet ensemble a donc quatre éléments : les deux nombres et , ainsi que les deux ensembles et . Dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
g.
h.
i.
-
On pose maintenant , où , et sont trois objets distincts. Écrire en extension l'ensemble des parties de , et donner son nombre d'éléments.
-
On garde . Dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses, en justifiant.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
-
Décrire chacun des ensembles suivants, en extension s'il est fini, sous forme d'intervalle sinon.
a.
b.
c.
d.
e.
-
Avec les ensembles de la question 4, dire si les assertions suivantes sont vraies ou fausses, en justifiant.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
Exercice 8 ★★★★ — Applications : images, antécédents, composition
Applications : composition, restriction, images directes et réciproques
On considère les trois applications de dans définies par
-
Calculer les nombres suivants.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
-
Déterminer tous les antécédents des nombres suivants par l'application indiquée.
a. par
b. par
c. par
d. par
e. par
-
a. Expliciter les applications et .
b. Ces deux applications sont-elles égales ? Justifier.
-
Déterminer les ensembles suivants.
a. L'image directe
b. L'image directe
c. L'image réciproque
d. L'image réciproque
-
Soient et . On considère l'application définie par le tableau de valeurs suivant.
a. Donner l'image de par .
b. Donner tous les antécédents de , puis de , puis de .
c. Déterminer et .
d. Déterminer et .
Exercice 9 ★★★★ — Sommes usuelles : calculs directs
Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indice
Dans tout l'exercice, désigne un entier naturel non nul. On rappelle les trois formules du cours :
-
Calculer les sommes suivantes, et donner le résultat sous forme factorisée.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
-
Vérifier les résultats obtenus en a., b. et f. en calculant directement ces trois sommes pour .
-
Déduire des questions 1. b. et 1. f. la valeur de , puis retrouver ce résultat en regroupant les deux sommes en une seule.
Exercice 10 ★★★★ — Sommes télescopiques
Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indice
On rappelle le principe du télescopage : si est une suite de réels et si , alors
En pratique, on ne se fie jamais aux pointillés : on sépare la somme en deux, puis on effectue un changement d'indice dans l'une des deux pour faire apparaître les termes qui se simplifient.
-
a. Déterminer deux réels et tels que, pour tout entier , .
b. En déduire, pour tout entier , la valeur de .
c. Vérifier le résultat obtenu pour par un calcul direct.
-
a. Déterminer deux réels et tels que, pour tout entier , .
b. En déduire, pour tout entier , la valeur de . On prendra garde au fait que le télescopage laisse ici quatre termes, et non deux.
c. Vérifier le résultat obtenu pour par un calcul direct.
-
Soit . Calculer de deux façons : d'abord par télescopage, ensuite en développant le terme général. En déduire la valeur de .
-
Calculer, pour tout entier , .
-
Calculer, pour tout entier , . On commencera par simplifier le terme général en multipliant par la quantité conjuguée.
Exercice 11 ★★★★ — Produits, factorielles et télescopage multiplicatif
Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indice
On rappelle que pour , , avec la convention . On rappelle également le télescopage multiplicatif : si les sont tous non nuls, alors
Comme pour les sommes, on justifie ce type de calcul en séparant le produit en deux et en effectuant un changement d'indice, jamais en écrivant des pointillés.
-
Calculer, pour tout entier , .
-
Calculer, pour tout entier , .
-
Calculer, pour tout entier , , puis vérifier le résultat pour , et .
-
Simplifier les expressions suivantes, où est un entier pour lequel l'écriture a un sens.
a.
b. pour
c. pour
d.
-
a. Calculer pour .
b. Soit . Calculer en transformant le produit en somme, en déduire , et comparer avec la question 1.
-
Calculer, pour tout entier , .
Exercice 12 ★★★★ — De Morgan et distributivité par double inclusion
Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties
Dans tout l'exercice, désigne un ensemble et , , des parties de . On note le complémentaire de dans , et .
On rappelle la méthode de la double inclusion : pour démontrer que deux ensembles et sont égaux, on démontre successivement , en commençant par « soit » et en concluant « donc », puis de la même façon. Les questions 1. à 4. sont à traiter ainsi, avec cette rédaction.
-
Démontrer la première loi de De Morgan : .
