ECG appliquées · Chapitre 05 · Premier semestre

Exercices — Fonctions réelles d'une variable réelle

36 exercices de difficulté croissante, à chercher avant de regarder le corrigé.

Sommaire

36 exercices, difficulté croissante de ★ (application directe) à ★★★★ (défi). Les corrigés détaillés sont dans le PDF — cherchez d'abord, le corrigé ensuite : c'est là que ça progresse.

Exercice 1 ★★★Ensembles de définition et parité

Généralités : ensemble de définition, parité, monotonie, fonctions bornées, composition

L'ensemble de définition d'une fonction f est l'ensemble des réels x pour lesquels l'expression f(x) a un sens. On rappelle les trois contraintes usuelles : u exige u0, un quotient exige un dénominateur non nul, et ln(u) exige u>0.

  1. Déterminer l'ensemble de définition de chacune des fonctions suivantes. Lorsque cet ensemble n'est pas un intervalle, préciser l'intervalle sur lequel on choisit de poursuivre l'étude.

    a. f1(x)=x3

    b. f2(x)=2x+1x5

    c. f3(x)=ln(4x)

    d. f4(x)=1x+2

    e. f5(x)=x29

    f. f6(x)=xx1

  2. Étudier la parité des fonctions suivantes.

    a. g1 définie sur R par g1(x)=x43x2+1.

    b. g2 définie sur R par g2(x)=xx2+1.

    c. g3 définie sur [2,2] par g3(x)=x2+x.

  3. La question de la parité de la fonction f1 de la question 1 a-t-elle un sens ? Justifier.

  4. Démontrer que f1 est strictement croissante sur [3,+[.

Exercice 2 ★★★Degré, somme et produit de fonctions polynômes

Fonctions polynômes : degré, division euclidienne, racines et factorisation

On confond, comme le fait le programme, un polynôme et sa fonction polynomiale. Un polynôme non nul s'écrit P(x)=anxn+an1xn1++a1x+a0 avec an0 : l'entier n est son degré, noté degP, et an son coefficient dominant. Par convention, le polynôme nul a pour degré . On note R[x] l'ensemble des polynômes à coefficients réels et, pour nN, Rn[x] l'ensemble de ceux dont le degré est inférieur ou égal à n.

  1. Donner le degré et, lorsqu'il existe, le coefficient dominant de chacun des polynômes suivants.

    a. A(x)=5x4x2+7

    b. B(x)=2x3+x

    c. C(x)=6

    d. D(x)=0

    e. F(x)=(2x1)(x2+3)

    f. G(x)=(x2+1)2x4

  2. On pose, pour tout réel x, P(x)=3x32x2+x5 et Q(x)=3x3+2x2+4x+1.

    a. Calculer P+Q et donner son degré. Comparer ce degré au plus grand des deux degrés degP et degQ.

    b. Sans développer entièrement le produit, donner le degré de PQ, son coefficient dominant, son terme constant, puis le coefficient de x5.

  3. On pose H(x)=x24 et K(x)=4x2. Calculer H+K et donner son degré. Expliquer pourquoi la convention deg0= permet d'énoncer l'inégalité deg(H+K)max(degH,degK) sans aucune exception.

  4. Parmi les polynômes suivants, lesquels appartiennent à R3[x] ?

    a. x3x

    b. 5

    c. 0

    d. x4x3

    e. (x1)3

    f. (x2+1)(x21)

  5. Déterminer trois réels a, b et c tels que, pour tout réel x,

    a(x1)2+b(x1)+c=2x23x+4

Exercice 3 ★★★Discriminant, racines et signe d'un trinôme

Trinôme du second degré : discriminant, signe, relations entre coefficients et racines

On considère les trois trinômes définis, pour tout réel x, par

P(x)=2x25x3,Q(x)=x26x+9,R(x)=x2+x3
  1. Pour chacun de ces trois trinômes, calculer le discriminant, en déduire le nombre de racines réelles, déterminer ces racines lorsqu'elles existent, et factoriser le trinôme lorsque c'est possible.

  2. Dresser le tableau de signe de chacun des trois trinômes.

  3. Résoudre dans R les inéquations suivantes.

    a. 2x25x30

    b. x26x+9>0

    c. x2+x30

  4. a. Vérifier sur le trinôme P les deux relations du cours : la somme des racines vaut ba et leur produit vaut ca.

    b. Soit T(x)=x27x+12. Sans calculer les racines, montrer que T admet deux racines réelles distinctes et que toutes deux sont strictement positives. Calculer ensuite ces racines pour contrôler la réponse.

Exercice 4 ★★★Règles de calcul sur les puissances

Fonction racine carrée, fonction inverse, fonctions puissances x puissance alpha

Pour tout réel x>0 et tout réel α, on pose xα=eαlnx. On rappelle les règles de calcul, valables pour x>0 et y>0 et pour tous réels α et β :

xα×xβ=xα+β,xαxβ=xαβ,(xα)β=xαβ,xα=1xα,(xy)α=xαyα

On rappelle enfin que x=x1/2 pour x0. Dans tout l'exercice, la lettre x désigne un réel strictement positif : c'est la condition sous laquelle ces règles s'appliquent.

  1. Écrire chacune des expressions suivantes sous la forme xα.

    a. x3×x5

    b. x7x2

    c. (x2)3

    d. x×x2

    e. 1x3

    f. x1/2x1/3

    g. (x)4

    h. x3×x1/2

  2. Calculer les nombres suivants, en donnant à chaque fois une valeur exacte sous forme d'entier ou de fraction.

    a. 82/3

    b. 161/2

    c. (19)1/2

    d. 321/5

    e. 272/3

    f. (425)3/2

  3. a. Calculer x1/2, x2 et x1 pour x=14, puis ranger ces trois nombres et x dans l'ordre croissant.

    b. Reprendre la question précédente avec x=4.

    c. Que peut-on conjecturer sur la façon dont xα dépend de α, selon que x appartient à ]0,1[ ou à ]1,+[ ? Justifier en écrivant xα=eαlnx.

  4. En écrivant xα=eαlnx, démontrer que la fonction xx3/2 est strictement croissante sur ]0,+[, et que la fonction xx2 y est strictement décroissante.

Exercice 5 ★★★Équations et inéquations avec la valeur absolue

Valeur absolue : propriétés, distance sur R, équations et inéquations

On rappelle que a est la distance du réel a à 0, et que xa est la distance entre les réels x et a. On rappelle aussi les trois équivalences fondamentales, valables pour tout réel u et tout réel r0 :

u=r    (u=r ou u=r),ur    rur,u>r    (u>r ou u<r)
  1. Résoudre dans R les équations suivantes.

    a. x3=5

    b. 2x+1=x4

    c. x+7=2

  2. Résoudre dans R l'inéquation x+23. Interpréter l'ensemble des solutions en termes de distance et le représenter sur une droite graduée.

  3. Résoudre dans R l'inéquation 3x1>2, puis interpréter l'ensemble des solutions en termes de distance.

  4. Écrire l'intervalle [1,9] sous la forme {xR  ;  xar}, où a et r sont deux réels à déterminer.

  5. Soit x[2,5]. Montrer que x32. Cette majoration est-elle atteinte ?

Exercice 6 ★★★Encadrement fondamental de la partie entière

Partie entière : encadrement fondamental, représentation graphique

Pour tout réel x, la partie entière de x, notée x, est l'unique entier relatif n vérifiant

nx<n+1

On en déduit l'encadrement fondamental : pour tout réel x,

x1<xx
  1. Calculer les parties entières suivantes.

    a. 3,7

    b. 5

    c. 2,3

    d. 7

    e. 0,99

    f. 0,5

    g. 72

    h. 72

  2. a. Vérifier l'encadrement fondamental pour x=3,7, puis pour x=2,3.

    b. Démontrer que x=x si et seulement si x est un entier relatif.