-
Démontrer la seconde loi de De Morgan : .
-
Démontrer la distributivité de l'intersection sur la réunion : .
-
Démontrer que .
-
On veut démontrer autrement l'identité de la question 3., cette fois par équivalences successives, c'est-à-dire en écrivant une suite d'assertions équivalentes reliant « » à « ».
a. Rédiger cette démonstration.
b. Quelle règle du calcul propositionnel a-t-on utilisée à l'étape décisive ? La justifier par une table de vérité.
c. À quelle condition précise une telle chaîne démontre-t-elle bien une égalité d'ensembles ? Que démontre-t-elle si l'une des étapes n'est qu'une implication ?
Exercice 13 ★★★★ — Produit cartésien et ensemble des parties
Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties
On rappelle deux définitions.
Le produit cartésien de deux ensembles et est . Deux couples sont égaux si et seulement s'ils ont mêmes composantes dans le même ordre : équivaut à « et ».
L'ensemble des parties d'un ensemble est l'ensemble dont les éléments sont les parties de : pour tout ensemble , on a si et seulement si . Attention, cette équivalence fait passer d'une appartenance à une inclusion : c'est tout l'enjeu des questions 5. et 6.
-
On pose et .
a. Écrire puis en extension.
b. A-t-on ? Justifier.
c. Écrire en extension.
-
Soient et deux ensembles non vides. Démontrer que si et seulement si . Que se passe-t-il si l'on supprime l'hypothèse « non vides » ?
-
Soient , , trois ensembles. Démontrer que .
-
L'égalité est-elle vraie pour tous ensembles , , ? La démontrer si oui, en donner un contre-exemple si non.
-
Soient et deux ensembles. Démontrer que .
-
a. Démontrer que l'inclusion est vraie pour tous ensembles et .
b. Donner un contre-exemple montrant que l'égalité est fausse en général.
c. Démontrer que cette égalité a lieu si et seulement si ou .
Exercice 14 ★★★★ — Raisonnement par contraposée
Implication, réciproque, contraposée, équivalenceModes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse
On rappelle que l'implication et sa contraposée sont deux assertions équivalentes : démontrer l'une, c'est démontrer l'autre. On prendra garde à ne pas la confondre avec la réciproque , qui, elle, n'a aucune raison d'être vraie.
Dans les questions 2. à 5., on écrira systématiquement la contraposée avant de la démontrer.
-
Écrire (sans les démontrer) la contraposée des implications suivantes. On rappelle que « est un multiple de » signifie « il existe tel que ».
a. Soit . Si est impair, alors est impair.
b. Soit . Si , alors .
c. Soient et deux réels. Si , alors et .
d. Soit . Si est un multiple de , alors est pair.
-
Soit . Démontrer que si est impair, alors est impair.
-
Soient et deux réels. Démontrer l'implication suivante :
Interpréter le résultat obtenu en une phrase.
-
Soit . On veut démontrer que si , , alors .
a. Le démontrer par contraposée.
b. Le démontrer par l'absurde.
c. Comparer les deux rédactions. Laquelle utilise réellement l'hypothèse de départ ?
-
Soient et deux parties d'un ensemble . Démontrer par contraposée que si , alors . L'implication réciproque est-elle vraie ?
Exercice 15 ★★★★ — Raisonnement par l'absurde et irrationalité
Modes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse
Un réel est dit rationnel s'il existe et tels que . L'ensemble des rationnels est noté , et un réel qui n'appartient pas à est dit irrationnel.
On admet les deux faits suivants.
(i) Tout rationnel peut s'écrire avec , et , non tous les deux pairs. En effet, si et sont tous deux pairs, on simplifie la fraction par ; cette opération ne peut pas se répéter indéfiniment, car le dénominateur est un entier strictement positif qui diminue strictement à chaque simplification.
(ii) La somme, la différence et le produit de deux rationnels sont rationnels, ainsi que le quotient d'un rationnel par un rationnel non nul.
On rappelle enfin que pour , est l'unique réel positif dont le carré vaut .
-
a. Démontrer que le carré d'un entier impair est impair.
b. En déduire, par contraposée, que si et si est pair, alors est pair.
-
Démontrer par l'absurde que est irrationnel.
-
En déduire que et sont irrationnels.
-
Soit et soit un réel irrationnel.
a. Démontrer que est irrationnel.
b. Démontrer que si de plus , alors est irrationnel.
-
La somme de deux irrationnels est-elle toujours irrationnelle ? Et leur produit ? Justifier par des contre-exemples.
-
Dans la démonstration de la question 2., à quel endroit exact l'hypothèse « et non tous les deux pairs » a-t-elle servi ? Que resterait-il de la démonstration sans elle ?
Exercice 16 ★★★★ — Disjonction de cas et partie entière
Modes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse
On rappelle la définition de la partie entière : pour tout réel , est l'unique entier tel que
C'est cette caractérisation, et elle seule, qui sert à démontrer une égalité de parties entières : pour établir que , on montre que est un entier et que . On appelle partie fractionnaire de le réel , qui vérifie .
On rappelle aussi que si et si .
-
Calculer les parties entières suivantes, en justifiant par un encadrement.
a.
b.
c.
d.
e.
f.
-
Démontrer par disjonction de cas que pour tout , l'entier est pair.
-
Démontrer que pour tout , l'entier est impair.
-
a. Vérifier l'égalité pour , puis , puis .
b. Démontrer cette égalité pour tout réel , en séparant les cas selon la position de la partie fractionnaire de par rapport à .
-
a. Démontrer par disjonction de cas sur les signes que pour tous réels et , .
b. Déterminer, en reprenant les cas de la question précédente, à quelle condition sur et cette inégalité est une égalité.
Exercice 17 ★★★★ — Récurrence et divisibilité
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
On rappelle la définition de la divisibilité : pour et , on dit que divise , et on note , s'il existe tel que . En particulier, pour tout entier , puisque .
On rappelle également le schéma d'une démonstration par récurrence, à respecter dans les quatre premières questions : on nomme la proposition , on vérifie l'initialisation, on démontre l'hérédité (pour un quelconque fixé, ), puis on conclut en invoquant le principe de récurrence.
-
Démontrer par récurrence que pour tout , divise .
-
Démontrer par récurrence que pour tout , divise .
-
Démontrer par récurrence que pour tout , divise . On pourra commencer par établir que le produit de deux entiers consécutifs est pair.
-
Démontrer par récurrence que pour tout , divise .
-
Retrouver le résultat de la question 4. sans récurrence, en utilisant l'identité
valable pour tout réel et tout entier , que l'on commencera par démontrer par télescopage.
Exercice 18 ★★★★ — Récurrence et inégalités
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Une récurrence portant sur une inégalité obéit au même schéma en trois temps qu'une récurrence portant sur une égalité : proposition clairement énoncée, initialisation, hérédité, conclusion. La différence est dans l'hérédité : on part de l'inégalité au rang et on la transforme par des opérations dont il faut contrôler le sens, en particulier lors d'une multiplication, licite sans changement de sens uniquement par un facteur positif.
On utilisera librement la croissance de la fonction racine carrée sur : si , alors .
-
Inégalité de Bernoulli. Soit un réel tel que . Démontrer par récurrence que pour tout ,
Préciser à quel endroit exact l'hypothèse est utilisée, et montrer par un contre-exemple qu'elle ne peut pas être supprimée.
-
Démontrer par récurrence que pour tout , . Retrouver ensuite ce résultat en une ligne à partir de la question 1.
-
Démontrer par récurrence que pour tout entier , .
-
On considère la suite définie par et, pour tout , .
a. Calculer et , en donnant la valeur exacte puis une valeur approchée.
b. Démontrer par récurrence que pour tout , . On observera que cette question garantit au passage que la suite est bien définie.
c. Démontrer par récurrence que la suite est croissante, c'est-à-dire que pour tout .
d. Retrouver la croissance sans récurrence, en étudiant le signe de .
Exercice 19 ★★★★ — Injectivité et surjectivité : études de cas
Injections, surjections, bijections et application réciproque
On rappelle que, pour une application :
Autrement dit, est injective lorsque tout élément de admet au plus un antécédent, surjective lorsque tout élément de admet au moins un antécédent, et bijective lorsque tout élément de admet exactement un antécédent.