  3. Résoudre dans R les équations suivantes, puis représenter les ensembles solutions des équations a. et c. sur une droite graduée.

    a. x=3

    b. x=2

    c. 2x=1

  4. Démontrer que, pour tout réel x et tout entier relatif n, x+n=x+n.

  5. Démontrer que, pour tout réel x, la quantité x+x vaut 0 si x est un entier relatif, et 1 sinon.

Exercice 7 ★★★★Équations et inéquations avec le logarithme et l'exponentielle

Logarithme népérien et exponentielle : propriétés, équations, fonctions du type u puissance v

On rappelle que ln est définie et strictement croissante sur ]0,+[, que exp est définie et strictement croissante sur R à valeurs dans ]0,+[, et que ces deux fonctions sont réciproques l'une de l'autre. De la stricte croissance on déduit les équivalences utilisées en permanence : pour A>0 et B>0,

lnA=lnB    A=BetlnAlnB    AB

et, pour tous réels a et b, ea=eb    a=b et ea>eb    a>b. On rappelle enfin que ln(AB)=lnA+lnB et ln(Ab)=blnA pour A>0, B>0 et b réel.

Toute résolution commence par la détermination des conditions d'existence.

  1. Résoudre dans R l'équation ln(x)+ln(x1)=ln(6).

  2. Résoudre dans R l'équation e2x3ex+2=0, en posant X=ex.

  3. Résoudre dans R l'inéquation ln(2x1)1.

  4. Résoudre dans R l'inéquation ex>4.

  5. a. Simplifier ln(8)3ln(2).

    b. Résoudre dans R l'équation 2x=5.

    c. L'égalité ln(x2)=2ln(x) est-elle valable pour tout réel x non nul ? Justifier, et corriger la formule si nécessaire.

Exercice 8 ★★★★Limites par opérations et par composition

Limites : limite à gauche et à droite, opérations, composition, formes indéterminées

Toutes les limites de cet exercice s'obtiennent avec les seuls théorèmes du cours : les opérations algébriques sur les limites (somme, produit, quotient), le théorème de la limite d'une fonction composée, et les limites usuelles de ln et de exp. La méthode est toujours la même. On regarde d'abord ce que donnent les opérations « à vue » : si le théorème s'applique, la limite tombe ; s'il conduit à une forme indéterminée, il faut transformer l'expression avant de conclure. Pour un quotient de deux polynômes, la transformation est toujours la même : on factorise le numérateur et le dénominateur par leur terme de plus haut degré.

Déterminer les limites suivantes.

a. limx+3x25x+12x2+x+4

b. limx4x3+x2x2+1

c. limx5x+2x2+3

d. limx+4x+3x+1

e. limx+ln(x+12x+5)

f. limx+e3xx2

g. limx1+2x+3x1 puis limx12x+3x1

h. limx3x29x3

Exercice 9 ★★★★Croissances comparées : les limites usuelles

Croissances comparées du logarithme, des puissances et de l'exponentielle

On rappelle les quatre limites de croissances comparées du cours, valables pour tous réels a>0 et b>0 :

limx+(lnx)bxa=0,limx0+xalnxb=0,limx+xaex=0,limxxaex=0

Elles se résument en une phrase, qu'il faut avoir en tête avant tout calcul : au voisinage de +, l'exponentielle l'emporte sur les puissances, qui l'emportent elles-mêmes sur le logarithme. Chacune des limites ci-dessous conduit à une forme indéterminée : la technique consiste à faire apparaître l'un de ces quatre quotients, en factorisant par le terme dominant lorsque l'expression est une somme.

Déterminer les limites suivantes.

a. limx+lnxx3

b. limx0+x2lnx

c. limx+exx5

d. limx+x4ex

e. limx+x+lnxxlnx

f. limx+exx2ex+x

Exercice 10 ★★★Lecture graphique : variations, extremums et image d'un segment

Généralités : ensemble de définition, parité, monotonie, fonctions bornées, compositionÉtude graphique, positions relatives de deux courbes, régionnements du planThéorème des valeurs intermédiaires, image d'un intervalle et d'un segment

La figure ci-dessous représente la courbe Cf d'une fonction f définie et continue sur le segment [2,6]. Quatre points de la courbe sont marqués, et des pointillés facilitent la lecture de leurs coordonnées.

Courbe d'une fonction f définie sur le segment allant de -2 à 6

Aucune expression de f n'est donnée, et il n'en faut pas : toutes les réponses s'obtiennent par lecture de ce graphique, puis par application des théorèmes du cours aux informations ainsi lues.

  1. Donner l'ensemble de définition de f, puis lire les valeurs de f(2), f(1), f(4) et f(6).

  2. Dresser le tableau de variations de f sur son ensemble de définition, tel qu'on le lit sur la figure.

  3. La fonction f admet-elle un maximum global sur [2,6] ? un minimum global ? Préciser dans chaque cas la valeur de l'extremum et le réel en lequel il est atteint. Que peut-on dire du point de la courbe d'abscisse 4 ?

  4. Justifier que pour tout x[2,6], on a 2f(x)3. La fonction f est-elle majorée sur [2,6] ? minorée ? bornée ?

  5. Déterminer graphiquement le nombre de solutions de l'équation f(x)=1 sur [2,6], puis démontrer ce nombre à l'aide des théorèmes du cours. Reprendre la question avec l'équation f(x)=2,5.

  6. Déterminer l'image f([2,6]) du segment [2,6] par f. Quel théorème du cours garantissait, avant tout calcul, que cette image serait un segment ?

Exercice 11 ★★★★Racines évidentes et factorisation d'un polynôme

Fonctions polynômes : degré, division euclidienne, racines et factorisation

On rappelle le résultat du cours qui sert de moteur à tout l'exercice : un réel a est racine d'un polynôme P si et seulement si P se factorise par (xa), c'est-à-dire s'il existe un polynôme T, de degré degP1, tel que P(x)=(xa)T(x) pour tout réel x.

Partie A. On pose, pour tout réel x, P(x)=x32x25x+6.

  1. Chercher une racine entière de P en testant les diviseurs de son terme constant.

  2. En déduire un trinôme T tel que P(x)=(x1)T(x) pour tout réel x.

  3. Factoriser complètement P en produit de facteurs du premier degré, et donner l'ensemble de ses racines.

  4. Dresser le tableau de signes de P sur R, puis résoudre l'inéquation P(x)0.

Partie B. On pose, pour tout réel x, Q(x)=2x3+x28x4.

  1. Vérifier que 2 est racine de Q.

  2. Factoriser complètement Q.

  3. Résoudre l'inéquation Q(x)0.

Exercice 12 ★★★★Division euclidienne et étude du signe

Fonctions polynômes : degré, division euclidienne, racines et factorisationTrinôme du second degré : discriminant, signe, relations entre coefficients et racines

On pose, pour tout réel x,

A(x)=2x43x33x2+7x3etB(x)=x2x1
  1. Effectuer la division euclidienne de A par B : déterminer les polynômes Q et R tels que A=BQ+R avec degR<degB.

  2. Vérifier le résultat en développant B(x)Q(x)+R(x).

  3. Dresser le tableau de signes de B sur R.

  4. On note CQ et CB les courbes représentatives des fonctions xQ(x) et xB(x) dans un repère du plan. Étudier la position relative de CQ et de CB, et préciser les coordonnées de leurs points communs.

  5. Soit D la droite d'équation y=3x5. Montrer que CQ est strictement au-dessus de D en tout point.

Exercice 13 ★★★Relations entre coefficients et racines d'un trinôme

Trinôme du second degré : discriminant, signe, relations entre coefficients et racines

On rappelle les relations du cours. Si le trinôme ax2+bx+c, avec a0, admet deux racines réelles x1 et x2 (éventuellement égales, dans le cas d'une racine double), alors leur somme S et leur produit P valent

S=x1+x2=baetP=x1x2=ca

Ces deux relations permettent de travailler sur les racines sans les calculer, ce qui est tout l'objet de l'exercice.