Méthode. Dans tout l'exercice, on procède toujours de la même façon : on fixe dans l'ensemble d'arrivée, on résout l'équation d'inconnue dans l'ensemble de départ, et on compte ses solutions.
Étudier l'injectivité et la surjectivité de chacune des applications suivantes. Lorsque l'application est bijective, expliciter son application réciproque.
-
, .
-
, .
-
, .
-
, .
-
, .
-
, . Montrer que n'est pas injective en exhibant trois antécédents d'un même réel. Peut-on décider de la surjectivité de avec les seuls outils de ce chapitre ? Répondre honnêtement.
-
On considère enfin les deux applications , et , . Étudier leur injectivité et leur surjectivité, puis rassembler dans un tableau les quatre applications de formule rencontrées dans l'exercice. Quelle conclusion en tirer ?
Exercice 20 ★★★★ — Images directes et images réciproques d'intervalles
Applications : composition, restriction, images directes et réciproques
On rappelle que, pour une application , une partie de et une partie de :
L'ensemble , appelé image directe de , est une partie de ; l'ensemble , appelé image réciproque de , est une partie de .
Dans tout l'exercice, et sont les applications de dans définies par et . Déterminer chacun des ensembles demandés et justifier soigneusement.
-
Images directes par :
a.
b.
-
Images réciproques par :
a.
b.
c.
d.
-
Images directes et réciproques par :
a.
b.
c.
d.
-
Déterminer les trois ensembles suivants, appelés fibres de :
a.
b.
c.
-
Calculer et , puis comparer ces ensembles à et respectivement.
-
L'écriture suppose-t-elle que est bijective ? Que peut-on dire du nombre d'éléments de ? Répondre en s'appuyant sur les questions précédentes.
Exercice 21 ★★★★ — Fausses récurrences : trouver l'erreur
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Les quatre « démonstrations » ci-dessous sont entièrement rédigées, et toutes fausses. Pour chacune d'elles :
- dire si l'énoncé lui-même est vrai ou faux, et le prouver par un contre-exemple numérique s'il est faux ;
- localiser précisément l'erreur de la démonstration, c'est-à-dire désigner la ligne fautive et dire ce qui manque ou ce qui est illégitime ;
- rédiger correctement la démonstration lorsque l'énoncé est vrai.
1. Une somme décalée de 7.
Affirmation. Pour tout entier , .
« Démonstration ». Notons la propriété ci-dessus. Hérédité : soit , supposons vraie. Alors
ce qui est exactement . La propriété est donc héréditaire, et par récurrence elle est vraie pour tout .
2. Tous les crayons ont la même couleur.
Affirmation. Pour tout entier , dans tout sac contenant exactement crayons, tous les crayons ont la même couleur.
« Démonstration ». Notons cette propriété. Initialisation : un sac contenant crayon ne contient qu'une seule couleur, donc est vraie. Hérédité : soit , supposons vraie et considérons un sac contenant crayons, numérotés . Le sac contient crayons, donc par hypothèse de récurrence tous ses crayons ont la même couleur. De même, le sac contient crayons, donc tous ses crayons ont la même couleur. Or le crayon appartient aux deux sacs : tous les crayons des deux sacs ont donc la couleur de , et comme ces deux sacs recouvrent le sac initial, les crayons ont tous la même couleur. Donc est vraie, et par récurrence est vraie pour tout .
3. Une suite récurrente d'ordre deux.
Affirmation. Soit la suite définie par , et, pour tout , . Alors, pour tout , .
« Démonstration ». Notons la propriété « ». Initialisation : , donc est vraie. Hérédité : soit , supposons et vraies. Alors
donc est vraie. Par récurrence double, pour tout .
4. Une inégalité exponentielle.
Affirmation. Pour tout , .
« Démonstration ». Notons la propriété ci-dessus. Initialisation : et , donc est vraie. Hérédité : supposons que, pour tout , on ait . Alors
donc est vraie. Par récurrence, pour tout .
5. Résumer en trois points ce que doit impérativement contenir une récurrence correctement rédigée.
Exercice 22 ★★★★ — Sommes doubles rectangulaires et produit de deux sommes
Sommes doubles : rectangulaires, triangulaires, interversion
On utilisera librement les sommes usuelles, pour tout :
Dans tout l'exercice, et désignent des entiers naturels non nuls.
-
Soient et deux familles de réels. Démontrer soigneusement l'identité
-
En déduire la valeur de . Vérifier le résultat pour , puis pour et .
-
Calculer . Comparer au produit pour . Quelle mise en garde faut-il en tirer ?
-
Calculer , en découpant la somme intérieure selon que ou . Vérifier le résultat pour et pour .
-
En déduire sans aucun nouveau calcul de somme double. Vérifier pour et .
-
Calculer .
Exercice 23 ★★★★ — Sommes doubles triangulaires et interversion
Sommes doubles : rectangulaires, triangulaires, interversion
On utilisera librement les sommes usuelles et , valables pour tout .
Une somme est dite triangulaire lorsque son domaine de sommation est de la forme ou : les bornes de l'un des indices dépendent alors de l'autre.
-
Calculer et . Retrouver la valeur de à partir de celle de , puis par un argument de symétrie sur le carré d'indices. Vérifier les deux résultats pour .
-
Calculer de deux façons : en sommant d'abord sur , puis en sommant d'abord sur . Vérifier pour .
-
Soient des réels. Démontrer l'identité
-
En déduire la valeur de . Vérifier pour et .
-
Soit une famille de réels indexée par les couples avec . Justifier soigneusement l'égalité
en décrivant précisément le domaine de sommation.
-
Application : calculer . Vérifier pour .
-
Application : calculer . Vérifier pour et .
Exercice 24 ★★★★ — La somme des cubes par télescopage
Sommes et produits : notations, sommes usuelles, télescopage, changement d'indiceSommes doubles : rectangulaires, triangulaires, interversion
Dans tout l'exercice, désigne un entier naturel non nul, et l'on pose
On admet la valeur de la première : . Le but est d'obtenir puis sans récurrence, par la méthode du télescopage, qui présente l'avantage de ne pas exiger que l'on connaisse le résultat à l'avance.
-
Soit une suite de réels. Démontrer la formule de télescopage :
-
Développer . En sommant cette égalité pour allant de à , en déduire la valeur de .
-
Développer de même , et en déduire la valeur de .
-
Vérifier les trois formules pour .
-
Démontrer l'identité , autrement dit
-
Interpréter cette identité comme un calcul de somme double : montrer que
en regroupant les couples selon la valeur de . Vérifier pour et .
Exercice 25 ★★★★ — Récurrence double et forme explicite d'une suite
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Partie A. Une suite dont on cherche la forme explicite
On considère la suite définie par , et
-
Calculer , et .
-
Comparer ces valeurs à pour , , , et , et conjecturer une formule explicite pour .
-
Démontrer la conjecture par récurrence double.
-
Combien d'initialisations cette récurrence exige-t-elle, et pourquoi ? Que deviendrait la démonstration si l'énoncé donnait au lieu de , tout le reste étant inchangé ?
Partie B. La suite de Fibonacci
On considère la suite définie par , et
-
Calculer , , , , et .
-
Démontrer que, pour tout , . Combien d'initialisations sont nécessaires ici ? Justifier.
-
Démontrer que, pour tout entier , . Vérifier le résultat pour , , et .
-
Les énoncés des questions 6 et 7 font intervenir plusieurs termes consécutifs de la suite, et pourtant une seule initialisation suffit dans chaque cas, alors qu'il en fallait deux à la question 3. Expliquer ce qui décide, en réalité, du nombre d'initialisations.
Exercice 26 ★★★★ — Récurrence forte
Raisonnement par récurrence : simple, double, forte
Partie A. Une suite définie par la somme de tous ses termes précédents
On considère la suite définie par et
-
Calculer , , et , puis conjecturer une formule explicite.
-
Démontrer la conjecture par récurrence forte.
-
Expliquer pourquoi une hypothèse de récurrence portant sur le seul rang ne permet pas de mener directement ce raisonnement. Montrer ensuite que, pour tout , , et retrouver ainsi le résultat par une récurrence simple.
Partie B. Écriture d'un entier comme somme de puissances de deux
-
Démontrer que, pour tout , .