  1. Retrouver un trinôme à partir de sa somme et de son produit.

    a. Déterminer deux réels dont la somme vaut 9 et le produit 20.

    b. Déterminer deux réels dont la somme vaut 2 et le produit 15.

    c. Existe-t-il deux réels dont la somme vaut 4 et le produit 5 ?

  2. Pour chacun des trinômes suivants, dire s'il admet des racines réelles et, le cas échéant, déterminer le signe de ces racines, sans les calculer.

    a. x25x+6

    b. 2x2+7x+3

    c. 3x2x2

    d. x2+x+1

  3. Soit un trinôme ax2+bx+c admettant deux racines réelles x1 et x2, de somme S et de produit P.

    a. Exprimer x12+x22 en fonction de S et de P.

    b. À quelle condition la quantité 1x1+1x2 est-elle définie ? L'exprimer alors en fonction de S et de P.

    c. Application : calculer ces deux quantités pour le trinôme 2x26x+1, sans calculer ses racines.

  4. Soit m un réel. Pour quelles valeurs de m le trinôme x2(m+1)x+m admet-il deux racines strictement positives ?

Exercice 14 ★★★★Distance sur R et intervalles centrés

Valeur absolue : propriétés, distance sur R, équations et inéquations

On rappelle le lien entre valeur absolue et distance : pour tous réels x et a, le nombre xa est la distance entre x et a sur la droite réelle. Il en découle, pour tout réel r>0, les deux équivalences

xar    arxa+r    x[ar,a+r] xar    (xar  ou  xa+r)

L'intervalle [ar,a+r] s'appelle l'intervalle de centre a et de rayon r : son centre est le milieu de ses bornes, et son rayon leur demi-écart. Les mêmes énoncés valent avec des inégalités strictes et des intervalles ouverts.

  1. Traduire chacune des conditions suivantes en termes de distance, puis déterminer l'ensemble des réels x qui la vérifient, sous forme d'intervalle ou de réunion d'intervalles.

    a. x5<2

    b. x+31

    c. x24

    d. 2x65

  2. Réciproquement, écrire chacun des ensembles suivants sous la forme {xR  ;  xar}, ou avec une inégalité stricte lorsque l'intervalle est ouvert, en précisant à chaque fois le centre a et le rayon r.

    a. ]1,5[

    b. [7,3]

    c. ]12,32[

    d. [3,4]

  3. Résoudre dans R l'équation x1+x+2=5 en distinguant trois cas selon la position de x. Interpréter le résultat en termes de distances, et représenter l'ensemble des solutions sur une droite graduée.

Exercice 15 ★★★★Comparaison des fonctions puissances selon l'exposant

Fonction racine carrée, fonction inverse, fonctions puissances x puissance alpha

On rappelle la définition des puissances réelles : pour tout réel x>0 et tout réel α,

xα=eαlnx

On en déduit les règles de calcul, valables pour x>0, y>0 et α,β réels :

xα×xβ=xα+β,(xα)β=xαβ,xα=1xα,ln(xα)=αlnx,(xy)α=xαyα

Dans tout l'exercice, la dérivation est hors de propos : tous les résultats demandés s'obtiennent à partir de cette définition, du sens de variation de ln et de exp, et de la composition.

  1. Simplifier les nombres et expressions suivants (on suppose x>0).

    a. 82/3

    b. (19)1/2

    c. 163/4

    d. x3/2×x1/2x

    e. (x2)3/2

    f. x×x1/2

  2. Soient α et β deux réels tels que α<β. Comparer xα et xβ dans chacun des trois cas : 0<x<1, puis x=1, puis x>1.

  3. Ranger dans l'ordre croissant les cinq nombres x1/3, x1/2, x, x2, x3 :

    a. lorsque x]0,1[ ;

    b. lorsque x]1,+[.

    Contrôler le premier classement avec x=164 et le second avec x=64.

  4. Soit α un réel. Déterminer le sens de variation de la fonction pα:]0,+[R, xxα, selon le signe de α. On rédigera la réponse par composition, à partir de l'écriture xα=eαlnx.

  5. Comparer les deux nombres 23 et 32. On pourra passer au logarithme, puis utiliser les encadrements 3<74 et 2>75, que l'on justifiera.

  6. Soit α un réel. Déterminer limx0+xα et limx+xα selon le signe de α.

Exercice 16 ★★★Monotonie par composition et fonctions bornées

Généralités : ensemble de définition, parité, monotonie, fonctions bornées, composition

On rappelle les règles du cours, les seules autorisées ici (la dérivation n'est pas au programme de ce chapitre).

  • Composition. Si u est monotone sur un intervalle I, à valeurs dans un intervalle J, et si v est monotone sur J, alors vu est monotone sur I, avec la règle des signes : croissante croissante = croissante, croissante décroissante = décroissante, décroissante croissante = décroissante, décroissante décroissante = croissante. Les énoncés restent valables avec « strictement ».
  • Somme. La somme de deux fonctions croissantes sur I est croissante sur I (de même pour décroissantes). Ajouter une constante ne change pas le sens de variation.
  • Produit par un réel. Si λ>0, la fonction λf a le même sens de variation que f ; si λ<0, elle a le sens contraire.
  • Inverse. Si f est monotone sur I et y garde un signe strict constant (c'est-à-dire f>0 sur I, ou f<0 sur I), alors 1f est monotone sur I, de sens de variation contraire à celui de f.
  • Définitions. Une fonction f est majorée sur I s'il existe un réel M tel que f(x)M pour tout xI, minorée s'il existe m tel que f(x)m pour tout xI, et bornée si elle est à la fois majorée et minorée.
  1. Déterminer le sens de variation de chacune des fonctions suivantes sur l'intervalle indiqué, en n'utilisant que les variations des fonctions usuelles et les règles ci-dessus. Le raisonnement doit citer la règle employée à chaque étape.

    a. f1(x)=ln(x2+1) sur [0,+[

    b. f2(x)=ex+3 sur R

    c. f3(x)=1x+2 sur ]2,+[

    d. f4(x)=52x+1 sur ]1,+[

    e. f5(x)=1lnx sur ]1,+[

  2. On considère les deux fonctions définies sur R par

    g(x)=xx2+1eth(x)=3x2+1x2+1

    a. Montrer que, pour tout réel x, 2xx2+1. En déduire que g est bornée sur R et donner un encadrement explicite de g(x).

    b. Vérifier que, pour tout réel x, h(x)=32x2+1. En déduire que h est bornée sur R et donner un encadrement explicite de h(x).

    c. Ces deux encadrements sont-ils optimaux, c'est-à-dire les bornes sont-elles atteintes ?

  3. Soit f la fonction définie sur ]0,+[ par f(x)=x+1x.

    a. Soient a et b deux réels de ]0,+[ tels que a<b. Montrer que

    f(b)f(a)=(ba)(ab1)ab

    b. En déduire le sens de variation de f sur ]0,1], puis sur [1,+[.

    c. Expliquer pourquoi les règles de la question 1 ne permettaient pas de conclure directement.

Exercice 17 ★★★★Formes indéterminées : quotients, racines et quantité conjuguée

Limites : limite à gauche et à droite, opérations, composition, formes indéterminées

Les théorèmes d'opérations sur les limites laissent quatre situations non conclues, appelées formes indéterminées : , 00, et 0×. Rencontrer une forme indéterminée ne signifie pas que la limite n'existe pas : cela signifie que l'écriture proposée ne permet pas de conclure, et qu'il faut transformer l'expression.

On utilisera librement les résultats suivants du cours.

  • Les limites usuelles limx0ln(1+x)x=1 et limx0ex1x=1, admises.
  • Le théorème de composition des limites.
  • Pour tout réel x, x2=x, c'est-à-dire x2=x si x0 et x2=x si x0.
  • La quantité conjuguée : pour A0 et B0 non tous deux nuls, (AB)(A+B)=AB.

Pour chacune des huit limites suivantes, préciser la forme indéterminée rencontrée, nommer la technique employée, puis calculer la limite. On précisera à chaque fois l'intervalle sur lequel se place l'étude.

a. limx+3x2+2x1x2+1

b. limx+x34x2x2+5

c. limx2x24x2

d. limx+(x2+xx)

e. limx0x+42x

f. limxx2+1x

g. limx0ln(1+3x)x

h. limx0e2x1x

Exercice 18 ★★★★Changement de variable dans une équation avec exponentielle

Logarithme népérien et exponentielle : propriétés, équations, fonctions du type u puissance v

On rappelle les propriétés utiles.

  • Pour tout réel x, ex>0, e2x=(ex)2 et ex=1ex.
  • Pour tout réel x et tout réel X>0 : ex=X    x=lnX.
  • Pour tout réel X et tout réel x>0 : lnx=X    x=eX.
  • Un trinôme aX2+bX+c de coefficient dominant a>0 et de discriminant Δ>0 est strictement négatif entre ses deux racines, strictement positif à l'extérieur, et nul en ses racines.
  1. Résoudre dans R les équations suivantes, en posant X=ex.

    a. e2x5ex+6=0

    b. e2xex6=0

    c. ex+8ex=6

    d. e2x+5ex+6=0

  2. Résoudre dans R l'inéquation e2x4ex+30, et donner l'ensemble des solutions sous la forme d'un intervalle.

  3. Résoudre dans ]0,+[ l'équation (lnx)2lnx2=0, en posant X=lnx.

  4. Synthèse. À la question 1, certaines racines du trinôme ont dû être rejetées ; à la question 3, aucune ne l'a été, bien que l'une d'elles soit négative. Expliquer précisément d'où vient cette différence, et énoncer la méthode générale de résolution par changement de variable.

Exercice 19 ★★★★Limites à gauche, à droite et asymptotes verticales

Limites : limite à gauche et à droite, opérations, composition, formes indéterminées

On rappelle les définitions et les conventions du cours.

  • Soit a un réel. Si limxaf(x) ou limxa+f(x) vaut + ou , la droite d'équation x=a est asymptote verticale à la courbe représentative de f.
  • Si limx+f(x)= avec fini, la droite d'équation y= est asymptote horizontale à la courbe en + (même définition en ).
  • Quand le quotient u(x)v(x) a un numérateur de limite non nulle et un dénominateur de limite nulle, la limite est infinie, et son signe est donné par la règle des signes, à condition de connaître le signe du dénominateur au voisinage du point considéré. C'est là que la distinction entre limite à gauche et limite à droite devient indispensable.
  • Le programme impose de travailler sur un intervalle : quand un ensemble de définition est une réunion de deux intervalles, on annonce explicitement sur lequel des deux on se place.
  1. Soit f la fonction définie par f(x)=2x+1x3. Déterminer son ensemble de définition, l'écrire comme une réunion d'intervalles, calculer les limites de f à gauche et à droite en 3, et en déduire l'existence d'une asymptote verticale.

  2. Mêmes questions pour la fonction g définie par g(x)=x(x1)2, en 1. Que constate-t-on par rapport à la question précédente, et comment l'expliquer ? Déterminer également les limites de g en et en +.

  3. Mêmes questions pour la fonction h définie par h(x)=ln(x2), en 2 : on commencera par l'ensemble de définition, qui décide à lui seul des limites latérales que l'on peut calculer. Déterminer aussi la limite de h en +.

  4. Soit q la fonction définie par q(x)=4x21x2+3. Justifier que q est définie sur R, déterminer ses limites en et en +, et en déduire l'existence d'une asymptote horizontale. La courbe de q admet-elle une asymptote verticale ?

  5. Synthèse. Soit k la fonction définie par k(x)=3x1x+2.

    a. Déterminer l'ensemble de définition de k, puis toutes les asymptotes de sa courbe représentative.

    b. Vérifier que, pour tout x de l'ensemble de définition, k(x)3=7x+2. En déduire la position de la courbe par rapport à son asymptote horizontale, sur chacun des deux intervalles d'étude.

Exercice 20 ★★★★Continuité et prolongement par continuité

Continuité en un point et sur un intervalle, prolongement par continuité

On rappelle les deux définitions du cours.

  • Continuité en un point. Soit f une fonction définie sur un intervalle I et x0I. La fonction f est continue en x0 lorsque limxx0f(x)=f(x0). Il y a donc trois choses à vérifier : que f(x0) existe, que la limite existe et est finie, et que les deux nombres sont égaux.
  • Prolongement par continuité. Soit f définie sur I{x0}, où I est un intervalle et x0I. Si f admet en x0 une limite finie , alors la fonction f~ définie sur I par f~(x)=f(x) pour xx0 et f~(x0)= est continue en x0 : on l'appelle le prolongement par continuité de f en x0. Si f n'a pas de limite finie en x0, un tel prolongement n'existe pas.

On utilisera librement les croissances comparées, en particulier limx0+xalnxb=0 pour a>0 et b>0, ainsi que la limite usuelle limx0ex1x=1.

  1. Étudier la continuité au point indiqué de chacune des deux fonctions suivantes.

    a. f définie sur R par f(x)=x29x3 si x3, et f(3)=6 ; au point x0=3.

    b. g définie sur [0,+[ par g(x)=x2x4 si x4, et g(4)=12 ; au point x0=4.

  2. Montrer que chacune des trois fonctions suivantes se prolonge par continuité en 0, et écrire explicitement la fonction prolongée f~i, en précisant son ensemble de définition.

    a. f1(x)=xlnx sur ]0,+[

    b. f2(x)=ex1x sur R{0}

    c. f3(x)=x23xx sur R{0}

  3. Soit f4 la fonction définie sur R{0} par f4(x)=x+2x. Montrer que f4 ne se prolonge pas par continuité en 0.

  4. Soit f5 la fonction définie sur R{0} par f5(x)=1x2. Montrer que f5 ne se prolonge pas non plus par continuité en 0, et expliquer en quoi la situation diffère de celle de la question 3.

Exercice 21 ★★★★Fonction définie par morceaux : raccord continu

Continuité en un point et sur un intervalle, prolongement par continuitéValeur absolue : propriétés, distance sur R, équations et inéquations

On rappelle les résultats du cours utiles ici.

  • Critère de raccord. Soit f définie sur un intervalle I par deux expressions différentes de part et d'autre d'un point x0 intérieur à I. La fonction f est continue en x0 si et seulement si les deux limites latérales limxx0f(x) et limxx0+f(x) existent, sont finies et sont toutes deux égales à f(x0).
  • Continuité des fonctions usuelles. Les fonctions polynomiales, la fonction valeur absolue, exp et ln sont continues sur leur ensemble de définition ; un quotient de fonctions continues est continu sur tout intervalle où le dénominateur ne s'annule pas ; sommes, produits et composées de fonctions continues sont continues.
  • Valeur absolue. Pour tout réel X : X=X si X0, et X=X si X0.
  1. Soit a un réel. On définit la fonction fa sur R par

    fa(x)={x2x2x2si x<2ax1si x2

    a. Simplifier l'expression de fa(x) pour x<2.

    b. Déterminer la valeur de a pour laquelle fa est continue en 2.

    c. Pour cette valeur de a, justifier que fa est continue sur R.

  2. Soit g la fonction définie sur R par g(x)=xx1+2.

    a. Écrire g sans valeur absolue, sous la forme d'une fonction définie par morceaux sur ],1[ et sur [1,+[.

    b. Étudier la continuité de g au point de raccord x0=1.