-
Démontrer que tout entier peut s'écrire comme une somme de puissances de deux à deux distinctes, c'est-à-dire qu'il existe un entier et des entiers naturels tels que
(Une somme réduite à un seul terme est autorisée. On demande seulement l'existence d'une telle écriture, pas son unicité.) Illustrer la méthode sur et .
Partie C. Une majoration uniforme
Soit une suite de réels telle que et
-
Démontrer que, pour tout , . Expliquer pourquoi une récurrence simple échoue ici.
-
Résumer : à quoi reconnaît-on qu'un énoncé appelle une récurrence forte plutôt qu'une récurrence simple ou double ?
Exercice 27 ★★★★ — Équations ensemblistes
Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties
Soit un ensemble. Dans tout l'exercice, et sont des parties fixées de , et l'on note le complémentaire de dans . Résoudre une équation d'inconnue , c'est déterminer toutes les parties de qui la vérifient : il faut donc à la fois montrer qu'il n'y en a pas d'autres et vérifier que celles que l'on annonce conviennent.
-
Déterminer toutes les parties de telles que .
-
Soient et deux parties de . Démontrer que si
alors . Montrer ensuite, par un contre-exemple pour chacune, qu'aucune des deux hypothèses ne suffit à elle seule.
-
Déterminer toutes les parties de telles que et .
-
Démontrer que les quatre assertions suivantes sont équivalentes :
(i)
(ii)
(iii)
(iv)
-
Démontrer que équivaut aussi à .
Exercice 28 ★★★★ — La différence symétrique
Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties
Soit un ensemble. Pour deux parties et de , on appelle différence symétrique de et la partie de définie par
où l'on rappelle que .
Dans tout l'exercice, , et désignent des parties de .
1. Démontrer que . En déduire une caractérisation de l'appartenance à en une phrase.
2. Démontrer que , que et que .
3. Démontrer directement l'implication .
4. Soit . On note le nombre de parties, parmi , et , auxquelles appartient, de sorte que . Démontrer que
5. En déduire que est associative, c'est-à-dire que .
6. Retrouver le résultat de la question 3 en utilisant les questions 2 et 5.
Exercice 29 ★★★★ — Ce que la composée transmet à chaque application
Injections, surjections, bijections et application réciproque
Soient , , trois ensembles non vides, et deux applications. On note l'application définie par pour tout .
1. Démontrer que si et sont injectives, alors est injective.
2. Démontrer que si et sont surjectives, alors est surjective.
3. Démontrer que si est injective, alors est injective.
4. Démontrer que si est surjective, alors est surjective.
5. Les questions 3 et 4 ne disent rien de ni de respectivement. Montrer par des contre-exemples explicites que l'on ne peut rien en dire :
a. construire et telles que soit injective sans que le soit ;
b. construire et telles que soit surjective sans que le soit.
On donnera d'abord un contre-exemple sur des ensembles finis à un ou deux éléments, puis un contre-exemple avec des fonctions usuelles.
6. Démontrer que si est injective et surjective, alors est injective. Énoncer et démontrer l'énoncé dual portant sur la surjectivité.
Exercice 30 ★★★★ — Bijections explicites et applications réciproques
Injections, surjections, bijections et application réciproqueApplications : composition, restriction, images directes et réciproques
On rappelle la méthode standard : pour démontrer qu'une application est bijective, on se donne quelconque et on résout l'équation d'inconnue . Si, pour chaque , cette équation admet une solution et une seule, alors est bijective, et l'application réciproque est celle qui à associe cette unique solution.
Dans chacune des trois questions, démontrer que l'application proposée est bijective par cette méthode, puis expliciter sa réciproque et vérifier le résultat sur un exemple numérique.
1. L'application définie par . On commencera par vérifier que est bien définie et que ses valeurs appartiennent bien à .
2. L'application définie par .
3. L'application définie par
On rappelle qu'un entier naturel est dit pair s'il existe tel que , et impair s'il existe tel que , tout entier naturel étant exactement dans l'un des deux cas.
Exercice 31 ★★★★ — Analyse-synthèse : décomposer une fonction
Modes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèseApplications : composition, restriction, images directes et réciproques
Le raisonnement par analyse et synthèse se rédige toujours en trois temps. Analyse : on suppose le problème résolu et on en déduit, par conditions nécessaires, la forme obligatoire de la solution. Synthèse : on vérifie que le ou les candidats obtenus conviennent effectivement. Conclusion : on rassemble les deux, l'analyse donnant l'unicité et la synthèse l'existence.