  3. Soit a un réel. On définit la fonction ha sur R par

    ha(x)={ax1si x<1x+asi x1

    Montrer qu'aucune valeur du réel a ne rend ha continue en 1. On distinguera les cas a0 et a=0.

Exercice 22 ★★★★Théorème des valeurs intermédiaires : existence d'une solution

Théorème des valeurs intermédiaires, image d'un intervalle et d'un segment

On rappelle l'énoncé du théorème des valeurs intermédiaires (TVI), admis dans le cours.

Soit f une fonction continue sur un segment [a,b]. Pour tout réel k compris entre f(a) et f(b), il existe au moins un réel c[a,b] tel que f(c)=k.

On rappelle également que l'image d'un segment par une fonction continue est un segment, et que le théorème ne dit rien de l'unicité de c : celle-ci s'obtient séparément, par la stricte monotonie de f. La dérivation n'étant pas au programme de ce chapitre, les sens de variation seront justifiés par les variations des fonctions usuelles et les règles d'opérations.

Partie A. Soit f la fonction définie sur R par f(x)=x3+3x5.

  1. Justifier que f est continue sur le segment [1,2].
  2. Calculer f(1) et f(2). En déduire, en appliquant le TVI et en vérifiant explicitement ses hypothèses, que l'équation f(x)=0 admet au moins une solution dans l'intervalle ]1,2[.
  3. Montrer, sans utiliser de dérivée, que f est strictement croissante sur R. En déduire que la solution précédente est unique ; on la note α.
  4. Sachant que 1,13=1,331 et 1,23=1,728, donner un encadrement de α d'amplitude 0,1.

Partie B. Soit g la fonction définie sur R par g(x)=ex+x3.

  1. Montrer que l'équation g(x)=0 admet une unique solution β dans le segment [0,1].
  2. On donne e0,72,0138 et e0,82,2255. En déduire un encadrement de β d'amplitude 0,1.

Partie C. On note x la partie entière du réel x, c'est-à-dire l'unique entier relatif n tel que nx<n+1. Soit h la fonction définie sur le segment [0,2] par h(x)=x.

  1. Calculer h(0) et h(2), et vérifier que 12 est compris entre ces deux valeurs.
  2. Montrer que l'équation h(x)=12 n'a pourtant aucune solution dans [0,2].
  3. Quelle hypothèse du TVI n'est pas vérifiée ? Le démontrer précisément.

Exercice 23 ★★★Un polynôme de degré au plus n ayant n+1 racines est nul

Fonctions polynômes : degré, division euclidienne, racines et factorisation

Tout cet exercice repose sur un unique résultat du cours, admis ici : si un polynôme P de Rn[x] admet au moins n+1 racines deux à deux distinctes, alors P est le polynôme nul, c'est-à-dire que tous ses coefficients sont nuls. Aucune question ne demande de le démontrer : on l'applique.

  1. Un polynôme imposé en trois points.

    a. Déterminer un polynôme P de R2[x] tel que P(0)=1, P(1)=4 et P(2)=11.

    b. Démontrer qu'il n'en existe pas d'autre dans R2[x].

  2. Le cas général. Soit nN. Soient P et Q deux polynômes de Rn[x] et soient x0,x1,,xn des réels deux à deux distincts tels que P(xi)=Q(xi) pour tout entier i compris entre 0 et n. Démontrer que P=Q.

  3. Identification des coefficients. Soit nN. On considère deux polynômes de Rn[x]

    P(x)=k=0nakxketQ(x)=k=0nbkxk

    et on suppose que P(x)=Q(x) pour tout réel x.

    a. Démontrer que ak=bk pour tout entier k compris entre 0 et n.

    b. Application : déterminer les réels a, b et c tels que, pour tout réel x,

    a(x1)2+b(x1)+c=2x2+x+1
  4. Une équation fonctionnelle. Déterminer tous les polynômes P de R3[x] tels que

    P(x+1)P(x)=6xpour tout reˊel x

    On vérifiera que les polynômes trouvés conviennent effectivement.

Exercice 24 ★★★Partie entière et théorème d'encadrement

Partie entière : encadrement fondamental, représentation graphiqueThéorèmes de comparaison et d'encadrement, caractérisation séquentielle de la limite

On rappelle deux résultats du cours, utilisés dans tout l'exercice.

Encadrement fondamental de la partie entière. Pour tout réel x,

x1<xx

Théorème d'encadrement. Si trois fonctions u, f et v vérifient u(x)f(x)v(x) pour tout x d'un intervalle, et si u et v ont la même limite finie à une borne de cet intervalle, alors f a également pour limite en cette borne.

L'objectif est de calculer des limites de quotients faisant intervenir la partie entière, qui n'est donnée par aucune formule algébrique : l'encadrement remplace le calcul.

  1. Échauffement. Donner les valeurs de 2,7 et de 1,3, puis vérifier sur ces deux exemples l'encadrement fondamental.

  2. On étudie la fonction f:xxx sur l'intervalle ]0,+[. Encadrer f(x) à l'aide de l'encadrement fondamental, puis déterminer limx+f(x).

  3. On étudie maintenant la même expression sur l'intervalle ],0[. Déterminer limxxx. On prendra garde au sens des inégalités.

  4. Déterminer limx0+x1x.

  5. Déterminer limx+3xx.

  6. Pour x>0, on pose S(x)=x+2x+3x.

    a. Démontrer que 6x3<S(x)6x pour tout x>0.

    b. En déduire limx+S(x)x.

  7. Un piège. Déterminer limx0+xx, et expliquer pourquoi l'encadrement de la question 2 ne permet pas de conclure ici.

Exercice 25 ★★★Positions relatives du logarithme, de la fonction identité et de l'exponentielle

Logarithme népérien et exponentielle : propriétés, équations, fonctions du type u puissance vÉtude graphique, positions relatives de deux courbes, régionnements du plan

On rappelle les deux inégalités du cours, admises :

lnxx1  pour tout x>0,etex1+x  pour tout reˊel x

Dans la première, l'égalité n'a lieu que pour x=1 ; dans la seconde, seulement pour x=0.

On note Cln la courbe de la fonction ln sur ]0,+[, Cexp celle de la fonction exp sur R, et Δ la droite d'équation y=x. Le plan est rapporté à un repère orthonormé. On donne ln20,693, ln31,099 et e2,718.

  1. La chaîne d'inégalités.

    a. Démontrer que, pour tout x>0,  lnxx1ex1.

    b. En déduire que lnx<x<ex pour tout x>0, et interpréter graphiquement.

    c. Démontrer que l'inégalité x<ex est en fait valable pour tout réel x.

  2. Positions relatives d'une courbe et d'une droite. On note D la droite d'équation y=x1 et D la droite d'équation y=x+1.

    a. Déterminer les points communs à Cln et à D, puis préciser la position de Cln par rapport à D.

    b. Faire le même travail pour Cexp et D.

  3. Régionnement du plan. On considère la partie du plan

    E={(x,y)R2  ;  1x3  et  lnxyx1}

    a. Justifier que, pour chaque x de [1,3], l'ensemble des y convenables n'est pas vide, et décrire E en français. Que se passe-t-il pour x=1 ?

    b. Les points M(2;0,5) et N(2;0,8) appartiennent-ils à E ?

    c. On considère maintenant la bande B={(x,y)R2  ;  x>0  et  lnxyex}. Démontrer que la droite Δ, privée de sa partie correspondant à x0, est entièrement contenue dans B.

  4. Une inégalité utile pour les petits taux.

    a. Démontrer que ln(1+t)t pour tout réel t>1.

    b. En appliquant l'inégalité admise au réel 11+t, démontrer que ln(1+t)t1+t pour tout réel t>1.

    c. En déduire un encadrement de ln(1,1) par deux fractions, puis une valeur approchée sous forme décimale.

Exercice 26 ★★★Fonctions du type u de x puissance v de x

Logarithme népérien et exponentielle : propriétés, équations, fonctions du type u puissance vCroissances comparées du logarithme, des puissances et de l'exponentielleFonction racine carrée, fonction inverse, fonctions puissances x puissance alpha

Une expression de la forme u(x)v(x), où l'exposant n'est pas un entier fixé, n'a de sens que par l'intermédiaire du logarithme et de l'exponentielle : pour a>0 et b réel, on pose par définition

ab=eblna

On étudie dans cet exercice les trois fonctions

f(x)=xx,g(x)=x1/x,h(x)=(1+1x)x

On rappelle les résultats du cours utilisables : les croissances comparées, la limite limt0ln(1+t)t=1, la continuité de la fonction exponentielle et le théorème sur la limite d'une composée.

  1. Préliminaires.

    a. Expliquer pourquoi la condition a>0 est indispensable dans la définition ci-dessus, et pourquoi l'expression (2)1/2 n'a pas de sens.

    b. Justifier que les trois fonctions f, g et h sont bien définies sur l'intervalle ]0,+[, et écrire chacune sous la forme e.

  2. Quelques valeurs exactes. Calculer, sous forme exacte et simplifiée :

    a. f(4)

    b. g(4)

    c. h(4)

    d. f(12)

    e. g(12)

    f. h(12)

  3. Étude de f:xxx sur ]0,+[.

    a. Déterminer limx0+f(x). La fonction f est-elle prolongeable par continuité en 0 ?

    b. Déterminer limx+f(x).

  4. Étude de g:xx1/x sur ]0,+[.

    a. Déterminer limx+g(x).

    b. Déterminer limx0+g(x).

  5. Étude de h:x(1+1x)x sur ]0,+[.

    a. En posant t=1x, déterminer limx+xln(1+1x), puis limx+h(x).

    b. Démontrer que xln(1+1x)=xln(1+x)xlnx pour tout x>0, puis en déduire limx0+h(x).

Exercice 27 ★★★★Asymptote oblique et position de la courbe

Limites : limite à gauche et à droite, opérations, composition, formes indéterminéesÉtude graphique, positions relatives de deux courbes, régionnements du plan

On rappelle le vocabulaire du cours. Soit f une fonction et Cf sa courbe représentative dans un repère du plan.

  • La droite d'équation x=a est asymptote verticale à Cf lorsque f admet une limite infinie en a+ ou en a.
  • La droite d'équation y=αx+β est asymptote oblique à Cf en + lorsque
limx+[f(x)(αx+β)]=0
  • La position de Cf par rapport à cette droite se lit sur le signe de la différence f(x)(αx+β) : positive, la courbe est au-dessus ; négative, elle est en dessous.

On considère la fonction f définie par f(x)=x2+3x1.

  1. Déterminer l'ensemble des réels pour lesquels f(x) existe. Expliquer pourquoi l'étude qui suit se place sur le seul intervalle I=]1,+[.

  2. Démontrer que, pour tout x de I,

    f(x)=x+1+4x1

    On donnera deux méthodes : la réduction au même dénominateur, et la division euclidienne de x2+3 par x1.

  3. Déterminer limx1+f(x) et limx+f(x). En déduire l'existence d'une asymptote verticale, dont on donnera une équation.

  4. Démontrer que la droite D d'équation y=x+1 est asymptote oblique à Cf en +.

  5. Position de la courbe et de son asymptote.

    a. Étudier le signe de f(x)(x+1) sur I et en déduire la position de Cf par rapport à D.

    b. Décrire par un système d'inéquations la partie R du plan comprise entre D et Cf.

    c. À partir de quelle valeur de x l'écart vertical entre la courbe et son asymptote est-il inférieur ou égal à 102 ?

  6. Un minimum obtenu par une inégalité. Démontrer que f(x)6=(x3)2x1 pour tout x de I, puis en déduire que f admet un minimum sur I, atteint en un point que l'on précisera.

  7. Une seconde fonction, même démarche. Soit g définie par g(x)=2x2x+1x, étudiée sur J=]0,+[.

    a. Démontrer que g(x)=2x1+1x pour tout x de J.

    b. Déterminer les limites de g en 0+ et en +, et en déduire une asymptote verticale.

    c. Démontrer que la droite D d'équation y=2x1 est asymptote oblique à Cg en +, et préciser la position de Cg par rapport à D.

Exercice 28 ★★★Caractérisation séquentielle de la limite

Théorèmes de comparaison et d'encadrement, caractérisation séquentielle de la limiteContinuité en un point et sur un intervalle, prolongement par continuité

Le cours fournit deux énoncés voisins, qu'il ne faut pas confondre et que cet exercice fait fonctionner l'un après l'autre.

Caractérisation séquentielle de la limite. Soit I un intervalle, soit x0 un point de I ou une borne de I, et soit f une fonction définie sur I, ou sur I privé de x0. Si f admet la limite en x0 et si (un) est une suite d'éléments de l'ensemble de définition de f qui converge vers x0, alors la suite (f(un)) converge vers .

Cas particulier : la continuité. Si f est continue en un réel a et si (un) est une suite d'éléments de l'ensemble de définition de f qui converge vers a, alors (f(un)) converge vers f(a).

On rappelle également les deux limites usuelles admises

limx0ln(1+x)x=1etlimx0ex1x=1
  1. Lecture du théorème.

    a. Soit f une fonction ayant pour limite en x0, et soit (un) une suite d'éléments de l'intervalle I convergeant vers x0. Recopier et compléter la phrase : « d'après la caractérisation séquentielle de la limite, la suite de terme général f(un) ... ». Préciser où sont les hypothèses et où est la conclusion.

    b. Écrire ce que devient l'énoncé lorsque f n'est pas définie en x0 : quelle condition supplémentaire la suite (un) doit-elle alors vérifier, et pourquoi ?

  2. Cinq limites de suites. Déterminer la limite de chacune des suites suivantes, définies pour n1, en se ramenant à chaque fois à une limite de fonction connue. On précisera systématiquement la fonction choisie, la suite (un) utilisée, et la vérification des hypothèses.

    a. an=ln(1+1n)

    b. bn=nln(1+1n)

    c. cn=n(e1/n1)

    d. dn=(1+1n)n

    e. sn=n2+nn

  3. La version « continuité ».

    a. Expliquer en quoi le second énoncé diffère du premier, et pourquoi il en est un cas particulier.

    b. Déterminer les limites des suites de terme général vn=ln(2n+1n+3) et wn=enn+1, définies pour n1.

  4. Le théorème utilisé « à l'envers ». Démontrer que la fonction partie entière n'admet pas de limite en 1, en exhibant deux suites convergeant vers 1 dont les images ont des limites différentes.

Exercice 29 ★★★★Théorème de la limite monotone pour une fonction

Théorème de la limite monotone

On rappelle le théorème du cours, admis : soit f une fonction croissante sur un intervalle ouvert ]a,b[, où a et b désignent des bornes finies ou infinies.

  • Si f est majorée sur ]a,b[, alors f admet en b une limite finie, égale au plus petit des majorants de f sur l'intervalle. Sinon, f tend vers + en b.
  • Si f est minorée sur ]a,b[, alors f admet en a une limite finie. Sinon, f tend vers en a.

Les énoncés sont symétriques pour une fonction décroissante. Ce théorème garantit l'existence d'une limite : il ne la calcule pas.

Attention, tout au long de l'exercice, les sens de variation demandés s'obtiennent par les variations des fonctions usuelles et par composition, jamais autrement.

Partie A. On considère la fonction f définie sur I=]2,+[ par f(x)=3x+1x+2.

  1. Démontrer que, pour tout xI,  f(x)=35x+2.

  2. En déduire, par composition, que f est strictement croissante sur I. On confirmera le résultat en étudiant le signe de f(x2)f(x1) pour 2<x1<x2.