Les trois questions ci-dessous sont indépendantes. Chacune doit être rédigée selon ces trois temps.
1. On dit qu'une fonction est paire lorsque pour tout réel , et qu'une fonction est impaire lorsque pour tout réel .
Démontrer que toute fonction s'écrit de manière unique comme somme d'une fonction paire et d'une fonction impaire. Expliciter cette décomposition pour la fonction .
2. Déterminer toutes les fonctions telles que
On vérifiera la solution trouvée en la réinjectant dans l'équation, puis sur une valeur numérique.
3. Une application est dite affine lorsqu'il existe deux réels et tels que pour tout réel . Déterminer toutes les applications affines vérifiant , c'est-à-dire pour tout réel . On trouvera deux familles de solutions.
Exercice 32 ★★★★ — Fonctions indicatrices : calculer sur les ensembles
Fonctions indicatricesEnsembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties
Soit un ensemble. Pour toute partie de , on appelle fonction indicatrice de l'application définie par
Les fonctions indicatrices sont des fonctions de dans : on peut donc les additionner et les multiplier, ces opérations se faisant point par point. On note et les fonctions constantes égales à et à sur . Enfin, désigne le complémentaire de dans , et la différence symétrique.
Dans tout l'exercice, , et sont des parties de .
1. Démontrer que , que et que .
2. Démontrer les quatre formules suivantes, chacune par disjonction de cas sur la position de :
3. Démontrer que si et seulement si .
4. Redémontrer par le calcul des indicatrices, sans aucun raisonnement sur les éléments, la loi de De Morgan et la distributivité .
5. Pour deux nombres et appartenant à , on pose .
a. Démontrer, par disjonction de cas sur les valeurs et , que appartient à , qu'il vaut si et sinon. Autrement dit, est la somme dans laquelle on a remplacé la valeur par .
b. Démontrer que pour tous , , dans .
c. En déduire l'associativité de la différence symétrique : .
Exercice 33 ★★★★ — Les parties de E et les applications de E dans un ensemble à deux éléments
Fonctions indicatricesInjections, surjections, bijections et application réciproqueRaisonnement par récurrence : simple, double, forte
Soit un ensemble fini, de cardinal . On note l'ensemble des parties de et l'ensemble des applications de dans .
Pour , on note la fonction indicatrice de , définie par si et si . On considère
1. Justifier que est bien définie.
2. Démontrer que est injective.
3. Démontrer que est surjective. On explicitera, pour une application donnée, une partie de dont l'indicatrice est . En déduire que est bijective et donner .
4. Démontrer par récurrence sur la propriété suivante : tout ensemble de cardinal possède exactement parties.
5. En déduire le cardinal de .
6. Traiter complètement le cas , où , , sont deux à deux distincts : donner les huit parties de et les huit applications de dans , en les faisant se correspondre par .
Exercice 34 ★★★★ — Le théorème de Cantor
Ensembles, inclusion, réunion, intersection, complémentaire, produit cartésien, partiesInjections, surjections, bijections et application réciproqueModes de raisonnement : direct, contraposée, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse
Soit un ensemble et soit une application quelconque, où désigne l'ensemble des parties de . Ainsi, pour chaque , l'image est une partie de . On pose
1. Justifier que cette définition a un sens, et que est un élément de .
2. On prend et l'application définie par , et . Déterminer , puis vérifier directement que n'est l'image d'aucun élément de .
3. Revenons au cas général. Démontrer par l'absurde que n'admet aucun antécédent par .
4. En déduire le théorème de Cantor : aucune application de dans n'est surjective.
5. En déduire qu'il n'existe aucune bijection de sur .
6. Vérifier la cohérence avec le cas fini. On démontrera d'abord par récurrence que pour tout , puis on expliquera pourquoi le théorème est, dans ce cas, une simple affaire de comptage. On admettra qu'un ensemble de cardinal possède parties.
Bloqué sur « Raisonnement et vocabulaire ensembliste » ?
On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.