  3. Démontrer que f est majorée par 3 sur I. Cette valeur est-elle atteinte ?

  4. Déterminer limx2+f(x) et limx+f(x).

  5. Reprendre l'énoncé du théorème de la limite monotone : qu'affirmait-il à chacune des deux bornes de I, avant même tout calcul de limite ? Les résultats de la question 4 sont-ils cohérents avec lui ?

Partie B. On considère la fonction g définie par g(x)=ln(xx+1), étudiée sur J=]0,+[.

  1. a. Justifier que g est bien définie sur J.

    b. Démontrer que xx+1=11x+1 pour tout xJ, puis en déduire par composition que g est strictement croissante sur J.

    c. Démontrer que g est majorée par 0 sur J.

    d. Déterminer les limites de g en 0+ et en +, et vérifier la cohérence avec le théorème de la limite monotone.

  2. Une erreur classique. Soit φ une fonction croissante et majorée par 7 sur ]0,1[. Que peut-on affirmer sur φ en 1 ? Peut-on affirmer que sa limite y vaut 7 ? Peut-on prévoir son comportement en 0 ?

Exercice 30 ★★★★Bijection réciproque explicite et courbe symétrique

Théorème de la bijection, fonction réciproque, méthode de dichotomie

Dans tout l'exercice, on rappelle le théorème de la bijection : si f est continue et strictement monotone sur un intervalle I, alors f réalise une bijection de I sur l'intervalle J=f(I), dont les bornes sont les limites (ou les valeurs) de f aux bornes de I ; la réciproque f1 est alors continue sur J et a le même sens de variation que f.

1. Une bijection affine. Soit f définie sur R par f(x)=3x4.

a. Démontrer que f réalise une bijection de R sur R, en résolvant l'équation f(x)=y d'inconnue x.

b. Expliciter f1 et vérifier sur un exemple numérique.

2. Le rôle de la restriction. Soit g définie par g(x)=x2.

a. Démontrer que g, considérée comme une application de R dans R, n'est ni injective ni surjective.

b. On restreint maintenant g à l'intervalle [0,+[. Démontrer, en appliquant le théorème de la bijection, que g réalise une bijection de [0,+[ sur [0,+[, et expliciter g1.

c. Que devient l'énoncé si l'on restreint g à ],0] ?

3. Une bijection homographique. Soit h définie sur ]3,+[ par

h(x)=2x+1x+3

a. Démontrer que, pour tout x]3,+[, on a h(x)=25x+3.

b. En déduire, par composition et sans aucun calcul de dérivée, que h est strictement croissante sur ]3,+[.

c. Déterminer limx(3)+h(x) et limx+h(x).

d. En vérifiant soigneusement chacune de ses hypothèses, appliquer le théorème de la bijection pour conclure que h réalise une bijection de ]3,+[ sur ],2[.

e. Expliciter h1, puis contrôler le résultat par le calcul de h1(h(x)).

4. Lecture graphique. Pour chacune des trois bijections précédentes, préciser le sens de variation de la réciproque. Comment la courbe de f1 se déduit-elle de celle de f ? Illustrer sur l'exemple de la question 2. en donnant deux points symétriques.

Exercice 31 ★★★Image d'un segment et bornes atteintes

Théorème des valeurs intermédiaires, image d'un intervalle et d'un segment

On rappelle le théorème admis dans le cours : l'image d'un segment par une fonction continue est un segment. Autrement dit, si f est continue sur [a,b], alors il existe deux réels m et M tels que f([a,b])=[m,M]. En particulier f est bornée sur [a,b] et elle atteint ses bornes : m et M appartiennent à l'image, ce sont donc le minimum et le maximum de f sur [a,b].

Partie A. Une image que l'on calcule

Soit f définie sur [0,3] par f(x)=x24x+1.

1. Vérifier que, pour tout réel x, f(x)=(x2)23.

2. En déduire, sans utiliser de dérivée, le sens de variation de f sur [0,2] puis sur [2,3]. Dresser le tableau de variations de f sur [0,3] après avoir calculé f(0), f(2) et f(3).

3. Donner le minimum et le maximum de f sur [0,3], en précisant en quels points ils sont atteints.

4. Déterminer f([0,3]), en justifiant les deux inclusions.

Partie B. Deux images immédiates

5. Soit g définie sur [1,e] par g(x)=lnx. Déterminer g([1,e]), en citant le théorème utilisé et en vérifiant ses hypothèses.

6. Soit h définie sur ]0,1] par h(x)=1x.

a. Démontrer que h n'est pas majorée sur ]0,1].

b. Déterminer h(]0,1]). Est-ce un segment ?

c. Laquelle des hypothèses du théorème rappelé plus haut est ici en défaut ? La fonction h est-elle en cause ?

Partie C. Des bornes que l'on ne calcule pas

Soit φ définie sur [0,5] par

φ(x)=ex1+x2+x

7. Justifier soigneusement que φ est continue sur [0,5].

8. En déduire que φ est bornée sur [0,5] et qu'elle y atteint ses bornes, c'est-à-dire qu'il existe deux réels xm et xM de [0,5] tels que φ(xm)φ(x)φ(xM) pour tout x[0,5]. On ne cherchera pas à calculer ces deux points.

9. On note [m,M]=φ([0,5]). Démontrer que, pour tout réel c appartenant à [m,M], l'équation φ(x)=c admet au moins une solution dans [0,5].

10. Application : démontrer que l'équation φ(x)=4 admet au moins une solution dans [0,5]. On pourra utiliser e>2,7.

Exercice 32 ★★★Dichotomie : encadrer une solution et compter les étapes

Théorème de la bijection, fonction réciproque, méthode de dichotomieThéorème des valeurs intermédiaires, image d'un intervalle et d'un segment

On considère la fonction f définie sur [1,2] par

f(x)=x3+x3

Principe de la dichotomie. On part d'un intervalle [a,b] aux extrémités duquel f change de signe. On calcule f au milieu c=a+b2 de cet intervalle, puis on conserve celle des deux moitiés [a,c] ou [c,b] aux extrémités de laquelle f change encore de signe : elle contient encore la solution, et sa longueur est la moitié de la précédente.

1. Démontrer que f est strictement croissante sur [1,2], sans utiliser de dérivée, en la voyant comme une somme de fonctions strictement croissantes.

2. Calculer f(1) et f(2).

3. En vérifiant ses hypothèses, appliquer le théorème de la bijection pour démontrer que l'équation f(x)=0 admet une unique solution, notée α, et que α]1,2[.

4. Effectuer les trois premières étapes de la dichotomie à partir de l'intervalle [1,2]. On donnera à chaque étape la valeur exacte de f au milieu, sous forme de fraction, puis son écriture décimale, et l'on précisera l'intervalle conservé.

5. Justifier que l'intervalle obtenu après n étapes de dichotomie a pour longueur 12n.

6. Déterminer le nombre minimal d'étapes permettant d'obtenir un encadrement de α d'amplitude au plus 102, puis au plus 103.

7. Écrire une fonction Python dichotomie(precision) qui renvoie un couple (a,b) tel que aαb et ba precision. On expliquera pourquoi la boucle se termine et pourquoi l'encadrement renvoyé est correct.

Exercice 33 ★★★★Régionnement du plan : offre, demande et prix d'équilibre

Étude graphique, positions relatives de deux courbes, régionnements du planTrinôme du second degré : discriminant, signe, relations entre coefficients et racines

On étudie le marché d'un bien. Le prix unitaire, noté p, est exprimé en euros et appartient à l'intervalle [0,4]. Pour ce prix :

  • les producteurs proposent la quantité O(p)=p2, appelée offre ;
  • les consommateurs souhaitent acheter la quantité D(p)=12p, appelée demande.

Les deux quantités sont exprimées en milliers d'unités. La figure ci-dessous représente les deux courbes dans un repère où l'axe des abscisses porte le prix p et l'axe des ordonnées la quantité q.

Courbes de l'offre et de la demande, et zone d'excès de demande

1. Déterminer, sans utiliser de dérivée, le sens de variation de O puis de D sur [0,4]. Interpréter chacun des deux résultats en termes économiques.

2. On appelle prix d'équilibre un prix pour lequel l'offre et la demande coïncident.

a. Montrer que la recherche d'un prix d'équilibre conduit à l'équation p2+p12=0.

b. Résoudre cette équation, puis déterminer le prix d'équilibre du marché et la quantité échangée à ce prix. Vérifier la cohérence avec la figure.

3. a. Factoriser D(p)O(p) et dresser le tableau de signes de cette différence sur [0,4].

b. Interpréter : pour quels prix parle-t-on d'excès de demande, pour lesquels d'excès d'offre ?

4. Régionnement. On note E l'ensemble des couples (p,q) du plan tels que la quantité q soit à la fois supérieure ou égale à l'offre et inférieure ou égale à la demande, le prix restant dans [0,4].

a. Décrire E par un système d'inéquations.

b. Décrire géométriquement E : de quel côté de chaque courbe se trouve-t-il ? Le reconnaître sur la figure.

c. Pour quels prix p l'ensemble des quantités convenables est-il non vide ? Que devient-il pour p=3 ?

5. Un choc de demande. Une campagne de publicité modifie la demande, qui devient D2(p)=182p pour p[0,4].

a. Vérifier que, pour tout p[0,4], on a D2(p)>D(p).

b. Déterminer la valeur exacte du nouveau prix d'équilibre, puis une valeur approchée à 102 près. Calculer de même la nouvelle quantité échangée.

c. Commenter le déplacement du point d'équilibre.

Exercice 34 ★★★Coût moyen d'un atelier : limites et minimum atteint

Limites : limite à gauche et à droite, opérations, composition, formes indéterminéesThéorème des valeurs intermédiaires, image d'un intervalle et d'un segmentFonction racine carrée, fonction inverse, fonctions puissances x puissance alpha

Un atelier fabrique q centaines de pièces, où q est un réel strictement positif. Le coût total de production, exprimé en milliers d'euros, est donné par

C(q)=q2+4q+9

Le coût moyen unitaire est le coût total rapporté à la quantité produite :

CM(q)=C(q)q

Il s'exprime en milliers d'euros par centaine de pièces. Toute l'étude se fait sur l'intervalle ]0,+[, et sans aucun calcul de dérivée.

1. Démontrer que, pour tout q>0, CM(q)=q+4+9q.

2. Déterminer limq0+CM(q) et limq+CM(q). Interpréter économiquement chacune de ces deux limites.

3. a. Démontrer que, pour tout q>0, CM(q)10=(q3)2q.

b. En déduire que le coût moyen admet un minimum sur ]0,+[ : préciser sa valeur, la quantité produite qui le réalise, et vérifier que cette quantité est unique.

4. En déduire que CM est minorée mais non majorée sur ]0,+[.

5. Soient a et b deux réels tels que 0<a<b.

a. Démontrer que CM(b)CM(a)=(ba)×ab9ab.

b. En déduire le sens de variation de CM sur ]0,3] puis sur [3,+[, et dresser son tableau de variations.

6. On cherche les productions pour lesquelles le coût moyen vaut exactement 12.

a. Démontrer, à l'aide du théorème des valeurs intermédiaires et du sens de variation, que l'équation CM(q)=12 admet exactement deux solutions sur ]0,+[, l'une dans ]0,3[ et l'autre dans ]3,+[.

b. Déterminer ces deux solutions de façon exacte, puis en donner une valeur approchée à 102 près.

c. En déduire l'ensemble des productions pour lesquelles le coût moyen ne dépasse pas 12, et commenter.

Exercice 35 ★★★★Étude complète d'une fonction construite avec le logarithme

Logarithme népérien et exponentielle : propriétés, équations, fonctions du type u puissance vCroissances comparées du logarithme, des puissances et de l'exponentielleThéorème des valeurs intermédiaires, image d'un intervalle et d'un segmentThéorème de la bijection, fonction réciproque, méthode de dichotomie

On considère la fonction f définie par

f(x)=xlnx

L'objectif est de l'étudier complètement sans jamais dériver. Tout le travail repose sur l'inégalité admise dans le cours :

lntt1pour tout reˊel t>0

1. Ensemble de définition et limites.

a. Justifier que l'ensemble de définition de f est ]0,+[ et que f y est continue.

b. Déterminer limx0+f(x).

c. Déterminer limx+f(x). On pourra factoriser f(x) par x.

2. Croissance sur [1,+[. Soient a et b deux réels tels que 0<a<b.

a. En appliquant l'inégalité admise à t=ba, démontrer que ln ⁣(ba)baa.

b. En déduire que f(b)f(a)(ba)×a1a.

c. Conclure que f est strictement croissante sur [1,+[.

3. Décroissance sur ]0,1]. Soient encore a et b tels que 0<a<b.

a. En appliquant cette fois l'inégalité admise à t=ab, démontrer que ln ⁣(ba)bab.

b. En déduire que f(b)f(a)(ba)×b1b.

c. Conclure que f est strictement décroissante sur ]0,1].

4. Tableau et inégalité. Dresser le tableau de variations complet de f. En déduire que f admet un minimum, que l'on précisera, puis que xlnx1 pour tout x>0. Que reconnaît-on ? Commenter.

5. Une équation.

a. Démontrer que l'équation f(x)=3 admet exactement deux solutions : une, notée α, dans ]0,1[, et une, notée β, dans ]1,+[.

b. Encadrer β à 101 près par balayage.

c. Encadrer de même α à 102 près.

6. Déterminer f(]0,+[). Est-ce un segment ?

Exercice 36 ★★★★Suite récurrente et point fixe par continuité

Continuité en un point et sur un intervalle, prolongement par continuitéThéorèmes de comparaison et d'encadrement, caractérisation séquentielle de la limiteThéorème de la limite monotone

On considère la suite (un)nN définie par

u0=0etun+1=3un+4  pour tout nN

On pose, pour tout x[0,+[, f(x)=3x+4, de sorte que un+1=f(un).

1. La fonction f.

a. Justifier que f est bien définie sur [0,+[ et que f prend ses valeurs dans [0,+[.

b. Démontrer que f est continue sur [0,+[, puis qu'elle y est strictement croissante. Aucune dérivée n'est autorisée : on raisonnera par composition.

2. Calculer u1, u2 et u3 (valeurs exactes, puis approchées à 103 près pour les deux dernières).

3. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, 0un4.

4. Démontrer par récurrence que la suite (un) est croissante. On utilisera la croissance de f.

5. En déduire que la suite (un) converge. Nommer précisément le théorème utilisé. On note sa limite ; justifier que 04.

6. Démontrer que =f(). On précisera à quel endroit la continuité de f est utilisée, et sous quelle forme.

7. Résoudre l'équation =3+4 d'inconnue 0, et conclure sur la limite de (un).

8. La continuité n'est pas une formalité. On définit une fonction g sur [0,4] par

g(x)=x2+2  si x[0,4[etg(4)=0

et la suite (vn) par v0=0 et vn+1=g(vn).

a. Vérifier que g envoie bien [0,4] dans [0,4], puis calculer v1, v2 et v3.

b. Démontrer par récurrence que, pour tout nN, vn=442n. En déduire que vn<4 pour tout n, et que la suite (vn) est croissante et majorée.

c. Déterminer la limite de (vn), puis comparer avec g(4).

d. En quel point précis le raisonnement de la question 6. tombe-t-il en défaut ? Conclure.

Bloqué sur « Fonctions réelles d'une variable réelle » ?

On peut le travailler ensemble dès cette semaine. La première heure est offerte — on fait le point honnêtement, et vous repartez au minimum avec une méthode.